24 décembre : Levada do Risco- courses à Calheta – Jardim do mar – Paul do Mar

CARNET DE MADERE 2022

Rabaçal dans le brouillard – cherchez la randonneuse!

Prévisions météo correctes, pas de pluie avant 13h

Nous avons toujours affirmé que les Réveillons à rallonge nous écœuraient mais il se trouve que nous n’avons rien pour dîner en dehors d’un chou-fleur ou de pâtes sans sauce. Rien qui nous plaise dans les supermarchés de Porto Moniz, ni dans la superette près de chez nous, ni en bas dans le supermarché un peu plus grand. Les madériens, ont des jardins, des congélateurs, mangent de la morue salée séchée ou du chorizo plutôt que saumon et foie gras.

La route de Rabaçal monte dans la montagne, passe un col à 1166 m. Le brouillard s’abat les sommets, des écharpes s’enroulent, des rideaux avancent et nous noient dans la purée de pois. On évite les vaches sur la route au dernier moment. Et pourtant, le parking de Rabaçal est occupé par nombreuses voitures. Je ne serai donc pas la seule aventurière.

Rabaçal, levada PR 6.1

Le PR6 se divise en plusieurs itinéraires. La randonnée la plus fameuse est la 6 Randonnée des 25 Fontaines et 6.1 Cascade de Risco. La dame de l’Office de Tourisme de Porto Moniz m’a déconseillé la première qui attire les groupes en car. Comme le sentier est très étroit un sens unique est imposé et les randonneurs bouchonnent. Le départ des deux randonnées est commun : une route goudronnée descend jusqu’à l’auberge de Rabaçal les deux sentiers se séparent ensuite.

Auberge de Rabaçall

La route est sèche, le brouillard stagne à l’altitude du parking autour de 1000 m. Comme il est tôt, il y a peu de monde. Je fais route un moment avec une famille anglaise. La jeune femme me félicite pour mon anglais. Je lui réponds que généralement les anglophones ne font pas d’effort pour les langues étrangères puisqu’ils sont compris dans le monde entier. « Mais je parle ourdou, arabe en plus de l’anglais ». C’est agréable de trouver de la compagnie. J’ai toujours une appréhension au départ d’une randonnée. Totalement injustifiée dans le cas de celle-ci. Le sentier est large, sec et sécurisé par de solides barrières du côté du ravin. Je suis la levada du Risco pendant un kilomètre et découvre une belle cascade. Pour l’aventure, vous repasserez ! Je regrette de ne pas avoir continué avec les Anglais sur les 25 fontaines. Le retour est un peu différent, je découvre un sentier qui mène à l’auberge sous la route, beaucoup plus agréable/

L’auberge parait très accueillante, par les fenêtres je vois de belles couettes blanches et des oreillers rebondis. On sert des pasteis de nata et des bolos variés au salon de thé. Des escaliers rejoignent la route. C’est déjà cela de gagné sur la remontée pénible sur le goudron. Je retrouve le brouillard à l’entrée du parking.

Le piquenique dans la montagne est compromis : brouillard et vent.

Nous descendons à Calheta, distante seulement de 9 km mais sur une route étroite et dans le brouillard complet. C’est une épreuve pour la conductrice. Sur la côte sud, le soleil brille faiblement : j’ai quitté chemise et polaire. Au supermarché c’est encore la foule. Les touristes cherchent à improviser un réveillon. La poissonnerie est bien achalandée avec de jolies dorades, des filets de rougets. J’achète des crevettes roses, une demi-papaye, un demi-ananas, un kaki des bananes. Noël tropical !

Les environs de la marina, hôtel et parkings me rebutent. Nous déjeunons sur le bord de la route à mi-pente sous les petites bananeraies et les jardins fleuris. Le soleil brille. Il y a de jolies couleurs. A la sortie de Calheta, le MUDAS, Musée d’Art Contemporain, perché sur la falaise me tente. C’est une belle construction en pierre volcanique grise, claire et bulleuse taillée en moellons réguliers, lisses aplatis. Les volumes sont très sobres, parallélépipèdes simples. Il faut se faufiler dans d’étroits couloirs pour découvrir le patio central et l’entrée. Les ouvertures en verre dépolis laissent passer la lumière mais ne dévoilent rien des œuvres exposées. Fermé, la veille de Noël et jusqu’à mardi, nous n’aurons pas l’occasion de revenir, dommage !

Nous improvisons la suite des visites dans les villages de Jardim do Mar et Paul do Mar fuyant toujours la ER 101 et ses tunnels. D’après la carte Michelin la ER 223 serait touristique. Nous n’en avons pas fini avec les tunnels que franchit la ER 223, mais petits et vieux. Bien sûr, les falaises impressionnantes interdisent tout trafic automobile aérien. Madère est un vrai gruyère.

Jardim do mar

jardim do Mar portinho

Nous traversons par erreur les rues étroites bordées de maisons et jardins fleuris réservées aux riverains et arrivons au portinho. Les barques ont été hissées à terre sous une belle cascade tandis que sur la digue se brisent de très hautes vagues. Des photographes attendent les plus spectaculaires. Avec le téléphone le cadrage est aléatoire. Heureusement, on peut rogner, recentrer, zoomer. Un snack bar répand des odeurs de poissons ou crustacés. Si on revenait ? Demain, il ne faut pas compter sur le restaurant : Noël c’est sacré pour les familles, tout sera fermé. Il faudra organiser le pique-nique.

jardim do mar portinho vagues

Le front de mer est aménagé pour une promenade, palmiers, agaves, aloès, pelouse. Les vagues sont impressionnantes, couleur menthe glaciale. Au loin, après une haute falaise se dessine l silhouette de Paul do Mar blotti autour de sa grande église blanche.

Paul do Mar vu de la promenade de jardim do mar

Pour arriver à Paul do Mar on franchit un tunnel (encore) . A nouveau Dominique se gare au portinho où se trouvent de nombreux cafés, restaurants et snacks. La promenade de front de mer s’arrête, les maisons sont construites directement sur l’eau. Il faut entre dans le village parcourir la rue principale pavée de noir et blanc avec des motifs maritimes, voiliers, vagues, bulles. L’église moderne en ciment et sans grâce se voit de loin. A la sortie du village une longue promenade est possible le long de l’océan, mais elle n’est pas végétalisée comme à Jardim do Mar. De l’autre côté de la route des blocs se trouvent des de logements cubiques jaunes peu avenants sans jardins ni fleurs.

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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