Contes d’Odessa/Nouvelles – Isaac Babel – Gallimard

UKRAINE/RUSSIE

Lu à la suite de Cavalerie Rouge et de la BD Le Fantôme d’Odessa de Camille de Toledo.

Jubilatoire! Vivant, coloré, drôle, touchant. Un coup de cœur que ce recueil de nouvelles, certaines très courtes (320 pages) que j’ai dévoré.

Les Contes d’Odessa sont un ensemble de nouvelles se déroulant  en 1913 dans les bas-fonds d’Odessa, dans la Moldavanka, le personnage central le Roi Benia Krik est un escroc, sorte de Robin des Bois qui dépouille les riches, défie les autorités pour donner aux pauvres. Astucieux, mais aussi violent, c’est une figure truculente. Rythme endiablé, décors colorés, humour juif. 

« Sa gloire de François Villon d’Odessa lui valut de l’amour mais ne lui attira pas de confiance? pourtant ses récits de chasse sont devenus prophétiques, leur puérilité est devenue sagesse, car c’était un homme sage qui tenait à la fois du komsomol et de Ben Akiba.  

Il n’eut pas besoin de briser quelque chose pour devenir le poète des tchékistes, des pisciculteurs , des komsomols… »

Les nouvelles suivantes sont diverses.

Les plus touchantes racontent l’enfance de Babel, enfant doué, poussé par ses parents dans la réussite scolaire mais aussi dans l’apprentissage du violon. Pour un enfant juif, réussir à intégrer le collège malgré le numérus clausus limitant les Juifs est un véritable exploit ; l’enfant ne pourra même pas jouir de sa réussite. Un pogrom va ensanglanter la ville….La plupart des nouvelles se déroulent à Odessa dans le milieu juif, mais pas toutes. Certaines traitent aussi de l’amour de la littérature. l’une d’elle rend hommage à Gorki, qui édita Babel et l’encouragea. Une autre, raconte la difficulté de traduire Maupassant, de trouver le mot juste, le style, autre écrivain qui inspira Babel.

 

 

 

Limonov – Emmanuel Carrière

RUSSSIE

Depuis que cette guerre en Ukraine s’est déclarée, ma curiosité est aiguisée et les images des médias et même les articles des journaux me laissent insatisfaite : je ne comprends toujours pas comment elle est possible. Je me tourne vers la littérature pour avoir un autre éclairage.

Limonov, lui, a été voyou en Ukraine ; idole de l’underground soviétique ; clochard, puis valet de chambre d’un milliardaire à Manhattan ; écrivain à la mode à Paris ; soldat perdu dans les Balkans ; et maintenant, dans l’immense bordel de l’après-communisme, vieux chef charismatique d’un parti de jeunes desperados. Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud : je suspends sur ce point mon jugement.

Limonov de Carrère offre une biographie d’un personnage qui paraît étrange, poète, voyou, provocateur, militaire ou politique. Je n’ai guère de sympathie pour un des fondateurs du parti nasbol : national-bolchevik. La violence et la délinquance gratuite me repoussent, encore moins les beuveries continuelles. Même si la prison  est un classique de la littérature russe,  les camps de travail n’exercent sur moi aucune fascination. Et pourtant j’ai lu avec intérêt ce pavé de 500 pages.

Limonov nait en Ukraine en 1943, pendant la bataille de Stalingrad, décède en 2020. Carrère le suit pas à pas dans ses errances à Kharkov, Moscou, New York, Paris pendant toutes ces décennies. Il raconte la vie, les œuvres, les amours de l’écrivain et il s’attache à contextualiser en analysant l’évolution politique de son héros : enfant, fils d’un Tchékiste, fasciné par les exploits militaires à la fin de la Guerre,  adolescent frustré dans sa province, rebelle, violent dans l’URSS encore stalinienne, poète fréquentant les dissidents. Exilé. De retour à Moscou avec la fin d’ l’Union Soviétique. Engagé avec les putschistes contre Eltsine. Chef de parti.

Toute l’histoire de l’Union soviétique et de la Russie  se déroule pendant l’Odyssée du héros qui passera de l’Ukraine à Moscou, de New York à Paris, puis jusqu’en Asie Centrale en Altaï. Nous assistons à l’arrivée et la chute des principaux dirigeants de Khrouchtchev, Gorbatchev, Eltsine, Poutine….  J’ai beaucoup appris de ce livre en le considérant comme un roman historique. Double regard : celui de l’auteur, intellectuel français, et fils d’une historienne de renom, celui du héros, complètement russe, avec un point de vue totalement décalé étranger aux valeurs politiquement correctes chez nous. En décalant les points de vue, j’arrive mieux à saisir ce qui se passe actuellement même si le livre a été publié en 2011.

J’ai été stupéfaite par le prétexte avancé par Poutine de lutter contre les nazis en Ukraine. Les nazis! Il me semblait que cette référence à la seconde guerre mondiale était rancie, si ce n’est périmée. Par ailleurs, les photos du bataillon Azov pouvaient m’égarer. Que penser?  Dans Limosov j’apprends (parce que j’étais vraiment ignorante) que les références aux nazis existent non seulement en Ukraine mais surtout en Russie, et qu’il y a même un parti s’en réclamant. Pour compliquer le tout les nationalistes qui utilisent les codes nazis (drapeaux, saluts et idéologie nationaliste et antisémite) se réclament aussi de Staline et du bolchevisme.

« drapeau, un cercle blanc sur fond rouge, évoque le drapeau nazi, sauf qu’en noir dans le cercle blanc, au lieu de la croix gammée, il y a la faucille et le marteau. »

Comment concilier les deux? Par le nationalisme, bien sûr. En France c’est difficile à concevoir.

Les ennuis ne sont jamais loin, dit-il à son ancien élève, quand les Russes commencent à se monter le bourrichon avec leur patrie, à parler de la grandeur de leur empire ou de la sainteté de leur mission et à dire des choses comme « la Russie, il ne faut pas chercher à la comprendre, il faut y croire ».

Comprendre Poutine? un début d’explication :

Poutine répète sur tous les tons quelque chose que les Russes ont absolument besoin d’entendre et qui peut se
résumer ainsi : « On n’a pas le droit de dire à 150 millions de personnes que soixante-dix ans de leur vie, de la vie de leurs parents et de leurs grands-parents, que ce à quoi ils ont cru, ce pour quoi ils se sont battus et
sacrifiés, l’air même qu’ils respiraient, tout cela était de la merde. Le communisme a fait des choses affreuses,
d’accord, mais ce n’était pas la même chose que le nazisme.

Coïncidence : l’attentat récent qui a coûté la vie à la fille de Douguine qui est un personnage présenté dans le livre : idéologue ultranationaliste, antisémite.

Loin d’opposer fascisme et communisme, Douguine les vénère également. Il accueille pêle-mêle dans son
panthéon Lénine, Mussolini, Hitler, Leni Riefenstahl, Maïakovski, Julius Evola, Jung, Mishima, Groddeck,
Jünger, Maître Eckhart, Andreas Baader, Wagner, Lao-tseu, Che Guevara, Sri Aurobindo,

Décidemment Limonov de Carrère le donne des clés pour comprendre l’actualité.

Nos cabanes -Marielle Macé – Verdier

LITTERATURE FRANCAISE

Sous les cabanes de Kawamata Jens nous a fait la lecture de Nos Cabanes de Marielle Macé. Je me suis empressée de télécharger le livre sur ma liseuse.

Marielle Macé m’a fait découvrir les Noues de son Pays Nantais 

Une noue est un fossé herbeux en pente douce, aménagé ou naturel (l’ancien bras mort d’une rivière par exemple), qui recueille les eaux, permet d’en maîtriser le ruissellement ou l’évaporation, de reconstituer les
nappes souterraines et de ménager les terres. C’est un abri végétal qui limite la pollution, et s’est mis à protéger des inondations les villages

Les noues, les noës comme autant d’arches, arches d’eaux vives et de pratiques, où conserver non pas des choses mais des forces, où faire monter des inquiétudes, des pensées, des combats.

J’ai adoré cette découverte très personnelle qui conduit le lecteur dans l’ombre portée de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, cabanes en lutte, cabanes revendicatives mais aussi invention d’un autre vie

Faire des cabanes : imaginer des façons de vivre dans un monde abîmé. Trouver où atterrir, sur quel sol
rééprouvé, sur quelle terre repensée, prise en pitié et en piété. Mais aussi sur quels espaces en lutte, discrets ou
voyants, sur quels territoires défendus dans la mesure même où ils sont réhabités, cultivés, imaginés, ménagés
plutôt qu’aménagés.

Les cabanes de Marielle Macé sont des cabanes militantes, des cabanes collectives, imaginatives ce ne sont pas des cabanes d’enfants ou de vacanciers, encore moins des cabanes de bidonville (quoique!). Ce sont parfois des cabanes de papier, de pensée, d’amitié

Et l’enjeu est bien d’inventer des façons de vivre dans ce monde abîmé :

Nous sommes cosmopolites mais pratiquons le local : dans des sphères restreintes et de fait habitables, nous
façonnons des objets qui nous ressemblent, puis nous les partageons.

peut bâtir comme on jardine (cela demande de mêler architecture pérenne et architecture provisoire, de ne pas tout vouloir « installer

Et puis dans Le Parlement élargi l’autrice nous entraine dans le sillage d’artistes comme Giuseppe Penone, ou dans les paysages acoustiques de Bernie Krause, de poètes comme Ponge  qui fait entendre l’eau, l’arbre, s’adresse à eux, leur pose des questions….Bailly pour quoi les animaux « conjuguent les verbes en silence » pour les plus connus. Elle ouvre des possibles, des rencontres . Et, une repolitisation du lien, un point de vue différent . Peut-être celui d’une nouvelle génération, celle des zadistes, des hommes des cabanes? Pour réenchanter un monde dévasté où les oiseaux ne chanteraient plus?

A suivre….

Farniente à Baia delle Ginestre,

CARNET SARDE

Au petit matin, vue de la route : les plages

Nous nous accordons un jour pour profiter de notre belle résidence.

A 5h50, un peu avant le lever du soleil, je pars à pied sur la route en direction des belles plages de Campionna et de Piscinni. Nous avons mesuré la distance hier : 2.5 km. A l’ »heure magique » il fait frais. Je profite encore mieux des paysages que dans la voiture. Asphodèles et fenouils sont desséchés mais les champs sont jaunes d’une nouvelle fleur la Molène sinuée Verbascum sinuatum.

Petite frayeur : le troupeau passe, deux chiens jaunes, dans le genre vieux corniauds, tout hérissés me barrent la route. Le berger n’est pas loin mais il ne fait rien pour les rappeler. Je passe quand même, pas rassurée « ils sont bons ils ne font rien » déclare le berger qui ne les rappelle toujours pas.

Schistes verts et argentés

Au-dessus de Campionna, un gros mobil-home est garé. La plage suivante est occupée par une tente décathlon et 4 cannes à pêche. Je retourne à Campionna. Les schistes gris-vert, l’eau argentée, la tour au loin ont un aspect mystérieux. Sérénité , calme souligné par le clapotis de l’eau. Je fais un petit paquet avec mes lunettes et mon téléphone et ma robe de plage, le tout coincé dans mes sandales et j’entre précautionneusement dans l’eau. Graviers et galets, il faut me jeter à l’eau dès le premier mètre. Quand je ange, je sens des roches qui affleurent. Mais il ne sera pas dit que je n’aurai pas essayé !

Après le petit déjeuner je descends explorer les plages de Baia delle Ginestre. J’ai découvert lundi la petite plage au bout de notre allée : une petite bande de graviers gris sous des schistes verts. Chaussons obligatoires. La deuxième plage se trouve un peu plus loin à l’est, mêmes graviers gris. J’ai mis mes chaussons mais je ne suis pas rassurée à cause des rochers qui affleurent cachés par les algues et posidonies. Je nage doucement, les yeux fixés sur le fond. Les schistes se détachent formant des arêtes vives, parfois soulignées par un filon de quartz. C’est beau les plaques qui se détachent et brillent au soleil.

Troisième baignade à la petite plage du bas. J’ai failli me décourager puis j’ai remarqué du sable plus fin au bout à droite de la crique. L’eau plus verte, les algues plus profondes. Enfin je trouve un accès facile sans trébucher sur les gros galets glissants, sans racler des rochers cachés. Je trouve le passage en eau profonde. Le fond bien visible. La petite baie est fermée et très tranquille. Une belle baignade.

 Plages et restaurant pour notre dernier jour en Sardaigne

Trois baignades à la petite plage maintenant j’ai trouvé la voie d’accès dans la partie sableuse. L’eau est si transparente que je peux anticiper les écueils, les touffes d’algues brunes et les massifs de posidonies. Curieusement je n’ai pas vu un seul poisson.

Vers 11 heures nous reprenons la corniche pour faire les dernières photos des caps et des tours. Le ciel est couvert, l’eau un peu grise, les crêtes embrumées. Près des plages, turquoise de l’eau relevé par quelques parasols colorés.

Midi, au restaurant Riccio Bianco. Il ne faut pas garer la voiture face à la mer. La police verbalise. Le restaurant loue aussi des gommone. Grimpette à la tour ronde du Capo Malfatano. C’est court mais cela monte dur.

Tour Malfatano

Le restaurant est installé sur la plage. Tables carrées laquées de blanc, sets en papier blanc et bleu clair, serviettes en papier bleu marine. On nous a gardé la table d’angle proche du sable. Sur l’ardoise, le menu du jour. Huitres à l’unité 4€, homard au poids. Nous choisissons une tranche de thon sur un lit de tomates-cerises, un plat de pâtes tomates, morceaux de dentice (vivaneau) avec de la boutargue qui sert plutôt à décorer.

Riccio bianco

Jolie conclusion aux vacances. Un peu cher, mais l’endroit est exquis.

Il va falloir refaire les valises, laver la Lancia….

 

 

 

Nora, site archéologique et les belles plages de Chia

CARNET SARDE

Une route panoramique

Marianna vient chercher Dominique avec la voiturette qui est indispensable pour monter (et descendre) les allées dallées sinueuses qui serpentent entre les maisons étagées sur la pente très raide. La SP 71 suit la côte en balcon. C’est une route panoramique et spectaculaire « la plus belle de Sardaigne » disons-nous, oubliant la route de Nebida à Masua, les rochers de granite de la côte nord….qui sont aussi des routes panoramiques spectaculaires. Le matin, il n’y a pas de circulation et nous pouvons nous arrêter à chaque belvédère découvrant les plages de Campionna, de Piscinni et les criques cachées du Capo Malfatano. Des bateaux sont alignés en travers d’une baie très étroites et évoquent un pont de bateaux comme autrefois. Ce sont les zodiacs des excursions touristiques. Il serait très tentant de descendre me baigner. Mais le temps presse, il faut arriver au site archéologique de Nora le plus tôt possible. A midi, les sites sont des fournaises. Après Tuerredda, la route s’enfonce dans la verdure. Aux alentours de Chia les villages de vacances et les campings se cachent dans les pinèdes. Les bords de la route sont très fleuris de lauriers roses,  d’agapanthes et de massifs de lantanas.

Après Chia, nous retrouvons la SS195 Sulciana et arrivons à Nora.

Site archéologique de Nora

La visite en Italien vient de commencer, je la prends en route. On peut aussi télécharger une application sur le smartphone et visiter librement avec les commentaires en anglais ou en français.

Quand j’arrive, le guide, coiffé d’un panama, parle du site nuragique. Les capanne étaient en bois, boue et roseaux qui, bien sûr, n’ont pas laissé de trace. On peut tout juste retrouver l’emplacement des anciens poteaux.

Comme Sulky, Monte Sirai, Nora fut phénicienne puis punique mais ce sont les monuments romains les plus visibles. Nora fut abandonnée et cachée par la végétation jusqu’en 1950, mise au jour par Gennaro Pesce. Depuis sa découverte les universités de Cagliari, Padoue, Milan et Gènes envoient des étudiants poursuivre les fouilles.

Sur le forum les goélands sont vigilants

Le Forum Romain est constellé de plumettes et de duvet blanc, les poussins des goélands sont en train de muer. Les adultes sont agressifs avec les visiteurs, manifestement des intrus. La ville punique était construite sous le forum. On reconnait le bâti carthaginois par l’emploi de gros moellons « appareil africain/opus africanum ». Andréa, le guide nous montre : « devant vous vous avez un peu de Carthage. D’ailleurs, Carthage est plus proche de nous  que Sassari. » je vérifierai cette assertion avec Googlemaps quand nous chercherons une station de lavage pour la Lancia « autour de nous » et que google me proposera un garage à La Goulette.

Nous déambulons sur une rue romaine bien dallée, bombée à l’axe, pour évacuer les eaux de ruissellement, et, équipée d’une canalisation d’égout (cloaque). Andrea soulève le regard (moderne) le cloaque romain est en état.

Un petit théâtre romain est bien conservé.

Théâtre

Du petit temple (230 après JC), il ne reste plus qu’une seule colonne sur les six ; Curiosité : l’autel est situé devant la colonnade alors qu’il est normalement caché à l’intérieur du sanctuaire. Devant le temple une mosaïque.

Temple d’Eshnoun/Esculape est situé à l’extrémité de la presqu’ile. Il était décoré de marbre, on a retrouvé de motifs de disque et de serpent

Le guide insiste sur le fait que la population de Nora était multiethnique et que les multiples influences se retrouvent mêlées dans la vie quotidienne : on a retrouvé des écritures puniques sur des plats romains. Plusieurs religions co-existaient. Plusieurs langues y étaient parlées y compris l’Egyptien. Sur l’architrave d’un temple, Andrea montre le cercle représentant Râ protégé de 15 urei (cobras égyptiens), ces figures sont à rapprocher des scarabées égyptisants étaient également fabriqués en Sardaigne que  nous  avons vus dans le musée de Sant’Antioco. Septime Sévère qui a règné de 193 à 211  est né à Leptis magna en Lybie était lui-même africain ; il parlait le berbère, le punique, le latin et le grec ; il fut en poste en Sardaigne.

Sous les arbres la via sacraa dallée de basalte relie les temples à la ville

Les maisons romaines étaient parfois luxueuses comme la Casa tetrastyle (quatre colonnes soutenant le toit de l’atrium). Ses mosaïques ont été réalisées par des artisans nord-africains (IIIème siècle ap.JC) la taille minuscule des tesselles atteste de la qualité du travail ainsi que la finesse des motif. On reconnait une néréide. Plusieurs pièces furent ainsi décorée.

Nora possédait cinq établissements thermaux. L’un d’eux a servi de forteresse pour protéger le port des attaques des Sarrazins. Ce sont ces derniers qui ont causé la perte de la ville au VIII ème siècle. Occasion pour le guide de rappeler les différentes fonctions des thermes : sportive, hygiéniste mais surtout sociale. Il nous montre les différentes salles : frigidarium, caldarium, tepidarium et même solarium. L’eau était recyclée dans les latrines collectives et en plein air.

devant le port, les thermes et les colonnes de la villa tetrastyle

La promenade se termine au temple de Tanit dont il ne reste rien et par la nécropole.

Ce fut une belle visite, plus d’une heure et demie grâce à la « fraîcheur », en cas de chaleur Andrea raccourcit. Il nous recommande le site http://www.nora>.it et e-archeo.it. Le premier offre une visite virtuelle éblouissante.

Dominique a trouvé un endroit charmant au port près du Centre de Récupération des Tortues

Au programme de la journée, nous avions prévu la visite du Musée de Pula, la Torre del Coltellazzo  et celle de l’église de Sant Efisio. La tour est en restauration, l’église n’ouvre que le dimanche, le musée fermé. Cela change !

Mosaiques et tour de coltellazzo

Nous cherchons une plage pour le pique-nique et se baigner. Nous quittons la Sulcitana à Chia dont le guide Vert chante les louanges. Les plages sont difficiles à approcher. Les parkings ombragés ou pas, sont chers. On hésite à payer le tarif « journée » pour un bain d’une demi-heure. Belles plages de sable mais aujourd’hui il y a des vagues. Sur le sable très blanc, l’eau a une couleur menthe glaciale. Je me baigne au pied de la Tour de Chia.

La piste sableuse qui va au Capo Spartivento passe au bord d’un étang, plus loin on devine des dunes très blanches et des plages aménagées très luxueuses (personne sur les lits). Le drapeau rouge est hissé à cause des vagues. Je me promène les pieds dans l’eau, m’écarte du maître-nageur pour faire une courte baignade. L’eau est peu profonde, la taille des vagues raisonnable. Au petit port de Tuerredda nous cherchons un restaurant pour jeudi. Le premier, pieds dans l’eau, L’Antica Pescheria nous plait beaucoup, mais jeudi est jour de fermeture. Une piste monte vers le Capo Malfatano, montée très raide, bravo à la courageuse Lancia Ypsilon, puis jolie descente mais nous sommes récompensées. Il y a un restaurant de poisson Riccio Bianco qui prend la réservation

Sulciana, la route du Sud-ouest de la Sardaigne jusqu’à Baia delle Ginestre

CARNET SARDE

Dernier bain à Cala lunga

Après un dernier bain à Cala Lunga eau tranquille malgré le vent, nous quittons Sant’Antioco pour la dernière étape l’Ecovillage Baia delle Ginestre.  Court voyage d’une quarantaine de kilomètre en suivant le chemin des écoliers : SS 126 puis SS 195 (Sulciana) et enfin des petites routes qui nous conduisent à Porto Pino.

Porto Pino

Porto Pino

Porto Pino est une station balnéaire chic et pittoresque au bout d’un petit cap. La route passe entre deux étangs enchâssés dans les vignes cultivées à flanc de collines couvertes en leur sommet par des forêts. Calme des étangs, pas de flamants roses, à la place des aigrettes et des goélands. Une piste en bord d’étang conduit au Parking des Dunes. On voit s’approcher une grande dune blanche éblouissante qui sépare l’étang de la plage. Les voitures se pressent au parking (6€/journée pour els voitures,4€/ motos, 10€ pour les camping-cars. Raisonnable pour la journée mais cher pour ne rester que quelques minutes juste pour voir la dune de plus près. Les gens trainent leur matériel sur roulette pour passer la journée à la plage. Nous faisons un arrêt sur le bord de l’étang avant d’aller voir le village : un petit port sur un canal, des villas cachées à l’ombre des pins d’Alep qui ont donné le nom à Porto Pino. Une très belle plage dans les standards italiens lettini et parasols assortis, cordons pour barrer le passage aux promeneurs, bar et restaurants de plage dans de jolies cahutes, sable blanc qu’on ne foule pas, il y a des cheminements en caillebottis, l’eau a une couleur merveilleuse menthe glaciale, des petites vagues mais pas trop agitée. Selon le guide Vert, à l’arrière de la zone militaire une troisième plage serait ouverte en juillet et Aout, fermée aujourd’hui.

Un joli bois de pin parcouru par des pistes sableuses occupe le cap. Des maisons, des restaurants sont construits dans la verdure.

Porto di Teulada

Retour sur la Sulciana (SS 195) pour 11 km le long de la zone militaire, ratons la route pour Sant’Isodoro, puis SP 71 pour Porto di Teulada à côté du petit port de Porto Tramazzu.

Pique-nique sous la belle tour ronde Torre del Budello (construite en 1601 – désarmée en 1843, d’une hauteur de 11.80 m) Sous la domination piémontaise elle a servi contre la contrebande. La tour est construite sur un chaos granitique. Après tout le volcanisme que nous avons vu dans le sud-ouest de la Sardaigne, les gros blocs de granite dépaysent.

Torre del Budello

Le long de la SP 71 qui fait une corniche les schistes affleurent, tantôt argentés, tantôt verts ou gris. Aux alentours de Baia delle Ginestre, les schistes argentés brillent sur la mer bleu foncé.

L’écovillage Baia delle Ginestre est un gros village de vacances occupant le versant d’une colline au-dessus d’une petite plage. Les bungalows s’étagent le long de chemins très pentus, certains ont des terrasses à l’étage, d’autres de plain-pied, comme le nôtre, tous ont une belle vue sur la mer toute proche. Une grande piscine à mi-pente est bordée par un bâtiment où peuvent se dérouler des activités diverses, en-dessous s’étagent des terrains de jeux pour petits et grands. La réception se trouve près du restaurant dans un grand bâtiment qui abrite aussi des chambres d’hôtel.

Baia delle Ginestre : notre bungalow

Evidemment, les voitures ne circulent pas le long des chemins en pente, trop étroits. Les parkings sont en haut, juste en-dessous de la route. Nous comprenons immédiatement que Dominique ne pourra pas quitter seule le bungalow, la montée est trop raide et trop longue. La dame de la réception, et tout le personnel, sont très dévoués, ils nous conduisent avec la voiturette de golf électrique et proposent de revenir la chercher quand elle voudra bouger. Prisonnière, certes, mais dans un très joli endroit fleuri avec vue sur mer avec tout le confort : télévision, climatisation, grande salle à vivre, grande terrasse….

Je descends à la plage.  Puis vais nager à la piscine assez  grande pour faire des longueurs

Dimanche à Sant’Antioco : plages et restaurant

CARNET SARDE

Pavot cornu

Dernier jour à Sant’Antioco, nous avons épuisé les excursions des environs et préférons profiter tranquillement de la douceur de l’île. Il y a plus de monde à Cala Lunga que d’habitude. Il y a même la queue au parcmètre, signe que la saison touristique a bien commencé. Les familles avec glacières, diables chargés de lits de plage, chaises et parasols s’installent. Une planche à voile, trois canoës, paddle(monsieur debout la dame et fifille assises, crocodiles gonflables, frites roses. Il y a même du monde dans l’eau. Il y a pourtant du vent. Un homme se bat avec une voile, ce n’est pas une voile mais une tente décathlon qu’il replie après un quart d’heures de gymnastique inutile. Malgré le vent, le miracle se reproduit comme hier : pas une vague, une eau tranquille à peine hérissée d’une petite risée. Et comme je ne suis plus seule je m’enhardis à nager jusqu’à la grotte. Au deuxième aller/retour, un détail me fait reculer : un jeune garçon brandit un fusil sous-marin. Vraiment jeune. Je ne veux pas être harponnée, je retourne vers des eaux plus tranquilles.

Nid d’oiseau

Du parking nous nous dirigeons vers Calasetta, suivant les traits jaunes du sentier côtier qui emprunte la petite route. Quand elle s’approche de la falaise, je descends et continue à pieds. Je cherche le « nid d’oiseau » étoilé au guide Michelin sans avoir bien compris s’il s’agit d’une crique ou d’un rocher. Nous avons 3 plans de l’île et chacun donne une localisation différente. Celui de la cuisine donne les coordonnées GPS mais le situe dans la mer.

Falaises volcaniques rouge violacée, trachyte ou rhyolite ? la côte est découpée avec des ilets, des rochers sur l’eau transparente. Les fleurettes jaunes de l’héliochryse (immortelle de Corse) et du Pavot cornu (Glaucium favum) sont du meilleur effet. Déception olfactive pour l’héliochryse qui ne sent rien malgré la chaleur. Belle promenade le long de la falaise, en pointillé parce qu’il n’existe pas de sentier côtier balisé continu).

Nous nous arrêtons pour l’apéro sous un genévrier impressionnant, arbre avec un tronc, de grosses branches et surtout de gros fruit qu’on ne mettrait pas dans la choucroute. Genévrier cade ? Un  , peu plus loin, lace au petit phare blanc sur l’îlot Mangebranche (mange-barques plutôt ?) un reste du squelette d’un petit phare, socle en béton d’une batterie de la dernière guerre. Attendait-on un débarquement sur l’île ?

Nous passons près des grandes plages de sable : Spiaggia Grande, la Salina. Traversons la ville blanche de Calasetta (achat d’un melon).

 

13H arrivée à Cussorgia.  J’ai réservé par Internet une table au Restaurant Acqua Sale . Comme à S’Archittu, il faut cliquer sur un QR code pour obtenir le menu (sans smartphone que faire ?) La serveuse jeune mais peu gracieuse prend la commande sans même proposer d’apporter une ardoise ou un menu sur papier.

Thon et fritures

Thon et frittura mista – Excellents : quatre gros morceaux de thon coupés très épais, marinés dans la sauce soja set « panés » de graines de sésame, grillé juste saisi, la chair est tendre et mi-cuite. Un délice ! la friture est bien variée : crevettes, calamar, petits poissons roses. On partage.

Le spectacle est dans la salle. Des familles sardes sont venues pour le dimanche midi à la plage, trois générations. Ils parlent fort et ont commandé plusieurs plats généreusement servis. Authenticité garantie. Je me baigne dans l’eau tranquille en face du restaurant. Des retraités allemands ont installé leur yorkshire sur une planche en polystyrène et font naviguer le chien ravi en le poussant de l’un à l’autre.

Après midi sur la terrasse, rafraîchie par le vent (29 km/h). le miracle de la Cala Lunda se renouvelle. Je rentre par le sentier côtier et découvre de belles promenades. Si j’avais su avant !

Le vent tombe après le coucher du soleil, les moustiques reviennent et abrègent la veillée.

Monte Sirai – Portoscuso

CARNET SARDE

Monte Sirai

Nous avons eu du mal à trouver le site à la sortie de Carbonia, Googlemaps nous a égarées. Finalement sous le trouvons sur la route de Portoscuso. L’écriteau est très discret. La route qui monte à l’Acropole de Monte Sirai est raide. L’emplacement choisi par les Phéniciens domine la mer et la petite vallée où se trouve maintenant Carbonia. De là, on pouvait voir Sulky, l’autre ville phénicienne puis punique. Les Romains se sont installés à Sulky sur la ville punique en réemployant le matériel ou la nécropole. Rien de semblable à Monte Sirai  où l’on découvre la ville punique et ses trois rues, les quatre groupes de maisons, le temple d’Astart(Démeter). Les tombes de la nécropole sont accessibles mais vides .

Monte Sirai Temple d’Astart

Je suis entrée dans la ville par la porte nord entre des murs de gros blocs de trachyte rouge. On remarque encore la trace des gonds. Le temple d’Astart a été construit sur un site nuragique préexistent, sa première phase de construction est datée VIII-VI ème siècle av.JC, une deuxième phas au Vème siècle puis reconstruction sur une terrasse au IIIème siècle. Le trésor contenait de nombreuses offrandes : images féminines en terre cuite masques masculin et bronzetti. La déesse serait la déesse de la fertilité , le dieu serait peut-être Bès ou Baal.

De là-haut, on a une très belle vue sur Carbonia et je reconnais les cités-jardins invisibles d’en bas.

Monte Sirai maisons puniques

La maison du talc est la maison d’habitation la plus ancienne mis au jour (fin VIIème)Elle avait 5 chambres et un étage, le rez de chaussée était occupé par un atelier, la cuisine avec un four pour le pain et la boutique artisanale d’un coutelier avec des pierres pour affûter les lames, des cornes de cerf et une faucille en fer. Un puits de lumière éclairait le centre de l’entrée. On a émis l’hypothèse de l’utilisation d’une couverture translucide.

La maison Fantar date du IIIème siècle. On y a reconnu une boutique, un espace pour le culte domestique, un moulin à grains et des statuettes féminines ainsi qu’une urne contenant des cendres.

La nécropole phénicienne compte 270 tombes.

L’idéal serait de visiter les sites archéologiques au lever du jour ou au coucher du soleil. Il y a peu d’ombre, les pierres gardent la chaleur qui est accablante aujourd’hui. En sortant je croise la visite guidée que je me proposais de suivre. Vraiment trop chaud. Je renonce. La colline du Monte Sirai est aménagée avec un théâtre à l’antique, un bar, des banquettes face à la vue et un kiosque.

Nous évitons la grande route SS 126 et suivons le bord de mer par Portovesme et sa centrale électrique qu’on devine depuis Sant’Antioco. Citernes de carburant, pas moins de 12 hautes cheminées rouges et blanches. La centrale thermique est doublée d’un parc éolien assez important. Au cours de la visite de la mine de Serbariu, la guide avait parlé de cette centrale. A-t-elle utilisé le charbon de la mine ?

Portoscuso : nous passons par des zones urbanisées sans grâce puis devant une belle pinède à l’ombre touffue. On a installé des tables pour l’apéro. Peut-être pourrions nous y faire une pause ? Nous continuons la route vers les plages. Quittant la ville par le nord, nous arrivons au bout de la route dans une sorte de lande où sont installés un parking et une piste cyclable et piétonnière. Un autre jour, je l’aurais bien suivie, mais à midi sous la chaleur ce n’est pas raisonnable. Je me contente de suivre un sentier vers la mer. Et là, surprise : des rochers gris argentés ont les courbes caractéristiques des coulées volcaniques s’écoulant vers la mer. D’où proviennent-elles ? Quand se sont-elles formées ?

Portoscuso

Un peu plus bas, il y a un bel hôtel. Malgré la proximité de la centrale, cette dernière est invisible. Au pied de l’hôtel, une merveilleuse plage dominée par une tour. C’est bien joli. Nous trouvons aussi un petit port avec de nombreux restaurants. Evidemment c’est toujours quand le pique-nique est prêt que nous trouvons les restaurants (et inversement) Non loin, l’embarquement des ferries pour Caloforte, le port de l’île San Pietro . Il y a bien sur la carte une petite route blanche qui relie Portovesme au pont de Sant’Antioco : impossible de l’emprunter.

Nous déjeunons sur la terrasse du gîte. Confortablement et bien à l’ombre. Sieste. Cela fait bien longtemps que nous ne nous sommes pas accordé une demi-journée de repos. Le vent s’est levé et souffle fort. Sera-t-il possible de se baigner ?

Vers 16h30, je descends à Cala Lunga. Cette petite baie très encaissée est miraculeuse. Sur la plage, les posidonies sèchent volent en une tornade de confettis argentés et de serpentins. L’eau est calme. Je nage sereine. Pas une vague, juste une risée qui n’empêche pas de voir le fond de l’eau. Une planche à voile navigue. Je n’ose pas m’approcher de la mer ouverte ayant peur de ne pas pouvoir revenir. Je fais trois allers retours au lieu de deux les autres jours.

En nageant, j’avise une piste qui monte dans la colline. Le sentier côtier est balisé avec des traits jaunes. Bien sûr cela grimpe dur. J’arrive rapidement sur la crête. Comment rejoindre notre maison rouge nettement plus bas. Non seulement le maquis est touffu mais on a entouré le terrain de barbelés. Je fais donc le détour pour trouver une grande piste deux maisons plus loin.

Nous prolongeons la soirée sur la terrasse bien après la tombée de la nuit. Le vent a chassé les moustiques et nous profitons de la fraîcheur.

La Tour d’Ezra – Arthur Koestler – livre de poche

RELECTURE/ISRAEL

A la suite de la lecture du Khazar rouge de Shlomo Sands j’ai lu La Treizième Tribu, l’empire Khazar d‘Arthur Koestler qui m’a beaucoup intéressée.  Voici que je trouve dans une boîte à livres, La Tour d’Ezra dans la vieille édition de 1966,le même livre de poche que j’ai lu, adolescente, il y a plus de 50 ans. La Tour d’Ezra et Exodus de Leon Uris étaient la légende dorée d’Israël,  enflammant la romantique adolescente rêvant de la société idéale qu’était le kibboutz….

La Tour d’Ezra supportera-t-elle la relecture ?

Commençons par la dédicace, ambigüe : à la fois à la mémoire de Jabotinsky et à ses amis d’Ain Hashofeth (Hashomer Hatzair), du kibboutz Heftsibah (que Arthur Koestler a voulu  intégrer,  refusé). Etrange mélange idéologique. Cette ambiguïté va planer dans le courant du livre. Joseph, le héros de la Tour d’Ezra est  un des fondateurs du kibboutz. L’histoire s’ouvre avec l’arrivée de nuit, sur la colline, des pionniers qui érigent d’abord la tour puis installent les premiers bâtiments et doivent défendre la colonie des attaques de leurs voisins du village palestinien proche. Histoire héroïque, enthousiasme de ces jeunes idéalistes. On suit avec bonheur cette évocation de la vie quotidienne des pionniers, leurs premiers succès, les discussions idéologiques.

En revanche, leurs voisins palestiniens ne sont pas décrits à leur avantage. Le mukhtar et ses fils sont caricaturaux, misère crasse, jalousies…De ma première lecture, je ne me souviens de rien. Peut-être,  moi-même ne voulais-je pas les voir? Certains pionniers, les plus à gauche, souhaitent des relations de bon voisinage ; on ne le voit pas agir. Cette position politique provoque des conflits au sein de la communauté mais ne se traduit pas dans les faits.

Au cours de l’histoire, on voit s’exacerber le nationalisme juif qui n’existait pas au début du roman. Un premier personnage quitte la commune pour rejoindre les terroristes. Certains le traitent de fasciste et préfèrent couper les ponts, ce n’est pas le cas de tous. Un second  personnage de premier plan choisit la lutte armée et la clandestinité. En parallèle, la situation des Juifs européens empire et la publication du Livre Blanc britannique qui bloque l’entrée des Juifs persécutés en Palestine et l’interdiction acquisition de nouvelles terres rend la situation difficile et conforte les terroristes dans leurs actions contre le pouvoir britannique. Arthur Koestler raconte l’histoire en prenant partie pour l’Irgoun et même le Groupe Stern (citation de poèmes de Yair (Abraham Stern). Il décrit les pratiques terroristes sans chercher à les voiler y compris dans les aspects les plus caricaturaux .

Un autre aspect m’a mis mal à l’aise c ‘est l’emploi du mot « race », tabou aujourd’hui, mais pas en 1945! Caractériser la « race juive » en utilisant les poncifs des antisémites, même en justifiant ceux-ci par la persécution millénaire, n’est pas lisible pour le lecteur d’aujourd’hui. En revanche, les observations concernant les Anglais, odieux en colonisateurs mais gentils, polis sur leur île, sont plutôt plaisantes.

Le personnage de Koestler lui-même a été ressenti longtemps comme ambigu, non pas dans sa position vis-à-vis du sionisme mais plutôt avec ses écrits sur le stalinisme et ses conflits avec les intellectuels communistes ou compagnons de route du PCF. J’ai trouvé un podcast passionnant sur l’appli RadioFrance CLIC ainsi que CLIC. 

 

 

les villages miniers de la côte sud-ouest de la Sardaigne

CARNET SARDE

Belvédère sur la corniche avant Nebida

Juste à côté de chez nous Dominique repère un chemin et un panneau Cala Grotta. Un condominium barre la route. Il est construit de villas originales est-ce le village cyclopi ou le village Polyphème ? Un sentier le contourne et va à la falaise : spectacle magnifique mais j’ai oublié de prendre mon téléphone.

Avant le Pont Romain nous entrons dans la Saline pour observer les flamants qui ne sont pas si roses que cela. Calme et sérénité. Les salines ne sont plus exploitées mais il y a de gros tas de sel encroutés sur les bords. La SS 126 – Strada Statale Sud Occidentale – ici les routes ont des noms que le GPS serine – passe à côté de Carbonia et de ses zones commerciales. Il faut quitter la 126 après Gonnesa et prendre la SP 83 pour un parcours en corniche spectaculaire. On remarque la floraison des mimosas.

Fontana da mare

Fontana mare une piste dans une pinède conduit à un parking payant proche des plages. L’une d’elles sableuse qui ne semble pas vouloir se terminer et une autre, séparée par des rochers, a une vue merveilleuse sur de grandes falaises et l’îlot du Pain de Sucre. Baignade bien rafraîchissante pour bien commencer la journée.  Le gardien du parking est sympa, comme nous ne sommes même pas attardées une heure, pour nous ce sera gratuit !

La route entre Fontana Mare et Nebida est extraordinaire : à-pic vertigineux, roches rouges, oranges, falaises blanches qui se détachent sur la mer bleue et le maquis vert vif. L’îlot pain de Sucre se rapproche, Dominique pense à Sarq et moi, au Mont Aiguille. Selon Wikipedia, 133 m de haut, est formé de calcaire Cambrien, ce serait un stack, un pinacle de pierre détaché du littoral par l’érosion.

Nebida

les hautes falaises et le pain de sucre vus du Belvédère avant Nebida

L’arrivée sur Nebida est intéressante : on voit des restes d’exploitation minière, de beaux bâtiments de pierre : la  « laveria », ont perdu leurs toits et sont en ruine. J’aurais aimé en savoir plus sur cette exploitation minière de zinc et de plomb. Des visites sont organisées mais il aurait fallu téléphoner, prendre rendez-vous.

Nebida ruines industrielles

Avant-goût : la promenade autour de l’éperon rocheux juste à l’entrée de Nebida, promenade dallée à plat qui surplombe la Laveria. Une pizzeria a installé ses tables à l’ombre au milieu de l’allée. C’est trop tôt mais tentant.

La petite ville se tasse sur l’autre versant. Une grue pour la construction d’un grand immeuble la surplombe. Quel gâchis pour le paysage !

Masua

Masua roches ruiniformes à la sortie de Masua

Nous trouvons à Masua le restaurant de plage : le Warung Beach Club . Sa terrasse, couverte et fermée, est au-dessus des installations de plages. Classieux et cher, tant pis ! Jolie décoration. Une idée originale comme bouquet de table : trois bouchons de liège sont collés une branchette de lentisque fraîche y est fixée. Sièges metteur en scène très confortable et tables en bois lazuré. Joli, classieux mais très prétentieux. Quand je m’adresse au garçon en Italien, il s’entête à me répondre en anglais. C’est vexant ! Chichis pour remplir (à peine la moitié) du verre de vin. L’eau en carafe est payante (on y ajoute même la TVA) les moules à la tomate (16€) sont absolument délicieuses avec de vrais morceaux de tomate fraîche. La pizza margharita(14€) est petite sa pâte est épaisse (certains aiment, pas nous) mais il y a de vrais morceaux de tomate et du pesto de basilic frais. C’est bon mais bien cher.

Entre les moules et le café, je fais une courte baignade le long des lignes de bouées des gommone

Le restaurant organise également des excursions en mer : 1h Pane di Zucchero 25€, 3h 60€ tour de la mine à Porto Flavia

La mine a été abandonnée en 1999. Elle est spectaculaire, énorme vue de la route.

La route de Buggeru

Buggeru tunnel

Sur a carte Michelin, la route s’interrompt relayée par une piste jusqu’à Buggeru distant de 15 km, aller et retour inenvisageable à 15 heures. Bonne surprise : ce n’est pas une piste mais une excellente route qui franchit une montagne (la grande falaise blanche qu’on a vue de loin) . La montée est très raide et la descente aussi. Au début, paysage ruiniforme avec des pitons et des chicots. Après le col le maquis devient sec et clairsemé.

Buggeru est un village minier. Sa transformation actuelle vers le tourisme efface le passé ouvrier. Les installations industrielles sont vraiment en ruine ? les maisons ouvrières ont été modernisées. Une marina héberge des voiliers de plastique. Un grand chantier est en cours sur le port : on nivelle, on recouvre de terre, on cimente…Si nous étions arrivées le matin nous aurions pu prendre le train touristique qui roule dans le tunnel de la mine. J’aurais pu visiter le Musée. Arriver à 15h en Italie est une hérésie. Tout est fermé. Trente kilomètres pour rien, bougonne Dominique. Pas tout à fait : la route était belle, nous avons entendu les cigales. Et puis le nom de Buggeru m’est familier : à cause du massacre de Buggeru

La première grève eut lieu en 1904. Pour toute réponse, l’armée tira sur les ouvriers : trois moururent, et nombreux furent les blessés. C’était le 4 septembre, …

J’aurais regretté de ne pas y passer alors que nous étions si près.