Le cairn de Barnenez

RETOUR A ROSCOFF(2014)

Cairn de Barnenez
Cairn de Barnenez

 

Appelé Panthéon mégalithique par Malraux, le cairn de Barnenez a bien failli disparaitre en 1955. Un entrepreneur avait acquis le terrain pour exploiter le cairn comme carrière. Le site est inscrit aux monuments historiques depuis un siècle, il n’était cependant pas classé. Quand les ouvriers ont atteint les chambres funéraires, ils ont hésité, en ont parlé dans un restaurant. Le bruit s’est répandu atteignant les oreilles d’un journaliste de Ouest-France. L’entrepreneur indélicat fut condamné à payer la restauration du site. Les archéologues commencèrent alors une campagne et fouillèrent les couloirs. Quelques rares objets donnèrent des datations au C14 : quelques tessons de céramiques et un petit poignard de cuivre. La rareté des objets tient à la nature acide du sol granitique attaquant la matière organique et aussi probablement à la réutilisation du site, donc à des pillages. On n’a retrouvé que 20g de squelette.

les deux cairns superposés
les deux cairns superposés

4700-4500 avant J.C  pour un premier cairn construit majoritairement en dolérite

4300 av J.C. pour un second adossé au premier plus granitique.

Comment les hommes ont-ils apporté tous ces matériaux ? Ils ont trouvé la dolérite sur place, en revanche les carrières de granite étaient plus éloignées : sur l’île Stierec à 1.3km, jusqu’à l’emplacement actuel de Saint Samson. A l’époque, le niveau de la mer était plus bas et la baie de Morlaix était une plaine. La domestication des animaux n’était pas encore faite : les hommes du Néolithique se sédentarisaient, connaissaient l’élevage, mangeaient les animaux mais ne les faisaient pas travailler. On suppose que les blocs étaient placés sur des rondins et tirés par les hommes, puis débités sur places.

Entrée du couloir qui mène à la chambre
Entrée du couloir qui mène à la chambre

 

11 couloirs menant à une chambre funéraire ronde s’ouvraient face à la baie. Ils furent recouverts d’une énorme quantité de pierres formant des gradins. La guide a comparé cette construction à degrés à la pyramide de Saqqarah. Un seul couloir, le couloir C est ouvert aux visiteurs. C’est celui qui a le plafond le plus haut, les autres de 80cm maximum auraient contraint les touristes à ramper. On les a également fermés pour préserver les gravures.

 

 

 

Il s’agit donc qu’une nécropole. Yves Coppens propose une autre hypothèse : Barnenez serait bien un lieu d’inhumation mais aussi un lieu de pouvoir : le monument de grande taille se voit de loin. Cette hypothèse me rappelle la fonction de certains nuraghe que nous avons visités en Sardaigne, bien que la datation ne soit pas comparable, ni la fonction. Le cairn correspondrait plutôt aux Tombes de Géants.  Tombes collectives ou tombes réservées à une certaine élite ? L’absence d’ossement ne permet pas d’avoir des certitudes.

roscoffdtbarnenez 019 - CopieLes chambres funéraires ne sont pas toutes identiques : certaines rappellent un dolmen ou une allée couverte avec des mégalithes, d’autres sont couvertes de fausses coupoles, genre de tholos. La guide nous montre la technique de l’encorbellement qui a été mise en œuvre pour construire la coupole, utilisant des dalles plates et les superposant en laissant dépasser celle du dessous qui supporte la masse.

En plus de l’intérêt historique, le monument s’inscrit dans un paysage magnifique sur une presqu’île entre Carantec et ses îles portant le Château du Taureau, un phare, l’île Stierec et vers le nord-est, Saint Samson et plus loin Plougasnou. Avec la journée radieuse, nous profitons de la vue.

roscoffdtbarnenez 007 - Copie

Autour du cairn est exposée l’œuvre commune de deux artistes : un photographe Daniel Challe et un graveur Pierre Collin. Le photographe utilisait une chambre noire en bois comme les anciens photographes du 19ème siècle, des plaques argentiques. Le piqué des photos est exceptionnel. Le graveur met en scène le monument et le photographe. Il grave à l’eau-forte puis utilise le pinceau, combinant la lenteur de la gravure à la rapidité du lavis avant que l’encre ne sèche. Cette notion du temps s’inscrit en face du monument comme un marqueur du temps historique.

roscoffmp14barnenez 019 - Copie

Après la visite j’avais prévu de faire le tour de la péninsule sur le GR. Nous sommes restées jusqu’à 11h30 au cairn et il ne reste pas assez de temps avant le pique-nique. Je descend chercher le point de vue à la Pointe de Barnenez, trouve le GR et remonte à regrets, la promenade semble superbe.

roscoffmp14barnenez 018 - Copie

Nous trouvons un banc au dessus de la plage de Saint Samson pour déjeuner et je suis le GR34 vers Terenez.

nous rentrons tôt parce que j’ai envie d’essayer l’aquabike à la piscine de Rocroum puisque qu’une activité est comprise dans le billet d’entrée (15€). Mauvais plan : il aurait fallu s’inscrire à l’avance ; il n’y a que 9 vélos et ils sont réservés. De mauvaise grâce je quitte la piscine de natation pour rejoindre l’autre bassin avec ses bulles, ses jets et les nombreux enfants. Pour nager il faut contourner les baigneurs, éviter ce père de famille qui porte un enfant sur ses épaules et qui tire l’autre, ne pas se cogner dans la petite fille flottant avec deux frites l’enserrant tandis que son grand frère, très fier la suit partout. Il y a beaucoup plus de monde que la semaine dernière. Même pour la douche il faut faire la queue.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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