lire pour la Grèce : Jacqueline de Romilly raconte L’Orestie D’Eschyle

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Revisiter les classiques, un souvenir d’Epidaure

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Périodiquement, je retourne aux sources de la Mythologie, des grands textes grecs. Vernant, Vidal Naquet, de Romilly, éclairent les légendes, les héros, les Dieux.

L’Orestie, c’est la Trilogie qui regroupe Agamemnon, Choéphores, Euménides. Ces deux dernières pièces, je les ai vues représentées à Epidaure. J’avais lu le texte quelques heures avant la représentation et, tenant le livre sur mes genoux, à l’aide des bribes de grec que je comprends, je m’efforçais à suivre pendant la pièce. Cet exercice me rappelle la façon dont j’ai suivi autrefois la lecture de la Haggadah de Pessah sans comprendre tout mais avec des repères. Le cadre du théâtre antique était magnifique et j’ai plutôt vécu cette séance comme une cérémonie religieuse.

Cependant, il me manque  l’arrière plan historique et culturel pour saisir le sens profond du texte. En cela,  l’analyse de De Romilly est neuve et essentielle pour moi. Si le mythe des Atrides est connu, le contexte de l’installation de la démocratie à Athènes au cours du 5ème siècle était flou pour moi. Cela me donne envie de relire le texte original. Et comme dans Ulysse raconté par Vernant le plaisir et la découverte sont intacts.

Jacqueline DE ROMILLY : raconte L’Orestie d’Eschyle Bayard – coll. La mémoire des œuvres – 117p

Jason Goodwin – Le Trésor d’Istanbul

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Un roman policier à lire avant un voyage à Istanbul, ou encore mieux au retour!  En revenant d’un été grec, ce n’est pas mal non plus…

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1838, le sultan Mahmoud se meurt dans son palais de Besiktas, la Validé est restée dans le Harem de Topkapi, Hachim, notre détective, eunuque libre, qui a donc ses entrées au Palais, enquête sur une série de meurtres qui le touchent de près ou de loin. Attaque d’un marchand de légume grec, assassinat d’un libraire grec du Grand Bazar, disparition d’un Fontainier albanais, d’un archéologue français…

Hachim pense au début qu’il doit y avoir un lien entre ces faits divers. On lui suggère qu’une société secrète grecque serait probablement à l’instigation des meurtres des grecs, nous sommes proches des guerres de l’Indépendance Grecque et on parle ici de la Grande Idée. Hachim nous entraîne à Fener au siège du Patriarcat.

On parle de Byron et de Missolonghi où le poète est décédé, le médecin personnel du sultan est celui qui a soigné Byron !

Les identités successives Byzance, Constantinople, Istanbul s’emmêlent comme les serpents de la colonne serpentine de l’Hippodrome…

Mais je ne veux pas déflorer le mystère !

L’auteur entraine le lecteur dans tous les recoins les plus pittoresques de la Ville, nous fait connaître toutes les communautés qui vivaient à l’époque, Juifs, Arméniens, Italiens, Anglais, il y a même un  ambassadeur polonais alors que la Pologne a été démembrée depuis longtemps.  Courts chapitres : ce roman ressemble à un kaléidoscope, où tous les monuments servent de décor  des Sainte Sophie aux citernes, du Grand Bazar au bazar aux épices….Longues digressions aussi sur l’histoire aussi bien contemporaine (XIXème siècle, bien sûr) que très ancienne.

Jason GOODWIN – Le Trésor d’Istanbul – Grands  Détectives 10 /18 – 376p.

Amin Maalouf :Le dérèglement du monde

COMPRENDRE LE MONDE QUI CHANGE

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Sommaire : I. les victoires trompeuses

                II. les légitimité égarées,

               III. les certitudes imaginaires

   conclusion : Une trop longue Préhistoire. 

Dans les victoires trompeuses  l’auteur fait l’état des lieux après la chute du mur de Berlin. La Guerre Froide  terminée, c’est la victoire du libéralisme et de la démocratie, croit-on. « L’Occident a gagné, il a imposé son modèle, mais par sa victoire-même, il a perdu ». L’hégémonie américaine, l’extension de l’Europe aux pays de l’Est ont eut être conféré un certain optimisme mais l’auteur montre  que la supériorité militaire de Washington, n’a pas été contrebalancée par une autorité morale. Passant d’un conflit à un autre, du Panama à l’Irak puis à la Somalie, Haïti, la Bosnie… »cette répétition est préoccupante » note Maalouf. Plus loin il écrit « si l’Occident n’a pas pu profiter pleinement de sa victoire sur le communisme, c’est aussi parce qu’il n’a pas su étendre sa prospérité au-delà de ses frontières culturelles » et il analyse les prémices de la deuxième guerre d’Irak.

Une autre conséquence de la fin de la Guerre Froide est la fin du débat d’idées entre communisme et capitalisme et le retour de l’orthodoxie et de l’Islam, retour des clivages identitaires. Il voit  en « Internet un accélérateur et un amplificateur, a pris son essor à un moment de l’Histoire où les identités se déchainaient  et où « l’affrontement des civilisations » s’installait et où l’universalisme s’effritait … » En tant que Libanais, Maalouf connait les limites et les dangers du communautarisme qui a détruit la démocratie libanaise.

Le point de vue de Maalouf, libanais exilé est précieux. Se réclamant d’une double culture, occidentale et orientale, il possède aussi une connaissance détaillée de l’histoire du Proche Orient. C’est aussi un conteur formidable. Il analyse les conflits et la colonisation d’un regard non pas neutre mais doublement éclairé. Sans jamais tomber dans l’anti-américanisme primaire il comprend les rancœurs des opprimés et spécialement du monde arabo-musulman.

La deuxième partie : les légitimités égarées  est absolument passionnante. Je ne suis pas juriste et je ne sais pas ce que vaut ce concept de légitimité, dans cet essai il est particulièrement fécond. « La légitimité, c’est ce qui permet aux peuples et aux individus d’accepter sans contrainte excessive l’autorité d’une institution personnifiée par des hommes et considérée comme porteuse de valeurs partagées »

Commentant par l’élection en Floride de Bush, il écrit « je le pressentais un peu, aujourd’hui je le sais avec certitude, ce vote en Floride allait changer le cours de l’Histoire dans mon propre pays natal, le Liban ». Et avec son  talent d’auteur de romans historiques il narre deux contre-exemples, de légitimité portée par deux leaders Atatürk et Nasser, et dans la foulée c’est toute une fresque historique qui se déroule, de la Première Guerre mondiale avec la défaite de l’Empire Ottoman et les promesses de Lawrence d’Arabie jusqu’à la guerre d’Irak aujourd’hui. Ce concept de légitimité est porteur aussi dans le cas du Liban qui a refusé de faire la guerre à Israël, craignant d’entrainer son armée dans la défaite et qui, en ayant raison, contre son peuple a eu tort. Raisonnablement il aurait été insensé de faire la guerre, et pourtant ne pas l’avoir faite a eu des conséquences encore plus désastreuses.

Bien qu’alarmiste, ce constat n’est pas dénué d’espoir. Maalouf place la solution dans la culture et aussi dans les différentes diasporas qui possèdent une double culture et pourront servir de trait d’union entre leur pays d’origine dans le tiers monde et la culture occidentale.

Amine MAALOUF – Le dérèglement du monde – GRASSET 314p.

Lire ausssi

le site de Maalouf


Marie NDIAYE – Trois Femmes Puissantes

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Ces trois femmes puissantes, avant d’ouvrir le livre, il me semblait les voir, ces femmes sénégalaises, négociantes  en poisson, ou mères d’élèves, ces grandes filles déjà des femmes en 6ème souvent très mûres. Marie Ndiaye ne s’arrête pas à ces clichés, ces trois femmes seront bien différentes de celles des idées reçues.

 Ce roman raconte trois histoires tragiques : trois femmes si différentes Norah, Fanta et Khady Demba. Trois femmes qui disent non, annonce le 4ème de couverture.

Il n’est pas facile de se laisser entraîner par l’écriture de Marie Ndiaye. Ce n’est pas mon premier essai. Pas assez motivée, j’avais abandonné d’autres ouvrages dans les premières pages. L’écriture est ardue, les phrases souvent s’enroulent sur elles mêmes. On ne sait pas où l’auteur veut en venir. Ecriture sophistiquée, le style soigné. Puis je me laisse happer sans y prendre garde en suivant les personnages.

Je suis désarçonnée : plutôt que des femmes bien campées, bien charpentées, ce sont des femmes défaites dans des histoires tragiques.  Et plutôt que la puissance des femmes c’est l’inconsistance des hommes, la vieillesse et la déchéance du père de Norah. Le destin de Rudy Descas, le mari de Fanta, tourne à la tragédie.  Quant au mari de Khady Demba, il meurt. On ne verra jamais Fanta la déracinée, l’orpheline qui avait cru réussir sa vie en devenant professeur au lycée Mermoz, en faisant un beau mariage, en venant en France. Sa présence est récurrente, son mari la traque au téléphone. Sa puissance serait-elle sorcellerie quand intervient la buse qui poursuit Rudy Descas ?

 Dans l’histoire de Khady Demba des oiseaux malfaisants font aussi irruption, les corbeaux, oiseaux de mauvais augure quand se noue le destin de l’héroïne, poussée à l’exil sans l’avoir même envisagé. Histoire poignante de celle qui ne demandait rien que d’exister, elle Khady Demba, dans la dignité.

Marie NDIAYE – Trois Femmes Puissantes – nrf –  Gallimard 316p

Alain Mabanckou – Alain MABANCKOU – Et Dieu seul sait comment je dors –

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Mabanckou me surprendra toujours, il est toujours là où je l’attends le moins. Traducteur de Uzodinna Iweala, ou dans sa Lettre à Jimmy s’adressant à James Baldwin, Porc Epic congolais… Dans cette édition africaine Présence Africaine, Mabanckou situe son roman en Guadeloupe.

C’est une histoire émouvante d’un homme simple, laid, pauvre, mutique. Auguste-Victor traine un passé trouble qui est dévoilé à la fin du roman. Makabana, le vieil Africain bossu le recueille. Lui aussi, a une histoire peu commune, adopté par des grands bourgeois de Rambouillet il est tombé amoureux de la Guadeloupe.

Paradoxes et métissages, déchéance et rédemption? Enigme et roman d’amour.

Vais-je classer  ce roman publié par un éditeur africain Présence Africaine dans ma bibliothèque africaine?

Alain MABANCKOU – Et Dieu seul sait comment je dors – Présence Africaine – 246 p.

Athènes: Acropole promenades byzantine et ottomane

Pâques aux Météores et une semaine au Pélion

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Tôt le matin,  sous un soleil sans nuages, nous nous dirigeons vers l’Acropole dans les petites rues de Plaka. Les crépis colorés ont été refaits et retagués. Les dalles sont toujours aussi glissantes. Des coquelicots poussent entre les pierres de l’Agora romaine. Le parfum entêtant des orangers en fleurs me saoule. Les marchandes ouvrent leurs boutiques. Les tavernes ont laissé dehors les tables carrées et les chaises de bois. La vigne dégringole des tonnelles.

Au passage, je reconnais la Tour des Vents dans l’Agora romaine et la petite église de Métamorphis, le banc sur lequel nous avions pique-niqué …Cette promenade suffit à m’enthousiasmer ! A l’entrée de l’Acropole, il est déjà passé 9 heures, et tous les groupes sont arrivés. On nous intime l’ordre de déposer nos sacs au vestiaire. Pour 12€, nous obtenons un billet composé de 5 talons détachables.

Acropole

Avant de passer les Propylées, cela bouchonne déjà.

Le Théâtre d’Hérode Atticus paraît tout neuf, gradins  refaits, la scène s’élève sur trois niveaux. One pousse la promenade vers le Théâtre de Dionysos situé à la base de l’Acropole, passons devant une citerne byzantine et une fonderie antique sans nous arrêter. Nous réservons la visite au sanctuaire d’Asclépios pour le retour.

Le théâtre de Dionysos semble tout petit. Seule la partie la plus basse de la cavea a été dégagée. Dans son entier, il s’adossait à la falaise et pouvait contenir 17000 spectateurs.

Le monument de Trasyllos dominant le théâtre est actuellement en réfection est une découverte pour moi ! Je lis avec curiosité les panneaux racontant l’histoire de ce site creusé dans le roc, surplombé par deux colonnes corinthiennes. D’abord, annexe du théâtre consacrée au chorège vainqueur, riche citoyen finançant la tragédie. Il devint ensuite une église byzantine. On connaît le détail des portes, aujourd’hui disparues, détruites pendant la guerre d’Indépendance en 1827 .Que compte-t-on restaurer ?

Théâtre de Dyonisos

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Les restaurations se succèdent sur l’Acropole qui se « métamorphose » à chacun de mes passages. Le Théâtre de Dionysos a subi une campagne de fouilles en 2003. C’est peut être pour cela que nous l’avions ignoré précédemment.
D est tout à fait enthousiaste à l’idée de découvrir ce site: elle raconte à ses élèves la naissance de la tragédie,  le chœur, le coryphée… Juste avant notre départ, elle est revenue très fière que le professeur de lettres classiques se soit étonné de ce que ses élèves connaissent Sophocle, Euripide et Eschyle. Elle veut rapporter des documents personnalisés.  Nous photographions les soixante fauteuils des dignitaires et surtout le trône du Prêtre de Dionysos qui domine l’orchestre joliment dallé. De la scène, la Skena, il reste une très jolie frise datant de l’époque romaine racontant le mythe de Dionysos. Malheureusement, les personnages ont perdu leur tête à l’exception des silènes barbus dont la tête penchée semble supporter le poids de la corniche.
L’aire archéologique est boisée de pins, de cyprès et de chênes verts, nous y trouvons de l’ombre pour nous asseoir. Les oiseaux, nombreux, animent les lieux. Je remarque un magnifique geai. Le nombre de touristes, ici, est raisonnable. Un groupe germanophone est mené par un magnifique guide barbu à la longue chevelure grise nouée en chignon à la manière des popes. Il parle allemand lentement et très distinctement. Je glane l’anecdote des trépieds qui récompensent les concours dramatiques. En effet, un peu plus loin, nous découvrons la Rue des Trépieds. Un groupe d’écoliers grecs en uniforme passe. Quelques Français en voyage individuel.

Près du grand théâtre, de l’Odéon de Périclès, il ne reste plus grand chose. Nous passons le long des fondations des deux temples bien détruits et cherchons l’emplacement de la Stoa de Lycurgue.

Il ne reste plus qu’à remonter sur l’Acropole par le sentier, le Peripatos qui conduit au sanctuaire d’Asclépios. Nous avons visité à Epidaure et ailleurs, un de ces sanctuaires où les malades attendaient du dieu guérisseur une cure ou un miracle. J’ai le souvenir de bâtiments destinés à l’hébergement des patients qui attendaient la visite d’Asclépios dans un rêve. Le temple d’Hygéa, sa fille, la construction de la Tholos et la fosse aux serpents étaient associées au culte d’Asclépios. Il faudra que je consulte mes carnets de bord pour retrouver mes autres pèlerinages. D passe hardiment les cordes pour chercher la fosse aux serpents mais elle se fait siffler par la gardienne.

De retour sur l’Acropole, nous retrouvons la foule.

Il faut prendre son tour pour grimper à la file les marches de Propylées qui sont tellement encombrées qu’il faut bien de la persévérance pour trouver du charme à la visite. A moins d’habiller tous les touristes à l’antique, de mêler quelques chevaux et d’autres animaux pour les sacrifices. Peut-être se pressait-on ainsi aux Panathénées !

Le temple d’Athéna Niké a perdu les bâches qui le cachaient la dernière fois. Un grand panneau conte ses restaurations depuis la première anastylose en 1850.

Devant le Parthénon il ne nous reste plus qu’à parasiter un groupe pour profiter des discours instructifs des conférencières. De la première, j’apprends les utilisations du Nombre d’Or pour calculer les hauteurs, diamètre et écartement des colonnes. Les colonnes prolongées construiraient une pyramide solide dégageant de l’énergie. La guide suivante a une théorie plus « naturelle » : 4/9 : les membres du corps, 4/9 la ramure d’un arbre, 4/9 les proportions du Parthénon.  Une troisième tient pour la courbe, aucune droite dans le Parthénon, rien que des courbes : courbe le sol, courbes, les colonnes. Les légendes restent à peu près les mêmes mais les théories varient !

De même, la statue chryséléphantine d’Athéna pour l’une a disparu à Constantinople, pour l’autre n’y est jamais parvenue. Peu importe la vérité historique, pourvu que l’imagination soit sollicitée.

L’Erechtéion est toujours mon temple préféré avec son olivier sacré, ses frises et ses caryatides. Cette année, je remarque la finesse des frises, palmettes lotus et gouttes si délicates. Le site est si riche que je pourrais revenir à nombreuses reprises, je découvrirais toujours un détail nouveau qui me ravirait. Les restaurations font apparaître de nouveaux monuments.

Que dire du Parthénon ?
Le ciel s’est couvert, pas de photos.

Musée de l’Acropole

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Le Musée de l’Acropole est pour nous, une découverte, il était fermé lors de notre premier passage.  Nous y trouvons un Parthénon archaïque insoupçonné, détruit par les Perses, avec son fronton spectaculaire présentant un démon à trois corps, la lutte d’Héraclès contre Triton et contre l’Hydre de Lerne, peint de vives couleurs. Les sculptures d’animaux, un taureau à terre dévoré par un fauve, sont impressionnantes. La très jolie collection de Corés me plaît bien. On pourrait imaginer une « histoire de la mode » ou de la coiffure. Comment varier à l’infini les plis de la chemise gaufrée ou des drapés, les galons bordant le péplos, les broderies…Je les aurais volontiers toutes photographiées. Mais c’est la fin de la pellicule.

Chef d’œuvre du Musée : la frise du Parthénon (tout au moins la partie que Lord Elgin a bien voulu laisser à Athènes). La finesse des détails anatomiques, les veines gonflées des chevaux ou des hommes est impressionnante. On voit la procession avancer, les porteurs d’eau, le bétail du sacrifice, les chevaux, d’abord au pas puis au galop, enfin l’un d’eux se cabre…

A la sortie du Musée, il fait presque froid. J’ai hâte de prendre mon sac, d’enfiler un sweat shirt et mon K-way. Nous redescendons à Monasteraki en traversant l’Agora. Je dépose les films chez le photographe, à 15H30, les photos seront prêtes. Je retourne à Omonia acheter  notre menu favori : feuilleté aux épinards pour moi et salade César pour Dominique.

Notre nouvelle chambre donne sur la grande place de l’hôtel de Ville ornée d’une belle fontaine moderne. L’Hôtel de ville est de style néo-classique.

Promenade Byzantine et ottomane

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L’Office de Tourisme Grec de Paris sous a offert un guide de promenades à thèmes. Nous décidons de suivre le circuit byzantin en prenant Eolou, rue piétonnière parallèle à Athinas, bordée de boutiques de vêtements de toutes sortes, chics ou ordinaires. Vers 16H, le samedi, c’est la fermeture : les rideaux de fer descendent sous nos yeux. Du circuit, nous ne visitons que deux églises : Kapnikarea du XIème siècle est fermée, la Petite Métropole XIIème aussi. Je m’y attarde pour examiner les décorations originales et éclectiques des murs extérieurs, remploi d’édifices antiques. Une fresque de procession païenne court sur le fronton de l’église. Pour lui donner un air chrétien on  a gravé des croix au hasard. Nous ne trouvons pas l’église suivante du circuit, tournons autour de l’agora romaine, passons entre les tables des tavernes. Il nous vient l’idée de planter ici les byzantins et de nous installer en terrasse. Par hasard nous avons glissé dans le « circuit ottoman », découvrons la porte de la medersa cachée dans la verdure. Nous prenons place dans un café devant la mosquée Fetihié avec vue sur la Tour des Vents. Café frappé et, ouzo  . L’endroit est calme, les serveurs de bonne humeur hèlent les passants en essayant de deviner le pays d’origine des touristes. Je m’installe pour dessiner. D va acheter des cartes postales et revient avec deux bracelets en argent à motifs de « grecques ». Le soir tombe. La lumière rasante avive les couleurs des maisons de Plaka.  Photos dans  une ruelle pittoresque qui n’a pas été rénovée. Un panneau prévient « attention au chien ». ce dernier sautera de son mur et attrapera mon pantalon. J’espère que la photo sera réussie avec le crépi jaune, les bancs traversant la rue, les balustres ruinés.  Retour le long de l’Agora jusqu’au métro ancien qui circule dans une tranchée.

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Athènes Keiramikos, Agora, Lycabette

Pâques aux Météores et une semaine au Pélion

 

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J’avais conservé un excellent souvenir du Keramikos, cimetière  situé hors des murs de la ville antique, sur la route de]Panathénées ; calme et fraîcheur du petit ruisseau d’Eridanos, dans la chaleur de juillet. Nous suivons le même chemin, touché par les modernisations des Jeux olympiques. Un grand drapeau de l’Europe flotte sur Gazi. L’ancienne usine à gaz aménagée en espace  culturel avec des halls d’expositions, des salles de spectacle est maintenant un lieu branché. J’aurais bien aimé y faire une visite.

La rue Ermou le long du métro aérien, a été transformée en promenade piétonnière moderne avec pelouses et massifs, neuve proprette. Le marché aux puces est presque incongru. On dirait que mobylettes, tricycles, triporteurs et autres engins grecs salissent la rue. L’entrée du Keramikos a été rénovée ainsi que le petit musée vieillot. Un groupe de scolaires rassemblé autour de leurs professeurs ne nous dérange pas trop.

Kéramikos

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Nous retrouvons l’allée des tombeaux : le taureau énorme dressé sur sa stèle haute domine les édifices. A ses pieds, la chienne Molosse. Nous ne résistons pas à la tentation de photographier à nouveau Charon dans sa barque sur la stèle de Lysimachides, regardant les quatre compères banqueter. La jeune Hégeso, fille de Proxenos, assise choisit un bijou dans un coffret que lui tend sa servante. Après la visite aux stèles les plus luxueuses, nous jouons à notre traditionnel jeu de piste : « chercher les monuments disparus d’après les plans de nos guides et les indices… reconstitution mentale de la ville. » Trois axes permettent de s’orienter : la Via sacrée, le Dromos et le petit canal de l’Eridanos. Dans l’herbe, de très grosses tortues craintives fuient avec une célérité surprenante. A l’entrée de la ville, le Dromos, la route principale passe par un poste de garde fortifié : le Dipylon. Nous avions longuement cherché ce monument quasi disparu, j’étais perplexe, n’ayant pas fait le rapprochement avec les Propylées. Le Pompéïon, ne nous avait laissé aucun souvenir, c’est un grand édifice bâti autour d’une cour à péristyle destiné à la préparation des processions. Nous découvrons à proximité une vaste fontaine de marbre. Enfin, les murailles de Thémistocles passent à travers le site.

Musée du Keramikos

La visite du musée est un enchantement. Les vieilles vitrines poussiéreuses ont été remplacées par une exposition moderne. Un pavillon au plafond vitré et au sol dallé de marbre abrite l’original du grand taureau de Dionysos Kolitos. Le marbre blanc a un grain  fin, brillant, presque translucide conférant un charme étonnant à l’animal massif. Dans un coin, des oliviers dans des jarres et des lécythes complètent la décoration soignée. Les statues sont à leur avantage. Le pentathlète barbu a un profil oriental. Lions et sphinx gardent le domaine des morts.
Les plus beaux objets antiques, bijoux, céramiques, proviennent des tombes. Dominique utilise une expression méprisante qualifiant les « musées des pots cassés » qui ne correspond en rien à ce qui nous est offert à la vue : finesse des décors géométriques tout d’abord, figuratifs plus tard. Variété des formes. Je découvre un objet qui m’avait échappé : le pixis, sorte de boîte cylindrique très plate possédant un couvercle orné, ici des chevaux de céramique. Les vases classiques m’enchantent avec tous leurs détails minutieux où l’on reconnaît Dieux et Héros de la Mythologie. Je fais une visite de révisions en m’attachant à lire les panneaux explicatifs. Toute l’histoire politique vue par la lorgnette des techniques funéraires. Prospérité de la ville, ostentation des nouveaux riches. Des lois ont dû être instituées pour protéger la démocratie et remettre un peu d’égalité au cimetière. Les guerres athéniennes ont aussi marqué : les héros tombés au combat se retrouvent dans une tombe commune, le Demosion Sema. Les pestes, enfin, dictèrent leur tribu…

Agora

Comme il y a six ans, nous poursuivons notre promenade dans l’Agora. Alors, le grillage près du Keramikos était en piteux état et nous étions entrées sans billet derrière le temple d’Héphaïstos. Nous empruntons aujourd’hui sagement la promenade aménagée le long du métro, très animée ce dimanche matin avec le Marché aux Puces. Les terrasses des cafés sont bondées avec surtout des Grecs et quelques touristes. Nous entrons donc par la voie des Panathénées qui fait face à l’Acropole, puis nous bifurquons devant les statues géantes romaines du Gymnase. Nous nous reposons sur un banc au pied de l’Héphaïstéion qui a belle allure au sommet de son éminence encadré de verdure.  Il rayonne, tout blond sous le soleil. Il faut se retenir pour ne pas faire trop de photos.

    Devant la Tholos et le Bouleutérion, nous révisons les coutumes et les lois de la démocratie athénienne, les magistrats tirés au sort, le déroulement des élections, les représentants des dèmes, les assemblées…le Monument des Héros éponymes servait de panneau d’affichage- ou de B.O. – je l’avais oublié – . Nous ne négligeons aucun temple, des débuts de l’Agora jusqu’à la période romaine tardive. Les édifices les plus récents datent du Vème siècle après JC – dix siècles après la période classique !

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En dehors de l’aspect archéologique, l’Agora offre une promenade bien agréable, verte et ombragée avec des échappées étonnantes sur l’Acropole. Il serait agréable de s’y installer tout simplement pour dessiner, écrire lire ou regarder les oiseaux et les tortues…
Je retourne visiter le musée installé dans la Stoa d’Attale. Attale, roi de Pergame offrit aux Athéniens une longue galerie clôturant l’Agora à l’Ouest. Le bâtiment a été reconstruit en marbre blanc couvert de tuiles à l’antique. Les architectes ont mêlé tous les ordres : dorique, ionique, corinthien et même égyptien dans les colonnades. Le seul défaut, c’est cet air « tout neuf ».

Nous avons déjà visité un beau musée, je parcours celui-ci avec moins d’attention,  focalisant mon intérêt sur les tessons d’ostracisme (avec le nom de Thémistocle) « la machine à tirer au sort » : une plaque de marbre avec des encoches pour de petites plaques et un  conduit pour les boules noires ou blanches, la clepsydre de six minutes (sorte de pot de terre avec un trou que l’on peut boucher) limitant le temps de parole des orateurs.

Une surprise à l’hôtel : la terrasse

Nous rentrons à l’hôtel en traversant Monasteraki où je mange mon premier giropita des vacances. Quand je rentre très fière de mon « plat de la mer, calamars, frites », Une surprise pour moi : « prends ton dessert ». je suis un peu déçue de l’accueil réservé aux calamars. Dans l’ascenseur de service, je devine : la terrasse. Sur le toit, au 9ème étage, la terrasse a été aménagée avec un bar, de petites tables rondes, des fauteuils confortables avec vue sur l’Acropole d’un côté, de l’autre le Lycabette, derrière, le Pirée et  les îles. La vue est superbe. Cela donne du lustre à l’hôtel Economy. En plus, la terrasse est pour nous toutes seules. La réceptionniste a déverrouillé en secret l’ascenseur et personne ne viendra nous déranger.

Lycabette en taxi

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Nous hélons  un taxi. Celui qui s’arrête est muni de revues de luxe. Le chauffeur fait mine de mettre le compteur, il sort une revue et commence un baratin en appuyant sur un bouton secret. Il résulte de son  explication que le funiculaire coûte 36€, avec une course à 30€ nous ferions même des économies. J’ouvre la porte au feu rouge à Omonia et déguerpis,  Il nous rappelle : « Combien pouvez-vous payer ? »Je ne réponds même pas. .   Justement un taxi jaune passe et s’arrête à notre hauteur. Au compteur 1.95€ + 0.90 centimes de supplément pascal affiché au tableau de bord.
La route est en travaux, le taxi nous laisse dans les pins puis le chemin s’élève entre les agaves et les buissons. Nous nous arrêtons à chaque tournant pour admirer le panorama. Puisque le Lycabette est visible de la terrasse de l’hôtel, nous devons voir celui-ci. En dessinant, j’ai repéré une coupole argentée toute proche que nous trouvons au-dessus du toit de la Banque de Grèce, bâtiment néo-classique imposant que j’avais d’abord confondu avec l’Hôtel de Ville.

Athènes, relève de la garde, Musée cycladique, Plaka

Pâques aux Météores et une semaine au Pélion


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Autour de Syntagma

Quel musée visiter ? C’est notre dernier jour à Athènes et j’hésite entre le Musée National, le Bénakis ou celui des Arts Cycladiques. J’hésite. Lundi, le Musée byzantin est fermé, le Musée National n’ouvre qu’à 10H30… . Nous partons  en direction de Syntagma par les petites rues et allons voir les evzones qui montent la garde devant le Parlement. C’est ma quatrième visite à Athènes et je n’ai pas encore vu la relève de la garde. Les Evzones sont en tenue d’hiver avec d’épais bas de coton blanc. On admire la démonstration : flexion-extension du pied et saut du pompon.

jardin

En juillet, il m’avait paru poussiéreux et négligé, au printemps il est exubérant, vert de mauvaises herbes et embaume la fleur d’oranger.de Syntagma et je file au Musée Cycladique qui s’est agrandi dans une annexe installée dans un magnifique hôtel particulier avec jardin d’hiver, lustre de cristal, lourdes tentures et mobilier imitant l’antique. Une exposition temporaire présentant un site crétois est installée à l’étage. Par un tunnel, on accède à l’ancien musée qui s’ouvre sur une petite rue perpendiculaire à Vassilis Sophia dans un immeuble moderne très sobre, contenant les collections permanentes. L’étage des idoles cycladiques me ravit toujours autant. J’avais attendu ce rendez-vous et je savoure les retrouvailles. Elles sont aussi belles, délicates, épurées que dans mes souvenirs, aussi bien les petites en forme de violon, fines, presque translucides que les plus grandes avec leurs coudes repliés, les avant-bras sur le ventre, le triangle du sexe stylisé, les seins à peine ébauchés. J’avais oublié le personnage assis avec sa coupe, plus élaboré mais toujours aussi sobre. Je remarque aussi un plat translucide, décoré d’oiseaux stylisés. A un autre étage, je découvre avec surprise les Papades : poupées d’argile rouges aplaties avec de larges robes comme celles des popes, d’où leur nom. Figures féminines toutefois avec des seins et des coiffures compliquées. Je retrouve aussi des Tanagras. Le Louvre en avait fait une magnifique exposition l’an passé. Décidément, cette année, mes visites aux musées seront spécialisées dans les figures féminines : corés de l’Acropole, idoles des Cyclades,  Papades et tanagras ! Au 3ème étage, une exposition temporaire d’objets provenant de Chypre, à nouveau de petites idoles féminines cruciformes en pierre polie bleu turquoise. Encore des personnages orientalisants de terre cuite.

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Le charme des tanagras

J’aborde enfin l’exposition crétoise, distraitement. Difficile de me concentrer encore sur une nouvelle civilisation ! En général, j’ai tendance à tout mélanger : la Crète, les Iles, Chypre…Ce sont des civilisations complètement distinctes aussi bien dans le temps que dans l’espace. La visite de ce matin me fait prendre conscience de toutes les différences et de la richesse de la Méditerranée orientale.

La place de Syntagma est très agréable, encadrée par deux fontaines, l’eau s’écoule sur des murs de marbre. Les grands hôtels bordent la place, le Parlement ferme  le rectangle. C’est une Athènes chic où nous ne nous étions pas encore attardées.

Aérides

 

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Nous n’avions pas encore visité l’Agora romaine (Pourquoi ne l’appelle-t-on pas le Forum ?) ni vu de près la Tour des Vents qui est l’un des monuments les plus originaux d’Athènes : tour octogonale coiffée d’une girouette, ornée d’un cadran solaire, et équipée autrefois d’une clepsydre pour les jours nuageux. C’était une horloge officielle, la météo romaine. Sur chacune de ses huit faces, une figure ailée personnifie un vent flottant à l’horizontale, jambes écartées, ailes déployées : borée, le vent du nord, souffle dans une conque ; Kaikias vide son bouclier plein de grêlons ; Notos, le vent du sud, amène la pluie dans une urne ; Lips, vent marin, tient l’aplustre,  outil de navigation ; Zéphyros, vent d’ouest, annonce le printemps en déversant des fleurs. Cette tour des Vents termine la rue Eolou. Elle a donné son nom au quartier des Aérides entre Monastéraki et Plaka.

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Zephyros

 

 


A côté de la tour, un bâtiment carré, les latrines romaines. L’agora romaine, dallée par Hadrien, était précédée d’un portique monumental d’un côté et de propylées ornés de jolies colonnes de marbre gris veiné de blanc reposant sur des supports de marbre beige. On devine bien le péristyle abritant bureaux et magasins. Malheureusement le reste de l’Agora avec la Bibliothèque d’Hadrien est fermé le lundi. Je dessine avec beaucoup de plaisir les colonnes des propylées et la tour des Vents. Nous retournons au café sur le bord du forum, nous installant sur une autre table pour que je dessine vue.

Plaka

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Le marchand d’éponges

Avant de quitter Athènes, je veux acheter une éponge. La rue Adrianou (Hadrien) est bordée de nombreuses boutiques. Plus on s’éloigne de Monastéraki, plus les boutiques deviennent chic. Les fast food laissent la place aux tavernes qui ont envahi la rue. Les maisons sont très jolies, cossues, décorées parfois de motifs Art Déco. Nous découvrons en contrebas le curieux monument de la lanterne de Diogène. Au bout de la rue se profile l’Arc de Triomphe d’Hadrien et les colonnes de l’Olympéion que nous n’avons jamais visité – ce sera pour une prochaine fois – nous retournons en flânant dans les rues charmantes de Plaka que nous ne connaissons pas.

Dîner en ville

Nous sommes invitées par les propriétaires de la maison du Pélion. Après des échanges de courriels, cette invitation paraît très sympathique. Métro pour parcourir toute la ligne bleue qui va en direction de l’aéroport. Le métro, mis en service pour les Jeux olympiques, est luxueux marbres et granites polis, escaliers roulants et ascenseurs de verre. Signalisation lumineuse et sonore. De plus, il est très rapide. En un quart d’heure, partie de Monastéraki j’arrive à la sortie d’Athènes sous le périphérique.


Sakis m’attend dans une grosse jeep noire. Il est brun, bouclé, bronzé, mince plutôt petit, juvénile. Ni lui, ni sa femme, Olga ne paraissent leur âge (45 ans) seule leur fille aînée – 15 ans – permet de le deviner. Tout de suite, il se présente : ancien pilote, il travaille dans les radars. Il compte prendre sa retraite l’année prochaine pour se consacrer au tourisme.
Il aide son père qui a construit les Studios Panorama au Pélion. C’est lui qui a conçu le site Internet. Je suis leur première cliente en ligne. C’est ce qui me vaut l’invitation. Ils sont curieux de savoir ce que j’ai pensé de leur site, comment j’ai trouvé leur adresse.


Olga, rousse, toute bouclée a préparé une jolie table avec un plateau de fromages décoré avec des olives, une salade finement hachée en lanières, parfumée à l’aneth sur un plat rectangulaire. Elle apporte ensuite des spaghettis aux crevettes roses et a farci des calamars. C’est la Semaine sainte : ils mangent maigre. Le repas est délicieux, la conversation agréable. Les deux gamines sont bien élevées. La plus grande veut enseigner le grec ancien et l’histoire antique, elle est très posée et sérieuse, la cadette a l’air espiègle. Je rentre vers 11H ravie de ma soirée, emportant la recette des calamars : mélange de fêta et de poivron à chair très fine vert pâle (je croyais que c’étaient des poireaux) elle les a grillés sous le grill du four dix minutes sur chaque face, pratiquement sans graisse.

D’Athènes à Delphes en passant par Osios Loukas

Pâques aux Météores et une semaine au Pélion

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La bergère et son ouvrage


Pour quitter Athènes suivre la route de Lamia, puis le périphérique et l’autoroute. Sur l’autoroute, le paysage est peu intéressant, encombré de toute l’architecture internationale hideuse : centres commerciaux, fast food…Nous traversons sans nous en rendre compte la plaine de Marathon. Nous quittons l’autoroute à Thèbes (Thiva en grec). En dépit de son glorieux passé, de Thèbes nous ne verrons que des zones industrielles sans intérêt. Seul rappel de l’Antiquité, les nombreux marbriers qui bordent la route. Nous passons à Tanagra, pas de potier ni de céramique !

Nous quittons la route principale après un arrêt dans le supermarché Galaksias,  et essayons de rejoindre Osios Loukas par un itinéraire touristique bordé de vert sur la carte Michelin. La route doit traverser la montagne. Sur la carte offerte par l’Office de Tourisme, cette route est représentée par un double trait blanc (figuré de piste). Sakis hier soir m’avait vivement déconseillé de l’emprunter. D’après lui nous devrions trouver une piste pour 4×4. Dominique se lance hardiment à l’aventure. Il faut suivre les panneaux écrits uniquement en caractères grecs (ce n’est pas difficile,  je me suis entraînée pour lire rapidement. Or les noms grecs se déclinent et se trouvent le plus souvent au génitif (mais pas toujours). Nous avons l’agréable surprise de rouler sur une route bien asphaltée, même très large. Toutefois, le fléchage est très déficient. Nous nous arrêtons souvent pour demander notre chemin dans les villages (en Grec on me répond en Grec également). Quand mon interlocuteur est avisé, il joint le geste à la parole. Sinon, il me déverse un discours abondant et incompréhensible. L’essentiel est de garder la bonne direction. On s’arrêtera après et on redemandera.

La route traverse une région très montagneuse. En quittant la côte nous trouvons les nuages et même la pluie. Des forêts d’épicéas et des endroits très verts nous surprennent, le maquis d’épineux et de lentisques pistachiers est plus conforme à mon idée de la Grèce. En cette saison, la campagne est très fleurie : lilas bien fournis, arbres de Judée mais aussi petites fleurs des champs et de petits iris sauvages bleus, mes préférés.

Les villages sont très tranquilles, j’ai du mal à trouver quelqu’un dehors dans la rue. Les grosses maisons en ciment crépi de blanc, couvertes de toits de tuile sont blotties au flanc des collines. Les jardins violets de lilas. La montagne recouverte d’un maquis de pistachiers.
Un berger et une bergère dans un antique pick-up rouge au pas poussent devant la voiture un  troupeau de chèvres.

Le Mont Parnasse enneigé

Au loin, les sommets sont enneigés, le Parnasse à l’ouest dépasse les premières crêtes. De l’autre coté du Golfe de Corinthe, une barre blanche apparaît de temps en temps, je ne parviens pas à déterminer à quel massif elle appartient. Le paysage est grandiose, entre neiges et mer d’huile. Allons nous trouver le monastère d’Osios Loukas que nous cherchons ? Il n’est indiqué nulle part. Pourtant les paysans n’ont pas l’air étonné lorsque nous demandons notre chemin. Sur notre carte l’emplacement n’apparaît pas.
Et si nous faisions tout ce chemin pour rien ? Et si ce n’était pas le bon monastère ? Et s’il était fermé ?

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Osios Loukas katolikon

Au loin, planté au flanc de la colline, rouge brique avec une coupole et un campanile, ramassé sur lui-même, inaccessible, nous devinons un monastère. Je commence à avoir de sérieux doutes. Nous nous consolons en nous disant que la route est si belle qu’elle mérite à elle seule le détour.

Osios Loukas


De gros cars sont alignés sur le parking, pas de doute, nous sommes bien arrivées à Osios Loukas . Nous pique-niquons rapidement, assises sur une murette, sous l’œil intéressé de trois chats efflanqués et d’une chienne allaitante aux mamelles pendantes, et celui, réprobateur, d’un homme – un moine ? – qui pousse sa brouette. Nous mangeons du saucisson alors que les Grecs font carême.

Le monastère est énorme. L’église byzantine est contemporaine de celle de Daphni. Très haute, sa coupole est soutenue par des trompes portant huit petites coupoles. La plupart des coupoles sont revêtues intérieurement de mosaïques dorées qui brillent. Sols et murs sont parés d’une marqueterie de marbres multicolores. Gallimard, sur une double page, nous avait éblouies de toutes ces couleurs. Malheureusement, le sol est protégé par un épais tapis de jute.

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Osios Loukas détail

En matière d’églises byzantines, nous ne sommes plus naïves comme la première fois lorsque nous avons découvert Daphni, puis Mistra. Entre-temps, nous sommes passées à Istanbul en Cappadoce, Chypre et en Sicile où les églises de Palerme, bien que catholiques, leur sont apparentées. Nous reconnaissons donc facilement les scènes de l’Histoire Sainte, les portraits de Constantin et d’Hélène debout, de part et d’autre de la croix dans le narthex. Quel luxe fabuleux de marbres, de mosaïques, de dentelles de pierre dans un endroit aussi isolé dans la montagne !

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Osios Loukas, intérieur

e jeu des lumières par les petites ouvertures rondes découpées en feston donne un très bon éclairage aux fresques et aux mosaïques. Pas besoin de lampes ou d’électricité. Je me réfrène pour photographier, nous avons acheté une plaquette illustrée. L’église est pleine de recoins, partout, de détails étonnants. Un musée est installé dans le vaste réfectoire. Un bel arbre est planté dans la cour, des salles ont été restaurées. Plus loin, le monastère est encore habité dans de petites maisons basses, entourées de jardins. Pendant que nous visitions le ciel s’est dégagé, les nuages ont disparu, il fait un temps magnifique.

une bergère

Il reste une quarantaine de kilomètres pour rejoindre Delphi. Nous franchissons un petit col. Une bergère, habillée de noir, garde ses chèvres. Elle tricote au crochet debout plantée dans un pré d’herbes hautes parsemé de fleurs : beau sujet de photographie. Dominique demande la permission. Elle est ravie. J’essaie d’échanger quelques phrases en Grec. Sans doute s’ennuie- t-elle toute la journée, en compagnie des bêtes.  Sur la route, un deuxième renard écrasé. Comment se fait-il ?
Alors que nous avons trouvé le monastère isolé sans nous perdre, voilà que nous avons raté la grande route qui va à Delphes Nous nous retrouvons à la mer, dans la direction opposée. Nous avion pris en autostop deux vieux  qui attendaient sur le bord de la route. Alors que je lui dis que nous allons à Delphes, le monsieur proteste. Si nous nous étions mieux compris, nous aurions pu faire le détour pour les dépanner et ils nous auraient mis dans la bonne direction. Au lieu de cela, nous voilà perdues dans un cul de sac sur le bord du golfe de Corinthe !

Soirée à Delphes

Arrivée à Delphes vers 17H. Le temps de nous installer à l’hôtel, il est trop tard pour visiter les sites. Nous nous contentons d’une promenade à pied jusqu’à la billetterie puis nous traînons dans le village. Je dépose deux pellicules chez le photographe, une heure plus tard, elles sont prêtes.
Nous nous installons pour un café frappé et un  ouzo sur une belle terrasse à contempler le plus beau paysage du monde : le véritable fleuve d’oliviers qui tapisse le fond de la vallée s’étale jusqu’au Golfe de Corinthe. L’eau du Golfe est lisse et brillante d’un bleu opalin si particulier. Mer et collines s’entrelacent intimement. La terre avance en doigts, les îles en petits caps. Au loin dans le Péloponnèse, une grande chaîne barre l’horizon de ses crêtes enneigées.

Delphes : Sanctuaires d’Apollon et d’Athéna

Pâques aux Météores et une semaine au Pélion

Comment raconter cette journée radieuse dans cet endroit magique qui est Delphes ?
Delphi est un village artificiel : ses deux rues parallèles sont bordées de restaurants, de boutiques de souvenirs et d’hôtels. Mais, justement, le kafénéion Apollo reste bien grec dans sa clientèle et sa simplicité : tables carrées, chaises de bois et de paille, pas de décoration artificielle pour touristes.
Un café grec – le premier des vacances – du pain frais – des biscuits peu engageants que je néglige. Le prix, lui, est très touristique : 5€.


Nous quittons l’hôtel à 7H30 pour arriver les premières sur le site. Il fait un petit vent frais, l’air est vif, clair, la lumière idéale. Le chemin piétonnier longe le musée, il est fleuri de lilas violets qui embaument. Depuis que nous avons pris de l’altitude – Delphes est situé à 500 m – les senteurs des lilas ont remplacé celles des orangers.

Sanctuaire d’Apollon

Nous entrons dans le sanctuaire d’Apollon par un forum romain que j’identifie immédiatement : dallage de marbre, péristyle, les mêmes colonnes que celles de l’Agora romaine d’Athènes, murs de briques et de petites pierres caractéristiques séparant les boutiques de souvenirs des pèlerins – touristes de l’Antiquité -.
Le site est encore dans l’ombre. Deux grandes falaises entaillées par une faille dominent le site vers l’Est. Nous sommes très vite rejointes par un groupe de Français , menés par un conférencier qui parle du Pléistocène qui doit son nom au fleuve de Delphes, le Pléistos (fleuve sans eau que j’avais pris pour un chemin). A sa façon de parler, calme et mesurée, on devine l’universitaire, je tends l’oreille. Dominique fait mine de soigner ses cadrages. Il explique ce qu’est un Trésor : un édifice contenant les offrandes d’une ville et compare le Trésor des Lacédémoniens faisant face à  celui des Athéniens comme le Pavillon Soviétique face au Pavillon Allemand à l’Exposition Universelle.

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Le Trésor des Athéniens

Plutôt que de me cacher, à la première pause dans son discours, je demande au conférencier si cela le dérange que nous l’écoutions. Il nous donne la permission de rester avec son groupe. Nous remontons donc ensemble la Voie sacrée bordée des Trésors des villes, connues de nous ou inconnues. Argos a fait édifier deux hémicycles : socles des statues des rois d’Argos et de ses héros (je pense à la tragédie des Sept de Thèbes, il faudra que je m’y replonge), Corinthe mais aussi Sycione et Siphnos que j’ignore complètement. Le Trésor des Athéniens a été complètement remonté – je connais maintenant le terme : anastylose – . Il a l’air tout neuf avec ses colonnes, son fronton où a été gravé l’hymne à Apollon, la plus ancienne partition connue (l’original est au musée). Sur les côtés, ont été gravées des couronnes de lauriers correspondant aux récompenses des Jeux Pythiques. Seules, nous n’aurions jamais deviné les fines gravures. Notre conférencier, Monsieur Cabanes, est épigraphiste. Il nous parle longuement des travaux de ses collègues de l’Ecole d’Athènes qui ont retrouvé les comptes de l’Amphictionie (ligue des villes qui administraient le sanctuaire) au revers des dalles de la voie sacrée. Chaque dalle a été retournée, chaque inscription relevée. Le mur polygonal qui borde la base du Temple d’Apollon est couvert d’écritures : 700 actes d’affranchissement  d’esclaves y sont répertoriés prenant le dieu à témoin. Ainsi, il serait sacrilège de reprendre sa liberté à l’affranchi. Monsieur Cabanes nous parle longuement de ces actes. C’est son sujet de recherche, mais dans un autre site, en Albanie. Il relativise l’importance de l’affranchissement : un affranchi sera xenos, un étranger. Il ne pourra pas posséder de terre et devra se louer comme salarié. Il restera sans doute au sein de la famille où il était esclave.
Sur ce mur, il déchiffre devant nous une autre inscription : « promanteia », sorte de priorité pour aller consulter l’oracle. De plus, ce privilégié a ses places réservées au théâtre. Ce devait être un généreux donateur. Sous la direction de Monsieur Cabanes, l’inscription est très lisible. Quand nous repasserons, quelque temps plus tard, je serai incapable de la retrouver.
Nous passons devant le Portique des Athéniens où on accrochait les trophées : cordages, éperons de proue des navires perses après la victoire de Salamine…Avant d’entrer dans le temple d’Apollon, M. Cabanes nous fait remarquer les socles des statues et de la colonne torse soutenant un précieux trépied ; cette colonne, nous l’avons vue à Istanbul sur l’Hippodrome. Un haut pilier, analogue à ceux des Propylées de l’Acropole, était surmonté de la statue équestre de Prusias. Il fallait imaginer la Via Sacrée encombrée de statues énormes, d’un palmier au feuillage d’or, de trépieds….

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le Temple d’Apollon et le mur polygonal

Deux séismes, un incendie ont eu raison du temple d’Apollon qu’il a fallu reconstruire trois fois. Les souscriptions des 24 villes de l’Amphictionie s’étendaient à tout le monde grec. Parfois, les dons étaient en nature comme ce navire chargé de céréales envoyé au port d’Itea, tout proche, dont un archéologue a suivi la cargaison et a conclu que les rats en avaient mangé une partie.


Ces anecdotes me ravissent. Interviennent des personnages historiques connus comme Clisthène, habile souscripteur de fonds, qui tira une interprétation habile de l’oracle de la Pythie provoquant ainsi l’intervention des Spartiates pour renverser un tyran d’Athènes. Justement notre Hôtel Economy est dans la rue Clisthenous !

Importance aussi de la géographie : il était tout à fait admirable que, sur un versant aussi en pente, les bâtisseurs antiques aient pu s’offrir une esplanade horizontale pour y édifier un si vaste temple ! Importance de la séismicité également. Cabane fait le tour des fondations pour chercher l’adyton – lieu ou la Pythie entrait en transe- On n’a jamais trouvé de faille où se seraient exhalés les gaz qui auraient provoqué la transe.

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printemps à Delphes


Le long du temple, des ex-voto, celui de Crateros, lieutenant d’Alexandre, qui l’avait sauvé au cours d’une chasse. Sans le guide, j’aurais sans doute supposé qu’on entreposait là des cratères !


Le site est très fleuri. Je me régale à photographier les murs du temple colonisés par des touffes roses.
Le petit théâtre est une merveille. Encastré comme dans un écrin, dans la pente, avec la montagne et la vallée  du Pléistos pour décor de scène. Cabanes nous fait remarquer qu’à Orange, les Romains avaient construit un mur obstruant la vue (ici, aussi, les Romains avaient édifié une scène). Du théâtre, nous montons un sentier raide jusqu’au stade. Ici aussi, on a dû araser la montagne pour obtenir un terrain plat. Des gradins, ne subsistent que ceux qui sont adossés à la pente. Les touristes de Clio organisent une course de deux stades en prenant le départ sur la ligne creusée dans le marbre pour faire des cale-pieds. Chez Clio aussi, on fait des gamineries, même à 70 ans !

Le groupe poursuit la visite  au musée. Je regretterai plus tard de ne pas les avoir accompagnés. Il ne faut tout de même pas abuser. Nous descendons en effectuant les révisions nécessaires. Sur le moment, on comprend tout, on voit tout… ce que le guide montre ! Quelques minutes plus tard, une image a chassé la première et il nous faut l’aide de Gallimard pour mettre un nom sur une stèle, un Trésor, une colonne. Qui était donc perché ? Un sphinx énorme comme celui qui se trouve au musée.
Les groupes en car se pressent, des Français en camping car s’interpellent : ils « font » la Grèce, ils ont « fait » la Turquie. Incommodées, nous prenons le large.

Musée

Le musée a été rénové récemment, la peinture est neuve, la présentation agréable, mais les numéros des salles et l’ordre de présentation ne correspondent plus du tout à ce qui est écrit dans nos guides. Nous sommes condamnées à errer au hasard. Je regrette Monsieur Cabanes.

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sauge de Jérusalem – Phlomis fructuosa

L’aurige occupe toute une salle. Je me souviens bien de lui, il figure sur tous les livres. C’est une statue fascinante. Un guide montre comment les yeux sont faits, les cils en relief ; les sourcils soulignés au plomb lui donnent ce regard vivant. La longue chlamyde est retenue par des lanières pour empêcher qu’elle ne s’envole pendant la course. Je pense à l’Ephèbe de Motzia et au Satyre de Mazzara del Vallo, statues si extraordinaires qu’elles semblent habiter un musée construit exprès pour mettre en valeur une seule statue qui marque plus l’imagination qu’une accumulation de chefs d’oeuvre. L’Aurige de Delphes joue dans leur catégorie !

Nous quittons l’aurige pour trouver Antinoüs – personnage des Mémoires d’Hadrien- le bel éphèbe a le visage d’un adolescent qu’on imagine sur un corps d’athlète peut- être trop musclé pour la délicatesse de ses traits. Hadrien, Hérode Atticus sont des personnages récurrents en Grèce où je ne les attendais pas.

Les frontons des temples archaïques sont suggérés : on a peint sur le mur des triangles bleu gris , les dieux et les héros, Apollon sur son char tiré par quatre chevaux, semblent arriver du ciel. Les métopes du Trésor de Sycione sont parfaitement conservées. On se fait une meilleure idée de la décoration extérieure. Les statues romaines sont les plus nombreuses, en meilleur état, mais il y a également des statues archaïques : deux jumeaux massifs aux yeux largement ouverts, au front bas et à la coiffure nattée rappellent les Egyptiens. En déséquilibre sur la jambe gauche, elles s’arrachent à leur socle et commencent à marcher.

D, partie seule explorer, me montre ses trouvailles : Artémis et Apollon et leur sourire archaïque. Artémis est un peu tête à claques. Dans une vitrine des statues chryséléphantines, l’ivoire a été calciné, mais l’or et l’argent sont encore en bon état. On a également retrouvé un taureau au corps de bois, avec les sabots, la tête, les cornes et les parties génitales en  or .Le bois était recouvert de métal.

Première baignade à Itéa

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Itéa

L’après-midi, nous ne résistons pas à une visite à la mer. Par delà les oliviers, elle s’étale, lisse moirée, immobile, miroir d’argent. Nous traversons Chrisso, petit village à mi-pente, plus authentique que Delphes vouée au tourisme. Itea laisse une curieuse impression : de gros bateaux attendent, on ne sait quoi, et rouillent. Les plages sont minuscules, parasols de paille et une cabine. La marina est grande mais vide. Le front de mer est occupé par de belles terrasses de café vides. La marina et les cafés vides s’expliquent : c’est l’heure de la sieste, en semaine et hors saison. Mais les gros bateaux ? En tout cas,  il se dégage une atmosphère de calme bien agréable. Après que je me suis trempée les pieds jusqu’aux genoux, nous remontons à Delphes pour visiter le sanctuaire d’Athéna.

Sanctuaire d’Athéna

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Sanctuaire d’Athéna : la Tholos

La Tholos est ravissante, hautes colonnes élancées, fine corniche. C’est le seul monument resté gravé dans ma mémoire depuis 1978. Des deux trésors de Marseille, il ne reste que les fondations et ce qui est exposé au musée. Les reconstitutions sur papier avaient fait illusion. Les temples d’Athéna ne sont pas spectaculaires. Mieux conservée, la palestre avec sa très longue colonnade