UKRAINE

Depuis que j’ai rencontré Stéphanie Pérez à Créteil en Poche, j’ai téléchargé 3 de ses romans qui complètent admirablement ses reportages, installant l’histoire dans la durée alors que les apparitions à la télévisions sont éphémères et ne permettent pas à s’attacher aux personnages.
Comme dans le Gardien de Téhéran, pour la peinture et la musique dans le Berger d’Alep, l’art est très présent dans ses romans. Danse et musique, même sous les bombes, sont actes de résistance : donner de la joie aux ukrainiens, redonner la fierté et du sens à la vie même dans des conditions dégradées. Ordres venant d’en haut : les musiciens russes sont bannis, interdit Tchaikovski et la base du répertoire. Cela ne va pas de soi.
« Elle traverse le studio, les jambes flageolantes, la gorge nouée, et avant de claquer la porte, se retourne une dernière fois : — Poutine partira, Tchaïkovski restera. Et ce n’est pas parce qu’on l’écarte de notre répertoire qu’on gagnera la guerre »
Les Ukrainiens ne réagissent pas tous de la même manière, les deux danseurs étoiles s’engagent sur le front, certaines famille s’exilent, d’autres hésitent. La romancière évoque tous les possibles, sans juger, sans glofiier l’héroïsme.
Contraste entre les corps parfaits des danseurs et les blessés, estropiés. Une autre façon d’envisager la danse est possible, même avec des corps mutilés : la petite fille avec sa prothèse peut encore imaginer devenir ballerine.
Barbarie et massacres. Magnifique résilience. Etonnante babouchka au coeur malade qui s’engage pour fabriquer des cocktails Molotov!
On suit une très belle histoire, les pages se tournent toutes seules.