Tropea et autres plages

CARNET DU MEZZOGIORNO (CALABRE)

Tropea sur sa falaise

En suivant la côte tyrrhénienne nous avons vu de nombreuses stations balnéaires d’un tourisme familial sans prétention. Tropea, sur sa falaise, se distingue, jolie, chic, chère.

Ses rues piétonnes sont bordées de boutiques de luxe : épiceries de luxe alignant pâtes colorées, conserves gastronomiques. La spécialité des bijouteries est le corail rouge qui se décline en pendentifs, colliers de grosses perles, bracelets fins, boucles d’oreille, camées, chapelets et rosaires et même cornes pour écarter le mauvais œil. Jolie robes, foulards de mousseline, maillots de gains assortis à la robe, je me régale en faisant du lèche-vitrines.

Les oignons de Tropea

Dans les rues étroites je collectionne les photos de portes des palazzi 15ème, 17ème, 18ème siècle. Les belles demeures ont des entrées monumentales. J’aimerais bien entrer dans les cours souvent investies par des restaurants, ou B&B et je me contente des façades.

Au bout du Corso, un belvédère face à la mer et à Santa Maria dell’ Isola perchée sur son rocher,  encadrée par la mer turquoise. La cathédrale et le Musée diocésain ont belle allure en pierre claire  érodée qui laisse voir des frises . C’est une cathédrale normande du 12ème siècle de dimensions bien inférieures à celles de Bari ou de Trani. Tropea était une ville plus modeste. L’intérieur est dépouillé.

Palazzo avec son porche de collection

Après avoir flâné dans les ruelles, nous laissons la voiture dans le vaste parking au pied du rocher qui est bien encombré puisqu’il dessert deux plages : Marina dell’Isola et la Rochetta. Tout le monde se tasse à l’abri du rocher et il n’y a personne sur la longue plage battue par les vagues je grimpe à l’église qui me paraissait beaucoup plus imposante et presque prétentieuse vue de la ville. Quand j’y parviens, je découvre une église toute petite. Elle paraissait neuve, elle est très ancienne d’époque byzantine mais a été remaniée et très restaurée à la suite d’un séisme qui l’a endommagée au début du 20ème siècle. A l’arrière on a aménagé un jardin (entrée payante 2€). On peut s’y reposer de la montée en plein soleil et surtout jouir de la vue exceptionnelle sur la ville perchée sur sa haute falaise et sur les environs.  Les figuiers de barbarie sont des premiers plans du meilleur effet sur les photos.

La madonna dell’ Isola siur son rocher

Déjeuner sur notre terrasse au gite, des tranches d’espadon au poivre rose et des épinards. Cela change des pâtes ! Quelques longueurs à la piscine, et un peu d’internet au bar.

Nous allons chercher des plages sur la côte sud après avoir traversé les villages de Brivadi et de Ricadi à l’heure de la sieste ils sont déserts. Nous descendons par des lacets serrés à la baie de Santa Maria. La côte a été colonisée par els hôtels clubs qui accaparent les accès à la plage. Nous trouvons une place au parking Galea au-dessus du Scoglio Galea où se trouve le club de plongée. Comme je vois du monde dans l’eau, je me précipite. Les apparences sont trompeuses ; les baigneurs sont équipés de masques tubas et palmes, souvent en combinaison. Ils ont peint des numéros sur la peau. Il s’agit d’une sorte de compétition. Ce ne sont pas des baigneurs ordinaires ; Autre apparence : la bande de sable blanc s’arrête au niveau de l’eau,  en-dessous ce sont des rochers. J’aurais dû au moins chausser les chaussons. Au niveau de l’hôtel-club on a installé un cheminement sous-marin avec ds dalles qui sont des sacs remplis de sable. Sous le pied c’est agréable et doux, avec les vagues je ne suis pas sûre de retrouver ce chemin, par ailleurs, l’eau est peu profonde et j’ai peur de me râcler les jambes en nageant. Il existe un autre accès : une digue flottante construite avec des polygones plastiques avec une échelle ; un ruban rouge en barre l’entrée. Trempée mais un peu dépitée je renonce.

Nous partons à la recherche d’une autre plage, peut être plus abritée ou plus praticable. Une flèche blanche peinte en bleu indique Porticello. La Spiaggia Porticello figure sur la carte. Nous descendons une petite route bien pentue(plus de 30% d’après la signalisation routière) et très très étroite ; Pourvu que personne ne vienne à notre rencontre ! La petite route asphaltée devient chemin et zigzague dans la campagne. Enfin : une maison et en face un panneau peint sans doute par les occupants de la maison « NE PAS DESCENDRE PLUS LOIN EN VOITURE ! ». Il faut faire demi-tour, c’est étroit, pas impossible mais très pentu. Les pneus patinent et fument. La conductrice transpire. Je retiens mon souffle. La manœuvre est délicate. Enfin ! nous remontons, nous promettant de ne plus recommencer.

Et pourtant, une nouvelle petite route descendant à la mer nous tente. Hors carte détaillée. Petit parking. Un sentier franchit un petit pont et conduit sur le bord de l’eau à des maisons minuscules, presque des cabanes. Les rochers sont de granite ici avec des inclusions noires et des filons blancs. L’eau est tranquille dans la petite anse. Il suffirait de se laisser glisser sur les blocs ronds. Deux femmes flottent les pieds chaussés d’épaisses sandales de caoutchouc. Elles doivent connaitre la sortie ! A regrets, je ne les imite pas. De l’autre côté du parking, des gens se prélassent sur des fauteuils pliants sur une plage de galets. Impossible d’imaginer étendre une serviette : les galets sont très gros et très ronds.  Au fond de la plage des marches conduisent à la niche de la Madone, derrière une rambarde métallique sécurise un sentier qui va à une autre plage, jolie mais courte promenade. Une jeune femme plu hardie que moi remonte de l’eau et se sèche.

Nous terminons notre exploration par la plage qui se trouve au bas du Limoneto, là où se jette dans la mer un ruisseau plutôt trouble et malodorant : La Fumara Vaticana della Ruffa qui a entaillé la colline. De part et d’autre du ruisseau, des hôtels-clubs ont organisé la plage avec des chaises longues. Une sorte de digue protège un bassin où l’eau est très calme mais peu profonde. Avec des chaussons, on peut se tremper debout, nager un mètre ou deux mais pas plus. Il faudrait passer la vague et aller nager plus loin, personne ne le fait.  Encore une fois, je manque de hardiesse. Je pourrais terminer cette après-midi un peu frustrante à la piscine. Je préfère faire la lessive et lire sur la terrasse.

Pour dîner, concombre du jardin et ricotta.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

2 réflexions sur « Tropea et autres plages »

  1. Je ne me lasse pas de vos aventures diverses et variées, les demi-tours, les ratages, les déconvenues. Heureusement que c’est compensé par tant d’autres belles découvertes 🙂

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