Luca Giordano – (1634 – 1705) Le triomphe de la peinture napolitaine au Petit Palais

Exposition temporaire au Petit Palais jusqu’au 23 février 2020 au Petit Palais

Luca Giordano : autoportrait

A l’entrée,  une série d’autoportraits nous permet de faire connaissance avec le peintre de sa jeunesse à l’âge mur.

Les expérimentations d’un jeune artiste

Dans cette première salle, nous assistons à l’apprentissage de l’artiste, « Luca-fa-presto »  étudie les maîtres imitant Titien, Reni ou Rubens…. si bien qu’on l’a accusé de faussaire.

Le Christ devant Pilate

Dans le Christ devant Pilate, il a combiné deux estampes de Dürer pour composer un tableau personnel.

La Vierge, l’Enfant avec Saint Jean Baptiste

La Vierge, l’Enfant avec Saint Jean Baptiste renvoie à la Vierge de Lorette de Raphaël montrant un artiste qui maîtrise l’art du pastiche.

La définition du Mythe Giordano dans les églises de Naples

Six très grands formats dans une salle tendue de violet avec des arcades tentent de rendre aux retables et grands tableaux d’église leur décor d’origine.

Je n’aime pas forcément tous ces chefs d’oeuvres de la Contre-Réforme comme La Madone du Rosaire où figurent Sainte Thérèse d’Avila, Catherine de Sienne et Saint Dominique.

Saint Michel Archange chassant les Anges Rebelles

En revanche les deux grandes toiles héroïques : Saint Michel archange chassant les anges rebelles m’a frappée : peinture sculpturale sans aucune condescendance ou mièvrerie.

Saint Antoine donnant l’Aumône

L’héritage de Ribera

Le bon samaritain (1660)

est présenté dans une grande salle très sombre tendue de brun. On y fait dialoguer les tableaux et les peintres Ribera et Giordano, mais aussi Preti et Giordano, Caracciolo et Giordano, Caracciolo introduisant l’influence directe du Caravage dans des tableaux sombres, dramatiques au contre-jour à l’éclairage violent.

Le Bon Samaritain fut même attribué jusqu’au XXème siècle à Ribera.

Le martyr de Pierre

Au centre le Martyr de Pierre de Preti est accompagné de deux toiles de Giordano avec la même ambiance caravagesque, j’ai préféré le Preti, plus riche. Leur faisant face, sur la cimaise opposée : Apollon et Marsyas peints par Ribera (1637) et Giordano (1660). La composition rappelle le Martyr de Pierre, le Ribera est moins sombre, son Apollon plus gracieux, tandis que le Giordano est plus sombre, plus violent encore.

Ribera : Apollon et Marsyas

j’ai apprécié le dialogue des Saint Sébastien : Ribera (1651), Preti (1657) Giordano (1660) dans une salle tendue de rouge (et c’est encore le Preti que j’ai préféré).

Luca Giordano entre cynisme et stoïcisme est le titre de la section suivante : une collection de portraits de philosophes ainsi que deux tableaux de la Mort de Caton et Mort de Sénèque.

Le triomphe de la mort : Giordano et le spectacle de la Peste. La peste de Naples 1656 décima la population. Giordano montre l’intervention de Saint Gennaro. C’est encore l’occasion de la confrontation de Preti et de Giordano. 

Vient ensuite une série de dessins sur des sujets mythologiques ou bibliques qui montre la virtuosité de Giordano comme dessinateur.

Le baroque local

 

Cette fois-ci, Giordano est présenté à Pierre de Cortone, tous les deux invoquant la figure de Saint Alexis avec des teintes plus claires (fond jaune) et apparition de putti bien baroques.

Giordano n’a pas peint que des sujets religieux toute une salle présente des sujets mythologiques avec des héroïnes alanguies comme Ariane abandonnée, Diane et Endymion, le Retour de Persephone, Polyphème et Galatée

En 1694, départ pour l’Espagne où il a de nombreuses commandes royales pour l’Escurial, la Bibliothèque du Prado, Saint Laurent des allemands où il réalise d’éblouissantes fresques qu’on peut admirer dans une salle où elels sont projetées à 360° accompagnées de la musique de Scarlatti : Lamentations pour l’office des Ténèbres.

La dernière salle Le grand Séducteur à la Cour d’Espagne montre un style lumineux, aérien et insouciant avec une belle Assomption de la Vierge et Tancrède baptisant Clorinde qui fait plus penser à un badinage amoureux qu’à un acte religieux.

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

4 réflexions sur « Luca Giordano – (1634 – 1705) Le triomphe de la peinture napolitaine au Petit Palais »

  1. Je regrette de n’avoir pas pu la voir. C’est un artiste que je croise souvent dans les musées (ou autres) et sans aimer forcément j’aurais bien aimé mieux le connaître et le comprendre. Tant pis.

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s