En vol vers le Vietnam

CARNET VIETNAMIEN

12h10 -Vietnam Airline

Roissy : l’équipage de Vietnam Airline

 

Première photo des vacances : l’équipage. Les hôtesses sont vêtues de la longue tunique fendue rouge au petit col droit galonné d’orange, les cheveux tirés en un gros chignon.

 

Ciel partiellement nuageux, survolons Reims,  l’Allemagne, collines et vignobles… la Tchéquie, le paysage varie peu, peut être plus boisé, des parcelles plus petites, des ruisseaux qui serpentent…Sur l’écran, les noms de Cracovie, Lvov : ma géographie hésite. Sommes nous au dessus de la Pologne, de la Biélorussie ou de l’Ukraine ? Le relief s’est estompé, routes droites, grands champs, nombreuses pièces d’eau. L’avion vole haut, 10 600m, nous avons parcouru 1700 km.

Décalage horaire

Vers l’Est, le temps est avalé. Se forcer à dormir pour arriver en forme à Ho Chi Minh Ville. L’équipage fait régner la discipline avec fermeté:17h, heure de Paris,  fermeture des volets. Au Vietnam, il est 22 heures. On se plie à cette nouvelle heure, de l’Asie du sud Est, plongée dans la nuit. Je sors mon masque et mes bouchons d’oreilles. Par miracle j’arrive à m’endormir !

Quelques réveils plus tard, l’avion vient de dépasser la Mer Noire, sur la carte Groznyï et Bakou. Le Caucase est invisible. L’avion a pris de l’altitude, plus de 11000m sandwiches . Sur l’écran, des villes mythiques : Boukhara, Samarkande, Douchanbé, l’Asie Centrale  dans la nuit. Afghanistan:  de Herat à Kaboul, très haut au dessus des montagnes et des guerres. Pakistan, il reste  5heures de vol. J’ai dormi 4heures. Je regarde un documentaire sur Dien Bien Phu, Geneviève de Gallard dont j’ai parcouru le livre il y a deux jours. Le ciel se découvre à l’arrivée.

 

Minuit à Serampore suivi de Le secret du docteur Honigberger de Mircea Eliade

LIRE POUR L’INDE OU POUR LA ROUMANIE?

 

Deux nouvelles.
Minuit à Sérampore : trois spécialistes de religions indienne se réunissent dans un bungalow près de Calcutta. Sur le chemin du retour, une nuit un cri d’horreur déchire la nuit….Je suis peu attirée par la littérature fantastique ou d’horreur, cependant Mircéa Eliade a su m’entraîner et me séduire. A lire!

Le secret du docteur Honigberger se déroule à Bucarest. Le narrateur, de retour d’Inde est appelé à étudier les papiers d’un érudit disparu qui retraçait la biographie du Docteur Honigberger, un aventurier. La nouvelle commence très bien. Malheureusement, Eliade(spécialiste des religions indiennes) s’appesantit sur les théories ésotériques et sur les arcanes du yoga et on perd de vue l’érudit disparu et surtout l’aventurier.

Ravi Shankar, musicien et passeur de musique avec Yehudi Menuhin et Philip Glass

MA SAISON INDIENNE

 

J’ai été étonnée  en lisant hier les nécrologies dans la presse :le grand musicien, le virtuose était présenté comme le père de Norah Jones (c’est vrai mais tellement réducteur). Regardant les infos à la télévision, l’hommage fut pire : pas de sitar, une image furtive puis les Beatles qu’il a inspirés. Certes….. Heureusement, Télérama consacre un article plus étoffé au musicien.

De passage à la bibliothèque et discothèque j’ai emporté un DVD et des CD de musique indienne, regrettant l’an passé de ne pas avoir consacré plus de temps à cet aspect de la culture du sous-continent. J’ai corrigé mes copies en écoutant des râgas et mesuré l’étrangéité de la musique savante pour nos oreilles occidentales.

Le rôle de passeur de Ravi Shankar m’est donc apparu comme essentiel. peut être fallait-il qu’il joue avec Menuhin pour qu’il parvienne jusqu’aux mélomanes et avec les Beatles pour que nous le fêtions dans les années soixante: routards vers Katmandous sur les routes de l’Inde, babas et hippies des fleurs dans les cheveux, expériences psychadéliques et musique planante… malgré notre voyage au Rajasthan, c’est Shankar, le passeur que je retiens.

Joseph Anton – une autobiographie de Salman Rushdie

Après les violences meurtrières à la suite de ce film que personne n’a vu, des caricatures de Mahomet, ce livre invite à la réflexion intellectuelle et politique, sur la liberté d’expression, la laïcité.

J’ai donc passé une bonne semaine en compagnie de Rushdie: 725 grandes pages!

Joseph (Conrad) Anton (Tchekov) est le pseudonyme de l’auteur des Versets Sataniques sous la menace de la fatwa de Khomeiny. Comment vivre dix ans caché, sous la protection des Services secrets de Sa Majesté? Je m’attendais donc à un roman d’aventure, d’espionnage – genre Le Carré mais en vrai . Dix ans d’Histoire, du 14 février 1989 au 11 Septembre 2001. Dix ans de luttes d’influence, de tractations avec l’Iran de Khomeiny puis de ses successeurs pour annuler la fatwa, rencontres avec Margaret Thatcher, John Major, puis Tony Blair, avec Clinton…  Voyages clandestins ou annoncés de Londres à New York mais aussi Oslo, du Chili à la Nouvelle Zélande. Mesures de sécurité oppressantes, parfois cocasses.

C’est aussi un panorama de la littérature contemporaine. Le livre s’ouvre sur la messe en l’honneur de Chatwin, ami de Rushdie. Si Rushdie a pu survivre à la condamnation à  mort iranienne c’est d’abord grâce à l’affection et à la mobilisation des écrivains amis. Le lecteur est donc entraîné à la suite de Salman et rencontre les plus grands auteurs anglophones ou non: Harold Pinter et Graham Greene  de Styron  à Paul Auster, Susan Sontag aux Etats Unis, Nadine Gordimer, Gunther Grass et même Borges. Ecrivains indiens de langue anglaise aussi: Arundati Roy et tant d’autres. Dix ans de littérature et de mobilisation sans relâche pour la liberté d’expression.

C’est l’histoire d’un homme, déraciné, d’une double culture, héritier d’une riche culture indienne, élève des meilleurs écoles britanniques. origines,   son patronyme de Rushdie venait d’Averroès Abul Walid Muhammad ibn Ahmad Ibn Rushd qui défendait déjà la liberté de la philosophie loin du carcan des théologiens. Années d’apprentisage à Rugby, école élitiste  où « il existait trois erreurs fatales que l’on pouvait commettre, mais si l’on n’en commettait que deux sur trois on pouvait être pardonné. les erreurs étaient les suivantes : être étranger, être intelligent, être mauvais en sport. […]Il les commit toutes les trois. »

 

C’est avant tout l’histoire d’un écrivain dont le métier est l’écriture. Il nous livre le processus d’écriture de ces livres les plus fameux, ses sources d’inspiration, les clés de ses romans. J’ai furieusement envie de relire les Enfants de Minuit que j’avais énormément aimé autrefois après ces précieux enseignements. Militant de la liberté d’expression, il veut d’abord être reconnu pour ses écrits.

J’ai dévoré les 250 premières pages. Je me suis un peu ennuyée quand il décrivait par le menu toutes les tracasseries des policiers et les mesquineries d’un certain milieu londonien, mesquineries aussi de son ancienne femme dont on n’a vraiment pas envie de connaître les rancœurs. Rushdie ne nous fait grâce de rien, ni de ses entrevues successives avec les  responsables des services secrets ou les fonctionnaires de Sa Majesté, des hésitations des éditeurs qui refusent de sortir l’édition en poche des Versets sataniques et hésitent à publier ses autres romans . Après tout, trois attentats ont touché traducteurs et éditeurs étrangers au Japon, en Norvège et en Italie! Il détaille aussi les efforts de ses amis, du PEN-club américain, du parlement européen des écrivains, de Bono et U2…il ne veut oublier personne. La lectrice a décroché parfois au milieu du livre. Et pourtant j’ai poursuivi, happée par l’enjeu et aussi par l’art de l’écrivain.

 

Kampuchea – Patrick Deville

LIRE POUR LE CAMBODGE (et le Vietnam, et la Thaïlande, et le Laos…)

Angkor

Après Peste&Choléra qui m’a beaucoup intéressée, j’ai cherché Kampuchéa sorti quelques mois après notre retour du Cambodge.

C’est un livre très différent, plutôt un carnet de voyage relatant une errance de Bangkok où il commence et se termine, un reportage au Procès de Douch – le tortionnaire du sinistre S-21 à Phnom Penh, et des digressions au Vietnam et au Laos.

sur le Tonlé-Sap
Sur le Tonlé-Sap – Cambodge

Le titre du livre – Kampuchéa – nom que les Khmers rouges avaient donné au Cambodge – laisse imaginer une sorte d’histoire du Cambodge. Deville commence son histoire en 1860 avec la découverte d’Angkor par Mouhot. Coquetterie d’auteur, il feint de dater les évènements à partir de cette nouvelle ère, ce nous oblige à faire un petit exercice de calcul mental.

Deville joue avec le lecteur en l’égarant aussi bien dans l’espace. Il fournit des indices plus ou moins clairs, ne nomme pas toujours les lieux si bien qu’il faut deviner où se déroule l’action. Un bonne connaissance de l’Asie du Sud-Est est même nécessaire pour se repérer dans ce livre-puzzle.

L’histoire n’est jamais racontée linéairement. Des épisodes, dans le plus grand désordre chronologique,  surgissent au fil du voyage, des rencontres, des digressions. On peut considérer cette lecture comme un jeu. Parfois agaçant. Ce n’est plus l’histoire du Cambodge qui est narrée, plutôt celle de l’Indochine, avec ses pionniers: Mouhot le premier, mais aussi Garnier et Lagrée qui ont cartographié le Mékong, ainsi qu’Auguste Pavie qui cartographia le Tonlé Sap et installa le télégraphe entre Phnom Penh et Bangkok, parti à dos d’éléphant. Rencontres fortuites avec Loti, Brazza ou Stanley, des plus grands explorateurs. Plus tardives avec Malraux ou Graham Green.

Morceaux de bravoures, l’entrée des Khmers rouges le 17 avril 1975 à Phnom Penh, DienBien Phu, ou la débâcle des américains  à Saïgon, même les affrontements entre chemises jaunes et chemises rouges à Bangkok en 2011. On croise Sihanouk et Hô Chi  Minh…. Récit cinématographique:long travelling sur Catinat à Saïgon.

a
Nha Trang – Vietnam

« Je vais descendre vers Danang, ou peut être à Nha Trang sur les traces du bon docteur Yersin. Par la route Mandarine ou en train, au milieu des flamboyants et des tamariniers. puis descendre à Hô Chi Minh-Ville et de-là regagner Bangkok, remonter au nord vers Chiang Mai, puis Hanoï, puis Haïphong, corir à nouveau sur la grand-roue dont le moyeu est Phnom Penh, comme l’écureuil de Cendrars dans la cage des latitudes et des longitudes, chercher une issue…. »

Rencontres passionnantes mais un peu frustrantes,  à peine commence-t-on à se situer que le chapitre suivant nous emmène ailleurs.


 

Peste&Choléra – patrick Deville

 

 

 

 

 

 

Yersin , depuis notre séjour à Nha Trang,  fait partie de mon Panthéon personnel. J’attendais avec impatience de lire sa biographie. Livres ou films trop désirés, trop attendus, réservent parfois des déceptions. J’ai donc ouvert le livre de Deville avec une certaine appréhension..

220 pages,  des chapitres courts, quelques pages, parfois deux. C’est un livre  concis. Le titre symbolise bien le style : Peste&choléra sans articles, sans conjonction de coordination. Rien que &. Phrases courtes, parfois sans verbe. L’essentiel. Rien de superflu.

Le personnage de Yersin a sans doute  inspiré ce style sobre. Protestant de Morges, taiseux,   Yersin est resté deux ans seulement auprès de Pasteur, deux ans médecin de marine, explorateur-cartographe ethnologue chez les Moïs et les Sédangs, découvreur du bacille de la peste à Hong Kong, planteur d’hévéa, de quinquina, amateur des premières automobiles…. Yersin est passé d’une activité à une autre avec  le même brio sans s’y attacher. Avec élégance, sans fioritures.

 

 

J’ai d’abord regretté que Deville ne s’attarde pas davantage sur les expériences : Yersin a isolé la toxine diphtérique, mais comment ? Je suis frustrée. J’attendais des protocoles expérimentaux, comptes-rendus Ce n’est pas le propos de l’auteur. Pour la découverte du bacille de la Peste Yersinia pestis, la découverte que retiendra la postérité, il est un peu plus disert, à peine.

La lecture de Peste &Choléra requiert une attention soutenue.  Racontant la longue vie de Yersin , l’auteur procède par flash- back, le vieil homme en 1940, de retour vers Nha Trang, se souvient-il ? Le lecteur dispose d’indice pour se situer dans la chronologie. Congrès de Berlin, affaire Dreyfus, Exposition Universelle, il faut dater soi-même les évènements, les chiffres auraient sans doute altéré la sobriété du style. Parfois l’auteur se met lui-même en scène, introduisant ainsi des anachronismes, si on n’y fait pas attention. Jeu intellectuel qui requiert la participation du lecteur.

Si le récit est avare en détails pittoresques, en revanche interviennent de nombreux personnages de premier plan qu’on a plaisir à rencontrer : les pasteuriens bien sûr, le Commandeur, pasteur, lui-même, mais aussi Roux, Calmette, et de nombreux autres. Avec Paul Doumer il fonde Dalat. Plus inattendus, Livingstone, l’explorateur-modèle, Rimbaud…mais aussi la « bande » des sahariens, ou celle des parnassiens, quand Yersin était à Paris avec Pasteur, celle des artistes de Montparnasse, beaucoup plus tard. Lyautey et Ho chi Minh… Et même ce pasteurien que fut Destouches – alias Céline.  Du Second Empire à la Seconde Guerre mondiale, toute l’histoire défile sous les yeux de cet original que fut Yersin. Pour le plus grand plaisir du lecteur.

C’est aussi un voyage, Yersin, médecin de marine, marin comme Loti a navigué sur la mer de Chine, entre Saigon, Manille ou Haiphong.  Médecin de la Peste, il a soigné à Hong Kong, Canton Bombay, mais surtout héritier de pasteur, il a présidé aux destinées des nombreux Instituts Pasteur éparpillés entre Brésil, Australie, Europe et Asie.

Comment reprocher alors à Deville de ne pas avoir consacré plus de place à l’expérimentation en bactériologie ?

lire aussi la critique ICI

 

Trishna film de Winterbottom

SAISON INDIENNE


Winterbottom a réussi à faire un film bollywoodien avec danses et chansons, couleurs.

Adaptation de Tess de Thomas Hardy : Trishna, la jeune paysanne du Rajasthan est remarquée par Jay, fils de famille, qui possède des hôtels à Jaipur. Un séjour à Bombay permet de voir les studios de Bollywood et de fréquenter la jeunesse dorée. Jay, enfant gâté inconsistant, ne s’affirme qu’en humiliant Trisna….

On peut aussi  voir dans ce film, un dépliant touristique, de ce tourisme Heritage où les touristes sont accueillis dans les appartements des maharadjahs ou dans le zenana des maharanées comme des princes. Le nom de ces hôtels  figure au générique – réservation possible par Internet.

<

Divertissement coloré et réussi mais sans grande invention. Les acteurs : Freida Pinto est ravissante et danse parfaitement. Riz Ahmed est aussi très crédible.

J’ai enfin trouvé les Moghols! (lectures)

SAISON INDIENNE

mausolée d'Akbar

Pour préparer notre voyage à Delhi, Agra et le Rajasthan j’ai abordé mes recherches bibliographiques dans le plus grand désordre. Je n’imaginais pas la richesse de la documentation, ni sa variété. Le mot-clé « Inde » n’était pas opérationnel. J’ai donc découvert une littérature indienne foisonnante, des essais, des relations de voyage….

En visitant  plusieurs « Forts Rouges » et les palais du Rajasthan, je me suis rendue compte que j’aurais mieux fait de me documenter plus sur les Moghols.

La meilleure introduction, ce n’est pas un livre mais le film Jodhâa et Akbar qui m’a fourni des personnages en chair et en os pour peupler ces grands forts et palais.

Le Diamant des Moghols d’Alex Rutherford (Pygmalion)  raconte la vie de Babur, (1483-1530) premier Moghol qui a conquis l’Hindoustan venant de Ferghana (Ouzbékistan), arrière-petit-fils de Timur (Tamerlan) qui lui-même prit Delhi en 1398.

Ce roman historique fait la place belle aux faits d’armes et aux intrigues. Le long siège de Samarcande a commencé de me lasser, les combats contre les tribus hostiles ouzbèkes m’ont fait abandonner la lecture, avant même que Babur n’entre en Inde.

J’aurais préféré lire quelques extraits du journal de Babur, lettré qui rédigea sont autobiographie.

 

Le Songe du Taj Mahal de Christian Petit (Fayard)

C’est aussi un roman historique, mais plus aimable, dse déroulant à la cour de Jahangir

Janhangir

(1605-1627) à qui succéda Shah Jahan. Le héros de l’histoire est un joailler de Bordeaux entraîné dans des aventures rocambolesques à Londres où il doit livrer un collier merveilleux au roi Jacques 1er . Sauvé par un magicien indien Birbal qui devient son ami il le suit jusqu’à Agra, alors capitale de l’empire Moghol où il devient ingénieur des arts du Grand Moghol. Intrigues de cour, histoires d’amour courtisanes ou princesses.

 

 

L’histoire se poursuit pendant le règne de Shah Jahan et on y voit mourir Mumtaz et construire le Taj Mahal.

L’histoire d’Augustin Hiriart de Bordeaux est une très agréable et facile lecture, roman d’aventure et roman d’amour, je me suis laissé prendre même si le roman historique n’a pas la saveur des relations des voyageurs de l’époque.

Les Voyages en Orient du Baron d’Aubonne (1605-1689) de Jean-Baptiste Tavernier

Cette relation de voyage est un texte qui a toute la saveur de l’original. Merveilleux observateur Tavernier raconte la vie en Perse et en Indes en textes courts et très vivants. Le Moghol est alors Aurengzeb peut être moins prestigieux que ses prédécesseurs puisqu’il n’a pas laissé de mausolées comme les autres grands Moghols.

Taj Mahal


 

Promenade avec les dieux de l’Inde – Catherine Clément

SAISON INDIENNE

Promenade avec les dieux de l’Inde est l’adaptation d’une série d’émissions diffusées sur France Culture, annonce le 4ème de couverture. L’auteur adopte ici le ton de la conteuse pour aborder les mythes hindous et les grandes épopées que sont le Râmâyana et le Mahâbhârata, entre autres. Courts chapitres, ton alerte souvent ironique, où la spécialiste de la psychanalyse nous régale de symboles, d’allusions rigolotes.

Une de mes découvertes (et il y en a beaucoup) est celle de Ganga, déesse du Gange, décrite  non pas comme majestueuse mais comme une fillette capricieuse

p 58  « Regardons la tête de Shiva. Il a au sommet du crâne le chignon que portent les ascètes, une sorte de boucle qui ressemble à la coiffure de Simone Signoret dans Casque d’or/ Et dans ce chignon roulé apparaissent le croissant de lune jailli de  la mer de lait, et une toute petite tête de femme mignonne, qui crache de l’eau.

Qui est cette jolie petite tête de femme crachant de l’eau? Eh bien c’est Ganga, la déesse du Gange. [….]

Elle vit dans les cieux. C’est une jeune déesse, peut être une fillette. Elle est insupportable. Elle habite peut être l’un des orteils de Vichnou […]seulement Ganga c' »est ne malicieuse « ah oui, dit-elle, je veux bien descendre, mais, je vous préviens, je vais inonder la Terre, je veux faire du dégât! »  […]

Voici donc Bhagirat perché sur une patte pour convaincre Shiva de se placer sous la voûte du ciel et d’attraper Ganga dans ses cheveux à l’instant où elle va sauter. Et Shiva se poste sous le ciel »

Bien sûr, Catherine Clément rend compte de la richesse et de la diversité des personnages des légendes. Dans son récit du Mahâbhârata, je me suis un peu perdue, malgré son souci de faire simple….Mais je ne m’en lasse pas, entre les bas-reliefs, d’Angkor, commentés par notre guide Prun, les explications d’Alexandra David Neel, et cette promenade charmante, j’en redemande!

 

Amal film de Richa Mehta (DVD) Inde/Canada

SAISON INDIENNE

Sometimes the poorest of men are the richest

Est le sous-titre de ce film.

 

 

 

Film Indien ou Canadien?

Indien puisque une bonne partie des dialogues est en Hindi, et que l’action se déroule à Delhi! Canadien par son format, son rythme et l’absence des ingrédients de Bollywood : chants et danse.

A bord du rickshaw d’Amal je vois mieux Delhi que du taxi de notre voyage. Amal accompagne les enfants riches à l’école chaque matin, il effectue toute les livraisons de la jolie épicière, et entre les clients réguliers charge des inconnus. Il passe dans les ruelles poussiéreuses et étroite du vieux Delhi et par les larges avenues de New Delhi. J’ai reconnu seulement India Gate. Amal est heureux et fier de conduire le rickshaw de son père qu’il gagera pourtant pour obtenir un prêt qui lui permettra de payer l’hôpital d’une petite fille accidentée sous les yeux.  Amal ne sait pas qu’il est passé à côté de la fortune. Il conduit à nouveau à bord d’un rickshaw retapé. A l’autre bout de l’échelle sociale, des riches se déchirent pour toucher l’héritage d’un vieil homme. Et le film va de l’extrême richesse à la grande pauvreté. A l’image de Delhi.

Et pourtant un autre changement menace : le métro!