Promenade naturaliste au parc Corcovado

CARNET DU COSTA RICA

Crested Caracara

Petit déjeuner : 5h30, départ pour Corcovado : 5h50.

Les heures du matin son précieuses avec la fraîcheur. Il convient de pas les gaspiller. Hommes et animaux sont actifs au lever du jour. Après 11h la chaleur est écrasante. Johnny nous conduit en minibus à la plage où nous attend Roy, le guide.

Embarquement pieds nus. Le bateau à auvent bleu saute dans les vagues. Quand on quitte la Drake Bay on découvre du large les resorts dispersés. Des roches noires, sans doute volcaniques, bordent la côte. Ils sont frangés d’écume blanche. Des arbres magnifiques s’étagent au flanc de la montagne ; Quand nous avons quitté Sierpe sur le fleuve dans la mangrove, j’avais imaginé que nous serions dans un pays plat ; pas du tout ; Les rives sont escarpées. Le voyage vers Corcovado dure un peu plus d’une heure. La côte plus lointaine est baignée dans la brume. Au loin, on devine la forme bizarre d’un rocher, tête ronde comme un champignon. Quand on s’en rapproche, on voit qu’il n’est pas seul mais accompagné d’aiguilles à l’allure étrange, un phénomène volcanique, sans doute.

En face de la plage où nous débarquons le relief est plat.  On se rechausse. Roy nous emmène vers le haut de la plage où se trouvent des aigrettes blanches, un faucon Black hawk est perché, non loin le Crested Caracara  – un rapace dont le nom est inspiré de son cri en vol – . Près d’une lagune en retrait, un Petit Green heron( Butorides virescens) qui n’est pas si vert qu e cela mais qui est le plus petit des hérons. Seul son bec ressemble aux hérons que je connais.

basilisc noir

Dans le scope de Roy : un petit basilisc noir .

Nous passons près d’un nid de guêpes comme une boule, de guêpes blanches, les guêpes de lait, mieux vaut ne pas s’attarder, elles sont dangereuses. En haut d’un arbre d’autres guêpes ont construit un nid en forme de guitare qu’elles ventilent activement.

Un coati musarde ; C’est une femelle. En cette saison, les femelles sont presque toutes gravides et s’isolent de la meute pour faire un nid dans les arbres où elles vont mettre bas.

« Hum, Hum « un son très grave se fait entendre. On imaginerait un buffle au moins, Roy cherche dans les arbres. C’est une sorte de dindon avec un bec jaune qui perche sur les branches. Invisible, nous le verrons plus tard.

Dindon perché

Une autre espèce de dindon est perchée sur une branche arquée. Nous passons tout près sans le déranger. La plupart des animaux sont étonnamment tranquilles.  Un agouti picore à moitié assis ; les agoutis sont des semeurs d’arbres ; Ils enterrent les graines en creusant des trous pour stocker des provisions dans le sol, puis les oublient.

Roy « sent l’odeur du pécari » et le déniche dans un fossé plein de feuilles. La mère est entourée de nombreux petits qui ressemblent à des marcassins. Chez nous, trouver une laie et ses petits est une situation dangereuse. Ici, la mère semble habituée aux touristes.

Le tapir dort profondément près d’un marigot à ‘ombre d’un buisson. Roy laisse s’approcher Ram, le photographe hollandais. Endormi, le tapir est peu attirant. On dirait un gros cochon.

Dans l’inventaire des bêtes bizarres du Costa Rica, il nous reste à voir, le tamanoir, le tatou, le lamentin…Sans parler des félins et des serpents.

le petit singe-écureuil (merci à Anja qui m’a donné la photo)

La rencontre la plus touchante est toujours celle des singes. Les singes-araignées sont en haut des branches ; On les voit s’épouiller haut dans leur arbre. Quand nous repasserons après déjeuner nous els retrouverons.

Les singes-écureuils, les plus petits des singes costariciens, nous ont encore plus divertis. Ils n’ont pas de queue préhensile.  Ils se nourrissent d’insectes qu’ils débusquent en sautant de feuille en feuille. Justement l’un d’eux capture une grosse sauterelle verte de près de dix centimètres de long. Quelle aubaine ! Il ne se cache pas pour la déguster et s’installe juste au-dessus de nous. Il nous offre un spectacle passionnant. Il commence par les pattes (bien charnues pour une sauterelle) et facile à manger. Puis il déchire les ailes coriaces. Il lui reste l’abdomen, bien gros pour un si petit singe qui ne se décide pas à l’attaquer tout de suite. Il change de perchoir et saute.

11h30 : Déjeuner au centre Sirena où l’ont pourrait aussi passer la nuit. Bâtiment vert, d’une architecture élégante, couvert de tôles dépassant largement en faisant des auvents en V emboités. Des petits lits enfermés par de moustiquaires font penser à des petites cages sont alignés. Le parquet est en beau bois vernis ; Il est interdit de circuler chaussé. Des étagères sont prévues comme à l’entrée d’une mosquée. C’est un endroit très agréable ; pour déjeuner, un buffet avec des salades, des fruits frais, des gâteaux et des sandwiches : un froid sorte de wrap, un autre chaud enveloppé dans une feuille de banane qui contient une pâte avec des ingrédients mystérieux. Roy explique que les feuilles de bananes sont les meilleurs lunch-box, conservant la fraîcheur mieux que les boîtes plastiques.

figuier étrangleur : matapalo

J’ai oublié de parler des arbres. Le plus grand est un géant d’Ail Noir, ainsi nommé à cause de l’odeur de ses fleurs. Impossible de l’approcher au moment de la floraison. D’autre géants sont les figuiers étrangleurs appelés aussi Matapalo . La jeune pousse vit d’abord en parasite sur un autre arbre, laissant pendre les racines avec une croissance du haut vers le bas et tuant l’arbre-hôte.

Quand nous retournons le bateau la chaleur est écrasante jusqu’à la plage qui sert de port. Sur le bateau il fait bon mais il faut se garder des coups de soleil. Je rentre toute rouge à la Finca Maresia. Après la douche et un bon tartinage de Biafine, je découvre les délices du hamac sur la terrasse. Je ne sais pourquoi, j’avis des a-priori contre la sieste dans le hamac que j’imaginais nauséeuse. Par grosse chaleur on respire beaucoup mieux que sur un lit et c’est plus confortable pour le dos qui épouse la courbure, sans parler de la détente les pieds en l’air. Mieux qu’une chaise-longue ou un lit de plage ! Seuil défaut, il est malaisé d’écrire. Le rêve ce serait un bon livre mais j’ai pris du retard dans mes comptes-rendus ?

Pécari

Les grands cris des perroquets rouges qu’on appelle lapas ou macaw, m’ont tirée du hamac. Ils sont très bruyants et traversent à tire-d’aile le ciel entre leur perchoir, un très grand arbre et les almendros, arbres à feuilles épaisses vernissées et arrondies om ils trouvent leur provende, des fruits verts « almendron » qui ressemblent à de grosses amandes très dures. Gretel, la femme de Johnny, m’appelle et me montre les macaws attablés. « Quand ils mangent, ils sont silencieux ». Soudain passe un perroquet solitaire « un veuf ou un juvénile qui n’a pas encore de compagne ; les perroquets vivent par paire et sont fidèles jusqu’à la mort » explique-t-elle. J’ai raté encore une fois la photo. Avec le Coolpix le zoom n’est pas assez puissant, ils sont tout petits. Quand au Lumix, il s’est éteint « pour surchauffe » justement quand je les avais bien visés. Je descends au bungalow, dégoûtée !

Dîner excellent en compagnie d’un couple allemand qui a fait l’excursion des autrichiens. Mon allemand est bien lointain mais je donne le change. Entrée ceviche de thon à l’ananas servi dans des ramequins en forme de poisson, lasagnes très fines au légumes gratinées au gruyère. Au dessert, une crème caramélisée au goût un peu étrange. Flan ? ou gâteau au fromage un peu trop cuit, i l’un ni l’autre c’est de la citrouille ;

La soirée sera très courte, je tombe de sommeil.

Delta de l’Ebre sous la pluie

CARNET DE BENICASSIM

rizière et musson : des accents durassiens
rizière et mousson : des accents durassiens

 

Les averses prévues entre 8h et 10h qui ne nous avaient pas dissuadées du voyage.

85km par la N-340 jusqu’à Sant Carles de la Rapita.

Nous connaissons la route jusqu’à Benicarlo. Autour de Benicarlo les cultures maraîchères (artichauts choux et salades) remplacent les vergers. La pluie s’invite lorsqu’on remonte vers le nord et qu’on atteint la Catalogne. A l’entrée de Sant Carles de la Rapita nous quittons la grande route devant la cimenterie et suivons ls écriteaux « Delta de l’Ebre »sur une route côtière qui traverse des quartiers balnéaires vides et un peu sinistres sous la pluie. Sans descendre de voiture nous voyons le port de pêche, (important mais fermé aux visiteurs) la marina (gros bateaux et très beaux voiliers).

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La route du Delta, étroite,  passe dans les rizières où il reste des chaumes jaunes, parfois verts, rangées séparées par des sillons larges et profonds. Les oiseaux sont au rendez-vous, innombrables goélands, aigrettes blanches et parfois hérons cendrés. La pluie forcit. A travers les vitres de la voiture on ne peut pas prendre de photos. Je tente une sortie jusqu’au coffre pour extraire ma parka. Les rizières sous une pluie de mousson, je pense à Duras, au Vietnam, au Cambodge  Un Barrage contre le Pacifique….Au delà des rizières on devine les vagues de  la Méditerranée sans savoir où commence la mer, où finit la terre. Sur la carte, une langue de terre emprisonne une lagune.

Où finit la terre? Où commence la mer?
Où finit la terre? Où commence la mer?

Un écriteau « MonNatura » nous emmène à une maison longue et basse couverte de tuile : un petit musée du sel et de la pêche. Dans la boutique, un jeune homme me renseigne en Français « sous la pluie, la visite sera difficile ». je lui demande s’il y a des chances pour que le temps s’améliore. Il tourne l’écran de son ordinateur et me montre les précipitations : un déluge sur le delta. Il semble que tous les nuages se soient déversés sur nous. Puisque je veux quand même visiter je dois acheter le ticket (8€prix normal/6.90 réduit) qui me donne le droit de suivre le parcours extérieur fléché entre bacs et œillets. Je ne vois aucun cristal se former. On dirait un modèle réduit de saline, une sorte de grande maquette. Je suis un peu déçue, j’ai présent en mémoire, le merveilleux musée du  sel De Salinas del Carmen à Fuerteventura.  Pour les pêcheries, 4 barques à fond plat, des filets, pas trop crédible…

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Par beau temps, cela aurait peut être été différent. Un livret en français plastifié est disponible mais je ne prends pas mon temps sous le déluge. Sous le soleil, j’aurais guetté les oiseaux dans l’affût aménagé dans une maison de pêcheur. J’aurais pris plaisir à la promenade. Aujourd’hui, je marche en crabe parce que la pluie tombe de côté, je cache l’appareil photo dans ma manche et retourne en courant à la voiture. J’ôte la parka, le short et monte le chauffage pour me sécher. Je me retrouve en culotte et en T-shirt et c’est dans ce costume minimaliste que je monte à un affût au dessus de l’étang où sont rassemblés les flamands roses. Il y en a des centaines, serrés les uns contre les autres, formant trois nappes roses. Près de moi, de nombreux canards. J’aurais aimé observer les limicoles et les sternes mais il fait bien frais et je ne veux pas croiser des touristes dans ma tenue.

des milliers de flamands roses
des milliers de flamands roses

La suite de la visite est une longue croisière en voiture sous la pluie, tantôt dans les rizières, tantôt vers les plages ou à travers les agglomérations. L’une d’elles, Les Eucalyptus, est une station balnéaire fantôme, pas une voiture, volets fermés. Nous évitons Els Montells pour nous perdre dans Sant Jaume d’Enveja relié à Deltebre par un  pont sur l’Ebre. Le fleuve est accompagné par deux canaux bordés de chaussées carrossables qu’on emprunte avant de renoncer. La pluie s’abat sur nous, le paysage est monotone. Deux options s’offrent à nous : la balade en bateau (enfermées ?) ou le restaurant (ce n’est pas l’heure). La pluie a douché notre enthousiasme. Je branche le GPS. Adresse finale : Benicassim. Nous retrouvons la N-340 à Amposta.

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A peine avons-nous quitté les Delta que les nuages se séparent, le ciel s’éclaire. Après Oropesa nous trouvons la route côtière et arrivons sur la plage de Voramar . L’eau est verte avec des vagues et les surfeurs sont nombreux attendant la vague propice pour s’élancer. Des baigneurs : aucun ! Nous avions imaginé un bon repas de poisson pour nous consoler de l’excursion ratée. Consum est fermé. Ce n’est pourtant pas dimanche ! Le 12 octobre est la fête nationale espagnole, férié comme un dimanche. La promenade au pied de la tour San Vicente est noire de monde, comme un dimanche.

Je monte en toute hâte pour m’habiller de sec et nous cuisons une tortilla aux pommes de terre – plat espagnol !

Le soleil est filtré par une couche de nuages, il chauffe assez pour faire la sieste sur les lits de la terrasse. A 16heures je retourne sur la plage : drapeau rouge, baignade interdite. Dans l’eau les pointes des planches de surf ressemblent à des gueules de requins qui menacent les baigneurs.