Amorgos : Chora et les villages du sud

CARNET DES CYCLADES – AMORGOS

Chora, la capitale d’amorgos ses moulins et sa forteresse vénitienne

8h : cloches aigrelettes. Départ matinal dans le vent frais sous quelques nuages. Faux départ ! L’aiguille de la jauge à essence est à nouveau dans le rouge. Pourvu que la station Elin soit ouverte de bon matin ! Sur Amorgos il n’y a que deux stations, l’une à Katapola, l’autre à Aegiali. Dans les deux ports, logique.

Nous empruntons la même route qu’hier et rencontrons les mêmes chèvres. Le berger n’est pas dans sa voiture mais juché sur un rocher. L’arrivée sur Chora est spectaculaire. Nous recommençons les photos des moulins dans la lumière du matin. Avec le vent, la vision sur les autres îles est très nette. Je n’avais pas deviné la présence d’une grande île . Aujourd’hui, la mer Egée est parsemée d’îles et d’îlots.

monastère Aghios Giorgios Valsamites
Monastère Aghios Giorgios Valsamites

La route sut la côte Est au-dessus d’une pente très escarpée, elle conduit au monastère d’Aghios Giorgios Valsamites caché dans une petite vallée. L’église et le monastère chaulés de blanc tranchent sur la montagne fauve. Un mur soigneusement maçonné encercle un territoire autour du monastère. Les terrasses sont entretenues. Des arbres y poussent et même des fleurs. Des buissons de lauriers roses fleurissent dans les creux. Le monastère possède des sources qui (d’après le Petit Futé) permettraient des pratiques d’Hydromancie – divination d’après l’eau – héritées de l’Antiquité. Un sanctuaire dédié à Asklepios aurait existé autrefois. Le guide Vert raconte que cette source aurait guéri des lépreux arrivés avec un bateau de pirates. Comme pour la Panaghia Chrissoviotissa, une icône de saint Georges serait à l’origine de la fondation du monastère. Malheureusement le dimanche matin le monastère n’est pas ouvert à la visite.

Makriani

Les ruines d’une installation préhistoriques sont signalées à Makriani : une flèche et un sentier y conduisent. Le sentier arrive au bord de la pente. Il y a de gros rochers comme un chaos. Peut-être les ruines ? Dans ce genre de site, il faut des explications, sinon on ne voit rien. Je rebrousse chemin sans avoir aucune certitude.

En revanche, ce qui change ici, ce sont les cultures. Au nord de l’île, à part les chèvres et de rares jardins autour des maisons il ne semble pas que l’agriculture soit développée. Quelques terrasses ont été exploitées autrefois, mais abandonnées il y a bien longtemps. Ici, autour du site de Makriani, des champs de blés ont déjà été moissonnés. Il reste des chaumes et des bottes de paille à l’ancienne.

plage de Mouras cachée

A l’entrée du village de Kamari, l’église est un curieux bâtiment formé de 3 ou 4 nefs hémicylindriques qui me rappellent les menzels de Tunisie. Juste derrière, le départ du sentier n°3. Une petite route descend à la plage de Mouras sur la côte orientale. La Fiat descend hardiment les épingles à cheveux, sera-t-elle capable de les remonter ? Un parking, un café, des marches. La plage est invisible de la route. On voit bien l’eau turquoise ou bleu nuit selon la profondeur. La plage n’apparait qu’au dernier moment derrière des rochers étranges. Très jolie plage de galets, sauvage, sans ombre. Une plage déserte vaut bien quelques efforts.

Vroutsi

le sentier n°3 à Vroutsi  vers les ruines

Le sentier n°3 est bien fléché, départ derrière la grande église. Kastri 25 minutes. Une large allée dallée descend quelques marches vers une église blanche à coupole bleue au sommet d’une butte. Eglise sans grand intérêt, moderne, elle ressemble à toutes les autres églises mais sa situation, les grands arbres qui l’accompagnent lui donnent du charme. Jusqu’à l’église, le chemin est très bon. Ensuite il faut refermer une barrière et descendre un raidillon caillouteux entre deux grands murs. De loin, se profile une grande butte creusée de trous. En s’approchant je vois que le rocher est construit, il reste des murs, des fondations et même des constructions circulaires. Ce sont les ruines d’Arkezini  (Kastri) « ancienne cité fondée au 4ème siècle avant JC habitée jusqu’à l’occupation vénitienne et sans doute détruite par un raid de pirates ».

sentier n+3 ruines d’Arkezini

Rachidi

Un petit détour pour voir la vieille Tour Aghia Triada d’époque hellénistique 4èmes. Av. JC. Le site est fermé, il est assez vaste. On voit des murs de très grosses pierres grises taillées. Aucun panneau ni explication disponible. Nos guides signalent une citerne et un système de drainage des eaux.

La campagne est beaucoup plus agricole, les pentes plus douces. Nous voyons des vaches ce qui change des chèvres, des champs de belle taille, ds maisons dispersées de construction moins « cycladique », moins touristiques, plus grecques. Aux cheminées, vélos sur les terrasses, géraniums buissonnants, on devine une occupation permanente et non pas touristique. Abricotiers et figuiers portent des fruits.

Cherchant une « taverne à la mer » nous aboutissons à Paradise Bay à une minuscule plage pas très avenante peu protégée des vents du large avec des vagues qui me dissuadent ? Aucune trace de la basilique paléochrétienne qui figure sur notre carte.

Kolofana terrasse fleurie

La taverne de Kolofana « t’apanemomo tou Petrou » est très fleurie avec des géraniums florissants et une tonnelle de bougainvillées éclatants nous séduit. « Avez-vous de la moussaka ? » – « excellente ! » répond l’aubergiste qui prend pour preuve son livre d’or. L’agneau d’Amorgos cuit dans le vin blanc et les herbes de la montagne il est parsemé d’aneth, accompagné de frites maison (rien à voir avec les surgelées). La chair se détache seule. Ce sera le meilleur souvenir gastronomique de ces vacances. La moussaka est servie en un gros pavé saupoudré de chapelure, peu de béchamel, peu de pommes de terre mais des aubergines délicieuses. Cela me réconcilie avec ce plat servi aux touristes peu exigent souvent ramolli, avec des aubergines bouillies et beaucoup de pommes de terre. L’addition – logariazmo, cela me fait rire en pensant aux logarithmes si pénibles – 26€ avec vin et café est très raisonnable. Le cadre est si joli que je m’attarde pour dessiner.

39 km vers le nord pour rentrer à Aegiali. Je suis plus attentive aux paysages : les cultures s’arrêtent entre Kamari et Stavros puis les coussins épineux où se promènent les chèvres recouvrent les flancs rocailleux de la montagne allongée qui s’étire. Ces coussins ont tous la forme d’une boule mais ils sont composés d’espèces diverse. En marchant j’ai reconnu des genêts encore en fleurs – fleurs minuscules et très serrées  – des chênes verts rabougris (l’expression vient du Quebec) presque des bonzaïs, les boules de thym mauves sont très colorées.

 

Ce maquis, cette garrigue, exhale une senteur merveilleuse.

Après la baignade retour au studio pour se « mettre à jour » lessive, compte rendu pour le blog, tri des photos à l’intérieur au frais avant de ressortir sur la terrasse pour une salade grecque de ma façon devant le coucher du soleil.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

4 réflexions sur « Amorgos : Chora et les villages du sud »

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