Le chemin de Guy le facteur, Serriera, plage de Bussaghia

CARNET CORSE

Nous nous sommes levées assez tôt pour que la randonnée du Chemin de Guy le facteur s’effectue dans la fraîcheur et le calme du matin. Un message sur le tableau de bord de la Smart nous inquiète « Vérifiez la pression des pneus ». Après le passage derrière le bungalow dans les ornières et les pierres nous craignons le pire. La station-service est installée sur la D81, non loin de Marina Livia. La dame est gentille, elle vérifie elle-même les pneus, rien d’anormal, tout est OK. Sauf que le message s’est incrusté sur le tableau de bord qu’il faudrait réinitialiser comme un véritable ordinateur.

Nous arrivons à 10h15 au Col de la Croix(Bocca Croce). Du parking il y a une vue panoramique et un panneau que je résume ici :

E TRE SIGNORE

Sur les pitons dominant Foce d’Ortu se trouvait un château qualifié par les génois de « terribilissima et spaventata ». Ghjuvan-paulu di Leca s’y était retranché avec les siens ; Le 29 mars 1489, les Génois prirent le château n’épargnant ni les femmes ni les enfants. Après avoir rasé le château, ils détruisirent les hameaux de la Pieve, interdirent aux populations d’y revenir. Durant deux siècles, seuls les bergers transhumants revinrent sur le littoral devenu inoccupé. Les pillages des Barbaresques vinrent s’ajouter aux causes de désertification.

Plus au loin E TRE SIGNORE est un lieu de légende. On raconte que les femmes préféraient se jeter dans l’abîme plutôt que de s’y rendre. Une autre version nomme la montagne « U capu ai i signori » raconte que tous, hommes, femmes et enfants s’y donnèrent la mort plutôt que de se soumettre. « 

Le chemin du Facteur Guy

 

Pendant 30 ans, Guy apportait le courrier à pied à Girolata petit village de pêcheurs et bergers isolé. Le sentier de randonnée utilise donc un sentier traditionnel facile, bien dégagé, parfois entre des murettes. Une petite fontaine décorée de galets comme nombreuses fontaines corses,  coule ; j’aurais aimé y boire mais un écriteau prévient « eau non potable » . Je marche dans le maquis entre des bruyères arborescentes, des arbousiers et des chênes verts. Encore une fois je suis étonnée de la luxuriance de la végétation. Les arbres procurent une ombre très agréable sur une grande partie du trajet. Seul inconvénient : la vue, les échappées sur le Golfe de Girolata sont rares. Je croise des « vrais randonneurs » lourdement chargés avec hauts sacs à dos et bâtons de marche.

Je n’atteindrai pas Girolata, il est déjà 11h quand j’arrive sur la plage de Tuara occupée uniquement par deux couples et une vache. Un voilier mouille en face. Un garçon et une fille nagent nus. A les voir s’entortiller dans la serviette, j’en conclus que ce ne sont pas des naturistes mais plutôt des randonneurs qui n’ont pas de maillot de bain dans leur chargement. Je m’autorise une baignade d’une demi-heure. Je nage dans un décor splendide, un léger clapot agite l’eau mais rien de gênant pour se baigner.

11h30, il faut remonter, la descente a pris 45 minutes, il faudra 1h pour la montée. Montée facile. Les promeneurs sont nombreux.

12h30 nous faisons un détour par Serriera, commune dont dépend Marina Livia. C’est un village étagé au flanc de la montagne. Les maisons neuves sont dispersées, les anciennes regroupées en face de la minuscule église. Le café fait aussi alimentation. Malgré l’heure de midi bien passée, la porte est ouverte. La patronne quitte le bistro pour me servir. Il y a de tout dans sa boutique, eau et vin mais aussi pain frais et jambon. La dame peut faire des sandwiches pour les randonneurs. Il y a toute l’épicerie de base. J’emporte un cake pour le petit déjeuner afin de ne pas avoir l’estomac vide dans el bateau.

Nous déjeunons d’une salade pommes de terre, thon, anchois, olives. Un classique pour nous. Raffinement : Dominique a trouvé de la coriandre séchée.

baignade

La plage de Bussaghia vue de la route de Porto

Le petit clapot dans l’anse protégée s’est transformé en houle et en vagues. Au milieu de la plage de Bussaghia, impossible se baigner au milieu de la plage en face des restaurants et des parasols. Tout le monde a migré vers le Nord, là où la plage est plus plate et le gravier plus fin. Les vagues sont moins puissantes. J’entends « entrer dans l’eau n’est pas difficile, le plus dur c’est d’en sortir » prononcé par une dame du Jura. A l’arrière des vagues, je nage tranquillement, me laissant ballotter dans les creux et les bosses de la houle. J’envie un homme chaussé de grandes palmes qui coupe droit à travers la surface mouvante alors que je me laisse porter comme un bouchon. Quand je retrouve mes affaires sur la rive, mon paréo est trempé, bouchonné, comme une vieille serpillière

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

2 réflexions sur « Le chemin de Guy le facteur, Serriera, plage de Bussaghia »

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