Troia – Comporta : plages

CARNET PORTUGAIS

Estuaire du Rio Sado vu de Troia
Estuaire du Rio Sado vu de Troia

Envie de nature après les musées. De plus, le lundi, ils sont fermés. En face de Setubal se trouve la Réserve naturelle du rio Sado. Nous espérons observer des oiseaux d’eau et même des dauphins qui sont nombreux dans l’estuaire et des croisières d’observation partent de Troia à l’extrémité de la pointe en face de Setubal.

Comme c’est à une centaine de km de Lavre, nous partons tôt. D’abord, Vendas Novas (20km) Puis 35 km jusqu’à Alcacer do Sal et 60 jusqu’à Troia. Le trajet Vendas Novas-Alcacer do Sal s’effectue sur une toute petite route qui tortille dans la campagne dont le revêtement est dégradé. On roule à petite vitesse dans la belle lumière du matin. C’est une promenade très plaisante qui traverse des rizières vert fluo où se promènent de nombreuses cigognes qui nichent de préférence sur de très hauts poteaux dans les villages. Le plus souvent, elle passe dans des collines plantées de chênes-lièges. Les troupeaux de bovins sont nombreux. Avant Cabrela trois champs de panneaux solaires sont installés selon trois orientations différentes. Je ne vois ni pylône, ni transformateur. Cela se suffit-il à soi-même ? Que devient l’électricité produite ? Cabrela est un beau village blanc où les maisons tassées sont souvent soulignées de bleu. Cette campagne déserte nous surprend : nous sommes habituées dans l’Estramadure et le Minho à un habitat beaucoup plus dense et diffus. De magnifiques portails blancs et bleus s’ouvrent sur des domaines invisibles. Le Guide Vert a l’explication : la propriété foncière dans l’Alentejo est celle des Monte : les gros domaines. Notre gîte en est un, le Monte dos Arneiros. Après Cabrela on voit surtout des pins parasols. Le mauvais revêtement des routes secondaires et la multiplication des autoroutes et des voies rapides est un sujet de perpétuel étonnement. Les autoroutes que nous avons empruntées étaient désertes. Était-ce bien nécessaire d’en construire autant ?

Alcacer do Sal : son nom vient du temps des Maures (alcazar). Nous ne voyons pas grand-chose de la petite ville.

La route longe maintenant l’estuaire. On y cultive le riz il y a même un musée du Riz près de la station balnéaire de Comporta.

l'estuaire vu du cordon dunaire
l’estuaire vu du cordon dunaire

Il reste encore 30km à parcourir sur le cordon dunaire qui délimite le grand estuaire du Rio Sado – estuaire presque aussi large que celui du Tage alors que le Rio Sado est un très court fleuve. De la route on ne voit pas grand-chose. Les dunes cachent les marais.  Art quelues aigrette on n’a pas d’échassier à se mettre sou la jumelle !

Rapidement, nous arrivons à Troia golfe 18 trous, resorts de luxe, petits immeubles avec grandes piscines. Tourisme haut de gamme. Route bien entretenue. Parking invisibles (souterrains), boutiques de luxe et grillages partout. Les riches n’aiment pas être dérangés !

Une barrière ferme la piste qui conduit aux ruines romaines – fermées  le lundi – Puisqu’on ne peut pas y accéder en voiture, je peux peut être y aller à pied ? Je m’engage sur la piste. Malheureusement c’est loin. Un vigile très sympathique m’en dissuade : 8 ou 10 km pour ne rien voir (et le double avec le retour).

Nous sommes déçues : pas d’oiseaux, pas de marais ou si peu, pas de ruines romaines.

Troia, au bout de sa péninsule, se termine par de grands immeubles de verre et balcons décalés, Croisette chic, belles terrasses de restaurants chers. Lacoste fait des soldes mais n’affiche pas ses prix….On a juste le droit de stationner 30 minutes pour décharger, et hop ! disparition de la voiture avalée par le parking souterrain (6.4€, la journée c’est raisonnable). Plus loin un palais des conférences. Une grande affiche, à la Capitainerie explique aux plaisanciers la conduite à tenir en présence de dauphins. Pour les dauphins, deux excursions par jour. 10h15, partie. 18h15 bien tard ; (30€ par adulte).

De l’autre côté du môle, une plage de sable fin me tente ; l’eau est très claire ; je roule les jambes du pantalon pour marcher dans l’eau. Plus loin il y a une autre plage de sable très fin, très blanc. Plage de rêve. Plus loin, une flèche de sable barre l’estuaire. La marée a laissé des bâches, un peu plus loin on devine l’océan. Promenade magique.

Comporta

plage de Comporta
plage de Comporta

Parking gratuit : bondé. Plus loin, parking payant, 3€/journée en semaine 4€ le week end.

Deux restaurants de plage. Le premier est fermé. L’autre très chic. On tente le chic. Pas question de s’installer en terrasse « c’est réservé ! ». Nous abandonnons.

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Une baraque vend des sandwiches et des boissons. Ils ont de confortables transats de bois bleu, des poufs bleus sous des parasols de paille effrangés.

2 hamburgers, 2 verres de vin blanc 18€ – raisonnable puisque les chaises longues sont comprises. Il fait 26° (35° à l’intérieur des terres) L’eau est à 20°, fraîche mais pas trop. Jolies petites vagues assez pour s’amuser, pas assez grandes pour m’effrayer. Je n’ai jamais vu d’eau aussi claire dans l’océan Atlantique sur une plage de sable.

Nous repartons à 15h, il reste 100 km de route !

Atlantique : Praia de Areia – Peniche – Nazaré

CARNET PORTUGAIS

plage déserte au pied des falaises
Caniçal : plage déserte au pied des falaises

La plage la plus proche, Praia de Areia, ne nous séduit pas au premier abord. Un haut et unique immeuble domine les toits rouges des maisons balnéaires. Le sens unique nous interdit de nous approcher de la plage où des surfeurs s’ébattent dans les vagues. Nous cherchons plus sauvage vers le nord.  Une route très étroite court en corniche sur les  hautes falaises variant de rouge à vert, en passant par gris à beige là se trouvent les niveaux fossilifères ayant livré les dinosaures. Au pied des falaises,  la mer semble tranquille, il y a de belles plages désertes. Personne sur la plage de Caniçal, les aménagements se limitent à une poubelle et deux pancartes, prévenant en 4 langues que la baignade n’est pas surveillée, et avertissant : « chutes de pierres ». Je parcours avec délice le sable vierge avec aussi un pincement d’appréhension : je ne sais pas si la mer monte ou descend. Le sable sec n’existe pas. Au fond de la plage j’ai peur d’être prise dans un piège. Je ne m’attarde pas.

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Un peu plus au nord, il y a un petit fort carré et en dessous quelques barques. C’est la plage de Paimogo d’où viennent les œufs de dinosaures.

Fin de la route.

Plage d'Areia Branca
Plage d’Areia Branca

Retour à Praia de Areia Branca. Nous nous attablons à la première terrasse pour déjeuner ; Tables et chaises jaunes, protégées du vent par des cloisons de verre. Plat du jour : escalopes aux champignons et à la crème (6.5€). Au pied de la terrasse, une promenade piétonnière avec des douches et des bancs. Sur la plage, les tentes sont carrées, en toile rayée, comme en Normandie. Drapeau jaune. Les baigneurs les plus intrépides se tiennent debout alignés et attendent que la vague les mouille. Au bout de la digue, je découvre une très longue plage avec quelques tentes et quelques parasols (cela se dit chapeu). J’aimerais aller plus loin sur cette plage déserte au sable fin et tiède. Au lion, se profilent encore des falaises.

Peniché : les rochers étrange de Ca
Peniché : les rochers étrange de Carvoeiro

Retour par Peniche. A l’entrée de la ville, on goudronne le rond point, provoquant un embouteillage monstrueux. Que sommes-nous faire ici ? Finalement c’est notre tour et nous poursuivons sur Carvoeiro qui est un curieux affleurement de calcaire gris aux strates horizontales et fines que l’érosion a attaquées dégageant des empilements pittoresques. Au bout du cap se tient un petit phare métallique rouge. Sur l’autre côté, les figures d’érosion sont différentes : lapiaz ? Un GR est tracé, des poissons de bois jaunes signalent les descentes à la mer pour les pêcheurs.

De Peniche, nous apercevons la marina (porto de diversion). Nous cherchons le port de pêche ! Nous nous perdons et râlons, énervées parce que l’embouteillage nous a contrariées. C’est dommage parce que nous ne profitons pas de la découverte de quartiers de pêcheurs aux maisons modestes (pêcheurs ou conserveries). Les gens sont encore habillés de façon traditionnelle, ls dames tout en noir avec leur fichus et leurs grosses lunettes. On finit par retrouver le rond point, entre temps la police a mis en place une déviation : nous découvrons un peu tard le port de pêche derrière des grillages. Il y a de gros bateaux, un grand bâtiment peut être la criée. C’est vraiment un gros port plus grand que celui du Guilvinec que nous avons visité récemment.

La plage de Nazaré vue de Sitio
La plage de Nazaré vue de Sitio

Une voie rapide nous conduit à Nazaré (2.1€ péage). Le temps est couvert, il fait très frais. Après les courses nous suivons la flèche marron portant des jumelles « sitio », imaginant un point de vue (à cause des jumelles). Le quartier est pavé. Les maisons sont anciennes. Il y a de nombreux restaurants de coquillages. Sur une petite place les arènes sont blanches peintes aux couleurs espagnoles rouge et jaune. La prochaine corrida est le 25 juillet mais la porte est ouverte. On jette un coup d’œil à l’arène bien ratissée. Les corridas portugaises sont plus sympathiques parce qu’on ne met pas à mort le taureau.

On se gare entre le théâtre et l’hôpital. Le théâtre est surmonté d’un macaron avec masque et trompette/ l’hôpital est une bâtisse blanche fin 19ème . On accède à la grande place en passant le long de la grande église perchée sur un haut perron arrondi construite de belles pierres roses et blanches. Au milieu de la place, le kiosque à musique est peint en jaune, accompagné de quelques palmiers. De nombreuse boutiques proposent des souvenirs bon marché : torchons aux motifs stéréotypés de coqs portugais, tabliers rouge ou verts… les marchandises les plus originales  sont de belles vestes tricotées mail, grises ou beiges, des ponchos aux aiguilles ou au crochet, des petites capes courtes en côtes anglaises.

la vendeuse de fruits secs
la vendeuse de fruits secs

Le dernier côté de la place est le Minadouro point de vue dominant la plage/ Des marchandes de fruits secs, de lupins et d’arachides salées sont habillées en costume traditionnel la jupe courte est gonflée par plusieurs jupons, un foulard à carreaux est noué en turban sur la tête ; Elles attirent les passant en chantant et dansant. Un autre mirador est installé plus haut à l’arrivée de l’ascenseur qui est un funiculaire reliant la plage au Sitio. On surplombe les tentes carrées alignées deux par deux, le sable d’or et l’eau transparente. On voit au fond, le port. Il est loin, le temps où les barques étaient hissées sur le sable, tirées par des bœufs. De vieilles cartes postales témoignent de ces anciennes pratiques.

Plus bas, sur une petite avancée ; le phare de Nazaré est construit sur un petit fort de pierres aux murs de beaux moellons aux arêtes aiguës. Pour 1€, le phare se visite. Musée très petit mais très bien fait ! Des panneaux racontent les guerres napoléoniennes. En 1808 les troupes françaises attaquèrent  le fort défendu conjointement par les Portugais et les Anglais de Wellington. Les panneaux racontent également les « guerres libérales » opposant libéraux et absolutistes dans les années 1840. La salle suivante est dédiée à un curieux phénomène : les vagues géantes de Nazaré et le Canyon sous-marin de Nazaré. On essaie de répondre à cette question : pourquoi de si grandes vagues jusqu’à 30m de hauteur à Nazaré ? D’autres panneaux racontent l’origine du sable sur les larges plages et tracent les courants marins alimentant en sable le rivage.

 

canyon vague

Un audiovisuel montre les exploits d’un champion de surf.

A la sortie du phare, je découvre la belle plage du Nord. Comment y accéder?Peut être en traversant la pinède. En face de la route de Fanhais il y a une route mais elle se transforme en piste qui tortille dans la pinède.

J14 – Fuerteventura – Playitas et randonnée avec les chèvres

CANARIES 2015 

Playitas
Playitas

Playitas

Pour notre dernier jour canarien, nous avons envie de plage et rejoignons Gran Tarajal, annoncé par une zone industrielle, un port et des urbanizations, nous le dépassons pour continuer vers Playitas. La présence du golf, m’irrite encore (dans cette île sans eau). Nous aurions eu bien tort de nous laisser dissuader. Hôtels et appartements se font discrets, bungalows sous une palmeraie en bord de mer, immeubles adossés à la colline.

Dépassant les installations balnéaires, nous découvrons un charmant village : maisons blanches soulignées de bleu, volets verts. Une maison toute bleue, et une autre, jaune, font contraste avec les murs blancs éblouissants. La petite croisette le long de l’eau est dallée, plantée de quelques palmiers, d’un tamaris et de succulentes en pot. Les bancs sont généreusement disposés pour les promeneurs. On y prend l’apéro : aloès canarien. Je pars explorer la plage de sable noir pour marcher une dernière fois dans l’écume. Personne sur les lits de plage. Deux couples se baignent. Misère ! Il y a une sono d’enfer ! En Grèce sévit aussi cette manie de sonoriser les plages.

Comme nous sommes très bien sur notre banc au soleil, nous décidons de prolonger la pause par le piquenique (salade d’artichauts en boîte, œuf dur et thon). Café à la terrasse du restaurant bleu La Rampa il y en a second peint en vert, plus à l’ombre mais complet. Au bout de la promenade, se trouve un port minuscule, 3 barques sont hissées dans la rue. Un pêcheur à la ligne lance son hameçon. Une statue de pierre représente un pêcheur et son fils assis.

Faro de la Entallada

Faro de la Entallada
Faro de la Entallada

Un écriteau prévient que la route qui y conduit est étroite. Le ruban de goudron est perché sans accotement, sur le vide de chaque côté. Le phare coiffe un petit sommet. Flanquée de deux ailes basses, la tour carrée fait penser à un château fort. Il se voit de très loin, l’arrivée est impressionnante. Le vent est si fort que je n’ose pas rejoindre le petit mirador accessible par une passerelle de bois, j’ai l’impression de m’envoler.

Tiscamanita.

Le Moulin de Tefia
Le Moulin de Tefia

Pour rester sur l’excellente impression de Playitas, nous préférons finir la journée dans l’intérieur et voir le Centre d’Interprétation des Moulins de Tiscamanita. Un seul moulin. En cherchant à nous garer, je croise le sentir de randonnée 7.5km pour La Vega de las Palmas, 4 km pour Morro, la petite montagne, une rando de montagne dont j’aurais rêvé si nous disposions d’une journée entière ! Je pars avec ma montre 30 minutes dans un sens, 30 dans l’autre. Le sentier est très bien entretenu, balises verte et blanches sur la route et la piste, rangée de cailloux de chaque côté du sentier rouge de terre douce à mes pieds. Au bas de la montagne, un petit abri avec deux tables à pique-nique attend les randonneurs. Ensuite le sentier grimpe tout droit selon la plus grande pente je n’arriverai pas au sommet au bout des 30mn et redescendrai sans voir la vallée de Vega de Los Palmas.

promenade avec des chèvres
promenade avec des chèvres

 

Je croise le troupeau de chèvre qui rentre seul.  Enfin, pas tout à fait, deux grands rapaces au ventre blanc, planent au dessus d’eux. Le berger n’est pas loin non plus. Il se déplace dans un camion bleu et émet toutes sortes de sifflements et cris pour guider les chèvres qui ont l’air de comprendre et apparemment obéissent.  Le chien suit le véhicule en courant derrière, stoppe quand il s’arrête, ne lâche pas le berger d’un pas. Les bêtes se débrouillent sans lui. Les chiens de Fuerteventura se ressemblent tous. Il en existe 2 sortes : les noirs et fauves trapus ressemblant un peu aux Labradors, les jaunes à hautes pattes fines et museau pointu. Dans les cours, ils sont toujours enchaînés. En guise de niche on leur fournit les bobines de bois géantes des câbles électriques. Au grand soleil, ils trouvent de l’ombre en dessous, en cette saison fraîche, ils préfèrent se jucher sur le plancher en haut.

Eolienne
Eolienne

La vallée centrale où se trouve Antigua ,Agua de Bruyes et Tiscamanita est cultivée. Des éoliennes à pales métalliques pompent l’eau, les levées de terre gardent l’humidité. Ca et là on voit les champs ou des serres de tomates.

J12 Fuerteventura – El Cotillo – Musée des Pêcheurs – plages

CANARIES 2015

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El Cotillo

15h , heure du déjeuner des Espagnols, temps pour nous d’aller voir la mer, direction el Cotillo, extrémité nord-ouest de l’île. Nous nous proposons de visiter le Musée des Pêcheurs installé dans le Faro de Toston. Nous passons sans nous arrêter devant la Cueva del Llano : tube volcanique où vit une araignée endémique.

El Cotillo

C’est une station balnéaire spécialisée dans le Surf, partout des agences, des boutiques y faisant référence. L’urbanisation est assez anarchique. Des maisons modestes côtoient de véritables palais à colonnes et fronton jaune, des galeries marchandes pharaoniques, et des villas contemporaines de béton blanc se dressent n’importe où ? Des lotissements pas encore construits disposent déjà de la voirie : larges avenues bordées de hauts lampadaires, mais pas asphaltées. Des sens interdit, des sens obligatoires nous baladent de rue en piste avant de nous renvoyer à 2 ou 3km du village.

Phare rouge et blanc, double phare : un grand, fonctionnel et un petit. Par beau temps on peut y monter mais pas aujourd’hui avec le vent ; Le prix du billet est réduit (1.5€) donne droit seulement à la visite du Musée des Pêcheurs : 3salles occupées par de nombreux panneaux (en Espagnol uniquement). Quelques photos anciennes, surtout du texte, très peu d’objets. La muséographie est désuète et peu élaborée. Le propos est intéressant : la vie des pêcheurs dans les années 1960, quand 60% de la population se consacrait à la Pêche avant le développement du Tourisme. Ces pêcheurs étaient « transhumants » pêchant sur la côte ouest agitée mais plus poissonneuse et sur la côte est plus calme. Ils pratiquaient aussi le cabotage le long de la « Costa » qui était celle de l’Afrique. Jusque dans les années 60 les barques étaient grées à la voile latine et n’avaient pas de moteur. Les garçons naviguaient avant l’âge de 10 ans . « L’école était en mer »  disait-on.

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Les femmes tenaient les comptes du ménage. Une certaine pêche de nuit secrète n’entrait pas dans l’économie familiale. Elles fournissaient les appâts qu’elles ramassaient à pied. Les coquillages étaient conservés dans du vinaigre à l’escabèche dans des bouteilles de verre.

A l’époque, cinq conserveries de poisson tournaient sur l’île. Le poisson était également conservé dans le sel. Tout  a changé avec la congélation.

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Le ciel s’est enfin dégagé. Il est maintenant très agréable de se promener le long des petites baies découpées dans les rochers. Anses tranquilles d’eau turquoise avec du sable blanc alors qu’au large de grosse vagues déferlent dans une écume mousseuse. Les Kite-surfeurs profitent de baies calmes et du grand vent. Certains glissent à grande vitesse. Les plus expérimentés s’envolent. Je marche, tantôt sur le sable tantôt dans les rochers.

A retour, le plan de circulation dément d’El Cotillo nous égare. Nous sommes forcées de brancher le GPS. Nous passons devant une tour ronde El Toston au dessus d’un petit port Roque abrité derrière une haute digue. Les terrasses des bars et des restaurants sont alignés devant le port mais il est trop tard pour s’y arrêter.

Fuerteventura mardi

Grâce au GPS, nous trouvons un très joli raccourci par Tetir et la montagne au coucher du soleil.

 

J11 Fuerteventura – Pointe de Jandia

CANARIES 2015

 

Puertito de la Cruz
Puertito de la Cruz

FV-2 La route vers le sud

Fuerteventura est vraiment une très grande île. On s’en rend compte en poussant jusqu’à l’extrémité sud : 85 km sur la FV-2 qui passe par l’aéroport, les stations touristique de Caleta de Fuste, Costa Calma et Morro Jable, grande route large et moderne avec des tronçons d’autoroute pour les touristes pressés.

Le rond point de Caleta de Fuste est orné d’une statue de golfeur. Les constructions ont envahi les proches collines tandis que le golf vert occupe la plaine. Ce golf vert sur l’île désertique est une offense au bon sens et à la nature. Les ressources en eau sont si limitées que chaque arbre, chaque jardin semble un miracle. Ici, on a essayé de briser le vent en plantant une rangée de casuarinas, bien dépenaillés, à moitié desséchés, incapables de remplir leur office. Là, un caroubier a son feuillage tout ramassé au lieu de s’étaler avec  le port caractéristique de l’espèce. Un olivier penche désespérément sous le vent, la moitié de l’arbre est desséché. On cultive des jardinets dans des boites j’en ai vu un dans un container de bateau. Et à Caleta de Fuste, on gaspille en arrosant l’herbe verte.

Après Caleta de Fuste la FV-2 entre dans les terres. On ne retrouvera l’océan qu’à Lajita. Nous sommes déjà passées samedi en allant à Pozo negro, je reconnais la coulée, Malpais. Lajita est une sorte d’oasis. Un jardin tropical a été implanté qui déborde sur la route bordée de massifs de géraniums fleuris, masque les constructions avec les bougainvillées, les palmiers. « Oasis Park » est un parc d’attraction – cher – avec des balades à dromadaire, un zoo…destiné aux familles avec enfants. Nous ne le visitons pas.

En bordure du Parc Naturel El Jable on a construit la station balnéaire de Costa Calma, je m’attendais à une horreur comme Caleta de Fuste. Délicieuse surprise ! la route est encadrée par d’épaisses rangées de palmiers ombrageant des jardins, une piste cyclable, masquant les constructions (et les protégeant des nuisances de la grande route). Les feux actionnés par les nombreux piétons sont tous au rouge mais nous ne voyons pas les « nappes d’immeubles » annoncés par les guides. La pression touristique est plutôt perceptible dans les chantiers des infrastructures : on construit un aéroport.

A la sortie de Costa Calma, le relief s’adoucit, le sable – venu d’où ? – s’accumule en grandes dunes parfois couvertes de buissons. On imagine les grandes plages de sable blanc invisibles de la route. A la sortie des dunes, une autoroute relie Morro Jable, station très chic sur les contreforts du massif de Jandia, lui aussi parc naturel culminant à 807m. A Morro Jable la route est bordée de boutiques de luxe d’un côté, de l’autre une corniche borde une zone verte qui isole la plage quelques centaines de m plus loin. Arrêt à l’Office de Tourisme : on m’offre gracieusement deux cartes des sentiers piétonniers de Fuerteventura mais on me prévient que pour le Phare de Jandia, la piste est réservée aux 4×4, sinon on peut prendre l’autobus.

La piste

Plage Salinas
Plage Salinas

Nous avons fait 100km pour nous arrêter là ?

Nous tentons l’aventure : sur la piste se trouvent de nombreuses voitures légères et relativement peu de 4×4. La piste de terre est bien entretenue, très large et lisse. Aucune autre raison de ne pas essayer !  Il y a toujours le risque de crevaison. Des nuages sont accrochés à la montagne formant un brouillard très mouillant du côté passager ( je remonte la vitre) tandis que le ciel au dessus de la mer est très bleu, la fenêtre du conducteur reste ouverte. L’humidité (ou la pluie de cette nuit) a détrempé la piste qui devient très glissante ; chaque tour de roue projette de la boue jusqu’au toit de la voiture ; Les cyclistes que nous croisons en sont couverts. 16km de piste jusqu’au Phare, dans quel état allons nous arriver ? Les arrêts-photos sont problématiques. Il y a bien des emplacements de parkings mais la pluie et le vent infernal n’incitent pas à sortir. Le paysage le mérite pourtant ! L’humidité a permis à des milliers de fleurs de faire un tapis coloré sur l’austère montagne volcanique. Ancien volcan basaltique dont on distingue l’empilement des coulées noires alternant avec des niveaux plus colorés, des scories oxydées rouges, des niveaux de cendres clairs. De minuscules giroflées forment des nappes violettes, les moutardes, des jaunes.  La piste s’assèche. Les sommets moins hauts n’accrochent plus les nuages balayés à grande vitesse par le vent. Un village est précédé d’une éolienne moderne. Un peu plus loin, la silhouette du phare se détache sur la mer.

la piste et les nuages accrochés
la piste et les nuages accrochés

Il faut s’emmitoufler, zipper la fermeture éclair jusqu’en haut, relever la capuche, enrouler l’écharpe. Le Centre d’Interprétation est fermé le dimanche et le lundi. Pas de chance ! Protégée par une grande baie aux eaux turquoises est encadrée de crêtes découpées. Ciel bleu. Pas une vague, un calme surprenant. Tous les touristes posent pour une photo inoubliable.

pointe de Jandia : côté abrité : turquoise
pointe de Jandia : côté abrité : turquoise

Promenade à l’extrémité de la pointe du côté venté.  Les vagues hérissent l’océan bleu marine très foncé contraste saisissant. Les rochers sont criblés de cœurs de pierre. Souvent les visiteurs pour marquer leur passage empilent les cailloux pour construire un cairn. Ici on dessine un cœur avec ses initiales dedans. Certains poussent le raffinement jusqu’à prendre des patelles ou du verre de bouteille pour colorer leur composition. Je marche sur les cœurs.

Apéro coréen au pied du phare.

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J’ai trouvé à Hiperdino de Morro Jable une petite bouteille carrée très jolie d’une boisson à l’Aloé vera. A Lanzarote et à Fuerteventura il y a partout des boutiques « Musées de l’aloès » vantant les cultures biologiques des îles. Je croyais donc consommer de l’Aloès canarien. J’ouvre le flacon. Impression étrange, il y a à boire et à manger. Il faut secouer pour mélanger la pulpe. Le goût est étrange, agréable, original, raffiné. J’examine l’étiquette. La boisson vient de Corée ce qui explique son prix relativement élevé (1.75€ pour 33cl).

 

 

 

Le village de Puertito de la Cruz

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Côté face à la route : un grand restaurant (4×4 et voitures garées) côté pile des ruelles étroites entre des maisons basses chaulées de blanc aux portes métalliques vertes. Le village est petit. Une placette face à la mer (côté tranquille turquoise) fleurie d’une rangée d’aloès fleuris rouge. C’est là que nous déjeunons. Un peu plus loin, une dame récure son plat à paella. Un pêcheur passe, il ouvre sa petite maison au bout de l’allée qui donne directement sur la plage à laquelle on accède par des marches taillées dans la coulée. Impression d’avoir découvert un secret bien gardé de Fuertentura.

De la piste principale, une piste descend à la plage de Salinas. Pas de trace de saline mais une petite plage tranquille ; Une sorte de ciment naturel (caliche ?) a aggloméré le sable clair à des galets noirs. Il en résulte une sorte de mosaïque naturelle.

Plage Barlovento
Plage Barlovento

Comme la voiture se comporte très bien, nous nous enhardissons à prendre la piste de Cofete de l’autre côté de la pointe où deux plages Playa de Barlovento et Playa de Cofete sont sur notre carte. Plages de sable immenses. On franchit la Montagne de Jandia par un petit col. Au mirador, le vent est infernal mais le panorama magnifique sur les deux plages battues par les rouleaux dans un nuage d’embruns. La piste descend en lacets serrés. Mieux vaut ne pas tenter le diable. Nous rebroussons chemin.

Au retour : les plages du sud

 

A l’entrée de Morro Jable , juste après le port où 2 ferries sont à quai, un bateau Armas et un catamaran Olsen, après les hôtels nous trouvons un parking attenant à la plage. Grand soleil, pas de vent, pas une ride sur l’eau turquoise. 24°C dans l’air, eau tiède, pavillon bleu, il y a quelques baigneurs. Le sable est blanc, d’une grande finesse et très propre. La plage est équipée de lits et parasols, tous beiges, très discrets, tous vides en cette saison. Nombreux sont ceux qui marchent les pieds dans l’eau, mais en maillot de bain, je remonte le pantacourt au dessus des genoux.

Risco del Paso est une très belle plage sauvage à mi-chemin entre Morro Jable et Costa Calma dans le Parc El Jable. Kite-surf, planches à voile  se partagent la plage Sotavento . Plage sauvage mais surveillée. Drapeau jaune, le sauveteur guette, personne ne se risque à l’eau en dehors des surfeurs et des véliplanchistes. Le vent soulève des aiguilles de sable qui cinglent mes jambes.

Planche à voile et Kite
Planche à voile et Kite à Risco el Paso

Un peu avant Lajita, un panneau représentant un appareil photo nous fait quitter la voie rapide. Le point de vue est au restaurant Mirador de Sotavento. Une terrasse, demi-patio, fleuri d’aloès jaunes, de poinsettias meublés des lourds meubles espagnols en bois sombre, des banquettes ajourées, des tables aux pieds tournés. Le service est très aimable. « Vous venez pour dîner ou boire un verre ? ». Diner ? Il est 18h15. Peut être les scandinaves ou les allemands. Je m’installe pour dessiner le panorama. La carte est alléchante : poissons et paella. Une très bonne adresse.

Retour par la route principale sous une très belle lumière ; Fuerteventura est vraiment l’île rouge ! la nuit tombe quand nous arrivons à Caleta de Fuste. Arrêt à Mercadona, le supermarché est très décevant, il n’y a pas d’oranges, peu de légumes. Nous achetons du poisson des côtes de porc marinées et une barquette de carottes.

 

La pointe de Jandia et les plages du sud
La pointe de Jandia et les plages du sud

Arzachena : Tempio di Malachittu – plages Canagionne – Le Saline

CARNET SARDE

 

le Temple de Malachittu
le Temple de Malachittu

 

Tempio di Malachittu

Le Temple de Malachittu est situé sur un terrain privé. La visite se fait accompagné deux fois par jours à 9h125 et 17h45 et dure approximativement deux heures

La promenade est très jolie. On suit une allée poudreuse à l’ombre des oliviers menant à un agriturismo ravissant. Après avoir ouvert et refermé deux portillons de bois, on a grimpé dans la colline sur un chemin. Un gros rocher biscornu coiffe son sommet. Le temple se trouve juste derrière. On doit donc le contourner.

le temple se cache derrrière le gros rocher
le temple se cache derrrière le gros rocher

Construit à l’époque nuragique, il se trouvait à proximité d’un village dont on n’a retrouvé qu’une seule cabane circulaire. Ses habitants  occupaient aussi des grottes dans les cavités du rocher de granite évidé. Un nuraghe construit sur le rocher sommital s’est écroulé à la fin de l’âge de Bronze. Il surveillait les terres cultivables aux alentours ; Le contrôle des terres était important dans cette civilisation agricole. Après la chute du nuraghe, le village fut abandonné.

Le petit temple est très bien conservé. Seule la toiture en bois a disparu.  L’atrium est délimité par deux murs bien visibles. L’entrée est surmontée d’un linteau avec une petite fenêtre de décharge. Une petite fenêtre oblique dans l’épais mur permet de contrôle les arrivées par le petit sentier.

Le temple à megaron est rectangulaire. Quelques grosses pierres servaient sans doute e banquette. Le foyer au centre dans un recttangle permettait de cuire les offrandes. L’absence de texte écrits fait qu’on ne sait que fort peu de chose sur le culte.

Le retour est une descente dans les rochers, presque de l’escalade. La vue est magnifique sur les chaos granitiques.

caverne habitée dès l'époque nuragique
caverne habitée dès l’époque nuragique

Le reste de notre dernière journée en Sardaigne est prévue à la plage. Nous avons repéré un restaurant Le Lampara à Canegionne qui sert des pizzas sur la plage sur des tables de plastique sous des parasols. 3€ la demi pizza et des glaces.

La plage est fréquentée par des habitués. Les enfants jouent dans l’eau peu profonde. Je nage encore à côté des bouées dans l’eau profonde tranquille. La baie d’Arzachena est longue et échancrée, donc bien abritée. En revanche l’eau est très fraîche. A plusieurs reprises je dois sortir pour me sécher et me réchauffer.

Le Saline
Le Saline

Fin de l’après midi à la plage delle Saline , longue plage avec un petit marais à l’arrière.

Retour  tôt pour faire les valises. Les consignes de sécurités pour les bagages en cabine et le prix exorbitant de la valise en soute sur Easyjet font de l’opération un casse-tête. On laisse à regrets le beau parasol jaune, cadeau des Tchèques, le pare-soleil en alu bleu qui aurait bien convenu à la 207 bleue ainsi que toute sortes de choses.

 

 

 

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Un après midi à la plage : plages de Pallau et d’Arzachena

CARNET SARDE 

 

Capo del Orso
Capo del Orso

Vers 15h nous abordons la partie balnéaire de la journée : l’exploration des plages de Palau réputée  pour ses côtes magnifiques en face des îles de la Madeleine. Nous allons rendre visite à l’Ours du Cap de l’Ours, rocher énorme connu depuis l’Antiquité comme amer pour les marins et cité par Ptolémée.

Pour la baignade, premier essai à Cala Capra toute petite crique au pied de l’Ours. Une route très soignée serpente dans une résidence très chic avec des parkings ombragés et numérotés, des massifs de bougainvilliers et des palmiers cachant les villas invisibles. Au bord de l’eau, un gardien de parking très stylé aux allures de majordome ou de réceptionniste de palace, nous fait comprendre très poliment qu’il est impossible de garer la voiture. Calme et volupté sur le bord de la petite plage (bien peuplée) parasols tous pareils et bambins pataugeant dans l’eau limpide.

Porto Mannu : on traverse une nouvelle résidence (un peu moins chic ?) pour aboutir à un vaste parking. Coup de chance : une famille remballe son matériel et libère un emplacement. Une allée conduit à la plage  50m plus loin. La plage est partagée en deux, à droite parasols bleu marines, lits alignés pelouse verte et beaucoup d’enfants, à gauche une plage moins aménagée avec quelques rochers, des tamaris, des parasols multicolores et sièges de plage, aimable désordre. La baie est bien abritée par la Punta Bianca et le Golfo del Saline et en face les îles de la Madeleine. Le vent lève quelques rides à la surface de l’eau, rien de méchant. De très gros yachts sont à proximité. Comme d’habitude, je longe les bouées parallèlement à la plage éprouvant le grand plaisir d’être assez loin de la foule, de nager seule mais dans un espace sécurisé. Je croise deux jeunes sur un matelas pneumatiques et un homme d’un certain âge. C’et tout ! Je regarde le paysage, les rochers de granite sans me lasser. Les jolies villas au toit de tuiles brunes presque plats s’intègrent dans la colline sans que rien ne dépasse si ce n’est la touffe d’un palmier ou la tache violine d’un bougainvillier trop vif. Ces villas, bien construites, pas choquantes, jolies mais bien présentes m’agacent. Quand nous les avons traversées j’ai remarqué les poubelles du tri. Parce qu’on trie beaucoup en Sardaigne. C’est même une véritable obsession. Partout sont alignés les containers en plastique multicolore, jaune papier, vert le verre, bleu les plastiques, grise alu, brune….Il faut un mode d’emploi que personne ne nous a donné. Ploucs, nous ne savons que faire des reliefs du pique-nique ni des pelures d’oranges du petit dèj. Il faudrait les sacs spéciaux  biodégradables pour « umido », les ordures organiques. Nous utilisons les sacs des légumes des supermarchés. Nous avons tout faux ! Tandis qu’ici chez les riches, on trie au risque de voir les poubelles dépasser. On brûle du carburant dans les Porsche Cayenne ou les grosses Mercedes, mais on trie ! On a la clim, mais on trie ! On bétonne écolo. Je ressasse ces pensées en nageant.

 

Nous cherchons d’autres plages. Plusieurs criques minuscules sur le bord du Golfo del le Saline. Des voitures stationnent sur les deux côtés de la petite route. Chaque fois qu’il est possible de descendre , une famille a planté son parasol, un pêcheur ses cannes. Le vent souffle. Il fait un peu frais après mes exploits de tout à l’heure.

On arrive à Cannegione qui dépend d’Arzachena : longue plage plate, restaurants lettini, vraiment beaucoup de monde. Peut être simplement parce que c’est dimanche 17h. Peut être lundi ce sera désert. Retour par la montagne parsemée de rochers granitiques, parcours très pittoresque sous la belle lumière de la fin de la journée.

route d’Ossi à Arzachena par la côte de Gallura

CARNET SARDE 

 

Isola Rossa
Isola Rossa

 

Nous quittons notre studio et la place du Centro Storico d’Ossi sans la moindre nostalgie. Nous nous sentions enfermées dans ce rez de chaussée. Les premiers jours j’avais sorti ma chaise sur le seuil de la porte pour écrire et observer l’animation de la place devant le bar ornée de drapeaux italien et de la Communauté Européenne qui s’est avéré être le siège local du parti démocratique. Tous  entrent, sortent, fument ou simplement prennent le frais sur le banc de bois encadré par deux jardinières géantes carrées. Au début,  nous les avions trouvés sympathiques. Dès que nous n’avons plus trouvé de place pour la voiture, l’ambiance a tourné au vinaigre. Personne n’a compris notre insistance à se garer devant la maison. De plus, notre Golf est grande, peu maniable. Plusieurs FIAT 600 ou de petites Kia ne bloquent pas le carrefour même si elles sont déposées au milieu, pas notre monument !

Nous suivons le circuit de l’extrême nord (Guide Vert p.258) Isola Rossa à Arzachena environ 110km.

Isola Rossa, rochers rouges
Isola Rossa, rochers rouges

Pour parvenir à Isola Rossa, le GPS nous a fait prendre la direction d’Oristano, puis celle d’Ozieri passant devant la grande Saccargia et son campanile si grand qu’il est presque disproportionné, enfin la route de Tempio Pausanas traversant des collines cultivées de grands champs de céréales aux chaumes paille. Les arbres isolés sont déformés par le vent. Les sommets sont plantés de chênes-lièges. Nous passons près d’un nuraghe sans nous arrêter, blasées de tours, nuraghes ou tours espagnole…Une chaîne de sommets bizarres barre l’horizon, portant la tour carrée de Casteldoria. Descendons sur Santa Maria Coghinas qui a une jolie église ancienne et une neuve originale mais laide.

Isola Rossa est une jolie station balnéaire encastrée dans des rochers roses avec une tour aragonaise. Une crique à l’eau transparente me tenterait bien si je n’avais résolu de visiter Saint Therèse de Gallura « un amour de station balnéaire » selon un de nos guides. Je me baignerai plus tard. Sainte Thérèse est bien embouteillée ce dernier samedi de juillet. Il y a partout touristes et estivants ce qui nous dissuade d’entrer dans la ville.

Capo Testa

Capo Testa
Capo Testa

Nous préférons visiter le Capo Testa, presqu’île faisant face aux Bouches de Bonifacio reliée à la ville par une sorte de tombolo séparant deux plages magnifiques mais très fréquentées. Le Capo Testa  est sillonné de chemins pédestres que nous négligeons faute de temps et dans la chaleur de midi,  pour poursuivre jusqu’au phare. Enfin, nous nous autorisons une pause et une promenade dans les rochers spectaculaires où l’érosion a sculpté des volumes étranges. Des cavités régulières ont été évidées. Certains rochers rappellent des têtes monstrueuses. On imagine des profils humains, des animaux. Je photographie un pingouin géant. Chaque fois le granite se détache sur le bleu profond du large ou sur une crique turquoise. C’est un enchantement.  Il y a du monde, l’accès à l’eau est difficile, la chaleur écrasante. Rien n’y fait. Je suis conquise.

Pingouin de pierre!
Pingouin de pierre!

Par hasard, nous nous installons sur la plage de Santa Reparata : sables et rochers, eau transparente mais un peu agitée.

Le circuit propose d’autres visites. Cherchant Portobello, nous parcourons une petite route pour la trouver barrée d’un portail « resort ».  Privé ! On ne passe pas. Mêm scénario un peu plus loin à Val Erica . C’est agaçant de faire des détours pour rien. Frustrant. Le littoral a-t-il été entièrement privatisé ? Heureusement non. La troisième tentative est la bonne sur une route très étroite, très tortueuse, à travers le maquis touffu vers la Plage de Liscia. Nous trouvons une plage occupée par les véliplanchistes. Le vent souffle fort. La surface de l’eau est hérissée de vaguelettes. Un peu plus loin, une très longue plage de sable borde la baie arrondie. Quatre énormes yachts attendent. J’essaie de nager le long de la ligne de bouée qui protège les nageurs des incursions des planches et des bateaux.  Je nage vigoureusement pour…faire du surplace. Je croyais arriver à la tour de guet du maître-nageur et je suis toujours devant le petit tas formé par mes tongs et ma robe de plage. Impossible de nager contre le vent. Je marche dans l’eau qui m’arrive jusqu’à la poitrine jusqu’au bout de la plage. Pour rentrer le courant me porte sans effort.

Le maquis, sur le substrat granitique n’est plus composé des mêmes espèces. Les lentisques sont plus rares et moins hauts. Les espèces dominantes sont les hautes bruyères, les arbousiers et les cistes desséchés.

 

nager à contrec-courant?
nager à contre-courant?

Palau , port des îles de la Madeleine, est annoncé par un très gros rond-point, une petite zone commerciale et de nombreux supermarchés. La ville est très jolie avec ses maisons basses et ses boutiques. Accueil parfait et francophone à l’office de tourisme qui m’offre de nombreuse cartes et dépliants sur les plages et les sites archéologiques.

La route d’Olbia ,t la S125 que nous avons prise pour Orosei, relie tout droit Palau à Arzachena qu’elle traverse sous le nom de Via Costa Smeralda où se trouve le Citty Hotel réservé par Booking.com (*** 70€/nuit). C’est un grand bâtiment de briques rouges, sans grâce, carré, un peu vieillot. Les chambres ne sont pas dignes d’un 3* : pas de frigo, une climatisation bruyante et pas efficace, peu de rangements.  En revanche, la présence d’un parking, la belle piscine ont du faire la différence. La décoration blanche à bordure bleue avec de grandes bandes fleuries brodées au point de croix et les tapis sardes bleus assortis, est de très bon goût. L’accueil est familial et chaleureux. On découvrira au petit déjeuner que la clientèle est également familiale et simple. Pas de chichis. Pas de restaurant non plus. Le bar vend de l’épicerie, du jambon des boîtes de thon si l’envie nous prenait d’un sandwich. Arzachena est une petite ville très commerçante, nous trouverons le nécessaire dans les nombreux supermarchés.

Après midi à la plage : les plages de Palau et d’Arzachena

CARNET SARDE 

 

le rocher de l'ours
le rocher de l’ours

Vers 15h nous abordons la partie balnéaire de la journée : l’exploration des plages de Palau réputée  pour ses côtes magnifiques en face des îles de la Madeleine. Nous allons rendre visite à l’Ours du Cap de l’Ours, rocher énorme connu depuis l’Antiquité comme amer pour les marins et cité par Ptolémée.

Pour la baignade, premier essai à Cala Capra toute petite crique au pied de l’Ours. Une route très soignée serpente dans une résidence très chic avec des parkings ombragés et numérotés, des massifs de bougainvilliers et des palmiers cachant les villas invisibles. Au bord de l’eau, un gardien de parking très stylé aux allures de majordome ou de réceptionniste de palace, nous fait comprendre très poliment qu’il est impossible de garer la voiture. Calme et volupté sur le bord de la petite plage (bien peuplée) parasols tous pareils et bambins pataugeant dans l’eau limpide.

Porto Mannu : on traverse une nouvelle résidence (un peu moins chic ?) pour aboutir à un vaste parking. Coup de chance : une famille remballe son matériel et libère un emplacement. Une allée conduit à la plage  50m plus loin. La plage est partagée en deux, à droite parasols bleu marines, lits alignés pelouse verte et beaucoup d’enfants, à gauche une plage moins aménagée avec quelques rochers, des tamaris, des parasols multicolores et sièges de plage, aimable désordre. La baie est bien abritée par la Punta Bianca et le Golfo del Saline et en face les îles de la Madeleine. Le vent lève quelques rides à la surface de l’eau, rien de méchant. De très gros yachts sont à proximité. Comme d’habitude, je longe les bouées parallèlement à la plage éprouvant le grand plaisir d’être assez loin de la foule, de nager seule mais dans un espace sécurisé. Je croise deux jeunes sur un matelas pneumatiques et un homme d’un certain âge. C’et tout ! Je regarde le paysage, les rochers de granite sans me lasser. Les jolies villas au toit de tuiles brunes presque plats s’intègrent dans la colline sans que rien ne dépasse si ce n’est la touffe d’un palmier ou la tache violine d’un bougainvillier trop vif. Ces villas, bien construites, pas choquantes, jolies mais bien présentes m’agacent. Quand nous les avons traversées j’ai remarqué les poubelles du tri. Parce qu’on trie beaucoup en Sardaigne. C’est même une véritable obsession. Partout sont alignés les containers en plastique multicolore, jaune papier, vert le verre, bleu les plastiques, grise alu, brune….Il faut un mode d’emploi que personne ne nous a donné. Ploucs, nous ne savons que faire des reliefs du pique-nique ni des pelures d’oranges du petit dèj. Il faudrait les sacs spéciaux  biodégradables pour « umido », les ordures organiques. Nous utilisons les sacs des légumes des supermarchés. Nous avons tout faux ! Tandis qu’ici chez les riches, on trie au risque de voir les poubelles dépasser. On brûle du carburant dans les Porsche Cayenne ou les grosses Mercedes, mais on trie ! On a la clim, mais on trie ! On bétonne écolo. Je ressasse ces pensées en nageant.

Porto Mannu, yachts et au fond les îles de la Madeleine
Porto Mannu, yachts et au fond les îles de la Madeleine

Nous cherchons d’autres plages. Plusieurs criques minuscules sur le bord du Golfo del le Saline. Des voitures stationnent sur les deux côtés de la petite route. Chaque fois qu’il est possible de descendre , une famille a planté son parasol, un pêcheur ses cannes. Le vent souffle. Il fait un peu frais après mes exploits de tout à l’heure.

On arrive à Cannegione qui dépend d’Arzachena : longue plage plate, restaurants lettini, vraiment beaucoup de monde. Peut être simplement parce que c’est dimanche 17h. Peut être lundi ce sera désert. Retour par la montagne parsemée de rochers granitiques, parcours très pittoresque sous la belle lumière de la fin de la journée.

sardaigne mp 112 - Copie

Castelsardo

CARNET SARDE 

castelsardo - Copie

Deux routes pour Castelsardo : l’une par Sorso et les vignes, l’autre le long de la côte et une très belle forêt de pins.

L’arrivée sur Castelsardo est spectaculaire le château-fort  couronne un éperon rocheux accompagné d’un très haut et mince campanile. Les maisons colorées se blottissent au flanc des collines en amphithéâtre au dessus du port de pêche. Le port s’insinue dans la terre par une étroite échancrure. Arrêt photo : des casiers sont posés sur le quai : Castelsardo a pour spécialité la langouste. La plage de Marina di Castelsardo juste au dessous du bourg est  en sable blanc entre des rochers de trachyte rouge, de l’eau transparente. Une petite buvette avec des chaises en plastique rouge.

 

Castelsardo vu du port
Castelsardo vu du port

Le château-fort a été restauré. Je recopie les indications d’un panneau :

«      –  1102 : la République de Gênes a donné Castelgenovese à la famille Doria

–          1297 : le Pape Boniface VIII a échangé la Sardaigne  à Aragon avec la Sicile. Les Doria n’ont pas voulu céder la place conquise avec de grands sacrifices.

–          Mariage entre Eleanor Arborea et Brancaleone Doria

–          1448 : conquête définitive par Aragon. Le château prend le nom de Casteslaragonese

–          1720 : transfert à la Maison de Savoie il devient Castelsardo.

Castelsardo, rampe et murs du château
Castelsardo, rampe et murs du château

Le château contient peu de témoignage de cette histoire glorieuse. Un musée de la vannerie occupe les très belles salles médiévales. Les plus belles pièces sont très bien mise en valeur : les paniers confectionnés par les bergers, utilisés par les paysans, les grands silos cylindriques tissés, les corbeilles pour faire le pain et pour tous les usages, les nasses pour les anguilles ou les langoustes. Les barques en roseaux des pêcheurs de Cabras sont exposées.

Nous déployons le magnifique parasol jaune offert par les Tchèques d’Orosei et nous installons sur les rochers rouges de Marina de Castelsardo pour un nouveau piquenique venant de chez le traiteur d’Auchan avec des  arancini (boulettes de riz aux pois et jambon) et des brochettes de « poisson » qui s’avère être du surimi.

sardaigne 280 - Copie

L’eau est merveilleuse de transparence et de calme. Je nage en parfaite sécurité et observe à loisir le décor : dans un sens les roches percées de grosses cavités rondes avec des cristaux et  inclusions de roches blanches et au retour je regarde la colline, le château, les maisons multicolores. On a porté un  soin particulier aux couleurs. Les façades sont presque toutes polychromes : l’intérieur des balcons est différent de la façade, parfois les murs changent de couleur selon l’étage. Le jaune domine souligné par du marron, vert sur beige, même bleu…Sur la corniche, se sont installées les terrasses  de nombreux restaurants aux enseignes blanches peintes de lettres rouges. C’est très gai.

15h30, on reprend la route pour refaire un arrêt sur la dune où je fais une bonne heure de marche le long de la plage de Marina di Sorso.