Passage du témoin entre générations : celle du père, Michel, Juif Polonais révolutionnaire, qui, déjà, a reçu le témoin du grand-oncle qui avait milité auprès de Rosa Luxemburg. J’ai rencontré autrefois ces ouvriers tailleurs, militants communistes, résistants. J’ai lu le chapitre racontant les luttes du père avec beaucoup de sympathie.
Le parcours de l’auteur Roland (à cause de Romain Rolland) renvoie à une histoire récente : fin de la guerre d’Algérie, luttes anticolonialistes, des lycéens de Jacques Decour, où les leaders de Mai 68 ont souvent fait leurs classes. Etabli en usine, avant même ses 20 ans, il a choisi très jeune le Trotskisme contre la CGT. J’ai lu avec beaucoup d’intérêt son récit de Mai 68, récit d’un ouvrier syndicaliste très politisé et non pas d’un étudiant.
La suite du livre est le récit de ses luttes syndicales au sein de nombreuses entreprises : Idéal Standard, Girosteel, Chausson, D’aucy, Vallourec, Continental….et j’en passe. On y apprend le travail d’un délégué syndical, organisation des travailleurs, organisation d’une grève au plus proche du quotidien des luttes. En cela, ce livre est un témoignage précieux d’une histoire contemporaine qu’on connait racontée par les médias.
Cependant, l’accent est souvent mis sur la « perversité » de la CGT. Beaucoup d’énergie dans cette opposition entre révolutionnaires trotskistes et communistes. C’est répétitif et cela m’a un peu lassée.
En revanche, j’attendais plus d’analyse théorique. Pourquoi le choix du trotskisme, de Lutte Ouvrière plutôt que la LCR? Comment s’articule le militantisme entre syndicalisme et parti? Comment fonctionne Lutte Ouvrière? Je suis restée sur ma faim.
Traversée de la Presqu’île de Sinis par la campagne très tranquille. Ce matin, pas de circulation automobile, quelques tracteurs avec du matériel de fauchage assez archaïques. A côté des grandes roues de paille et de foin il y a encore des petites bottes parallélépipédiques. Un troupeau vient à notre rencontre occupant toute la route, poussé par trois bergers à vélo, un Sarde aux cheveux blancs et deux jeunes Africains. Des maraichers s’apprêtent à repiquer des plants dans des cagettes disposées sur des films plastiques : poivrons ou aubergines. Il y a aussi des champs de cardons.
L’étang de Cabras est très grand, très bleu .
Tharros tour espagnole et plage
A San Giovanni de Sinis d’interminables parkings contiennent les flots de touristes loin des sites de Tharros et de l’église byzantine.
Tharros
Castellum aquae
Le Castellum aquae – citerne romaine – est très bien conservé mais je suis passée à côté de l’aqueduc sans le voir. Les rues de la ville s’adaptent au relief et à la ville carthaginoise préexistante, je ne retrouve pas le plan en damier caractéristique des villes antiques romaines.
Palimpseste : le site a été occupé depuis la Préhistoire par un village nuragique, puis par les Phéniciens (8ème siècle), les Carthaginois (510) commerçant avec toute la Méditerranée, les romains (238), les Byzantins. Finalement, les Espagnols ont construit la tour.
Les constructions romaines comme les thermes (il y en a trois) sont les plus reconnaissables. Les quartiers d’habitation sont différents des villas romaines que je connais. Simples maisons avec un étage, construites en longueur avec une courette me font penser aux maisons des artisans des Tombes des Rois de Gurnah. Certaines ont plusieurs pièces en enfilades mais pas d’atrium.
Tharros maisons puniques
Les temples sont bien ruinés. Le petit temple K à flanc de colline est à peine visible. Le temple à 2 colonnes se résume aux colonnes. Le temple de Démeter pareil. Au contraire, le Temple sémitique est vaste et mieux conservé. Mais qu’est-ce qu’un temple sémitique ?
Après les Thermes n°1 j’ai cherché le baptistère paléochrétien. Puis j’ai remonté le Cado maximus et je suis arrivée sur une sorte d’esplanade gardé par des fortifications spectaculaires : murs et fossé, tandis que de l’autre côté, se trouvent le Tophet et le village nuragique avec les habitations circulaires.
Je monte à la tour espagnole (fin XVème/début XVIème siècle) édifiée pour protéger la baie d’Oristano des pirates barbaresques. Déjà, cinq siècles plus tôt les incursions sarrasines avaient vidé la région et l’abandon de la ville de Tharros est définitif en 1070. La tour de 11 m de hauteur est surmontée d’une terrasse construite au XIX -ème siècle pour traquer les contrebandiers.
San Giovanni di Sinis
San Giovanni di Sinis
La basilique “byzantine ”visible de la route, à l’entrée de la bourgade, sur la route romaine Tharros est une église basse toute en rondeur avec une coupole et la façade plate formant trois arrondis. Elle me fait penser à certaines constructions de Djerba. Elle fut bâtie au VIème siècle et conserve des structures byzantines en croix grecque. Entre le IX ème et le Xième siècle elle a un plan rectangulaire. L’intérieur est très sobre en dehors du très beau bénitier roman sculpté. Sa nef comporte trois travées séparées par d’épais piliers et une petite coupole qui repose sur des archivoltes reliées à quatre robustes piliers. La restauration au XIème siècle coïncide avec l’arrivée des Navarrais entre 1050 et 1070.
San Giovanni di Sinis
Il fait très frais, je reste un bon moment.
Restaurant da Marina Pau
A l’extrémité de l’allée où sont trattorie et restaurants, c’est le plus beau de tous. Sa terrasse est bien aérée et donne sur la dune. Plat du jour sur l’ardoise : ravioli asperges et scampi17€, mulet grillé 18 €. Je prends des spaghetti con vongole e bottarga. La boutargue (œufs de mulet séché) est qualifié d”Or de la Sardaigne ». Elle est célèbre depuis l’Antiquité ; on dit que les Phéniciens furent les premiers à la confectionner. Les mulets sont élevés dans des bassins. On prélève les ovaires qu’on fait sécher et qu’on presse. Les spaghetti à la boutargue sont une spécialité de la cuisine sarde. Délicieux, servis dans une grande assiette très creuse au milieu, la boutargue décore le bord de l’assiette. Les raviolis sont vraiment aux asperges, on voit la pointe et les scampi sont de très grosses langoustines servies au-dessus de gros ravioli avec une sauce rouge, de la bisque avec de la tomate fraîche.
Selon Googlemaps : entre Muravera et Torre del Pozzo via Strada statale del Gerrei 387 : 166 km, 2h33
Goni : le paysage du Gerrei vu du nuraghe
Nous avons quitté Muravera dans la senteur des tilleuls en fleurs pour reprendre la route de Gerrei SS387 le long du Flumendosa et revu les paysages que nous avons découverts. Je remarque une grosse roche en forme de tour de Babbel avec les arêtes soulignées par des buissons. Je note la floraison des genets. Les blés sont déjà moissonnés. Nous traversons Ballao adossé à la colline avec de nombreuses fresques (entre autres Mère Théresa) et nous perdons un peu la route et passons par la très tranquille SP23 dans des paysages sauvages, on ne voit pas une voiture, et pas une maison pendant des kilomètres.
A Goni je tente la visite du nuraghe que j’avais négligée. Encore une belle grimpette sur une route dallée, je passe près d’un élevage de porcs en semi-liberté et arrive au sommet de la colline. Panneaux de financement de la restauration du nuraghe par l’Europe mais interdiction de s’approcher : il se trouve dans un enclos. Cette tour avait peut-être une finalité stratégique de surveillance parce que le panorama est très étendu et magnifique. Je n’aurai pas grimpé pour rien !
Nous traversons les belles forêts de chêne-liège et passons à côté du site de Pranu Muttendu puis à côté d’un parc d’éoliennes sur les crêtes puis nous redescendons dans une vaste plaine agricole mais aussi industrielle avant de monter sur la voie rapide SS 131 Cagliari/Sassari, véritable autoroute très fréquentée et très roulante que nous quittons juste avant Oristano.
Oristano
Oristano cathédrale
Nous devons arriver à Oristano avant 12h30 à l’Office de tourisme Pro Loco qui ferme à 13 heures et que j’ai contacté par téléphone pour éviter les déconvenues de la semaine dernière. Nous avons bien l’intention de prépare nos visites dans la région avec des documents en papier et non pas avec Internet. L’hôtesse est très aimable : elle nous propose des activités pour chaque jour de la semaine que nous allons passer dans la région et nous recopie à la main les numéros de téléphone des contacts si nous voulons prendre rendez-vous. Elle me donne même l’adresse de pizze a taglio pour le déjeuner et un plan de la ville.
Ortistano céramiques les paysannes
Nous trouvons un coin ombragé et tranquille au pied de la cathédrale d’Oristano Santa Maria Assunta dont l’extérieur austère ne laisse pas présager l’intérieur très décoré : tous les murs sont peints, pas de fresques, c’est plutôt dans le style « papier peint» marbres et stucs, autel en marbre et pierres dures. Dans chaque chapelle des retables baroques avec des colonnes torses et des marbres mais pas trop de dorures. La structure romane fut démolie en 1729, de la cathédrale gothique XIV on voit les murs extérieurs. Le campanile octogonal est coiffé d’une coupole tuiles vernissées. A la sortie, je remarque les portes de bronze signées Antonio Desogus représentant des épisodes historiques de la ville.
Oristano musée diocésain
Lapiazza Duomoest un beau parvis, les briques rayonnent autour du campanile, des massifs fleuris l’égaient et elle se poursuit par une belle place devant le Musée Diocésain dans un beau bâtiment mêlant brique et pierre.
Elena d’Arborea
Promenade dans la ville et agréables de cette ville où nous sommes passées à notre précédent voyage CLIC. Je retrouve donc devant l’Hôtel de Ville la statue en marbre blanc d’ Elena d’Arborea, la reine(1340-1404) à l’origine de la Charte constitutionnelle Carta de Logu, premier code civil en Europe . J’emprunte une rue animée où on a suspendu des jarres colorées (cela change des inévitables parapluies à la mode en ce moment et dont je me suis lassée.
Tour Mariano
J’arrive à la Tour Mariano. Une exposition de céramiques agrémente les places et les rues de la ville. Certaines me plaisent bien.
A l’Antiquarium Arborense est présentée une curieuse exposition sur les idoles sardes et leurs falsifications. Des bronzetti -statuettes d’idoles sardes furent réalisée à Cagliari pour satisfaire un évêque danois Münter auteur d’un livre sur la religion des Carthaginois et le roi de Sardaigne Charles Albert de Savoie, (1831-1849) Etrange exposition de faux qui dit aussi beaucoup sur les fantasmes modernes. J’aurais préféré voir de vrais spécimens mais il nous faudrait visiter les musées de Cagliari et de Sassari !
lesd faux bronzetti
«Charles Albert, archéologue en Sardaigne. Les fausses idoles»: l’histoire est digne d’un polar avec fraude à la clef et voit comme protagonistes rien de moins qu’un souverain et un habile fonctionnaire de l’Etat.
Cette histoire raconte la vente de 330 fausses statuettes en bronze « les idoles sardo-phéniciennes » au roi de Sardaigne Charles Albert ainsi qu’au musée de Lyon et au musée de Cagliari de la part du directeur du musée des Antiquités de l’Université Royale de Cagliari, Gaetano Cara.
De ces idoles, 70 appartiennent aux Musées Royaux de Turin et sont visibles durant l’exposition « Charles Albert, archéologue en Sardaigne » au musée des Antiquités de Turin, tandis que 150 statuettes du musée de Cagliari sont exposées auprès de l’Antiquarium Arborense de Oristano.
Faux bronzetti
En plus de cette exposition, à l’étage les trouvailles des sites de la région : Tharros et Cabras, et une belle maquette de Tharros.
Deesse mère
Nous sommes pressées de découvrir notre nouveau gîte à Torre del Pozzo 250km plus au nord où nous devons arriver pour 16h. Torre del Pozzo est une localité plutôt diffuse avec des maisons construites sur la pente dominant la mer. Pas un village. Nous trouverons quelques commerces et une jolie croisette à S’Archittu quelques kilomètres plus loin.
Notre nouveau gîte n’a pas la classe du précédent. L’appartement est situé en rez de chaussée et s’ouvre sur une terrasse carrelée et bien aérée (que l’on partage avec un autre appartement mais vide cette semaine) Une belle table à l’ombre, quelques plantes vertes. Il faut chercher la trouée entre les maisons voisines et les arbres pour deviner la mer. Le coucher de soleil n’en sera que plus précieux. A l’intérieur, mobilier sans prétention, mais tout ce qu’il faut dans la cuisine. Notre propriétaire a fermé les volets et fait courant d’air, il règne une agréable fraîcheur.
Les courses seront à Riola Sardo (12 km). Les plages sont accessibles à pied en moins de 5 minutes : deux petites criques de part et d’autre du petit cap où est bâtie la Tour qui donne son nom à Torre del Pozzo. Très petites criques rocheuses, il faut apporter les chaussons et le masque de plongée. Elles conviennent plutôt aux enfants tellement les « piscines » sont petites et peu profondes.
Tout d’abord le plaisir de retrouver le Voyage Métropolitain que j’avais perdu de vue avec le Covid et les confinements! Toujours le même entrain, la même convivialité et des intervenants passionnants le plaisir du partage et de la découverte.
Comme d’habitude, Jens déplie ses cartes, celle de la région, celle du schéma directeur de Delouvrier (1965) correspondant à la création des villes nouvelles. Evry est sortie des champs à côté d’un petit village dans la vallée de la Seinn entre la Nationale 7, l’Autoroute du Soleil, une ville à imaginer : un plan original en X relié par un autobus en site propre reliant les quartiers, avec au centre la gare du RER D (qui était aussi à construire).
la voie de l’autobus passe sous une sorte de porche
Une ville avec une préfecture, une université, des entreprises, certaines innovantes, des emplois. Des quartiers d’habitations, une nouvelle population à loger. Un réseau de transport performant, voire révolutionnaire, ne faisant pas appel au tout-voiture. Des circulations sur 3 niveau, le niveau intermédiaires étant celui de l’autobus, les quartiers s’ouvrant sur une ville piétonnière. La ville idéale?
Frank, enseignant en arts plastique, en est tombé amoureux. Il vante sa ville, où il enseigne, où il vit depuis des décennies. Lucide il relève l’ anomalie : les habitants ne travaillent pas sur place, on observe un chassé croisé de travailleurs qui ne correspondent pas aux emplois que la ville offre. Emplois très qualifiés pour une main d’œuvre qui l’est moins. Résultat, une ville peu animée, les habitants rentrant tard après leur travail et leur déplacement n’ont guère envie d’aller boire un pot au bistro! Inversement les travailleurs préfèrent rentrer chez eux. Des fastfoods, oui mais peu de convivialité.
Malgré toutes les bonnes intentions des urbanistes et architectes, la mayonnaise n’a pas pris, faute aux crises pétrolières, avant 1973 l’argent était facile, on a commencé par financer les animations sur l’Agora, puis les moyens financiers n’ont pas suivi. Il en résulte un centre un peu étrange : un théâtre ouvert sur la ville, et sur le Centre commercial qu’on est en train de rénover avec des projets de restaurants (comme à Créteil-Soleil) et un chantier peu lisible pour les visiteurs. Dommage! Pourtant le théâtre est une Scène Nationale avec des programmes ambitieux et une municipalité très désireuse de favoriser le secteur culturel.
Le Bâtiment creux
De l’Agora, nous passons le long d’une grande Patinoire (encore un projet ambitieux) sur un cheminement perché au dessus de parkings. Un petit jardin en contre-bas est condamné à brève échéance, délaissé peut-être pour des raisons sécuritaires. Plus haut, on découvre encore un autre jardin bien caché (jardin zen où se déroulent des activités de yoga ou de méditation). Ce serait un très joli coin pour respirer mais il est fermé, cadenassé quand il n’y a pas d’activité. Une longue barre d’habitations borde le cheminement, le Bâtiment Creux, très original, mais il faut être plus loin pour l’apprécier. En face un bas relief en céramique rappelle l’histoire de la construction de la Ville Nouvelle : c’est le grutier.
Le Grutier
Une passerelle enjambe la route de l’autobus : surgissent les Pyramides, 6000 logements prévus, 2000 construits.
Le Voyage Métropolitain à la découverte des Pyramides
Les architectes, Michel Andrault et Pierre Parat, ont imaginé des logements qui s’ouvriraient sur une grande terrasse avec des jardinières en béton permettant de végétaliser l’ensemble (il y a la même à petite échelle au lac de Créteil). L’ensemble est très bien pensé, les pyramides sont construites en dégradé, les plus hautes près de la passerelle s’échelonnent avec des moyennes, puis des petites. Les couleurs sont étudiées une face verte, une face rose.
Moyennes pyramides avec décor de fougères
le quartier se termine par de très petites pyramides
les plus petites pyramides
On a pensé la ville ouverte, sans passage automobile on avait ouvert aussi l’école sur l’extérieur. Puis les mentalités ont changé, on referme et la cloche de l’école se retrouve au centre d’une sorte de rondpoint.
La cloche de l’école.
les enfants ont perché un ballon de foot piégé entre les grosses sonnettes. Aubaine pour Jens qui a prévu de nous faire tirer des ballons dans la Lucarne. Les garçons se font la courte échelle pour le récupérer. La Lucarne est une attraction-phare de la ville. Les amateurs de foot avaient l’habitude de tirer dans une petite fenêtre d’un immeuble. Après les protestations des voisins on a construit une réplique dans un endroit dégagé, avec porte en trompe-l’œil, digicode…
La Lucarne
C’est donc une attraction sportive, il faut se mettre à 12 m sur un repère et viser la lucarne. C’est difficile, personne dans notre groupe n’a réussi! Cette lucarne est si connue que Djibril et ses associés ont fabriqué une « lucarne pliante » et qu’ils se déplacent dans toute la France pour des animations.
Le « manpower » lieu mythique de l’Art du Déplacement
A Evryest né un sport : l’Art du Déplacement ou Parkour popularisé par un film Yamakasi (2001) avec Luc Besson. Yamakasi a une consonnance asiatique (le film est sous-titré les Samouraïs) mais c’est une expression en lingala.
Plus que du cinéma, c’est du sport, le franchissement avec ou sans acrobatie des barrières, matériel urbain, y compris des sauts impressionnants comme du haut du Manpower en atterrissant sur l’immeuble d’en face. L’entraîneur de l’académie d’Evry est venu nous présenter son sport plus tard dans l’après-midi. Le Patrimoine vivant de la ville m’a bluffée!
Piquenique dans le très grand et frais parc du Coquibus où nous avons vraiment apprécié l’ombre de vieux arbres.
Puis découverte d’autres quartiers dont certains ont été labellisés pour l’architecture particulièrement remarquable.
Cité des épinettes
Brique et béton, mais si on regarde de près on apprécie le décor du porche
Bas relief avec des amours
Moins apprécié les barres de fer qui sécurisent les balcons jusque dans les étages élevés!
Un autre ensemble est dû à Sarfati : les glycines qui sont un peu « villas de bord de mer » , un peu kitsch, et beaucoup dépaysantes dans cet univers de béton.
Les glycines Sarfati
Nous traversons l’ensemble de briques des terrasses, très vert, très calme.
Les Terrasses
Pour revenir sur nos pas à travers le Parc vers la Cathédrale de Botta dont j’ai beaucoup aimé la couronne de tilleuls qui ont l’air de s’y plaire. Le travail de la brique est intéressant avec des motifs variés. l’intérieur est impressionnant.
panorama vu de la tour de Porto Corallo, la baie de Muravera avec la plage de San giovanni et de salinas
Pour notre dernier jour à Dolce Luna nous avons prévu de profiter de notre merveilleux gîte.
Au programme baignade à San Giovanni, le matin et l’après-midi à Spaggia Collostrai .
Ce matin, nous sommes allées chez la dame de San Priamo acheter oranges pamplemousses, cerises et courgettes et faire nos adieux. Depuis le début du séjour, j’avais envie de parcourir la grande plage qui part de Torre di Salinas jusqu’à San Giovanni : 4.5 km. L’idée était de me baigner plusieurs fois chaque fois que j’aurais chaud. Pour me protéger du soleil, un chapeau, un paréo, et mes tongs.
Et si la plage était coupée par un cours d’eau? si je ne pouvais pas arriver, comment prévenir Dominique ? J’ai donc emporté mon téléphone et renoncé aux baignades. Pas de longe-côte, seulement marche les pieds dans l’eau.
Sur les grandes plages de l’Atlantique ou de la Manche où il y a des marées c’est un plaisir de marcher sur le sable mouillé et c’est facile. Ici soit le sable sec est brûlant, soit il faut marcher les pieds dans l’eau dans la zone de sable battue par les vagues et très en pente. Je marche en me déhanchant et marcher de travers est pénible. Pour retrouver l’équilibre je remonte sur la plage et alors je me brûle et cours me tremper à nouveau. J’avance beaucoup plus lentement que prévu. Dominique garée à côté de Marina Gio est assaillie par des hordes de moucherons.
Baignade devant le restaurant Marina Gio qui a belle allure vu de la plage avec une barque fleurie et un tapis de Griffes de sorcières (Carpobrotus edulis).
Pendant que je nage, je me distrais avec les installations sophistiquées des Sardes en famille le dimanche. Sur un diable, ils ont fixé des parasols (3 ou4) un ou deux lits de plage, des sièges pliants. Généralement quelqu’un d’autre se charge des glacières. Ils ont aussi étalé des draps de plage, fixé des voiles entre les parasols. Près de là où j’ai planté mes tongs bleus (achetés au Cambodge il y a maintenant 11 ans)je compte quinze personnes sous trois parasols bleus. Un peu à l’arrière, une autre famille a installé un barnum (type de ceux des pharmacies pour les test PCR). Vu aussi trois parasols et une voile avec des sacs remplis de sable au bout des cordages pour assurer la stabilité. Dans l’eau, les petits s’amusent. Certains nagent même très bien rn faisant des cabrioles de dauphins sous l’œil attendri des mères debout dans l’eau qui leur arrive à mi-cuisse. Pratiquement aucun adolescent ni adulte dans la mer. Il y a aussi les traditionnels pistolets à eau, bouées et jeux de raquettes. Mais l’essentiel est de se regrouper en famille.
tour Dieci Cavalli
Visible de la plage, légèrement en retrait une tour originale celle des Dieci Cavalli construite sur une arche.
6 heures du matin : l’heure magique. La grosse boule tamisée par la brume apparait derrière le caroubier dans les siliques vert tendre sont déjà formée. Les clochettes des chèvres tintent. Bientôt, le berger leur fera traverser la route. Chant des oiseaux.
Je dessine l’étang de Salinas avec ses reflets. Les reflets ne sont visibles que le matin et à la tombée de la nuit. L’étang est alors un miroir argenté tandis que la surface de la mer est plus rugueuse. L’hôtel ressemble à un paquebot proche du rivage. Bientôt il fera trop chaud mais pendant l’heure magique je porte ma chemise à manches longues.
J’aimerais que ce miracle s’étire.
Balade le long de l’étang de Collostrai
le Capo Ferrato et l’étang de Collostrai qui brille derrière les arbres
Après San Priamo, la SP18 se dirige vers Capo Ferrato. Il fait encore frais à 9h30. Je marche le long de la route le long de l’étang et je m’amuse à herboriser avec l’application PlàntNet les touffes roses au bord de la route m’intriguent ; PlantNet propose canche mais aussi orpin(sedum) j’élimine la canche qui est une graminée.
mylabres inconstants
Les fleurs roses sont des Centaurées à feuille de navet(Centaurea napifolia) . L’application détermine un chardon d’Espagne à fleurs jaunes et un chardon bleu qui porte un groupe d’insectes noirs et orange qu’iNaturalist identifie comme Mylabres inconstants. J’ai été bien inspirée de ne pas y toucher : ils secrètent de la cantharidine toxique et irritante. Certains chardons portent de très belles capitules comme des artichauts.
Pendant que j’herborise Dominique m’appelle : une tortue a tenté de traverser la route. Elle a prévenu les autres automobilistes en faisant des appels de phares qui ne les ont pas ralenti. Par chance la tortue est passée sous le châssis entre les roues, puis elle a fait demi-tour. Sur le bord de l’étang de Collostrai poussent surtout des tamaris, le long de la route on a planté des eucalyptus. Etrangement, malgré la grosse chaleur je ne sens pas leur parfum.
Spiaggia di Feraxi
buissons de cistes jaunes
Après 3 km, une piste est fléchée Spiaggia di Feraxi avec une tête de poisson dans la flèche et ITTITURISMO qui indique soit des activités de pêche soit un restaurant de poisson proposant de la pêche locale. Dominique prend la piste en voiture tandis que je continue à pieds. La promenade est égayée par des buissons jaunes éclatant : cistes jaunes Cistus halimifolius qui forment de gros massifs. A droite les pistes sablonneuses vont vers la mer. Un peu trop sablonneuse à mon goût : j’ai peur qu’on ne s’enlise. Nous nous garons près d’autres voitures à quelques centaines de mètres de la mer sous des pins. La spiaggia di Feraxi est une immense plage vierge de toute installation. Chacun apporte son (ses) parasol(s), sièges et glacière. Le sable est très blanc, très fin. L’eau merveilleusement claire. Les affiches Anticovid19 indiquant les distances de sécurité à respecter semblent une vaste blague : sur des kilomètres à la ronde, il y a à peine une vingtaine de personnes. Une plage de rêve. Très belle baignade mais pas de nageurs. Je reste près du bord.
Nous avions prévu d’aller au restaurant mais il est trop tôt.
colonie pénitentiaire
Je programme le Musée ethnographique de la colonie Pénitentiaire de Castriadas recommandé par le Guide Vert que GoogleMaps reconnaît parfaitement et m’indique « ouvert jusqu’à 14h » 17 km de notre position. A 11h30, nous arrivons sur le parvis de l’immense établissement peint en rose (mais en travaux) . la région aurait été dévastée par la malaria et la peste. Devenue déserte, on auait utilisé des prisonniers pour bonifier els terres et développer l’agriculture.
A la petite station-service, la dame pompiste m’explique que le musée a fermé et a été transféré à Sa Manduria dans le voisinage. On cherche. Pas de fléchage, évidemment on ne trouve pas.
Cela fait beaucoup de visites loupées dans le coin : les 53 menhirs, le nuraghe, les restaurants fermés….je commence à douter de mon organisation avec le smartphone, GoogleMaps et TripAdviser, le site officiel du tourisme Sardegnaturismo.it n’est pas plus fiable. Le Covid a fait fermer de nombreux sites qui n’ont pas encore re-ouvert. Est-ce négligence des propriétaires ou des autorités qui ne mettent pas à jour les informations sur Internet ? Ou tout simplement est-ce que la saison touristique n’a pas encore démarré ?
Après la déconvenue du musée Ethnographique, une autre nous attend à San Giovanni. Nous arrivons à 12h30 au restaurant Marina Gio . On nous a promis une réduction en nous recommandant de Dolce Luna. Marina Gio est une très belle pizzeria très bien située sur la plage. Personne encore dans la salle vide. « Vous avez réservé ?C’est complet ! » Comme on se prévaut de Dolce Luna, le serveur nous trouve une table au beau milieu de la pièce loin des fenêtres et de la terrasse. Nous sortons. Un autre établissement pizzeria-bar est l’annexe du beau restaurant avec des tables à l’extérieur qui nous conviennent tout à fait. On veut bien de nous, en revanche le menu est restreint : entrées de la mer, salade verte, bifteak-frites ou calamar grillé. Pas de pizza (pour une pizzeria c’est un comble !) pas de pâtes (en Italie ??)
Nous allons à Muravera chez Conad où j’achète des hamburgers de luxe (4.4€) et des courgettes. Ce n’est pas festif mais tant pis ! Nous faisons la sieste au gîte. Je lis L’Île des Âmes de Piergiorgio Pulixi , polar sarde qui me sert aussi de guide touristique. Je dessine. Notre gîte Dolce Luna est merveilleux : plutôt en profiter que de battre la campagne à la recherche de attractions invisibles.
Baignade à la Spiaggia di Collostrai. Je reconnais les retraités qui étaient là hier (sans cannes à pêche), chacun le nez dans le smartphone. La mer est d’huile, je nage parallèlement à la côte de parasol en parasol. Un groupe de parasols multicolores signale des familles nombreuses avec une ribambelle de gamins.
Maudits soient les moustiques ! Au coucher du soleil malgré les vêtements couvrants et les répulsifs ils foncent au visage. Après en avoir écrabouillé deux d’un coup, je rentre.
Exposition temporaire du 11 mai ay 5 septembre 2022
Otto Dix : Bildnis der Journalistin..
Titre à rallonge et exposition à rallonge aussi!
Copieuse, parce qu’elle aborde divers points de vue : une histoire de la création artistique dans les Années 20 en Allemagne, avec le courant Nouvelle Objectivité aussi bien peinture que cinéma, théâtre, Architecture et design. En parallèle, elle expose l’Œuvre du photographe August SanderMenschen des 20. Jahrhunderts (Hommes du XXème siècle). Je m’y suis un peu perdue parce que les cheminements sont compliqués.
Räderscheidt : Junger Mann mit gelbe Handschuhe
J’ai été très impressionnée par l’œuvre du photographe August Sander qui, dès 1910, photographe ambulant dans la région de Cologne, s’attacha à faire une galerie de portraits de paysans, de leur famille. Il continua ces portofolios en photographiant des artistes, des révolutionnaires, des ouvriers, des artisans mais aussi des professions libérales…Tous ces tirages sont soignés, il peut refaire plusieurs tirages d’un même négatif comme pour le manutentionnaire qui porte des briques sur un plateau, ou le pâtissier. Avec la prise de pouvoir des nazis en 1933 et l’arrestation de son fils en 1934, cet inventaire de la société allemande est interrompu quoique les images les plus récente montrent des victimes des nazis en 1945.
Une très belle exposition qui se suffirait à elle-même! (Comme il est absurde de faire des photographies avec le téléphone de tels images, je n’en ai pas fait.)
August Sander : Le Peintre Heinriche Hoerle
L’exposition August Sander est accompagnée d’images de plasticiens avec qui Sander a collaboré en photographiant leurs œuvres. Dans une vitrine, la correspondance entre les peintres et le photographe montre leur étroite collaboration si bien que le nom de Sander est associé à ceux de Räderscheidt,Hoerle, Seiwert, Arntz, entre autres sont associés au photographe.
Gerd Arntz : Douze maisons du temps
A la suite de la défaite de l’Allemagne dans la Première Guerre mondiale, l’Expressionnisme se basant sur l’exaltation de l’individu est remplacé par le Mouvement de la Nouvelle Objectivité qui se caractérise par une standardisation de la représentation . L’attention des artistes se porte davantage sur l’appartenance sociale qu’aux caractères individuels. Cette nouvelle objectivité s’est exposée en 1925 à Mannheim.
Affiche Nouvelle Objectivit
Ce mouvement se divise en deux ailes, la gauche, réaliste politiquement engagée plus classique. Les progressistes de Cologne développent des utopies socialistes.
Frantz Wilhem Seiwert Die Arbeitsmänner (les Travailleurs)
Cette standardisation s’exprime aussi dans l’urbanisme
Georg Grosz : Ohne Titel Konstruktion
le tableau de Grosz fait penser aux places vides de Di Chirico.
Cette Nouvelle Objectivité devient un slogan dans divers domaines et même dans celui du spectacle. Appliquée à l’Architecture, elle rejoint les recherches du Bauhaus : le projet Das Neue Frankfurt concerne l’édification de 10.000 logements en une cité-logement homogènes de maisons mitoyennes toutes construites sur le même standard.
Un autre procédé ayant cours alors est celui du montage, aussi bien dans les arts plastiques que dans le cinéma. On peut visionner dans l’exposition une partie du film Berlin, die Sinfonie der GrossStadt.
Otto Dix est le plus connu des peintres de cette époque, il se représente dans le montage au titre ironique An die Schönheit (Selbstbildnis) A la beauté autoportrait, mélangeant divers éléments entre autres une tête de coiffeur ou d’institut de beauté.
Otto Dix An die Schönheit
En parallèle aux portraits objectifs et systématiques de Sander, certains peintres livrent une image acide, presque caricaturale de leurs contemporains
Gert Heinrich Wpllheime Abschied von DüsseldorfHeinrich maria Davringhausen : Le Profiteur
je me suis surtout intéressée aux portraits mais l’exposition montre aussi des natures mortes, des études de végétaux, et même une cuisine aménagée…
Bertolt Brecht et Kurt Weill ont bien sûr leur place.
Je terminerais ce compte-rendu bien incomplet par cettevision du travail et de l’exploitation
De l’autre côté du Flumendosa, Villaputzu est une petite ville sarde sans grand intérêt. La circulation automobile est déviée dans les faubourgs modernes. Les berges du Flumendosa sont aménagées la route vers Porto Corallo passe entre des vergers d’agrume en contre-bas puis le long du Sagno da Prasa, grande étendue d’eau. A l’arrivée à Porto Corallo, une belle tour aragonaise (1500) surveille l’embouchure du Flumendosa et le port, unique havre sûr en cas de tempête qui fut utilisé pour transporter le minerai argentifère du Monte Narba des incursions subites des pirates barbaresques. Cette tour fut construite sur une petite éminence où agaves et lauriers m’incitent à prendre du recul pour la photographie. Seule, cette tour ronde de 14 m de haut, est assez austère, revêtue de ciment, taguée, elle n’est pas tellement photogénique. Le panorama est très étendu : je reconnais la Tour carrée de Torre Salinas et l’hôtel, au loin le Capo Ferrato.
Le port de Porto Corallo est une marina occupée par des bateau de plaisance. Toutefois, nous avons le plaisir d’observer le départ d’un bateau de pêche.
Dépassant le port, continuant sur la SP99, on longe le rivage rocheux à l’arrière d’une pinède. Plus loin, une anse sableuse et couverte en partie de posidonies. Quelques parasols et lits de plage sont alignés mais il reste beaucoup d’espace disponible. Au-dessus de la plage, en amphithéâtre sur la colline, des maisons de vacances sont alignées.
Le Castello de Quirra
Cabane de berger dans la montagne
Suivant un itinéraire du Guide Vert, nous cherchons Quirra ignoré de la signalisation routière et nous retrouvons sur la grande route SS125 Var. Après 4 tunnels et un pont, nous retrouvons l’ancienne route Cagliari Olbia SS125. Avant d’arriver au village une alternative : Castello ou Murtas. Vers Castello une piste monte dans la colline, on passe un groupe de maisons. Au petit col, il faut continuer à pied sur un très bon chemin, très escarpé. Mon bâton télescopique trouve ici son utilité. Je monte jusqu’à un épaulement, le château est toujours invisible dans la végétation dense. Il ne reste plus grand-chose du château que le Seigneur de Cagliari fit construire au XIIème siècle, un mur de la même couleur que le rocher sur lequel il est bâti et une fenêtre. De loin c’est la fenêtre qui permet de le repérer.
Murtas
Murtas
Plus bas, nous trouvons la route de Murtas. La Cala Murtas eset une plage vierge appartenant au Polygone militaire mais ouverte en été. Il faut parcourir environ 5 km à travers des terrains militaires. La route et libre d’accès mais il ne faut pas en sortir. Des montagnes rouges barrent la route vers le nord rappellent par la couleur des roches, et la végétation, les montagnes de l’Estérel. La végétation luxuriante et fleurie, lauriers roses, cistes jaunes, lavande des maures, blanches ombellifères forment un tableau multicolore.
A l’arrière des lentisques, des cistes et des tamaris on devine une zone humide. L’avantage des terrains militaires est de limiter la fringale bétonnière des promoteurs. L’inconvénient est que les militaires installent des casemates disgracieuses, des grillages des hangars. Les sommets sont coiffés de cubes portant un dôme ressemblant à des observatoires astronomiques. Je pense aussi à l’Albanie avec ses abris-champignons. Fin de la route, on ne passe plus. Un parking est autorisé (en 4 langues dont le français) mais la plage semble très loin. J’y renonce à regret. Un autre parking se trouve au bout d’une autre route en bordure des marais. L’eau affleure ; Plusieurs voitures sont garées, mais où est donc la mer ?
Retour à Porto Corallo, sans avoir vu, ni le château, ni l’église St Nicola en briques d’argile, ni la plage de Murtas.
Nous nous attablons à un snack (frites/hamburgers/piadine) pour boire un verre le temps d’une baignade. L’eau est tranquille dans l’anse mais il faut d’abord franchir les posidonies(sèches en bords de plage et en suspension dans l’eau. Toujours se rappeler que les herbiers à posidonies sont indispensables à la vie marine : même si je rentre avec des languettes noirâtres collées sur mes pieds et mes mollets.
Retour au gîte pour manger une salade de pommes de terre anchois, crevettes et œufs durs. Nous sacrifions encore au rite de la sieste avant d’aller à la plage. Juste avant l’Hôtel Torre Salinas, une petite route sur la droite et une piste nous conduit à la plage à l’arrière de l’étang de Collostrai. Cest une plage vierge avec seulement deux petits bars sous des auvents blancs, quelques tables de plastique blanc sans parasols ni lits. Il y a peu de monde. Un groupe d’anciens jouent aux cartes, les cannes à pêche plantées dans le sable verticalement comme des haubans. J’ai renoncé à nager à cause des vagues et marche en longe-côte avec du mal pour contrer flux et reflux. Malgré les vagues, l’eau est d’une transparence extraordinaire. Les vagues sont bleu glacier.
cistes jaunes
Dîner d’aubergine : parmiggiana. Dommage que les moustiques nous chassent à la tombée de la niut. Ils sont vraiment très nombreux avec tous ces étangs autour !
Villasimius est une station balnéaire réputée qui a deux musée et un Office de Tourisme. Nous nous étions promis d’y revenir et j’avais envie de reprendre la route en corniche.
Après San Priamo nous suivons la direction de Capo Ferrato le long de l’étang de Collostrai que nous devinons de la terrasse de Dolce Luna. Route se prête à une promenade à pied, tranquille. Des aigrettes blanches et des mouettes se posent sur l’étang, mais pas de flamants. A 9h30, la circulation s’intensifie. Nous suivons les voitures jusqu’à un parking ombragé (8€/journée) sans doute une belle plage. Comme le but de la journée est Villasimius nous ne rentrons pas dans le parking. La route se transforme en piste bien carrossable. A une bifurcation nous ne savons plus quelle direction prendre. Pas de connexion Internet, donc pas de GPS. Nous revenons à San Priamo et reprenons les routes connues SP 97, Costa Rei, Olia Speciosa SP 20 qui double 4 voies, SS 125 var. Je suis déçue : j’avais vraiment apprécié l’itinéraire de lundi, j’espérais retrouver les plages où je m’étais baignée. Nous passons devant la Colonie Pénitentiaire de Castiadas transformée en Museo del territorio : deux grands bâtiments 19ème siècle roses, l’un repeint, l’autre qui tombe en ruine, dommage pour la symétrie. (on est revenues plus tard dans la semaine, le musée a déménagé mais où ?)
Plusieurs détours pour retrouver enfin la SP18 et la route littorale à Cala Sinzias et enfin la magnifique corniche bordée de lauriers roses, un blanc et un rose qui alternent. Nous surplombons la mer turquoise. L’île Serpentara porte bien son nom, serpent ondulant couché sur la mer.
La plage de cinéma de Cala Molentis ***
Cala Molentis
Bien cachée, en épingle à cheveux passant sous la route, la piste qui conduit à la Punta Molentis signalée par le panneau « hôtel Oleandro ». le parking s’étale sur plusieurs centaines de mètres. Il est tout juste 10 h et il est presque complet. Des familles entières, des groupes de jeunes, portent fauteuils, parasols et glacières. Sans cette foule, la plage serait sublime. Eau bleu lagon, rochers de granite, sable blanc en font la plus belle plage qu’on puisse imaginée. Surclassée Santa Giulia de Porto Vecchio où nous étions l’an passé, pourtant très belle ! Une plage de cinéma ! Etrangement, le sable a été colonisé mais il n’y a personne dans l’eau, ou plutôt une seule fille qui nage vigoureusement. La présence de bateaux à moteur n ‘est pas très rassurante. Un zodiac emmène des plongeurs, un voilier blanc se balance, le bateau de promenade est à quai. La présence de bouées blanches, orange et jaune me sécurise. Je nage jusqu’au bateau blanc, puis jusqu’à la balise blanche. L’eau est cristalline, immobile, le paysage merveilleux. Je pourris multiplier les traversées de la petite anse à l’infini. Je retrouve ici le plaisir de nager en mer.
Villasimius ne mérite pas le déplacement. Nous avions contourné cette station balnéaire assez quelconque guidées par le GPS qui nous avait mené par des rues aux noms évocateurs, Dante Alighieri, Elena d’Arborea, Vittorio -Emanuele II , Manzoni…) Toute l’histoire d’Italie et de Sardaigne passe dans un labyrinthe de ruelles. A pieds, c’est plus facile mais sans intérêt. Boutiques de souvenirs (corail, tissus) textiles moches, agences immobilières (prix astronomiques d’un simple parking). Le Musée me refuse l’entrée à 12h30 alors que la fermeture est à 13h. perte de temps ; nous aurions mieux fait de rester plus à la Cala Molentis.
Sur le chemin du retour, nous cherchons un restaurant de plage. Introuvable. Le 2 juin, on scie, on ponce, on peint, on prépare la haute saison. Les rares restaurants ouverts sont entourés de tant de voitures qu’il est inutile de chercher à s’en approcher. Les clients sont arrivés bien plus tôt. Négligeant le Capo Ferrato où nous aurions mieux fait de nous attarder, nous rentrons directement au gîte. Je prépare un rapide déjeuner de salade de tomates, mozzarella et olives, yaourts.
Aux heures chaudes (29°C) Nous nous adonnons à l’activité la plus appropriée : la sieste sur les lits de plage de la terrasse. Le soir, courses à Muravera (Crai) et baignade à San Giovanni.
Nous redescendons la route en lacets pour retrouver la grande route jusqu’à Ballao puis par une petite route jusqu’àGoni – village tout à fait intéressant que nous négligeons pour ne pas arriver trop tard au site archéologique de Pranu Muteddu qui est ouvert toute la journée mais dont les visites guidées s’interrompent. J’ai raté celle de 12 h, la suivante est à 15 h – trop tard -. Les menhirs et tombes se trouvent sous de magnifiques chêne-liège.
Tombe n°II circulaire
La promenade ombragée permet de découvrir les mégalithes, et les « domus de Janas » tombes creusées dans la roche, les tombes circulaires, restes de tumulus et les alignements de menhirs. Je regrette la visite guidée mais j’ai dans la tête les pages de l’Ile des âmes de Piergorgio Pulixi qui évoque des crimes rituels en relation avec les sites préhistoriques et L’Or Sarde de Giulio Angoni où il est aussi question de site archéologique. La tombe II est la plus monumentale avec ses blocs creusés et ses alignements qu’on découvre avec la photo aérienne sur le panneau. Les restes d’un village montre les fondations des « capanne» circulaires sur le même plan que notre maison de Dolce Luna. Au musée d’Amurgia des photos de huttes de bergers rondes en pierres sèches sont aussi sur le même modèle.
Pique-nique sous les chênes : salade de pommes de terre, œufs durs et anchois.
Nous rentrons par San Niccolo Gerrei et Villasalto.San Niccolo Gerrei est bien décevant, endormi à 14 heures, tout est fermé (j’avais envie d’un café ou d’une glace).
Site minier de Su Suergiu : installations industrielles
De Villasalto, j’attendais beaucoup avec le village minier de Su Suergiu qui fait partie du Parc Géominier. Le site se trouve au fond d’un vallon très profond. Un sentier y descend sous les arbres ? je n’ai pas osé me lancer seule dans la promenade et l’ai regretté parce qu’il débouche juste au-dessus du parking. Le musée est fermé (malgré l’annonce Google ouvert) Il y a pourtant du monde. Un homme en habits de travail – gardien ou jardinier ? – dit que la ragazza va revenir et qu’il faut l’appeler au numéro punaisé sur la porte. Je me contente de faire un tour autour de la belle villa Liberty du directeur en pierre blanche délicatement ciselée de frises, j’erre dans les bâtiments des ouvriers en moins bonne conservation. Les installations industrielles se trouvent beaucoup plus bas dans le vallon, elles ont perdu leurs toitures et menacent de s’effondrer. On extrayait et traitait l’antimoine. Au cours de notre précédent voyage en Sardaigne nous avions visité d’autres villages miniers abandonnés dans les années 80 :l’Argentiera et Montevecchio où la visite guidée était passionnante.
Le guide Vert signale aussi une promenade vers une grotte, je trouve le point de départ mais le panneau indique 50 minutes pour l’aller seul. Aller et retour il faut compter deux heures et il est déjà 14h30, oublions. *
Il ne fait jamais visiter un village sarde à l’heure de la sieste. Tout est fermé, il n’y a pas une âme dehors>. C’est sinistre et très chaud. Villasalto ne déroge pas à la règle. En dehors de l’église blanche Santa Barbara, bien fraîche, on ne verra rien de notable. Même le panorama est embrumé par la chaleur.
Retour par des routes sinueuses. Je suis frappée par la diversité des paysages ? Un maquis clairsemé est suivi d’une forêt touffue de chênes verts, arbousiers et lentisques. Au tournant suivant, une étendue presque désertique avec de très gros rochers éboulés d’on ne sait où . On traverse un ruisseau et on trouve vignes, champs cultivés. A chaque virage, une surprise !
La journée se termine par une baignade à la plage de San Giovanni près de Muravera. Il n’y a pas de vent ni de vagues. Je peux nager un bon moment même si de temps en temps mes genoux touchent le sable. Pour bine nager il faut s’éloigner du rivage et cela n’est pas prudent puisque je suis seule dans l’eau.