Mandarines – film réalisé par Zaza Urushadze avec Lembit Ulfsak, Elmo Nüganen.

TOILES NOMADES

mandarines

Mandarines est-il un film estonien ou géorgien? Il se déroule en 1992 en Abkhazie. Savez-vous où se trouve l’Abkhazie? Étrange, cette communauté estonienne dans le Caucase! Montagnes sauvages où poussent agrumes et palmiers à l’ombre de montagnes couvertes de neige. Obscure guerre opposant des Tchétchènes et des Géorgiens, alors que des forces russes sont aussi engagées, ainsi que des Abkhaziens… Et ce n’est pas le film Mandarines qui va nous éclairer. Mosaïque de communautés  qui s’entre-déchirent mais se comprennent très bien, en Russe. Chrétiens et Musulmans, mais tous hommes de paroles. Les femmes ont disparu de la montagne, il ne reste plus qu’une photographie sur le buffet d’une ravissante jeune fille.

Que font les Estoniens dans cette guerre? Ivo, menuisier confectionne les cagettes dans lesquelles Margus conditionnera ses mandarines. Margus ne peut se résoudre à abandonner son verger couvert de fruits, il demande l’aide des militaires pour cueillir les mandarines, Russes ou Abkhazes? Peu importe pourvu que les fruits soient récoltés. Juhan est médecin, il partira en Estonie dès que possible.

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Une camionnette géorgienne est attaquée par deux Tchétchènes devant la plantation de Margus. Ivo enterre les morts et sauve deux blessés : Ahmed, le Tchétchène et Nika le Géorgien qu’il soigne et couche dans deux chambres séparées de sa maison. Ahmed qui est conscient ne songe qu’à venger son ami et à tuer le Géorgien touché à la tête, inconscient. Ivo obtiendra la parole de chacun des ennemis qu’ils ne se tueront pas sous son toit. Une étrange communauté se soude : deux estoniens, et les deux ennemis…

Un film pacifiste, humaniste avec de magnifiques acteurs.

Les Ogres – Lea Fehner

TOILES NOMADES

lese ogres

Davaï!

2H24 De couleurs, de musique de cirque, de danses de fou-rires, de très belles images colorées

2h24 de cinéma burlesque sur les traces de Fellini ou de Kusturica

Du théâtre aussi, puisque nous suivons une troupe ambulante qui joue deux pièces de Tchekov endiablé avec de la vodka qui tombe du plafond dans un lustre tandis que les acteurs distribuent les victuailles de la noce….

Du cirque avec un numéro d’acrobatie, un monsieur Déloyal – très déloyal ….

2h24 de Carnaval – selon Cinéma dans la lune – où les valeurs sont inversées, où tout est permis..

2h24 de déconnade où toutes les bêtises dont vous avez rêvé – ou pas – se succèdent : chevauchée des caravanes, voitures et camions avec dépassements très limites, téléphone au volant que dis-je, ordinateur sur le volant, bataille avec la nourriture, couscous qu’on se lance joyeusement à la figure, bouses de vaches sur la scène, enfants qui fouillent les sacs à main, femme vendue aux enchères (cela c’est pénible), scènes de ménage au mégaphone…

Non! je ne vais pas tout raconter, allez-y!

Une journée particulière – Ettore Scola

CARNET ROMAIN

En hommage à Ettore Scola,  Arte a programmé dernièrement Une Journée Particulière que j’ai revu avec grand plaisir.

Contrairement à certains films-cultes des années 60 ou 70 dont j’avais gardé un excellent souvenir et qui ont mal supporté le temps qui passe, Une Journée particulière n’a pris aucune ride. Au contraire! A l’époque, j’avais fait beaucoup moins attention à la bande-son qui accompagnait de loin l’histoire. la grande Histoire est  encore plus présente que dans mon souvenir. Ou peut-être suis-je plus réceptive maintenant? La bande annonce italienne me paraît encore plus pertinente.

Admiration pour les deux immenses acteurs, d’une classe inouïe. Et grand bonheur de retrouver dans les archives cet interview de Sophia Loren:

 

 

la Dolce Vita – Federico Fellini

CINE-CLUB ROMAIN

Evidemment, je me souviens de cette scène !

Mais le reste du film était bien flou dans ma mémoire. De retour de Rome j’ai eu très envie de le revoir.

Le prologue avec la statue du Christ héliportée a un goût de déjà-vu, déjà-vu dans la vraie vie, à Carrare, il y a une trentaine d’années j’ai vu une telle statue transportée (mais pas en hélico), l’ai-je rêvée? Association d’idée, Lénine sur sa péniche dans le Regard d’Ulysse d’Angelopoulos?

Sublime Anouk Aimée, mystérieuse et blasée dans cet univers mondain de Dolce Vita où Marcello Mastroianni  et ses copains paparazzi tirent leur subsistance pour un journalisme mondain agressif .

Avec le temps, Mastroianni, latin lover, dilettante, homme de lettres ou parasite, a perdu beaucoup de son charme. Anita Ekberg aussi,  en charmante idiote, fantasme nordique et blond des italiens excités. Le monde a changé, les  sex-symboles n’y ont plus la même place.

Si le film a conservé sa magie, c’est à la ville qu’il la doit! A la Fontaine de Trevi, aux ruelles qui l’environnent, au mélange de cinéma et de vie populaire.

 

Délices de Tokyo

TOILES NOMADES

délices de tokyo

Une année à Tokyo, rythmée par les saisons, commencée à la floraison des cerisiers. Une ville fortement urbanisée avec un train (métro?) mais aussi des vélos, des jardins….Une échoppe qui vend des pancakes fourrées, les dorayakis appréciés par les collégiennes . Un cuisinier au regard triste, une vieille dame enthousiaste, une écolière solitaire forment une équipe hétéroclite et solidaire. On est d’abord capté par la recette de ces Délices de Tokyo. Puis se dessine une histoire forte, pleine de secrets que bien sûr je dévoilerai pas!

Ne pas oublier de prendre la recette de ces Dorayakis disponible au comptoir du cinéma.

Lire aussi le billet de Dasola,.

Le dernier jour d’Yitzhak Rabin – Amos Gitaï

le dernier jour d'Yitzhak2h33, d’une enquête minutieuse avec images d’époque (images de caméras de surveillance  auxquelles nous nous sommes malheureusement habitués),  reconstitutions avec sang, et sirènes , auditions des témoins, interrogatoires répétitifs….archives de télévisions.

L’enquête ne cherche pas le coupable. Nous le connaissons, Yigal Amir ne nie pas le meurtre, il le revendique. Le faits, non plus, l’assassinat s’est fait devant foule de témoins.

L’enquête de la Commission officielle cherche à établir les défaillances du système de sécurité. Qui a été négligent? La police, les services secrets, la garde rapprochée, le chauffeur. Tous seront interrogés sous nos yeux. Le juge pointilleux lève des contradictions dans leurs discours, met en évidence des failles. Jamais le contexte politique ou religieux ne sera analysé. Ce n’est pas faute d’avoir été questionné par les témoins. La Commission n’enquêtera pas là-dessus. Ce n’est pas sa mission!

Et pourtant alors, comme maintenant, la question importante est celle-ci: qu’est-ce qui a permis et même légitimé aux yeux de certains l ‘assassinat de Rabin?

Comment la violence inouïe qui régnait alors dans la rue, avec appel au meurtre, cercueil promené publiquement, menaces ouvertes, n’avait-elle aucune part dans les causes de l’assassinat.

Violence y compris dans l’enceinte de la Knesset, où l’opposition ne laissait pas le Premier Ministre s’exprimer. Délégitimation du gouvernement démocratiquement élu. Analogie avec Pétain…appels à la résistance.

Violence de la colonisation

Condamnations religieuses,  malédictions d’un autre temps. Je n’aurais jamais imaginé qu’au XXème siècle une malédiction proférée par quelques barbus pût aboutir. Quoique au 21ème….Cela rend ce film encore plus nécessaire!

Non ce n’est pas un thriller comme la bande-annonce le suggère. Ce serait plutôt un opéra funèbre.

Amos Gitaï a construit le documentaire, il le dit lui-même,  comme un architecte. Ce n’est pas un documentaire-télé mais une oeuvre magistralement construite. En ouverture, une longue interview de Shimon Peres trouve son symétrique avec les mots de la fin de la veuve, Lea Rabin. Habilement entremêlées les images d’archives et la fiction, le sang qu’on ne voit jamais à la télévision, présent comme dans un film, qui heurte et nous choque. Lancinantes les phrases du juge. Les longueurs ne sont-elles pas voulues?

Ma première émotion a été de retrouver a voix de Rabin inoubliable.

L’Etreinte du Serpent – un film de Ciro Guerra

TOILES NOMADES

 

 

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Un film d’aventures, deux aventuriers dans la jungle, des rencontres d’un autre âge, une pirogue sur les rapides, des animaux sauvages….

Un documentaire sur les cultures indiennes de l’Amazone,

un voyage initiatique d’un aventurier, ou plutôt de deux,

Un film en Noir et Blanc d’une grande beauté formelle,

L'étreinte du serpent

Cultures indiennes en voie de disparition, plantes guérisseuses ou hallucinatoires?

Deux heures de grand bonheur de cinéma.

Ne le laissez pas disparaître des salles.

 

Hector, un film de Jake Gavin

CONTE DE NOEL

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C’est un de ces films dont les britanniques ont le secret.

Des personnages simples mais très forts, émouvants. Entre Glasgow et Londres, autostop sous la pluie glacée, même la neige de Hector Mc Adam, clochardisé, malade mais optimiste, digne et d’une grande gentillesse.

Hector traverse toute l’Angleterre chaque Noël pour retrouver les habitués d’un « refuge de Noël », un repas de fête, les retrouvailles avec les bénévoles et les autres sans-abri.

L’affiche présente ce film comme « Loachien » toutefois la dimension politique et sociale des films de Ken Loach n’est pas aussi marquée.

A peine j’ouvre les yeux – film tunisien de Leyla Bouzid

PRINTEMPS ARABES

Elle a la pêche Farah, 18ans, tout juste son bac en poche!

Elle veut chanter avec son groupe malgré l’opposition de sa maman qui préférerait qu’elle s’inscrive en faculté de médecine!

Elle ne s’interdit rien, ni la bière dans un café louche, ni de danser, ni de sorti court vêtue…

Ses chansons provoquent le pouvoir, quand le concert est interdit elle chante dans la rue devant les grilles fermées sous les yeux attendris, et inquiets de sa mère.

Farah
Farah

Dans la Tunisie de Ben Ali, la musique est subversive. Tous le savent. Farah n’écoute pas les avertissements.  Une boule d’énergie.

Un bon film avec deux actrice formidables et de la bonne musique. A peine j'ouvre les yeux mère

IXCANUL film Guatémaltèque

TOILES NOMADES

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Un voyage sur les flancs du volcan. Une rencontre avec les Mayas dans une plantation de café. Maria, 17ans est promise au contremaître, veuf, père de trois enfants. Elle rêve d’autre chose, de l’amoureux Pepe qui, lui, rêve des Etats Unis. Juana, sa mère, rêve de rendre heureuse sa fille. Tous vivent dans la nature sauvage, en osmose avec la nature dont l’air sent le café et le volcan, loin de la civilisation moderne. Ils ne parlent pas espagnol et ne savent même pas lire. Liés au patron et au contremaître qui peut les chasser de leurs terre infestées par les serpents.

 

C’est un très beau film, décors costumes acteurs d’une grande beauté. C’est aussi une histoire vraie mais ne comptez pas sur moi pour vous la dévoiler. Allez le voir! Il y a des personnages, du suspense..

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depêchez vous il ne passe que dans quelques salles!