Benicassim – Via Verde – villas

CARNET DE BENICASSIM

entre Bénicassim et Oropesa
entre Bénicassim et Oropesa

Un « chemin vert », piste cyclable et piéton relie Benicassim à Oropesa sur le tracé de l’ancienne voie ferrée sur 5.5km.

Il commence au bout de la corniche et de l’avenue Jaume 1er à proximité de l’Hôtel El Palasiet. Un pont ferroviaire en marque l’entrée. La piste emprunte une tranchée taillée net dans la roche.

Piste cycliste sur le trajet de la voie ferrée : tranchée
Piste cycliste sur le trajet de la voie ferrée : tranchée

Des panneaux botaniques jalonnent le parcours. Ils m’amusent d’autant plus qu’ils mentionnent le nom scientifique et la famille. Au début la piste est enfermée dans la tranchée, on ne voit la mer que par des échappées.  On traverse un bois de pin. La côte est très proche avec de beaux rochers rouge battus par les vagues.

espagne16tlf-045Deux tours, une carrée et une ronde sont sur le parcours. Il y a beaucoup de monde, surtout des vélos. Les cyclistes de club avec maillots, casques et cuissardes, foncent. On ne les entend pas arriver. Il faut être attentif avant de traverser la piste. Des familles roulent sans se presser. Les joggers doublent les marcheurs, certains équipés de bâtons de marche nordique. le parcours est plus sportif que touristique mais bien agréable.

A l’entrée du long tunnel de 600m, certains joggers empruntent un sentier qui monte au flanc de la colline. J’aurais été bien inspirée de les suivre. 600m de tunnel, quelle pénitence ! Sur le topo-guide il était précisé qu’il fallait se munir d’une torche. Peut être dans le noir cela aurait été plus amusant, ma lampe de poche est inutile ; la galerie possède un éclairage électrique.

La sortie du tunnel se fait au dessus de la marina d’Oropesa puis je passe la belle plage de la Concha bordée de palmiers, de restaurants d’immeubles assez neufs et assez chics. En face un très haut, très rectangulaire, très massif, immeuble gris vert écrase tout. Au bout les deux tours las Vegas ont au moins 10 étages. Ce n’est pas tout. A l’arrière du front de mer, toute une ville de béton vétuste forme un ensemble déprimant. Sur la côte, encore une tour ronde et un phare.

9 octobre
9 octobre

Après avoir fait trois fois le tour (on a oublié le GPS) nous sommes arrêtées par une procession : des chevaux, des tambours ; des Templiers, des Sarrazins, des femmes voilées, d’autres médiévales….ils rejoignent la tente blanche de Jacques 1er. L’assistance fait silence : « Au nom du roi Jacques 1er, comte de Barcelone, Comte de Montpellier, roi d’Aragon… ». Toute l’assistance écoute religieusement mais personne ne se pousse pour me laisser faire une photo. Le discours est longuet, personne ne bouge, ni paysan, ni templier, ni sarrasin, ni cheval.

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La direction de Benicassim est bouchée par la fête. Nous nous dirigeons au jugé. Nous suivons l’avenue de Benicassim qui logiquement devrait nous y conduire. Pas du tout : elle aboutit sur la N-340 mais en direction du nord. Impossible de la couper et même de faire demi-tour. On dépasse Oropesa (d’où on vient)  à la première sortie, fléchée Cabanes on la quitte. Impossible de retrouver la N-340 vers le sud. Sur la carte, il y a bien une petite route vers un château dans le Desert de las Palmas. Le château perché a fière allure ;  il semble se dissoudre dans le paysage quand on l’approche et nous ne le reverrons plus. En l’absence du château il y a une source fuente Metivet « tu veux t’arrêter avec tous ces gens ? » Présenté comme cela, la réponse est non. Pourtant nous aurions bien dû leur  demander notre chemin. Cabanes est très loin. Il faut se souvenir que la région est montagneuse et peu peuplée,  les villages sont très éloignés et les route ne passent pas par les sommets. On a parcouru 80 km au compteur, pris trois autoroutes, dépassé Castellon. Tout ce détour alors que j’avais fait 5 km à pied !

Tour saint Vincent et plage
Tour saint Vincent et plage

Entre la tour Saint Vincent et l’extrémité de la plage, il y a 2.3 km sur le sable ou sur une très belle promenade piétonne plantée de palmiers, le long de très belles maisons, de jardins et de haies fleuries en face de plages de Torre San Vicente l’Almadrava et Voramar. Dès 1887, on a construit  les  premières villas sur le front de mer de plain pied, orientées vers la mer avaient un porche donnant sur le jardin. La vie sociale s’organisait selon deux pôles, la Cour céleste qui se caractérisait par la tranquillité de ses veillées, l’allure modeste et le nom de saintes (villa Santa Cristina, Villa Sofia, Villa Marina, Carlotta, Maria del Carmen…et « l’Enfer » où des soirées trépidantes se déroulaient dans un cadre luxueux.

villa luxueuse
villa luxueuse

La villa Solamar, construite du côté cour Celeste fit scandale par les statues de nus, que le Directeur des Beaux Arts de Valence, pour plus de pudeur, eu l’idée de retourner ce qui valut à sa maison le surnom de la villa des culs. Un code strict régissait les bains de mer : le décalogue des baignades.

Villa solamar
Villa solamar

Ces villas eurent des visiteurs fameux, des peintres, des écrivains…Au début de la Guerre Civile un changement radical s’opéra dans la fréquentation des villas avec la fuite des propriétaires et l’arrivée des brigadistes qui les ont converties en hôpitaux, cantines, bibliothèques et centres de réunion. La grande Villa Amparo de style colonial américain, fut aussi le lieu de l’histoire d’amour entre Hemingway et Marta Gelhorn, Dos Passos et Cartier Bresson y résidèrent aussi.

Villag Amparo
Villag Amparo

Il n’est pas facile de faire des photos des maisons privées cachées derrière d’imposantes grilles ou des jardins, je manque aussi de recul. Certaines sont devenues des restaurants et sont plus accessibles.

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