Retour à Selinunte et retour des panneaux

CARNET SICILIEN 2016

Temple E avec les chapiteau du temple G
Temple E avec les chapiteau du temple G

Arrivée tardive, 10h,  l’heure des cars de scolaires et de touristes, ciel voilé. Une visite de trop ?

J’étais revenue pour dessiner.

Surprise ! Sur les supports vides mardi, on a installé de magnifiques panneaux en couleur – avec QR-codes –  mais aussi des explications. Cela change tout !

Temple F

temple F
temple F

J’étais passée devant le Temple F sans le voir –  en l’absence de colonnade remontée. Il a suffi d’un panneau bien placé pour que je devine l’édifice, les gradins et la base des colonnes. Temple archaïque 6×14 colonnes. Etait-il consacré à Athéna, Hercule ou Dionysos ? On ne le sait pas ; Gravissant les marches, je reconnais encore Pronaos, Naos et Cella avec ici un élément original : un mur entre les colonnes sans doute pour préserver le secret du culte.

Temple G

Les grosses colonnes du Temple G
Les grosses colonnes du Temple G

La dimension du diamètre des colonnes est impressionnante. La gravure de JP Houel (1782) présente six colonnes encore debout. En cherchant bien dans le chaos des blocs je découvre d’autres colonnes à moitié effondrées mais bien en place sur le côté nord. Mon imagination stimulée, j’imagine le temple.

Acropole

Sur l'Acropole le temple D
Sur l’Acropole le temple C

Le miracle des panneaux est encore plus flagrant. Mardi, j’avais fait une promenade distraite ne prêtant attention qu’à la colonnade du temple C remontée en 1925. Je n’avais même pas soupçonné l’existence du Temple A – temple d’Apollon, milieu du 6ème siècle. De dimension modeste, il était, parait-il décoré de marbres précieux et recelait le premier escalier à spirale, raconte le panneau. Le temple B (300 av. JC) ne possédait que 4 colonnes sous le fronton, il était associé au culte de Déméter que vénéraient aussi bien les Grecs que les Carthaginois. Une autre hypothèse en ferait le heroon d’Empédocle. Je n’aurais pas vu le temple D dans lequel un petit figuier pousse, les figues sont déjà bien développées.

mes rues de la ville antique
mes rues de la ville antique

Dans le quadrillage de rues, de maisons de la cité antique située derrière les temples, l’isolaFII a été restaurée en 2014-2015 : une passerelle métallique offre une « vue-de-dessus »des pièces d’une maison où le sol est revêtu de mosaïques (très simples). Suivant la rue principale, j’arrive à la Porte Nord où l’on observe les fortifications de la ville. Selon les nouveaux panneaux quatre phases ont été distinguées dans la défense de Sélinunte  où les murs de 4.5m flanqués de tours sont encore bien visibles:

  • après 409 av JC support des terrasses
  • 4ème siècle : renforcement du mur nord
  • Fin 4ème: un nouveau système de défence est mis en place avec une grande galerie abritant des machines de guerre
  • 3ème siècle : époque punique

On voit bien la galerie ronde haute de plusieurs étages servant aussi de casernement pour des sorties en masse.

Je rentre en longeant le mur Ouest, entre mur et une haie de lentisques touffus. C’est une belle promenade.

Au restaurant, La Pineta, on nous reconnait « Ah oui, les sardines ! ». Les brochettes de sardines nous attendent ? Ce sera Risotto du pêcheur avec moules, vongole, crevettes petites et grosses pour Dominique et spaghetti ale sarde pour moi. Pour nous faire patienter on nous apporte une corbeille de pain, délicieux et je commets l’erreur d’en manger trois tranches. Quand les spaghetti arrivent je n’ai déjà plus faim. Dommage ! Ils sont vraiment extra : sardines fraîches, tomates-cerises cuites, pignons de pin, basilic, ail. Je suis incapable de terminer mon assiette.

la Pineta et la plage
la Pineta et la plage

Avant le café, je fais  une promenade digestive, que je continuerai après le café jusqu’au fleuve Belice (pas si petit que cela, nous l’avons vu sur la route de Corléone). A notre premier passage, une promenade naturaliste dans le marais et la dune, m’avait laissé un bon souvenir, je m’étais promise de la refaire. Hélas les barrières de bois sont en ruine et les chemins vers les plages privatisées par Look Voyage et Marmara, sont les seuls itinéraires possibles. Promenade décevante. Il fait beaucoup moins chaud que mardi, je tente une baignade plus courte aussi parce qu’il n’y a pas de vagues. Pour finir nous nous installons sur les lettini pour lire les guides : demain Palerme !

Dimanche matin à Carabane et départ pour le Cap Skirring

CARNET DE CASAMANCE

la place de l'église de Carabane
la place de l’église de Carabane

Nous étions convenus avec Mor de quitter l’ïle Carabane vers 14h. Nous l’avions invité à partager le repas de midi chez Hadji et Léon pour arriver à Cap Skirring en milieu de l’après midi.

J’ai donc pris mon temps pour une promenade sur la plage jusqu’à la mangrove. J’ai surmonté ma frousse de traverser le troupeau (les animaux en Casamance sont particulièrement paisible, bestiaux, cochons ou chiens, nous n’avons jamais rencontré d’animal agressif). Je suis récompensée en rencontrant des aigrettes et hérons, courlis et bécasseaux (je les confonds). J’ai pensé à Senghor en regardant les sternes (j’ai lu le poème dans le livre d’Alphonse hier).

l'église coloniale abandonnée
l’église coloniale abandonnée

La messe dominicale est à 10heures. Nous espérons entendre la chorale qui a répété hier soir.  A 9h55, nous sommes sur la place devant l’échoppe du tailleur. Les fidèles convergent vers l’église surtout des enfants endimanchés, des femmes en grande tenue africaine, l’une d’elle avec son bébé sur le sois, une vieille entièrement voilée comme une musulmane. Le curé en un T-shirt jaune, nous invite à entrer ; nous nous en gardons bien, nous serions forcée à assister à l’office jusqu’au bout. Les chants sont en français pas du tout comme ceux de la chorale d’hier.

Aquarelliste ou peintre de marine ?

la
la case peinte

Je m’assieds sur la racine du baobab pour dessiner pendant que Dominique filme dans les cours. Pour les chants, l’école coranique fait concurrence à l’église. Dessiner est la meilleure façon d’observer. D’habitude, je dessine maisons et paysage, ici ce sont les gens qui m’intéressent. Comme je n’ai pas l’habitude de croquer des personnages, je suis trop lente. Ils changent d’attitude ou simplement s’en vont. Autre dessin, installée sur la proue d’une pirogue. Ici les proues sont particulières avec une section horizontale où j’ai vu poser une balance pour le poisson. La première fis que je l’ai remarquée, j’ai cru qu’il y avait deux pirogues. Le charpentier monte à bord, avec un marteau consolide un joint, et me fait une curieuse proposition « veux-tu peindre ma pirogue ? ». je n’ai pas bien compris puisque je lui réponds « impossible puisque je suis assise dessus ! Je dessine la case de Pathé » . il s’explique mieux : « Veux-tu peindre ma pirogue, tu passes du blanc d’abord et tu dessines un drapeau sénégalais » : proposition d’embauche !?

La case de Pathé est une chaumière. Il y vend des vêtements africains aux touristes et une affiche propose des massages. Il tient aussi un petit restaurant africain. Il flotte curieusement un drapeau basque.

peindre une pirogue?
peindre une pirogue?

11h, nous nous rendons chez Hadji et Léon et commandons trois repas de poisson et riz. Le vent ride la surface de l’eau et la baignade est moins plaisante qu’hier. Midi, Mor nous rejoint. Il faut encore régler le transfert avec le piroguier. Une demi-heure plus tard il nous annonce que la pirogue part à 13heures pour prendre des clients de l’hôtel à Elinkin. Nous n’aurons pas le temps de déjeuner. Léon encaisse sans protester les 5000f du repas qu’on n’a pas pris (2000×2 +1000f d’eau) . Je suis tellement furieuse que j’en oublie mon maillot de bain qui sèche sur un piquet à côté de l’auvent. Heureusement je m’en souviens avant de monter dans la pirogue et retourne le chercher. Pathé met les gaz à fond. Notre colère explose quand nous nous apercevons qu’on nous a menti: il n’y a personne au débarcadère. Peut être la secrétaire de l’Hôtel Carabane nous a punies de ce que nous n’avons pas voulu déjeuner à l’hôtel? L’atmosphère dans la voiture est électrique.

Elinkine
Elinkine

Mor propose d’aller dans un restaurant qu’il connait à Elinkine ou à Oussouye si nous préférons, derrière la station service où nous avions mangé le meilleur tiéboudiene des vacances. La colère nous a coupé l’appétit et puis nous avons une envie de nous venger. Après tout, c’est Mor qui est responsable des transports, il aurait pu éviter qu’on perde 5000f bêtement en nous prévenant à temps. J’achète 5 bananes pour 500f et mange toutes les 5 sans même lui en offrir une !

Nous repassons par Mlomp, Oussouye, les Bolongs cherchons à entrevoir le campement de William et Hortense avec sa façade jaune.

Nous traversons Cap Skirring avec ses nombreuses boutiques, non marché artisanal, ses petits restaurants et ses bars. Le tourisme,  bien présent,  n’a pas défiguré la ville

Palmyre – L’irremplaçable trésor – Paul Veyne

ARCHÉOLOGIE ROMAINE, HELLÉNISTIQUE, ORIENTALE?

Palmyre

Palmyre, perle du désert syrien, était-elle syrienne, hellénistique ou romaine? On y parlait araméen mais aussi grec, avant-poste romain sujette des Césars ou cité caravanière sur la Route de la Soie?

Paul Veyne nous transporte dans le désert aux confins de l’Empire romain, proche de la Perse, et nous décrit une ville différente des villes romaines au plan analogue, du Maroc en Bulgarie. Cette civilisation marchande d’une grande richesse qui a gardé son originalité, ses tribus nomades, ses dieux Bêl et Baalshamîn « traduits » en Zeus, Allat tantôt figurée en Athéna de Phidias, tantôt Artémis…

Si les colonnades sont hellénistiques c’est que « l’hellénisme était toujours la civilisation « mondiale » qui impressionnait tous les peuples, le prestigieux modèle étranger qu’on imitait et en même temps le miroir ou les différents peuples croyaient retrouver leurs propres traits sous une forme plus vraie; S’helléniser c’était rester soi-même tout en devenant soi-même : c’était se moderniser ».

Il raconte aussi l’histoire de Zénobie, reine d’Orient et Vraie romaine…  Son mari  Odinath, élevé au rang de sénateur romain,  leva une armée de bédouins ou de Sarrasins contre Sapor le roi de Perse qui retenait prisonnier l’empereur romain en personne, Valérien. Zénobie, reine hellénistique lettrée et  ouverte attirée par le religion juive donna aussi asile aux manichéens. Après une facile conquête de l’Egypte elle se rêva même impératrice romaine , commença une marche sur Rome et fut refoulée par Aurélien.

Architecture, sculpture, religion, politique, tous les aspect de la ville de Palmyre traduisent une hybridation, symbiose entre l’empire Romain et l’Orient lointain. Le résultat est original.

Le mot de la fin :

« Oui, décidément, ne connaitre ne vouloir connaître qu’une seule culture, la sienne, c’est se condamner à vivre sous un éteignoir »

 

les élections, le souk

CARNET TUNISIEN DE DJERBA AU GRAND SUD 

LogoélectionsTunisie2014

 

Dimanche 21 Décembre Deuxième tour des élections présidentielles.

 

Hier soir sur la place il y a eu du chahut.

Au souk,  ce matin, seuls quelques vendeurs ont sorti leurs marchandises alors que les autres dimanches il y a une foule dense. Carottes, salades herbes proviennent de l’oasis de Chemini. Maissa achète les ingrédients pour le couscous de ce soir : les fanes de fenouil, du persil, de la coriandre, des carottes et des navets. Nous faisons aussi les courses pour la vieille dame du village que nous allons visiter.

Les élections se déroulent dans les écoles primaires. Majdi et Maissa affichent une certaine indifférence : aucun des deux candidats ne leurconvient vraiment. Le Président sortant, Marzouki a accumulé les faux pas et s’est allié aux islamistes, son adversaire est un vieillard qui a collaboré avec Bourguiba et Ben Ali.  « Très expérimenté » ,  à 89 ans tiendra-t-il un quinquennat ? La vieille dame du village abandonné (qui a des panneaux solaires pour sa télévision) résumera la situation : « les jeunes ont fait la Révolution et chassé le dictateur, il faudrait qu’ils prennent la relève ! ». Des soldats en armes paradent devant les bureaux de vote. Hier nous avons passé de nombreux barrages. Officiellement les barrages n’ont rien à voir avec les élections mais contrôlent les mouvements en provenance de Lybie où règne l’anarchie et la contrebande, celle d’essence tolérée mais peut être d’armes.

Tunis connection, Printemps de Tunis, lectures avant le départ

TUNISIE

printemps de tunis

Vendredi, nous serons dans l’avion pour Djerba. Premier voyage en Tunisie. Quelles lectures? Bien sûr j’ai téléchargé Salambô et lu une biographie d’Hannibal. L’ Histoire antique m’intéresse mais la Tunisie s’est invitée dans les actualités télévisées récemment et nous assisterons au 2ème tour des élections présidentielles. 

J’ai donc cherché des ouvrages sur la Révolution de jasmin.

TUNIS CONNECTION de Lenaig Bredoux et Mathieu Magnaudeix

tunis connection

 

Les auteurs sont journalistes de Mediapart.

C’est une enquête très fouillée et circonstanciée sur les rapports entre la France et le pouvoir de Ben Ali.
Emprunté quelques semaines avant notre départ en Tunisie, j’espérais en apprendre plus sur le pays.
Gauche, droite, diplomates, hommes d’affaires ou de média, en France, tout le monde a fermé les yeux sur les entorses (le mot est faible) aux droits de l’homme de Ben Ali et de sa clique et sur la corruption. Peur de l’Islamisme, attachements sentimentaux ou familiaux, plaisirs de la plage, du soleil….
L’enquête est intéressante mais très franco-française.

PRINTEMPS DE TUNIS de  Abdelwahab Meddeb

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Abdelwahab Meddeb est le co-auteur avec Benjamin Stora de la magistrale Histoire des relations entre juifs et musulmans...

 

C’est en feuilletant ce gros livre qui ressemble plus à une encyclopédie que j’ai eu l’idée de télécharger le Printemps de Tunis

 

 

« Le 14 janvier est un évènement qui a pour vertu de confirmer que l’histoire ne s’arrête pas. Le désir de liberté et l’appel à la démocratie ont émané du cœur d’un peuple d’islam informé de la référence occidentale assimilée à un acquis universel dont jouit tout humain »

Abdelwahab Meddeb raconte la Révolution de Jasmin,  du 17 décembre 2010  Mohamed Bouazizi s’est immolé par le feu à Sidi Bouzid au départ de Ben Ali le 14 janvier 2011, et les jours où la démocratie s’est imposée jusqu’à la fin de janvier 2011.

« bienvenue au temps qui renoue avec la médiévale courtoisie, d’Ibn hazim à guillaume d’Aquitaines, d’Ibn Arabi à Dante[…] C’est un concert qui emporte dans son sillage tant d’idiomes romans dont je reçois les échos dans Tunis donné à la révolution »

C’est à la fois un livre très personnel et très optimiste, regard éclairé d’un intellectuel qui cite aussi bien La Boétie que Ibn Arabi, le soufi. Meddeb convoque aussi bien Hobbes que Condorcet pour analyser la dictature de Ben Ali. Il impute à Bourguiba une part de la responsabilité du régime autoritaire tout en lui accordant le mérite d’avoir promu l’éducation et la laïcité. Selon lui « l’état créé par Bourguiba a une triple genèse » : la domination du parti unique, « l’exercice de l’autorité de Bourguiba procède de l’émirat » le comparant à Haroun al-Rachid. Ben Ali ayant transformé cette autorité en état-voyou à caractère mafieux. 

Dans le déroulement de la révolution il met en avant l’importance cathartique du bûcher de Bouazizi « cette révolution du  jasmin eût pu s’appeler la révolution du phénix » .

« L’instrument de cette révolution aura été Internet. » En Tunisie et dans la blogosphère mondiale où 8000 hackers ont répondu à l’appel à Anonymeous contre la cyberpolice avant la chute de Ben Ali. la circulation des images ont aussi galvanisé les foules.

Se laissant porter par l’euphorie, il parle d’une révolution aimable, polie, même.

« Les femmes en Tunisie m’impressionnent par la manière souveraine avec laquelle elles vivent leur conquête. »

 

Il est conscient que le moment de grâce ne durera pas.

« Quand la poésie de la révolution se retirera, comment nous accomoderons- nous de la prose du quotidien? »

La condition de la réussite de la révolution est l’indépendance de la justice. note-t-il plus loin.

Le rôle des forces armées est aussi essentiel. Certains officiers sont entrés en rébellion et ont terrorisé les populations. L’autre péril est celui de la récupération islamique.

La ré-islamisation des sociétés par les télévisions arabiques n’est pas à négliger.  Même les rappeurs sont touchés par cette tendance observe-t-il. Si la tendance laïque et séculière domine, l’islam politique est une force organisée qui possède une stratégie élaborée.

« Ceux qui sont dans la passion et dans la technique du militantisme politique, ce sont les islamistes. la jeunesse populaire est infra-politique. Celle des classes moyennes qui s’est ralliée via Internet est post-politique ; elle est semblable aux jeunesses européennes et occidentales : elle partage leur défiance du politique sans qu’elle en ait goûté la saveur »

L’histoire continue, il faudra que j’en trouve la suite. les élections me donneront peut-être l’occasion d’un nouvel épisode.

 

 

 

Timbuktu film de Abderrahmane Sissoko

TOILES NOMADES

 

timbuktu2

Une gazelle poursuivie par des combattants dans un pick up.Sa  course effrénée ouvre le film qui se terminera sur la course de ces deux enfants, petits bergers.

Entre temps, on verra comment les djihadistes occupant Tombouctou font régner la terreur : interdites les cigarettes, interdite la musique, interdits les jeux de ballon. Voiles noirs, gants et chaussettes. Des hommes voilés sans visage prétendent régler la vie quotidienne.

TIMBUKTU AFFICHE

Qui sont ces hommes? Ils s’expriment pour la plupart en arabe, mais certains se plaignent de cet arabe déplorable à peine compréhensible : au téléphone, l’interlocuteur invisible préfère parler en anglais. Un d’entre eux avoue venir du « Pays vert », la Libye. Leur brutalité n’a d’égale que leur ignorance. Pusillanime plaisir de conduire le 4×4 qui cale dans le sable pour l’un des chefs. l’arrivée en chaussures et en armes dans la mosquée leur vaut les remontrances de l’imam.

timbuktu images

La population terrorisée résiste comme elle  peut. Résistance dérisoire et pourtant héroïque de cette marchande de poisson sommée de porter des gants, de la jeune fille fouettée pour avoir chanté qui reprend sa chanson sous les coups. Chorégraphie que ce match de foot sans ballon…Une femme très étrange, fêlée….folle ou sorcière?

Ce n’est pas un documentaire, il y a aussi une histoire, une famille d’éleveurs, Kidane, femme Satima, et leur fille adorée Toya. Quand leur vache GPS est tuée par un pêcheur, le drame se noue.

Abderrahmane Sissako est le réalisateur du très beau Bamako (2006) – procès du FMI dans une cour de la capitale malienne. Il faut l’écouter parler, dire que les djihadistes à Tombouctou ont « pris en otage une culture et une religion » comment il filme  « à hauteur d’homme » prenant soin de ne pas diaboliser le bourreau, sa confiance dans la résistance des femmes et des enfants qui le rend malgré tout optimiste. 

4 mars : coucher de soleil sur la dune – et incendie à Dakar, petits talibés victimes…..

CARNET SÉNÉGALAIS

Regard touriste? conscience de la blogueuse?

Pendant que nous suivions un circuit de rêve. Pendant que Bouba enchantait notre séjour de campements de brousse, qu’il nous livrait les sésames dans  les langues Peules, Sérères, Maures, pour des rencontres fabuleuses….Et, que, les touristes béates, s’ enthousiasmaient devant la gentillesse, l’hospitalité, la cuisine…. la blogueuse cherchait à sortir du monde enchanté du tourisme et à tendre l’oreille à la radio. Malheureusement, les informations étaient le plus souvent en wolof! Sur la route de la Réserve du Djoudj, Bouba a bien voulu mettre RFI.

RFI livrait ses informations sur la guerre au Mali, et aussi sur l’incendie à Dakar qui a fait des victimes chez les petits talibés? J’ai prêté une oreille attentive aux mesures que les officiels dakarois proposaient:  interdire la mendicité des enfants-talibés . Je ne voulais pas ignorer cette réalité-là, comme nous étions passées,  au Bénin, devant des enfants au travail sans voir le triste sort des enfants-esclaves Vidomégons. Autrefois, un prêtre italien nous avait mises en garde mais nous ne l’avions pas écouté, toutes enthousiastes à nos découvertes. Ce n’est que deux années plus tard que nous avions remarqué ces petites vendeuses qui auraient dû être à l’école. Pour les talibés,  quand une dame française, dans le 4×4 qui nous ramenait de Lampoul, m’avait raconté sa mission humanitaire auprès de ces enfants, Bouba n’avait pas apprécié la teneur de notre conversation. Ces petits mendiants, peut être les avons nous croisés sans les voir?