Côte orientale du Cap corse, déjeuner à Tamarone

CARNET CORSE JUIN 2021 de BASTIA à BONIFACIO

Lavasina : sa plage de galets et son sanctuaire

Le long de la D80, l’urbanisation se fait moins dense, les maisons s’espacent un peu jusqu’à Miomo qui devait être notre premier arrêt. Nous la ratons première halte. Impossible de garer la voiture. Ceci sera une constante au cours de la journée. Ne pas chercher à s’arrêter à s’arrêter dans un site précis. Laisser la voiture où on peut, et, revenir sur nos pas à pied. De toutes les façons, les panoramas seront magnifiques et on fera des trouvailles inattendues.

Lavasina est célèbre pour son sanctuaire qui attire les foules pour son pèlerinage au mois de septembre. Le campanile en béton, très haut se voit de loin et dépasse tous les toits. L’église de dimension plus modeste n’a rien qui puisse attirer la mécréante. Où s’arrête pour profiter de la plage de galets ? (refrain)

Villages perchés

A l’entrée de Lavasina, une petite route part en épingle à cheveux. Nous la ratons, revenons en arrière. Le virage est alors trop serré, il faut s’y prendre une troisième fois pour une nouvelle tentative. La  D54 monte dans un épais maquis vers les villages perchés de Poretto et Pozzo. Une église isolée dans la verdure avec un haut clocher, est précédée d’un vaste parvis entouré d’une banquette de pierre. Est-ce le couvent des capucins annoncé par le Guide Vert ? Je n’aurai pas le loisir d’approfondir le sujet, Un gros chien noir s’approche, menaçant. j’ai juste le temps de remonter en voiture.  Une autre route  monte au Monte Stello et se faufile entre deux coupoles surgissant de la verdure, chapelles ou tombes ?

perdue dans la montagne la grande église

Un parking est le départ pour la randonnée du Monte Stello, le plus haut sommet du Cap Corse (1306 m), randonnée difficile avec 1000 m de dénivelée, 7h10 de marche selon Visorando. Seule, je ne me lancerais jamais dans une telle expédition ! Cependant le parking est plein. A partir du 1er juin, le petit village de Pozzo est interdit à la circulation. Il est particulièrement calme et pittoresque. A la porte d’un hôtel, un tas de vieilles chaussures de montagne, des bûches et un vieux vélo. Devant une buvette, des packs d’eau sont empilés pour les randonneurs imprévoyants et assoiffés. Belles maisons de pierres. Toits de lauzes. Un clocher dans la verdure.

Nous descendons vers Erbalunga par le hameau de Castello. Le château est invisible. La chapelle Notre-Dame-des-Neiges est  très jolie avec son toit de lauzes. La petite chapelle est l’arbre qui cache la forêt ; à savoir une énorme église que je découvre en tournant autour de la chapelle. La taille et le nombre d’édifices religieux au Cap Corse qui me paraît si désert sont des sujets d’étonnement. A Erbalunga, bien disciplinées, nous garons la voiture au parking. Le long de la route se trouvent toutes les commodités (Mairie, cafés, Spar, pharmacie). Plus bas des ruelles conduisent à des placettes pittoresques. J’arrive à la Tour Génoise située directement sur le rivage puis me promène sur le mignon petit port.

la plage de Tamarone

Dominique a réservé au restaurant U Paradisu sur la plage de Tamarone à midi et demie. Nous traversons sans nous arrêter la Marine de Sisco,   la Marine de Pietracorbara, et celle de Porticciolo sans nous arrêtons et admirons au passage deux tours génoises.

Macinaggio est un village très touristique avec un port de plaisance important, de nombreux restaurants et hôtels. Madame GPS nous envoie dans des petites routes bordées d’hôtels jusqu’à un camping. Le goudron s’interrompt alors ; la piste poussiéreuse fait des montagnes russes avec des nids de poules en prime. La Plage de Tamarone de sable blanc est baignée d’une eau limpide turquoise. En s’approchant on reconnait les tas argentés des lanières de posidonies. Ce ne sont pas des « saletés », au contraire ! les herbiers des posidonies sont les milieux de vie de nombreux poissons, mollusques et crustacés. Il est essentiel de les préserver. Evidemment quand l’eau en contient beaucoup la transparence est altérée mais cela n’a rien d’une pollution quelconque.

Les baigneurs (3 dans l’eau) sont concentrés, à une extrémité où il n’y a pas de posidonies. Je les rejoindrai. La présence d’autres nageurs me rassure quand je ne connais pas la plage.

U Paradisu

U Paradisu est le seul restaurant de plage : un auvent de bois, un parquet, ni mur ni porte. Une jauge de 55 couverts. La table réservée se trouve dans un angle contre la plage< ; Le serveur et le patron sont aux petits soins ; Pour éviter les 3 marches pour Dominique, ils lui proposent de passer par la cuisine. Saint Pierre accompagné de légumes pour Dominique.  salade de poulpe grillé et chorizo pour moi. Le mariage poulpe et chorizo est très réussi servi sur un lit de salade verte avec des quartiers de tomates des lamelles de poivron rouge.  Les assiettes sont tellement bien garnies que nous renonçons au dessert alors que le soufflé glacé aux châtaignes nous tentait.

L’eau est bien fraîche pour la première baignade de l’année. Je commence à marcher dans l’eau jusqu’à la cheville puis aux mollets. Timidement j’avance face aux vaguelettes paresseuses qui ondulent. Je rejoins une dame mouillée jusqu’aux cuisses. « C’est la première fois ? » On s’encourage mutuellement, la vague mouille le bas du maillot. Je finis par me décider et la dame m’imite. C’est tellement bon après avoir été privée cet hiver de piscine ; Au-dessus des posidonies l’eau est peu profonde. Je regrette de ne pas avoir apporté mon masque. A l’ombre il fait 25°C mais au soleil bien plus. Je sèche vite.

De Macinaggio à Rogilano, le sentier des douaniers longe la côte. Je marche entre lentisques (les plus communs), arbousiers qui portent leurs fruits en pompons, bruyères et myrtes fleuris . Pour les senteurs, œillets, immortelles sont en pleine floraison. Il y a aussi des petite mauves (Malva neglecta selon l’appli Plantnet). Trois îles sont très proches de la pointe du Cap corse. L’un d’eux porte une ruine. Plus loin se profle une autre plage blanche déserte.

11

Dernière étape : le village de Tomino à 4km de Macinaggio. A la sortie du village la D353 monte dans un maquis très touffu. Elle serpente complètement à l’ombre de grands arbres. On ne devine le village qu’au dernier moment. La route bifurque, d’un côté la Mairie, de l’autre l’église. De loin se profilent les silhouettes massives de deux tours, l’une ronde, l’autre carrée. Encore la menace d’un chien féroce interrompt la prise de photos.

Direction de l’église Saint Nicolas XVIIème baroque, façade jaune rythmée de colonnes cylindriques blanches, le clocher allégé d’arcades et coiffé d’une coupole. L’église se dresse à l’arrière d’une grande esplanade en balcon. Quelques mûriers très élagués sont alignés pour former des arcades. Je traverse l’esplanade pour admirer le panorama. C’est le Campo Santo – le cimetière – qui a la plus belle vue sur la mer. Une table d’orientation montre les îles italiennes visibles par temps clair et même les carrières de marbre de Carrare. Des hirondelles me survolent avec des cris suraigus, formant comme un essaim agressif.

 

Un dimanche à Bastia

CARNET CORSE 2021 de BASTIA à BONIFACIO

Le vieux port de Bastia

Courses à Bastia

L’emplacement du cottage est exceptionnel, en pleine nature. 750 m plus bas se trouve un centre commercial avec Géant Casino, où nous trouvons tout le ravitaillement de base pour la semaine. Un peu plus loin, nous arrivons au Port de Toga, port de plaisance faisant suite au port des ferries . Le port de plaisance est bordé des terrasses des bars et des restaurants qui me font bien envie mais déserts à cette heure matinale. Des plongeurs embarquent du matériel et enfilent leurs combinaisons de plongée.

Un peu plus loin, quelques femmes portant des serviettes et des matelas de plage se dirigent vers les deux petites plages de galets.

Nous reprenons la voiture en direction du Centre-ville, passons devant le Terminal des ferries, à quai il y en a jaune de Sardinia et Corsica Ferries.

Place Saint Nicolas

Bastia place Saint Nicolas

L’Office de Tourisme est ouvert ce dimanche matin. Nous garons la voiture dans un grand parking situé entre la voie rapide et la grande place Saint Nicolas où se tient une grande brocante.

Au coin de la place je remarque la reproduction du sous-marin Casabianca  qui a participé à la Résistance en Corse après avoir échappé au sabordage de la flotte à Toulon(27 novembre 1942) et à la libération de l’île (11 septembre 1943, Ajaccio et 4 octobre Bastia). La cloche du sous-marin est devenue le symbole de la Résistance, elle se trouve au musée de Corte. De nombreuses stèles et monuments nous rappelleront ces épisodes tout le long de notre séjour.

La brocante est bien achalandée. De très jolis objets sont mis en vente. €Je trouve deux petits verres gravés (les 4 pour 1€). Plus loin, sur une sorte marché aux fripes je trouve une robe de plage.

Des cafés et restaurants ont déployé leurs terrasses le long de la place sous les platanes. Trop tôt pour l’apéro !

L’après-midi, je reviendrai pour admirer l’élégant kiosque à musique fleuri de petites roses roses. Le Monument aux morts massif œuvre des sculpteurs bastiais Peckle et Patriarche qui honore les morts de la Première Guerre mondiale mais qui représente une scène des guerres d’Indépendance. Une veuve ayant eu deux fils tués offre son 3e enfant âgé de 16 ans au Général Paoli. Symétrique par rapport au kiosque, Napoléon est représenté en empereur romain en marbre de Carrare, d’abord destiné à orner une place de Livourne. Je n’échapperai pas à Napoléon, cette année ni en Corse, ni à Paris mais je me soigne, en antidote j’ai téléchargé trois livres sur la Commune de Paris.

Déjeuner sur la table de jardin : filets de rougets, pommes de terre et fraises pour le dessert.

Les nuages ont couvert le ciel, la pluie menace quand je pars à pied à la découverte de Bastia. La ville est resserrée, les distances ne sont pas grandes mais elle est très pentue. Je descends et monte un nombre incalculable de marches.

Je quitte le chemin de Furcone pour la rue H Tomasi qui passe devant un groupe scolaire au nom de Charpak. Cela me fait très plaisir qu’un juif polonais soit honoré ici après être passée devant des bombages à la peinture noire « Islam Fora ! » et même « Français Fora ! ». Un sentier, dans la verdure et les escaliers, mène dans un quartier de jolies villas fleuries, puis après un escalier j’arrive rue César Campinchi et par la rue Miot à l’extrémité de la Place Saint Nicolas. La rue Napoléon est piétonnière, elle est bordée de boutiques pour touristes, souvenir et gastronomie.

L’Oratoire Saint Roch est richement décoré, c’était l’Oratoire d’une confrérie d’adolescents. L’Oratoire de l’Immaculée Conception est fermé, je ne peux qu’admirer sa façade décorée d’angelots qui n’ont rien à envier aux putti siciliens.

Descendant la rue Saint Baptiste je débouche sur le Vieux Port. La rade est remplie de bateaux de plaisance, les quais de terrasses de restaurants. A l’entrée deux phares, l’un coiffé de rouge, l’autre de vert font face à la grande église Saint Jean Baptiste. Il est 15 heures quand j’arrive et les terrasses sont pleines. Il règne une ambiance musicale (spontanée ou organisée ?) tout le port bruisse de chansons en italien et en corse reprises par l’assistance.

 

Longeant les quais, j’arrive au bel escalier qui monte au Jardin Romieu qui est étagé sur plusieurs niveaux sur la pente de la citadelle. Cela embaume les immortelles corses largement épanouies. Par un tunnel, je découvre un escalier très raide accédant à la Citadelle. Je n’ai pas fini d’emprunter des escaliers et des tunnels ! J’arrive sur une placette. Selon un écriteau, sur la place de la Chiappa se tenait un marché. Les commerçants qui faisaient faillite étaient exhibés déculottés « le cul nu sur la pierre du scandale ».

En face, le Palais du Gouverneur est une grande bâtisse jaune à la façade sobre. Au fond de la cour bordée d’arcade se trouve le musée (5€). Un ascenseur monte au 5ème étage au jardin suspendu. Pelouse verte entourée de lantana (jaune et orange) et de romarin corse très touffu. Des graffiti des conscrits et des prisonniers rappellent le passé militaire de la Citadelle. Un parcours d’escaliers avec de très belles échappées sur la mer, le vieux port et la ville reconduit au musée qui raconte l’histoire de Bastia.

La première salle raconte le passé antique de la Corse (emporium d’Alalia – Aléria) et les échanges méditerranéens avec le Trésor de Bastia (une amphore contenant un trésor monétaire contenant des pièces de Rome, Constantinople, Antioche…) céramiques grecques, étrusques ou de Campanie d’Apulie…

La Corse médiévale passa de la souveraineté des Vandales, de Byzance, des Lombards…en 750 propriété pontificale, au 11ème de Pise, puis de Gènes, Aragon 1297. En 1357 les Génois s’installent à Bastia.

La Bastia, la forteresse qui donna son nom à la ville, fut édifiée de 1378 à 1380.

Divers tableaux racontent la vie à Bastia, la plupart ont pour sujet la Citadelle ou le Vieux Port.

Bastia, capitale de la Corse génoise est marquée par l’influence ligure : architectes génois, maçons génois. Les éléments architecturaux : impostes, entablement décors de portes sont exposés. J’ai bien aimé les coffres de marins peints.

Les dernières salles contiennent la collection Fesch avec des maîtres napolitains ; j’ai remarqué la Peste d’Ashdod de Nicolas Poussin et Le Joueur de billard de Carlo Amalfi.

Nicolas Poussin la peste d’Ashdod

Les rues étroites de la Citadelle sont différentes de celles de la ville basse. La Cathédrale est ouverte mais il y fait bien noir. Comme je suis saturée de visite je ne tente pas de l’allumer avec la boîte prévue à cet effet. J’en ressors en faisant bien attention aux « éléments de corniche qui risquent de tomber ». Je descends en passant devant le Couvent des clarisses très austère de l’extérieur.

Un petit fortin est aménagé, dominant la mer, mais désert. De là, je découvre la Spassimare, piste cyclable et piétonnière qui longe la route du front de mer, passe sous un tunnel carré sous les remparts pour rejoindre la Jetée du Dragon qui porte le phare rouge. Selon mon plan, un tunnel passerait sous l’entrée du Vieux Port mais je ne le trouve pas. Le retour le long du front de mer est moins agréable que je ne l’imaginais. La circulation sur la voie rapide est bruyante, les terminaux du port des ferries assez désagréables.

 

 

 

Voyage et arrivée à Bastia

CARNET CORSE de BASTIA à BONIFACIO

Bastia : le Magnifique cottage

vol

Le voyage s’est très bien déroulé. Depuis la Pandémie l’aéroport d’Orly est réservé aux voyageurs munis de leur carte d’embarquement. Les formalités d’embarquement sont à peine ralenties par la lecture des documents sanitaires. L’avion est loin d’être plein. Nous sommes deux sur une rangée de trois. Malheureusement, le ciel est nuageux et on ne voit rien jusqu’aux Alpes. L’avion amorce sa descente avant même de survoler la Méditerranée. Les premières images de la Corse seront celle du lac Biguglia voisin de l’aéroport Poretta.

Location de la voiture

Sixt et Hertz ont fermé leurs guichets dans le Hall des arrivées, leurs bureaux sont à l’extérieur. Sixt nous a envoyé un lien vers un appli sur le téléphone KIRRK qui est censée nous indiquer le numéro du parking où notre véhicule nous attend. Pour créer un compte il faut scanner passeport, permis de conduire et carte de Crédit, prendre un selfie. Cela nous a pris presque une matinée ! Avantage :  court-circuiter l’impressionnante queue de touristes imprévoyants. Inconvénient : aucun contact humain, aucune réclamation n’est possible, aucun conseil pour la mise en route. « Si le véhicule est défectueux, si la carrosserie est  rayée, prendre une photo avec le smartphone ! ». La DS3 qui nous est attribuée ne correspond pas à notre réservation : nous avions demandé une voiture de catégorie A (type 108, C1 ou Smart, la DS3 est catégorie B, nous avions demandé une voiture manuelle. Celle-ci est automatique. Débrouillez-vous ! Une chance qu’elle ne soit pas électrique, la recharge est un cauchemar pour les malchanceux, les bornes tout à fait insuffisantes.

Arrivée au « Magnifique Cottage »

L’application Booking.com a un lien vers le Googlemaps qui nous guide presque jusqu’au portail dont nous avons les codes. Presque ! Je suis forcée d’appeler le propriétaire après avoir tourné trois fois dans le quartier malgré la série de photos qu’il nous a envoyées.

Magnifique cottage

jardin du magnifique cottage

Le « Magnifique Cottage » est un grand studio blotti dans la verdure à mi-pente sur la colline au-dessus de Bastia. On quitte le Chemin de Furcone à une épingle à cheveux pour s’engager dans un sous-bois barré par un portail métallique qui s’ouvre sur une propriété fleurie. Le studio donne sur un péristyle de colonnes de béton carrées avec des massifs de lantanas – buissons à petits pompons rose, oranges et jaunes hauts d’un mètre et très touffus. Un bougainvillée rose s’adosse au coin de la maison. Trois grandes portes-fenêtres en arcades s’ouvrent sur la façade. Sous un oranger, une table ronde turquoise et deux chaises de jardin assorties, à l’arrière un banc de bois patiné.

Plutôt qu’à un « cottage » on penserait à une orangerie (mais en Corse ce n’est pas vraisemblable, les agrumes poussent en pleine terre) ou à un atelier d’artiste, une chambre d’ami, dépendance de la grande maison rose aux fenêtres bleues bâtie au niveau inférieur qui a une merveilleuse piscine avec vue sur la mer, mais en travaux.

lantana

La grande pièce est étrangement agencée, encombrée de grands canapés orange autour d’une table basse en acajou, style bateau. Le lit est très grand à baldaquin, sans les rideaux, les montants en solides rondins. Un meuble un peu étrange porte une très belle lampe à abat-jour original. Décoration de bon goût avec des tableaux modernes intéressants. La cuisine, en revanche st minuscule. Des panneaux coulissants cachent un frigo et un micro-ondes. Les plaques de cuisson à induction sont à côté de l’évier. Un autre panneau cache des placards. Dans un si petit volume, sont agencés tous les ustensiles (cafetière, bouilloire, casseroles, passoires). Il faut être agile pour utiliser la bouilloire cachée derrière la cafetière et se hisser sur la pointe des pieds pour atteindre les casseroles. Etrange quand même : l’absence de table chaises ou tabourets pour prendre les repas ! la seule table est encombrée de bougies énormes, cierges XXL faux, ils sont électriques.

Le studio est beau, luxueux mais pas du tout fonctionnel. On imagine, un week-end en amoureux, une fête entre copains plutôt qu’un séjour d’une semaine que nous projetons. S’il fait beau on vivra dans le jardin.

J’ai oublié de mentionner la salle d’eau, douche vaste luxueuse, originale.

Mollusque – Cécilia Castelli

1er Roman

L’histoire se déroule dans une paillote de bord de mer – Côte d’Azur ou Corse – peu d’importance!

Paillote plutôt chic, les plateaux de fruits de mer sont bien garnis et les deux potes, Gérard, le narrateur et Patrice se régalent à peu de frais. Il y a un truc, un mot de passe qui permet de commander à volonté pour 15€, et Patrice a le mot de passe….

Résumé ainsi, je n’avais pas trop envie de le lire. Rapidement, je suis conquise par l’aspect décalé. Gérard qui vient tous les midi à la paillote déteste la mer. Comment peut-on détester la mer? Patrice, un jour déclare qu’il fait un régime et délaisse le restaurant et son copain. Pourquoi? on ne le saura pas…

L’inattendu est au rendez-vous, dans ce court roman, presque une nouvelle (120 pages) on découvre toute une histoire, des rebondissements loufoques.

Une petite surprise!

Merci à l’éditeur qui me l’a offert!

Le temps est assassin – Michel Bussi

LIRE POUR LA CORSE

 

 

615 pages, le pavé de l’été 2016! A glisser dans le sac de plage entre la serviette et la crème solaire. Michel Bussi, dans une vidéo, sur son site,  le présente un peu comme cela. Il est sorti juste avant l’été pour que les vacanciers en camping lisent un roman qui se déroule dans un camping, que les lecteurs sur la plage lisent une histoire de plage. Et, encore plus chanceux :  les touristes en vacances en Corse qui retrouvent la Corse des touristes et rencontrent des autochtones. Nous avons passé une semaine à Calvi proche de la Pointe de la Revellata : ce livre est pour moi!

 

Sauf que je suis difficile : ma liste de lecture pour la Corse commence par Balzac, Mérimée, Flaubert et Maupassant pour se terminer par Ferrari (du point de vue chronologique) j’en ai oublié entre Maupassant et Ferrari. Pour le style, je me suis régalée. Tandis que Bussi, dans le temps est assassin, ne me gâte pas vraiment. Passe encore que le journal intime de la gamine de 15 ans comporte des tournures adolescentes comme « genre sûr de lui » ou « en mode », j’attendais « du coup », il est arrivé tôt. je ne suis d’ailleurs pas sûre qu’on employait ce vocabulaire « djeun » en 1989… pour le récit 2016 de Clothilde 42 ans, ces négligences sont impardonnables, elle est censée être avocate, que diable! Ce style « tendance »  m’agace prodigieusement.

Un sérieux montage pour raccourcir le récit s’impose. A-t-on vraiment besoin de connaître la marque de chacun des T-shirts et des vêtements, le motif de chaque serviette de toilette? Je sais que les marques importent aux ados ; elles lassent le lecteur adulte.

Clothilde 15 ans, est une « gothique » avec l’attirail noir, les coiffures ad-hoc, on la visualise bien. Inutile le radoter! Clothilde 42 ans, s’est développée harmonieusement physiquement mais elle reste bien midinette.

 

L’intrigue haletante gagnerait donc à être  resserrée : moins de mièvreries . Les cadavres, les rebondissements, ne manquent pas et c’est tout à l’honneur du thriller  auquel je pardonne les négligences, harponnée par la curiosité. J’avais parié pour un meurtrier, et voilà qu’on l’innocente, et que surgit un personnage qu’on n’avait jamais vu. Bien fait! Il faut reconsidérer le point de vue. Non ! je ne vais pas spoiler! je déteste les critiques qui racontent l’histoire et qui donnent trop d’indices.

Et la Corse?

Elle est comme le touriste l’imagine : splendide, torride, baignée d’une mer toujours bleue avec un maquis parfumé. Ni Clothilde-15ans, ni Clothilde-42 ans ne prennent le temps d’herboriser.Tout juste seront cités le serpolet et la criste marine.

 

Regrets :  j’aurais aimé voir un de ces euproctes.

 

 

 

 

Et les Corses? Ils sont aussi comme on les imagine. Les grands-parents traditionnels dans leur bergerie (j’ai beaucoup aimé le Papé Cassanu qui est une belle figure). Le père travaille sur le continent et « soigne sa corsitude« ; il m’a fait  rire. Evidemment il y a une bombe (sur fond d’immobilier), des clans et des familles puissantes, l’omerta, et même une « justice » corses qui court-circuite celle des tribunaux de la République.

Témoignage ou images d’Épinal? Seuls les Corses pourraient me dire si Bussi n’a pas chargé la caricature ou s’il apporte une image plausible.

En tout cas, ce divertissement  a un succès qui m’étonne :  sur Babélio le nombre de ses lecteurs  (2650) dépasse celui du Goncourt de Ferrari(2309) et les critiques sont élogieuses. Seule explication, je suis snob et les best-sellers ne sont pas ma tasse de thé.

Un Corse à Lille – elena piacentini – (au delà du raisonnable)

POLAR CORSE (?)

 

Après des lectures sérieuses, la couverture originale m’a fait de l’oeil. Un polar corse? 

Après les bandits dans le maquis, un policier corse dans la ville nordiste. Pourquoi pas?

C’est une lecture agréable et facile, chapitres très courts (1 ou 2 pages),  une intrigue bien ficelée (que je ne vous raconterai surtout pas).

Une incursion dans le monde des coachs de développement personnel, cela dépayse un peu. Rien sur Lille, cela pourrait être, Charleville ou Roubaix (il faut quand même la proximité de la frontière). La Corse n’est évoquée que très anecdotiquement : les plats mijotés de la mémé Angèle ou des proverbes en langue Corse.

Je me suis laissé embarquer  le temps d’un samedi après-midi prolongé dans la nuit avec le sentiment un peu mélangé analogue à celui que j’éprouve quand je regarde une série policière à la télé au lieu de la Grande Librairie ou du documentaire d’Arte. Vague culpabilité d’un plaisir facile, comme finir le paquet de fraises tagada.

Certains polars donnent une analyse pointue d’un milieu social, ou une reconstitution historique pertinente ou font voyager dans des lieux où je n’irai jamais. Un Corse à Lille n’entre pas dans ces catégories. Divertissement sympathique, sans plus.

 

Les femmes de San Stefano – Marie Ferranti

LIRE POUR LA CORSE

 

Paru en 1995. Court roman – 111 pages.

Un village corse raconté par une écrivaine. Pas plus rose que quand il est décrit par un écrivain. L’histoire commence par le décès de la femme de Francesco, en couches et  se termine par les funérailles de celui-ci. La boucle est bouclée. On assiste au lent déclin de du personnage respecté et même craint, le rebouteux. Francesco se laisse aller, de chagrin.  Il devient l’ombre de lui-même – Vagabond. Jeux pervers des enfants, entre eux, batailles et humiliations. Francisco devient la risée des enfants, puis  victime des commérages des femmes et des manigances d’Emilienne

Marie Ferranti fait pénétrer le lecteur dans le monde très trouble des femmes. Monde de désirs inassouvis, de non-dits, de séductions et de refus silencieux. Monde de commérages et d’intrigues. Cruauté capable d’anéantir un homme. Cuisine et lessive. La patronne nourrit les ouvriers à la ferme, monde d’odeurs et de sang. Lessive à la cendre rinçage purificateur à la rivière. J’ai aimé la page qui détaille toutes les opérations du blanchissage, rinçage à la rivière….

 

Orphelins de Dieu – Marc Biancarelli

LIRE POUR LA CORSE

Les commentaires du blog sont précieux. De Marc Biancarelli,  n’avais pas beaucoup apprécié Murtoriu : Ballade des innocents. Si Keisha et Inganmic n’avaient pas loué Orphelins de Dieu, je n’aurais pas entrepris cette lecture. Et cela aurait été dommage parce que je me suis laissé emporter dans les montagnes corses dans de hardies chevauchées qui ont évoqué pour certains (critiques de Babélio) un western corse avec bandits, chevaux, gendarmes, vol de bestiaux, prostituées (pas au grand coeur, plutôt voleuses).

C’est encore une histoire de vendetta et de bandits! Bien écrites, ces histoires sont distrayantes. Je croyais m’être blasée, et bien non, j’ai pris du plaisir à cette lecture d’horreurs et de sauvagerie.

Petit Charles, a été défiguré par des voleurs de brebis, qui lui ont coupé la langue pour qu’il ne les dénonce pas. Sa soeur, Vénérande, fait appel à lInfernu un tueur à gages vieillissant pour venger Petit Charles. L‘Infernu accepte ce dernier contrat et entraîne Vénérande jusqu’à la tanière des 4 frères Santa Lucia, de sinistres brigands, voleurs de bestiaux qui ont martyrisé Petit Charles.

« Ange Columba avait fait couler beaucoup de sang et parfois aussi, coupé des têtes.[…]Evoquer son nom, c’était évoquer sur soi le mal absolu. Aussi l’appelle-t-on l’Infernu »

L’Infernu a guerroyé avec l’armée des insoumis des célèbres Théodore Poli et Antomarchi. L’Infernu, malade qui sent sa fin proche se raconte à Vénérande, il fait le récit d’un épisode de la fuite en Toscane de la bande de Poli et d’Antomarchi. Chassés de Corse, ils e sont repliés sur la Terre Ferme et se cachent dans les marais des maremmes. Guerriers audacieux et soldats valeureux, ce sont aussi des gaillards qui rançonnent les villages, pillent et violent. Ils ‘attirent les foudres des troupes toscanes. La bande se dissout certains rentrent en Corse pour prendre le maquis, d’autres vont en Grèce se joindre aux guerres d’indépendance et aux troupes de Byron devant Missolonghi. Après leurs exploits de mercenaires, ils reviendront en Corse pour vivre une vie de »bandes funestes qui avaient désolé le pays; le temps des rébellions passé, » de voleur de bétails ou de tueurs à gages.

la gourde de Théodore Poli(wikipédia)

« Dieu, Lui aussi, semblait avoir oublié cette terre, Si Dieu, Lui-même regardait ailleurs et se refusait à accomplir son devoir, alors la tâche qui consistait à rendre cette haute justice incomberait à l’Enfer. Et, dans ce pays, l’Enfer était un nom d’homme »

L’Enfer, c’est aussi l’Enfer de Dante. Dans les marais toscans, les bandits citent Boccace, se racontent les histoires du Décameron et récitent les vers de Dante

« je ne crois pas ton Boccace, Joseph, repris Giammarchi, je ne crois pas en ses histoires et au bonheur qu’on y trouverait. Pour moi, il n’y a que Dante qui ait pu nous décrire…. »

« Moi, j’aime les vers de Dante, ils me galvanisent encore. Je trouve que c’est le meilleur hymne à notre marche.

Il n’y a plus de marche, Colomba, nous avons été vaincus à peu près partout. […]Je marche pour être avec vous et je ne pense pas avoir eu une autre cause, jamais. Alors c’est pour cela que nous t’appelons l’Infernu. Tu te bats comme si rien n’en dépendait, que ta vie et celle de tes compagnons… »

« j’ai combattu plus longtemps que je ne devais rien que parce que les hommes tels que toi étaient à mes côtés. je veux dire les orphelins de Dieu… »

J’ai beaucoup aimé cet épisode toscan, quand des rebelles deviennent des bandits. C’est Vénérande qui a le dernier mot :

« Vous aviez un drapeau; et tout, mais à la fin vous me racontez que des horreurs, et il ne vous en a pas fallu beaucoup pour passer dans la truande. Et pour tourner le dos aux seules belles choses que vous auriez pu faire dans votre vie de bon à rien. Et Poli ceci, et Antomarchi cela, mais au final vous voliez des cochons avec des minables et des détraqués et même vous arrachiez des chiens à leurs maîtres et ça c’est répugnant. « 

j’ai aussi aimé les descriptions de la chevauchée dans  la montagne:

Au matin de la bataille finale, ils remontèrent cette longue gorge où ils avaient passé la première partie de la nuit, suivant un sentier mal frayé qui disparaissait sous les aiguilles de pins. leur petit convoi gravissait le sombre défilé, écrasé par un mur de falaises brunes d’où émergeaient que de rares buissons de bruyères et quelques arbres tortueux qui avaient défié les équilibres du monde. Elle se disait qu’aucun homme n’avait dû poser les mains sur ces parois sinon un homme aussi fou que vaniteux, pour y dénicher les petits des aigles. Au sommet de la gorge, ils trouvèrent un plateau et chevauchèrent en silence un bon moment au milieu des pins et des bruyères hautes, et au saut d’une moraine, ils lancèrent les chevaux sur des dalles de granit, plates et gigantesques, et c’était comme s’ils traversaient une espèce de théâtre à ciel ouvert dont les gradins eussent été les lisières des forêts et les chaos rocheux aux silhouettes étranges de géants pétrifiés… »

Je ne vous raconterai pas la bataille finale. Lisez la!

 

 

 

Voyage en Corse de Gustave Flaubert

LIRE POUR LA CORSE

J’aime me laisser guider par les écrivains, Mérimée a été mon premier passeur, puis Maupassant de retour de Corse, et, finalement, Flaubert que je regrette ne pas avoir trouvé avant. J’ai téléchargé le Voyage dans les Pyrénées, Aquitaine, Languedoc Provence et  Corse édité par les Editions des Régionalismes. Je n’ai lu que les textes concernant la Corse.

J’ai beaucoup ri à son récit de la traversée en bateau par mauvaise mer. Probablement mon passage préféré.

« Ajaccio, cette ville si éclairée, si pure de couleur, si ouverte au grand air, où les palmiers poussent sur la place publique et dont la baie vaut, dit-on, celle de Palerme… »

Description  humoristique de la maison Bonaparte : »Il y a à Ajaccio une maisons que les hommes viendront voir en pèlerinage ; on sera heureux d’en toucher les pierres, on en gravira dans dix siècles les marches en ruines, et on recueillera dans des cassolettes le bois pourri des tilleuls qui fleurissent devant sa porte, et, émus de sa grande ombre, comme si nous voyions la maison d’Alexandre, on se dira : c’est pourtant là que l’Empereur est né! »

Comme dans les chroniques de Maupassant, j’ai préféré les évocations de la nature aux histoires de bandits. Après Mérimée cela devient lassant! 

« Vallées pleines d’ombre, maquis de myrtes, sentiers sinueux dans les fougères, golfes aux doux murmures dans les mers bleues, larges horizons de soleil, grandes forêts aux pins décharnés, confidences faites dans le chemin, figure qu’on rencontre, aventures imprévues, longues causeries avec des amis d’hier, tout cela glisse emporté et vite s’oublie pour l’instant, mais bientôt se resserre dans je ne sais quelle synthèse harmonieuse qui ne vous présente plus ensuite qu’un grand mélange suave de sentiments et d’images où la mémoire reporte toujours avec bonheur, vous replace vous-même et vous donne à remâcher, embaumés cette fois de je ne sais quel parfum nouveau qui vous les fait chérir d’une autre manière…. »

 

La Corse de Guy de Maupassant présenté par Jean-dominique Poli

LIRE POUR LA CORSE

 

Il est arrivé d’Ajaccio, avec un marque page en langue corse. Mince et fin, un peu trop long une édition en livre de poche, couverture brune élégante, impression soignée d’un éditeur corse Albiana. 

La préface de Jean-Dominique Poli, professeur à l’Université de Corte, est très intéressante et très détaillée accompagnée de nombreuses notes en bas de page. Il soutient la thèse que Maupassant, à la suite de Mérimée avec Colomba, décrit une Corse exotique folklorisée,  faite de vendettas, de bandits. « ...Maupassant ne retient que la sauvagerie des lieux afin d’expliquer la sauvagerie des habitants. ». D’après Poli, son regard serait orientaliste à la suite de Daudet« L’île semble errer, seule et perdue dans une mer sans fin entre le Maghreb si énigmatique et les côtes méridionales de la France peuplées de Tartarin de Tarascon ». Poli relève une association de la Corse aux Kroumirs de Tunisie et dénonce le préjugé d’ « un pays sans culture » en opposition à l’Italie. 

Le recueil présente 14 chroniques parues dans Le Gaulois 1880-1884 et dans Gil Blas de 1881 à 1885. Nouvelles ou récits d’un journaliste cherchant à séduire le lectorat par des récits un peu sensationnalistes. Textes assez courts (tout juste une dizaines de pages) racontant un événement déroulé au cours d’un voyage en Corse, ils différent de La Vie errante qui est un journal de voyage en Italie, Sicile,  Algérie et en Tunisie.En Tunisie j’avais été éblouie par ses pages sur Kérouan.

Je retiens surtout les descriptions :

de la flore du maquis: « Au loin des forêts de châtaigniers énormes semblaient des buissons, tant les vagues de la terre soulevée sont géantes en ce pays ; et les maquis formés de chênes verts, de genévriers, d’arbousiers, de lentisques, d’alaternes, de bruyères, de laurier-tins, de myrte et de buis que relient entre eux les mêlant comme des cheveux, les clématites enlaçantes, les chèvrefeuilles, les cystes, les romarins, les lavandes, les ronces mettaient sur le dos des côtes dont j’approchais une inextricable toison;Et toujours au dessus de cette verdure rampante, les granits des hautes cimes gris, roses ou bleuâtres ont l’air de s’élancer jusqu’au ciel »

 

  •  – des calanche de Piana :  » Après avoir traversé Piana, je pénétrai soudain dans une fantastique forêt de granit rose, une forêt de pics, de colonnes, de figures surprenantes, rongées par le temps, par la pluie, par les vents, par l’écume salée de la mer.

Ces étranges rochers, hauts parois de cent mètres, mince comme des obélisques, coiffés comme des champignons, ou découpés comme des plantes, ou tordus comme des troncs d’arbres, avec des aspects,f’êtres, d’hommes prodigieux d’animaux, de monuments, de fontaines, des attitudes d’humanité pétrifiée, de peuple surnaturel emprisonné dans la pierre par le vouloir séculaire de quelque génie, formaient un immense labyrinthe de formes invraisemblables, rougeâtres ou grises avec des tons bleus. On y distinguait des lions accroupis, des moines debout dans leur robe tombante, des évêques, des diables effrayants, des oiseaux démesurés, des bêtes apocalyptiques , toute la ménagerie fantastique du rêve humain qui nous hante en nos cauchemars. »

 

de la Forêt d’Aïtone :  «  Le chemin montait doucement au milieu de la forêt d’Aïtone. Les sapins démesurés élargissaient sur nos têtes une voûte gémissante, poussaient une sorte de plainte continue et triste, tandis qu’à droite comme à gauche leurs troncs minces et droits faisaient une sorte d’armée de tuyaux d’orgue d’où semblait sortir cette musique monotone du vent dans les cimes »

J’ai également téléchargé sur la kindle En Corse de Maupassant numérisé par les éditions arvensa mais seulement 4 des chroniques sont présentes : La Patrie de Colomba, Le Monastère de Corbara, les Bandits Corses et Une Page d’histoire inédite qui sont aussi publiées dans le livre d‘Albiana. Les textes sont accompagnés d’une biographie panoramique  et l’Etude de Guy de Maupassant par Pol Neveux  – biographie complète mais ne mentionnant pas les textes « corses » de l’auteur.