Elevsina : Les mystères d’Eleusis . Exposition temporaire

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es mystère d’Eleusis

L’exposition Elevsina ! Mystères d’Eleusis se termine demain.

Installée au fond d’un couloir sombre, une vidéo diffuse une musique planante.

Les cérémonies d’initiation

Les cérémonies de l’initiation étaient ouvertes à tous, sauf les Barbares et les meurtriers. Le culte d’Eleusis promettait une bénédiction pendant la vie et le bonheur dans la vie future après la mort.

L’initiation était célébrée chaque année au début de l’automne. Des offrandes étaient consacrées dans l’Eleusinon sous le rocher de l’Aéropage. Une cérémonie de purification avait lieu puis un sacrifice et une journée de méditation. Le 5ème jour, la Procession se déroulait sur la Voie Sacrée (20 km) jusqu’aux Propylées du sanctuaire d’Eleusis. La boisson consacrée était le kykeon faite d’eau, de farine d’avoine et de fromage de chèvre râpé.

L’initiation avait lieu au Télestérion. Le rituel comprenait les Legomena (les choses dites) et les dromena (choses faites). L’Hiérophante montre les objets sacrés.

Après l’initiation, on faisait des invocations pour avoir de bonnes récoltes.

Le début du culte remonte aux temps mycéniens, plus tard il s’étendit jusque dans les Carpathes.

la colombe d’Aphrodite

On entre dans le petit sanctuaire d’Aphrodite situé à l’écart de la Voie Sacrée (près du monastère de Dafni). La salle set décorée d’une frise de colombes, l’oiseau d’Aphrodite. Des plaques de marbre figurent des sexes féminins. Deux colombes de marbres sont dans des vitrines. Sur un bas-relief, Aphrodite est entre Koré et Déméter, les déesses d’Eleusis. Aphrodite est aussi figurée avec Eros, en beau jeune homme.

procession

La  grande salle présente le Telestérion où avaient lieu les mystères.la frise présente les attributs de Déméter : la gerbe d’épis de blé, les fleurs en rosace, les têtes de bovins couronnés et des récipients cylindriques. Une plaque votive en terre cuite peinte montre le déroulement de la cérémonie dans le fronton triangulaire qui la surmonte :  l’arrivée des fidèles portant des torches. Sur une stèle les deux déesses   accueillent un héros. On voit aussi un petit cochon offert en sacrifice à Déméter. Elle était la déesse des récoltes et aussi la protectrice des chevaux.

cochon sacrifié à Demeter

Un vidéogramme présente le site d’Eleusis, la grotte près des propylées où est apparue Perséphone. On voit se dérouler les cérémonies. Les personnages se succèdent en surimpression.

 

matinée sur l’Acropole

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caryatides de lErechtéion

Un peu avant 9h, nous arrêtons un taxi sur Athinas.

 Nouveauté : le compteur du taxi imprime un ticket et le taximan rend la monnaie.

Les handicapés peuvent accéder à l’Acropole  grâce à un monte-charge le long de la paroi nord. Un cheminement cimenté y conduit et tourne ensuite autour du rocher jusqu’au théâtre de Dionysos. Nous découvrons la source de la Clepsydre qui aurait alimenté la clepsydre située dans la tour des Vents dans l’Agora romaine. On arrive derrière l’ancien temple d’Athéna, Pandroséion, et l’Erechtéion.

Le Pandrosion contenait les lieux sacrés d’Athènes : l’olivier d’Athéna et la source salée jaillie du trident de Poséidon, lieu de la compétition des dieux pour parrainer Athènes. Il fut détruit par les Perses en 480.

 

 

L’Erechtéion et  ses caryatides me fascine toujours autant.  Il fut construit après les guerres du Péloponèse (431-404 av JC)  Je ne me lasse pas de photographier les caryatides (ce sont des copies, les originales sont au Musée de l’Acropole) .

Il fait encore frais, la fréquentation est raisonnable. En revanche, plus question de s’asseoir pour se reposer sur un bloc. Des cordes interdisent de s’approcher de tout vestige, elles sont assorties d’avertissements « interdit de toucher le marbre !».  Les gardiennes qui font respecter les consignes à coups de sifflet n’ont aucune pitié pour Dominique et sa béquille. Elle finira par trouver un banc à l’ombre derrière le Parthénon.

Un échafaudage occulte le fronton ouest. Je m’intéresse aux restaurations successives du Parthénon : la grue Pothain qui occupait le temple depuis 1985 a été remplacée récemment par une autre plus discrète. Les blocs manquant dans la reconstruction sont remplacés par du marbre blanc qui se patinera peut-être un jour. L’usage dans l’anastylose est qu’on puisse différencier les éléments originaux. Des caissons de plafond attendent d’être remontés. On peut observer les restaurations de l’intérieur entre les colonnes du côté Est bien dégagé.

parthénon : angle du fronton

Deux têtes de cheval sont coincées à chaque extrémité du fronton – je les avais oubliés ! Je me souvenais en revanche des trous rectangulaires où étaient suspendus les boucliers offerts par Alexandre après sa victoire sur le Granikos (334 av JC) en revanche je n’avais pas remarqué les petits trous sur l’architrave regroupés en paquets correspondant aux lettres de bronze de l’inscription de Néron (61 après JC).

Puisque nous sommes arrivées par derrière je descends vers les Propylées pour effectuer le parcours « officiel ». Un couloir pour la montée a été aménagé avec un autre à la descente pour canaliser l’afflux es touristes. Leur procession est impressionnante. Il faut déshabiller les silhouettes colorées de shorts, chapeaux à visière, T-shirts criards et imaginer des draperies antiques, transformer les perches à selfies en torches, rubans ou banderoles. On peut ainsi, avec un certain effort d’imagination, voir les Panathénées où Athéniens et pèlerins allaient rendre leurs dévotions à la Déesse. Les Propylées faisaient partie du programme monumental de construction de Périclès (437-432), interrompu par les guerres du Péloponnèse. Selon Pausanias (au 2ème siècle), une pinacothèque contenait une belle collection de tableaux. En plus de la statue Chryséléphantine d’Athéna Parthenos, attribuée à Phidias il existait une statue géante en bronze également œuvre de Phidias, Athéna Promachos , visible depuis le Cap Sounion.

Sur une aire, maintenant nue, s’élevait le sanctuaire d’Artemis Brauronnia, à droite de la voie processionnelle. Le culte d’Artémis fut établi au 6ème siècle avec Pisistrate.

Une rumeur monte de la ville, me rappelant le 1er mai 2010, 1er mai de colère, de manifestations violentes. Les chants révolutionnaires entraient en compétition avec la Messe diffusée par haut-parleurs de la cathédrale et la musique de Théodorakis des socialistes. Du bastion en haut d’un petit promontoire qui domine la ville, je ne découvre aucun rassemblement. Quand nous descendons, je vais à la recherche d’un taxi. Nous irons volontiers déjeuner au bord de l’agora romaine près de la jolie mosquée et de la Tour des vents sur les belles terrasses des Aérides….Aucun taxi n’est disposé à nous conduire en ville. Le centre d’Athènes est bloqué par les manifestations contre les mesures d’austérité et les réformes du régime des retraites. J’avais remarqué les affiches appelant à la grève aujourd’hui sans entrer dans les détails. Les chauffeurs de taxi profitent de l’aubaine (pas de métro ni d’autobus) saur les bus à impériale colorés des touristes. Ils proposent de nous conduire au Pirée, « good sea-food at Microlimani » ou à Rafina, ou n’importe où à la plage….mais pas à Athènes !

Rue Rovertou Galli, 300m plus bas, nous nous installons sur la minuscule terrasse en angle (3 tables avec un pot de basilic) et une jolie enseigne TO KAFENADAKI pour déjeuner et attendre le retour de la circulation. Délicieux jus d’oranges pressées (4€) une assiette de gyros très bien servie, les fines lamelles de porc sont accompagnées de grosses tomates, de pain pita tzatzíki et oignons crus, parsemées de thym et de fines herbes (8€ quand même !) Rien à voir avec le gyros qu’on mange debout, entortillé dans du papier.

Le Musée de l’Acropole est à 750 m plus bas.

 

Premières promenades athéniennes

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La terrasse de l’Hôtel Economy donne sur l’Acropole

Forfait fixe pour les taxis(38€)  de l’aéroport à Athènes,  bien pratique, nous n’avons pas à nous soucier du parcours. Le taxi tourne dans les rues aux noms antiques Evripidou, Sofokleous, Socratous avant d’arriver à Clisthenous, où se trouve l’Hôtel Economy. Le réceptionniste est toujours le même, il avoue ne pas nous reconnaître.

La vue de notre balcon sur la place et le Lycabette

La chambre 604 a un petit balcon sur la grande Place où se trouve la Mairie, bâtiment néo-classique jaune pâle. Rectangle dallé qui se termine par un site archéologique : le Cimetière acharnien qu’on ne visite pas mais qui est visible de la dalle. En face de la Mairie, la Banque de Grèce est aussi une construction jaune à corniches néo-classiques.

manifestation devant la banque nationale

Des cris au mégaphone, des sifflets m’interpellent. Je traverse la place pour aller voir de près.  Les manifestantes ne sont pas bien nombreuses. Des femmes, 40 à 50 ans, bien coiffées, vêtues de noir se tiennent derrière une banderole brandissant des ballons de mousse noire au rythme des sifflets.  « Pas d’argent pour la banque Nationale ! » crient-elles. Les Grecs, inventeurs de la démocratie, et semblent adorer se rassembler dans la rue pour clamer à haute voix leurs doléances. Pas un voyage à Athènes ou à Thessalonique sans qu’on n’assiste à un défilé. Devant l’Université, des séides d’Aube Dorée ont apporté des drapeaux grecs et des pancartes dénonçant « l’islamisation ».

dans les rues autour de l’agora

Avant le déjeuner, je fais un tour au marché : l’Agora – tout un programme – Je me saoule de parfums méditerranéens   de l’huile d’olive, sur les étals, des olives sont de toute couleurs, calibres, et provenances des senteurs des aromates séchés sur les étals. Les effluves aigrelettes de la fêta et des fromages qui baignent dans le petit lait. Des fruits mûrs, parfois trop murs exhalent des odeurs sûres.

pour faire les dolmades

Les épiceries ont suspendu des saucissons, des guirlandes d’ail, de piments rouge et même d’aubergines séchées et coupées violettes, de courgettes en tronçons verts dont il ne reste que la peau. Des bouquets de camomille, de lavande et d’herbes de la montagne embaument. Dans des casiers on a déposé des tranches d’oranges  et de citrons séchés, des boutons de rose. Les brocanteurs ont accumulé des marchandises diverses : marmites, ustensiles pour le café, chaussures sous des instruments de musique suspendus, luths bouzoukis et guitares. Plus loin, ce sont éponges et loofahs qui garnissent les tours de portes (une recherche sur le net m’apprends que ces fibres qui servent de gant de crin sont les fruits d’une cucurbitacée comestible la Loofah d’Egypte. Verte elle ressemble à un concombre renflé.

brocante

Souvlakis et kebab au déjeuner (paketo que j’emporte pour la terrasse) avec des fraises et des cerises du marché.

Le mardi n’est pas très favorable pour les visites, de nombreux musées sont fermés. J’improvise  une  promenade par les petites rues derrière la Banque de Grèce jusqu’à Stadiou, Panepisthémiou juqu’à Syntagma dans l’Athènes Néo-classique du 19ème avec colonnes fresques et frontons sculptés de l’Université de de belles maisons. Entre Vassilis Amalias et Vassilis Sofias, le Jardin National offre une promenade ombragée. Je passe le long d’une rangée de palmiers à très hauts fûts. Les arbres remarquables sont étiquetés comme dans un arboretum ; ils ont été acclimatés des cinq continents. Une aimable compagnie se promène, jeunes ou vieux, touristes ou SDF. Une troupe théâtrale en habits 19ème déclame en marchant. J’imagine que faisaient ainsi les philosophes de l’antiquité. Je me gave de chaleur. Le bien être m’envahit.

Zappéion patio rond

A la sortie du jardin, je découvre le Zappéion que je ne connaissais pas : palais 19ème (1874-1888) rêve d’Evangelos Zappas, homme d’affaire grec vivant en Roumanie mais ayant combattu pour l’Indépendance grecque et désireux de faire revivre, avant de Coubertin, les jeux olympiques. Il a servi lors des jeux Olympiques d’Athènes en 1896 et plus tard.  Le Zappéion sert maintenant de Hall d’exposition, c’est là qu’a été signée l’adhésion de la Grèce à l’Union Européenne en mai 1979. Le fronton rectangulaire à colonnes plat ne laisse pas imaginer le patio à colonnes rond.

Non loin du Zappéion, se trouve un cinéma de plein air et un très beau restaurant (ou café). Le cinéma sous les étoiles est pour moi un souvenir très ancien, quand en 1968 j’avais été invitée à Glyfada par des collègues grecs de mes parents. Nous avions vu Romeo et Juliette de Zeffirelli. Je me souviens des écorces de pépites par terre (en Israël aussi) .

Non loin, j’aurais dû trouver le stade de Marbre, stade antique restauré pour les premiers Jeux Olympiques. Impossible de le trouver, je longe l’Ecole de Gastronomie, un très chic club de tennis, pas de marbre. Il est caché par les arbres mais je ne le savais pas.

Olympéion

En revanche j’arrive à l’Olympéion Temple de Zeus Olympien. Il est fini le temps où je présentais ma carte professionnelle et où avec deux ou trois mots de Grec, j’entrais gratuitement dans les sites ! Pour obtenir la réduction senior je dois sortir ma Carte d’Identité dument inspectée. La construction du temple fut initiée par Pisistrate, le petit fils du tyran en 515av JC sur le site d’une construction archaïque. Elle fut interrompue en 508 après la chute du tyran. C’était un monument gigantesque d’ordre dorique en calcaire sur le modèle des temples d’Asie Mineure. Construit en marbre au 4ème siècle il resta inachevé, puis il fut reconstruit par les Romains et complété par l’Arc de Triomphe d’Hadrien. 104 colonnes était encore debout en 1852. Sur une vaste esplanade un peu chauve, les colonnes restantes sont gigantesques ; j’ai déjà entendu ce refrain à Agrigente (encore un temple de Zeus avec ces géants les Télamones. Le gigantisme sied à Zeus ! L’Arc de Triomphe d’Hadrien est plutôt gracile pour un monument romain, original avec ses deux parties superposées très différentes.

Retour par Plaka avec ses restaurants, ses boutiques de pacotille ; cette année des bottes à lanières – sandales qui s’enroulent jusqu’au mollet, ses écharpes de mousselines, le linge de toilette et les ponces teintées de couleurs criardes à destination des touristes attablés aux « happy hours ».

Fin de la soirée en regardant le jour tomber et l’Acropole s’illuminer.

 

 

 

Les Nuées – Aristophane

LIRE POUR LA GRECE

théâtre d’Epidaure

Après avoir refermé Le Va-nu-pieds des nuages de Takis Théodoropoulos dont le narrateur est le Démon de Socrate, racontant comment Aristophane  a choisi de ridiculiser  Socrate, encore inconnu, et les sophistes.

J’ai donc voulu la pièce antique : Les Nuées.

Pas d’effet de surprise : Théodoropoulos a  largement commenté la rédaction et la représentation de cette comédie sur une centaine de pages tandis que  le texte original est assez court (67 pages, y compris la présentation).

Nuées par Aristophane

« PARABASE DU CHOEUR :

aujourd’hui, comme une autre Electre, cette comédie paraît, cherchant à rencontrer des spectateurs aussi éclairés? Elle reconnaîtra du premier coup d’oeil, la chevelure de son frère. Voyez comme elle est réservée. Elle est la première qui ne vienne pas traînant un morceau de cuir, rouge par le bout, gros à faire rire les enfants. Elle ne se moque pas des chauves ; elle ne danse pas le cordax ; elle n’a pas de vieillard qui, débitant des vers, frappe de son bâton son interlocuteur, pour dissimuler des grossières plaisanteries ; elle n’entre pas une torche à la min en criant « Iou! Iou! » mais elle avance confiante en elle-même et en ses vers »

L’effet comique ne correspond peut être pas à ce qu’un spectateur moderne attend d’un « classique » beaucoup de pets et flatulences, des sous-entendus grossiers qui peuvent étonner. J’ai finalement beaucoup plus ri à la lecture du Va-nu-pieds des nuages qu’à celle de la comédie d’Aristophane.

« mais qu’est-ce qui tonne? […..]

SOKRATES : Je vais te l’enseigner par ton propre exemple. Quand tu t’es rempli le ventre aux Panathénées et que tu as ensuite le ventre troublé, le désordre ne le fait-il pas résonner tout à coup?

STREPSIADES : Oui par Apollon! Je souffre aussitôt, le trouble se met en moi ; comme un tonnerre le manger éclate et fait un bruit déplorable, d’abord sourdement pappax, pappax puis plus fort papapappax, et je fais mon cas, c’est un vrai tonnerre, papappax comme les Nuées. « 

En revanche l’aspect « témoignage archéologique » m’a beaucoup intéressée. Tout d’abord la structure du texte découpé en Prologue, Parodos, Choeurs, Scène lyrique, Agon, Episodes, Parabases… Alternent des dialogues en phrases courtes et dissertations sur le théâtre lui-même, des scènes triviales et des invocations des dieux (ou des nuées). Les allusions à la vie quotidienne m’ont aussi amusée. Allusion à la vie politique d’Athènes, heureusement j’ai eu une bonne introduction avec la lecture de Théodoropoulos! Aristophane ne se prive pas de moquer les auteurs de farces et comédies faciles et par cette occasion raconte l’Athènes du 5ème siècle!

Maintenant  j’attends l’occasion de voir la pièce jouée (ce n’est pas prévu dans le futur proche, malheureusement). Une pièce est faite pour être représentée!

Le va-nu-pieds des nuages – Takis Theodoropoulos

LIRE POUR LA GRECE

 

« BON TU T’EN DOUTES, Athéna n’allait pas rester les bras ballants pendant qu’Hermès et sa divine compagne mijotaient de lui piétiner ses plates-bandes. Athènes, c’était son domaine à elle; et si des fois elle acceptait une petite intervention de la part d’un de ses congénères, sous forme d’averse ou d’éclaircie dans le ciel de sas cité, ce genre d’incursion était tenu de s’apparenter au phénomène strictement passager, ou du moins rare, voire tout à fait exceptionnel. Avec cette histoire de contagion, elle s’était fait surprendre. Apollon, qui ne reconnaissait aucune supériorité au monde à part la sienne, avait berné tout le monde avec un de ces petits laïus froids et alambiqués – pareils à sa musique

Takis Théodoropoulos est aussi l’auteur du Roman de Xenophon et de l’Invention de la Vénus de Milo, deux ouvrages que j’ai lu avec beaucoup de bonheur.

Le Va-nu-pieds dans les nuages est Socrate, ou plus exactement, Socrate mis en scène par Aristophane dans les Nuées.

Le Va-nu-pied-dans les nuages commence avec la mort de Périclès de la peste (la contagion) en 429. Roman historique? Certainement, mais avec certains anachronismes qui font sourire le lecteur. Le narrateur est un Démon, le temps des mortels ne le concerne pas.

Un roman ironique et très amusant : p.21, « L’IRONIE N’EST PAS UN EFFET STYLISTIQUE, monsieur l’écrivain. » Affirme l’auteur. [….] « L’ironie est une perspective existentielle. «  J’ai beaucoup souri et même franchement ri au cours de cette lecture.

« AU COURS DU BANQUET  organisé par le cercle de l’éternité afin de fêter la déconfiture de l’orgueil humain, At.héna eut peine à cacher sa maussaderie »

Un roman mythologique : les scènes qui se déroulent sur l’Olympe sont les plus jouissives. Les dieux veulent rabattre leur caquets à ces prétentieux d’Athéniens. Après avoir envoyé l’avertissement de la contagion, ils pensent à d’autres mesures. Socrate, l’Original, pourrait servir leurs plans. Ils envoient le Démon, le narrateur du roman. Aristophane pourrait aussi être utile. Le Dieu en charge du Théâtre étant Dionysos, Athéna va essayer de le séduire, elle se maquille, porte une robe rouge sexy….la scène est absolument roulante..

Un roman philosophique? l’auteur possède une solide culture classique, il présente le cercle de Socrate, présente la plupart de ses disciples. Alcibiade, le sublime est aussi un chef d’oeuvre  comique. Intéressant mythe de la Caverne…syllogismes…et allusions à Nietzche (on s’est permis des anachronismes). Le procès de Socrate est annoncé.

J’ai moins aimé la fin : la mise en scène et la représentation des Nuées ne m’a pas vraiment fait rire. Théodoropoulos est très fidèle  au texte d’Aristophane.

Un roman érudit? Certes, mais une érudition qui se veut comique, et qui l’est. Une réussite

 

Le Miel des anges – Vanghèlis Hadziyannidis

LIRE POUR LA GRECE

« Quand j’étais petite, mon père me parlait des registres aux secrets. tout ce qu’il y a sur terre, on le trouve dedans. Il suffit que le secret ne puisse pas être percé ici-bas. Alors il est inscrit dans les registres. Donc si mon père ne se souvient pas du petit poème de la recette, il ne sera pas perdu : il ira dans les registres aux secrets…. »

En prélude à notre prochain voyage dans les Cyclades….le miel (et les yaourts au miel, mais ce n’est pas dans le livre), un monastère, creusé dans la colline (c’est plutôt un souvenir de Turquie que ces villes souterraines), une île qui n’est pas nommée, un peu mystérieuse, archétype des îles grecques. 

Une atmosphère un peu étrange, des personnages bizarres,  hors du temps et de la société, pris dans un rêve, celui d’obtenir le meilleur miel qui soit en réunissant des plantes, arbres et herbacées pour que les abeilles y butinent. Et ils y parviennent.  Angelico, le miel des Anges fera la fortune, et le malheur de l’apiculteur.

Encore plus étrange, ce monastère, La Bâtie, que les moines creusent dans la colline, dédale de salles, cryptes, cellules, où Rodakis, l’apiculteur sera enfermé. Personnage ambigu, l’higoumène intraitable.

« Comme l’avait dit l’un des higoumènes, réputé pour la sagesse de ses formules, le résultat du labeur de tous ces hommes, pendant des années, n’était pas seulement un chef d’oeuvre d’adresse et de patience, c’était aussi une carte où l’on voyait immortalisés les paysages mentaux de ceux qui avaient travaillé là, les caractères de chacun dessinés en relief…. »

L’histoire commence doucement, et l’on se laisse prendre par l’intrigue à suspense, de plus en plus invraisemblable, de plus en plus prenante.

« Pourquoi faire la lumière? Laissez l’affaire dans l’ombre! Quand l’heure viendra pour nous de mourir, nous chercherons dans les registres aux secret et alors nous découvrirons comme le baron est mort… »

ainsi se termine le livre. 

Loxandra : Maria Iordanidou

LIRE POUR LA GRECE (et CONSTANTINOPLE)

 

Incipit:

« Loxandra vit le jour à Constantinople, du temps du padichah Abdül-Medjid « quela malemort »…-chut Loxandra ! Tu vas nous faire pendre! -Du temps que le padichah Abdül-Medjid, qu’il aille à la malheure ! – Tais-toi enfin ! Tu n’es pas folle de crier si fort? _ Je ne crie pas , voyons, je chuchote ! Quand Loxandra chuchote, ça résonne comme les cloches de Sainte Sophie. […]Vaste est son coeur, son appétit, son ventre. Une grande statue qui va sur terre sur ses grands pieds ; des pieds cambrés, à la cheville légère qui dépassent sous la jupe comme deux socles. une grande statue qui brandit de grandes mains ; des mains de patriarche, des mains orthodoxes, aux doigts longs et bien moulés ; des mains faites pour bénir et pour être embrassées ; des mains qui sentent bon l’encens et le mahaleb ; des mains faites pour offrir : « sers-toi, disent ces mains, mais mange, voyons mange….des mains pour tenir un nouveau-né. Elles sont alors un trône, avec la paume comme un coussin sous le petit derrière qui d’un seul coup l’emporte tout là-haut vers le ciel etc…. »

Depuis que j’ai lu Vacances au Caucase de Maria Iordanidou j’ai cherché Loxandra, malheureusement épuisé. Loxandra est la grand-mère d’Anna, héroïne de Vacances en Caucase que j’ai adoré. heureusement je viens de le trouver d’occasion! Et je n’ai pas été déçue.

Ce roman, raconte l’histoire d’une famille grecque de Constantinople entre 1874 et 1914. Famille nombreuse : Loxandra a élevé les enfants de Dimitros avant de mettre au monde Clio et Alekos, fruits d’une transaction avec la Vierge de Baloukli à qui Loxandra a offert tous ses bijoux. Loxandra est le pilier de la famille, la mère, celle qui invite à des festins, celle qui guérit avec l’eau bénite de Baloukli, qui nourrit chats et chiens, qui invite marchands et veilleur de nuit à partager son café. Générosité et autorité, elle règne sur enfants cousins et sur tout le quartier.

C’est un livre où la nourriture est très présente : tout au long du livre, on savoure les dolmas avec assez d’oignon dans la farce, sans oublier la menthe, on fait frire des anchois, fabrique du halva, du porc au coings auxquels il faut ajouter les pépins du fruit dans la sauce…sans lésiner sur l’huile d’olive….Presque un livre de recettes de cuisine stambouliote. Cette cuisine qui lui manquera pendant son exil athénien!

On se promène dans Constantinople, la Ville, cosmopolite où coexistent turcs, arméniens, bulgares ou kurdes(les bûcherons avec leurs haches). La société grecque est prospère, elle semble installée là depuis Byzance et pour toujours. Toutefois, pendant les quarante ans du livre, la vie change. Loxandra se préoccupe plus de la vie de sa famille et de son quartier que de la politique. Ce livre est aussi un livre d’histoire qui raconte le Traité de San Stefano (1878) qui dépèce la Turquie d’Europe, la guerre greco-turque de 1897 à laquelle participe Epaminondas, un de ses fils, les massacres des Arméniens. Au début du siècle Loxandra part à Athènes, la vie politique est décrite pittoresquement, les rivalités entre les factions régionales montre plus de différence entre crétois ou athénien qu’entre les ethnies de Constantinople.

La vie de tous les jours est racontée avec simplicité ainsi que les traditions millénaires comme l’entrée de Basile à Constantinople, la grenade du jour de l’an ceci en fait un témoignage précieux de la vie grecque à la fin de l’empire ottoman. Le livre se termine avec la Première Guerre mondiale qui va tout bouleverser.

 

Départ imminent : Lire pour Athènes et les îles de la mer Egée

LIRE POUR VOYAGER

Around the world

Un des bons côtés de la retraite, c’est de pouvoir voyager hors saison, profiter des fleurs avant que la canicule ne les ait desséchées, des plages avant les foules…..Nous serons donc loin tout le mois de juin, et le début de juillet : Athènes et 4 îles: Amorgos, Naxos, Milos, Sifnos.

Le blog ne sera pas en pause pour autant, seulement en pilotage automatique. Je lirai les commentaires sur le téléphone, sans y répondre (craignant les coquilles énormes de l’écriture sur le petit écran).

Un autre plaisir du voyage est de préparer par des lectures avant le départ, télécharger les lectures à la plage, et garnir la pile pour après.

Avant le départ : 

La jument de Socrate par Laureau-DaullLe va-nu-pieds des nuages par Théodoropoulos       Le va-nu-pieds des nuages par Théodoropoulos    Ces deux ouvrages racontent Athènes antique, avec Socrate, Périclès, pour personnages principaux

Entre 1870 et 1914, Constantinople et Athènes par l’auteur de Vacances dans le Caucase que j’avais adoré.

 

 

 

 

 

 

 

Le Miel des anges par Chatzigiannídis une histoire intemporelle sur une île….

La pensée chatoyante : Ulysse et l'Odyssée                Une Odyssée : Un père, un fils, une épopée par Mendelsohn  Deux lectures d’Homère et plus spécialement de l’Odyssée:  lecture enchantée !

pour lire sur place, dans la liseuse :

Nuées  pour faire suite à la lecture de Theodoropoulos, puisque dans Le Va-nu-pieds des nuages a justement pour sujet la rédaction des Nuées par Aristophane.

Un été avec Homère malgré mon « allergie » à Tesson, je lui donne une nouvelle chance, Homère me passionne

Offshore je l’attends depuis longtemps, je l’ai téléchargé le jour de sa sortie en français, mais je le lirai dès le premier ferry (Athènes Amorgos : 8 heures)

 elles m’accompagnent partout!

Et puis, bien sûr, tous les livres qui ne concernent pas la Grèce que j’ai téléchargé et pas encore lu. Je pourrais aussi relire Psychiko, ou la destruction du Parthénon si je suis vraiment en panne de lecture….mais,   en vacances je préfère écrire et dessiner.

Au retour la Pal est encore grecque mais j’ai décidé de ne pas charger la valise de papier, nous aurons les valises sur les ferries et il faut qu’elles restent transportables.

 puisque nous passerons une semaine à Milos! Je l’ai lu autrefois avec grand plaisir et je me fais une fête de le relire.

Citati parce qu’il m’enchante et peut être ces mythes seront-ils grecs?

Fermor méditatif et mystique(?) mais c’est Fermor et je suis fan

Koumandaras parce que les Grecs vivants m’intéressent autant que les antiques.

Trois auteurs que j’aime beaucoup, mais il faudra que je trouve des nouveautés qui m’aidera?

la jument de Socrate – Elisabeth Laureau-Daull

LIRE POUR LA GRECE

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« Vengeance »! répète-t-elle tandis qu’ils quittent la prison…..

Ah les assassins n’en ont pas fini avec elle! On a bien raison de l’appeler Xanthippe la mégère. la mégère, la haine, n’est-ce pas une divinité des enfers? Chargée de persécuter le crime et venger l’innocence? Certes, elle n’est pas fille de Gaïa et d’Ouranos comme elle. Elle n’a été conçue que par Amycla qui savait tout faire et un homme qui sortait des baudroies de la mer. Elle n’a aps de serpents pour cheveux, le sang ne lui coule pas des yeux, amis elle saura poursuivre et rendre fous les coupables. ils pourront bien pour l’amadouer parfumer tous les autels de la cité avec de l’aubépine, du sureau ou du safran, y brûler du bois de cèdre, y saigner le plus noir de leurs béliers….

« que mijote cette furie? s’alarme Epigène.

Xanthippe est devenue folle, ne voyez-vous pas? dit Apollodore. »

Ainsi se termine le livre.

Non! Socrate ne s’est pas mis à l’équitation sur ses vieux jours! La jument jaune c’et la traduction littérale du prénom, Xanthippe, de le femme de Socrate. Ce court roman (120 p.) raconte le dernier jour de la vie de Socrate, du point de vue de sa femme. On parle peu des femmes grecque de l’Antiquité confinées au gynécée. Xanthippe est citée dans le Phédon de Platon cité au début du récit.

C’est un très joli livre, belle couverture, beau papier et des frises à la grecque séparent les paragraphes.

J’ai lu en prenant mon temps, goûtant tous les détails de la vie d’Athènes, les coutumes, processions, les délibérations des héliastes au procès de Socrate. Vie quotidienne et mythes sont mêlés. Grande simplicité du style et aussi introduction à la philosophie..

Un petit livre à déguster, peut être à glisser dans une valise pour un voyage à Athènes.

 

La pensée chatoyante – Pietro Citati

ODYSSÉE

J’ai lu La Pensée chatoyante lentement, avec délectation, revenant sur certains paragraphes, retournant en arrière, rien que pour le plaisir. J’ai fait durer la lecture et je referme le livre à regrets. J’y reviendrai!

Il fait suite à la lecture de Mendelsohn sur le même thème : Une Odyssée:  un père, un fils, une épopée, que j’ai également beaucoup aimé. Deux commentaires d’une même oeuvre, et sans un moment d’ennui ou de redondance. Une même impression de découverte (re-découverte?). Et pourtant ma dernière relecture de l’Odyssée en voyage à Ithaque  ne date que de quelques années.

Mendelsohn livre une interprétation personnelle très humaine, un père, le sien, un fils, lui même en parallèle avec la (re)connaissance d’Ulysse par Télémaque.

En revanche, Pietro Citati met en scène les dieux. Le Prologue raconte la naissance d’Apollon et celle d’Hermès puis présente les Muses,  » filles de Mnémosyne, la Mémoire ». Apollon contradictoire,avec sa cithare-arc « entre terreur et harmonie, entre force et faiblesse, entre nuit et lumière, entre l’arc et la lyre….. » . C’est à Hermès qu’il attribue la Lyre, et aussi « un esprit au mille couleurs, chatoyant ». La Pensée Chatoyante, titre de l’oeuvre, est elle dédiée à Hermes ou à Ulysse, lui aussi sinueux, changeant, menteur, voyageur… en un mot hermétique. Ce dernier adjectif, est un mot-clé du livre. Très prosaïque, moi-même, je ne connaissais que le sens « se dit de tout objet étanche « , à la rigueur « difficile à comprendre » ; je n’avais jamais fait la liaison avec Hermès. 

Les Quatre parties de « l’Odyssée » font aussi la part belle aux dieux de l’Iliade et de l’Odyssée. Les premiers chapitres reviennent sur l’Iliade particulièrement sur le personnage d’Achille. Achille est à l’opposé d’Ulysse «  Achille est droit ; si Ulysse trompe il dit vrai ; si Achille est coloré il est blanc. » . Citati distingue alors un « premier Homère » qui a touché au sommet du sublime dans l‘Iliade tandis qu’un « second Homère » aurait rédigé l’Odyssée.

Cette référence au  « Premier Homère » et au  « Second Homère » se poursuit jusqu’à la fin du livre. Tout au long de la lecture, je me suis interrogée sur ce « second Homère« . J’ai trouvé sur Internet des articles savants sur une controverse entre hellénistes datant du temps des Romains portant sur l’existence-même d’Homère, sur la possibilité que l’Iliade et l’Odyssée ne soient pas du même auteur; le premier Homère aurait rédigé l’Iliade et le second, l’Odyssée.  Querelle de spécialistes, je n’y connais rien. Une hypothèse qui m’a poursuivie durant ma lecture était celle que, Ulysse lui-même, dans ses récits et ses mensonges, soit le « second Homère » . J’ai attendu jusqu’au dernier chapitre une explication définitive que je n’ai pas trouvée….

Comme dans l’Odyssée, et comme me l’a appris Mendelsohn, après le Prologue, la Télémachie conduit à la suite de Télémaque et d’Athéna à Sparte à la cour de Ménélas et d’Hélène. Nous retrouvons les héros de Troie et ce qui est advenu à leur retour. Le récit mystérieux d’Hélène m’a surprise. J’avais aussi oublié Protée

La suite de La Pensée chatoyante nous promène avec Ulysse dans lÎle de Calypso qui s’appelle ici « Ogygie, l’ombilic du monde » et que le tourisme moderne identifie à Gozo. Justement nous en revenons! La grotte de Calypso avait été une déception, une fissure plutôt qu’une grotte perchée loin du rivage. Mais si on pense qu’Ogygie était la prison d’Ulysse, la fente sinistre dans la roche suspendue au dessus de la plage devient beaucoup plus crédible. Il me plait que Gozo qui possède un des plus vieux temples de l’humanité, bien plus vieux que la Guerre de Troie, soit « l’ombilic du monde »

J’ai lu l’Odyssée à Ithaque et à Corfou, j’ai donc été plus attentive au récit d’Ulysse aux Phéaciens, cependant Citati, démêle les mondes doubles, celui proche de l’âge d’or où les dieux se montraient aux hommes, du monde des hommes, des contemporains d’Ulysse où ils apparaissent déguisés, du monde actuel ….Avec Calypso et Circée, le récit baigne dans la magie.

Magie ou astuce? d’Ulysse à qui la vanité joue des tours? Ulysse ne donne pas son nom, et ne se dévoile qu’au dernier moment, aussi bien  aux Phéaciens qu’à Ithaque. Citati donne de l’importance à cet anonymat qu’il cultive. Personne, se nomme-t-il auprès de Polyphème, le Cyclope, ce qui le sauve. Ulysse fils de Laërte crie-t-il au Cyclope ce qui déclenche le courroux de Poséidon. Personne, reste-t-il caché dans la prison de Calypso.

En lisant La pensée chatoyante, je redécouvre de nouveaux épisodes, sur lesquels l’auteur a braqué le projecteur et qui m’avaient échappé; il dévoile aussi les intentions des dieux, leurs déguisements, le brouillard qui leur sert à masquer la réalité, les métamorphoses…Il établit aussi des concordances étonnantes avec des œuvres de la littérature. La comparaison la plus osée et une des plus réjouissante est celle d’Ulysse et du Docteur Freud dans l’Interprétation des rêves :

« Le « second Homère » pense qu’il est un bon interprète des songes. Il procède comme un psychanalyste moderne qui sépare les éléments les uns des autres et traduit les figures superficielles en figures profondes.

Je ne voudrais pas identifier la figure du mystificateur chatoyant, sur le point de reconquérir son trône avec celle de son austère élève de Vienne. Antre la psychanalyse du roi d’Ithaque et celle de Freud il y a deux différences. Les rêves freudiens sont issus de l’immense dépôt du passé, plein de sens et d’apparences indéchiffrables[….]Freud veut comprendre l’âme du patient et si possible le guérir. Le songe qu’Ulysse étudie ne renferme pas seulement le passé : l’avenir surtout s’y cache : c’est une prédiction, une prophétie qu’il entend révéler à Pénélope ; c’est ainsi seulement qu’il peut la guérir….. »

Je reviendrai à La Pensée chatoyante, pour y trouver encore d’autres relations avec la culture moderne, des raccourcis surprenants qui nous mènent à la madeleine de Proust ou à la chaise de Van Gogh que Citati compare au lit mythique qu’Ulysse a construit avec un olivier ancré dans le sol. On y découvre aussi les fondements du récit, de toute la littérature.

Le mot de la fin :

« Le livre contient des récits mythologiques que certains, ou la plupart connaîtront ; mais mon livre avait envie de les raconter : et je crois qu’il faut obéir aux désirs des livres. »