Giza : Pyramide en calèche et sons et lumières

CARNET ÉGYPTIEN 2019

Pyramides sous un ciel nuageux

Des nuages sont dispersés dans le ciel. C’est joli mais en-dessous, les pyramides sont un peu ternes. Petit-déjeuner original : une assiette de fruits : pommes détaillées en fines tranches, bananes une mandarine et des fraises, omelette et fromage jaune très salé. Les mandarines égyptiennes sont d’un très gros calibre, très parfumées mais pleines de pépins.

En calèche sur le plateau de Giza

La ruelle de l’hôtel est très étroite, recouverte de sable jaune très fin, entre de grosses maisons avec des arbres dans les jardins. Au bout de la rue : le site des Pyramides. Un homme nous hèle, il propose 3 heures de calèche et le tour du site. Nous nous laissons tenter. Monter dans la calèche est une épreuve pour Dominique. Une fois installées, nous laissons l’initiative au caléchier assis sur le marchepied de sa belle calèche orange. C’est un petit homme, plus très jeune, très tranquille, à l’écoute de son cheval, pas une brute comme celui de Louxor. Au pas tranquille du cheval, nous profitons du paysage sans être importunées par les vendeurs ou les chameliers. Seuls les gros cars qui nous frôlent sont une nuisance. Les calèches sont nombreuses, les caravanes de dromadaires harnachés de tapis colorés, les chevaux, aussi. Tous ces gens vivent du tourisme. Que se passerait-il si le tourisme était menacé. Je pense à leur réaction violente den 2011 lors de la bataille des chameliers lors de la Révolution de la Place Tahrir. Je viens de terminer le livre d’Alaa El Aswany qui occupe mes pensées.

Khefren

Nous montons d’abord vers Chéops, contournons Kephren pour nous arrêter au « panorama » le point le plus haut sur le plateau de Giza d’où l’on voit les pyramides de Saqqarah et de Dachour dans le lointain et Le Caire noyé sous la pollution. C’est le point de départ des petites méharées. Les Asiatiques sont les plus nombreux, ils improvisent des mouvements d’ensemble pour un selfie général. Aujourd’hui, les plus nombreux sont les Indonésiens, femmes voilées et tenues colorées. Nous nous approchons de Mykerinos et des ses petites pyramides satellites un peu ruinées. Nous multiplions les arrêts-photos pour faire durer la promenade. Dernière étape près du Sphinx.

Khefren et le sphinx

Bien sûr, une ballade en calèche ne remplace pas une visite guidée, le MOOC de Harvard sur le Plateau de Giza attend dans l’ordinateur.

Après la calèche, je me dirige à pied vers le Sphinx. A ses pieds, se trouvent les vestiges d’un temple de Kephren en granite d’Assouan dont il ne reste plus grand-chose. Je photographie le Sphinx sous tous ses angles et remonte la rampe de Kephren en compagnie de 5 collégiennes en robe noire et voile blanc ou rouge, grosses baskets blanches ; elles cherchent à me parler. En haut de la rampe, au pied de la pyramide, encore un temple. Je fais le tour de Cheops jusqu’au Musée de la barque solaire et retrouve Dominique à 13h15.

Notre quartier : les écuries des Pyramides

Où aller manger ? Devant l’entrée des Pyramides KFC et PizzaHut nous servent plutôt de repoussoir.  Nous cherchons quelque chose de plus typique. Pour rentrer nous nous perdons en essayant de couper par les ruelles, nous retrouvons dans des culs-de-sac. Il reste encore de la chère pizza d’hier, j’achète des fruits (oranges et goyaves). Après les agapes du bateau et les solides déjeuners de Nour El Gournah, quelques repas frugaux nous feront le plus grand bien. Je découvre que notre quartier est celui des écuries des Pyramides.

Derrière notre hôtel : les écuries des Pyramides

Partout dans la grande rue, sur la place, paissent des chevaux dételés, des dromadaires…les calèches orange stationnent un peu partout. La présence des animaux m’est très sympathique. Les grosses maisons sont bâties au-dessus des écuries ; partout, crottin et luzerne. On transporte de la paille, il y a des officines de vétérinaires, des marechaux ferrants, dans une ruelle on passe la tondeuse sur la robe d’un cheval, ailleurs on nettoie les sabots…Dans les ruelles des gamins galopent en brandissant des cravaches colorées.

Giza : pigeonnier et pigeons

Tourisme et village offre une coexistence sympathique. Presque toutes les grosses maisons ont installé leur « roof-top », ont construit un ou deux étages de chambres d’hôtes. Ces hôtels, comme le nôtre, ne paient pas de mine mais sont admirablement bien situés avec vue panoramique sur les pyramides. Si on se tourne vers le quartier, on découvre les hauts pigeonniers de bois de couleurs vive, sorte de cages peintes de motifs géométriques sur de hauts échafaudages de bois. Des vols de pigeons les survolent. Sur le toit le plus proche de notre terrasse un homme agite un drapeau égyptien pour faire des signaux aux pigeons. Parfois il tape avec la hampe sur le toit du pigeonnier. Dans la ruelle, une sorte de trompe attire mon attention : c’est le marchand de ballons de baudruche.

Sur une terrasse au 3ème étage d’un immeuble proche, il y a un mouton prisonnier. Des chiens invisibles aboient. Il y a même des coqs. Au coucher du soleil le muezzin appelle à la prière. Cette animation me plait beaucoup et j’ai plaisir à redescendre faire des courses.

Vu du Rooftop le son et lumières

Nous terminons la soirée devant le spectacle Sons et Lumières gratuit pour nous de la terrasse. Le pyramides s’allument unes à unes, puis le Sphinx. La musique est tonitruante et le commentaire pompeux. Je ne raterai aucune séance et resterai longtemps sur le rooftop. Nous sommes réconciliées avec l’hôtel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Louxor – Giza en train de jour

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lever du soleil

Mahmoud a organisé pour nous un petit déjeuner à 6h30 et une grande boîte à gâteaux avec des œufs, des tomates, des concombres et des oranges pour déjeuner dans le train. L’hôtel de Giza a envoyé un whatsapp et me demande de photographier nos billets de train. Facile ! Ahmed Yousseph, le chauffeur est ponctuel.

Le trajet sur la Rive occidentale du Nil jusqu’au pont est très agréable. Nous bavardons gentiment, je lui demande des nouvelles de Karim « Christmas boy » âgé maintenant de 3 jours.

la montgolfière survole la « west bank » et accessoirement notre terrasse.

Un panneau Welcome to the West Bank ! me fait penser aux sites Internet de réservation d’excursions en Montgolfière. La traduction automatique a l’humour involontaire, de traduire « West Bank » par « Cisjordanie ». J’avais lu sur une publicité qu’un vol de 3 ou4 heures allait faire survoler la Cisjordanie. Merveilleux ! Traverser la Mer Rouge, le Sinaï, survoler Israël et revenir, tout cela en 4 heures, à bord d’un avion supersonique pourquoi pas ? En ballon c’était peu vraisemblable !

Louxor – Giza en 1ère classe

Arrivée à la gare vers 8h. Un porteur se propose pour les valises et nous conduit au bout du quai devant l’emplacement où la voiture 1 s’arrêtera. L’horaire du train est flou. Sur le ticket imprimé 8h38, mais tous les cheminots parlent du « train de 9h » en provenance d’Assouan. Il est donc « à l’heure » à 9h. Les premières sont très confortables, fauteuils »avion » de business class, rembourrés, inclinables, repose-pied et beaucoup de place pour les jambes

Nous traversons les champs de canne à sucre, des petits champs d’oignons de choux gigantesques où les hommes travaillent à la binette. Il y a aussi de la luzerne et des bananeraies ?

Le Nil à travers les stores vénitiens

Le train s’arrête tout le temps dans de petites gares que je n’arrive pas à identifier (c’est écrit uniquement en arabe. Quelquefois, il s’agit d’arrêts en pleine campagne. Je note les arrêts, les compte jusqu’à 19 puis me lasse.

Tahta 13h42, sur la carte, Tahta c’est encore bien aau sud.

Assiout 14h50 – je me suis assoupie entre Tahta et Assiout.

El Minia 16h30 El Minia est une très grande ville universitaire

Depuis Assiout, le train  longe un canal ; la lumière est très belle ; les palmiers se reflètent dans l’eau, les jardins sont très verts. En même temps on passe sans transition par des zones très urbanisées. On sort d’une ville pour entrer dans une autre. Immeubles de briques rouges pas terminés (des ferrailles dépassent, pas de crépi) grandes mosquées et églises de ciment.

Comment allons-nous reconnaître Giza dans la nuit ? Le préposé aux valises vient nous chercher – bien trop tôt ! – Devant la porte les valises s’accumulent, le train s’arrêtera-t-il assez longtemps ? Sur le quai : la foule et pas de porteurs. Il faut descendre l’équivalent de deux étages pour le souterrain et les remonter. Un militaire fait le malin et demande les tickets et puis il se moque de Dominique « miskina ! » quel sot personnage ! Il aurait pu donner un coup de main. Heureusement le taxi de l’hôtel nous a attendu malgré le retard du train.

Traversée de Giza  dans la nuit :  autoroutes,  buildings, ville sans grâce aux constructions très hautes et très denses. Le taxi s’engage dans d’étroites ruelles où la voiture doit contourner touktouks et charrettes ?

L’arrivée de nuit à l’hôtel Sunshine Pyramids View est une claque. D’après le descriptif de booking.com nous avions imaginé un hôtel luxueux avec tous les services et le confort. On commence à monter à pieds 4 très hauts étages. Wifi déficiente, pas de lampe de chevet ni de drap du dessus…Un restaurant était annoncé sur le rooftop . 2 tables et des chaises mais pas de cuisine, juste un micro-onde pour réchauffer les plats achetés à l’extérieur. La pizza est livrée avec le carton 10$ la pizza ! Là je proteste ! Pour la moitié du prix, nous avons l’habitude d’avoir un repas complet avec salades, dessert et café. La pizza c’est un snack pas un repas et de toutes les façons le prix du menu annoncé sur internet était 8$.

Giza : son et lumières de la terrasse de l’hôtel Sunshine Pyramids View

En revanche, nous avons le plaisir de contempler les pyramides éclairées et même d’entendre le Sons et Lumières en Espagnol A tour de rôle Chéops, Kephren et Mykerinos s’illuminent, sans oublier le sphinx vert ou bleu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Vallée des Reines et les Tombes des Nobles

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Vallée des Reines

La Vallée des Reines est située à l’écart de la route. C’est un endroit magnifique et sauvage dans la montagne, un étranglement dans la paroi rocheuse. Cependant, la sauvagerie des lieux est un peu gâchée par les installations, cheminements de ciment, entrées cimentées des tombes, grilles des bouches d’aération. En ce moment 4 tombes se visitent.

La plus célèbre : celle de Nefertari, la femme préférée de Ramsès II est au prix de 1400LE (70€) sans le droit de photographier (300LE) On ne peut rester que 10 minutes dans la tombe et il faut déposer ses affaires à la consigne. Des groupes asiatiques patientent devant l’entrée. Je zappe ! J’aurais dû prendre le Louxor Pass Premium ! mais il fallait le payer en devises et je n’ai plus que des livres égyptiennes.

La seule tombe de Reine ouverte est celle de Tyi, épouse de Ramsès X. J’ai visité deux tombes des Princes Khaêmouset et Amonkhepershef, fils de Ramsès III.

Khaêmouset

Ramses III conduit son fils enfant vers Anubis

Le prince, crâne rasé avec la longue mèche est pris par la main par le Pharaon, son père et mené à la rencontre des dieux du panthéon égyptien, de grande taille, colorés, vêtus de la tunique panthère des prêtres et souvent tenant à la main des couteaux aiguisés bleus.

Le gardien désigne chacun des dieux par leur nom : Ptah, bleu, Osiris, vert, Hathor avec la tête de vache, Khnoum, bélier…..

Dans les deux autres tombes on voit toujours ces processions mais les gardiens ne sont pas aussi bavards. Dans la tombe de Tyi, ce dernier joue avec son téléphone mobile et ne me calcule même pas. Il n’a rien eu !

11h j’ai toujours le ticket de la tombe de Ramosé. Suivant la route principale, cela fait une promenade agréable. Le jeunes au parking de la Vallée des Nobles me reconnaissent, goguenards me disent : « vous encore ! vous venez Je tous les jours voir Ramosé ! »

Ramosé fut le vizir d’Amenhotep et d’Akhnaton

RAmose pleureuses

Sur internet un site présente les photos

Ce matin, il y a du monde : un groupe d’Espagnols dans la tombe de Ramosé. Je trouve la fresque de la procession funéraire avec les pleureuses en blanc levant leurs bras au ciel ?

Ramosé : th-le amarnien aton envoie ses rayons

J’y trouve aussi les bas-reliefs amarniens avec les rayons d’Aton (soleil) terminés par des petites mains tombant sur Akhnaton et Nefertiti

Deux autres tombes se visitent avec le ticket de Ramosé.

Tombe de Khâemhat

Khâmenhat (T57) scribe royal d’Amenhotep III, « Gardien des greniers royaux » . Sa tombe est décorée de bas-reliefs dans le même style que ceux de Ramosé dans le même calcaire lisse un peu gris au grain très fin. Khamenhat est mis en scène dans des activités agricoles en relation avec sa fonction. Scène de battage du blé impressionnante, comme un ballet. Comptage du bétail mais aussi des scènes de guerre avec chars et chevaux et même navires.

Ouserhat

Une description détaillée se trouve sur le site Osiris.net

Ouserhat, scribe royal d’Amenhotep II avait pour titre « scribe qui comptait les pains » c’était aussi le recruteur des soldats . Une scène de chasse est remarquable avec la présence de nombreux animaux.

mimosas colosse et montagne thébaine

C’est notre dernier jour à Gournah, je ne me lasse pas de dessiner au restaurant, sur la terrasse. Je m’accorde en fin d’après-midi une dernière promenade aux Colosses de Memnon et au temple d’Amenhotep III. Maintenant plus familier, il devient plus lisible. Je remarque les mimosas fleuris. C’est une belle conclusion à cette semaine !

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Tenir tête aux dieux -Mahmoud Hussein – Gallimard

LIRE POUR L’EGYPTE

Sphinx et pyramide

Mahmoud Hussein est le pseudonyme réunissant deux auteurs : Bahgat El Nadi et Adel Rifaat. Ce court roman (167 pages) se déroule dans l’Egypte de Nasser en 1959. Le héros est un jeune étudiant en médecine idéaliste, marxiste mais hésitant à se définir communiste.  Il a été raflé comme de nombreux opposants au régime, interné sans jugement, à la Citadelle du Caire puis dans un camp au Fayoum. Nadia lui écrit chaque jour. Ses lettres, sa présence qu’il sait faire surgir lui donne la force de garder sa dignité devant les humiliations de ses geôliers. 

S’opposer aux dieux, ce titre avec les dieux au pluriel en Egypte, m’avait fait penser aux dieux des pharaons. Erreur! Quand le jeune homme emploie cette expression, il fait allusion à Homère qu’il a découvert avec la littérature étrangère et Marx. C’est Ulysse, en tuant le Cyclope, et les bœufs du soleil, qui a provoqué la colère des dieux. Pénélope lui fait penser à la fidélité de Nadia. Les épreuves d’Ulysse, aux siennes. 

S’opposer aux dieux, s’opposer aux gardiens. Pour conserver les lettres de Nadia il a su provoquer le terrible chef aux lunettes noires du camp d’Al-Fayoum. En s’opposant à lui, il a gagné l’estime de ses camarades. Au bagne d’Abou Zabaal, il conservera cette ligne de conduite malgré les coups. L’éditeur laisse à la fin un cahier de feuilles blanches. Pour que le lecteur en écrive la fin?

On peut lire ce livre comme un roman d’amour, ou comme un roman historique se déroulant dans l’Egypte de Nasser.

Deir El Medina : le village des artisans

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Le muezzin fait du zèle ! Il a commencé à 4h45 tandis que les autres n’ont chanté qu’à 5h12. Je ne veux surtout pas rater le lever du soleil prévu à 6h34 face aux Colosses de Memnon. Pas de montgolfières aujourd’hui.

Je me proposais de rejoindre le village des artisans à pied mais voici que ma réserve de petits billets indispensables pour les pourboires est à sec. Le chauffeur du taxi 414 m’a déjà dépannée. Pour 20 LE il me monte au site et me donne un assortiment de 5 LE et de 10 LE.

L’entrée du site est équipée d’un auvent abritant des bancs pour les explications des guides à l’aide de deux maquettes : l’une de l’ensemble du village, l’autre d’une maison ainsi que de panneaux de l’IFAO (merci aux archéologues français soucieux de pédagogie).

Deir el medinq

Le village des artisans : Deir el medina est entouré d’un mur d’enceinte. Il est composé de 68 maisons mitoyennes d’environ 70 m2, seuils, linteaux montants sont en pierre, le reste en briques crues. Chaque foyer était composé de 8 à 10 personnes. Quand les hommes vont au travail dans la Vallée des Rois creuser et décorer les tombes royales, les femmes restent au village. Les vestiges sont un témoignage de la vie d’êtres humains ordinaires qui n’étaient ni pharaons ni prêtres. Lors de leurs congés les artisans préparaient leurs propres tombes            .

Tombe de Sennedjem

Une étude exhaustive de la tombe de Sennedjem est disponible sur le site Osiris.net

Une visite virtuelle de cette tombe est aussi possible sur ce site : CLIC

Sennedjem était le chef des travaux sous Ramsès II. Les scènes sont toutes dessinées et peintes et non pas gravées comme les tombes royales mais elles sont extrêmement soignées et colorées. Je suis émerveillée par la diversité des scènes de la vie des champs, des paysages merveilleux avec des arbres portant des fruits, des scènes mythologiques se mêlent à la vie quotidienne.

Tombe de Nakhtamon

Elle est également décrite sur Osiris.net

Moins colorée que celle de Sennedjem elle donne des témoignages sur l’embaumement et nombreuses divinités que je ne connaissais pas avant de lire l’article ci-dessus.

Voyager avec le smartphone et une connexion wifi change beaucoup de perspectives. Je n’ai pas encore décidé si  l’effet de surprise était le plus important pendant le voyage ou si cela aurait été mieux d’étudier les documents avant la visite.

Tombe d’Inkeraou    

Tombe d’Inherkat  (sous Ramsès III et Ramsès IV)
La tombe de Pachedou

Il faut un ticket spécial pour la visiter à acheter à la billetterie

La tombe de Pachedou est située encore plus haut dans la pente. Le gardien peine à monter.

Les couleurs sont très vives, les sujets sont souvent situés dans un environnement végétal merveilleux. La fresque la plus célèbre est l’image d’un homme courbé sous un arbre qui boit de l’eau à un ruisseau ; c’est mon interprétation personnelle parce que les égyptiens en donnent une autre : ce serait un homme qui prie avec la même posture que les musulmans.

 

Il m’est plus difficile de prendre des notes dans ces chambres exiguës. Depuis notre dernière visite, on peut prendre des photos au téléphone. Je me déchaîne et je filme !

Je longe les vestiges du village. Les 70 m2 annoncés doivent probablement tenir compte de l’étage, on retrouve l’emplacement de l’escalier et on peut imaginer la vie de ces gens, dans les chambres petites, mais aussi sur les terrasses. Le marchand d’objet en albâtre qui veut absolument me vendre un ibis que je n’ai pas l’intention d’acheter ne me lâche pas d’une semelle. Il commente :

  • « dans un mois égyptien il y avait 3 semaines de 10 jours, pendant les deux premières les artisans travaillaient pour la tombe du pharaon ; la 3ème était de repos. Comme les artisans n’avaient pas le droit de quitter le village de peur de révéler à des étrangers les emplacements secrets, ils consacraient leur temps à leurs tombeaux »
  • Une autre légende dit qu’on banderait les yeux des ouvriers pour qu’ils ne reconnaissent pas le chemin .

 

Vérité ou légende ?

Le petit temple d’Hathor

Au bout du village se trouve le Temple d’Hathor de l’époque ptolémaïque ( 3ème -2ème siècle av JC) du règne de Ptolémée Philopator. Ce temple est dédié à Hathor, Maat et Amenhotep.

C’est un temple charmant avec des chapiteaux aux nombreux pétales ouverts qui ont gardé leur couleur bleu turquoise. Des chapiteaux hathoriques sont aussi colorés ainsi que les vautours étendant leurs ailes au plafond.

J’avais oublié le puits des ostraca beaucoup plus profond que dans mon souvenir. J’ai distribué tous les petits billets aux gardiens des tombes. Le marchand d’albâtre réclame son dû pour ses commentaires. Quand je lui dit que je n’ai rien dans mon porte-monnaie, il est incrédule. Pas de problème ! il a de la monnaie et ne me rend que 60 sur 100 LE !

Je passe l’après-midi à dessiner tandis que Dominique s’est fixé un cadre dans les palmes ; Elle attend que sur la route passent des sujets pittoresques à photographier. Aujourd’hui, son attente est récompensée : une charrette, un homme à califourchon sur son âne, des familles…

 

 

 

Karnak

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Visiter Karnak en un quart d’heure à la sortie de la Croisière au pas de course relève plus de la plaisanterie que du tourisme !

J’ai donc prévu d’y retourner, l’après midi pour éviter l’affluence.

La matinée s’est écoulée tranquillement et studieusement sur la terrasse à dessiner et à peindre.

J’attendais les montgolfières, seulement deux en ce matin de Noël. Cette attraction n’a pas fait recette après le Réveillon !

Au petit matin, pas de brume comme hier. Les crêtes roses de la Montagne Thébaine sont nettes à l’horizon. En revanche, vers midi, une poussière brune est soulevée par le vent et noie le paysage. Le ciel devient brunâtre, les couleurs virent au beige et sépia.

A 13h30, j’appelle Ahmed Youssef, mon chauffeur qui m’emmène au débarcadère. Un petit neveu vient de naître qu’il appelle « Christmas boy ». Au débarcadère je descend dans le petit bateau à moteur qui se remplit vite (il faut au moins 8 passagers pour traverser) Arrive une équipe de foot, on grimpe dans le bateau d’à côté.

13h50 me voilà sur la Corniche ! 3 km séparent Karnak de Louxor La promenade me tente. Le vent est frais ; à l’heure de la sieste il n’y a pas de circulation. La corniche est fleurie, sur le fleuve sont amarrés des bateaux-restaurants. Des jeunes filles aux voiles colorés de rose ou de rouge marchent deux par deux. Après le Musée Archéologique (fermé de 14h à 17 h), la circulation automobile est interdite. Belle promenade tranquille !

obélisques

14h30, j’entreprends la visite de ce temple immense. Comme au Ramasseum, les archéologues français de l’IFAO ont installé des panneaux explicatifs détaillés (français/anglais/arabe). Je n’ai même pas besoin d’ouvrir le Guide Vert. J’ai laissé Gallimard dans la chambre (trop lourd). Ces deux guides donnent une description complète, illustrée. Pas question de les recopier ! D’ailleurs, je n’ai pas pris de notes.

Karnak est un site gigantesque. Ce n’est pas un temple, mais une série de temples enchevêtrés, imbriqués les uns dans les autres. Chaque Pharaon a ajouté sa touche pour sa gloire personnelle ou celle d’Amon, du Moyen empire à l’époque romaine, parfois aux dépens des monuments de leurs prédécesseurs. Ils ne sont pas construits selon un axe mais selon deux perpendiculaires. L’ensemble ne compte pas moins de dix pylônes.

Remonter le 9ème pylône

Du temple du Moyen Empire, il ne reste qu’une cour avec trois seuils de granite et un bloc d’albâtre. Thoutmosis III a fait disparaître une partie du temple d’Hatshepsout, sa belle-mère, Sethi 1er a commencé à bâtir la salle hypostyle, Ramsès II a continué l’œuvre de son père. Ramsès III a construit de côté un temple plus modeste que celui de Medinet Habou…Philippe, le Frère d’Alexandre le Grand s’est approprié un sanctuaire. Même les Romains ont laissé leur trace.

colosses

Avec les statues colossales je ne sais où donner de la tête, sans parler des obélisques.

Il me restera le souvenir de cette grande salle hypostyle avec ses 134 colonnes. Celles qui bordent l’allée centrale sont beaucoup plus haute que celles des côtés. Leur diamètre est si grand que je n’arrive pas à faire des photos satisfaisantes.

Je me contente de retrouver les dieux, les symboles, Amon sous forme de Bélier ou humain coiffé de deux plumes…Partout des barques, des porteurs de barques, des reposoirs des barques…

Je n’ai pas retrouvé le « jardin botanique » décoré de bas-reliefs de plantes.

Partout de gros engins sont utilisés pour des travaux de restauration. Il faut bien une grue pour remonter le 9ème ou le 10ème pylône !

Le temps me manque, je veux rentrer avant la nuit.

Etrangement, il n’y a pas de taxis à la sortie du site, seulement des calèches. Le retour en calèche aurait pu être romantique si le cheval n’avait été une vieille carne, vieux cheval gris avec les os qui lui trouent la peau. Le caléchier n’est pas jeune non plus. Il est mal embouché et brutal avec le pauvre cheval à qui il donne des coups quand le vieil animal ralentit l’allure. Déjà, la course était chère (50 LE) mais il réclame un « cadeau  pour le cheval ». je lui donne la somme convenue et saute rapidement du marchepied.

A la sortie du ferry baladi pas de taxi. Les locaux prennent des minibus à la gare routière. J’essaie un touktouk qui me propose un tarif de 60 LE ! C’est non ! Quel microbus choisir ? la direction est écrite en arabe. Au hasard je donne 20 LE, les autres passagers font circuler 2 ou 3 pièces et je descends juste après les Colosses de Memnon.

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              

Les courses à Louxor, achat du billet de train à la gare

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les bateaux à moteur

Expédition à Louxor : chercher de l’argent liquide et acheter les billets du train du retour et éventuellement rapporter une bouteille d’ouzo ou d’arak.

A peine ai-je traversé la route qu’un taxi propose ses services jusqu’au ferry :

« your price ? » – « Ashrin » (20) – « forty ! » – « Talaatin » on se met d’accord pour 30 guinees.

Au débarcadère les felouquiers me harcèlent. Je tiens bon : je veux le ferry baladi  à 5 guinees. Le petit bateau à moteur est amarré sous une méchante rampe métallique bien glissante. Sur la Corniche, je retrouve la banque Misr qui a installé 3 ATM dans une pièce fermée surveillée par un gardien à proximité du Winter Palace. Cela me sécurise parce que j’ai les deux cartes VISA et que je compte tirer le maximum que l’automate donne. Je suis chanceuse : aujourd’hui il propose 3000LE par carte. Cela tiendra toute la semaine, j’espère ! Aller à pied à la gare est facile, sur le trajet je regarde les magasins pour touristes (bijouteries, un antiquaire qui vend des photos anciennes « since 1907 »…) mais aussi supermarchés pour égyptiens, une « Pharmacie de confiance » en français sur l’enseigne.

temple de Louxor

Marcher seule dans Louxor incite au harcèlement. Je ne fais pas un pas sans qu’on me propose un taxi, une calèche, un accompagnement.  Seule parade, marcher droit et vite, ne pas hésiter ni flâner.

La gare de Louxor (comme celles du Caire ou d’Assouan) est un beau bâtiment de pierre de taille claire décorée aux motifs pharaoniques ; l’intérieur est un peu moins reluisant. D’un côté les guichets des 3èmeClasse, de l’autre, les sleepers watania et à côté 3 guichets pour les tickets de 1ère et 2ème classe. De belles queues et personne au guichet. C’est la pause : les guichetiers boivent leur thé mangent et rejoignent à contre-cœur leur poste. Dans les queues on s’impatiente, on se bouscule. Certains prennent leur train aujourd’hui. C’est la foule et cela ne me plait pas du tout de penser que j’ai une fortune dans mon sac avec les cartes de crédit. Si j’avais eu la moindre idée   du prix du billet j’aurais pu préparer la somme.

Evidemment l’employé ne comprend pas l’anglais. Heureusement, son chef vient à mon aide. Je demande deux places pour Guiza le samedi 28 au matin en 1ère classe. Il n’y en a plus dans le train de 9h, il propose le train de 7h. 390 LE pour les 2 billets (10€ chaque) . Je fourre les petits tickets (taille carte de crédit) sans les lire dans la cachette, je suis pressée de m’extraire de la queue. Heureusement derrière moi, attend un couple de retraités grecs qui ne vont pas me dévaliser.

Juste à la sortie de la gare, au magasin Drinkies , le prix de l’Ouzo est trop bon marché pour être honnête 55LE (2€50) Mais il n’y a pas de choix.

Je trouve les cachets de magnésium à la pharmacie.

Au retour, je rencontre le chauffeur de taxi qui m’avait donné sa carte alors que je recopiais les panneaux des colosses de Memnon. Il propose « le prix local : 20guinees et des excursions lointaines. « ne prenez pas celles de l’hôtel ! ils gagnent déjà assez avec la chambre et le restaurant. Tout le monde doit pouvoir travailler » implore-t-il. Il m’offre même une bouteille d’eau pour la bienvenue (je refuse, la course est beaucoup trop courte).

De retour chez Mahmoud j’examine le ticket de train. La date est correcte mais pas l’heure :  au lieu de 7 heures, il est écrit 19h25. Encore un tour des Britanniques ! Avec leur am et pm, ils nous embrouillent ! ce n’est pas la première confusion du genre : à Delhi c’était bien pire nous avions raté l’avion.

Après déjeuner il me faut retourner à Louxor, reprendre le taxi et le bateau, puis la gare. Le bateau est un gros bateau à deux étages mais la rampe est facile.

A la gare il n’y a plus de queue mais l’employé qui parle anglais ne veut pas reconnaître sa bêtise, ni la réparer. Il appelle un collègue qui affirme d’abord que l’échange n’est pas possible : il faut annuler et reprendre un autre ticket et cela coûtera 40 LE. Il ne veut pas prendre la responsabilité de l’opération, va voir son chef, m’emmène à la Police Touristique qui bien sûr dit que c’est faisable mais qu’il faut obtenir le tampon du Chef de Gare – Station Master. Où est donc le bureau du Station Master ? Sur le quai ! Mais ce dernier ne parle pas anglais. Le premier cheminot réapparaît et explique le problème en arabe. Le chef griffonne quelque chose au dos du ticket. Cela n’est pas suffisant : il faut un tampon. Mais sortir le cachet et le tampon encreur n’est pas de la compétence (ou de la dignité) du Station Master. N’Il faut trouver le préposé au tampon. On a oublié les 80 LE en route (on n’en parle plus) Mon billet enfin annulé, il en faut un autre. C’est l’ordinateur qui   trouve la place et les cheminots égyptiens ne sont pas informaticiens. Intervient encore mon sauveur (au bout de 10 minutes) il me réclame 80LE après toutes ces interventions qui l’ont fait bien transpirer ! Pas de reçu ni de tampons, il les fourre dans sa poche. Cette délicate affaire mérite salaire.

Au retour je croise le caléchier qui voulait m’emmener à la gare, le pâtissier qui veut apprendre l’anglais, les felouquiers…Tout ce monde est bien physionomiste pour me reconnaître (il y a peu de touristes isolés tous sont flanqués d’un guide). Au débarcadère, mon taximan attendait.

Les temples au petit matin : Merenptah et Ramasseum

CARNET ÉGYPTIEN 2019

colosses de Thoutmosis et montgolfières

Le muezzin nous réveille dans la nuit, j’attend le lever du jour. Avec le lever du soleil s’envolent les montgolfières dont le souffle arrive jusqu’à notre chambre. J’en compte ce matin une vingtaine.

6h30, tout le monde dort, sauf les chiens qui montent la garde et m’empêchent de sortir. Ils sont grands, hérissés, sales. Comme je force la sortie ils m’accompagnent.

Le Temple de Mérenptah est à une centaine de mètres. De la route, je pourrais observer le site l’entrée se trouve près de l’hôtel où nous avons vu le dromadaire samedi. Ici aussi les chiens hurlent contre mon escorte. Je redoute de me trouver au milieu d’une bataille canine et renonce à Merenptah. Je reviendrai quand l’hôtel sera ouvert et les chiens calmés.

Plus loin, un autre chantier de fouilles se trouve entre le temple de Merenptah et le Ramasseum. Des colosses semblent sortis de terre. Ils n’étaient pas là à notre dernier séjour en 2010. Un panneau indique temple de Touthmosis IV

Ramasseum au soleil levant

Sur la route de nombreux minibus me doublent. Déjà les touristes ? Non ! ce sont les ouvriers en gallabieh grise qui se rassemblent sur les chantiers archéologiques. De touriste, il n’y a que moi. Les occidentaux en jeans et gros appareils-photos sont les archéologues qui supervisent le chantier.  On fouille beaucoup, c’est une des justifications de la destruction du village de Gournah et de la stérilisation de terres agricoles. L’archéologie me passionne mais je privilégie toujours les Egyptiens vivants à ceux qui sont morts il y a des milliers d’années. Après l’arrivée des ouvriers c’est celle de la police qui circulent en gros pick-up.

Ramasseum

Ramasseum Ramsès et palmier

Le gardien me demande mon ticket et le déchire. Si je veux revenir, il m’en faudra un neuf !

Autrefois on arrivait par les champs et on entrait sans payer.

Merci aux archéologues de l’IFAO qui ont pensé à faire de nombreux panneaux explicatifs détaillés en français !

Le Temple des millions d’années de Ramsès II a été nommé Ramasseum par Champollion en 1829. Dessiné en 1738 par Fréderic Norden puis pendant l’Expédition d’Egypte des Savants de Bonaparte ;  Belzoni en 1816 « enleva »  le buste de Ramsès II qui se trouve maintenant au British Museum. J’aime bien ces histoires de savants et d’aventuriers.

Le 1er pylône est bien ruiné, on peut distinguer les gravures de la Bataille de Qadesh. Devant l’entrée du 2ème pylône étaient assis Ramsès et sa mère Touy. Les débris de la tête du pharaon en granite rose reposent.

la tête de Ramsès brisé

Dans la cour péristyle, il y a deux portiques avec des piliers osiriques. Derrière la colonnade, on retrouve la Bataille de Qadesh, il reste encore des traces de couleur. Les soldats sont en rangs serrés, le cercle représente-t-il la forteresse ? on devine la traversée du fleuve. Sur le registre du bas : une dizaine de chars au- dessus : la mêlée avec des soldats à terre, l’un d’eux a reçu une flèche dans l’épaule. Surdimensionné : Ramsès sur son char, le cheval cabré, il bande son arc. J’ai cherché le lion trouvé à Abou Simbel mais pas ici.

Ramasseum : chapiteau

La  salle hypostyle accueillait les liturgies marquant la relation entre le Pharaon et le dieu Amon sous sa forme Min. Les chapiteaux sont polychromes et forment un calendrier(selon les explications).

La petite Salle des Barques est la plus belle. Elle est en pente douce. J’avais oublié le plafond astronomique et l’arbre Persea

sous l’arbre Persea

Enfin, on arrive à la petite salle hypostyle à huit colonnes.

Comme à Medinet Habou à l’arrière du temple et sur les côtés un ensemble de ruines en briques crues sont étudiés par les archéologues qui ont trouvé des magasins, une « maison de vie » ou école du temple où les cours étaient donnés en plein air comme le témoignent les ostraca. Cuisines, boulangeries occupaient près de 30 salles où se trouvaient des moules à pain, des pots, des coupes, des graines de céréales et de lin, des particules végétales et des charbons de bois.

autour du Temple : constructions en brique crue

Le site résonne des outils des archéologues et des ouvriers du chantier : le plus souvent balais, brouettes et paniers de caoutchouc. Mais on entend aussi cogner les masses pour sculpter les moellons, et même des disqueuses qui découpent des dalles. On a mouillé la terre pour confectionner des briques de terre et de torchis.

Un archéologue a épinglé une grande feuille de papier sur une table à pique-nique pour un relevé des allées et des murets. On sent la vie bourdonner !

les Colosses de Memnon et le temple d’Amenhotep III

CARNET ÉGYPTIEN 2019

les colosses de Memnon et la montagne thébaine au coucher du soleil

Le déjeuner est très bien servi : salades et tehina, puis trois cassolettes de terre cuite avec un ragout de bœuf, des courgettes parfumées à l’aneth, et des haricots blancs plus du riz jaune auquel nous n’avons pas touché. Nous refusons également les bananes au dessert. Pour finir, je sirote longuement mon café mazbout parfumé.

Promenade aux Colosses de Memnon

Je n’avais pas compris ce que faisaient les Colosses isolés au milieu des terrains agricoles. Avant d’aller en Egypte j’avais entendu l’histoire de ces statues chantantes au lever du soleil. De la terrasse de notre chambre, quand nous guettions le spectacle de l’aurore, nous aurions pu les entendre….

Strabon, 1 an après le séisme de 27 av ; JC avait émis quelques réserves par rapport à Pline l’Ancien et Tacite qui auraient entendu une voix humaine ou Pausanias, de la musique. Les Grecs identifiaient la statue à Memnon, le Héros de Troie qui aurait régné en Ethiopie après la chute de la ville. Ce colosse aurait reçu la visite d’Hadrien et de Septime Sévère mais la statue se serait tue devant ces Empereurs romains.

Encore une histoire qui m’enchante !

A notre dernier passage en 2010, nous avions été consternées par la destruction d’une grande partie du village de Gournah, des champs de canne et des jardins autour des Colosses. Nous avons découvert hier un chantier de fouilles archéologiques et des tas de briques crues.

Au lieu de prendre le sentier dans les champs je longe la route et découvre qu’on a apposé toute une série de panneaux que je traduis ici.

Restauration du temple d’Amenhotep III (AménophisIII)

colosses d’amenhotep III

L’équipe qui fouille le site est dirigée par Hourig Sourouzian

Le temple d’Amenhotep III était un temple gigantesque complètement disparu à l’exception des colosses qui gardaient l’entrée devant le premier pylône. Ce grand temple possédait trois pylônes, chacun gardés par des colosses plus petits que le célèbre Memnon. Pourquoi ces pylônes ont-ils disparu ? Plusieurs hypothèses : selon les panneaux ils auraient été bâtis en briques crues, les briques alignées pourraient être utilisées à les reconstruire. Selon Wikipédia, Akhnaton aurait saccagé le temple polythéiste de son père, il aurait servi de carrière pour l’édification des temples funéraires postérieurs. On a retrouvé bses des colonnes : leur diamètre est impressionnant !

Les archéologues ont mis au jour de nombreuses statues : les colosses en morceaux remis debout, deux stèles , la stèle sud était en 100 fragments, la stèle nord plus petite contenait 25 lignes d’un texte adorant Amon-Rê.

En 2008-2009 : on a retrouvé 2 sphinx à tête de roi.

Sekhmet

Dans la cour et la salle hypostyle 106 statues de Sekhmet à tête de lionne en granodiorite noire mesurant 2m de haut. La plupart des statues représentent la déesse avec sa tête de lion, assise sur le trône, tenant un signe de vie de la main gauche et le disque solaire sur la tête.  Sekhmet était une déesse puissante dont on invoquait la protection et dont on craignait la force. Elle était réputée répandre des épidémies mais elle était également guérisseuse. Un œil de Rê sur son front et en forme de l’Uréus, elle combattait les ennemis du Dieu-soleil.

On a aussi trouvé un hippopotame blanc dans la cour

Ravie de ma visite : j’étais partie juste pour les Colosses, je reviens avec la découverte d’un énorme temple dont je ne soupçonnais pas l’existence.

fleurs et ânes derrière l’auberge

Je rentre par l’ »agriculture » enjambant les canaux et les minces levées de terre qui délimitent les champs et jardins ; surtout canne à sucre et luzerne mais aussi oignons, fèves et petites pousses fines qui sont peut-être du blé.

Le reste de l’après-midi se passe sur la terrasse à rédiger mon compte-rendu. Le ciel est laiteux, la météo du téléphone annonce 20° mais sans bouger il faut mettre un pull.

 

 

 

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              8

Gournah : Medinet Habou

CARNET ÉGYPTIEN 2019

Medinet Habou

Dimanche 22 décembre : Medinet Habou

6h, le soleil se lève tôt en Egypte. La billetterie ouvre à 6 heures et les sites ferment à 17 h.

Medinet Habou est le premier temple que nous avons découvert en 2002. Choc de la découverte des grands pylônes gravés aux scènes de massacres.

600m du gîte, il reste mon but de promenade favori. Pensant entrer plusieurs fois dans la journée avec le même ticket, j’ai négligé d’emporter le Guide Vert. Je suis seule visiteuse. Sur place une bonne demi-douzaine d’hommes en galabieh balayant le sol. Chacun essaie d’attirer mon attention, euros en pièces à changer, une sculpture en albâtre dans une chapelle latérale….L’un d’entre eux s’attache à mes pas et commente les bas-reliefs en nommant les dieux. Je ne m’en débarrasserai qu’après avoir donné le bakchich qu’il attendait. Il juge que 10 guinees, ce n’est pas assez.

Quatre pages et demi dans le Guide Gallimard (p.435 à 438) ne me motivent pas vraiment à paraphraser la description. Il y a aussi dans ce guide une belle maquette qui se déploie sur deux pages. Je regrette de ne pas l’avoir emporté sur place.

Dans la lumière du soir

Le site est enclos par une épaisse muraille de briques crues grises. Après la visite du temple, il faut imaginer le palais attenant et communiquant par une « fenêtre d’apparition » Palais réel et Palais symbolique pendant des « millions d’années ». Des croix ici et là sur des vestiges témoignent de la présence d’une église copte : à l’abri des épais murs, le temple a servi de refuge aux chrétiens pendant la conquête arabe.

Migdol : le porche

On entre par une haute tour carrée appelée « migdol » désignation qui m’amuse parce que c’est le mot qui veut dire tout en hébreu. Cette entrée donne une allure militaire qu sanctuaire de Ramsès III – pharaon combattant représenté sur le pylône en réunissant dans sa main les têtes des ennemis vaincus tandis que son bras replié s’apprête à frapper. Pas de colosses mais des rainures pour les hampes des drapeaux. Seul un palmier brise la monotonie de la pierre. Au verso du pylône une scène de bataille raconte la « bataille contre les peuples de la mer ». Mêlée où chevaux et fantassins combattent avec un réalisme saisissant. Les pattes des chevaux suggèrent le nombre de chars et de cavaliers en présence. Malheureusement, j’ai raté la bataille navale représentée sur le Guide Gallimard, elle est gravée sur le mur Nord.

plafond encore peint de la salle hypostyle

Le petit temple de Thoutmosis et d’Hatshepsout est fermé à la visite par des cordelettes ; Ce temple a été agrandi plus tard à l’époque ptolémaïque.

Grâce à Wikipédia, j’ai découvert l’histoire des divines adoratrices d’Amon qui se firent enterrer à Médinet Habou pendant la période des dynasties Saïtes et Kouchites au sanctuaire de Djeme ou furent enterrés les dieux primordiaux : 4 couples de grenouilles et de serpents qu’Amon considérait comme ses ancêtres. C’est la première fois que je lis cette légende qui m’enchante.

Une description intéressante du temple est accessible sur Internet : passion-égyptienne.fr clic ICI

A 9 h je retourne à Nour El Gournah pour le petit déjeuner. Nous passons la matinée tranquillement à lire et à écrire. Nous avons décidé de nous accorder une semaine très tranquille dans cet endroit enchanté.6