les villages de Balagne

CARNET CORSE 2024

Belgodère : village perché sur son arête

Circuit orange Guide Vert p 136

Belgodère

T30 (route de Bastia) jusqu’à Lozari pour monter à Belgodère (310 m), village perché sur une arête. Vraiment pas au point ! L’église Saint Thomas est ouverte. Je l’avais visitée autrefois et découvert une Vierge des 7 douleurs à la poitrine transpercée d’épées, un bras de bois dépassant de la chaire. Cette fois-ci je n’ai rien remarqué d’extraordinaire.

Un café -restaurant sur la palce de Belgodère

La place du village est occupée par deux terrasse de cafés-restaurants très décorées et occupés par des bandes de motards bien bruyants qui s’y retrouvent. Une ruelle entre deux maisons conduit au fort construit sur un rocher. C’est une belle montée par ruelles, escaliers, marches, couloirs qui semblent conduire à une maison particulière mais qui la contournent par des passages dérobés. Les maisons sont fleuries. Du fort, il ne reste qu’un mur.  Le panorama sur la montagne et les villages environnants est intéressant.

le rocher a&u sommet du village

Le circuit est annoncé dans le Guide Vert 70 km, il ne nous reste que 130 km d’autonomie sur la FIAT500e. Est-ce fiable ? Je me suis félicitée de la facilité du branchement mais la capacité baisse.  A l’entrée du village, près de la Poste, il y a bien une borne mais ce n’est pas le réseau e-Motum, il faut scanner un QR-code, ouvrir un compte dans une autre société. D’ailleurs on ne sait pas où se trouvent les bornes de la concurrence et surtout je n’ai aucune idée de combien on va payer… et surtout, pas d’Internet dans le village !

Occhiatana

Un joli petit village (245 ha) perché. Pendant ma promenade dans les ruelles étroites et désertes je ne rencontre que des chats. L’église est fermée. Pendant l’été seulement trois messes y seront célébrées (sauf circonstances exceptionnelles), la dernière le Août !

Ville-di-Paraso

Ville-di-Parso église Saint Simone

Après un petit pont, un panneau signale un moulin. Je descends de voiture. Le moulin est occupé par des chambres d’hôtes. Tout est bouclé avec un cadenas. Je devine un jardin soigné derrière les grilles mais ni moulin, ni ruisseau. Un sentier pédestre et cycliste passe juste le long du grillage. Je m’y engage pour voir d’en haut et arrive à une sorte d’édifice hydraulique qui enjambe le ruisseau ? Sur ‘l’autre rive, un mausolée coiffé d’une coupole est poétiquement fleuri de hauts lys blancs. Le sentier mène alors à une énorme église blanche à la façade baroque posée sur un imposant perron à gradins. C’est l’église paroissiale Saint-Simone (XVIIIème s.). Elle est dotée d’un clocher à quatre étages portant une horloge. A côté se trouve le petit bâtiment tout simple des confréries. Située sur son promontoire de l’autre côté du ruisseau Regino, elle semble bien éloignée du village et bien grande aussi ! Un grand mur enclos une propriété énigmatique. Je suis ravie de cette découverte non signalée par le Guide Vert. Au retour par le petit sentier je dois laisser passer un groupe de cyclotouristes (des retraités pour la plupart). Je pensais que seuls des gamins casse-cou emprunteraient un parcours si étroit et si pierreux et accidenté !

Ville di Paraso – palazzo dans les pins

Au village, une borne e-Motum est installée dans le vaste parking moderne sous le village. Dominique y reste pendant que j’explore le village et que je vais au ravitaillement. Sous des cannisses, la terrasse de la pizzeria est très animée. Ce sont sans doute des voisins qui se réunissent parce qu’on n’y sert rien à midi. Un peu plus loin se trouve l’école, la Mairie, un bureau de Poste et l’»épicerie communale » où je trouve des biscottes (pour le pain, il aurait fallu commander la veille). On y vend de tout même des pêches et des abricots appétissants mais durs.

Fontaine cachée

Tout est tranquille, seuls les chats sont dehors. Pour meubler le temps de la recharge électrique je monte des escaliers, en descends d’autres ; découvre des passages, des arches, une jolie et très fraîche fontaine. Les ruelles sont pavées. Des roses épanouies débordent des murs. Les premières figues toutes molles(immangeables) tombent au sol. Je trouve le ruisseau qui fait de petites cascades. Avec toute l’eau qui ruisselle, les fleurs en abondance ce serait le paradis comme le suggère le nom !

Il fait très chaud au parking sans ombre. En une heure, la recharge est à peine de 10 %. Il va falloir songer à raccourcir le circuit.

Speloncato

Spelooncato : les nuages s’accrochent

Speloncato  est beaucoup plus animée que sa voisine. La place de la Libération avec ses deux bars, est  peuplée de motocyclistes (encore !). Je cherche la fontaine derrière les engins et les voitures. L’église Saint Michel est ouverte. Elle est peinte à fresques. L’orgue Saladini de 1821 attire mon attention. Il est orné de peintures délicates où alternent instruments de musique et scènes avec des personnages ; je reconnais Saint Michel à qui est dédiée l’église. Dans la circulation cycliste, j’ai raté la Pietra Tafonata – rocher percé qui produit une éclipse deux fois l’an.

l’orgue Saladini

Encore une promenade pour gagner le sommet du village par des marches, des passages couverts, ruelles et couloirs (j’ai l’impression que je me répète). Le passage est assuré par une rampe de fer qiu doit être indispensable les jours de pluie quand les pierres sont glissantes. J’arrive à un énorme rocher autour duquel fleurissent des aloès jaunes du meilleur effet. La table d’orientation indique les principaux sommets au dessus de 1000 mètres jusqu’à 1300m. Dans le creux, le barrage de Codole sur le fleuve Regino  fait un  petit lac. Forêts de chênes et oliveraies tapissent les creux.

Après le pique-nique, la D63 traverse Feliceto où nous trouvons la D13qui nous ramène à Corbara. Le circuit prévu par le Guide Vert était plus long mais nous avons les yeux rivés sur le pourcentage de charge électrique restante et l’autonomie de la voiture. Au lieu de visiter Sant’ Antonino nous retournons directement à la borne de l’hôtel Escale-Port ? préférer la recharge à la visite d’un des « plus beaux villages de France », quelle misère ! Pendant que Dominique patiente à la recharge j’en profite pour me baigner sur la belle plage de l’Île Rousse que je longe à la nage aller-retour. L’eau est presque tiède (19-20 degrés), le ciel, voilé.

Nous achetons des farcis au « marché corse » au bord de la route, fraises et clémentines

L’Île Rousse

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L’île Rousse la tour génoise sur l’île de la Pietra

Par un clair matin, nous descendons directement au Port. A mi-chemin de la digue qui relie l’île à la ville, entre la gare ferroviaire et le port, je réserve une table en terrasse pour midi, au restaurant Via Mare. Dominique entre temps a trouvé le parking idéal sous le phare. Vue panoramique, petit vent frais.

Le phare sur l’île de la Pietra

Une promenade est aménagée : un cheminement agréable en enrobé clair entre les rochers de granite rose. Les fleurs égaient les rochers nus : coquelicots, grosses touffes jaunes des Cinéraires maritimes aux épaisses feuilles découpées argentées qui semble de velours, à ne pas confondre avec les Immortelles de Corse encore en boutons au feuillage plus léger, petites vipérines bleu violacé intense.

Les promeneurs sont nombreux : des femmes en groupe en tenue de randonnée échangent des recettes de cuisines, des joggers pour la course du dimanche matin, touristes de toutes provenance. Le phare est petit tout blanc coiffé de vert. Au retour, je remarque la tour génoise ronde.

A la gare, la foule attend le train des plages qui longe le rivage et va jusqu’à Calvi. Nous l’avions pris autrefois. Il est très pratique et évite les problèmes d’accès et de parking. Le long de la muraille paoline, la promenade est fleurie et ornée de statues. Le long de la mer, elle continue. La Petite Sirène verte sur son rocher semble éplorée avec sa chevelure trempée qui cache son visage.

La petite sirène de l’île Rousse

les rail du train courent le long de la promenade isolant les terrasses des bars et des restaurants.

La grande place Paoli est bien calme. Le marché est cantonné à la halle couverte : charcuterie Corse, fromages fermiers, fruits et légumes, miel et vin. Il y a 6 ans un marché de vêtements était installé sur la place  j’avais acheté un maillot de bain, je me réjouissais d’y faire des emplettes. Cette fois-ci, pas de vêtements. Je vais faire un tour dans les deux rues commerçantes pour trouver un T-Shirt.

Ce dimanche matin, la plage est bien animée. Le sable est blanc avec un liseré rose là où la vague vient mourir – corail ou sable rose ? Il fait un peu frais pour nager. Des femmes en tenue de bain font du longe-côte amical plus bavard que sportif.

Nous fêtons mon anniversaire au restaurant Via Mare : mojito, poke bowl au thon cru, avocat, mangue, betterave rouge et riz. Dominique a commandé de très beaux filets de Saint Pierre sur un socle rond d’écrasé de pomme de terre et un lit d’épinards. Pour finir une glace délicieuse.

Il faut charger la voiture électrique. Deux bornes e-Motum se trouvent à l’Hôtel Escale-Port dans la rue en face du restaurant. Je redoute ce moment. A la réception de l’hôtel aucune aide à espérer, la dame ne s’en occupe pas. La manœuvre est simplissime : il suffit de passer la carte e-Motum devant le lecteur le la charge démarre. En revanche, l’hôtesse de Hertz a menti  20 minutes auraient suffi selon-elle. Au bout d’une heure la charge est montée de 70% à 80% et nous allons en perdre en revenant au gîte. Pendant que Dominique reste à la borne, je retourne à la plage et regrette bien de ne pas avoir de maillot. La température a monté et maintenant on se baigne.

la petite chapelle à l’entrée de Corbara

Nous passons le reste de l’après-midi sur notre belle terrasse à préparer les excursions de la semaine. A 20h50 ; le coucher de soleil se prépare. Le ciel est rose, orange. Les nuages empêchent de voir la chute finale mais ils sont très jolis.

Arrivée à Corbara – Gite de l’Alfinu

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L’arrivée sur Bastia

Vol

Grève des contrôleurs aériens annoncée hier, vendredi, vers 14 heures. Les valises prêtes, je viens d’imprimer cartes d’embarquement et étiquettes des bagages. Partirons-nous ? Air France ou plutôt une IA m’informe que le vol est prévu mais qu’une annulation de dernière minute est toujours possible.

Le vol AF 7592 décolle à 7 heures, pour prendre de la marge nous avons commandé le taxi à 4h15 et réglé le réveil sur 3h35. Evidemment, impossible de dormir, je me réveille toutes les demi-heures et tripote mon téléphone pour m’assurer qu’un SMS fatal n’est pas arrivé.

Air France n’a rien annulé. Ce n’est pas le cas de Transavia qui n’a pas prévenu les voyageurs désorientés. Pour nous, tout se passe comme s’il n’y avait pas de grève. Départ ponctuel. Durée du vol 1h20 par beau temps. Dominique avait payé un supplément pour avoir un siège au premier rang pour étendre ses jambes. Elle obtient 8C, une place tout à fait ordinaire sans supplément mais on nous propose les 1D 1E 1F libres. Voyage parfait !

Hertz canalise la queue entre des rubans élastiques. Nous avons le voucher, mais il faudra attendre près d’une heure pour avoir la clé d’une FIAT 500 électrique noire. Il va falloir s’adapter. En attendant comment la démarrer ? Nous faisons appel aux passants, sans succès. Un mécanicien de Hertz ne réussit pas plus, il change la pile de la clé et décide de nous donner une autre FIAT 500 verte qui elle démarre. Nous quittons le parking à 11h30, trois heures après l’atterrissage.

De Bastia-Poretta la grande route d’Ajaccio T20 suit le cours d’un petit fleuve, le Golo. Itinéraire touristique, mais nous avons la tête ailleurs : il faut apprivoiser la voiture électrique, automatique de surcroit, et surveiller les limites de vitesse dans les villages.

A Ponte-Leccia, la T20 continue vers Corte et Ajaccio tandis que nous poursuivons vers le nord sur la T30 vers l’Ile Rousse et Calvi en suivant le ruisseau Ostriconi.

Lama – arche

Village médiéval de Lama – quittant la grande route, nous nous aventurons dans la colline et découvrons Lama accroché à la pente. Il faut laisser la voiture au parking, gravir un escalier qui arrive au centre du village à des ruelles pavées surmontées d’arches. De gros palais italianisants surprennent dans cet environnement rural. En cette saison roses trémières et bougainvillier fleurissent avec des végétaux plus exotiques. Un groupe de maison abrite des chambres d’hôtes, le tourisme de randonnée a revivifié le village déserté par l’exode rural.

La côte et la mer en face des Agriates

Arrivée à l’Ile- Rousse : l’énorme hypermarché Leclerc nous offre toutes les courses de base pour la semaine. Au menu du pique-nique sur le parking, face à la mer : pâté de sanglier et pain frais.

Corbara est juste au-dessus de l’Île Rousse. Le village s’étale de 170 à 220m à flanc de montagne dominé par un château s’appuyant sur le socle rocheux. Le Castel de Corbara de Guido de Sabellis (IXème s).

la terrasse du gîte l’Alfinu

 Notre gîte est situé en haut du village dans le hameau de Pietralta juste en face d’un piton rocheux coiffé par un édifice qui ressemble à un château et que nous prenons pour le château de Guido. La vue de la terrasse est tout à fait extraordinaire : la mer semble toute proche. L’île Rousse et son phare, le port avec le ferry rouge de la Corsica sont à nos pieds, non loin une belle plage de sable. Les lauriers roses ont été taillés pour ne pas éclipser la mer. Les rosiers sont fleuris ainsi que la Lantana orange et un éclatant buisson de géranium rouge. La table rectangulaire à l’ombre du balcon de l’appartement des propriétaires nous permettra de déjeuner et dîner dehors. Sur un plancher de bois deux chaises longues en tek complètent le décor.

L’appartement est très bien équipé. Décor contemporain murs blancs, meubles laqués gris taupe, canapé blanc, table grise. Sets de table, grille-pain et bouilloire rouges .Vaste chambre avec une grande armoire, penderie et nombreux cintres. La tête de lit en bois a un mécanisme astucieux avec des tables de nuits qui s’encastrent dans le coffre, toujours harmonie taupe et blanc.

Tout est parfait.

Corbara A Nunziata

A la découverte du village de Corbara : la grande église A Nunziata (1685) est baroque. Son fronton avec ses volutes est presque espagnol, son haut campanile est décalé. Si l’extérieur est sobre, quand j’entre je suis surprise par la magnificence de l’autel en marbre blanc souligné par des bordures crémeuses qui semblent dégouliner sur la pierre colorée. Nuage de marbre de Carrare, angelots en prière, en adoration ou musiciens. La blustrade de marbre blanc porte elle aussi des putti potelés. Le plafond du chœur est bleu et doré, trompe-l’œil d’un ciel nuageux où trône Dieu entouré d’angelots voletant. Luxe baroque dans un si petit village.

Choeur baroque!

Le Musée du Trésor est fermé. Mais le village en est très fier : de grandes photos « 20 ans du Musée » sont placardées sur le mur qui longe la route. Ornements liturgiques, aubes chasubles…

les silences d’Ogliano – Elena Piacentini – Actes sud (2022)

POLAR MEDITERRANEEN

Elena Piacentini est une écrivaine d’origine corse dont j’ai déjà lu un roman policier : Un Corse à Lille CLIC

Les Silences d’Ogliano se déroule dans une île méditerranéenne : Corse, Sardaigne ou Sicile, j’ai aussi pensé à la Calabre. Pays de mafia, de bandits et culture de l’Omerta qui est la traduction littérale du titre. Pays de maquis où l’on peut se cacher, illusion de liberté, doublé dans le roman de grottes et de cavernes. Le livre s’ouvre sur les funérailles d’un mauvais sujet, « officiellement leveur de liège  braconnier et voleur de bétail » cinq étrangers louches sont présents. 

En même temps, le Baron, son fils et sa ravissante femmes viennent prendre leurs quartiers d’été. Deux mondes coexistent : les misérables et les nobles propriétaires.

Libero, le narrateur, est un jeune homme, encore lycéen, le fils de l’institutrice ami du fils du baron comme des jeunes du village. Entre ces deux mondes. Roman d’apprentissage ou d’amour? Libero connait comme sa poche la montagne. Roman de nature?

Je n’ai pas envie d’en dire plus. L’intrigue vous conduira dans des lieux secrets et vous découvrirez les secrets que Les Silences d’Ogliano recèlent. C’est une lecture addictive, très agréable, dépaysante. Et puis, en filigrane Antigone de Sophocle, ne peut que me plaire.

Cependant, j’ai été un peu agacée par le machisme, la virilité célébrée, même si elle est très couleur locale. Surprenant d’une écrivaine, ce rôle mineur dévoué aux femmes sainte mama ou putain, il y a aussi l’alternative folle… Antigone qui dit NON vaut mieux que cela.

Sentier côtier de Hyères-les-Palmiers à La Londe-les Maures

CÔTE D’AZUR

Hyiers : vieux salins

La Londe-les Maures n’est pas encore bétonnée par les promoteurs et a gardé son charme villageois, ses façades pastels égayés de volets vert tendre, bleu clair, gris et de nombreux petits commerces dans sa rue principale. En périphérie, on trouve des Centres commerciaux et des résidences, le tourisme moderne arrive en rampant mais le charme opère encore. 

Visorando propose des randonnées sur la côte et d’autres dans l’intérieur.  Je choisis celle qui s’intitule : « Des vieux salins d’Hyères à La Londe-les-Maures » 10 km A/R notée facile. 

Le quartier des Salins à Hyères-les-Palmiers n’est pas très glamour (barres HLM) . On arrive sur  un petit port à l’embouchure du Gapeau que l’on passe sur un pont très étroit mu ni d’une chaîne qui s’enroule : pont mobile? 

le sentier littoral se faufile entre plage et marais salant. Des ganivelles le bordent. De nombreux panneaux notent tout ce qui est fait pour fixer le cordon dunaire et protéger al plage de l’érosion, mettant en évidence le rôle des mattes de posidonies et soulignant l’importance de ne pas souiller la plage avec des déchets. Le nettoyage mécanique est agressif pour al biodiversité et pour l’érosion.

les vieux Marais salants sont abandonnés depuis longtemps et les bassins sont en eau tandis que les petites levées qui séparent les bassins sont roses de salicornes  et vertes d’herbes.  Roseaux et joncs font un rideau ajouré. je prends tout mon temps pour observer els oiseaux. un  petit faucon est en vol stationnaire, que cherche-t-il, un oiseau, un poisson? Mouettes et goélands. Surprise : des flamands roses!

Flamands roses

Côté mer, des pins parasols. le vent qui a sévi tout le début de la semaine s’est calmé. l’eau est lisse comme un miroir argenté. Trois km à plat, courte balade. Dominique m’attend au port de Miramar (La Londe-les-Maures). Petit port de plaisance et aussi départ pour les Îles d’Hyères à partir d’avril. La Capitainerie est futuriste, arrondie, brillante. Autour, une série de restaurants. Nous avons réservé au Président qui est une grande pizzeria  qu’on a choisie à cause de sa belle salle vitrée côté port/côté plage. 

LaLonde plage

Comme il est encore trop tôt, je poursuis le circuit de Visorando sur les quais du port de Miramar et le long de la petite rivière Maravenne;

Nous sommes très bien accueillies au restaurant. je commande une pizza provençale (tapenade maison avec des morceaux d’olives, roquette, pignons, jambon de pays et des copeaux de tome. Pâte très fine, excellente. Dominique a pioché dans la carte des entrées : petite friture et beignets de courgettes. On lui apporte une ardoise chargée d’un gros tas d’éperlans, de la salade et de la rouille et une autre ardoise avec dix beignets ronds et une fleur de courgettes, présentés comme une grappe de raisin. C’est si abondant que je renonce au café gourmand et qu’on mangera les restes (doggy bag) le soir.

Germandrée arbustive

La seconde randonnée proposée par Visorando commence à la plage de l’Argentière, une autre plage de La Londe-les-Maures. Je pars explorer le début, passe le petit pont qui enjambe la rivière, suis la plage sur une sorte de quai. je trouve la Plage de l’Argentière, l’escalier qui monte sur la corniche boisée. je continue un moment cette randonnée qui semble très belle. Nous reviendrons demain pour la faire en entier!

la Fiera – Marie Susini

11LIŔE POUR LA CORSE

incipit :

 

« sous le soleil d’Août, sur les chemins et sur la route de pierres, les gens du village s’en vont vers la chapelle Saint Albino, vers la fiera, la messe, la procession, le bal. les uns bavardent, une jeune fille rêve de l’amour qui va venir, une vieille mère remâche sa douleur, un capitaine altier passe dans son auto. »

 

Unité de temps :  le jour de la fête de Saint Albino

unité de lieu : le village.

les personnages :

Angnola, la jeune fille qui rêve d’amour, son amoureux,  Giasè, est revenu au village, peut-être se rencontreront ils au bal? Sa mère redoute que « la frivolité soit entrée dans la maison » et craint le dira-t-on « Qui ne craint pas les gens ne craint pas Dieu ».


Sylvie, celle que Matteo a épousée sur le Continent, l’étrangère, celle que sa belle-mère n’acceptera jamais, qui est si malade que la mort est déjà sur elle. Espère-t-elle un miracle de Saint Albino? 


Zia Francesca, inconsolable de la perte de son fils, ne voit même pas Nunzia, sa fille. Qu’est-ce qu’une fille à côté d’un fils? 


Le capitaine et son auto,  n’a pas toujours été une personnalité reconnue au village et certains lui font savoir…

Tous ces personnages se rencontreront à la foire .J’ai beaucoup aimé cette ambiance, cette attente. j’ai lu le roman alors que nous visitions les villages de montagne où aurait pu se dérouler l’histoire. Peu d’action, on devine le drame et la suite. Tout est question d’atmosphère. On est pris dans l attente de la fête, dans l’attente du drame.

C’est le roman des femmes,  dont le sort est terrible mais dont la personnalité est très marquée. 

Antoine Albertini : La Femme sans tête – Malamorte

POLARS CORSES

LA FEMME SANS TETE

Cap Corse, Santa-Lucia, 1988,  on retrouve dans un caveau de famille, le cadavre décapité d’une femme assassinée une dizaine d’année auparavant. Le major Serrier se consacre à donner une identité à la Femme sans tête et, 10 ans après le meurtre à enquête sur cet assassinat, classé depuis longtemps.

Dans ce polar très sombre se croisent trois destinées :  celle  de la Femme sans tête, celle de Serrier qui se fait phagocyter par cette difficile enquête  qui s’enlise, s’entête et finalement commence à couler. Un troisième personnage mène de son côté des recherches obstinées, un journaliste nommé Albertini (l’auteur?) et qui fait irruption,  en italiques, dans le récit du policier.

Lu à Bastia alors que nous faisions des excursions au Cap Corse, j’ai eu plaisir à imaginer les décors et les personnages. C’est vraiment très noir!

MALAMORTE

Novembre 2018, Bastia. Le capitaine chargé des « Homicides simples« , affaires sans importances, crimes d’après boire, misère crasse…a été placardisé après un dossier délicat. Appelé sur un carnage où une femme et une petite filles ont trouvé la mort, le mari à moitié suicidé, ce crime domestique semble « simple » mais rien n’est simple!

Deux femmes sont découvertes assassinées, à quelques jours d’écart, crime de rôdeur, de détraqué sexuel, encore une affaire « simple« !

Le capitaine est consciencieux, il va approfondir ces enquêtes et nous faire découvrir les différents services, police, gendarmerie, légion, et même barbouzes qui concourent au maintien de l’ordre dans l’Île de Beauté, et pas toujours en harmonie!

Le suspect du  massacre familial était entrepreneur dans le bâtiment, le policier enquête dans le milieu des promoteurs immobiliers. Beaucoup d’argent entre en jeu, argent propre ou argent du trafic de stupéfiants? L’affaire simple devient de plus en plus compliquée, trouble d’autant plus que sur l’île tout le monde se connaît.

Nombreux rebondissements, un bon rythme, un style efficace pour nous faire découvrir les aspects de la Corse loin de l’île solaire et touristique.

Le Grand Erratum de jean-Baptiste Pérès suivi de Jette le masque Bonaparte! Leonardo Sciascia

FAKE NEWS

Tout à fait d’actualité ce petit livre de 65 pages!

Actualité cette année de commémoration 200 ans de la mort de Napoléon à Sainte Hélène. Difficile d’y échapper.

Actualité quand Fake news et conspirationnisme polluent la vie politique si ce n’est pas citoyenne tout simplement (avec refus des vaccins sous des prétextes parfois farfelus). 

Et voici comment on peut facilement démontrer que Napoléon n’a pas existé.

Trois parties à cet opuscule :

Arthur  Bernard : Le Grand Erratum de Jean-Baptiste Pérès ou l’histoire du dix-neuvième comme source d’un nombre infini d’errata

Comme quoi Napoléon n’a jamais existé ou grand erratum, source d’un nombre infini d’errata à noter dans l’histoire du XIXème par M. J.B.Pérès A.O.A.M, bibliothécaire de la ville d’Agen

Leonardo Sciascia : jette le masque Bonaparte! 

La première partie annonce le texte de Pérès, le complète, l’analyse.

La seconde prétend que Napoléon n’a pas existé, que c’est un personnage allégorique, le soleil personnifié (je serais tentée de faire une plus longue citation mais je préfère que vous le découvriez par vous-même)

La dernière partie met en scène une émission de télévision où sont invités Savinio, Napoléon lui-même, Chateaubriand, un jeune homme dans le rôle de candide. Ces dialogues sont très amusants se référant également à Gramsci, Stendhal ou Jean Jacques Rousseau. Des allusions au XXème siècle – Guerre des Malouines, Budapest ou Varsovie – ne sont pas fortuites.  Un régal, je suis fan absolue de Sciascia!

marie Ferranti : Une Haine de Corse – histoire véridique de Napoléon Bonaparte et de Charles-André Pozzo di Borgo

LIRE POUR LA CORSE 

Napoléon, écrit Stendhal, se lia intimement avec le célèbre Paoli et avec Pozzo di Borgo, jeune Corse plein de talent et d’ambition. Depuis, ils se sont portés tous deux une haine mortelle.

Avant notre départ pour Bastia j’ai téléchargé cet ouvrage (368 pages). j’avoue que je n’ai pas été jusqu’au bout.

J’ai été très intéressée par les premières parties du livre qui racontent l’histoire de la Corse, le personnage principal n’est ni Bonaparte, ni Pozzo mais plutôt Paoli. Retour au XVIIIème siècle  : de Rousseau à Boswell, la Corse , sa constitution a fasciné une partie de l’Europe avant la Révolution français.  La Révolution vue de Corse, la Terreur ne séduit pas, au contraire, elle révulse et une Consulta réunie à Corte

Le lendemain de cette Consulta, il fut décidé que : « Le peuple corse abandonnait les Bonaparte, nés de la fange du despotisme, à leurs propres remords et à l’opinion publique, qui  les avait déjà condamnés à l’exécration éternelle et au déshonneur. » Paoli ordonna qu’on arrête Napoléon. Celui-ci prit la fuite, manqua d’être tué à plusieurs reprises et réussit à quitter la Corse.

J’avais déjà lu cette histoire de fuite des Bonaparte à l’occasion de notre voyage à Ajaccio mais n’avais pas bien compris les enjeux.

La Corse devient anglaise,

La Corse devint officiellement anglaise le 15 juin 1794. Son drapeau était frappé de la tête de Maure et des
armes du roi, son hymne était le Salve Regina et la religion catholique, apostolique et romaine, la religion d’État.
On voit par là que les Anglais faisaient preuve de souplesse et désiraient ardemment[…]

Que Paoli se tournât vers l’Angleterre n’était donc pas une hérésie : il connaissait bien ce pays, il y avait vécu
plus de vingt ans et croyait l’Angleterre assez éloignée de la Corse pour la protéger sans l’asservir

L’Histoire de Bonaparte puis de Napoléon 1er , et en parallèle celle de Pozzo quitte la Corse et prend les chemins de l’exil

Napoléon et Pozzo connurent tour à tour chacun des lieux par où l’autre était passé. La première étape de l’exil
de Pozzo fut l’île d’Elbe, conquise de fraîche date, ainsi que Capraia, par Nelson, victoires minuscules comparées aux conquêtes de Napoléon dans la péninsule italienne. Pozzo, devenu apatride, connaît le sort des émigrés et l’amertume de l’exil, pendant que Bonaparte vole de victoire en victoire et revient d’Italie auréolé de gloire.

Campagnes de Napoléon, exils sur l’île d’Elbe et Sainte Hélène…émigration de Pozzo jusqu’en Russie. On s’éloigne vraiment de Corse et je ne suis pas fan d’épopée napoléonienne, ni des tractations de Talleyrand… J’abandonne.

 

Dernier jour, dernières baignades restaurant à la plage de Tarco

CARNET CORSE 2021 de BASTIA à BONIFACIO

J’ai bien aimé la plage de Tarco avec son sable assez grossier pour que l’eau reste limpide (quand il est trop fin souvent l’eau est trouble). J’aime bien les baies échancrées, il me semble que l’eau est plus tranquille.

espadon

Nous avons réservé une table à la Taverne qui est un très joli restaurant de plage dont la terrasse est au-dessus d’une petite plate-forme gazonnée avec des verveines lantana jaunes et des tamaris fanés au-dessus des rochers. Pour fêter le dernier jour de ces excellentes vacances nous commençons avec un mojito très très riche en menthe et délicieux. Dominique a choisi de l’espadon servi avec des légumes colorés et une capucine et j’ai pris une assiette corse, 4 fromages différents et trois sortes de charcuterie ; la charcuterie est succulente, les fromages ont beaucoup de caractère, on les déguste avec de la confiture de figue.

assiette corse

Et pour terminer la journée, encore une baignade à Calzarellu !