Apollonia

CARNET DES BALKANS/ ALBANIE 

Apollonia : bouleutérion

Pour profiter du site d’Apollonia, nous avons décidé un départ matinal. A 7h la voiture est chargée, le petit déjeuner servi.

Le pneu avant est à plat. Un clou est enfoncé. Le jeune serveur sympathique et un ami de l’hôtel s’affairent pour nous aider. Renault a inventé un système énigmatique : cric et manivelle sont stockés dans une sorte de cuvette en plastique et un système énigmatique avec une ficelle et une pompe pour libérer la roue d secours. Personne n’y parvient. La roue reste désespérément accrochée sous la voiture malgré les efforts de tous. Téléphone au loueur de voiture, téléphone au garagiste de Dukat. Les garagiste arrivent de la vallée, ils sont trois et viennent à bout du système récalcitrant.

Retour des parents au nid

Au garage on nous offre deux chaises. Au dessus un nid d’hirondelles avec 6 poussins dans le nid qui tendent le cou et ouvrent grand  leurs becs à l’approche des parents. Comment sont-ils prévenus de leur retour ? leurs yeux cernés de blancs paraissent fermés. Le plus gros  se tient au mileiu, il semble mieux nourri que ceux des côtés du nid. Les parents semblent effrayés par nos appareils photos. Le ballet des hirondelles nous a bien distraites.

9h45, 2h de retard sur notre programme, nous quittons Dukat pour la baie de Vlorë. Nous passons sans nous arrêter devant le site d’Orikum, conquis par Alexandre le Grand, il servi ensuite de port à la flotte de César en lutte contre Pompée, puis port ottoman, Pacha Liman, et beaucoup plus tard de base de sous marins soviétiques ; une base militaire occupe encore le site et les touristes sont sous surveillance militaire.

D’Orikum à Vlorë, le littoral est occupé par les établissements balnéaires et les marinas. Des complees immobiliers très récents poussent – bétonnage navrant et gâchis de paysage.

Vlorë est une grande ville. On suit d’abord la corniche puis se perd avant de trouver l’autoroute dans une campagne plate où de petits champs alternent avec des oliveraies et quelques rangs de vigne. L’autoroute s’arrête brusquement avant Fier qui s’annonce par des cheminées géantes d’usines démantelées. On traverse des quartiers déshérités, un marché aux puces de vieux vêtements vieilles chaussures s’étale sur le trottoir ? Ce n’est qu’au centre de la ville que des immeubles modernes affichent une certaine prospérité. Une flèche Apollonia nous indique la direction qu’un policier nous confirme.

  • »C’est tout droit ! »

Apollonia

Monastère sainte Marie

Apollonia  n’est pas débordée par le tourisme comme Butrint. Il faut être motivé pour rouler sur des routes poussiéreuses creusées de nids de poules à travers les villages. Evidemment le GPS  ne l’a pas répertorié !

Le gardien vend les tickets, place les voitures et nous accueille en français.

  • « c’est une mission archéologique française qui a travaillé ici ! »

Deux sites à visiter : la ville antique romaine et le Monastère sainte Marie.

Le site est écrasé de chaleur lorsque nous arrivons, 34° à l’ombre et il y a si peu d’ombre ! Je choisis donc le monastère (13ème 14ème ). Les bâtiments en excellent état forment une cour dont l’église occupe le centre. Son porche est roman avec des chapiteaux d’un bestiaire fantastique. La margelle du puits est creusée dans le tambour d’une colonne antique. Au mur, les fresques (1261-1322) représentent Michel Paléologue, son épouse et sn héritier Andronic II . L’église est sombre et petite comme souvent les églises orthodoxes byzantines, l’iconostase est belle et la coupole est peinte à fresques.

En face le réfectoire du monastère présente de belles fresques, les Noces de Cana, en revanche je n’identifie pas le Prophète Elie et la prière à Gethsémani, signalés par le guide de l’Albanie.

Le campanile, à l’écart est moderne, reconstruit au 20ème siècle.

Dans le cloître on a placé de belles statues antiques provenant du site voisin. On tourne la vidéo d’un mariage albanais, la mariée fait des effets de traîne et de robe parmi les tuniques et les toges antiques. Je ne me suis donc pas attardée.

Un musée très riche et intéressant est installé dans le bâtiment à étage. Une affiche, signée de l’ambassade de France, honore Léon Rey, archéologue français, commémore  le 80èmeanniversaire des fouilles françaises.

Les vases grecs sont de toute beauté. Je retrouve les colonnes cylindriques hautes de quelques décimètres  provenant de tombes macédoniennes,, gravées en lettres grecques de noms illyriens ou macédoniens.

 Apollonia  fut fondée par des Grecs de Corcyre en 580 av. J.C. et connut une grande prospérité

205 av. J.C. elle se place sous la protection de Rome  et apporte son soutien à César contre Pompée.  Octave y séjourna 6 mois. Les antiquités romaines sont donc très abondantes.

Une sandale romaine et le pied de bronze chaussé ont retenu mon attention. Il y a de nombreuses têtes de romains et de romaines, portraits réalistes. J’ai aimé les sirènes, avec leur air nostalgique et plaintif.

La ville romaine

J’ai peu de courage pour affronter la fournaise dans la ville romaine. Je fais l’impasse sur les murs d’enceinte et me limite au centre. Le bouleuthérion dépasse des ruines. On  a relevé son fronton triangulaire soutenu par des colonnes corinthiennes. Le conseil de la ville – 160 membres – se réunissait sur ses gradins. On raconte que 25 paires de gladiateurs ont combattu pour son inauguration au 2ème siècle après J.C. Il a belle allure mais quand on regarde de près, on voit beaucoup de ciment dans les colonnes.

Odéon

En face le petit Odéon , théâtre couvert, pouvait contenir 650 spectateurs. Picard 1955 émet l’hypothèse d’un théâtre mystique lié au culte de la Dea Syria. « On peut imaginer » – dit le panneau – « que sa construction rappelle la visite d’Octave. »

Les piliers de brique entre l’Odéon et le Bouleuthérion marquent l’emplacement d’un arc de triomphe qu’il reste à imaginer.

Le Sacellum, à côté de l’Odéon, était dédié au culte impérial. Il  contenait une niche pour la statue de l’empereur, une haie d’honneur de 8 personnages qui se faisaient  face.

Adossée çà la colline, Stoa aux 17 niches, chacune garnie d’une statue retenait la pente.  L’avant colonnade soutenait une galerie à l’étage.

Au dessus de la Stoa, il ne reste que les bases d’un petit temple. Je monte à l’Acropole traversant un bosquet de chênes puis une olivaie où  se trouve un restaurant – au nom de Léon Rey .

Le site est immense, le temps me manque  pour l’exploré, le climat estival ne s’y prête pas. Autant j’ai traîné en Avril dans les sites antiques de Sicile égayés par les fleurs, autant j’ai hâte de m’attabler au restaurant pour engloutir une bouteille de Glina pétillante et fraîche.

Déjeuner léger : Légumes grillés ( Périmé, ce nom m’amuse) et tzatsiki très bien présenté, disposé à la douille à meringues un filet d’huile,  avec une olive et des poivrons en décor . servi avec du pain grillé à l’huile et au thym

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

Une réflexion sur « Apollonia »

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