les sommets du Mont Olympe portent encore des névés fin Juillet!
Nous avons garé la voiture à côté de l’église d’ Akti Olympiaki . Première alerte : impossible d’ouvrir le coffre. Deuxième alerte : la Toyota refuse de démarrer. Les phares ont été allumés toute la nuit, la batterie est vide. Je suis très fière de raconter cela en Grec à la dame qui va chercher un voisin et parlemente: 10€ pour le déplacement (100m) et le dépannage. Premier grec intéressé rencontré.
Dédaignant l’autoroute, nous suivons la route ethnique qui la double, nous parvenons à Litochoro, gros bourg installé sur les flancs de l’Olympe. Restaurants touristiques départ des excursions sur la Montagne Mythologique .
Entrée du Parc National : une jeune ranger en uniforme nous conseille une balade au départ du parking de Priona (1200m). Prendre le chemin balisé en rouge et descendre au monastère de Dionysos.
Le sentier franchit un ruisseau sur un pont de bois et s’enfonce dans une hêtraie ombreuse. Le thermomètre de la voiture marque 24°. Le sentier est très bien entretenu. Des marches en rondins facilitent la descente ? Aucune erreur possible. A gauche le ruisseau se fait entendre. Du pont de bois, je vois une cascade et un bassin d’eau bleuté d’une grand pureté « ne pas se laver avec ni faire sa vaisselle, elle est potable ! » préviennent les écriteaux. J’ai emporté ne bouteille remplie à la fontaine. Je suis surprise par son goût agréable. L’eau de montagne est vraiment différente de celle qui se vend en plastique. J’en ai fait l’expérience en Bulgarie.
frais ruisseau
Je descends une bonne demi-heure arrive dans une zone de pâturages (crottes d’ânes, bottes de paille, mouches et taons). Toujours pas de monastère ! puis je trouve une sorte de camping, tentes rondes, hamacs. J’interroge les jeunes: » Le monastère est-il encore loin ? » -« 15 minutes, peut être 10 ! ». Je renonce redoutant que la remontée ne soit très longue. J’ai eu tort, cela se monte très bien, aussi vite que la descente et je regrette d’avoir abrégé la promenade.
Au parking de Priona, les cars ont libéré des troupeaux entiers de touristes bruyants. Nous reprenons la voiture pour descendre au monastère, à 2km. Du parking, le monastère est toujours invisible. Un sentier fléché conduit à une grotte sacrée (moines ou muses ?), je le suis et rate le monastère, remonte, m’égare. Au dernier moment j’entrevois une coupole derrière les ruines et un chantier de restauration.
Sur une aire panoramique, les belles plages de sables qui bordent le littoral. On prend tout droit après Litochoro. La petite station balnéaire s’appelle Plaka. Nous suivons les indications Psarataverna (taverne de poisson)et découvrons la taverne dont nous avons rêvé toutes les vacances : tables bleues et nappes à carreaux, bouées bleues et filets, tonnelle de vigne ; Sur l’étroite bande de galets, six parasols et une douzaine de lits. Sous l’eau on devine le sable. L’eau est transparente. Nous sommes les seules clientes (deux tables se rempliront plus tard) trois parasols sont occupés. Calme garanti. Impressions d’avoir découvert un endroit secret. Je commande des sardines grillées, Dominique des Calamars frits. Avec le pain et les boissons l’addition s’élève à 15€. Nous reviendrons demain !
La canicule s’est abattue sur notre balcon. Pas un souffle d’air. Pour la première fois depuis notre arrivée en Grèce, j’ai envie de rentrer dans la chambre climatisée pour lire. Même après 9heures du soir le ciment restitue la chaleur de la journée. Vers 21h30 le cordon du store s’agite faiblement : enfin de l’air !
62 km en direction de Larissa. L’autoroute est interrompue avant Platamonas. On perce un tunnel. Sur le flanc sud de l’Olympe, côté Thessalie, la végétation n’est plus la même qu’en Macédoine. L’olivier, la vigne, remplacent les noyers et les arbres fruitiers. La route grimpe dans un canyon profond suivant un torrent vers Rapsani, village accroché à 550m d’altitude.
Difficile de se garer. On dépose la voiture sous une hideuse horloge en ciment carrée qui jure avec les maisons traditionnelles aux balcons de bois toits de tuiles et terrasses. Partout la vigne dégouline, les petits jardins en terrasse où les tomates grimpent à deux mètres et les haricots à trois. La place est occupée par trois ou quatre cafés aux tables carrées et chaises de bois sous un platane géant et un magnifique tilleul. Un mûrier tente de verdir, son tronc est complètement évidé, on voit la montagne à travers mais cinq ou six rameaux persistent sur les moignons d’écorce.
Le petit kiosque périptère attire les jeunes qui achètent cigarettes, bonbons, briquets, jouets ou glaces.
le monsieur et sa canne!
Les vieux jouent au tavli. On ne voit que des têtes chenues. La petite boucherie est coincée entre deux cafés. Deux carcasses de moutons sont suspendues à l’extérieur, le boucher en découpe une sous nos yeux. Le pope a une longue barbe blanche et une belle chevelure soignée. On remarque un vieil homme avec une canne au pommeau sculpté. Autour d’une table, ils sont six à avoir la même. Dominique demande la permission de les filmer. Ils sont ravis.
Gorges de Tempi
gorges de Tempi
Ce site touristique figure au programme que nous avions organisé. Des chemins de randonnées rejoignent Tempi et Rapsani. Tous semblent louer cet endroit.
Ce que nous n’avions pas prévu, c’est que la route Athènes-Thessalonique (l’autoroute n’est pas encore construite ici) , passe par les gorges. Circulation infernale, camions, les 6 voies se sont rétrécies à 2 dans le défilé. Cela suffit pour supprimer toute poésie.
Des parkings sont prévus, plus pour la sécurité routière que pour le panorama. Les buissons cachent la rivière Tempi. Un parking touristique permet d’accéder au site. Sur le bord de la route, on vend des céramiques utilitaires (et grossières), des nains de jardin, des cigognes …..Des marches conduisent au restaurant et au « départ des bateaux de croisière ». Nous nous consultons pour savoir quel prix limite pour la croisière ? A peine avons-nous descendu quelques marches, que j’ai l’impression d’être en Asie dans un marché couvert devant une pagode : odeurs d’encens, toits de tôle. On vend principalement des articles religieux : icônes à la pelle, (3 pour 2€)chapelets de perles en plastique, eau bénite dans des bouteilles d’ouzo, bouteilles ouvragées pour remplir soi-même à la source, gobelets en plastique, chaussons fourrés, drapeaux grecs, drapeau jaune orthodoxe, mais aussi Manchester United, et d’autres drapeaux de supporters d’équipes moins connues….mains pour gratter le dos avec ongles vernis, cannes au pommeau ouvragé (5€).
les marchands du temple, eau bénite et football
Après avoir traversé le souk des marchands du temple nous passons la rivière Tempi sur un mini-Tancarville. Quelle croisière peut donc s’y dérouler ? Il y a à peine assez d’eau pour y faire du canoë.
Un pope attend le pèlerin debout derrière une icône. Chacun embrasse l’icône (le petit garçon trop petit se hausse sur la pointe des pieds). Une fois bénis, les gens vont remplir leur bouteille à la source.
C’est ici le royaume des gitans qui vendent des fripes et des chaussures incroyables. Un gamin lance des cailloux pour déloger une malheureuse corneille. On essaie de lui faire les gros yeux, sans aucun succès. . Le « restaurant « est une cafétéria minable mais très grande. De croisière, pas de trace. On peut admirer les beaux platanes, se rafraîchir les pieds dans la rivière.
Aucun touriste étranger, seulement des « locaux » comme aurait dit Germanos, à l’exception de quelques Serbes égarés mais orthodoxes. Les gorges de Tempi sont un peu décevantes mais on a trempé dans une ambiance bien grecque.
Au retour, nous cherchons la première plage. Coup de chance : Nea Poroi offre un littoral équipé mais pas trop : une immense église, une sorte de fête foraine, quelques hôtels dispersés, des parasols en nombre raisonnable. . Nous choisissons deux lits vert anis sous une paillote espérant déjeuner. Rien à manger (malgré des menus). On commande un frappé et une bouteille d’eau .la bouteille d’eau ne convient pas : l’eau et le frappé ne sont qu’un seule consommation, nous avons deux lits, il faut prendre autre chose ! Je nage parallèlement à la côte avec le spectacle grandiose de l’Olympe et le château de Platamonas sur son éperon.
Le soir, chez nous
Trois générations de femmes grecques à la direction de l’ »hôtel-appartement ». la grand-mère qui est très contente de parler grec avec moi (j’ai découvert plus tard qu’elle parle couramment Allem « Aujourd’hui l’eau est très bonne » me dit-elle en rentrant de la plage alors que j’y vais drapée de ma serviette bleue à dauphins. La plage est à 150m, inutile de s’habiller mieux !
Katarina , sa fille qui parle très bien anglais, l’hôtesse en titre. Elle considère ce rôle comme son second métier ; L’hiver elle est professeur d’école. Elle met beaucoup de cœur à ce métier d’hôtesse et elle est ravie quand ses clients reviennent ou envoie des amis. Le bouche à oreille est beaucoup plus gratifiant que les notes sur Internet.
Sa fille est étudiante en biotechnologie. Elle a visité Paris et le CERN à Genève. Nous passons un bon moment à bavarder autour de la table . A parler de la Grèce, de pédagogie, des études… Échanges tellement sympathiques.
Je raconte notre visite à Tempi. La foule était là parce que l’église est dédiée à Aghia Paraskevi et que la sainte est fêtée le lendemain. Nous sommes tombées en plein pèlerinage !
Nous sommes arrivées lundi par temps gris. Cherchant une banque, j’ai aperçu le Mont Olympe dans la lumière du soir mais le mardi le sommet était caché par les nuages et j’avais oublié sa présence. Ce matin très lumineux, le sommet surgit très nettement et nous accompagne. Voilà enfin, le séjour des Dieux ! Cette très haute montagne (3000m) me fascine. Plus on approche plus elle devient nette : verte, couverte de forêts à sa base, rocailleuse vers la cime.
Le tabac
les feuilles de tabac et la musette des ouvriers albanais
Au lieu de suivre l’autoroute Thessalonique-Athènes, nous prenons le chemin des écoliers dans les vergers d’actinidias aux feuilles rondes épaisses, aux branches souples comme des lianes. De puissants canons irriguent le maïs. Le tabac est en fleur. On le récolte. On filme les cueilleurs (cueilleuse) tandis que les hommes installent les feuilles dans des boites. En Bulgarie, les femmes enfilaient les feuilles avec une aiguille assisses sous des bâches plastiques dans une chaleur. Les feuilles sont alignées dans une gouttière en plastique jaune. L’ouvrier tourne la manivelle. La machine embroche et enfile la pile avec une ficelle. C’est beaucoup moins pénible. Les deux hommes et la femme sont ravis d’être filmés. Ils sont albanais. De la France ils connaissent Zidane.
Le Parc Archéologique de Dion
sanctuaire de Démeter
Dans l’Iliade, Homère chantait la montagne sacrée. D’après un mythe ancien, Deukelion, roi de Thessalie, construisit le premier autel après la première inondation (première fois que j’entends cette référence à un Déluge. Les rois macédoniens visitèrent fréquemment ce sanctuaire. Ils faisaient des sacrifices à Zeus pour sceller des alliances. Philippe II y célébra ses victoires. Alexandre le Grand s’y rendit avant la campagne d’Asie. Dion était florissant aux temps hellénistiques, romains jusqu’au début du christianisme.
Les sanctuaires ne sont pas installés n’importe où. Les sources, les ruisseaux, la rivière apportent l’eau indispensable aux cérémonies, expliquant le choix de cet emplacement ; La végétation qui profite de l’abondance de l’eau confère au site un aspect magique.
Les temples se trouvent sous des peupliers immenses, des platanes à l’ombre fournie, des noyers. Nous nous promenons dans un site verdoyant encore rafraîchi par la rivière, les ruisseaux rapides. On a installé des parcours cimentés parmi les menthes odorantes, les prêles, les roseaux géants passante sur de petits ponts, des passerelles. On a construit des miradors pour avoir une vue plongeante. A chaque carrefour, des panneaux bilingues racontent l’histoire ou la mythologie. Des fontaines d’eau potable jaillissante permettent de se désaltérer. Nous étions habituées aux sites brûles par le soleil où les pierres des fondations chauffent sous de frêles graminées. Quelle agréable surprise !
sanctuaire de Zeus hypsistos
Dion est consacré à Zeus, les cultes consacrés à d’autres dieux y sont célébrés.
Déméter (« terre-mère » étymologiquement) en Thessalie, où l’on cultivait les céréales, était honorée à l’automne à l’époque des semis. Les femmes initiées étaient les actrices des rites sacrés. Les anciens temples du 6ème siècle furent remplacés au 4ème siècle par des temples doriques de petite taille avec une fontaine des danses sacrées. Dans la verdure exubérante, les fondations sont à moitié cachées. Des petites statues féminines retrouvées là, rappellent ces danses des femmes.
Plus loin, se trouve le petit temple de Zeus Hypsistos précédé par une voie sacrée bordée de colonnes portant des aigles (elles sont au Musée et j’ai été étonnée par les proportions modeste de ces colonnes ainsi que de la qualité du marbre vert). L’autel des sacrifices ornéd’un taureau est aussi de petite taille (60cm). La statue de Zeus en majesté est presque intacte (il lui manque la tête).
sanctuaire d’Isis
Un pont franchit la rivière et on arrive au sanctuaire d’Isis. Le culte de cette déesse Egyptienne m’a interloquée. Le guide Bleu note que les sanctuaires datent des Sévère (2ème -3ème siècle après JC) sur un lieu consacré à Artémis Loschia présidant aux accouchements.
Le panneau exposé sur place précise que :
« près des eaux de la rivière Vaphyras, il y avait d’abord un sanctuaire dédié à Aphrodite ert à Artémis » , déesses grecques résidant sur l’Olympe.
Isis était honorée personnellement par Alexandre le Grand dans son sanctuaire du Delta du Nil
L’eau de la rivière Vaphyras figurait le fleuve sacré d’Isis – le Nil – tandis que les célébrations se déroualient au printemps et à l’automne lorsque le site était inondé (allusion à la Crue du Nil). Dans u ntemple à 4 colonnes, on vénérait Isis Loschia protégeant les femmes après l’accouchement comme Artémis avant elle. Un petit temple dédié à Aphrodite se reflétait dans l’eau.
S’il ne reste que quelques colonnes, un bel escalier de marbres et des statues, l’endroit n’en est pas moins ravissant. Nous sommes enchantées par la magie de l’eau, les senteurs de menthe, les libellules, les grenouilles qui sautent. Cette visite restera comme une des belles surprises de ce voyage. Dans ce « Nil » ne poussent ni papyrus ni lotus mais les prêles font des papyrus très convenables.
Sur la rivière Vaphyras, un petit moulin à eau, pas antique du tout mais charmant.
C’est aux abords de la rivière qu’on a choisi de présenter les animaux et leurs correspondances dans la Mythologies.
Histoires d’animaux
L’aigle – Aquila Chrysatos – est attribué à Zeus
Le Hibou ou la Chouette – à Athéna glaucopis.
Le Corbeau a été maudit par Apollon à l’occasion de son mariage avec Koronis, une mortelle. Artemis a tué Koronis. (Histoire à compléter)
Le Martin pêcheur est une métamorphose de Keryx et Alkyone, à cause de leur impertinence. Alkyone a été condamné à pondre ses œufs en hiver. Pour permettre aux petits d’éclore en janvier, quelques beaux jours lui ont été octroyés : appelés les beaux jours d’Alkyone.
Le papillon à cause de ses métamorphoses symbolise l’âme humaine, la psyché.
A la Libellule on associe l’importance de l’eau.
Le serpent, Elaphe chtonia, est le gardien des lieux sacrés, des sanctuaires d’Athéna, de Dionysos, d’Asclépios et d’Hermès.
La tortue, chelone, est une nymphe punie par Zeus parce qu’elle n’était pas venue aux noces d’Héra. La lyre d’Orphée était faite de sa carapace.
La belette, Mustela, est la métamorphose de Galintha, amie d’Alkmène, mère d’Héraklès
Toutes ces histoires me ravissent ; je les copie avec délectation.
Le grand autel de Zeus et au fond le théâtre hellénistique
Le Grand autel de Zeus. Alexandre le Grand, pour inspirer ses troupes avant la campagne d’Asie y fit des sacrifices magnifiques. La tente royale contenait 100 lits selon Diodore. Dans cette même tente, 80 macédoniens célébrèrent les noces avec des femmes asiatiques à Suse.
Le théâtre hellénistique se dresse derrière une pelouse fleurie. Le Festival de Dion y donne des représentations. Il a donc été très restauré et parait moderne.
théâtre romain
Le petit théâtre romain enfoui sous la verdure est bien conservé et a plus de charme.
Le sanctuaire d’Asklepios , en activité du 4ème -3ème siècle avJC jusqu’au 3ème apr. JC est proche des sources à la base de la cure thérapeutique ;
La source sacrée de la rivière Vaphyras, le Bois Sacré des Muses rappelle que les 9 muses sont nées sur les flancs de l’Olympe de l’union de Zeus et de Mnemosyne. L’eau était importante dans le culte de Zeus.
cuirasses et boucliers le long du cardo maximum
De l’autre côté de la route moderne, s’étend la ville romaine, ombragée seulement par quelques noyers. Par le soleil de 11heures nous parcourons le Cardo maximum aux grandes dalles polygonales de brèche aux inclusions colorées. Comme dans toutes les rues romaines, on voit les traces des roues des chars et on reconnaît les boutiques. Une frise de boucliers et cuirasses signale quelque chose , mais quoi ?Nous suivons toute la rue jusqu’à la Villa Dionysos, appelée ainsi à cause de la magnifique mosaïqué représentant Dionysos sur un char tiré par des panthères. En plus de la mosaïque on peut voir des péristyles et des bassins de marbre. Dans la villa voisine on a trouvé un hydraule – orgue . nous avons vu un instrument similaire à Aquincum près de Budapest.
hydraule
Nous terminons cette visite par celle du Bâtiment polygonal – au plan compliqué, de la Basilique chrétienne et des grands thermes.
Il fait très chaud, je suis saturée de visite. Une pause, café frappé devant le Musée de Dion est la bienvenue. IL y a toute une série de tavernes pour touristes, aujourd’hui, vides.
Nous choisissons celle au nom d’Isis : Isida.
les mezzés
La dame est charmante, toute ravie (moi aussi) d’échanger quelques mots en grec avec moi. L’assiette de mezzés est bien remplie : une tomate coupée, deux gros morceaux de feta, des lamelles d’aubergines frites, des rondelles de courgettes ainsi qu’un poivron allongé grillé. Ce n’est plus l’apéro, c’est le déjeuner. La dame a fait frire les légumes exprès pour nous. Je lui demande où on achète les billets pour le spectacle de Théodorakis samedi prochain dont j’ai vu l’affiche. . elle promet de se renseigner pendant que nous visitons le Musée ;
Le Musée
Philosophe au thermes
Les statues présentées sur le site sont des copies. C’est au Musée que sont les originales. Nous les retrouvons avec plaisir. Elles sont encore plus belles qu’on ne l’imaginait< ; les copies étaient charmantes dans leur cadre naturel. Les marbres sont d’une grande finesse.
Les billets de Théodorakis sont vendus à la Maison des Mosaïques. On peut aussi visiter un bâtiment neuf abritant les réserves.
Nous rentrons à 14h30, épuisées par cette longue visite. J’émerge de la sieste à 18h pour aller au cybercafé et à 19h me baigner. La plage est toujours aussi bondée. Je pose ma serviette pliée et mes sandales dessus. Il n’y a pas la place pour la déplier. L’eau est tiède et calme ; j’ai plaisir à nager. Je découvre dans l’atmosphère sèche les rivages de la Chalcidique invisibles les autres jours dans la brume.
6h50, je pars pour ma rituelle promenade le long de la plage d’Olympiaki Akti au lever du jour. Vers le nord j’arrive rapidement dans les zones libres d’installations de plage. Pas sauvages, pour autant, sale, peu engageante. Dans l’eau pas de touristes. Les grands-mères grecques profitent de la douceur de la matinée. La plage est pour elles pour une petite heure. Des pêcheurs contemplent leurs lignes.
8h j’ai acheté des petits pains au sésame, du beurre, des yaourts pour le petit déjeuner sur le balcon. Dominique a pressé des oranges. Le luxe !
Katerini : banque, ’autoroute d’Athènes. 20km au sud, sortie à Skotina.
Le château de Platamonas se dresse sur son éperon rocheux. Au jugé, on se dirige dans sa direction et aboutit à une jolie plage de galets juste sous la falaise qui porte le kastro.
Les remparts crénelés semblent en très bon état. Est un château byzantin comme l’affirme le Petit Futé ou une forteresse des Croisés(1204-1222) selon le guide bleu. Les Turcs ne l’ont pas détruit. Après une courte montée sur une bonne rampe, j’entre dans la citadelle. Sous les amandiers, je trouve trois églises byzantines en ruine où il reste quelques fresques. L’acropole est habitée de puis longtemps : on voit une villa hellénistique, des ateliers de potier, une forge (pas de date). Ayant fait le tour des remparts d’où la vue est magnifique sur le Port de Platamonas, j’entre dans la cour du château avec un beau donjon carré et trois citrines imposantes.
Au pied des remparts, un sentier contourne l’éperon rocheux et descend dans la forêt. En vingt minutes, j’arrive à la plage de Panteleimonas où nous passons le reste de la journée.
Sable ou galets ? Sans hésitation, galets pour la transparence de l’eau. Voici enfin une plage grecque selon mon cœur ! Eau transparente, bleue, fraîche mais pas trop. Depuis la première fois depuis le début des vacances (et mon accident) je me lance dans mes explorations et nage en confiance sur de grandes distances.
La jeune fille plagiste, chapeau de cow girl, est sympa. Lits et ombrelles ne sont pas payants, on ne paie que les consommations. Café frappé , ouzo (cacahouètes, amandes pistaches et pois chiches) 7€. Deux sandwiches-club et frites plus tard.
Nous sommes au deuxième rang sous les paillotes qui donnent plus d’ombre que les parasols en toile. Devant nous, une famille grecque qui parle français. On sympathise : ce sont des voisins ! La dame habite et travaille à Créteil. Aimable rencontre.
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OlympiakiAkti est une petite station balnéaire.
Plan hippodamien ? Les rues aux noms de muses ou des dieux de la mythologie se coupent à angle droit. Les petits immeubles, hauts de trois ou quatre étages, sont généralement blancs, balcons et stores à la grecque. Toits de tuiles rouge et chauffe-eaux solaires. Un peu de verdure : de petits arbres d’alignement, petits palmiers ou bananiers dans les jardins. Les promoteurs n’ont pas réussi à faire des horreurs comme en Bulgarie ou en Espagne. Pas de barres ni de tours, pas de lotissement uniforme. Chacun a construit à son idée, a choisi la rambarde du balcon ferronnerie ou balustres, , la couleur des stores, unis ou rayés. Le plus souvent les façades sont blanches avec des variations crème, rose ou ocre. La pension en face a ajouté des bas-reliefs antiques. Cette diversité est sympathique. L’originalité de notre immeuble est un vrai jardin avec des rangs de tomates, des aubergines et des poivrons, de la menthe et du persil. Nous sommes invitées à nous servir, j’irai cueillir la menthe et le persil. Un palmier habille la façade jusqu’au deuxième étage.
Notre appartement est au 3ème . Trois hauts étages à grimper mais un balcon plus grand, plus aéré. Le studio est simplissime. Bloc évier, placard, deux plaques électriques, un frigo, deux lits (un drap plié- ce n’est pas l’hôtel !) une armoire, une télé suspendue et la clim. L’essentiel sans fioritures.
L’accueil est chaleureux mais grippe-sou. La dame réclame 252€ avant même de me montrer la chambre. Je refuse : Je veux voir !
La plage est très décevante. Pas un centimètre pour marcher entre les lits et les parasols. Les gens qui ont apporté leur propre rabane et parasol sont alignés au ras de l’eau. Surpopulation sur le sable. Eau trouble un peu fraîche. Lits et parasols sont neufs. On voit encore les étiquettes. Ils sont gratuits. On consomme et on paie ce qu’on a bu. Sauf que c’est mal organisé. Personne ne passe pour prendre les commandes. Au bout d’une heure Dominique va chercher elle-même le café frappé chez le concurrent.
Toute l’Europe Orientale s’est donné rendez vous sur la plage. Les plaques d’immatriculation:SRB, Ro, aussi des Hongrois et des Polonais. Les femmes sont soignées et élégantes – un peu rouges quand elles sont blondes. Il n’en va pas de même pour les hommes, crânes rasés, nuques épaisses, ventres alourdis par la bière, caleçons trop longs ou slips trop moulants. L’élégance masculine a des progrès à faire ! « Vous ne parlez pas le Polonais ? » se désole la vendeuse de la bijouterie à qui je demande s’il y a un distributeur de billets (il n’y en a pas).
Naoussa est une petite ville de 25.000 habitants perchée sur un rocher accroché à la pente au dessus des vignobles et des vergers. Construite au dessus de l’antique Mieza, le village de Naoussa ne fut occupé que tardivement pendant l’empire Ottoman par des communautés d’artisans grecs. En 1822, dans les guerres de Libération grecque, la population fut massacrée et des femmes et des enfants préférèrent le suicide. Une statue commémore le Sacrifice « Aire du Sacrifice »sur le bord de la rivière.
Vers la fin du 19ème siècle, des industries textiles s’installèrent profitant de l’énergie hydraulique des ruisseaux descendant de la montagne. Il reste encore quelques souvenirs de cette industrie prospère. Les couvertures sont encore en vente sur le bord de la route. Elles sont horribles, criardes aux motifs enfantins de Spiderman ou de BD ou même pire. Les vergers et la vigne ont également attiré des industries agroalimentaires. Un moulin à eau au centre de la ville témoigne de l’importance de la force de l’eau. Aujourd’hui, toutes ces activités paraissent en sommeil. Naoussa s’est convertie au tourisme. le Mont Vermio culmine au dessus de 2000m. Les pistes de ski vont de 1500m à 2000m. L’enneigement est garanti par des canons à neige. L’été, les Grecs viennent chercher la fraîcheur dans les hôtels situés dans les hauteurs.
L’hôtel Dryades a été conçu avec un réel effort de décoration ; L’extérieur est d’aspect agréable, les murs bruns sont agréablement entrecoupés de balcons en ferronnerie aux motifs originaux. Les piliers de roche poreuse rythment les balcons. Des châtaigniers, chênes, platanes font une muraille impénétrable. On se croirait en pleine forêt. La réalité est autre, il y a des constructions cachées.
La décoration intérieure est originale. Les murs gris rose sont interrompus par de larges bandes de papier peint orange et gris dans notre chambre, jaune acide et violet dans les couloirs. La marque de fabrique, l’originalité des Dryades est le mariage des tissus à fleur et des rayures. Le rideau gauche porte des rayures jaune brun orange horizontales tandis que le droit est à fleur. Dans le salon, les fauteuils sont tapissés selon le même principe. Un peintre a fait une série de tableaux originaux sur le thème des Dryades ; dryades modernes en jeans collants, serrés ventre à l’air sur un fond forestier. Ils ne sont pas inintéressants mais pas tellement à mon goût.
L’orage a repris vers 3heures du matin. Au réveil, le ciel est gris et la température a baissé de 10°. Nous faisons un détour par le centre de Naoussa que nous avons négligé. Un moulin à aube décore le rond-point symbolisant la force de l’eau qui a donné sa richesse à Naoussa.
Nous nous arrêtons sur le pont qui enjambe l’Arapitsa pour visiter le site du Sacrifice. Une sculpture représente une femme debout, serrée contre ses jupes une petite fille. Le 22 avril 1822, les femmes ont préféré se jeter dans le précipice plutôt que de se rendre aux Turcs. De la place de la Statue, je découvre un canyon où jaillissent trois cascades bondissantes. Un sentier se glisse sous le pont routier, une nouvelle cascade dévale la pente dans une jungle touffue. Comme je filme, une dame m’adresse un chaleureux kalimera.
A Veria, il faut choisir entre les musées (byzantin ou archéologique)
Le Musée Byzantin est installé dans un ancien moulin, bâtiment industriel du 19ème siècle.
Les collections sont présentées sur 3 étages tandis qu’au rez de chaussée une belle exposition de peinture contemporaine commémore les 100 ans de la Libération de Veria (devenue grecque en 1912).
Le plasticienChristos Bokoros a utilisé des planches brutes sur lesquelles il a peint des cierges très minces projetant la lumière mais aussi la suie, ou des flammes sur une planche rouge et une noire assemblées, sur une mosaïque avec des drapeaux (drapeau anglais, faucille et marteau, soleil macédonien, ou une surimpression blanc sur blanc de Liberté ou la Mort. A l’accueil du Musée l’hôtesse nous offre une collection de cartes postales.
Les collections byzantines sont composées surtout d’icônes, icônes bifaces curieuses. Elles sont très bien mises en valeur. Un plancher de verre permet d’enjamber une mosaïque. Au 2ème étage, le thème est « Byzance après Byzance » la Macédoine, culturellement très liée à Constantinople, fut conquise par les Ottomans avant la Prise de Constantinople. Des écoles de peinture se sont développées à Veria mais surtout à Kastoria(15ème – 16ème ) enfin, Ecole Crétoise (17ème – 18ème )que nous avons vue en Crète et à Corfou.
Un intérieur d’une riche maison est reconstitué avec des peintures de bateaux, Alexandrie, Venise ou Constantinople. Nous avons vu des peintures analogues en Bulgarie à Koprivichtitsa. En dehors des icônes on voit des plaques de marbre sculpté et de la vaisselle.
Veria : maisons balkaniques
Les petites rues de la Vieille ville sont tortueuses et étroites, peu praticables en voiture ; Nous arrivons dans une impasse très en pente. Marche arrière hasardeuse. Un homme sort d’un restaurant pour guider la manœuvre. Une fois sortie d’affaire, nous allons boire un pot dans son très joli café en terrasse dominant la rivière. Sur les tables du basilic en pot, sur les rebords, toutes sortes d’aromates, romarin, petits piments, laurier. Comme on commandé de l’ouzo, on apporte des mezzés : un petit pain chaud, des anchois, une macédoine, du pastrami sur un lit de tomates, cornichon malossol. A l’étage, A l’étage, la salle du restaurant est très contemporaine, gris et noir avec des tableaux. 8€, un peu cher mais le cadre compte !
Dimanche après midi, difficile de trouver une boutique ouverte, même pour 2 yaourts ! A Naoussa, dans la pâtisserie luxueuse, on achète deux cornets feuilletés fourrés à la crème anglaise.
La piscine est très fréquentée, le parking, complet. Le ciel est gris. Le vent se lève apportant une pluie de feuilles de platane sur le bassin. Le tonnerre se fait entendre. L’orage a chassé les baigneurs. D’ailleurs, ils ne venaient pas à la piscine pour nager, mais pour manger un snack, jouer aux cartes ou au tavli. Quand j’émerge de la sieste, la piscine est vide et je nage mes trente allers-retours.
la saison des pêches et des brugnons autour de Naoussa
Mieza
Une épaisse brume noie la plaine ce matin. Les nuages accumulés sur les hauteurs ont du mal à se dissiper, annonçant une journée chaude et lourde. Les écriteaux flèchent MIEZA – Théâtre antique et maison hellénistique. Mieza est le nom de la ville antique de Naoussa, ville macédonienne où Alexandre le Grand suivit l’enseignement d’Aristote
Le petit théâtre est en restauration, une belle grue jaune se trouve au beau milieu de la scène et les gradins en belle roche poreuse du Vermio, paraissent tout neufs. Ces restaurations paraissent exagérées au premier abord. Un théâtre antique peut être utilisé à nouveau, l’acoustique est généralement excellente et les spectateurs prennent place sur els anciens gradins. Au lieu de rester des ruines romantiques le théâtre reprend vie.
De la maison hellénique, en revanche, nous ne verrons rien. Les hautes graminées et les élégantes hampes des avoines cachent les vestiges.
Autour du site, la récolte des pêche bat son plein. Nous ne voyons pas les cueilleurs mais entendons la radio. Pas de dimanche chez les agriculteurs ! C’est pourtant dimanche au village de Kopanos où les dames ont fait une belle mise en plis, ont sorti le sac à main, la jupe noire et le gilet assorti pour aller à la Messe. Certaines se protègent du soleil en brandissant leur sac de cuir à fermoir métallique au dessus du visage. Juste après Kopanos, nous négligeons un site préhistorique (souvent décevants les sites préhistoriques) et suivons d’autres flèches « Mieza – tombes macédoniennes ».
Un parking ombragé, une structure bétonnée hémicylindrique. Le gardien, jeune, qui parle anglais, vient à notre rencontre. Sans le savoir nous sommes arrivées sur le site des tombes de Lefkadia. Lefkadia est le nom du village moderne. Les archéologues préfèrent Mieza.
La Tombe du Jugement
La première tombe est La Tombe du Jugement – la plus grande tombe macédonienne jamais retrouvée -. Colonnes doriques ornent la façade surmontées de métopes peints représentant le combat des Centaures et des Lapides surmontés d’une frise ionique Combat des Grecs et des Perses. La tombe est protégée par un toit de béton et des portes métalliques. L’air est contrôlé. Le gardien nous fait pénétrer dans l’entrée et nous découvrons le magnifique tombeau derrière un échafaudage compliqué. On restaure, on colmate, on nettoie. C’est émouvant de voir l’édifice original mais on comprend mieux en regardant les dessins sur un panneau extérieur. Le défunt est un militaire, ceint de pourpre. Il n’est pas nommé, tellement fameux que cela ne semblait pas nécessaire. Un général d’Alexandre probablement ? La tombe a été pillée dès l’Antiquité et ne livre pas d’indices suffisants pour l’identifier. Sur la façade : 4 images : le défunt en tunique courte, Hermès Psychopompe qui l’entraîne vers les Juges de l’Enfer : Atakos et Rhodomonthys, assis, enveloppés dans des toges à longs plis.
Palmettes
Non loin, se trouve la Tombe des Palmettes. D’autres tombes se trouvent à Lefkadia – fermées à la visite »il y a une crise en Grèce » s’excuse le gardien. La tombe des Palmettes doit son nom aux palmettes colorées qui ornent son fronton portant aussi une très belle peinture représentant Perséphone et Pluton. Ici aussi, l’atmosphère est contrôlée et des échafaudages gênent la visite. On nettoie et rafraîchit les fresques. Le plafond de la chambre funéraire est bleu ciel avec des motifs compliqués, entrelacs de fleurs et palmettes. On imagine une fenêtre sur le ciel visible à travers une tonnelle. Les murs sont rouge sang.
Sur la route de Naoussa à Kopanos, une route mène à l’Ecole d’Aristote ou Nymphéum.
Nymphéum : école d’Aristote
. J’ai relu hier les premiers chapitres de La Vie d’Alexandre de Plutarque, cherchant le récit de l’assassinat de Philippe. C’est assez embrouillé mais j’ai trouvé ceci :
« il (Philippe) appela auprès de lui Aristote […]il assigna pour les études et exercices de son fils un lieu appelé Nymphéum près de Mieza (Naoussa) »
Le site est accessible par un escalier à larges marches sous un épais feuillage. C’est une promenade le long du ruisseau. La falaise a été sciée par endroits. On voit des niches artificielles mais aussi des grottes naturelles. On imagine le philosophe marchant avec ses disciples dans cet endroit rafraîchissant ; Une galerie –stoa– abritait cet enseignement, des tuiles ont été retrouvées et sont entreposée au musée.
Vergina,à une quinzaine de km de Veria, est un site archéologique majeur. C’est à Vergina que se trouvaient les palais macédoniens. En 1977, Andronikos mit au jour la Tombe De Philippe II, le père d’Alexandre le Grand.
L’arrivée à Vergina est décevante :un grand parking vide, le petit chalet de l’information touristique en ruine, la guérite du gardien du parking vandalisée. Que se passe-t-il ? Le Palais est fermé, déjà depuis des années, pour restauration « anastylose » dit la dame qui arrose son jardin. Nous ne verrons donc que les photos de la grande mosaïque et des restes du palais. Des tôles protègent les fouilles. Un dépliant décrivant le palais (2ème monument visité après le Parthénon) augmentera nos regrets. Nous cherchons quand même le théâtre antique, cadenassé derrière des grillages rouillés. Un gros chêne, 4 oliviers. La colline n’est pas haute, peu de marches dégagées, c’est plutôt un théâtre fantôme. Une grosse araignée est la gardienne des lieux. Sa toile ferme le trou du grillage par lequel nous pourrions prendre la photo. Est-ce ici que Philippe, au mariage de sa fille Cléopâtre, fut assassiné par Pausanias? La vigne sur laquelle l’assassin a trébuché, n’est plus là. Le site archéologique est couvert de hautes graminées desséchées. De là, on mesure l’ampleur du site archéologique de l’ancienne Aegeai, capitale macédonienne.
tombe macédonienne
Le sanctuaire Eleukia est signalé par un panneau sans aucune explication. Tout est sous tôle. Enfin, contournant un grillage, je découvre ma première tombe macédonienne. Sa façade ressemble à celle d’un petit temple avec des colonnes encadrant les vantaux. Frustrées de Palais nous retournons au village. Les rues conduisant au Musée sont piétonnières. Un parking est situé un peu plus haut. Le gardien me fait cadeau d’une belle pêche. Je m’émerveille toujours de la gentillesse grecque que l’affluence de touristes n’a pas oblitérée.
sous le tumulus, le musée se cache
Le Musée
Le Musée est un modèle muséographique. Invisible de l’extérieur. Après la billetterie on se trouve dans un jardin planté de lauriers roses, de figuiers, de grenadiers en fleurs. Le tumulus est recouvert d’une pelouse. Les deux couloirs profonds qui s’enfoncent dans le tumulus rappellent au visiteur qu’il va voir une tombe et pas seulement un musée. Cette entrée me rappelle celle de la tombe de Seuthès, le roi Thrace à Kazanlak (Bulgarie) .
stèle macédonienne peinte
Le Tumulus a été évidé. Les vastes salles, l’air conditionné, les vitrines modernes sont ceux d’un musée ultra moderne. Rien n’a été fait au hasard. La pénombre est celle des enfers, l’absence de couleurs, figure le Domaine des Ombres. L’archéologue à « mis au jour » ces tombes inviolées mais la scénographie a voulu leur retour vers les ombres. Le visiteur est guidé dans le domaine d’Hadès.
A l’entrée, les stèles de marbre peintes de macédoniens aux noms clairement visibles – et grecs – vont nous mettre dans l’ambiance. Peinture hellénistique extrêmement sophistiquée avec des nuances de couleurs, brun, vert, rose, insoupçonnées dans l’Antiquité.
Le visiteur chemine dans ce cimetière souterrain pour arriver à la tombe de Philippe II . Non pas une réplique, mais la véritable tombe du père d’Alexandre le Grand. Un escalier descend jusqu’à la façade : les vantaux de marbre sont encadrés de colonnes. Au dessus la « frise » est une véritable fresque qui représente une scène de chasse royale : Philippe en compagnie de son fils Alexandre, chasse un lion, un ours et des bêtes sauvages dans l’épaisse forêt macédonienne. Le lion, bien sûr, a disparu depuis l’Antiquité, mais ours et bêtes sauvages rôdent encore.
Remontant dans la grande salle, on découvre les objets retrouvés dans la tombe. Encore une fois, la présentation est très sophistiquée pour que le visiteur prenne la mesure du faste de la cérémonie que le jeune Alexandre a offert à son père assassiné. La cérémonie n’est pas sans rappeler les rites homériques, la mort de Patrocle, les armes d’Achille….
l’urne d’or
Nous ne saisissons pas immédiatement la logique de la scénographie. Tels des insectes éblouis par la lumière, nous allons de vitrine en vitrine, fascinées par l’or de l’urne funéraire – cassette ornée du soleil macédonien – les jambières et la cuirasse d’or (comme les armes de Seuthès de Thrace) La reconstitution des couches chryséléphantines (plutôt ivoire qu’or) est l’objet le plus merveilleux à os yeux avec ces personnages d’une finesse étonnante.
Après avoir découvert, regardé, rassasié notre regard de toutes ces merveilles, je suis revenue aux textes explicatifs et me suis laissé guider dans la cérémonie. Dans la première vitrine est exposée la vaisselle des ablutions du Défunt : chaudrons, bassin de bronze énorme, indiron ( ?) , seau, bols aiguières…Il me vient un doute : est-ce la toilette mortuaire du cadavre ou le lavage des os dans du vin rouge après la crémation ? Un trépied porte l’inscription « Je suis un trophée d’Héra d’Argos », trophée gagné aux jeux 100ans auparavant, symbolisant aussi la fierté des rois macédoniens d’être les descendants de Temenos, roi d’Argos, descendant d’Héraclès.
Le bûcher funéraire occupe le centre de l’espace. Dans la vitrine de petits fragments, de petits objets, des osselets, grains, don déposés, les uns en couronne, les autres en petits tas, alignés ou mélangés. Ce bûcher raconte la cérémonie grandiose :
« Sur une couche chryséléphantine, Philippe II fut livré aux flammes. On lança dans le bûcher des armes, son uniforme, des vases de parfums de l’huile, des fruits… »
Le feu purifiait la dépouille en brûlant la chair mortelle.
« Comme Héraclès avant lui, le héros entrait dans l’immortalité. »
Les os, lavés dans du vin rouge, enveloppés dans la pourpre royale furent rangés dans une urne d’or en forme de cassette décorée du soleil macédonien.
Dans la chambre funéraire on déposa la cuirasse, le casque de fer, les épées et les lances, les jambières et le bouclier d’au moins 1m de diamètre.
Une vitrine garnie de vaisselle d’argent rappelle le thème du Banquet : le Banquet est l’évènement central de la vie sur terre, considéré par les avocats de l’idéal platonique. Initiés de Bacchus, d’Orphée et des autres cultes à mystères promettent que la mort n’est rien de plus que le commencement d’une nouvelle vie ; Purifié par la flamme du bûcher, le roi-héros continuera sa vie dans un éternel banquet.
Trois tombes et le Heroon furent retrouvés dans le Grand Tumulus. Celle du Prince est supposée être celle du fils d’Alexandre le Grand et de Roxane, tué par Cassandre avec Olympias. La troisième tombe du ciste renfermait des peintures merveilleuses : le Rapt de Perséphone, Déméter et le trois Moire
le rapt de Proserpine
Un film sur le passage de la lumière au domaine de la mort montre la barque de Charon dans des grottes, le ruissellement de l’eau sur les rochers, Orphée, moment de poésie.
Je suis tellement éblouie par cette visite que j’ai envie de rester sur cette impression de rentrer avec elle. Ne pas effacer trop vite cet émerveillement.
Naoussa est perchée sur un escarpement, petite ville en pente, nombreux commerces. Le guide Bleu signale des filatures. De la terrasse de l’hôtel on devine quelques usines
L’Hôtel Dryades se trouve sur les hauteurs, au dessus des vignes, au contact avec la foret épaisse de châtaigniers chênes et merisiers. Derrière une cour pavée, un mur de belle roche poreuse ressemblant à du Comblanchien, avec pilastres et ferronnerie. Le bâtiment est construit sur trois niveaux avec des grands balcons. Notre chambre est au 3ème (avec ascenseur) proche de la piscine sur deux terrasses creusées dans la colline dallée de cette belle pierre blonde à trous. Lits beiges ous des parasols écrus autour du bassin, tables et chaises bleues sous des parasols bleus et même des canapés. Le tout de très bon goût. Au niveau supérieur est installée une cafétéria. Le bassin est assez grand pour pouvoir vraiment nager. A une extrémité on peut s’asseoir sur un banc dans les jets bouillonnants. Ce serait parfait si l’accès était réservé aux seuls clients de l’hôtel. Les visiteurs peuvent payer une entrée de 3€ et consommer. La jeunesse dorée (puisque c’est cher) s’y donne rendez-vous. Cette manie de sonoriser la piscine pour plaire aux adolescents est agaçante…il ffaut choisir les moments où les jeux adolescents n’empêchent pas de nager, surtout la « bomba ».
L’hôtel n’a pas de restaurant. Il est possible, si on n’a pas envie de reprendre la voiture pour descendre en ville, d’aller à la taverne voisine (chic) on peut commander par téléphone des repas livrés en scooter. La réceptionniste qui parle anglais propose de commander pour moi en grec. Quand nous avons choisi le menu, elle n’est plus de service au comptoir et sa mère qui ne parle que Grec ne comprend pas ce que nous désirons. Je choisis la solution « paketo » de la taverne. Pour 15€ je remonte deux parts de champignons farcis au fromage et aux herbes (un délice) et trois souvlakis accompagnés de riz et de frites. On ne touchera ni au riz ni aux frites. Les champignons auraient sufi, d’autant plus qu’ils étaient servis avec du pain aillé, poêlé, délicieux.