les fjords de l’est de Berufjördur à Egilsstadir

CARNET ISLANDAIS

fjord de l’est

La route contourne parfaitement le fjord suivant, très long, très étroit qui contient une dizaine de sites d’aquaculture ; des bateaux équipés de bras articulés sont à proximité des filets ronds. La route monte, descend, fait des virages surprenants et semble butter contre une muraille le Groenafell qu’elle suit au niveau de la mer. Ici, les maisons sont revêtues de tôles imitant les lattes de bois, peintes de blanc, de rouge ou parfois de jaune ; que recouvrent ces tôles ? du bois ? Du ciment ? Dès qu’il y a une aire assez vaste et plate on cultive ces champs d’herbe rectangulaires. A la pointe, un petit phare fait une tache orange.

cygnes

Nous passons Breidavik sans nous arrêter. A la sortie il y a une jolie plage noire. Que faire à la plage alors qu’il fait 11°. Sur un parking, on raconte l’histoire de l’Attaque des pirates le 8 juillet 1627 à Breidalur : la population, prévenue, s’était cachée et les pirates algériens n’ont pu razzier que trois personnes. Le panneau raconte aussi la construction de la route circulaire entreprise en 1962 puis refaite en 2002 . Je me souviens du périple de Karitas tout autour de l’île en bateau alors que la route du nord était barrée par la banquise.

kambanes : une montagne en forme de pyramide

Nous pique-niquons au pied de la curieuse montagne à Kambanes dont la silhouette ressemble à une pyramide à degrés avec un sommet pointu (couches de basalte du volcan Alfafjodur. L’après-midi, le brouillard a disparu le soleil éclaire le rivage tandis que les nuages restent accrochés à la montagne.

Stödvarfjördur

Le petit fjord suivant est moins échancré. Stödvarfjördur –  est le port bien abrité où les pêcheurs français de la Grande Pêche avaient l’habitude de faire relâche.

le jardin de pierres de Petra

A l’entrée du village le jardin de pierres de Petra est une belle visite : collection minéralogique imposante comme jardin fleuri où il fait bon s’arrêter faire une pause. Depuis sa plus tendre enfance Petra a collectionné les roches et les a disposés dans son jardin. Des jaspes colorés voisinent avec des géodes et des cristaux de calcite ou de quartz. Aucune prétention scientifique dans le classement quoique les roches sont déterminées et étiquetées pour les visiteurs curieux disposant de tout leur temps. Cette accumulation est comme un trésor offert pour le plaisir des yeux ; dans des recoins on a installé des sièges, une fontaine murmure, il y a un petit pont, des personnages, une petite cabine…C’est un endroit merveilleux, j’ai autant de plaisir à contempler les fleurs que les roches. Ce jardin est aussi entretenu à la gloire d’une femme passionnée de nature et de montagne. Petite fille, elle entraînait ses amis, mère, ses enfants dans ses récoltes. Elle sut résister quand on lui fit comprendre qu’elle ferait mieux de cuire le pain ou de tricoter.

les bateaux de la Grande Pêche

Le village français, sur le bord du fjord a été restauré. C’est l’ l’Hôtel Foss qui tient le musée. En sortant de voiture, je suis saisie par l’odeur de la morue séchée. Sur les murs de la grande bâtisse grise des explications multilingues et pour une fois en Français raconte la Grande Pêche menée par les pêcheurs de Dunkerque, de Paimpol ou de Saint Malo qui venaient de longs mois pendant près de 400 ans pêcher la morue à l’Est de l’Islande. Cette pêche était une activité périlleuse pendant les longs mois de la campagne certains marins se blessaient d’autres tombaient malades : la France envoyait des bateaux-hôpitaux militaires pour les soigner. En 1896 on construisit un abri hospitalier avec un hôpital, une chapelle et un cimetière ; tous les bâtiments furent laissés à l’abandon et déménagés. Récemment tout a été remonté autour de l’hôtel.

village français

Au rez de chaussée, on voit une chambre d’hôpital, des instruments de chirurgie et la salle d’attente. Des mannequins peuplent la scène. On descend un escalier et on est à bord d’une goélette aménagée avec les couchettes des marins, la petite Vierge et sa lumière comme le contait Pierre Loti dans Pêcheur d’Islande. Une sonorisation fait croire que le bateau est en  mer, on le sent tanguer, on reçoit des paquets de mer. On passe sur le pont où se trouvent les paniers avec les morues qu’on sale, les cordages et les lignes. Les vagues font illusion. En regardant mieux, on voit que dans l’écume blanche sont inscrits les noms des pêcheurs morts en mer ou disparus. Belle représentation ! Un document audiovisuel réalisé avec des photos et des films d’époque anime cette Grande Pêche et raconte la restauration récente du village français.

a bord!

De Fäskrudsfjördur à Egilsstadir , on peut soit emprunter le tunnel (45 minutes), soit faire le tour de la presqu’île et la moitié du fjord de Reydarfjördur sur une piste (1h30). Sommes-nous venues jusqu’ici pour passer par un tunnel ? La dame du musée assure que la piste est bonne mais conseille néanmoins le tunnel.

retour du soleil

Le soleil est radieux, la mer bleue, la petite île qui ressemble à un volcan brille toute illuminée. La piste de terre est tout à fait roulante, montées et descentes sont impressionnantes, on arrive vite à la pointe marquée par un petit phare orange. Un tronçon est goudronné, la piste reprend plate au niveau du fjord. En face on découvre l’usine d’aluminium, un monstre de tôle blanche qui enlaidit la vue.

Nous retrouvons la route circulaire 1, il reste 30 km entre les montagnes d’où descendent d’innombrables cascades, ruisseaux et ruisselets. Une surprise : la neige, d’abord quelques petits névés vers les sommets puis les crêtes se couvrent de grandes plaques blanches. Enfin, nous descendons sur la ville d’Egilsstadir qui paraît plus urbanisée que les ports traversés aujourd’hui malgré seulement 2500 habitants. Un panier fleuri avec des pensées et des choux accueille les visiteurs, le centre commercial et l’office de tourisme sont modernes et brillants. Depuis Reykjavik nous n’avions mas vu d’immeubles, il y a ici 6 tours grises.

Nous franchissons le lac très allongé pour arriver à Vinland – la Guest house où on nous a réservé un studio dans un petit bâtiment vert. L’accueil est sympathique mais la clé dans une boîte à code (j’ai horreur de cela). Tout est parfait : il y a une cuisinette équipée, de la vaisselle, un four à micro-onde, un frigo une bouilloire ; nous allons dîner là : saumon fumé, salade de pommes de terre et skyr, un festin.

 

 

 

 

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

2 réflexions sur « les fjords de l’est de Berufjördur à Egilsstadir »

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