Gérard de Nerval :Voyage en Orient

VOYAGE EN ORIENT

David Roberts vue du Caire

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« Je vais au-devant du soleil…Il flamboie à mes yeux dans les brumes colorées de l’Orient…. »

Nerval est parti à l’aventure, sans  aucun plan, aucun programme. Sa relation est une série de récits à un ami dans lequel ajoute des anecdotes et même des contes.

« Tu ne m’as pas encore demandé où je vais : le sais-je moi-même ? je vais tâcher de voir des pays que je n’ai pas vus…. »

 

Nerval n’est pas parti en pèlerin, comme Chateaubriand ou comme Byron, il ne s’est pas chargé d’une bibliothèque comme Lamartine. Nerval pare des charmes de l’Orient, les rives du Lac de Constance dont le nom évoque Constantinople. Nerval est dilettante, il cherche la bonne fortune, s’attarde sous le charme des belles à Vienne qu’il quittera après une rupture sentimentale. Vienne est-elle encore la porte de l’Orient ? Ou seulement une étape agréable ?

 Il embarque à Trieste sur l’Adriatique par un temps épouvantable, fait relâche à Corfou dont nous ne saurons rien, et, après une tempête, aborde à Cythère

« …ma journée a commencé comme un chant d’Homère ! C’était vraiment l’Aurore aux doigts de rose qui m’ouvrait les portes de l’Orient !… »

S’il commence sur le mode lyrique, il ajoute aussitôt :

Embarquement pour Cythère – Watteau

« Pour rentrer dans la prose, il faut avouer Que Cythère n’a conservé de toutes ses beautés que les rocs de porphyre, aussi tristes à voir que de simples rochers de grès. Pas un arbre sur la côte […] pas une rose, hélas ! Pas un coquillage le long de ce bord où les Néréides avaient choisi la conque de Cypris. Je cherchais les bergers et les bergères de Watteau…. »

Mais plutôt que de rester dans un inventaire prosaïque de ses déceptions, il préfère écrire un chapitre s’intitulant : La Messe de Vénus où il raconte les amours de Polyphile et de Polia, deux amants se préparant au pèlerinage de Cythère. Polyphile, c’est-à-dire Francesco Colonna, peintre du 15ème s’éprit d’une princesse italienne…Nerval, le poète s’autorise toute digression anachronique, pour notre plus grand plaisir. Mais il ne nous prive pas de la description de l’île, sous domination anglaise. Il cherche les vestiges du temple de Vénus, découvre une arche portant une inscription qu’il traduit : guérison des cœurs !

Avant de naviguer dans les Cyclades, il passe le Cap Malée « c’est un lieu magnifique en effet pour rêver au bruit des flots comme un moine romantique de Byron ! »

Dans la rade de Syra (Syros ?) : « je vis ce matin dans un ravissement complet. Je voudrais m’arrêter tout à fait chez ce bon peuple hellène, au milieu de ces îles aux noms sonores et d’où s’exhale comme un parfum du Jardin des Racines grecques » et de nous faire une démonstration de ses connaissances « Ah que je remercie à présent mes bons professeurs, tant de fois maudits, de m’avoir appris de quoi déchiffrer à Syra l’enseigne d’un barbier … »

Mais aux moulins de Syra, sa connaissances du Grec lui fait défaut et l’entraîne dans ne sorte de chasse aux jeunes filles, en revanche il est capable de suivre une un drame hellénique  où un Léonidas moderne avec trois cents palikares terminent la pièce par des coups de fusil.

J’aurais volontiers suivi Nerval dans d’autres aventures aussi distrayantes mais il ne s’attarde pas et fait voile vers l’Egypte.

Sa première impression est que « l’Égypte est un vaste tombeau : […] en abordant cette plage d’Alexandrie qui, avec ses ruines et ses monticules offre aux yeux des tombeaux épars sur un terre de cendre. ». En touriste, il va voir la colonne de Pompée, les bains de Cléopâtre et « je ne te parle pas d’une grande place tout européenne formée par les palais des consuls… »

Pierre Narcisse – bonaparte faisant grâce aux révoltés du Caire

Le titre de la partie consacrée au Caire : LES FEMMES DU CAIRE, est instructif. Nerval nous racontera son ascensions aux Pyramides, décrira les marchés, les palais…mais il ne se comporte pas comme les autres visiteurs. Sa première préoccupation est de découvrir les femmes égyptiennes  « Arrêtons-nous, et cherchons à soulever un coin du voile austère de la déesse de Saïs. » »L’habit mystérieux des femmes donne à la foule qui remplit les rues l’aspect joyeux d’un bal masqué », écrit-il un peu plus loin. Loin d’épouser les préjugés occidentaux, il imagine que le voile procure aux égyptiennes une liberté que les européennes ne connaîtraient pas.

Son drogman, son interprète Abdallah, essaie de lui faire connaître les mœurs des Européens au Caire, l’entraîne dans les hôtels,  mais « autant voudrait n’être point parti de Marseille. J’aime mieux, pour moi essayer la vie orientale tout à fait. ». Il décide de louer une maison, il doit d’abord acheter du mobilier au bazar, engager du personnel mais ce qu’il n’avait pas prévu c’est qu’il lui faudrait prendre femme. Cette aventure occupe une bonne partie de son séjour au Caire et lui permet d’entrer dans l’intimité de familles coptes ou musulmanes à la recherche d’une épouse convenable.

« Ne vous mariez pas, et surtout ne prenez point le turban ! » lui conseille un peintre français officiant avec un daguerréotype. Abdallah, le drogman est d’un autre avis, il propose des « mariages coptes » qui, avec l’avantage d’être chrétien, ne l’engagerait que pour le temps de son séjour en Egypte – mariage temporaire, en quelque sorte, trouvées par l’intermédiaire d’un wekil – un entremetteur. L’idée du mariage temporaire heurte la sensibilité de Nerval, une dernière solution lui paraît meilleure : acheter  une esclave qu’il libèrerait ainsi…

 Nous voilà bien loin des relations de voyage des pèlerins ou des touristes de Cook ! Nous arrivons en pleines Mille et Unes Nuits, au Besestain – le bazar – dans les jardins de Rosette, dans un bois d’orangers et de mûriers – au Mousky… Nerval nous fait découvrir la vie quotidienne au Caire où il se promène sur des ânes ou à pied. Rencontres insolites avec les anciens compagnons de Bonaparte restés en Égypte. Nerval ne partage pas les préjugés en cours: « je trouve qu’en général ce pauvre peuple d’Égypte est trop méprisé par les Européens ».

Nous suivons ses progrès dans la langue arabe dont il ne connaît au début qu’un seul mot Tayeb bon pour  tous les usages, découvrons la cuisine locale, y compris les sauterelles,

Après huit mois passés au Caire, avec son esclave Zeynab, Nerval s’embarque sur une cange sur le Nil bravant la peste qui sévit dans le delta et poursuit vers Beyrouth sur La Santa-Barbara,   bateau grec en compagnie d’un jeune arménien poéte. La navigation à voile est hasardeuse : 

« Pour peu que les vents nous fussent contraires nous risquions d’aller faire connaissance avec la patrie inhospitalière des Lestrigons ou les rochers porphyreux des Phéaciens. O Ulysse ! Télémaque ! Enée ! Étais-je destiné à vérifier par moi-même votre itinéraire fallacieux ! « 

Contrairement à Chateaubriand et son catholicisme militant, à Lamartine qui se réjouissait d’emboiter les pas de Jésus, Nerval se présente comme « un Parisien nourri d’idées philosophiques, un fils de Voltaire, un impie selon l’opinion des braves gens ! » il est donc dénué de préjugés religieux et admire la tolérance mutuelle pour les religions diverses. C’est cette tolérance qui le différencie de ses prédécesseurs fameux et qui le rend tellement ouvert à toutes les croyances et les traditions. Devant les côtes de Palestine, il n’éprouve aucun enthousiasme mystique, mais décrit les montagnes, l’aspect de la côte et, surtout raconte la quarantaine à laquelle ils sont soumis arrivant d’une zone où sévit la peste.

Au Liban, dans la Montagne,  il est l’hôte des Maronites, mais aussi des Druzes, assiste aux batailles entre ces communautés. Un moment, il pense participer à ces combats :

 « Que je puisse assister, dans ma vie à une lutte un peu grandiose, à une guerre religieuse. Il serait si beau d’y mourir pour la cause que vous défendez »

Mais dans le feu de l’action, le voilà qui reconnaît les druzes qui l’avaient si bien accueilli et que les vengeances, les destructions sans fin ne le concernent pas et il conclue

« Au fond, ces peuples s’estiment entre eux plus qu’on ne croit et ne peuvent oublier les liens qui les unissaient jadis. Tourmentés et excités soit par les missionnaires, soit par les moines, dans l’intérêt des puissances européennes, ils se ménagent à la manière des condottieri d’autrefois, qui livraient de grands combats sans effusion de sang… »

Pour être plus libre de ses mouvements dans la montagne, Nerval a laissé son esclave Zeynab à la pension de madame Carlès. Il y rencontre une jeune Druze dont il tombe amoureux. Il va donc essayer de faire libérer le père de Selma,  emprisonné par les Turcs de demander sa main. Fasciné par cette religion secrète, il tente d’en pénétrer les arcanes et trouve une parenté entre leur dogme et les secrets des Rose-Croix.

Interrompant son journal de bord, il raconte, sur le ton du conte oriental, l’HISTOIRE DU CALIFE HAKEM  en l’an 1000, dans les ruines du Vieux Caire. Hachich, rêves, prodiges… le conte, ou la légende est passionnante.

Encore une fois, Nerval qui a donné l’impression de vouloir se fixer au Liban reprend le voyage pour Constantinople.

Antoine Melling – Constantinople

« ville étrange que Constantinople ! Splendeur et misère, larmes et joie ; l’arbitraire plus qu’ailleurs, et aussi plus de liberté. Turcs, Arméniens, Grecs et Juifs, enfants du même sol et se supportant beaucoup mieux les uns les autres que ne le font, chez nous les gens de diverses provinces ou de divers partis. »

Encore une fois, la tolérance de Nerval est remarquable ! Curiosité de la variété des langues, des journaux, de la cuisine !

Alors qu’au Caire, il fuyait les Européens, à Constantinople, il fréquente Arméniens et européens et les Grecs  qui ne sont pas touristes mais partie prenante de la vie de la ville. Les Mille et Une Nuits ne sont pas loin : un inconnu lui raconte une aventure arrivée au Sérail.

Arrivé au moment du Ramadan, Nerval ne veut pas renoncer aux fêtes nocturnes. Le seul moyen d’y assister est de loger à Stamboul :  « Pensée absurde au premier abord attendu qu’aucun chrétien n’a le droit d’y prendre domicile » « eh bien ! un moyen seul existe ici,c’ est de vous faire passer pour Persan. »

Et voilà Nerval obligé de se déguiser en marchant persan  pour loger dans un caravansérail. Le jour en revanche, il était libre d’aller à Péra  ou ailleurs, visiter ses amis chrétiens ! A nouveau, prétexte à nous raconter un conte : spectacle de Karagueuz !

De tous les voyageurs romantiques que j’ai lus, Nerval m’apparaît le meilleur compagnon avec sa grande tolérance, son absence de préjugés, et sa fantaisie.

Ainsi se termine son voyage :

« J’ai été fort touché à Constantinople en voyant de bons derviches assister à la messe. La parole de Dieu leur paraissait bonne dans toutes les langues. Du reste, ils n’obligent personne à tourner comme un volant au son des flûtes, – ce qui pour eux-mêmes est la plus sublime façon d’honorer le ciel. »

Plutarque : Vie d’Alexandre le Grand

 

Alexandre – musée de Thessalonique

LIRE POUR LA GRECE

PLUTARQUE : vie d’Alexandre le Grand (Kindle)

Alexandre est une figure que j’ai croisée à plusieurs reprises, à Siwa et Alexandrie, en Bulgarie, bien sûr au Louvre. J’ai lu plusieurs biographies, Le Roman d’Alexandre de Pseudo-Callisthène et La Légende d’Alexandre  présentée par Lacarrière se basant sur une version byzantine. J’ai également aimé le roman de Gaudé,  Pour seul Cortège. J’ai emporté la Vie d’Alexandre de Plutarque sur ma liseuse en Macédoine.

C’est à quelques pas du site de Filippi, nommée en l’honneur de Philippe II, le père d’Alexandre, que j’ai commencé cette lecture.

J’ai été ravie de cette lecture ! Quelle fraîcheur dans ce texte ancien !

 Plutarque s’est attaché au personnage plus qu’à ses conquêtes. Plutôt que de raconter des exploits guerriers ou de faire l’inventaire des victoires, il narre des anecdotes vivantes pour louer l’humanité du héros, sa tempérance, sa simplicité. Certaines histoires sont connues. C’est un véritable plaisir de retourner aux sources, de lire comment il a dompté Bucéphale, cheval fougueux mais peureux, la rencontre avec Diogène est aussi célèbre…. Pas de nœud gordien !

  « Alexandre jugeant avec raison qu’il est plus digne d’un roi de se vaincre soi-même que de triompher de ses ennemis… » 

Plutarque  s’attache à montrer sa magnanimité avec la femme de Darius et ses filles, comportement chevaleresque avant l’heure !

Roi philosophe et lettré également. Plutarque raconte  qu’ayant fondu les meubles en or de Darius il fit confectionner une cassette et qu’on lui demanda quel était le plus grand trésor à y enfermer il répondit  « l’Iliade ».

Plutarque raconte aussi l’expédition à Siwa, et sa rencontre au prophète d’Ammon de façon plaisante, mettant sur le compte d’un lapsus et de la méconnaissance du grec la parole signifiant « fils de Jupiter » !

Détails pittoresques, anecdotes amusantes,  je ne me suis pas ennuyée un instant lors de la première lecture. Tandis que je rédige ce billet, je redécouvre des détails auxquels je n’avais pas prêté attention et relis avec un plaisir renouvelé.

Alexandre le Grand à la bataille d’Issos (via Wikipedia)

Takis THEODOROPOULOS – Le Roman de Xénophon

LIRE POUR LA GRECE

 

Takis THEODOROPOULOS – Le Roman de Xénophon (sabine wespieser) 344p.

Que faisaient les Dix Mille dans la  guerre de Cyrus contre Artaxerxés ?

Comment Xénophon l’Athénien est-il devenu leur général ?

Pourquoi, a-t-il raconté l’expédition dans l’Anabase ?

  Pourquoiest-il parti à Sparte au lieu de retourner à Athènes.

Autant de questions sans réponses.

 En Arménie, les guides des Musées Archéologiques avaient fait référence à Xénophon et m’avaient donné envie de relire l’Anabase –étudiée au lycée, mais dont le seul souvenir se résumait à Thalassa ! J’ai donc redécouvert l’Anabase avec grand plaisir.

Le Roman de Xénophon  est donc arrivé à point, à la veille de notre départ en Macédoine !

Dès les premiers chapitres, j’ai découvert Athènes, en 403, au moment du rétablissement de la démocratie, en effervescence, en pleines histoires de ciguë, après le régime des Trente tyrans. La démocratie n’allait pas de soi, ni l’hégémonie athénienne. Xénophon, partisan de l’oligarchie, revêt la tunique rouge des spartiates… Alcibiade a entrainé quelques années plus tôt Athènes à la catastrophe..

Roman historique, raconté dans un style alerte, primesautier, ironique,  fantaisiste ? L’écriture de Théodoropoulos, pleine d’humour laisse penser à un roman facile. Savoureux anachronismes que l’interprétation psychanalytique des rêves antiques, amusant rôle de Platon en philosophe jaloux de sa popularité, enterrement des textes de Xénophon dans la bibliothèque de l’académie, autant de ressemblances avec des mesquineries universitaires contemporaines. On s’amuse des correspondances !

Pourtant c’est aussi le livre d’un érudit, qui sait manier aussi bien les textes antiques, l’histoire et la philosophie. Plus sérieux qu’on ne l’imaginerait de prime abord. L’Anabase n’est pas la seule œuvre de Xénophon. Je découvre d’autres facettes, un Banquet mettant en scène Socrate, et nombreux écrits historiques, sans parler d’une Economique.

La lectrice béotienne en reste aux conjectures. L’alter ego Thémistogène, l’écrivain raté, secrétaire de Xénophon, buveur et obsédé, sous l’emprise de Dionysos, a-t-il existé ou est-il un produit de l’imagination du romancier ? Et la femme de Xénophon, « envoyée d’Artémis », arrivée déshabillée dans le camp des Grecs, Théodoropoulos l’a-t-il inventée de toute pièce ? Son  interprétation de  la mort de Socrate est-elle personnelle ou reconnue ?

J’ai en tout cas pris grand plaisir à cette lecture.

Petros Markaris – L’empoisonneuse d’Istanbul

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Petros MARKARIS – L’EMPOISONNEUSE D’ISTANBUL (Seuil policiers) 290p.

Le commissaire Charitos est en vacances. En voyage organisé, il visite les lieux touristiques d’Istanbul. Vassiliadis, un écrivain, contacte le policier : il s’inquiète de la disparition d’une vieille dame qui devrait se trouver dans la ville.

Charitos mène l’enquête en parallèle avec les visites touristiques  et les sorties au restaurant.

Ce n’est pas l’enquête policière qui a retenu mon attention, plutôt la visite d’Istanbul. Istanbul présentée aux touristes grecs, mais aussi Constantinople racontée par les Grecs natifs de la ville (comme l’auteur du livre), ceux qui ont émigré en Grèce à la suite des vagues d’émigrations, en 1922 d’abord avec les transferts de population, mais aussi plus tard, à la suite de persécutions, de la crise chypriote… Maria, l’empoisonneuse nonagénaire, est originaire du Pont Euxin, son  histoire est aussi une page de l’histoire grecque.

Rentrant de Macédoine et de Thrace, je suis particulièrement sensible à cette histoire d’émigration.

Charitos est associé à un policier  turc,  Murat. C’est l’occasion de montrer les relations entre Grecs et Turcs. Relations pleines de suspicion d’abord. Mais aussi comparaison entre  ces voisins si proches, qui partagent tant de leur histoire et de leur culture, qui apprécient la même cuisine.  Comparaison entre la « petite Grèce » face à la puissance ottomane, mais aussi entre la Grèce moderne faisant partie de l’Union Européenne, alors que la Turquie attend son intégration. Comparaison entre Athènes, un peu provinciale face à Constantinople, la grande Ville, riche cosmopolite et raffinée..

La surprise ne vient pas tant de la suite d’empoisonnements que des relations entre Murat et Charitos. Ne pas spoiler….je n’en écrirai pas plus !

Alexandre PAPADIAMANTIS – Les petites filles et la mort

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Alexandre PAPADIAMANTIS – Les petites filles et la mort (Babel) 190p

Comme il était difficile d’être une femme dans les îles grecques au 19ème siècle !

Yannou, berçant sa petite fille malade, « découvrait qu’elle n’avait jamais fait que vivre dans la servitude. Jeune fille, elle avait été la domestique de ses parents. Une fois mariée, elle était devenue l’esclave de son mari – et pourtant, par l’effet de son propre caractère et de la faiblesse de l’autre, elle en était en même temps la tutrice»

Loin de présenter les femmes comme le sexe faible l’auteur met en scène des fortes personnalités. Yannou a élevé de nombreux enfants, c’est elle qui a construit de ses mains sa maison, elle connaît aussi les herbes de la montagne. On fait appel à elle pour soigner. Pour sortir son fils meurtrier de prison, elle a quitté son île, convaincu la mère de la victime de l’accompagner …. Parce que Yannou, perpétue aussi la malédiction de naître femme, elle pardonne tout à son vaurien de fils qui l’a traînée dans la rue, qui a même poignardé sa sœur. Que n’a-t-elle trouvé l’herbe à faire les garçons ?

Mettre au monde des filles est une malédiction pour la famille en raison de la dot : pour marier une fille, il faut lui donner une maison, un champ, une olivaie… Comment marier plusieurs filles quand on est pauvre sur une île aride ?

« Mon Dieu, pourquoi faut-il que celle-là soit venue au monde ? » formule-t-elle en secret.

« Que peut-on faire d’utile pour les pauvres ? Le plus grand cadeau serait d’avoir à leur donne, pardon mon Dieu ! L’herbe à rendre stérile… »

Yannou se réjouissait même de la mort des petites filles pour qui la dot n’aura coûté qu’une paire de drap pour faire le linceul. Mais de là les faire mourir….

 

La deuxième partie du livre est une poursuite haletante entre les gendarmes qui ont des soupçons à la suite d’une noyade suspecte et Yannou qui connait la montagne et les bergers. Eprouve-t-elle des remords ? Certes, oui, au début,  mais elle poursuit sa funèbre mission persuadée également de la justesse de ses actes. Sa  course s’arrêtera « au milieu du chemin entre la justice des hommes et la justice de Dieu »

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Désir et volupté – à l’époque victorienne – à Jacquemart-André

LE MONDE EN EXPOS

les roses d’Héliogabale Alma-Tadema

Victoriens ou Préraphaélites?

Ces peintres ne correspondent pas au stéréotype « victorien » qui me vient à l’esprit, puritanisme, bourgeoisie conquérante, impérialisme… je découvre la Fraternité des Préraphaélites fondée en 1848 par Hunt, Millais et Rossetti. Je connais de nom cette école et une image : la célébrissime Ophélie de Millais. que Claudialucia a chosie pour illustrer les sonnets de Shakespeare.

Cette école picturale  destinée à renouveler la peinture anglaise au milieu du 19ème siècle n’a existé que quelques années alors que l’exposition de Jacquemart André  couvre une période plus longue débordant un peu sur le 20ème siècle, elle rassemble un assez grand nombre de peintres : Alma-Tadema, Moore, Leighton, Waterhaouse et Godward… et d’autres.

Leighton : jeune fille grecque ramassant des galets (détail)

En commun, une recherche esthétique autour de la figure de la Muse, souvent dévêtue, drapées à l’antique, loin des rigides corsets des Anglaises contemporaines des peintres. Une grande attention  est prêtée aux détails des décors naturels. Les fleurs se détachant au premier plan éclipsent parfois le sujet. Comme ces Anglais peignent bien les fleurs! L’image est soignée, les peintures, souvent des huiles sur bois ou des aquarelles sont d’une technique éblouissantes, les plans se détachent avec un relief photographique – il est vrai que la photographie venait d’être inventée – le rendu des tissus et des draperies est impressionnant. Beauté parfois formelle, loin de l’idéal des peintres italiens d' »avant Raphaël » beaucoup plus sincères et plus émouvants.

 

J’ai préféré les sujets antiques « à la grecque » ou « à la romaine » aux illustrations moyenâgeuses. Je ne suis pas du tout sûre d’apprécier le « désir » dans ces nymphes trop sages et trop belles, la volupté résidait peut être plus dans l’évocation florale de la nature que dans la nudité voilée des chastes baigneuses…

Une bien jolie expo!

et dans un Musée si agréable, ne pas passer devant la peinture italienne sans s’arrêter.

 

 

Préraphaélites

Thessalonique : Salonique juive, Hammam, Agora et saint Dimitrios

CARNET MACÉDONIEN

 

Villa Modiano : musée ethnographique

Notre ticket d’autobus est encore valide jusqu’à 11 heures . J’ai envie de voir les belles villas que les Juifs ont fait bâtir au début du 20ème siècle : villa Modiano et villa Alatini. Les plus intéressantes se trouvent sur Vassilis Olga à l’est de la vieille ville. Vassilis Olga est en sens unique de l’est vers l’ouest parallèle à Megas Alexandrou qui borde la côte. L’autobus circule donc sur Megas Alexandrou et c’est un peu compliqué de trouver le bon arrêt d’autobus.

La villa Alatini, au n°198¸est un véritable manoir qui a servi de résidence au sultan Abdul Hamide de 1909 à 1912 après la Révolution Jeunes Turcs.

Le bus n°8 passe devant l’hôtel. Sur Megas Alexandrou, il y a un arrêt pour la Villa Modiano occupée par le Musée Ethnographique. On descend.

La villa Modiano est une grosse maison de trois niveaux dans un beau parc allant de Megas Alexandrou à Vassilis Olga. Maison carrée de brique, haut perron, de style français assez quelconque. Les villas sont noyées dans une muraille homogène d’immeubles à balcons des style des années 1960 qui caractérise les villes grecques, de la même manière que els ruines romaines ou les églises byzantines dans la vieille ville. Non loin, sur Vassilis Olga il y en a une autre style Deauville ou Biarritz. Mais ce n’est pas une promenade architecturale, plutôt un pèlerinage à cette Salonique juive qui a disparu. Recherche des absents,  comme à Vilnius, à Bucarest ou à Riga. Ces absents de la mer Egée, je les sens pourtant si proches !

La  villa Modiano a servi de résidence à la famille royale grecque, puis au Gouverneur de Macédoine. Le Musée  Ethnographique est fort bien présenté et très agréable. Une jeune femme m’accompagne, allume les lumières, commente les vitrines. J’aurais préféré lire seule les panneaux explicatifs forts détaillés. Les costumes thraces et macédoniens sont magnifiques, très colorés, très brodés, costumes paysans ou citadins, des bergers nomades aux riches femmes juives. Soieries précieuses lainage feutrés des montagnards. Dans la seconde exposition, on montre comment se fabrique le feutre dans les moulins à foulons, comment un bonnet tricoté devient un fez perdant 30% de sa taille, comment les manteaux de feutre protègent des froidures des hivers en montagne. L’exposition est consacrée aux moulins à eau, une présentation vidéo très bien documentée complète l’exposition. Trois sortes de moulins en Macédoine : les moulins à grain – classiques – les scieries mécaniques, c’est surtout le travail des textiles qui a capté mon intérêt. Nous avions vu à Edessa un de ces moulins sans vraiment en comprendre le fonctionnement et l’industrie textile de Naoussa utilisait l’énergie hydraulique. Je fais l’impasse sur la troisième exposition : 100ans de la Thessalonique grecque.

Au retour l’autobus 8 est bondé. On est debout, serré. Arrêt rue Tsimikis avant la place Aristotelous.

Hammam bey

 Nous traversons le marché très pittoresque pour aller aux Hamam Bey ou Bain  Paradiso, sur Egnatia au coin du jardin qui fait face à la Place Aristotelous. Série de petites coupoles couvertes de tuiles ou non, percées d’ouvertures caractéristiques. L’établissement a été construit en 1444 par le sultan Murat II et fut encore utilisé jusqu’eh 1968 sous le nom de Paradiso Loutra . Consruction double, les hommes entraient par la rue tandis que l’entrée des femmes, discrète était derrièe. Les deux parties étaient totalement séparées. Marbres et fresques, nids d’abeilles, stalactites, bassins et tables de marbre.

De l’autre côté des Jardins Aristotelous, dans un creux, une belle roseraie se trouve derrière l’église byzantine de la Panagia Chalkeon. Beaucoup de dorures éclipsent les fresques noircies .

Le Musée Juif se trouve à deux pas de la Place Eleftherias où les juifs furent rassemblés et battus par les nazis. Au rez de chaussée, exposition de photographies anciennes de plans du quartier pour situer les lieux juifs qui ont disparu, dans l’incendie de 1917 puis pendant la seconde guerre mondiale. Tout le quartier a été remanié. En face, des pierres tombales.

A l’étage, l’exposition est plus variée : objets du culte, tentures. Photos des enfants de l’alliance israélite. Je trouve des patronymes connus. Comment restituer le souvenir de toute une Communauté ?

Nos sacs ont été visités dans l’autobus. Le porte-monnaie avec la Carte Bleue de Dominique. Mon permis de conduire a disparu mais le voleur a laissé ma carte d’identité et la Carte bleue. Cette découverte met fin à nos projets. ! Retour à l’hôtel. Nous sommes anéanties.

En fin d’après midi, je sors de ma torpeur et de la trop longue sieste. Il reste tant de choses à voir et nous partons demain. J’aurais aimé voir la maison natale de Kemal Atatürk.

Agora

L’Agora est située au dessus du square Aristotelous, elle est  creusée au flanc de la colline, bizarrement sur deux niveaux. Les boutiques qui la bordent semblent être en sous-sol. Des caves ? ou l’effet de la déclivité du relief ? Au dessus il y a une belle plateforme bordée de colonnes. Ce péristyle a été remonté. Les colonnes sont trop blanches pour être romaines. Un petit théâtre se trouve à mi-pente. Le plan indique également des thermes que je n’ai pas trouvés ;

Basilique Saint Dimitrios

La grande Basilique Saint Dimitrios paraît toute neuve . Elle a brûlé en 1917 et a été reconstruite mais elle est très ancienne: 7ème siècle. Dès que j’entre je pense à Ravenne avec les mosaïques dorées et vertes, les colonnes de marbres précieux aux merveilleux chapiteaux. Basilique romaine à trois nefs comme Saint Apollinaire. Ce n’est pas un Musée mais une église très fréquentée. Je suis en short,  j’ai un peu honte de ma tenue. Les gens vont embrasser les icônes et se signent devant toutes les images. Certains font de larges signe de croix et même une révérence en touchant le sol de la main. Je n’ose pas prendre de photos ni des mosaïques, ni des colonnes ou des fresques qui sont fort belles.

Retour à Thessalonique : ville haute

CARNET MACEDONIEN

Thessalonique vue de la Ville Haute

Autoroute, périphérique de Thessalonique jusqu’à l’aéroport. Avis réceptionne la Toyota sans problème. Nous n’avons pas le courage de reprendre l’autobus avec nos trois valises, il nous en coûtera 20€ de taxi.

Le réceptionniste de l’Hôtel Atlantis est un véritable Office de tourisme à lui tout seul (heureusement, depuis que la Grèce fait des économies, les bureaux sont fermés).

Prendre un ticket : 4€ pour 24h dans l’automate de l’autobus, 3ème bouton (faire l’appoint, la machine ne rend pas la monnaie)

Ville haute.

 Les bus 22 et 23, à prendre sur Venizelou montent à la  Ville Haute.

Le 23 nous emmène d’abord à la petite église Taxiarchon, c’est un peu bas, on prend le suivant jusqu’aux remparts : Tour Trigonion, grosse tour ronde. De là, la vue est spectaculaire. On découvre les installations portuaires et la ville basse. Je reconnais la Tour Blanche, la Rotonde, la trouée du Palais de Galère.

les murs de Thessalonique

Au nord des remparts il y a un quartier de petites maisons balkaniques dans des jardins fleuris. Avec les rues étroites,  en pente raide, peu de voitures, on se croirait à la campagne. Le marchand de légume a arrêté sa camionnette avec ses cagettes et ses balances. On entend le micro du vendeur de melons et pastèques « karpousia pend évro » . Nous demandons le chemin du Monastère Vlatadon aux dames qui arrosent leurs plantes et leur perron.  En Macédoine, on n’économise pas l’eau. On arrose au tuyau, on chasse la poussière, on rafraîchit. Le Monastère Vlatadon est très tranquille avec ses cyprès et ses jardins. Les  fresques de l’église ont été martelées par les Turcs. L’atmosphère de calme nous séduit.

De là, nous rejoignons Osios David. Le quartier est un dédale de ruelles en pente, d’escaliers dérobés, de routes tortueuses et d’impasses. Les gens nous renseignent gentiment mais leurs conseils ne sont pas toujours avisés. On tournicote avant de trouver la toute petite église au toit de tuiles anciens et compliqués, nichée dans un jardin sur une terrasse pleine de pots de fleurs de géranium, plumbagos et jasmin. Une dame commente la mosaïque du fond du chœur qui ressemble à celles de Ravenne. Elle est très colorées, presque trop. Le Paradis est vert comme à Saint Apollinaire in Classe, mais le Christ a un peu trop de bleu et de rouge. Les fresques du narthex paraissent postérieures et sont compliquées.

Nous descendons encore,  à la recherche d’un autobus. Nous passons devant une grande mosquée. Vue de derrière, je l’avais prise pour une église byzantine, pierre et briques, coupoles. En en faisant le tour,  je découvre le mihrab et les inscriptions en turc. Je demande à une dame « Où sommes- nous ? » en lui tendant le plan de Thessalonique. Elle a du mal à se repérer et me déclare que nous sommes devant une « église turque ». Nous trouvons le 23 puis évitons la bruyante Egnatia en marchant dans de petites rues occupées par des commerces de textile, gros et détail, blanc, passementerie ou bonneterie. Je pense à Vidal et au Sentier.

Sieste à l’hôtel dans notre nouvelle chambre un peu plus grande que la précédente avec fenêtre sur cour.

Thessalonique : Tour Blanche

L’autobus 12 – en face de l’hôtel – nous rapproche de la Tour Blanche. Il descend jusqu’à la place Eleftherias, emprunte Mitropoulos, traverse la belle Place Aristotelous. Selon nos guides la Tout Blanche se visiterait le lundi après midi. Depuis les économies budgétaires, on ferme le lundi. J’essaie de longer la mer vers l’Est pour aller voir la Statue Équestre du Grand Alexandre. Chantier en plein soleil. Sans ombre, c’est une fournaise.

Face à la Tour Blanche la place est plantée d’un petit parc et bordée de cafés plutôt chics. Nous choisissons celui qui est le plus à l’ombre. Chaises en fer forgé, coussins, biscuits avec le café frappé, amande, pistaches avec l’ouzo (9€). Le serveur revient plusieurs fois renouveler les glaçons. J’écris. J’aime les terrasses, surtout maintenant qu’elles ne sont plus réservées aux hommes.

Ladadika : ouzeri

A la tombée de la nuit nous retournons à Ladadika. Les restaurants qui occupent les placettes et les rues sont encore déserts. En revanche les docks du port et la promenade du bord de mer sont bondés. Les docks sont transformés en pôle culturel. Dans les entrepôts de briques se trouvent le Musée du cinéma, la Biennale de Photographie, une exposition d’art contemporaine et deux beaux cafés. Sur les planches rouges (synthétique imitant le bois) des dizaines de jeunes sont assis. Les filles sont assises en groupe il y a quelques couples. Quelques garçons grattent leurs guitares. Des préadolescents  marchent en lorgnant les filles, crêtes ou touffes hérissées de gel. Le soleil se couche sur les grues du port.

coucher de soleil sur le port

Sur la Croisette de la place Eleftherias jusqu’à la Tour Blanche, on déambule. Il y a même des joggers. La mer bouge en petites vaguelettes. La brise se lève. La ville respire.

Festival de Dion : Theodorakis

CARNET MACÉDONIEN

 

Le soleil se couche sur l’Olympe, les crêtes se détachent. Vu de l’autoroute, le Mont Olympe semble double. Vu de la campagne, je découvre plusieurs pics. Lequel est le sommet ?

20h15 – le parking du Théâtre de Dion est déjà rempli.

Le théâtre antique est adossé à une colline herbue. Il ne reste plus grand-chose pour rêver. Plus de gradins de pierre, pas même une colonne. Les gradins, bois et métal, sont confortables. Une sono, un ordinateur et une table de mixage sont montés. Peu de place pour les instrumentistes. Essais de musique enregistrée.  Ce ne sera pas un orchestre symphonique comme je l’avais espéré. Pas de maestro à la baguette, non plus. Le décor est sobre : des partitions géantes sur le mur de scène, et trois portes, au sol encore des notes. Pendant une heure encore, l’amphithéâtre se remplit. Le public est composé en majorité de personnes u dessus de la soixantaine, équipé d’éventails et coussins, bouteilles d’eau. Des jeunes en T-shirts blancs essaient d’empêcher le déballages de sièges de plage plus confortables – sans grande autorité.

La nuit tombe, le spectacle commence.

Smyrne 1922 – la Grande Idée, la Grande Catastrophe. ..Des couples dansent un tango

Chios 1923, les réfugiés : procession avec des valises, projection de photographies d’époque.

Des tableaux dansés, des images projetées, le récitant raconte la vie de Theodorakis, j’ai du mal à suivre. Ce n’est pas un concert mais un montage qui hésite entre la comédie musicale et la reconstitution historique. Le père et la mère de Theodorakis errent de villes en villes. Seconde guerre mondiale, arrivée des Italiens, puis des Allemands … le rôle des parents  de Mikis me paraît obscur.

Difficile d’apprécier un spectacle quand on en comprend si peu. Pour une pièce classique, c’est plus facile : je lis le texte en français avant. Je connais des éléments de la biographie de Theodorakis, un peu de l’histoire de la Grèce moderne, je me raccroche aux branches. Le public est très réactif aux plaisanteries. Mes voisines connaissent toutes les chansons, elles chantent doucement, frappent dans leurs mains. Le choix de musique facile me paraît dans l’ordre de la comédie musicale. J’attends la période que je connais le mieux, les années de Guerre civile, Macronissos, plus tard l’Affaire Lambrakis. J’aurais dû visionner Z avant de partir. Je suis devant un puzzle dont j’ai identifié quelques pièces, mais pas assez pour avoir une idée d’ensemble. Le public communie dans l’admiration du grand homme, dans l’évocation de l’histoire grecque, dans cette musique populaire. Est-ce cela Theodorakis ?  Ou est-ce une version grand public ? Que raconte donc le récitant ?  J’ai passé néanmoins une excellente soirée mais je reste avec mes interrogations

Ta Kymata taverne de poissons à Plaka, journée à la plage

CARNET MACÉDONIEN

 

la taverne

La chaleur s’est abattue sur Akti Olympiaki . Difficile de prendre le petit déjeuner sur la terrasse à 8h15. Nous reprenons les routes secondaires en direction de Plaka et  retrouvons la taverne Ta Kymata (les vagues) .

A dix heures, un seul parasol est déplié, nous sommes tranquilles. Sur la petite bande de cailloutis il n’y a la largeur que pour une seule rangée de lits. Ambiance tellement différente de celle de la plage d’Akti Olympiaki.

La mer est agitée de vaguelettes. La matinée se déroule dans l’eau, assez paresseusement parce que j’ai gardé mon chapeau tricoté comme les vieilles grecques. Avec les vagues cela se prête mal à la natation sportive. J’ai apporté ma liseuse. Nerval conte la rencontre entre Salomon qu’il appelle Soliman et la Reine de Saba qui lui rabat son clapet et le traite de parvenu avec tout son étalage d’or . Déjeuner à la même table qu’hier. Comme c’est samedi, il y a plus de monde. On commande des macaronis (ce sera des spaghettis) des aubergines frites et un plat de sardines. Les aubergines sont servies avec du tsatsiki (18.5€ avec le vin blanc)

Les cris des rues

Les marchands ambulants circulent à bord de camionnettes équipées d’un micro.Das les îles circulaient les loueurs de chaises, les poissonniers ou les vendeurs d’oranges. Ici, tous les soirs, le vendeur et de pastèques et de melons, s’installe au coin du parking en face de notre balcon et crie :

          «  Ena evro, karpouzi, peponia «

C’est un peu cher, sur le bord des routes la pastèque se vend à 0.25 le kilo et il vend un euro la tranche ! mais il trouve preneur parce qu’il détaille des parts  aux estivants. Une trandche de pastèque est moins chère qu’un beignet.

Sur la plage, sifflet à la bouche, plateau à l’épaule, le vendeur de beignets se fraie un chemin entre les lits de plages

          «  loukoumades, loukoumades ! »

Ce soir j’entends un nouvel appel :

          « Ekho vassilika »

 je ne reconnais pas les noms de légumes ou des fruits. Parce qu’il vend des plantes en pots. Une femme armée de son balai vient choisir ses plantes vertes.

Ici c’est encore le domaine du petit commerce. Les supermarchés ne regorgent  que d’ennuyeux paquets de lessives ou de papier toilette et conserves bon marché. Dans les supérettes, j’ai appris à fuir les produits préemballés pour aller au rayon à la coupe. Évidemment il faut se faire comprendre, généralement avec des gestes cela se fait bien.