CARNET CRETOIS

9h sous le soleil et le vent.
On pénètre dans la Fortezza par un passage voûté assez longs, 3 bâtiments y étaient installés (maintenant boutique de souvenirs).

Les montagnes blanches, au loin , barrent l’horizon se détachant sur une prairie fleurie d’anthémis jaunes(que Tournefort venu herboriser en Crète en 1700 appelle des Fleurs dorées), de hautes mauves et des fines clochettes d’avoine. Les murailles de pierre claire dessinent un parcours compliqué avec les 7 bastions aux noms de saints : Saint Paul, St Hélie, St Luc, Esprit Saint, sainte Justine St Sozon et St Nicolas. Les murailles paraissent imprenables, vissées au rocher. Pourtant les Vénitiens ne tinrent que 70 ans la place forte de 1573 ) 1646.
Dépôts, garnisons, maison du recteur et Palais épiscopal sont encore visibles.L’église Saint Nicolas a été remplacée par une belle mosquée à la vaste coupole et au fin mihrab. Le minaret a été détruit.
La promenade est tranquille dans la belle lumière du matin. Le dépliant distribué au guichet avec les tickets raconte que, jusqu’en 1960 l’enceinte de la Fortezza était habitée et qu’il y avait de nombreuses maisons. Pourquoi les a-t-on détruites ? Réhabilitation difficile ? Désir d’en finir avec les Turcs ? Primauté de l’archéologie et du tourisme ? Cela me rappelle la démolition du village de Gournah et de quartiers entiers à Louxor. Les Guides Vert et Évasion passent sous silence cette histoire. Dans la prairie fleurie on a du mal à imaginer les maisons. De retour à Créteil, j’ai trouvé dans le Guide Nelles un indice : c’est pendant la seconde guerre mondiale que les maisons de la forteresse ont subi les destructions. Des femmes se sont même jetées des remparts pour ne pas être prises en otage des nazis. Ce funeste souvenir aurait empêché les reconstructions

Je visite les Dépôts de la Porte Nord : une grande salle souterraine est vide, en face dans une petite salle on a entassé les pierres tombales d’un cimetière turc : arbres ciselés d’inscriptions, ou fleuris, turbans enroulés.








Des rondins de bois matérialisent des marches ; les premières sont d’une hauteur raisonnable. Il faut cependant être vigilant : le calcaire est très glissant, presque du marbre et le sentier, étroit. A mesure que l’on descend, les cailloux dégringolent, les rondins n’assurent plus grand-chose. Une marche fait un mètre de dénivelé. Quand bien même j’arriverais à la descendre, comment la remonter ? Seule, ce n’est pas bien prudent, à plusieurs on s’assure. Je rebrousse chemin à regret, il ne reste que quelques mètres pour atteindre une passerelle sur le ruisseau et peut être un meilleur sentier. Au retour, je consulte la carte sans échelle ni distance et découvre qu’il existe deux sentiers un sur chaque rive pour aboutir à a passerelle. Je regrette d’avoir abandonné si près, j’aurais trouvé le chemin du bas et il aurait été inutile de remonter les marches ! Le sentier du bas est aussi mieux balisé avec des points verts fluo indiquant les passages. D’est désormais trop tard, tant pis ! La promenade très fraîche animée par le vol des hirondelles brunes nichant dans la falaise fut très agréable.












