le site de Grumentum

CARNET DU MEZZOGIORNO(BASILICATE)

Le site de Grumentum

Grumentum est l’unique site archéologique des environs. Sa visite est recommandée par le Guide Bleu et le Guide Vert. Nous avons visité des sites romains, du Maroc à la Jordanie, en passant par la Bulgarie, la Tunisie…Même un peu éloigné, Grumentum mérite la visite!

Nous aurions pu y passer en quittant Padula, proche, hier. Mais La Chartreuse de Padula était une grosse visite .

Nous avons repris la  SP3 sous les chênes près de Maratea, forêt touffue. Plus haut il y a surtout des châtaigniers avec des noisetiers (ou des charmes) et des acacias en fleurs. Les crêtes rocheuses sont entourées de prés, encore verts en cette saison, qui me rappellent le Dévoluy. Quand la route sort de la forêt, les genêts en gros buissons délivrent leur parfum puissant. Je me grise de ces senteurs comme l’an passé à Naxos. Juin est le mois idéal autour de la Méditerranée. Avec la chaleur, les fleurs exhalent des parfums puissants et la nature n’est pas encore grillée par l’été ? Les bas côtés des routes resplendissent avec les sauges bleues, les cistes roses.

Sur la carte, le trajet semblait facile, SP585 SS 19, SS 103 et nous avons le Navigatore si nous nous perdons.

Jusqu’à Rivello, sur la Statale 585, tout va bien. Aux abords de Lagonegro tout se complique. Lagonegro est une petite ville perchée.Des ponts très hauts franchissent des ravins. Là, Madame Navigatore se met à dire n’importe quoi. Nous passons le Noce arrivons sur une petite route qui passe sous l’autoroute. Un raccourci ? brusquement les ordres se contredisent, « à droite » « à gauche » nous nous retrouvons sur le même viaduc en direction de Maratea. Nous  repassons sur ce même viaduc arrivons à Lagonegro, ville tout à fait inadaptée au trafic automobile. Les commerçants qu’on interroge sont dubitatifs. Ils n’ont jamais entendu parler de Grumentum. Selon eux il faut prendre l’autoroute et sortir à Castelbueno. On s’entête et se retrouve sur la statale 19 – droite sur le papier mais qui tortille dans la réalité. Le paysage est montagneux la route monte et descend.  Seul avantage ! avec l’altitude, il fait plus frais. Quand enfin nous atteignons Montesano nous avons roulé 2h et sommes à bout de patience. Ma confiance dans le Navigatore s’est érodée.

11 heures,  nous arrivons sur le site de Grumentum envahi par une  végétation luxuriante. Deux jardiniers tentent de dégager le parking à la débroussailleuse. La saison touristique n’a pas encore commencé. « Pour les tickets s’adresser au Musée ! « .

Musée de Grumentum

Au musée, personne au guichet, il faut sonner. Le musée est vaste, moderne, sur trois niveaux : Préhistoire, période Grecque et Hellénistique, période romaine. Musée riche en panneaux (italien exclusivement) mais pauvre en objets.

La Vallée de l’Agri est peuplée depuis le Paléolithique. A l’âge de Bronze, les hommes vivaient essentiellement d’activités pastorales. On a retrouvé sur divers sites des restes de céramique noire (beaucoup moins qu’à Pulo) . Une vitrine contient des fossiles : dents d’Elephas antiquus (éléphant à défenses droites qui ont peut-être été chassés par des hommes).

De la période grecque ou hellénistique : des céramiques provenant de diverses nécropoles de la région. Une ferme lucanienne a été reconstituée (photo sur un panneau) . Certains vases sont beaux. Un sanctuaire à Artemis, une autre divinité féminine recelait de nombreuses statuettes féminines en terre cuite.

La période romaine offre plus à voir : des mosaïques(géométriques en noir et blanc) quelques marbres, deux nymphes sans tête, un torse de Dionysos, Aphrodite et un dauphin portant Eros (ou plutôt les jambes d’Aphrodite un dauphin et un morceau d’Eros) . Urnes funéraires grossières ; Une collection numismatique (à réserver aux numismates spécialistes). Les fouilles de la villa de Caius Bruttus Praesens  ont livré des pressoirs à huile, des citernes, un pressoir à vin, des poids de métier à tisser. On présume que l’exploitation pratiquait l’élevage ovi-caprin et  tissait la laine.

Musée décevant pour les objets. Les panneaux préparent à la visite du site (très détaillés).

Le site de Grumentum

Dalles antique et floraison sauvage

Sous l’abondante végétation, je ne retrouve rien. Je suis plus attentive à regarder où je mets mes pieds qu’à imaginer une ville perdue. Les lézards bruissent tout près de moi. Qui dit vieilles pierres, dit aussi vipères…je ne voudrais pas en rencontrer une de trop près.

Le théâtre  a des beaux restes. Il a été reconstruit en bois pour voir y présenter des représentations actuelles. Les vestiges sont occultés par les planches. Derrière se trouve une estrade de pierre, sans doute le temple A dédié au jeune Harpocrate, un dieu égyptien dont le culte remonte à la période hellénistique. Une rue est bordée de colonnes. La Maison des mosaïques mériterait un sérieux désherbage !

orchidées

Les panneaux étaient très complets à l’intérieur du Musée, ils brillent par leur absence sur le site. Seules quelques flèches indiquent la direction de monuments énigmatiques. Enfin un écriteau! Bien décevant : « Interdit de monter sur les murs ! »Malgré notre longue expérience de sites antiques je ne retrouve pas grand-chose. L’amphithéâtre est le monument le plus spectaculaire mais il se trouve enfermé derrière un grillage de l’autre côté de la route.

En revanche, la promenade sur les grosses dalles de la via romaine est très plaisante et se transforme en promenade botanique quand je découvre au moins 4 variétés d’orchidées, blanches magnifique, ophrys abeille, des fleurs d’ail en grosses boules blanches et mauves ? Les cerisiers portent des cerises ? La luzerne est en fleur. Au lieu de photographier les ruines, je m’intéresse aux fleurs.

Le village de Grumento Nova

A la recherche d’un restaurant : l’agriturismo, à l’entrée du site est fermé. Au village de Grumento Nova, perché sur la colline, nous ne trouvons rien. Rien non plus dans les villages que nous traversons. Les restaurants routiers sur le bord de la statale 19 ne nous inspirent pas.

Tant pis si c’est tard, nous déjeunerons à la mer à la même pizzeria qu’hier. On nous reconnaît. Ils nous servent malgré l’heure tardive (il est passé 15h). Spaghetti aux anchois et au fenouil. Très bon choix ; En fait de fenouil, ce sont les fanes qui sont cuisinés au beurre. L’imagination des Italien en matière de pâte est illimitée. Pourquoi se contenter de carbonara ou bolognese ?

« A  la cuisine ferme à 16 h, mais vous pouvez rester tout le temps que vous voulez et même faire la sieste sur les lits de plage » propose la dame. Belle baignade, aujourd’hui ne dépasse l’église et nage jusqu’au kiosque.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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