Geysir Gullfoss de surprises en surprises

CARNET ISLANDAIS

Gesir ; le Strokkur

Première surprise au petit matin : le lever de soleil sur la rivière à travers le rideau d’arbres. Le ciel est lavé, sans un nuage.

La dame est arrivée tôt (à notre demande) pour le petit déjeuner qui est servi sous la treille dans la salle-à-manger-véranda où deux ceps de vignes planté il y a 12 ans donnent des grappes impressionnantes en train de mûrir. Sur la table, un bouquet de mauves qui poussent à l’extérieur, sans doute une variété horticole.

Petit déjeuner-buffet : müsli, un œuf de ferme, petites tomates de la ferme, pain noir et beurre de cacahouètes (pas très régime).

Deuxième surprise : il a neigé sur la montagne la plus proche dont le sommet tabulaire est tout encroûté.

la route d’Arbakki à Gesir: géothermie

Le trajet jusqu’à Geysir (15km) est un spectacle splendide. Les sommets se détachent avec netteté, ils sont pourpres sur un ciel parfaitement bleu. 9h, nous arrivons sur le site du geyser, il n’y a encore personne. Des fumerolles s’échappent du sol en divers endroits. La terre ruisselle. Le parcours est délimité par des cordelettes sur lesquelles on a suspendu un triangle avec un thermomètre marquant 80 – 100°. On n’a pas envie d’être ébouillanté et on se tient derrière. Brusquement le Strokkur libère son panache à grand bruit. Encore une surprise, on a beau être prévenues, cela surprend.

Gesir ; le début de l’éruption

Autour du  Strokkur, les spectateurs brandissent téléphones, tablettes, appareils-photos et guettent la prochaine colonne d’eau qui se déclenche à peu près toutes les 8 à 10 minutes ; chacun règle la mise a point, le cadrage et rate les premiers clichés en appuyant trop tard. Les photos de Dominique sont surprenantes, elle a réussi à capter la grosse bulle bleue qui amorce le départ de la colonne de vapeur. Les jets ne sont pas tous aussi hauts, aussi spectaculaires. Parfois le vent s’en mêle et penche le panache.

Gesir : le Strokkur

Je pars explorer le site. Le Grand Geysir ne crache plus rien ; le diamètre de son bassin et les minéralisations sont impressionnants. Il ne reste plus qu’à imaginer une colonne haute de 60 à 80 m au temps de sa splendeur. Il y a un peu partout des bassins d’eau limpides ou troubles qui bouillonnent. Un sentier grimpe jusqu’à un observatoire. C’est une agréable promenade pour se dégourdir les jambes.

Encore une quinzaine de km vers l’Est. Un sommet est découpé avec deux pointes m’intrigue. Dominique me dépose à la fourchette des routes vers Gullfoss. J’ai plaisir à marcher sur la route déserte qui me réserve encore une surprise : une bande blanche barre la vallée. Je pense d’abord à un glacier ; j’avance, intriguée, le blanc emplit tout l’espace entre l’échancrure des rochers. Brusquement, j’entends le grondement. Le blanc, c’est l’écume de la cascade. Cette chute est énorme. Ce n’est pas un filet d’eau qui saute un rocher ou dévale une falaise. C’est une masse mousseuse qui engloutit tout. M’approchant, je distingue maintenant des silhouettes qui se détachent à contre-jour. La rumeur s’amplifie. Je marche doucement. C’est tellement mieux que de sortir de la voiture sur le parking pour tomber sur une attraction touristique ! La lenteur accroît le désir.

Gullfoss : écume

Depuis le Niagara, je n’ai pas rencontré de chutes aussi puissantes, de délicats « voiles de la mariée » aériens et délicats, vertigineux, peut-être, mais d’aussi puissants, non.

Mes lunettes sont embrumées, je protège l’appareil photo et le téléphone, tout en mitraillant sans discernement. Gullfoss projette une douche de gouttelettes.

Le sentier en corniche est bien encombré. Peu importe. La cascade est si impressionnante que j’oublie la foule. Juste un étonnement quand un photographe pose son coûteux reflex sur le rebord du rocher pour éviter le « bougé » à la merci d’un maladroit qui shooterait dedans en reculant avec sa perche à selfie. En remontant, je découvre qu’il n’y a pas une seule cascade mais deux PALIERS qui se succèdent ; celle de 11 m s’étale en éventail, l’autre en dessous, de largeur moindre saute de 31 m et s’engage dans un profond canyon entre les parois basaltiques, fissure recreusée à la fin de l’ère glaciaire. Sous le basalte, la roche plus tendre s’est érodée. Deux sentiers suivent la paroi, l’un plus bas et l’autre surmonte avec une vue plongeante. Des escaliers relient les deux promenades.

Ces chutes spectaculaires furent menacées : en 1907 un projet de centrale électrique fut décliné par Tomas Tomasson, fermier à Brattholt qui possédait le terrain « Je ne vends pas mon ami » ; cependant peu de temps après Gullfoss tomba dans des mains étrangères qui avaient obtenu un contrat de location. Sigridur Tomasdottir essaya d’obtenir l’annulation de contrat et perdit son procès. Sigridur ne ménagea pas son temps pour sauvegarder le site. Elle est souvent appelée la 1ère écologiste d’Islande. Raconte un panneau.

les sommets et les glaciers

Tandis que je ne pensais qu’à la cascade et son eau bouillonnante, une dernière surprise me guettait : les glaciers qui recouvrent les sommets. Pour moi, les glaciers sont de grands inconnus. J’ai seulement aperçu de loin la Mer de Glace et le glacier de la Meije. Le réchauffement climatique a récemment fait disparaître un glacier islandais. La menace qui pèse sur eux rend urgent de les voir de près alors qu’il est encore temps. Du parking de Gullfoss, part une route vers les Hautes Terres. Un panneau est formel : les pistes et routes F sont interdites aux véhicules de location (sauf 4×4) ; les dommages au châssis ne seront pas couverts par les assurances (il est signé AVIS, BUDGET HERTZ). Nous ne quitterons donc pas le goudron et dès que la route 35 deviendra F35 nous ferons demi-tour.

lupin

Nous quittons une zone verte couvertes de lupins(la floraison est malheureusement terminée mais j’en ai trouvé un bleu à Geysir) pour une lande rase où paissent de nombreux chevaux (promenades proposées) et quelques moutons erratiques. Puis, un champ de roches parsemé des blocs et de bombes, véritable désert caillouteux. €Les sommets déchiquetés se rapprochent .: rhyolite (pourpre comme en Corse) et palagonite (basalte altéré en un verre stable jaunâtre (selon Encyclopedia universalis). Au loin on devine des pics couverts de neige. Et on s’approche du mur blanc des glaciers, encore si lointains.

les sommets déchiquetés

Le restaurant de Gullfoss est une cafeteria, un self où un bol de soupe aux asperges et deux tartines beurrées coûtent 15 E, il faut desservir soi-même, ambiance sinistre mais avec la Wifi, nous envoyons à nos amis FB des images sensationnelles.

Près de Laugervatn, à Utey, la fumerie REYHUSID se trouve près d’un petit lac, cachée par un bosquet d’arbres. Avant d’acheter, dégustation de trois variétés, de miel à rose foncé ; la dame nous conseille de goûter du plus fin au plus fort. Notre choix se porte sur l’intermédiaire. La dame nous montre la peau à très fines écailles et précise « char » : c’est de l’omble chevalier ; 180 g 950 ISK -7E

Au supermarché j’ai acheté des crackers suédois genre Wasa et du Skyr. Devant la serre, sur une table « little market » « mettez ce que vous voulez » je prends trois sortes de tomates cerises rouges, noires et moyennes jaunes. Installées dans la véranda sous la vigne, nous faisons un dîner raffiné.

De nouveaux clients sont arrivés. Quand ils ont réglé par carte de crédit, comme par magie, la wifi est arrivée, coupée plus tard dans la soirée. Ce miracle d’Internet a provoqué chez nous un grand fou-rire qui nous a valu la tête de Magnus qui n’a pas répondu à mes tentatives de conversation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

9 réflexions sur « Geysir Gullfoss de surprises en surprises »

  1. J’essaie de raccorder tes images à celles que j’ai vues samedi soir dans « Echappées belles ». C’est une nature magnifique et qui doit surprendre tout le temps.

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  2. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir.

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