le Sourire d’Homère -Jean Soler

LIRE POUR LA GRECE

Au lever du jour, le lis Le sourire d’Homère

« Et nous restons de grands enfants, comme le public d’Homère, quand nous aimons entendre des contes pareil… »

Je l’ai commencé entre Le Pirée et Amorgos, il m’a accompagnée dans « l’Aurore aux belles boucles à Naxos « et j’ai beaucoup aimé ce livre charmant, et pourquoi pas souriant. Jean Soler nous raconte l’Iliade et l’Odyssée, non pas sur le mode tragique, mais sur celui du conte poétique. Il s’attache à nous faire connaître les dieux de l’Olympe et les croyances des Mortels dans ces dieux. Et ces dieux ne sont pas toujours sérieux.

« Soit…Soit… » : souvent chez Homère, le même Evénement peut trouver une explication naturelle et une explication surnaturelle. Les dieux paraissent surajoutés pour donner au récit plus de piment. Les interventions divines sont rarement nécessaires. Elles enjolivent l’action, elles ne la déterminent pas »

 

IlRésultat de recherche d'images pour "le sourire d'homère jean soler" décrit le monde grec antique, en s’appuyant sur les textes d’Homère : le bouclier d’Achille contient tout le monde connu, merveilleux tableau. Il décrit aussi le monde des dieux qui ne diffère pas tellement du monde grec

« Ce sont les hommes qui créent les dieux à leur image. Les dieux ne sont que des Grecs avec plus de moyens. Pas n’importe quels Grecs cependant : des rois, des chefs qui ont le privilège de disposer d’un certain pouvoir sur d’autres hommes, et de n’être pas astreints à travailler eux-mêmes pour vivre »

La comparaison est récurrente entre les dieux fêtards et volages de l’Olympe et le Dieu omnipotent du monothéisme. Monde polythéiste plus tolérant, plus souriant, où aucune injonction de pureté ne règle la morale comme dans les commandements bibliques.

« Le statut des infirmités est un bon révélateur de ce qui distingue le monde polythéiste et le monde monothéiste[….]Héphaïstos est un dieu qui boîte mais il est honoré pour son ingéniosité technique. Démodocos est un aède aveugle mais il est célébré pour son art

« Les dieux de l’Olympe peuvent rire les uns des autres.... » note-t-il plus loin.

et nous rions avec eux, de leurs querelles de ménage, tromperies et manigances. la guerre de Troie est une diversion amusante, mais leur intervention n’est pas déterminante. Chez Soler (chez Homère selon Soler) il n’y a aucune glorification de la guerre

« La mort de Patrocle est ignominieuse. Il n’est pas tué dans un combat loyal et un dieu est associé à cette infamie? Il n’y a pas de belle mort, de mort glorieuse dans l’Iliade »

Les dieux se mêlent aux combattants, Aphrodite pour protéger Enée est atteinte par un trait de Diomède, Zeus s’adresse à elle « Le lot qui te revient, mon enfant, ce n’est pas les oeuvres de guerre…[….]Tout cela n’est pas bien sérieux. Un dieu ne risque pas de mourir. Zeus « sourit ». Et Homère s’amuse »

Soler cite les comparaisons d’Homère avec le monde animal, « Comme au printemps l’on voit dans l’étable à brebis; le lait rempli dans les vases jusqu’au bord, des mouches voler en pelotons compacts : aussi nombreux, les Achéens aux longs cheveux font halte dans la plaine des Troyens… » […] »De même qu’un cheval qu’on a gardé longtemps oisif à Ces l’écurie… » « De m^me qu’un âne obstiné qui longe un champ tient tête à des enfants »….

« Ces différentes comparaison mettent en avant les correspondances entre les actions guerrières des hommes et leurs activités pacifiques… »

Ces évocations de la vie rurale me font rêver. Grèce d’Homère encore proche de la Grèce d’aujourd’hui. Cette lecture savante et poétique me ravit.

La philosophie sous-jascente de religion de l’hospitalité  « Dans un monde où l’on voyage beaucoup pour faire du commerce, pour partir en guerre, ou pour une autre raison, c’est une grande chance de recevoir de l’aide de la part d’inconnus en cas de besoin. » 

« Une raison complémentaire peut aider à comprendre la valeur accordée à l’hospitalité : l’instabilité des conditions sociales. Un roi n’est jamais assuré de rester roi toute sa vie. »

Je me laisse conter Homère. J’y reviendrai!

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

6 réflexions sur « le Sourire d’Homère -Jean Soler »

  1. Je suis adepte de la Grèce et de l’Olympe alors ce livre était forcément attirant pour moi et je suis heureuse qu’il t’ai plu

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