Seyðisfjörður

CARNET ISLANDAIS

le fjord de Seydisfjördur

Au Vinland, on ne sert pas le petit déjeuner ; nous avons un voucher pour le grand Hôtel du Lac à Egilsstadir, hôtel traditionnel de plusieurs étages avec lobby orné avec de vieux skis de bois et d’une décoration soignée, des branches de bouleaux surmontent les rideaux, classieux. Buffet somptueux : épaisses tranches de saumon, pains variés, céréales, skyr présenté dans de jolies verrines, bacon ? pancakes et sirop d’érable…Byzance, nous en profitons bien ; le petit déjeuner est la meilleure expérience gastronomique de la journée.

le lac d’Egilsstadir

La route 93 passe par un bois de mélèzes en tenue déjà automnale puis grimpe dans la montagne. En chemin, nous négligeons une promenade vers une cascade, nous avons hâte d’arriver. Très vite, nous parvenons au col. Le vent est tellement puissant qu’il me fait trébucher avec mon anorak gonflé comme une voile. La vue est extraordinaire : le lac d’Egilsstadir, argenté se faufile entre les chaines de montagne dans d’un gros SUV un écrin boisé, au fond la masse enneigée du Snaefell sort derrière un nuage – dommage pour la photo, il n’y a pas de contraste. Les plaques à neige sur les montagnes voisines, orientées N/S nous rappelle la latitude nordique (65.3°) proche du cercle polaire (66.3°) ; le sommet culmine à 1271 m ; impressions de haute montagne. Un cairn marque l’itinéraire quand la route n’existait pas, il mesure au moins 3 m de haut, épaisseur nécessaire l’hiver quand la neige recouvre tout. Nous découvrons de petits lacs, l’un d’eux est barré d’une digue empierrée. Je ne vois aucune trace d’une centrale électrique, en revanche un panneau parle de dispositifs paravalanches. Des avalanches meutrières ont atteint le village invisible du col mais pourtant très proche. J’ai du mal à comprendre ce dispositif si différent de ce que je connais dans les Alpes. La descente dans cet univers minéral est vertigineuse, heureusement il n’y a pas de circulation, on peut rouler très doucement et utiliser le frein moteur.

Seydisfjördur : Gulufoss

Au bas de la pente la cascade Gulufoss se voit de la route. Les photographes japonais sont à l’œuvre : une jeune fille excentrique descend d’un gros SUV portant un volumineux bonnet à pompon avec des lunettes de motocycliste anciennes, une jupe épaisse noire à volants horizontaux sur des leggings : modèle de mode ou compagne du photographe.

les maisons colorées de Seydisfjördur

Seydisfjördur (668 ha) est le terminal des ferries de Smyril Lines reliant les Îles Féroé et le Danemark. Aujourd’hui il n’y a pas d’activité sur le port. Cette liaison a apporté une certaine richesse au village avec de très belles maisons colorées de bonne taille et de belle facture. Le fjord se termine par un petit lac, miroir qui capte les reflets. Nous jouons avec les reflets, des maisons dans le lac, des montagnes dans le fjord. Toutes les belles maisons sont transformées en chambres d’hôtes ou en auberges : l’ancienne Pharmacie bleue très vif, l’ancien Hôpital rouge et vert, jaune l’Auberge de Jeunesse ; même le commissariat est logé dans une élégante maison de bois grise. Tour du lac pour me dégourdir les jambes. Le parcours de statues est plutôt décevant : la statue commémorant l’avalanche est une poutrelle tordue (comme au pied de Skalafell pour les rues).  Une installation sonore m’intéresse : elle se trouve à l’écart du village dans la pente, une grimpette d’un quart d’heure pour découvrir quatre coupoles de ciment qui communiquent. Des chinoises posent pour une photo de groupe. A l’intérieur, pas de son particulier, arrive un groupe de randonneurs qui font des vocalises. Rien d’exceptionnel !

reflets dans le fjord de Seydisfjördur

Après quelques emplettes à Netto, nous reprenons la route d’Egilsstadir. Le temps se gâte, le vent se déchaîne. Dominique se cramponne au volant dans les lacets ; la route étroite surplombe le vide sans la sécurité d’un glissière ou d’un bas-côté, seuls des piquets jaunes balisent le bord de la chaussée ; au col, pas question de sortir, le vent arracherait la portière.

la petite église bleue et les maisons qui se reflètent

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

4 réflexions sur « Seyðisfjörður »

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