Croisière sur le lac Komani

CARNET DES BALKANS – ALBANIE

Sur le lac Komani

Initialement, nous devions partir à 5h30 pour le ferry de 9 heures. L’agence a finalement réservé sur le bateau de midi.  Cela nous arrange bien : nous pouvons profiter du petit déjeuner somptueux de l’Hôtel Panorama – mention spéciale pour le strudel aux pommes, noix et raisins – et les pommes dauphines. Les fruits rafraîchis, quetsches et pêches, sont maison et non industriels.

Nous faisons confiance à Madame GPS pour passer par un chemin caillouteux. Pour gagner quelques kilomètres Mme GPS nous envoie par des raccourcis hasardeux. Cette fois-ci, la route est longue sans voir le goudron. Étrangement, des belles maisons sont construites, on passe devant une épicerie, les enfants avec leurs cartables vont à l’école. Il existe donc des villages à l’écart des routes carrossables ! Un homme au volant d’une Range Rover s’arrête pour nous dire qu’il faut faire demi-tour :  avec notre Clio, nous ne passerons pas.

Nous nous retrouvons une heure plus tard à notre point de départ à Kruja et décidons de ne plus se fier au GPS mais de suivre à la lettre les indications du Road Book qu’Albania Tradition a  fait pour nous avec cartes et commentaires. Tout serait simple sans les déviations en centre-ville pour cause de marché, de chantiers, de contournement des  agglomérations, sur des chemins de terre. A nouveau, nous perdons du temps et avons peur de nous égarer.

L’itinéraire emprunte une « autoroute » qui traverse la plaine côtière, par Lezhe et Shkoder. Il faut la quitter juste avant  Shkoder en direction de Vau Dejes d’où part la route de Koman. Sur l’autoroute, nous regagnons un peu de temps perdu. Elle se transforme en deux voies ordinaires avant Lezhe. Je suis bien trop occupée à suivre la carte pour faire mes inventaires habituels de cultures, végétations, habitations. En dehors des stations service vraiment très nombreuses, pas d’enseigne de marques connues, certaines abandonnées, des grands restaurants routiers, il ne me reste aucun souvenir particulier de ce paysage de plaine.

Après Vau Dejes la route longe un lac de barrage aux eaux lisses et peu profondes enchâssées dans des montagnes arides et pierreuses – paysage très paisible après la grand route animée.  Pour Koman, une seule route indiquée d’abord 30km. Comme il est 11h, nous prenons notre temps. Au début, la chaussée était en bon état en corniche au dessus du lac. Quand elle s’élève dans la montagne , le revêtement se dégrade, les nids de poules sont énormes. Nous n’arriverons pas à 11h30 pour l’embarquement. Nous n’arriverons peut être même pas à midi – heure du départ. Impossible d’aller plus vite. Il semble que les kilomètres sont beaucoup plus que 30,  35 km annoncés !Dans ces conditions, nous ne pouvons pas profiter du paysage et encore moins faire des photos.

11h50, il reste encore 4km avant Koman.

Koman est un lieu bizarre au milieu de nulle part. Un camp de camping – qui peut y venir camper ? ceux qui ont loupé le bateau ? Un chantier. Pas de bateau ni de port. Un mur de béton barre la vallée. Où est donc le port ? Au chantier, un vigile en uniforme marron nous indique la route qui monte vers la montagne ;

Il ne reste plus que 5 minutes !

On fait demi-tour, cette piste caillouteuse monte en tournant le dos au lac. Sûrement le vigile n’a rien compris. Si ! si ! C’est bien la route vers le ferry (trageto). On remonte sans conviction. La route bifurque, on se trouve à l’entrée d’un tunnel. Il est déjà midi quand on s’y engage. Le tunnel est long. Encore loin de la sortie, on s’immobilise à la queue d’une longue file de voitures à l’arrêt. Devant : deux gros autocars. Je descends aux nouvelles et pour acheter les billets.

koman : embarquement des derniers véhicules sur le hayon

Le bateau est encore à quai. Il reste de la place pour les voitures. On embarque d’abord les cars. Je tente ma chance:

-« j’ai une réservation !j’ai une réservation ! »

Le marin me tend sa liste écrite au stylo à bille:

-« cherchez votre nom ! »Je ne le trouve pas, rien à faire

-« Pas de problème ! » rétorque le marin.

Quand, finalement,  la file se met en mouvement, il reste tout juste une place pour la Clio rouge. Entre temps on nous taxe 2€ « pour le tunnel ». Pas de ticket ni de talon. C’est sans doute une arnaque.  Après toute cette course, nous sommes devant le bateau, nous n’allons pas faire des histoires pour 2€ ! Dominique trouve son prénom à l’envers de la liste. Je n’avais cherché que les noms de famille. On paie 31€. Les marins casent la voiture tout au bout. Ouf ! Le ferry peut appareiller, nous sommes à bord ! Un très gros SUV rempli de Chinois se pointe, on nous fait manœuvrer. L’arrière dépasse. Est-ce bien raisonnable ? Il suffit de ne pas relever le hayon. Et comme il y a encore un peu de place horizontalement, on y case une Mercedes noire étincelante et même une autre Mercedes au pare-brise étoilé remplie de bidons. Les policiers arrivent. Tout leur paraît normal. En revanche au bar au dessus du bureau des tickets, des chants résonnent « avanti poppolo… ». Un énergumène au fez blanc décoré de l’aigle bicéphale se démène avec ses compagnons de beuverie.

13h30, plus d’une heure après le départ prévu, le ferry s’ébranle, fait un majestueux demi-tour et retourne au port. Une camionnette débarque. Un frisson d’émotion parcourt l’assistance : un dangereux psychopathe serait à bord. Qu’attend la police pour l’arrêter ? murmure-t-on chez les vieilles dames à cheveux blancs qui parlent anglais. Le « psychopathe » s’est enfermé dans les toilettes pour femmes après avoir asséné un coup de poing au policier. Tous les marins viennent prêter main forte à la police. Sans résultat. La porte métallique est solide. Une vieille dame très digne arrive à le raisonner et lui faire ouvrir la porte. Sort le jeune qui chantait au bar, fin saoul.

Enfin le ferry peut quitter le port. Il est 14h. Deux heures de retard ; Entre temps le ciel s’est couvert, la criosière se fera sous les nuages. Le foulard turc n’est plus indispensable.  Un marin apporte à Dominique une chaise. Nous sommes très tranquilles pour profiter du paysage.

Le Lac Komani est un lac de barrage sur le Drin qui en compte 3 celui de Vau i Dejes qui retient le lac que nous avons suivi jusqu’à Koman,  celui de Koman dont nous parcourons avec le ferry la retenue, et en amont celui de Fierze dont le lac s’étend jusqu’au Kosovo. Comme les barrages se succèdent nous n’avons rien vu du fleuve qui se divise en deux branches , l’une se déversant dans le lac Shkoder l’autre dans l’Adriatique à Lezhe. La vallée noyée par le Lac Komani est très étroite. Les guides touristiques comparent le lac aux fjords norvégiens. Le lac s’étend sur 34 km est aussi très profond.

Parfois on navigue sur son miroir reflétant des forêts touffues, l’eau fendue par le navire fait un miroir déformant . Parfois les falaises nues forment un étroit défilé. Sur le pont supérieur règne une joyeuse ambiance de croisière ; Il y a même un DJ qui adapte la musique au paysage : passages romantiques dans le défilé, airs dansants folkloriques quand les rives s’éloignent. Tous les passagers dansent des rondes qui ressemblent à la Hora que je dansais en Israël, il y a bien longtemps. Peut être est-ce la même ? Je n’ose pas me joindre à eux, je n’ai jamais eu le sens du rythme. Jeunes et vieux, hommes et femmes font la farandole. Une grosse dame en leggings rose chair (vraiment peu seyants) mais avec une belle chevelure déployée saisit des serviettes en papiers et les agite gracieusement comme des mouchoirs.

miroirs déformants

Kruja – ville de Skanderbeg

 

Kruja : vue du balcon de notre chambre à l’hôtel Panorama

Notre voiture est une belle Clio rouge, le GPS connait l’Albanie.

Nous sortons facilement de Tirana par l’a route de l’aéroport et retrouvons le Sofitel délirant avec sa coupole ronde verte et ses statues monumentales en bronze qui m’évoque, je ne sais pourquoi l’Asie centrale ou la Chine. Un autre hôtel aux moellons marron singe un château fort avec tourelles et créneaux. Bizarreries architecturales !

Sofitel près de l’aéroport

Nous ratons la bretelle en direction de Kruje et arrivons dans un centre commercial. Laideur universelle des entrées des villes avec les concessionnaires automobiles, showrooms prétentieux, hangars des centres commerciaux ou artisanaux. Enfin, nous traversons une petite ville dépaysante. avec ses étals de légumes,  pastèques et melons, aubergines et cerises et les friperies du marché. Nous quittons la plaine pour la montagne, la route s’élève en lacets dans une forêt et des oliveraies.

petit sanctuaire bektashi

A une épingle à cheveux, une petite coupole verte surmonte un cube blanc Sari Saltik  – justement au programme du Roadbook. Trois hommes sont assis devant le petit temple ; Un homme m’accompagne. Il me montre une pierre très lisse creusé d’une fente, trace du bâton sur lequel l’ermite s’appuyait. Aux murs, des portraits d’Ali, d’Hassan. Ils sont bektashis, musulmans libéraux « qui n’ont de soucis ni avec les catholiques ni avec les orthodoxes » selon le vieil homme qui me tend une coupelle que je prends pour une sébille. Je fonce à la voiture chercher de la monnaie. Erreur ! La monnaie doit aller dans une fente dans le sanctuaire ; Dans la coupelle, il y a des bonbons au café. « mais c’est Ramadan ! » je m’exclame. Apparemment, ces vieux ne jeûnent pas et ne s’attendent paas à ce que je le fasse non plus. Les bonbons c’est une récompense pour respecter leur  culture. Le vieux me serre affectueusement (un peu trop à mon goût).

Selon le Road book il y aurait un très beau point de vue près de la grotte de l’ermite. On engage bien imprudemment la voiture sur une piste creusée d’ornières. La Clio est très basse, nous faisons rapidement demi-tour, mais la manœuvre est laborieuse.

Beaucoup de virages plus loin, et beaucoup de camions chargés de pierres des carrières voisines, la ville de Kruje est bâtie à flanc de colline, quelques immeubles dépassant l’étagement des maisons font tache.

ville de Kruja

L’hôtel Panorama est le plus grand établissement de la ville.  Signalé par de grandes banderoles, il est facile à trouver. Ses balcons regardent la citadelle.

Deux parkings sont prévus pour les voitures de tourisme au bas de la colline. La carte « handicapés » permet d’ouvrir les bornes rétractiles barrant la vie piétonnière. Dans de belles maisons ottomanes on a installé des hôtels ou des guest -Houses. Les propriétaires se manifestent « vous avez une réservation ? » dit un monsieur « Venez donc déjeuner chez moi » dit une dame. C’est charmant, de petites terrasses sont aménagées sous des tonnelles de vigne chez la dame, sous des cannisses chez le monsieur. On regrette d’être à l’hôtel.

La tour de l’hOrloge

Je monte à la Tour de l’Horloge, tour carrée coiffée d’un  toit à 4 pans, un carillon avec  les cloches des églises environnantes y était installé. Il semble maintenant abandonné.

Un petit troupeau de moutons à la laine épaisse et propre, déambule dans les herbes odorantes ;

Plus bas se trouve le « château de Skanderbeg » entre guillemets parce que terminé en 1988 à l‘initiative de la fille d’Enver Hoxha. Bâtiment de pierre claire. Le donjon carré porte l’aigle bicéphale, ses fenêtres sont  en arcades romanes. Il est flanqué d’un côté d’une terrasse de l’autre de trois pavés en escalier. C’est un monument assez harmonieux qui ne ressemble pas du tout à une citadelle médiévale. L’intérieur est un mausolée ou plutôt un cénotaphe. Dès l’entrée on découvre un groupe sculpté dans du calcaire blanc : Skanderbeg et ses compagnons. Deux gardiens illyriens sont postés à la porte de la salle suivante. Au fond, une fresque illustre une bataille opposant Pyrrhus aux Romains.  (Bénéventum 275 av JC ou Héraclée 280 av JC ?). Les objets sont bien présentés : monnaie illyrienne, bouclier rond, un casque, des jambières….D’autres salles racontent Kruja au Moyen Âge, puis les conquêtes ottomanes. Une salle est couverte de fresques réalisées en 1882 par trois artistes différents.

Skanderbeg et ses compagnons

Les répliques des armes de Skanderbeg portent la devise INPERATOREBT

Jesus Nazareth  Principe Epire Roi Albania Terreur des Ottomans.

Le casque porte la dépouille d’une bête à cornes. La suite du musée présente des souvenirs de Skanderbeg, le plus souvent des fac-similés de textes diplomatiques, des gravures du héros, des tableaux modernes, des bustes géants. Je me lasse vite.

Musée ethnographique de Kruja : maisonToptani

Le Musée ethnographique, en revanche est une véritable merveille. Il est aménagé dans la très belle maison de la Famille Toptani – construite en 1764, solide maison blanche à étage avec des escaliers extérieurs.

Au rez de chaussée, le berger logeait au dessus du troupeau dans une sorte de mezzanine ou cabane en bois sous la maison. On voit le billot du boucher, l’alambic et une cuve pour refroidir la rakia, un moulin à farine, un pressoir à huile, la fabrication des chapeaux et des fez…

costumes des albanaises

A l’étage vivait la famille des propriétaires. Comme dans les Maisons-musées que nous avons visitées en Bulgarie les pièces sont réparties autour de l’entrée avec le salon des femmes et le salamlik, le salon des hommes. Dans le salon des femmes sont exposés des costumes d’une finesse inouïe. Le salon des hommes est plus vaste, plus décoré avec de belles fresques, des armes, des pipes et de plus belles armoires aux découpes caractéristiques à la silhouette d’un flacon élégant. Des ouvertures en hauteur permettaient aux femmes et aux enfants de surveiller les réceptions sans être vues. Comme en Bulgarie, on mangeait sur des tables basses rondes presque des plateaux posés au ras du sol. Les cheminées ont leur manteau métallique arrondi, peint en blanc et stuqué. La famille riche possédait un petit hammam avec  une coupole ajourée et des bancs de marbre. Une salle contenait le métier à tisser.

salamlik

Nous avons déjeuné au restaurant Merlika sous les canisses en bordure de la falaise avec une merveilleuse vue sur la montagne blanche qui a valu son nom à l’Albanie. Pizza pour Dominique et salade grecque pour moi(pas d’olives) un verre de blanc et du café 1700 lekë(12€) . Nous prolongeons l’après midi sur la terrasse jusqu’à ce que le soleil tourne et qu’il n’y ait plus d’ombre.

Notre chambre à l’Hôtel Panorama est agréable, le balcon est à l’ombre et donne sur la tour de l’Horloge et la citadelle.

Un fin minaret effilé comme un crayon se trouve à une vingtaine de mètres. J’aime cet appel à la prière qui me transporte en Orient  alors que nous sommes à un jet de pierre de l’Italie.

Kruja restaurant Merlika

Le vieux Bazar est u  marché touristique dans une rue ondulante qui épouse une courbe de niveau. Des maisonnettes de bois aux toits de tuile sont accolées ; les toitures se chevauchent presque. La rue est dallée de galets ronds très lisses et très glissants. Une rigole court au milieu de la rue ; Proposés à la vente, des tapis avec beaucoup de rouge, des motifs imitant l’aigle albanais. Les kilims me font bien envie comme les chaussettes multicolores en jacquard jolies mais bien rêches et peu confortables. Tissées sur places, nappes et écharpes. Ce qui me plairait c’est un moulin à café ancien en cuivre.

au bazar de Kruja

Comme nous avons bien mangé au restaurant, nous nous contentons d’un börek aux épinards et un au fromage en regardant la lumière changer, le soleil se coucher et les monuments s’illuminer.

Tirana – Musée historique, Place Skanderbeg et promenade

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le musée historique

Bonne introduction au voyage : le Musée Historique va nous donner des pistes!

Malgré le chantier le Musée est ouvert. (200 leke). La  façade est très réussie.  Commandée par Enver Hoxha,  elle fut inaugurée en 1981, représente «  l’élan du peuple albanais vers son indépendance et son identité ».  Au centre, Mère Albanie est encadrée par un ouvrier communiste et un partisan. Les autres personnages sont un guerrier illyrien, deux combattants de Skanderbeg, l’écrivain Naim Frasheri et des partisans armés. L’œuvre communiste originale fut remaniée en 1992 et 2011.

L’Histoire de l’Albanie commence à la Préhistoire

25.000 -12000 :  grotte de Trenit Korça

7000 – 3700 : Néolithique poteries et statuettes anthropomorphes, certaines statues féminines me font penser aux idoles cycladiques.

1050 – 500 : Âge de Bronze : parures avec fibules, céramiques sophistiquées rappelant les vases grecs, pétroglyphes avec des silhouettes anthropomorphiques très géométriques.

 

Antiquité Grecque et Romaine

3ème siècle av JC l’Etat illyrien alliés aux Macédoniens guerroyaient contre les Romains.

Invasions barbares et époque byzantine

Après les Avars, le Huns, les Slaves déferlent sur les Balkans. Les 3 états illyriens dans l’empire byzantin gardèrent leur originalité ethnique. Durant l’époque byzantine de très nombreuses fortifications et châteaux forts protégeainet le territoire contre les envahisseurs

11ème/12ème siècle : des révoltes éclatèrent dans Byzance. Le royaume bulgare étendait sn pouvoir. 1016, défaite des Bulgare par les Byzantins.

12ème/13ème arrivée des Normands puis des Hohenstaufen jusqu’à la mort de Manfred en 1266 Les Anjou soumettent l’Illyrie jusqu’en 1272

13ème/14ème : les familles albanaises administrent la région . Une reconstitution de la citadelle de Berat illustre cette époque.

1354-1402 conquête ottomane.

 

14.5-1468 Skanderbeg et sa famille Kastrioti ont régné sur l’Albanie. Toute une salle du Musée est dédiée à Skanderbeg avec une grande statue, une fresque et des armes d’époque, parfois des fourches de bois.

Les salles suivantes illustrent une époque nettement postérieure :

Renaissance Nationale : de la fin du 19ème siècle à l’Indépendance en 1912. Une série de photographies sépia ou Noir et blanc montrent des moustachus portant le fez et parfois la fustanelle. Un luxe de détail en albanais sans traduction rend la visite monotone pour les non-albanais qui ne connaissent rien de ces combattants.

Une salle est consacrée au Roi Zog, puis un « couloir anti-fasciste » mériteerait sans doute plus de traduction. En revanche la belle salle rouge des icônes retient plus mon attention, mes préférées sont une Dormition de la Vierge et un Saint Dimitri entouré de saynettes vivantes.

La mosquée et l’Horloge

place Skanderbeg

La petite mosquée Et’hem bey est à côté de la Tour de l’Horloge, tour carrée surmontée d’un toit à quatre pentes. Vide, un escalier métallique permet d’accéder à la terrasse d’où il y a une belle vue.

La mosquée est peinte de motifs floraux ou de paysages de campagne ou de villes. Il faut se déchausser pour entrer dans al salle de prière. Je déplie mon voile turc de Beysehir. Grand sourire de l’assistance, un peu clairsemée malgré le Ramadan. La coupole est peinte de guirlandes de fleurs. La salle est exigüe. Elle est charmante avec son balcon pour les femmes.

LA

Promenade Boulevard Deshmoret e Kombit

Ce matin Armand avait désigné le long boulevard Deshmoret e Kombit (avenue des Martyrs) comme Les Champs Elysées de Tirana. C’est une promenade agréable et facile pour terminer l’après midi, partant de la place Skanderbeg entre les ministères. Bordé d’espaces verts, les pins parasols magnifiques lui donnent un air d’Italie (à la suite des ministères italiens), il est agrémenté de monuments divers : Une bizarre sculpture métallique en ferraille d’un japonais, en face un monument des lettres formant le nom de  Tirana peintes de blanc, rouge noir un peu à la manière d’un Dubuffet.  La Pyramide « mausolée d’Enver Hoha » fut inaugurée en 1988 pour son anniversaire posthume de 80 ans. Avec ses triangles rayonnant  elle est en piètre état portant des antennes pour téléphones mobiles et des peintures comme des tags.

La pyramide

J’ai bien aimé les vendeurs de livres qui exposent les ouvrages les plus variés, manuels scolaires de mathématiques, albums pour enfants, le Théâtre de Sophocle et Le Petit Prince, pour ce que j’ai reconnu.

La rivière Lana coule dans un canal cimenté, elle est vraiment très petite.

Le boulevard se termine dans un cul de sac formant la Place de Mère Théresa. Au fond un grand bâtiment à étages a une silhouette sévère. Le Musée Archéologique est précédé d’une colonnade à piliers carrés, mussolinienne ou stalinienne ? Le troisième côté de la place est un institut artistique d’où s’échappe de la musique classique.

 

Après une bonne douche , nous terminons l’après midi sur la terrasse encadrée de verdure de l’hôtel  puis allons dîner un peu plus loin dans la rue, dans un restaurant qui a affiché sur sa façade, ses plats sous forme d’images. Le patrontrès aimable, parle anglais. Nous commandons quatre köfte (25 leke chacune) une salade de concombre tomates, olives et oignon. Les légumes sont d’une fraîcheur et d’un  goût incomparable. Ils semblent frais cueillis du jardin. Le pain est en petites miches rondes sans croûte dans laquelle on a incisé une croix. Nous avons aussi commandé ce que nous croyions être de la sauce au yaourt mais qui se révèle être du ragoût avec de petits morceaux de viande dans une sauce blanche.

Arrivée à Tirana – Installation

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Arrivée sur Tirana

Vol Transavia, départ d’Orly 7h10.

En vol

Les nuages cachent la Champagne. Des montagnes enneigées émergent, nuages comme des grumeaux dans un paysage fantastique. Suisse ou Italie ? Je reconnais le Delta du Pô, la lagune de Venise. A peine quelques minutes pour traverser l’Adriatique, les îles croates s’égrènent, les montagnes calcaires ont des formes bizarres. Mur vertical entaillé. L’avion perd de l’altitude au dessus des bouches de Kotor, fjord bleu profond, toits rouges. On arrive à Tirana par la mer après avoir survolé une lagune ou un marais. A l’aéroport, les formalités de police sont interminables. Devant les tapis des bagages, une dame nous fait cadeau d’une pièce pour prendre un caddie.   Mauvaise surprise : une roulette de ma valise est cassée.

Armand d’Albania Tradition venu nous accueillir parle vraiment très bien français. Je lui soumets une batterie de questions, pratiques comme les horaires des repas mais aussi une littéraire : je suis en train de lire La Provocation de Kadaré. Quel est donc cet ennemi  à la frontière, en  1960 qui menace l’Albanie ? Réponse d’Armand, c’est la paranoïa du Dictateur qui voyait des ennemis partout. Un autre témoignage de cette paranoïa est la construction de bunkers comme des champignons.

Skanderbeg dans les palissades et échafaudages
place Skanderbeg

La place centrale de Tirana, la Place Skanderbeg est en chantier. On a banni les voitures pour la daller. Elle est comprise entre le Musée d’Histoire surmonté d’une mosaïque colorée, l’Opéra, la petite Mosquée d’Et’hem Bey. A son extrémité en demi-lune, des ministères furent construit par des architectes italiens à l’initiative du roi Zog, jaune et rouge sang (couleur maison des cantonniers en Italie) persiennes vertes à l’italienne, colonnes plaquées et têtes casquées.

Petite mosquée peinte 

Près de la mosquée, il y a une église, un peu plus loin, la cathédrale orthodoxe. Le Ramadan vient de commencer. J’avais peur que cela nous gène pour manger. Aucun risque, nous rassure Armand. Si la population est officiellement musulmane, les Albanais ne pratiquent pas.  Dans la première journée je verrai tout juste une demi-douzaine de femmes voilées. Les autres sont en tenue légère puisqu’il fait 31°C.

Hôtel Comfort  – Rruga Fortuzi a une terrasse couverte encadrée par deux murs végétalisé : du lierre, de a vigne vierge du chèvrefeuille et bignone y grimpent tandis  laurier-palme, olivier et même un épicéa ont été taillés pour avoir un port vertical. Des pots de céramique vernissée (mais vides) sont accrochés pour apporter leur touche de couleur.  Le mobilier est moderne avec des fauteuils en faux rotin gris. Les nombreux consommateurs de tout âge, hommes, femmes, enfants mélangés, sirotent des cafés ou boivent des bières.

Notre chambre est confortable. Elle a une grande salle de bains mais aucune vue.

Première course : la banque ou plutôt le guichet automatique. Celui de la Société Générale d’Albanie traduit les instructions en Français, mais il faut faire une curieuse manipulation pour demander des billets de 500leke, comme je ne comprends pas et qu’il m’en faudrait beaucoup pour obtenir les 30.000 leke que j’ai commandé, je renonce.

La pyramide

A Tirana, on ne risque pas de mourir de faim. Je trouve des Beureks aux épinards feuilletés triangulaires excellents et des  roulés au fromage, un peu mous moins bons que les épinards. Les terrasses des cafés et des restaurants  sont très animées. Conjugué avec le prix modique des consommations, Il ne faut pas s’en priver(un café 0.70 leke, O.5€). L’embarras est de choisir : des parasols bleus foncés, pour être bien à l’ombre, la WIFI, un endroit stratégique face au Musée Historique.

Titanic et autres contes juifs de Bosnie – Ivo Andric

BIBLIOTHÈQUE BALKANIQUE

Ce joli petit livre de moins de 200 pages dans la collection motifs a une couverture en tapisserie très plaisante. C’est un recueil d’une dizaine de courts textes qui ne sont pas vraiment des contes mais plutôt des chroniques de la communauté juive bosniaque. Chroniques variées, qui commencent avec nostalgie dans le cimetière juif de Sarajevo, petit monde des Séfarades, épitaphes en Espagnol ou simples dates de l’année 1941 pour des tombes anonymes. Le vainqueur est le texte qui s’approche le plus du conte, il met en scène David vainqueur de Goliath, vainqueur amer : « il avait rêvé de gloire; de victoires et de triomphes ; mais ce qu’il vivait là était une douleur et un feu dont on ne pouvait sortir »… tristesse prémonitoire des souffrances à venir….

Mordo Atias est le portrait d’un herboriste juif d’une ancienne famille séfarade de Travnik, la ville d‘Ivo Andric. Ce dernier excelle dans les portraits, j’avais apprécié ceux de Mara la courtisane, le premier livre que j’ai lu de cet auteur.

Le départ du consul de Napoléon relate un épisode où les Juifs de Travnik furent considérés à l’égal des autres habitants et non pas comme simplement tolérés, ils témoignent leur  reconnaissance au consul français qui quitte la ville.

Un amour à Vichegrad et Lotika mettent en scène séfarades mais aussi ashkénazes, si la Bosnie est une mosaïques de confession, à l’intérieur de la communauté juive des histoires très différentes coexistent, Lotika, femme d’affaire, veut faire fructifier son patrimoine pour aider sa famille.

Les dernières nouvelles racontent le 20ème siècle, la difficulté de la coexistence des communautés, la haine entre elles, l’antisémitisme. Titanic évoque un naufrage, celui d’un simple tenancier de bistro louche, juif pauvre,  éloigné de la communauté qui sera le jouet d’un oustachi minable. Histoire tragique racontée avec sensibilité.

 

Ruta Tannenbaum : Miljenko Jergovic

BIBLIOTHÈQUE BALKANIQUE

Miljenko Jergovic est un auteur Croate, né en 1965 à Sarajevo, vit à Zagreb depuis 1993. l’action de Ruta Tannenbaum se déroule à Zagreb de 1920 à 1943.

 

Ruta Tannenbaum est librement inspiré du destin de Léa Deutsch, une jeune actrice disparue. Ruta Tannenbaum est  la « Shirley Temple de Zagreb« , née de parents juifs non pratiquants. Elle sera déportée en 1943.

 

Je n’ai aucun goût pour les enfants prodiges, encore moins quand ce sont des petites filles gâtées et arrogantes. Ses parents sont plutôt antipathiques, fades et peu intéressants. Sans empathie pour les personnages principaux, connaissant la triste fin de l’histoire….j’ai donc eu la tentation d’abandonner ce livre dès les premiers chapitres.

J’aurais eu tort.

Le père de Ruta, Salomon Tannenbaum, dit Moni,a un caractère médiocre, sauf quand il traîne sous la  fausse identité d’Emmanuel Keglevic, pilier de bistrot et mauvais sujet où il devient fort  déplaisant. Ivka Singer la mère, fut une beauté dont il ne reste rien, sa seule activité semble de marcher en talons pour déranger ses voisins goys. Elle confie, sans qu’on comprenne bien pourquoi, sa fille à sa voisine à moitié folle qui a perdu un enfant…

Autour de ces personnage principaux gravitent de nombreux personnages secondaires décrits avec beaucoup de pittoresque et de vivacité. j’ai beaucoup aimé le band père Abraham Singer, commerçant à la retraite, conscient du danger qui guette les Juifs et qui a vendu sa boutique pour faire émigrer ses enfants en Amérique. Un rabbin roumain très pieux… un ingénieur, un metteur en scène arriviste, une dramaturge pro-nazi qui rêve de voir sa pièce jouée devant le Führer… sont portraiturés de manière plus vive.

Le contexte historique et politique fait tout l’intérêt du livre. Les Zagrébois assistent d’abord  à l’Anschluss avec une sympathie non cachée pour les nazis. .  Zagreb est une ville encore très autrichienne. Artistes et comédiens n’ont d’yeux que pour Vienne. On assiste aussi à la montée de l’antisémitisme, aux avertissements des Sionistes et de certains juifs conscients du danger. De sympathie pro-germanique, les Oustachis, prenant le pouvoir, se comportent en terribles suppôts des nazis.

En 1943, ce sera la solution finale.

Cette collaboration entre Oustachis croates et Allemands est un épisode de l’histoire dont j’avais vaguement entendu parler. Ce roman en donne une version très intéressante.

 

Mara la courtisane et autres nouvelles – IVO ANDRIC

LIRE POUR LES BALKANS

Ivo Andric (1892-1975) est né à Travnik, en Bosnie dans une famille croate mais il s’est défini comme serbe et comme yougoslave. Prix Nobel 1961. Merci à l’ami FaceBook, qui m’a recommandé cet auteur!

Mara la Courtisane est un recueil de 10 nouvelles, de longueur variable. La nouvelle qui a donné le titre au livre est la plus longue. Si elles se déroulent toutes sur les mêmes lieux, aux environs de Sarajevo, elles se succèdent dans le temps, du 18 ème siècle au début du 20 ème siècle . L’Histoire s’égrène,  de l’empire ottoman qui se délite, à l’entrée de l’Autriche en Bosnie, l’arrivée de la modernité, le chemin de fer, la Première Guerre mondiale….

C’est une galerie de portraits , chaque nouvelle présente un personnage singulier, Bonneval Pacha, l’aventurier  français, qui a servi le roi de France avant de se rallier à son ennemi à Vienne et finalement se convertir à l’Islam pour profiter de la protection de Constantinople….agité et violent, désinvolte.

L’esclave, razziée en Herzegovine dans un village détruit, est farouche. Je ne suis pas arrivée à préciser la date de l’exaction. Jusqu’à quelle époque cette pratique abominable a-t-elle été pratiquée dans les Balkans? Dans l’empire ottoman, c’est seulement en 1871 que l’esclavagiste  tomba sous le coup d’un emprisonnement (un an seulement)Wikipedia. lire aussi ICI

Au temps du cantonnement présente une série de dignitaires et militaires ottomans, cadi, mullahs, pachas et imams dans toute leur diversité. Au sein des armées turques les origines étaient diverses, les cantonnements éloignés aussi bien en Arménie, en Anatolie, à Brousse ou Constantinople…Sarajevo ou pire Travnik n’étaient pas des postes très prisés. Le Mullah Jusuf  qui accompagne le pacha est un triste personnage, poète, muezzin, mais aussi violeur.

Après la lecture de ces deux nouvelles où le sort des femmes est particulièrement cruel, je comprends mieux Lalé la Blanche – recueil de nouvelles – d’Ömer Seyfettin, auteur turc du début du 20ème siècle. J’avais trouvé ces nouvelles d’une cruauté presque insupportables détaillant un viol et d’autres abus.

A l’auberge du monastère : le personnage principal est un moine, Marko, plutôt simplet, dont la foi s’exprimait le mieux quand il jardinait :

« allez pousse! avec l’aide du ciel » exhortait-il le plan de betterave dont il arrachait les feuilles.

On retrouve Marko dans une autre nouvelle : autour de l’alambic. Même si la Bosnie est sous la loi ottomane, la rakia y joue un rôle principal. Turcs comme chrétiens en font une consommation déraisonnable et nombreuses violences et crimes lui sont imputables.

Plusieurs nouvelles se déroulent pendant l’année troublée 1878 pendant l’insurrection des Serbes de Bosnie Herzegovine  Très ignorante de l’histoire de cette région, j’ai été un peu perdue entre les protagonistes : Le Lieutenant Murat, lieutenant de l’armée turque se trouve entraîné dans des événements qui le dépassent..

A ces courtes nouvelles succède Mara la courtisane , environ 50 pages d’une histoire tragique. Courtisane? l’adolescente, fille du boulanger enlevée par un noble turc qui quittera le pays à la faveur des troubles. Recueillie dans une famille de notables chrétiens, elle partage la vie des femmes qui est bien difficile.

L’histoire du kmet Siman est celle du métayer qui se rebelle contre l’aga propriétaire de la ferme. A la suite de l’annexion par l’Autriche de la Bosnie, il croit pouvoir ^detre le maître de son sort, et le seul bénéficiaire des récoltes. Mais ‘Autriche n’a pas aboli la propriété ni les lois turques régissant le métayage…Siman sombre dans l’alcoolisme après avoir perdu ses procès, mais toujours persuadé de son bon droit

« il y a une justice, crois-moi, Salih bey ! Je veux bien être un imbecile, un bon à rien. Je veux bien! mais il en viendra un , un meilleur que moi, qui règlera plus intelligemment les comptes, d’une façon qui ne plaira ni aux agas, ni aux autorités du cadastre…[…] les gens se riront des agas comme ils se aujourd’hui de moi. Seulement ce sera un rire un peu plus grand et plus fort: toute la Bosnie en tremblera. Il ne restera de moi qu’une poignée d’os sous la terre mais je n’ai pas besoin de meilleur requiem »

Les personnages de la dernière nouvelle sont les Montagnes de Rzav. Les montagnes sauvages voient arriver les Autrichiens, les scieries, les Italiens qui construisent la voie ferrée. On fore des tunnels puis c’est la guerre et l’affrontement entre Serbes et autrichiens….

Moi qui n’aime pas spécialement les nouvelles, j’ai lu ce livre comme le roman de la Bosnie. Et je vais continuer sur ma lancée. j’ai encore deux livres du même auteurs dans ma PAL tout en haut de la pile!

 

Un climat de folie – la Morgue – Jour de beuverie – ISMAIL KADARE

LIRE POUR L’ALBANIE

Trois micro-romans, annonce l’éditeur. quelle différence entre un micro-roman et une nouvelle?

Ce recueil est du point de vue chronologique hétéroclite, Un climat de folie, le premier  a été rédigé en 2004 tandis que Jours de beuverie est une oeuvre de jeunesse publié en 1962.

J’ai lu, il y a maintenant bien longtemps Avril Brisé que j’ai tellement aimé que je l’ai offert, Le Palais des rêves, Le Pont aux trois arches, Le Général de l’armée morte sont toujours en bonne place sur mes étagères. A la veille d’un voyage en Albanie, j’ai voulu découvrir d’autres oeuvres de Kadaré. 

Un climat de folie ne m’a peut être pas éblouie comme les précédents mais j’ai beaucoup aimé les deux premiers micro-romans, peut être moins Jours de beuverie. 

Un climat de folie est un livre très personnel puisque l’auteur – enfant au regard naïf – raconte un épisode de la vie de sa famille.  C’est un roman burlesque. Chaque personnage est affligé de sa folie douce spécifique dans une Albanie communiste où règne une folie politique : le Parti Communiste est à la fois au pouvoir et interdit donc clandestin. Le roman se déroule au moment précis où le parti émerge au grand jour. J’ai retrouvé le même comique burlesque dans les romans roumains, et peut être n’est-ce pas un hasard. Dans l’interview télévisé d‘Un livre Un jour, (voir ci-dessous) Kardaré dit :

« dans l’empire communiste le tragique et le grotesque vont ensemble »

 La Morgue est aussi un roman exploitant cette veine. Un sous-lieutenant au physique rébarbatif, épouse la fille noble de la beyleresse, ci-devant reléguée  dans une province reculée. Ce mariage va entraver la carrière du marié, comme une tache sur son dossier. Renvoyé de l’armée, employé  comme simple comptable dans un entrepôt de bois de chauffage, le héros va tenter de regagner les faveurs de la hiérarchie au prix de compromissions, faveurs en nature, flatteries… une critique encore grotesque de cette société albanaise sous le communisme. 

J’ai moins accroché  au Jour de beuverie, les beuveries des deux étudiants à la recherche d’un  manuscrit bien innocente mais qui éveille les soupçons.

Pour l’interview de Kadaré voici le lien:

Départ imminent : envol pour Tirana

CARNET BALKANIQUE

Après la Grèce, la Croatie, la Roumanie, la Bulgarie et la Turquie, il m’est venu l’envie de compléter l’exploration des Balkans vers l’Albanie.

L’agence locale albanaise qui nous a construit le circuit, nous a proposé des incursions dans les pays voisins, Monténégro, Kosovo et Macédoine… Si bien que le carnet qui s’ouvre ne sera pas Albanais, ni Yougoslave (cela n’existe plus) et se retrouve balkanique pour englober tous les pays que nous nous proposons de visiter.

Qu’allons nous découvrir? Je ne sais pas encore. En un mois nous aurons le temps de voyager à petite vitesse.

Comment préparer? pas facile de trouver les bons guides, bons ou mauvais, il n’y en a guère en dehors du Petit Futé qui a le mérite d’exister. L’agence nous promet un road-book de 80 pages. Je leur fais confiance.

Préparer avec de la littérature?

Kadaré bien sûr, 1est un écrivain prolifique, je pourrais lire ses oeuvres pendant tout le mois. Mais il me faudrait une valise-bibliothèque, les éditeurs ne sont pas pressés de numériser les livres qui existent en collection de poche.

J’ai élargi le périmètre à toute l’ancienne Yougoslavie et trouvé un autre écrivain majeur Ivo Andric (prix Nobel 1961) et c’est une belle découverte.

Je vais relire le livre de Maspéro : Balkans Transit, relecture donc mais tout à fait appropriée.

Milienko Jergovic est Croate, Ruta Tannenbaum se déroule à Zagreb, c’est un peu éloigné….

Et j’en ai d’autres dans la valise, mais pas trop!

Donc, pour un bon mois, le blog sera en pilotage automatique, de nombreux billets sont dans les tuyaux. Rythme un peu ralenti.  Je lirai sans doute vos commentaires sur le smartphone quand il y aura de la Wifi, mais il n’y en aura pas partout, et hors de l’Union Européenne, le roaming est un gouffre financier, je ne promets pas d’y répondre.

En juillet, il y aura du boulot!