(suite de l’article précédent, depuis que je suis passée à Windows10 j’ai des problèmes incessants avec le traitement des images)
La Révolution zapatiste fut sanglante et certains tableaux sont effrayants.
Les tableau d’Orozco aux teintes terreuses marron/gris noir sont extrêmement violents.
Femmes soldats
Je découvre aussi Siqueiros (sous-titré : La Lutte des classes) . Selon les explications, il privilégie la peinture murale, mais aucune image de ces fresques n’est donnée ici
la Mère prolétarienne Siqueiros
Dans le même thème, les photos de Bravo sont très belles. Un long extrait de Que Viva Mexicod’Eisensteinest projeté. Magnifique! on peut le visionner sur YouTube.
L’utopie sociale est représentée par Rivera dans la Rivière Juchitan (1953-1955) apporte les couleurs vives qui contrastent avec ces images bien sombres
J’ai gardé le plus vif souvenir de l’exposition de l’Orangerie en 2013 consacrée à Frida Kalho et Diego Rivera. L’exposition actuelle, bien qu’elle expose quelques tableaux qu’on y avait déjà vus, n’est nullement redondante. Même si Frida et Diégo étaient les vedettes les plus connues, ils n’étaient pas seuls, loin de là. Cette peinture est très riche. L’exposition de 1913 était surtout centrée autour de le personnalité de Frida et Diégo et leur relation de couple. Celle de 2016 est organisée autour de thèmes très variés. Il ne faut donc pas faire l’impasse au prétexte qu’on a vu celle de l’Orangerie
Diego Rivera : Femme au puits
LES MEXICAINS A PARIS présentent une série de gravures de Roberto Montenegro d’inspiration symbolistes où je retrouve une parenté avec les illustrations de Salomé de Beardsley vuesà l’Expo Oscar Wilde mais avec des thèmes bien mexicains, têtes de morts et squelettes Vulnerant omnes ultima necatde Roberto Montenegro ainsi qu’un Saint Sebastien. Zarraga dans la Femme et le pantin montre un clown grimé comme une tête de mort.
Rivera, Zàrraga, Montenegro ont une bonne connaissance des avant-gardes parisiennes, s’essaient au cubisme dans la Femme au puit de Rivera, le Paysage zapatiste. J’ai du mal sans l’aide des cartels à distinguer les peintures de Rivera de celles de Zarraga. Les thèmes mexicains et la révolution zapatiste dominent. j’ai aussi aimé la footballeuse de Zarraga ainsi que les deux tableaux où figure la même indienne aux tresses attachées et à la jupe rouge flamboyante.
Deux expositions presque simultanément sur les lieux consacrés à Monet et à l’Impressionnisme: Sorolla à Giverny et Monet, Munch, Hodler à Marmottan. La mode cette année est-elle de faire dialoguer les peintres? Je goûte énormément ces rencontres qui offrent un point de vue nouveau sur des écoles qu’on imagine séparées.
Hodler (1858-1918), Monet(1840-1926) Munch (1863-1944) contemporains ne se sont jamais rencontrés, chacun a effectué des recherches originales dans des voies différentes, mais chacun dans la lumière et la couleur.
hodler
Peindre l’impossible est le sous-titre de l’exposition
« J’ai repris encore des choses impossibles à faire : de l’eau avec de l’herbe qui ondule dans le fond… c’est admirable à voir, mais c’est à rendre fou de vouloir faire ça» Monet
En introduction, une courte présentation des trois peintres : trois autoportraits. L’essentiel de l’exposition s’organise autour de ces thèmes impossibles à rendre : les montagnes, l’eau, la neige, le soleil et la lune, pour terminer par Couleurs.
Le grand maître des montagnes est sans conteste le suisse Hodler. Dans le Lac de Thoune ou le Lac Léman les sommets se reflètent, ou émergent d’une mer de nuages ou de bancs de brume. Le contraste entre le tracé extrêmement précis, structuré, presque géologique, des sommets et le flou de la brume est surprenant.
Lac de thoune et chaîne du stockhorn
Le premier tableau : Le Lac de Thoune et la Chaîne du Stockhorn est construit en couches parallèles bleues ou jaunes , 7 lignes bleu-clair, de brume traversent le tableau et la montagne. Au premier plan, de très petites taches vertes donnent du relief. De nombreux tableaux de montagnes sont accrochés : Le Mont Mönch net et structuré, le bâti est souligné d’un trait bleu ou rouge, surmonté de jolis nuages blancs en forme de virgule. La Jungfrau, l’Eiger et le Mönch au dessus de la mer de brouillard .
Monet : Mount Kolsaas
Monet s’est aussi essayé avec bonheur à peindre le Mont Kolsaas(Norvège) là où je ne l’attendais pas du tout.
paysage de Thuringe
Pour la neige, c’est Munch qui excelle avec des personnages très colorés qui se détachent. En regardant avec plus d’attention, je découvre les flocons tombant sur cette Neige fraîche sur l’avenue que l’on a choisie comme affiche de l’exposition. Et j’ai eu un coup de cœur pour le Paysage de Thuringeoù les limites des champs enneigés sont soulignés de rouge, brun ou vert. Monet, bien sûr n’est pas de reste….
Monet
Le thème de l‘eau n’échappe pas à Monet avec une barque dansle courant de l’eau souligné par les ondulations des végétaux. Peinture de maître!
Autre thème : les astres , coup de cœur cette fois-ci pourMunch, et à plusieurs reprises! Sa nuit étoilée a une parenté avec celles de Van Gogh!
munch soleil
Pour terminer, Couleurs glorifie les teintes chaudes de rouge et d’orange!
Une très belle exposition, donc. Seul Bémol, les salles sont exiguës à Marmottan et si trois groupes suivent leurs conférencières, les visiteurs individuels ont du mal à accéder aux tableaux. J’ai donc fait la visite dans le désordre pour revenir aux salles moins embouteillées.
drapeau, UNIA (1990) sunthèse du drapeau américain et de l’Universal Negro Improvement Association
Coïncidence? Deux expositions américaines se font face. Rive droite, à l’Orangerie, les Peintres des années 30, Rive gauche, The Color Lineprésente les artistes afro-américains au cours du 20ème siècle jusqu’à aujourd’hui. Ces deux expositions se complètent en donnant une lecture politique au travaux des artistes.
The Color Line est une grosse exposition. Prévoir du temps. Et ne pas commettre l’erreur de rester trop longtemps et d’étudier trop en détail chacun des documents du début, des tableaux de statistiques (au demeurant édifiants) pour, ensuite passer trop vite devant les tableaux, sculptures présentées en fin de parcours. Ce serait dommage.
spectacle raciste
L’exposition montre la situation des noirs à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème, affiches de spectacle illustrent la section intitulée MINSTRELS, BLACKFACES & VAUDEVILLE des blancs, grimés, caricaturent et se moquent des noirs qu’ils appellent « coons ». Dans les années 1990 les artistes afro-américains se réapproprièrent ces images et détournèrent l’imagerie raciste.
Détournement de l’imagerie raciste et réappropriation des clichés
PREMIERS COMBATS CONTRE LA SEGREGATION montre les luttes contre les « lois Jim Crow » et présente les personnalités des leaders Du Bois et Booker T Washington qui présentèrent (entre autres) la condition des afro-américains à l’Exposition Universelle de Paris. Un peintre noir Henry Ossawa Tanner fut un artiste reconnu en France, peignant des sujets universels et ne se limitant pas au folklore noir.
LA GRANDE GUERRE : 200.000 soldats afro-américains traversèrent l’Atlantique, combattirent sous l’uniforme américain. Ce qui n’empêcha pas le racisme de sévir. le réalisateur Griffith dans Birth of a Nation montre même le KuKluxKLan comme des héros sur l’affiche du film.
LE SPORT, en revanche fut émancipateur. l’exposition montre des couvertures de magazines, des photos de sportifs et des peintures.
Strange fruit
STRANGE FRUITS montre des représentation des lynchages
Meditation – mob victim
APRES LA GRANDE MIGRATION(migration du sud des USA vers les nord moins ségrégationniste) est illustré par un mur où sont projetées 60 tableaux Migration series 1940-41) de Jacob Lawrence, petits tableaux très colorés avec ds à-plats comme des collages.
HARLEM ON THEIR MINDS introduit une autre thématique, vie quotidienne, danse et musique.
BLACK IS BEAUTIFUL rassemble ds tableaux plus récents très variés.
pour finir deux grandes salles montrent des oeuvres contemporaines, peintures, mais aussi tapisseries, un mobile fait avec des masques africains suspendus, des sculptures….
Une exposition très copieuse, historique, politique, certes, mais avant tout avec de très belles choses à voir!
PARIS EN EXPOS / EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 30 janvier 2017
Grant- Wook american gothic , l’affiche de l’exposition
Je ne connais rien à la peinture américaine, surtout de cette époque. Cette exposition est donc pour moi une véritable découverte.
C’est aussi une leçon d’histoire. Les années 30 qui on débuté avec le krach de 1929 et se sont terminées avec l’entrée en guerre des Etats Unis ont été des années très intéressantes pour la création artistique mais aussi des années de grande inquiétude : chômage de masse (29% quand Roosevelt a été élu), mais aussi grande sécheresse avec le « Dust Bowl » qui a ruiné une partie de l’agriculture américaine, arrivée des idées communistes et aussi fascistes. La littérature de cette époque témoigne aussi de cette période de crise.
Charles Sheeler
C’est aussi à cette époque que les musées se constituèrent autour de la peinture américaine, Roosevelt dans le cadre du New Deal et des grands travaux fit aussi réaliser des Travaux pour l’embellissement des monuments.
Giorgia O’keefe Red Hills (Nouveau Mexique)
je suis allée de découvertes en découvertes de peintres majeurs dont je n’avais jamais entendu même le nom.
Marvin cone : Méandre de la rivière (Iowa)
L’Exposition s’organise autour des thèmes de l’Industrialisation et du chômage de la puissance américaine industrielle par comparaison avec une agriculture encore très traditionnelle.
Les préoccupations sociales et souvent très militantes m’ont frappée dans cette retrospective, entre autres l’influence du Parti Communiste, les communautés d’artistes. La dénonciation du racisme est aussi présente au moins dans deux tableaux : La Justice américaine et les Cotton Pickers de Thomas Benton.
Thomas Benton : cotton pickers
La section : La ville-spectacle montre que l’on s’étourdissait dans des Marathons de danse (on achève bien les chevaux) l’essor du jazz , j’ai bien aimé le tableau abstrait Swing Music (Louis Amstrong) .
swing music
Enfin, un autre thème est de revisiter le passé
American justice
Comme une conclusion : Cauchemar et réalité montre une sorte de surréalisme que je n’ai pas du tout aimé
Lenine in the desert Guguielmi le mur en miette est lea fresque Murale de Diego riveraMother Earth d’Alexandre Hogue rappelle l’érosion suite au Dust Bowl
En épilogue, les peintres plus récents et plus connus Hopper et Pollock etl’essor du cinéma américain.
EXPOSITION TEMPORAIRE AU MUSÉE D’ART ET D’HISTOIRE du JUDAÏSME
28 septembre 2016 – 29 janvier 2017
Schönberg peint par Max Oppenheimer
Je ne connaissais Schönberg que comme musicien. D’ailleurs, c’est France-Musique qui m’a donné envie d’aller voir l’exposition après une semaine autour de sa musique et celle de son cercle (dodécaphonistes : Berg, Webern) mais aussi Mahler et d’autres influences.
On entre dans l’exposition dans une galerie de portraits des familiers de Schönberg, peints par Schönberg lui-meme ou par Egon Schiele, Gerstl, Kokoschka…
Cette première salle a pour titre : Vienne un renouveau artistique
La vie artistique est brillante autour de 1910 à Vienne, Schönberg fréquente les plus grands, en 1911 il part à Berlin, pour revenir après un engagement dans l’armée autrichienne pendant la Première Guerrre mondiale, à Vienne d’où il s’exile vers les Etats Unis avec la montée de l’antisémitisme.
Schönberg, Kandinsky, convergences et recherches esthétiques
En 1911, Kandinsky correspond avec Schönberg, les recherches esthétiques des correspondances entre ouïe et vision sont fructueuses, pour illustrer cette collaboration, une salle est ornée de très petites pièces, gouaches, dessins, ou xylogravures.
Deux grands tableaux colorés de Kandinsky complètent cette collection.
Kandinsky : bild mit rotem Fleck
A la Recherche de l’Oeuvre d’art totale : Gesamtkunstwerk
L’oeuvre qui synthétise tous les arts est peinture, musique mais aussi théâtrale et lyrique
Les salles suivantes présentent des aspects amusants des recherches de Schönberg : un livre d’enfant : La Princesse ,jeu de carte, méthodes graphiques d’enseignement de la musique, ou des correspondances dodécaphonistes et même un jeu d’échec à 4 joueurs, 4 couleurs et des figurines correspondant à la guerre moderne avec avions et sous-marins.
La fin de l’exposition met l’accent sur Judaïsme, identité et politique
Né dans une famille juive, Schönberg se convertit en 1898 au protestantisme et revient au judaïsme ; en 1933 il se re-convertit au judaïsme. Même avant ce retour, il a souvent utilisé des thèmes bibliques et son oeuvre Moses und Aron est un opéra témoignant de sa réflexion sur le judaïsme (extraits projetés) ainsi que ses oeuvres se référant à la Shoah.
autoportrait
L’exposition se termine par une série d’autoportraits et de tableaux sur le regard; peindre, l’âme avez-vous dit!
La peinture moderne espagnole est très riche, mais et j’aimerais beaucoup la connaître davantage. Sans parler des illustrissimes Picasso, Miro ou Dali, j’avais été bluffée l’an passé à la fondation Manriqueà Lanzarote des collections de Manrique, bien sûr, mais aussi Tapies, Manuel Valdes.…et bien d’autres.
L‘exposition Barceloau Musée Picasso : Sol y Sombraest l’occasion de faire la connaissance d’un autre plasticien : Miquel Barcelo. J’y ai couru en urgence puisque l’exposition prend fin le 1er octobre, et j’ai raté l’autre partie de l’exposition à la Grande Bibliothèque.
L’exposition s’intitule Sol y Sombra en référence aux places de l’arène – allusion à la tauromachie – thème cher à Picasso .
Arène
Un singe hirsute accueille le visiteur en haut de l’escalier qui mène au sous-sol où se trouvent les salles de l’exposition. Dans la première salle sont accrochés deux grands tableaux, plutôt clairs (sol plutôt que sombra,).
Atelier avec 6 taureaux :
Atelier avec 6 taureaux : détail d’un taureau
Un cercle jaune en à-plat, occupe le centre de la toile : sable de l’arène, peut être? entouré par des masses irrégulières, empâtements, encroûtements, accumulations de matière – plâtre ou peinture . je cherche longuement les taureaux. Un seul apparaît au premier regard, j’en découvre ensuite un gros, noir qui occupe le coin gauche en bas. Des personnages à peine esquissés, de dos, blanchâtres, fantomatiques émerge à l’observation plus prolongée. Je découvre enfin à droite une autre arène où se déroule une corrida. plutôt ombre que lumière, l’opposition est à-plat/masse de matière parfois charbonnée.
Table aux têtes
Encore un grand tableau où règne la confusion qu’il faut examiner avec attention! La table rouge est figurée par un trait un peu de travers (champ?) et un pied contourné. les têtes sont celles d’animaux, des têtes humaines sont aussi schématisée dans un coin.
Dans la salle suivante, sur une véritable table sont posées des têtes en plâtre avec des animaux fantomatiques qui ont peuplé les deux tableaux.
Dans un couloir des céramiques ressemblant à des assiettes sont accrochées au mur : assiettes de terre brute, colorées de noir, blanc, craquelées, je reconnais des motifs marins: poissons verts et crevettes jaunes. Ces assiettes sont peut être un clin d’œil aux céramiques de Picasso qui sont accrochées plus haut dans le Musée.
Taulera
Taulera II et Taulera II : 3 tableaux marrons sales représentent une pièce avec des tables grisâtres.
Des fragments de terre cuites pour la Cathédrale de Palma de Majorque sont un peu étranges, terre craquelée où surgissent des poissons noirs ou gris de la paroi.
mur de brique
Cette exposition fait vraiment la part belle à la terre malgré son titre évoquant la lumière. Une salle voûtée est divisée d’un mur de briques déformées, coulées, écrasées ou étirées, briques de construction industrielle ou têtes en brique avec toujours les mêmes couleurs rouge brique, blanc, terre brute, noir. On entre dans une salle dédiées aux urnes, amphores, pots ou gargoulettes comme la poterie usuelle traditionnelle posées sur une grande table de contreplaqué et sur une étagère ordinaire.
Dans l’exposition Picasso trois tableaux gris et blancs sont dans une pièce lambrissée.
La confrontation Barcelo/Picasso est naturelle : les thèmes de la tauromachie et les tons terre-blanc-noir se retrouvent. La céramique aussi. On comprend la parenté. Mais cette confrontation est au désavantage de Barcelo. Le génie de Picasso éteint l’inspiration de Barcelo. La pureté du dessin, l’invention est celle du maître.
Grosse pluie : les volcans sont dans le brouillard. Nous avions prévu de visiter le Parc des volcans de Timanfaya, nous irons en ville!
La LZ-20 devant Casa Sandra conduit au centre-ville d’Arrecife sur la Via Medular – grande avenue plantée de beaux arbres. Au jugé, dans le dédale de petites rues du Centre-Ville piétonnier, nous débouchons sur la mer. Le Grand Hôtel – 5* – seule tour de la ville, nous sert de repère. La Poste,l’Office de Tourisme qui est un joli kiosque en bois, sont sur la promenade de bord de mer, le Pont aux boules et le Castillo saint Gabriel sur son îlot. Le soleil brille mais il tombe quelques gouttes de pluie. Il faut attendre 10h l’ouverture du fort. En attendant je dessine le Puente de las Bolas et les maisons blanches de la promenade.
Le Castillo Saint Gabriel édifié en 1573, est un petit fort carré, trapu, gardé par un canon. Il abrite le Musée archéologique de la ville dans ses salles exigües. Peu d’objets sont présentés le plus remarquable est une momie préhistorique, et des cochenilles et la teinture rouge qui en est tirée. De très nombreux panneaux retracent l’histoire, la géographie, la faune et la flore de l’île. Il faut beaucoup de temps, de patience et une bonne connaissance de l’Espagnol, pour lire tous les textes. Les panneaux contiennent l’équivalent d’un livre qu’il faudrait lire debout. Indigeste.
Je me suis limitée à la Géologie et la chronologie des éruptions volcaniques. Le volcanisme le plus ancien remonte à 20 Millions d’Années. Vers 12 Millions d’Années, des couches sédimentaires : sables, caliches et autres dépôts carbonatés se sont déposés. Les éruptions les plus récentes sont celles du Timanfaya 1730-1736 et du Tao 1824. L’activité volcanique a bouleversé la vie sur Lanzarote, stérilisant des terres agricoles, chassant les paysans vers les villes.
L’histoire de Lanzarote est plus ancienne que je ne l’imaginais. On a retrouvé des gravures aborigènes et des outils que le céramiste Juan Buto a mis en scène au Muséo del Campesino. Une inscription en alphabet phénicien voisine avec des gravures berbères. Lanzarote fut visitée à l’Antiquité, des objets métalliques, des amphores témoignent de la présence punique. Strabon, des navigateurs Romains parlent des Canaries. Il faut attendre le 14ème siècle pour que les colons ne prennent le dessus sur les aborigènes. J’aurais pu copier des pages et des pages : une salle est consacrée aux Corsaires et Pirates…une autre à la Pêche.
Castillo San Jose
Le second fort est situé de l’autre côté du Port de Commerce. On dépasse d’abord le petit bassin de Charco de San Gines avec ses barques colorées, puis on longe les docks. Le Castillo San Jose (1775-1779) est aussi un fort carré, de l’extérieur il paraît plus petit que le Castillo San Gabriel mais les salles intérieures sont beaucoup plus vastes.
Le Musée d’Art contemporainqui l’occupe est très intéressant.
(Entrée 4€ et prêt d’un audio-guide dont il ne faut surtout pas se priver puisqu’il il est gratuit et existe en français, d’autant plus que les tableaux exposés sont réalisés par des artistes de premier plan mais le plus souvent abstraits et d’accès un peu difficile pour la profane que je suis)
Brinkmann 1972 Cabeza mais ce n’est pas le tableau exposé à arrecife
La première salle s’organise de part et d’autres d’un très beau marbre aux formes voluptueuses d’un artiste cubain dont j’ai oublié de noter le nom. A gauche tous les tableaux sont dans les teintes brunes. Mon préféré est un Hommage à Malcom Lowry de Cesar Manrique presque figuratif avec une tête de mort si mexicaine et si symbolique du roman que j’ai eu envie de relire. La tête fantastique de Enrique Brinkmann – Cabeza – est aussi à la limite figuratif/abstraction. Je reconnais un visage monstrueux et imagine les idées, les images dans les circonvolutions du cerveau hypertrophié.
Un Tapiès – Ligne Diagonale est découpé par une ligne un peu tremblée. J’ai pris en photo ces tableaux qui m’ont beaucoup plu mais les ai effacés par mégarde, je pensais les retrouver sur Internet, mais non !
L’autre partie de la salle est occupée par des tableaux colorés plus pop :un argentin peint des flèches parallèles aux couleurs d’arc en ciel. Un autre tableau est un Message à une jeune fille – mosaïque blanc, bleu, rouge ,juxtaposition de drapeaux de marine. En face de grandes abstractions aux couleurs violentes me plaisent beaucoup moins.
Dans un couloir, des artistes canariens : un Manrique, un très bel Atelier du peintre surréaliste Dominguez établi à Paris puis exclu par Breton, un Harpiste de Juan Israel: le harpiste ramolli joue pour une silhouette sans tête dans le genre de Chirico.
Une salle entière est consacrée à un artiste d’Arrecife : Pancho Lasso, au mur des dessins au crayon de figures molles font penser à Dali J’ai surtout apprécié les sculptures : une écolière en bois énigmatique à l’air buté, bien droite dans son sarreau à petits boutons, le cartable posé. Un ouvrier de ciment a l’air bien communiste ce qui ne lui sera pas pardonné sous le règne de Franco.
Nous profitons de notre passage à la capitale pour faire de grosses courses au supermarché. Un caddie bien rempli revient moitié prix d’un caddie en France. Puis le GPS nous aide à retrouver la route de Mozaga.
Le Carnaval d’Arrecife se déroule ce soir . La Passacalle (passacaille) démarre près de la station des guaguas et emprunte la belle promenade plantée de la Via Medular. Il faut se garer sur des parkings prévus ad hoc et attendre dans un air vif et bruineux pas du tout tropical. Toute la ville est dehors avec des déguisements-maison pas toujours réussis, enfants mais aussi adolescents et même jeunes adultes. En revanche, très peu de touristes. Une odeur de barbe à papa, crêpes, beignets se répand. Des familles avec des poussettes déambulent en attendant le défilé ou occupant une place sur le bord du trottoir.
Les premiers chars sont ceux des maisons de retraite et des clubs du 3ème âge. Les mamies et papies lancent des bonbons sur la foule et se déhanchent dans un joyeux tintamarre. Puis les petits, costumés tous pareils (école ou patronage ?) les suivent, très colorés, très bien organisés. Je suis un peu déçue. Les clowns ont des costumes trop neufs, trop empesés à mon goût, ils sont suivis par des Romains aux casques à plumets rose ou bleu. Enfin arrivent les danseurs, plumes d’autruche violettes et déhanchements brésiliens. Ce n’est pas Rio, bien sûr mais cela y ressemble. La samba réchauffe l’ambiance. Malheureusement nous sommes arrivées trop tôt et, réfrigérée
en sortant de l’Expo à l’Orangerie Frida Kalho Diego Rivera, il me vient l’envie de lire une biographie. Merci à Claudialucia de m’avoir conseillé celle de Le Clezio!
Le Clezio a replacé la biographie de Diego et Frida dans son contexte historique, révolutionnaire, communiste et américain.
paysage zapatiste
Interpelée par le tableau cubiste Paysage zapatiste de l’exposition, je me suis rendue compte que je ne connaissais rien de cette révolution qui éclata en 1910. Diego Rivera était alors en Europe où le cubisme était aussi une révolution artistique. Il rencontre Picasso, Modigliani et tous les peintres de Montparnasse. Il a aussi voyagé en Italie où il a vu les fresques de Michel-Ange… quand il rentre en 1921 – après la Révolution russe – Diego est un artiste confirmé officiellement chargé de décorer des bâtiments officiels – ce n’est d’ailleurs pas le seul peintre muraliste. Frida est alors une très jeune fille, mais très décidée lors de leur première rencontre en 1923.
Diego muraliste : indiens
Ils ne se retrouveront que quelques années plus tard. Frida est alors une militante communiste, après l’accident elle peint pour résister au désespoir : peindre c’est vivre. Il faut imaginer cette période révolutionnaire . Le Clezio donne le titre L’amour au temps de la Révolution au chapitre racontant leur rencontre leur mariage en 1929. Période fascinant pour l’artiste muraliste qui peint les images passionnantes de la révolution, qui va chercher son inspiration dans la culture indigène, dans la culture précolombienne. Frida épouse cette culture, quitte le costume sévère de la militante pour adopter les tenues indiennes.
Cependant, en 1929, Diego est exclu du Parti Communiste mexicain.
Ensemble ils découvriront les États Unis, San Francisco puis New York et Detroit. Diego est fasciné par Ford et les usines de Detroit. Il y peindra un de ses chef d’œuvres. Attrait ambigu, s’il travaille pour un capitaliste, il est attiré par le prolétariat américain qu’il voit comme potentiellement révolutionnaire. Se garder d’idées toutes faites et d’anachronisme! Jamais servile, il glisse des provocations comme un tableau de vaccination en forme de Nativité révolutionnaire qui fait scandale. N’hésite pas à protester contre l’antisémitisme. New York, il travaille au Centre Rockfeller et prétend peindre Lénine comme le leader des peuples opprimés. Le Clezio raconte cet épisode sous le titre de la Bataille de New York. Bataille perdue, il quittera New York ruiné en 1933.
Frida qui l’accompagne ne se laisse pas séduire par les sirènes américaines. Plus lucide, peut être. Surtout traversant la tragédie de l’impossibilité de garder son enfant, elle peint la fausse couche et s’enferme dans la douleur.
fresque de DetroitFresque de Detroit détail de machine
Les années 30 au Mexique bouillonnent encore de ferment révolutionnaire,1934 crise opposant les communistes à un mouvement fasciste, en 1936, la guerre d’Espagne, 1937 Trotski débarque au Mexique accueilli par le couple. Rencontre avec André Breton.
Le couple bat de l’aile, en raison des infidélités de Diego. Les époux se séparent puis se remarient …Amour-passion, amour fusionnel de Frida, couple indestructible …. Là, je décroche un peu. Diego n’est-il pas un de ces machos insupportables?
J’en resterai à la leçon d’histoire, et à la leçon de peinture. Et je vais chercher les écrits de Frida pour la connaître mieux.
Un commentaire bizarre sur le billet de l’expo, concernant une actrice m’avait étonnée; la clé du mystère réside dans le spectacle au Dejazet. J’aurais été bien avisée de découvrir le site avant, j’aurais gardé mon billet pour profiter du spectacle!
Au hasard des recherche ce site officiel qui propose de bien belles illustrations. cliquer ICI;
Les collections de Ferencsy Károlyi (1862-1917) ainsi que celles de ses enfants Béni, sculpteur, et sa jumelle Naomi, tisserande, y sont exposées. Nous avions beaucoup aimé les tableaux colorés de Ferencsy Károlyi à la galerie Nationale. En dehors d’un marronnier qui se détache sur le ciel les tableaux paraissent plus ternes, moins bien mis en valeur. Nous avions également vu les petits bronzes de Ferencsy Béni. Les tapisseries de Naomi sont une découverte.