Gournah : Medinet Habou

CARNET ÉGYPTIEN 2019

Medinet Habou

Dimanche 22 décembre : Medinet Habou

6h, le soleil se lève tôt en Egypte. La billetterie ouvre à 6 heures et les sites ferment à 17 h.

Medinet Habou est le premier temple que nous avons découvert en 2002. Choc de la découverte des grands pylônes gravés aux scènes de massacres.

600m du gîte, il reste mon but de promenade favori. Pensant entrer plusieurs fois dans la journée avec le même ticket, j’ai négligé d’emporter le Guide Vert. Je suis seule visiteuse. Sur place une bonne demi-douzaine d’hommes en galabieh balayant le sol. Chacun essaie d’attirer mon attention, euros en pièces à changer, une sculpture en albâtre dans une chapelle latérale….L’un d’entre eux s’attache à mes pas et commente les bas-reliefs en nommant les dieux. Je ne m’en débarrasserai qu’après avoir donné le bakchich qu’il attendait. Il juge que 10 guinees, ce n’est pas assez.

Quatre pages et demi dans le Guide Gallimard (p.435 à 438) ne me motivent pas vraiment à paraphraser la description. Il y a aussi dans ce guide une belle maquette qui se déploie sur deux pages. Je regrette de ne pas l’avoir emporté sur place.

Dans la lumière du soir

Le site est enclos par une épaisse muraille de briques crues grises. Après la visite du temple, il faut imaginer le palais attenant et communiquant par une « fenêtre d’apparition » Palais réel et Palais symbolique pendant des « millions d’années ». Des croix ici et là sur des vestiges témoignent de la présence d’une église copte : à l’abri des épais murs, le temple a servi de refuge aux chrétiens pendant la conquête arabe.

Migdol : le porche

On entre par une haute tour carrée appelée « migdol » désignation qui m’amuse parce que c’est le mot qui veut dire tout en hébreu. Cette entrée donne une allure militaire qu sanctuaire de Ramsès III – pharaon combattant représenté sur le pylône en réunissant dans sa main les têtes des ennemis vaincus tandis que son bras replié s’apprête à frapper. Pas de colosses mais des rainures pour les hampes des drapeaux. Seul un palmier brise la monotonie de la pierre. Au verso du pylône une scène de bataille raconte la « bataille contre les peuples de la mer ». Mêlée où chevaux et fantassins combattent avec un réalisme saisissant. Les pattes des chevaux suggèrent le nombre de chars et de cavaliers en présence. Malheureusement, j’ai raté la bataille navale représentée sur le Guide Gallimard, elle est gravée sur le mur Nord.

plafond encore peint de la salle hypostyle

Le petit temple de Thoutmosis et d’Hatshepsout est fermé à la visite par des cordelettes ; Ce temple a été agrandi plus tard à l’époque ptolémaïque.

Grâce à Wikipédia, j’ai découvert l’histoire des divines adoratrices d’Amon qui se firent enterrer à Médinet Habou pendant la période des dynasties Saïtes et Kouchites au sanctuaire de Djeme ou furent enterrés les dieux primordiaux : 4 couples de grenouilles et de serpents qu’Amon considérait comme ses ancêtres. C’est la première fois que je lis cette légende qui m’enchante.

Une description intéressante du temple est accessible sur Internet : passion-égyptienne.fr clic ICI

A 9 h je retourne à Nour El Gournah pour le petit déjeuner. Nous passons la matinée tranquillement à lire et à écrire. Nous avons décidé de nous accorder une semaine très tranquille dans cet endroit enchanté.6

Chroniques de la Nécropole – Golo et Dibou

LIRE POUR L’EGYPTE

la Nécropole c’est Gournah le village construit sur les Tombes des Nobles à deux pas de Deir-el-Medina, le village des artisans qui creusèrent et décorèrent les tombes de la Vallée des Rois et de la Vallée des Reines sur la rive occidentale du Nil en face de Louqsor. Gournah était un village habité quand nous l’avons découvert en 2002. Gournah n’est plus que l’ombre d’un village. Les maisons ont été rasées pour faire place nette aux archéologues et aux touristes.

Comme je déplorais la mort du village, un égyptien francophone en vacances avec nous à Nour-el-Gournah, m’a rappelé ce roman graphique lu à sa parution en 2011 que j’ai eu envie de relire.

« Ce récit est le reflet de quinze ans passés dans ce village de Haute-Egypte auprès des Saïdis, sujet de moqueries pour les Cairotes, de dégoût pour els gens du pouvoir; de gêne pour els archéologues qui pourtant les emploient.

C’est avant tout une envie de témoigner pour ne pas oublier »

 

écrit Dibou en introduction de cette bande dessinée qui fait vivre les gournawis – habitants du village, paysans, artisans, ouvriers des chantiers archéologiques, mais aussi hôteliers, archéologues,  touristes et résidents européens amoureux du village ainsi que les enfants qui jouent un rôle non négligeable dans cette aventure.

Golo et Dibou se moquent avec gentillesse de tout ce monde, Golo dessine en imitant parfois les peintures antiques, Dibou photographie les enfants et leurs visages souriants font partie intégrante de ce roman graphique. La fin témoigne avec des photos des destructions au bulldozer des maisons, la BD devient roman-photo désolant….

C’est drôle, tendre, émouvant. J’ai encore plus apprécié cette seconde lecture.

Je recopie la conclusion :

Le village de Gournah, unique en Egypte, n’est plus. La vie s’en est allée. L’antique nécropole qui avait toujours été lieu de vie, de travail et de création, est devenue un lieu mort réservé au seul « spectacle culturel » le plus grand musée à ciel ouvert du monde. 

Pendant 60 ans, les habitants ont résisté aux projets de l’Etat pour préserver leurs maisons et leurs moyens d’existence[….]

L’attentat d’Hatshepsout a sonné le glas pour le village qui s’est retrouvé sous haute surveillance…..

Ce renfort de police eut raison des Gournawis[….]toute une population immolée sur l’autel du tourisme, déportée dans la banlieue d’une ville inexistante loin de toute possibilité de travail. 

Depuis l’été 2010; toute la zone, sur des kilomètres, est entourée d’un mur de béton. C’est une pratique qui se généralise : Palestine, Sinaï, Gournah……

Nour el Gournah, retour!

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Nour el Gournah – le restaurant dans le jardin

Vers 10h30, nous arrivons à l’Hôtel de Mahmoud Nour El Gournah qui nous offre la belle chambre que nous avions occupée en 2010 avec un petit balcon sur le jardin. Les meubles sont en bois de feuilles de palmier, le grand lit à baldaquin avec sa moustiquaire en mousseline, le plafond traditionnel en bois (ou roseau calfeutré avec de la terre. Un ventilo à grandes pales (qui n’est pas de saison). Le rêve !

Mahmoud nous offre le thé de bienvenue (kerkadé pour moi). Nous échangeons nouvelles et souvenirs. Il est très étonné que je me souvienne du pèlerinage de sa mère à la Mecque en 2002, 17 ans ont passé ! Nous parlons du désastre qu’est la destruction du village. En 2008, une pétition avait circulé sur Internet ;  je l’avais signée et partagée…sans effet !

Ce qu’il reste du village de Gournah

Après 3 jours sans Wifi sur le bateau nous nous jetons sur nos téléphones et écrivons à nos correspondants. Trois jours de sevrage ne nous ont pas déshabituées. Mahmoud n’est pas de reste. Il me montre une page Facebook en arabe avec un film noir et blanc tourné dans les années 50 à Gournah.

Nous déjeunons dans le jardin : salade mélangée, tehina, köfte, riz et légumes : haricots verts carottes. Pour finir le meilleur café turc que ‘ai bu depuis longtemps.

Levées tôt depuis des jours, nous paressons dans le jardin, cherchant le soleil et fuyant l’ombre ce qui est un comble en Egypte !

Promenade tranquille derrière l’hôtel dans la campagne. Le grand chantier archéologique du temple d’Amenhotep a fait reculer les champs cultivés Les champs de canne, de luzerne et les jardins où nous aimions nous promener en enjambant les petits canaux d’irrigation sont plus difficilement accessibles.

la vue sur la campagne

Nous suivons le chemin derrière l’hôtel et découvrons une haie de fleurs violettes qui ressemblent à des volubilis mais fleurissant sur des buissons aux tiges épaisses et aux feuilles coriaces qui font penser à des lauriers-roses. Des hirondelles sillonnent le ciel, elles ont dû s’arrêter ici dans leur migration.

Un vieil homme charge de verdure une charrette tirée par un âne blanc. Un peu plus loin il y a un petit dromadaire blanc le long d’un très beau jardin de cultures maraîchères. De grands parasols carrés indique probablement un hôtel mais deux grands chiens nous font reculer.

les colosses de Memnon

Autrefois, les Colosses de Memnon se dressaient dans la verdure. Un grand chantier archéologique occupe l’espace entre les maisons et les Colosses. A l’arrière, c’est ouvert. Je me promène entre le quadrilatères creusés pour les fouilles. Je sui rapidement repérée par le gardien et un policier qui m’accueillent très gentiment. C’est fermé à la visite, il n’y a pas grand-chose à voir à part une grande stèle et des colosses , beaucoup plus petits que Memnon. Le gardien me montre un sarcophage. J’ai oublié mon porte-monnaie, le vieux me demande un stylo : justement j’ai une réserve de bic cristal tout neufs ! Pour le chantier de restauration on a fabriqué des briques d’argile crue alignées. Elles ont l’air anciennes mais sont estampillées « memnon » écrit dans un cartouche.

Comme nous passons devant sa maison le vieux monsieur assis sur sa banquette de bois nous invite à boire le thé. Sa femme envoie une jeune faire le thé. Elle coiffe une fillette d’un an et demi avec des petites couettes. La petite réclame le téléphone et demande sa chanson. Une vidéo la montre dansant avec une boîte de conserve en équilibre sur la tête. Même quand on vit dans une maison de terre traditionnelle on est accro depuis le plus jeune âge au smartphone comme les enfants du monde entier !

Les petits sortent de l’école qui est juste derrière les toilettes du restaurant. On peut les voir étudier assis par terre et les entendre ânonner en chœur. A l’heure du goûter tous les petits enfants viennent réclamer un cône de glace, des chips ou des biscuits en sachets individuels. Il y a 17 ans, nous avions partagé des chicklets et mangé des tronçons de canne à sucre avec eux. Mais d’abord ils baisent les mains de leur grand-père.

Le soir tombe, je vais faire des photos au soleil couchant jusqu’à Medinet Habou. Sur la route en terre des garçons (12-14 ans) jouent au foot pieds nus. Les claquettes servent de limites au terrains et aux buts, Trois femmes et leurs petits enfants sont assises sur un tapis, elles m’invitent au thé que je refuse en leur expliquant que je viens de le boire ?

La nuit tombe tôt : 18h, il fait noir et aussi très froid.

 

 

 

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             

La rive ouest de Louxor : Vallée des Rois et temple d’Hatshepsout

CARNET ÉGYPTIEN 2019

Nous quittons Louxor au lever du soleil

Le check-out sur le Renaissance est très matinal. Comme Hassan l’a promis le petit déjeuner est prêt à 5h15. A 6h nous traversons 4 bateaux plus luxueux que le nôtre : marbres et dorures. Un petit bateau à moteur nous attendait pour passer sur la Rive Ouest. Les minarets, pylônes et colonnades et palmiers se détachent à en ombres chinoises  sur un ciel orange. Avec l’appel du muezzin, ce sera un beau film !

Vallée des Rois

Nout au plafond de la chambre funéraire

Nous arrivons les premières dans la Vallée des Rois, pour cela Hassan est un chef ! 3 tombes au choix (sauf Sethi 1er et Toutankhamon) pour un billet.

Hassan énumère les raisons justifiant le choix de la Rive Ouest pour les Tombes de pharaons :

  1. Le soleil se couche à l’Ouest, symbole de la mort
  2. Cette vallée se situe au-dessus du niveau de la Crue du Nil
  3. C’est une vallée isolée, on présume qu’il n’y aura pas de pilleurs de tombes
  4. Le calcaire friable est facile à creuser
  5. La montagne de Thèbes qui la surplombe est en forme de pyramide

Tombe de Ramsès IX

tome de Ramses IX l’embaumement

A l’entrée, le gardien me montre les inscriptions coptes (on dirait du Grec) et les croix : ici aussi les chrétiens ont trouvé asile contre les persécutions.

Les murs de la tombe sont couverts de textes en hiéroglyphes d’où je ne reconnais que le cartouche royal à fond jaune. Une sorte de Bande dessinée raconte la momification. L’embaumement dure 70 jours pour un pharaon ; Protégé par une rangée de cobras suivis par une file d’Anubis l’embaumeur on reconnait le défunt couché dans une baignoire oblongue ; il change de couleur au cours des bains successifs. En-dessous une file de prisonniers à qui on coupe la tête. Au plafond les ailes de vautour déployées sont une autre protection.

La chambre funéraire est de toute beauté. Assise par terre, je contemple le plafond avec la double figure de Nout qui avale le soleil la soir et le recrache le matin ; d’un côté la nuit a un fond bleu nuit, en face, le jour avec deux barques solaires tirées par 4 hommes suivies des porteurs d’offrandes. Pendant le « jour » je compte au registre supérieur 15 anubis et 8 cobras.

Tombe de Ramsès IX

Cette tombe est plus vaste que la précédente. Dans l’entrée les gravures des bas-reliefs sont plus creusées mais en moins bon état. Selon wikipedia, cette tombe serait inachevée. Etrangemnt, lees hiéroglyphes manquent de couleur mais certains sont délicatement travaillés avec un luxe de détail : on voit les plumes de chaque oiseau, les serpents soulignés de tirets rouges. Dans la chambre funéraire, le  je retrouve Nout double avalant et recrachant le disque solaire sur fond noir, ainsi que 4 babouins orant (levant les mains. Les motifs sont plus grands, très travaillés.

Tombe de Meremptah(19ème dynastie)

On descend une rampe de bois s’enfonçant plus profondément pour découvrir un énorme sarcophage en granite rose : Nout est allongée au fond du sarcophage.>les fresques et lez décors sont moins plaisants que dans les tombes précédentes. < La chambre funéraire est très grande avec encore un grand sarcophage. Il y a encore un troisième sarcophage avec Pharaon sculpté gisant.

Deir el Bahari : Temple d’Hatshepsout

Deir-el -Bahari

Ce temple adossé à la paroi, construit sur trois terrasses reliées par une rampe au milieu a un plan atypique. Un attentat meurtrier a endeuillé le site en 1997, les mesures de sécurité sont draconiennes. On ne tolère personne sur le parking (en dehors des chauffeurs) et e passage aux portiques est très surveillé ; Le petit couteau suisse de Dominique est confisqué, l’officier le rendra à la sortie. Nouveauté par rapport à notre dernière visite : un petit train électrique rapproche les visiteurs.

Hatshepsout, pilier

Hatshepsout était la femme et la sœur de Thoutmosis II et n’avait pas d’enfant. Thoutmosis avait un héritier d’une autre femme Thoutmosis III qui n’avait que deux ans à la mort du pharaon. Hatshepsout se désigna régente de l’enfant, pris la barbe postiche et devint une « femme-pharaon » . Elle régna pendant 20 ans pacifiquement et mena une grande expédition commerciale au pays de Pount (Somalie) d’où elle rapporta de nombreuses richesses, entre autres l’arbre à encens.

Le temple fut saccagé à trois reprises : par Thoutmosis III quand il devint pharaon, il s’acharna à faire disparaître l’effigie de la reine et son cartouche. Akhnaton qui faisait disparaître les cultes des autres dieux et finalement par les chrétiens. Il reste quand même des statues colossales où elle figure avec sa barbe postiche sur la 3ème terrasse et une représentation sur une fresque où elle est peinte femme.

Pour conquérir l’assentiment du peuple, elle aussi s’inventa un engendrement divin et une naissance divine.

Selon Hassan, le temple de Deir el Bahari est un « temple funéraire », son » temple divin » se trouve à Karnak.

Le nom Deir el Bahari rappelle que les coptes avaient bâti un grand couvent dont il reste des ruines imposantes (deir, en arabe veut dire monastère).

Les visites d’Hassan (et des guides pressés) vont à l’essentiel. On ne s’est pas arrêté au sphinx restant de  l’allée des sphinx (reconstituée sur la maquette). Nous allons voir le Temple d’Osiris, le temple d’Hathor et le bas-relief contant l’expédition au Pays de Pount. Dans le petit temple d’Hathor, j’essaie de photographier la déesse sous forme de vache allaitant un enfant. Frustrant aussi de ne pouvoir réussir un cliché des navires, la pesée de l(or (avec des bestiaux) ; les greniers à blé et l’arbre à encens.

Vers 10h30, nous arrivons à l’Hôtel de Mahmoud Nour El Gournah

 

 

 

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          

Fin de la croisière : Louxor

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Arrivée à Louxor au coucher du soleil

Il y a encore deux heures de navigation entre Esna et Louxor. Nous arrivons au coucher du soleil, passé 16h30. Au programme des visites deux sites énormes Karnak et Louxor. La plupart des guides ont renoncé à la visite de Karnak qui fermer tôt pour cause de Son et Lumières. Hassan a un autre plan pour moi. A peine le bateau s’est arrêté qu’il me fait signe de le suivre. Nous fonçons à travers les quatre bateaux de croisières amarrés à quai. Le taxi nous attend, sans un regard pour le Temple de Louxor, le taxi se faufile dans les embouteillages. Hassan est natif de Louxor, il connait les gardiens et les militaires de la sécurité. Nous shuntons les contrôles et nous retrouvons dans le temple de Karnak un quart d’heure avant sa fermeture. Nous traversons au pas de course la grande salle hypostyle. Impossible de s’arrêter pour une photo, d’ailleurs il fait beaucoup trop sombre, toutes celles que je prends à la sauvette seront floues.

Retour à Louxor : le temple est illuminé. Les éclairages magnifient l’allée de sphinx de 3 km qui rejoindra Karnak une fois la restauration terminée, il y a déjà une belle perspective. Devant le pylône se dresse l’élégante aiguille de l’obélisque (jumelle de celui de la Concorde à Paris). Il faut imaginer les oriflamme sur les hampes dont il reste les rainures prévues à cet effet. Les six colosses assis ressemblant à ceux d’Abou Simbel sont bien mis en valeur par l’illumination.

louxor salle hypostyle

A m’entrée de la colonnade : la stèle d’Hapi, divinité hermaphrodite de l’Esprit du Nil déversant son eau avec une métaphore de l’Egypte avec la trachée et les poumons (haute et basse égypte).

Louxor by night

Merveille de l’éclairage dans la salle hypostyle avec ses énormes colonnes. La visite de nuit du Temple de Louxor est recommandée dans les guides, nous y retrouvons les croisiériste ; la cohue et la nuit  ne sont pas favorables à la prise de notes.

Le dernier dîner n’est pas à la hauteur des précédents, il y a aussi des contestations au sujet des consommations, et, disons un malentendu,30 sur l’heure du lever demain matin : 5h !

 

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          

 

 

Mort sur le Nil – Agatha Christie

LIRE POUR L’EGYPTE

Old Cataract

Puisque nous allons faire une croisière sur le Nil, télécharger Mort Sur le Nil était une évidence! Je me voyais déjà, sur le pont dans un transat au soleil…..

Je ne savais pas que le rythme des visites sur la croisière serait soutenu et que je n’aurai pas le loisir d’allumer la liseuse. Que le spectacle des berges du Nil avec les palmiers, les jardins, les troupeaux, les oiseaux serait si captivant. Qu’il sera toujours temps de le lire plus tard ….

Evidemment , j’ai adoré ce bateau luxueux avec ces croisiéristes choisis, cette ambiance si british….si Agatha Christie.

Evidemment, j’ai adoré les rebondissements, la psychologie fine d’Hercule Poirot.

Lecture délicieuse pour poursuivre à terre la croisière, ou pour imaginer le Nil entre Assouan et Khartoum quand le Lac Nasser n’avait pas avalé la Nubie.

Navigation entre Edfou et Louxor : passage de l’écluse d’Esna

CARNET ÉGYPTIEN 2019

Esna vu du bateau

Le petit déjeuner terminé, nous montons sur le pont profiter de la « navigation ». Le bateau s’approche tantôt d’une rive tantôt de l’autre. Palmiers, canne à sucre.  Petites barques à rames de pêcheurs, ou de vendeurs à la sauvette qui s’accrochent au bateau et brandissent des nappes, des serviettes ou des châles. Ils balancent par-dessus bord la marchandise emballée dans du plastique. Le marchandage est amusant : premier prix 5€ pour un châle, des français proposent 400LE pour 2, le marchandage se prolonge. Le vendeur crie en français de sa voix éraillée. Le guide du groupe des Français intervient dans la transaction, il porte 5 nouveaux châles dans ses bras ; comment se les est-il procuré ?

les vendeurs dans leurs petites barques

Quand le bateau s’approche de l’une ou l’autre berge, nous pouvons observer les oiseaux, le vaches et les ânes< ; Des roseaux poussent sur le talus. Pas un centimètre négligé. A l’ombre il fait très frais mais je me méfie du soleil.

les berges du Nil

11h30 Arrivé à Esna dans une cacophonie indescriptible. Les minarets sont nombreux : chacun muezzin rivalise dans le volume et la modulation de la prière ; il y a même des effets de Larsen. Pour les yeux, mél            ange de style et de couleurs : fins minarets ottomans à al pointe effilée, plus anciens plus massifs, coupoles rondes, délirant multicolore comme un palais moghole, classique, sobre, octogonal avec coupole à deux boules. La corniche est borde d’immeubles de 5, 6 ou 7 étages en ciment très laids ou en briques, crépies ou non, il y a aussi des palais d’un autre temps avec balcons soignés, stucs et loggias. Dominant de sa hauteur, les toits, le très haut clocher portant une grande croix de la cathédrale copte.

les bateaux font la queue ) l’écluse d’Esna

Quand nous arrivons à l’écluse, six bateaux attendent leur tout. Nous avons tout le loisir de regarder le long barrage bas et ses arcades.

La prière du vendredi dure depuis presque une heure.

Une flottille de barques vient à l’assaut des croisiéristes qui subissent un bombardement de nappes et de serviettes à 1€ « ne pas acheter ! regardez seulement, ouvrez les plastiques » crie-t-on d’en bas. Serviettes Nefertiti en éponge, nappes aux motifs lotus-papyrus. Il ne reste plus aux infortunés bombardés que de renvoyer à l’envoyeur ou de payer. Au passage de l’écluse, les vendeurs sont nombreux sur le quai. Le renvoi est plus facile. Une grande caisse carrée est prévue à cet effet.

gros et petits bateaux attendent que les portes ne s’ouvrent

Le bateau s’est d’abord engagé dans un couloir étroit qui conduit à une sorte de lac. Au passage final avec deux biefs qui contiennent chacun deux bateaux de croisière l’eau monte doucement, les portes s’ouvrent devant les petites barques des vendeurs qui se faufilent. Lentement, très lentement, le niveau baisse. Nous suivrons la fin au restaurant.

Il y a encore deux heures de navigation entre Esna et Louxor.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         

 

Croisière : Le temple d’Edfou au petit matin

CARNET ÉGYPTIEN  2019

Edfou : Horus

Réveil 4h45 pour partir à 5h30 où je file la première derrière Hassan qui affrète une calèche. Le caléchier n’est ni le plus aimable, sa calèche n’est ni neuve ni belle, elle tombe en ruine et le cheval semble fatigué ! Première calèche à partir du Renaissance, nous nous faisons doubler par les calèches plus rapides aux chevaux plus jeunes et plus fringants qui galopent tandis que le nôtre trotte laborieusement.

Edfou calèche

Ce parcours en calèche dans la ville endormie a beaucoup de charme. Seules les boulangeries sont ouvertes et sentent délicieusement bon. La ville semble misérable. Peut être de jour avec les boutiques ouvertes, elle serait plus avenante.  Descente de la calèche à 400 m du site pour faut traverser le souk à souvenirs. Je reconnais la nappe que j’avais achetée il y a 17 ans.

5h45, Hassan m’abandonne devant la porte qui n’ouvrira que dans un quart d’heure. Entre temps,un contingent d’asiatiques forme la file. C’était bien la peine de se lever si tôt pour les laisser entrer les premiers !

Edfou : pyône

Le temple d’Edfou était protégé de l’inondation par un épais mur de briques crues. Il est donc préservé au complet avec ses pylônes, sa cour, deux salles hypostyles, sanctuaires et chapelles latérales.

Découvert par Mariette en 1860. La date de construction : 227 av. JC , commencé sous Ptolémée III il fut achevé sous Tibère, remanié par les Romains.

Edfou : cobra protecteur

Ce temple est dédié à Horus à forme de faucon. Des faucons en granite gris en gardent les entrées. Au- dessus du porche, le disque solaire est sous la protection d’un cobra ; selon la légende, la paupière du cobra serait transparente, le cobra veillerait la nuit.

Horus

Sur le mur extérieur, le conflit entre Horus et son oncle Seth(figure d’hippopotame) est raconté avec divers épisodes. Horus perd la vue. Isis, sa mère va demander un œil à Amon-Rê. A la fin Horus vainqueur se tient debout sur l’hippopotame enchaîné et Osiris apparaît pour célébrer la victoire de son fils.

D’autres bas-reliefs racontent le mariage symbolique entre Horus et Hathor : avec leurs barques solaires respectives, les dieux viennent se rendre visite, portés par leurs porteurs (les prêtres ?).

Une barque solaire en or aurait été dans le naos, bien sûr volée. Une réplique en bois se trouve à sa place. Malheureusement, comme à Philae, les figures des dieux ont été martelées par les chrétiens. Le plafond de la seconde salle hypostyle est noirci, la suie proviendrait de feux allumés par des chrétiens fuyant les persécutions romaines.

Edfou Laboratoire : fabrication des remèdes et onguents la récolte des plantes

Dans une des 14 salles latérales, se trouve un laboratoire  où l’on élaborait parfums et onguents. Le haute de la salle est couvert de hiéroglyphes : les recettes des potions et médicaments. En dessous de fins bas-reliefs illustrent cette fabrication. Un personnage récolte les plantes dans un filet, un autre brandit des feuilles puis des flacons arrondis, des brûle-parfums…

Le Grand Prêtre du temple montait prêcher par un escalier en colimaçon dont les murs sont ornés d’une procession de dieux : en bas Sekhmet est particulièrement belle avec sa tête de lionne et son corps féminin à moitié dénudé (on voit son nombril).

Nous sommes arrivés à 6h au lever du jour. Si nous avions disposé de plus de temps j’aurais pu voir s’illuminer les chapiteaux puis les grandes figures du pylône. Malheureusement il faut rentrer : à 7h30, notre bateau appareille pour Louxor .      

Hassan m’a octroyé 20 minutes pour faire des photos. Avec la foule ce n’est pas un plaisir, je renonce au bout de dix minutes. Dire qu’une heure plus tard après le départ des croisières le temple sera vide !

Croisière : navigation d’Assouan à Koum Ombo

CARNET ÉGYPTIEN 2019

Les berges du Nil

Navigation

Lentement, le bateau se retourne et quitte Assouan en passant devant une grande mosquée blanche. Sur la rive orientale la route passe sous des rangs de palmiers. Sur la rive occidentale c’est un paysage de verdure comme un parc. A l’arrière des villages s’étagent, très colorés adossés à la colline. Façades bleues, mauves, roses et jaunes. Un minaret effilé dépasse. Puis le désert se rapproche. Un rocher tabulaire coiffe une butte. Au loin, des immeubles, un pont suspendu, deux piles tendant 12 câbles. Au bout du pont côté ouest, une ville moderne avec une rangée d’immeubles tous identiques gris verdâtres et encore des chantiers pas terminés d’une urbanisation galopante. Aucun immeuble ne semble fini, sauf le château d’eau. Ville champignon. Une mince bande verte longe le fleuve avec des palmiers des champs ou des jardins bien verts. Un troupeau de bovin, des ânes.

A l’est une falaise rocheuse présente des entailles, la carrière de Silsileh ? La zone verte est bien rétrécie.

Navigation : le désert est proche

On passe des îles avec roseaux, acacias, bancs de sable…

Après un peu plus de deux heures de navigation nous faisons escale à Koum Ombo. Je filme l’approche : le temple se trouve au bord de l’eau. Les bateaux sont nombreux à l’escale. Il faut traverser le luxueux Nefertiti pour arriver à quai.

Arrivée à Coum Ombo

Hassan marche à grandes enjambées pour me montrer les « scènes principales » avant la foule n’envahisse le temple. La lumière du couchant donne une teinte dorée à la pierre.

Couù Ombo dans la lumière du soir

C’est un petit temple de l’époque romaine qui possède les mêmes chapiteaux composites que Philae. Après avoir subi de nombreuses destructions, il est très incomplet et n’a plus ni colonnades ni pylônes. Dans la cour de Tibère il reste des traces de décors polychromes. Ce temple est double : consacré à Hororis à tête de faucon et à Sobek, le dieu crocodile. Sur un mur, Maat préside avec justice à la répartition égale (et symétrique) de l’espace entre les deux divinités. Les sanctuaires ont disparu, seule la salle hypostyle est complète.
Dans cet édifice fragmentaires Hassan montre l’essentiel :

Coum Ombo : Sobek à forme de crocodile

Le calendrier conçu par Ptolémée III, 3 lionnes figurent les 3 saisons : l’Inondation, la Germination, la Récolte. Pour la Récolte, la perruque est plus épaisse comme formée d’épis. Chaque saison compte 4 mois de 30 jours plus cinq jours pour es fêtes. Pour un compte juste, Ptolémée invente le jour supplémentaires des années bissextiles. Chaque jour est symbolisé par un disque solaire, un bâtonnet par jour, un fer à cheval pour 20. Après 29 « bah ! » : c’est la fin du mois/

Coum Ombo : Calendrier

Ce temple servait aussi d’hôpital : sur un mur, on voit une collection d’instrument de chirurgie avec un bassin pour désinfecter, le rouleau de papyrus pour les ordonnances, le scalpel, la balance pour préparer les remèdes….Un accouchement est représenté sur un bas- relief, à côté la mère allaite son enfant.

On a retrouvé non loin de là un cimetière de crocodiles : la visite se termine au Musée des Crocodiles. De grandes momies sont présentes sur un banc de sable. Le musée est très bien fait avec de nombreux panneaux explicatifs et des stèles ou statues où figurent des crocodiles. Une relation ambiguë liait les Égyptiens aux crocodiles qui craignaient leur férocité mais admiraient leur force, leur fécondité et les soins apportés à leurs petits.

Sur le Renaissance : Dîner oriental, falafels fameux et plusieurs plats à base d’aubergines grillées ou en caviar, pâtisseries orientales délicieuses…

 

 

 

 

Philae

CARNET ÉGYPTIEN 2019

Philae : kiosque de Trajan

Philae raconte plusieurs histoires :

Temple d’Isis, il raconte la légende d’Osiris que son frère jaloux Seth enferma dans un sarcophage qui dériva jusqu’à Biblos, en Syrie où Isis le retrouva. Puis il raconte la quête d’Isis quand Osiris fut découpé en 14 morceaux. Quand elle en eut retrouvé 13, Isis fit appel à Anubis, l’embaumeur et à Nephtis la magicienne. Battant des ailes, Isis engendra Horus. Femme amoureuse, fidèle, mère accomplie, Isis sut séduire les Égyptiens mais son culte se répandit jusqu’à Rome.

Temple Ptolémaïque (322 av.  Jc – 33 av JC) le culte d’Isis fut célébré jusqu’à la fin du 4ème siècle. Les pharaons lagides, à al suite de la conquête d’Alexandre, n’étaient pas de pur sang égyptien. Pour se faire accepter du peuple égyptien, le pharaon recourait à un « engendrement divin » par Amon-Ré dans le Mammisi ou chambre de naissance divine.

Hassan, le guide en profite pour montrer les 2 cartouches des pharaons : l’un porte le « nom de naissance » avec le canard et le disque solaire, l’autre le « nom de couronnement » avec l’abeille et le roseau – symbolisant la Haute et la Basse Egypte.

Ce temple fut détruit en 27 avant JC par un séisme. ,

Philae : colonnade des chapiteaux tous différents

Le temple est construit selon le plan traditionnel, colonnade, puis on entre par un pylône dans une cour ouverte, une salle hypostyle précédant le naos.

Sur un rocher une stèle remercie Ptolémée d’avoir privilégié Isis lors d’un conflit entre les prêtres d’Isis et ceux d’Atoum qui revendiquaient également le site.

Philae pylône

Sur le Pylône, les figures martelées du Pharaon portant les couronnes donne à Hassan l’occasion d’une révision des coiffes, de haute Égypte, Basse Egypte et ptolémaïque qui comporte 3 parties.

Philae raconte aussi l’Empire Romain avec les portes de Dioclétien, d’Hadrien et le kiosque de Trajan. Récit également de la fin du paganisme et de la christianisation. Les Chrétiens ont martelé les idoles s’attaquant presque uniquement aux grandes figures du pylône et laissant intacts les décors gravés et els hiéroglyphes. Ils se sont cachés pendant les persécutions romaines. Tout semble un peu confus. Des croix coptes assez discrètes sont disséminées ici et là dans la salle hypostyle.

Philae : autel copte

Une autre histoire est gravée sur les murs de Philae : l’histoire de Bonaparte qui fit graver tout un mur « en l’an 6 de ma République, 13 Messidor…. » une autre inscription : celle des savants qui ont mesuré la longitude et la latitude. Des impacts de balles bien visibles témoignent des combats que Bonaparte livra aux Mamelouks.

Temple d’Hathor déesse de la musique : Bès musicien

Isis n’était pas la seule déesse vénérée à Philae : Hathor est très présente par els colonnes Hathoriques avec la figure de femme aux oreilles de vache. Dans la cour : 7 colonnes hathoriques font référence aux 7 premiers jours de la vie d’un nouveau-né (les plus difficiles). La tradition des 7 jours perdure chez els Musulmans en Egypte. Déesse de l’enfantement, Hathor est aussi déesse de la musique comme on le voit sur les murs du petit temple d’Hathor où l’on reconnait Bès jouant de la harpe, Sekmeth  et un tambour, un singe guitariste, un flûtiste….

philqae : kiosque de Trajan

Le Pavillon de Trajan est une très élégante construction avec ses colonnes portant des chapiteaux tous différents. L’un d’eux est décoré de grappes de raisin. Deux palmiers l’accompagnent. La vue est très belle sur le Nil. Traces aussi des visiteurs du 19ème siècle qui laissaient des graffiti sans aucun respect pour le monument. Un nom, une date, une provenance : les murs lisses mais laissés sans décoration étaient des supports rêvés. « Brauerhors, 1851, Berlin »… »Godefrey Levinge 1833 »

Philae vue du bateau

Avant de rentrer au bateau, une visite est prévue au Palais des Parfums. C’est une boutique, on ne me montrera pas les secrets de fabrication des essences ni des parfums. Après avoir apporté un verre de kerkadé le vendeur me montre des listes d’essences et détaille les pouvoirs médicinaux des végétaux, et les parfums imitant les meilleures marques. Un sel prix 25$, ce qui change, c’est le contenant. De l’essence de menthe ou d’eucalyptus se vendra dans un grand flacon tandis qu’un parfum sera conditionné en petit volume. Le prix est rédhibitoire. J’explique à Hassan qui’l est inutile de perdre notre temps dans les boutiques je sais très bien refuser les offres « la, choukran ! »