les plages au sud de Maratea

CARNET DU MEZZOGIORNO (BASILICATE- CALABRE)

Dépassant la Plage Noire, nous explorons chacune des petites criques au pied des falaises. Le panneau Sette Ponti/Cala citro, conduit à  un restaurant dans une petite calanque étroite entre des rochers clairs, minuscule plage au bout d’un fjord vert clair dans les rochers. Le restaurant est luxueux sous l’ombre épaisse de grands chênes. Pas de menu affiché, ni de prix. D’ailleurs ce n’est pas l’heure.

Quittant la statale 16 pour passer sous la voie ferrée à côté de la gare de Marina de Maratea  nous trouvons de minuscules et très jolies criques séparées par des rochers. De la route, on descend au Lido de Tarzan par de nombreuses marches : établissement classieux, pelouse verte lits beiges, sable grossier gris. Des rochers noirs isolent une autre plage plus loin avec le Lido des Pirates (sorte de bateau à voile coincé contre la falaise à l’écart). De l’autre côté, le restaurant La Bussola a déjà déplié lits et parasols sur plusieurs niveaux tellement serrés qu’on ne voit plus la plage. La navette d’un hôtel y a déversé ses nombreux touristes. Du parking, une petite allée se faufile entre des haies et des grillages pour parvenir à une jolie plage tranquille abritée entre deux bancs de rochers noirs. L’eau est transparente, menthe glaciale. Je nage tranquillement jusqu’au large sous le ballet gracieux des hirondelles qui ont investi une grotte. Arrivée dans la mer libre, j’hésite à contourner les rochers pour rejoindre la plage de la Bussola. Nager vers le large a été très facile, revenir un peu plus difficile, une houle imperceptible mais bien présente contraire mes efforts.

Je retourne sur les autres plages, rassurée par la présence d’autres baigneurs ?

Sur la statale 16, en corniche, il y a peu d’occasions de s’arrêter pour admirer le paysage. Au dernier parking, nous découvrons une petite île et le bras de mer de la Secca au pied d’une grosse tour ruinée.

De l’autre côté du cap, changement total de morphologie : la côte est plate et rectiligne à l’embouchure du fleuve Noce à Castrocucco. Changement du paysage : au lieu des montagnes abrupts du Golfe de Policastro, une plaine cultivée avec des serres (en mauvais état, elles paraissent abandonnées). Les lidi ont colonisé la longue et large plage de sable. On a installé des piquets pour tendre les filets qui feront de l’ombre aux parkings. De petits bars de plage exploitent les installations balnéaires : parasols et lettini. C’est encore trop tôt dans la saison, les plagistes sont plus nombreux que les estivants. Les bars ne proposC’esent que des rafraîchissements, des glaces et des chips. Rien pour déjeuner. Dommage ! De grands campings occupent l’espace compris entre la plage et la voie ferrée.

Le fleuve Noce fait la limite du Basilicate et de la Calabre. Nous avons quitté la Statale 16 perchée sur un haut viaduc pour entrer dans les agglomérations, Tortora puis Praia a mare, pas très chic si on compare à Maratea. Sur le bord de la rue des magasins vendent des articles de plage très ordinaires (3€ le parasol pour le pare-brise de la Polo, chez un Chinois) . Le lungomare n’est pas très brillant (ou plutôt il l’est trop) avec des installations voyantes aux couleurs criardes, des jeux pour enfants en structures gonflables, des centaines de parasols repliés aujourd’hui qui n’attendent que la saison pour se déployer et cacher le sable. Cela ne fait pas tellement envie.

Praia a mare Lido di Roberto

Au bout de la très longue plage de Praia a Mare, il y a une tour carrée, un bosquet de pins et en face une petite île. Après avoir contourné le petit cap nous trouvons enfin ce que nous cherchons : un restaurant avec une terrasse confortable, bien à l’ombre donnant sur une plage agréable. Les rochers du cap cassent l’ennui des plages interminables que nous venons de longer. Sable gris-noir en très gros graviers. C’est amusant de nager entre les rochers. Des jeunes plongent. Je découvre la Tour Fiuzzo (18ème siècle) et l’Isola di Dino où Ulysse et ses compagnons auraient fait escale et, surtout la Grotta Azzura. En me retournant vers la terre, je découvre un joli château normand (12ème – 13ème siècle) avec deux tours rondes bien conservées dans un bouquet de pins. Plus haut sur la colline un village de vacances a des façades bien colorées et un curieux bâtiment circulaire. De loin les couleurs sont gaies.  De près, tout ce ciment nous effraie. Le train entre dans une galerie, cela m’amuse.

Menu très réduit (juin encore) friture de crevettes, poupes minuscules, anneaux de calamar pour moi, escalope milanaise pour Dominique, une vraie escalope de veau bien rose et très fine.

La petite église Piedigrotta

Praia a Mare la petite église Piedigrotta

Après plusieurs baignades et un café serré nous partons à la recherche de la petite église jaune entrevue sur la route ; toute petite, mignonne, blottie dans la falaise. Comment la retrouver ? Nous ne savons ni son nom ni même la ville où elle se trouve. Tortora ou Praia a Mare, peut être Castrocucco ? Nous montons sur la Statale qui domine le paysage, pensant l’apercevoir. Invisible. Du Lungomare aussi. J’arrive à douter de son existence. Pourtant nous l’avons vue toutes les deux ! Nous montons au Centro storico , logiquement les églises anciennes devraient s’y trouver, passons devant un Parc archéologique qui aurait pu m’intéresser. Passons le fleuve Noce espérant avoir une vue dégagée…Retour à Tortora. Finalement au détour d’une rue au centre de Praia a Mare, la voilà ! Je fais une photo pour la montrer aux passants à qui je demanderai notre route. Justement le nom de la rue Via Grotta et l’église Piedigrotta !

Bie sûr il faut monter à pied une rampe de galets qui passe sous des arbres (c’est bien agréable par cette chaleur). La chapelle est fermée.

Selon le Guide Bleu (p542)  c’est Le santuario della madona delle Grotta : « 1326, sous la pression des matelots, le capitaine fut contraint de débarquer la statue de la Vierge qui était à son bord. Placée dans une église voisine, la statue revint miraculeusement dans la grotte où l’avait laissée le capitaine… »

Nous rentrons par une artère agréable bordée de belles maisons, de magasins et de banques ombragée de grands arbres qui change complètement de la mauvaise impression que nous avions ce matin de Praia a Mare. Il suffisait de se décaler d’une rue pour découvrir els beaux quartiers et, encore une fois, se méfier des jugements rapides. Finalement Praia a Mare mérite bien ses deux étoiles au Guide Bleu !

 

 

 

 

 

 

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

2 réflexions sur « les plages au sud de Maratea »

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