Heronissos et Artémonas par le sentier n°7

CARNET DES CYCLADES – SIFNOS

La terrasse de Heronissos mouillée par les vagues

La « jolie brise » a forci en « vent frais » qui soulève la mer blanchie d’écume dans la baie de Kamares. Les vagues avancent jusqu’aux parasols, les terrasses des restaurants sont submergées.

Nous espérons trouver une baie plus calme à Heronissos. J’y avais nagé dans une sorte de fjord s’enfonçant loin dans la terre, protégé par 2 caps faisant écran aux vents du nord comme du sud. Nous avions bien aimé la taverne bleue et le petit port de pêche ainsi que la route sauvage partant juste en bas de chez nous à Aghia Marina s’élevant dans une contrée sauvage où  il y a seulement quelques monastères et églises coiffant les collines (environ 500 m d’altitude), le seul village Troullaki est formé de quelques maisons dispersées ;

Occasion de refaire les promenades 9 et 9A (topoguide Sifnos-trail ICI). Le sentier d’Aghios Nikolaosest caillouteux et non pas décoré à grand renfort de peinture blanche comme ceux qui desservent les autres églises. C’est que l’église est tournée face à la mer. Un escalier aux marches soulignées de blanc descend au débarcadère. C’est en bateau qu’on y arrive. Selon certaines traditions Saint Nicolas est le patron des marins, selon Wikipédia les saints orthodoxes comptent au moins 11 saint Nikolaos. Une chatte tricolore vient se frotter à mes jambes. Vit-elle seule à Aghios Nikolaos ? Peut être pas, son écuelle est pleine d’eau.

J’arrive à 11h30 à Heronissos, Dominique m’attend à la même taverne mais pas à la même table. Les vagues ont inondé la terrasse le long du quai. Seules quelques tables à l’entrée du restaurant sont utilisables. Encore faut-il ne rien poser sur le sol, les grosses vagues projettent de l’eau à l’intérieur du restaurant.. Il fait très frais (24°). Cette taverne ne propose pas de plats de viande ni de moussaka ou farcis, pas de sardine ni de petite friture bon marché, seulement des poissons au poids très chers. On pioche dans les entrées en en commandant plusieurs pour faire bonne mesure. Aubergines frites, haricots géants et feuilleté aux épinards. Encore une fois, nous sommes très déçues ; Alors que sur la table voisine arrivent des aubergines farcies appétissantes, les feuilletés ne datent pas de ce matin, ils sont ramollis et les haricots géants sortent d’une boîte. On paie le droit de s’asseoir dans un joli endroit, c’est tout ! Ce n’est pas la première fois que nous en faisons l’expérience.

Déçue du repas, déçue aussi de ne pas avoir pu me baigner, je cherche une promenade qui donnera un peu d’éclat à cette journée.

Le sentier N°7 qui monte à Aghios Simeon, perché sur la montagne, emprunte la route et la quitte au niveau de la décharge. Il descend sur Artemonas (406 km – 1h30) Topo-guide Sifnos-trail ICI.

Le sentier est cimenté, la proximité de la décharge est déplaisante à cause de l’odeur, et surtout aujourd’hui, le vent soulève des sacs de plastique. Je descends à allure soutenue pour fuir ce désagrément. Je descends ensuite un véritable escalier de marbre. Ceux qui l’ont construit n’on pas été bien loin pour chercher les dalles, mais il ne s’agit pas de blocs qui affleurent mais de véritables dalles tranchées et ajustées avec soin. En quel honneur ? Pour les dévotions à Saint Siméon ? Peut être était-ce le chemin des mineurs (les mines de fer sont à proximité). Je descends cet escalier d’honneur jusqu’au lit d’un ruisseau (à sec) et remonte par des marches des schiste jusqu’à un site énigmatique « 3 piges » (trois sources) . Un texte mentionne plusieurs dates de 1840 à 1976. Un puits profond. Le sentier monte encore par des marches, encadré par de jauts murs. Au sommet de la colline je découvre des églises dispersées dans les environs. A nouveau le chemin est dallé de marbre.

Artemonas ressemble à un labyrinthe de ruelles comme Apollonia. Je passe devant de très belles demeures néo-classiques entourées de jardins ; Artémonas semble très chic, aristocratique(?). La promenade se termine sur la Platéia, esplanade bordée de jolis cafés. Un moulin en ruine (mais avec des ailes)se tient à l’entrée. Trois sentiers de randonnées partent de là.

Nous rentrons vers 16h à Grand View, achetons les billets de bateau pour Kythnos, demain. Nous avons téléphoné à l’hôtel, tout est OK, il ne reste plus qu’à trouver une voiture.

Je tremine par ma promenade dans l’eau le long de la plage et en profite pour faire ma BA écolo : je ramasse 2 sacs plastique dans l’écume.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les enfants d’Ulysse – Aris Fakinos

LIRE POUR LA GRECE

« Or, entre-temps, notre pays qui avait été conquis.

Si seulement nous avions pu raconter à Ulysse nos souffrancs, lui détailler les malheurs qui frappaient notre terre….Mais comment aurions nous eu le coeur de lui dire que des milliers d’Allemands s’étaient abattus sur nous comme des nuées de sauterelles, que des drapeaux à croix gammée flottaient sur nos acropoles, que les barbares nous avaient asservis…..Où aurions-nous puisé le courage de lui avouer que les troupes d’Hitler règnaient partout, de l(Olympe jusqu’au Taygète, qu’elles avaient souillé Delphes de leur présence impie, qu’elles s’étaient installées à Mycènes, à sparte, à Argos? …Lequel aurait osé révéler au roi  d’Ithaque que son île bien-aimée gémissaient sous le joug des conquérants, que ses habitants subissaient le même sort que nous tous, que chaque jour ils mouraient de faim par centaine?…Qui sait, nous disions-nous quelles cruelles épreuves endurait la malheureuse Pénélope pour sauver ce qui resati de son foyer, pour vivre, pour élever toute seule son fils unique. Pour s’en sortir, elle vendait sans doute peu à peu, comme nos mères, les objets de sa dot, ses cuivres, sa vaisselle, les trafiquants du marché noir devaient la harceler afin de lui prendre contre quelques denrées, sa maiosn entière…. »

J’ai relu avec beaucoup de plaisir Le Récit des temps perdus lu une première fois en rentrant de Crète et je n’ai pas voulu quitter cet auteur. Dans Les enfants d’Ulysse, j’ai retrouvé le village d’Attique, encore rural, couvert d’oliveraies. Cette année notre voyage dans les Cyclades se trouve vraiment dans le sillage de l’Iliade et l’Odyssée. La couverture est ornée de la mosaïque d’Ulysse sur son bateau que nous avons vue au Musée du Bardo à Tunis

L’auteur a tressé deux récits qui se mêlent tellement qu’il m’a fallu parfois quelques minutes pour réaliser si je lisais bien le récit contemporain ou le récit antique. Le récit contemporain se déroule entre les années 1940 où le narrateur enfant étudiait en classe les textes antiques et 1967 quand – adulte et journaliste – il est contraint de prendre le chemin de l’exil. Les enfants grecs baignaient dans les textes homériques, ils s’identifiaient aux Achéens dans leur souffrances mais l’enfant les imaginaient:

« Plus je pensais à Ulysse et à ses compagnons, plus je les enviais : ils ne devaient pas avoir faim les veinards, dans leur cheval bourré de victuailles, avec des provisions assez abondantes pour tenir des années... »

L’enfant, puis le lycéen, le jeune adulte écrit le roman des compagnons d’Ulysse enfermés dans le cheval de Troie, attendant que les Troyens ne tombent dans le piège d’Ulysse. On a beau connaître le dénouement, l’incendie de Troie, la fuite d’Enée…on tremble pour eux, pour le cheval de bois qui s’abime dans l’humidité, pour le moral des guerriers réduits à l’impuissance. Le récit du « jeune Homère » est poignant.

Les Allemands fusillent des otages, et parmi eux le menuisier qui réparait les jouets des enfants mais qui refusait de collaborer. La fin de l’occupation allemande ne rend pas la paix au village, la guerre civile éloigne les résistants dans les montagnes. Athéna, l’une d’eux mène un combat inégal avant de capituler. Arrestations et déportations dans les îles. Le jeune homme entre en clandestinité et part en exil…

J’ai beaucoup aimé ce livre. Fakinos est un grand écrivain qui ait nous toucher encore un demi-siècle après.

 

Apollonia – Katavati, Chrysopigi, Apokofto

CARNET DES CYCLADESSIFNOS

Au dessus d’Apollonia

Apollonia

Sentier n°3 Apollonia – Plati Giallos (7.6 km 2h30, facile)

topo-guide sifnos-trails ICI

Les villages sont des pièges pour les randonneurs ; Le départ du sentier n°3 sur la place centrale d’Apollonia est bien signalé (comme les autres sentiers) mais après, plus rien, ni balises, ni piquets. Je traverse Apollonia par la rue piétonnière bordée de boutiques pour touristes et de restaurants et d’églises, à la sortie : rien ! Je demande mon chemin dans un café : « pourquoi ne prenez-vous pas l’autobus ? » « pas de sentier ! marchez sur la route ! » « Demandez à la station-service ! » sont les conseils que j’ai obtenus.

Retour sur la place, j’essaie une autre rue, toujours pas de balises ; j’entre dans un nouveau café ; personne ne connait.

aire de battage

Sur la place pour la 3ème fois, j’essaie une 3ème rue qui monte par des escaliers interminables. Ici c’est balisé. Mais est-ce le sentier n°3 ? j’espère trouver un panneau ou une carte à la sortie du village, une bifurcation peut être.

La campagne est très jolie. Les maisons blanches dans les jardins fleuris sont accompagnées de figuier ou de vigne, ou de citronniers. Des pigeons sont perchés sur un pigeonnier. Je trouve une aire de battage ronde près d’une maison. Au détour d’un mur, je vois le ferry qui s’éloigne du port de Kamarès. La baie de Kamares est à ‘opposé du sentier n°3 ; peut être suis-je sur le N°7, ou sur le 6 ? ou sur le 10 qui descend à Kamares ?

pigeons et pigeonnier

Il est plus prudent de retourner sur la place d’Apollonia où Dominique viendra me chercher.

Puisque je n’ai pas trouvé le sentier, nous pouvons aller en voiture à Plati Gialos.

Katavati

Katavati : moulin

Ce petit bourg situé à un carrefour au centre de l’île, curieuse possède 4 supermarchés. Ce n’est pas un village touristique. Ici les maisons sont habitées, fleuries selon la fantaisie des habitants qui font des courses, pas comme les touristes qui se nourrissent au restaurant. La place de l’église est paisible et jolie, décorée avec une meule transformée en table et des mortiers de pierre.

Plati Gialos semble être une station balnéaire bâtie le long d’une grande plage. Trop urbanisée pour nous.

Chrysopigi

Chrysopigi

Nous lui préférons la petite plage de Chrysopigi aperçue hier. La descente st spectaculaire, je descend à pied , appareil photo prêt à chaque tournant.

Le gardien qui vend les cierges raconte l’histoire de l’église. Elle fut fondée en 1650. A l’époque, cette partie de l’île n’était pas habitée. Il n’y avait rien. Les pêcheurs venaient parfois mettre à l’abri leurs barques près de l’îlet et y avaient construit un abri. Deux d’entre eux, le jour de l’Ascension, découvrirent une icone en lévitation et décidèrent d’élever une église à la Vierge. L’un des deux pêcheurs se fit prêtre. La Vierge offrait sa protection aux pêcheurs ainsi qu’une protection à l’île contre les pirates qui convoitaient l’or des mines de Sifnos.

Apokofto

14Plage d’ApokoftoCette petite plage est ombragée par de beaux tamaris. Deux tavernes y sont installées. Nous choisissons la plus grande sous les tamaris. Il souffle une « jolie brise » qui agite l’eau. Les vagues me découragent et il fait très frais à l’ombre.

Le garçon, très aimable nous installe sur la meilleure table mi-ombre, mi-soleil. Vers 13h30, nous demandons le menu. On apporte à la table voisine (des allemands qui parlent grec) des plats étonnants que je ne trouve pas sur le menu. La dame me conseille d’aller faire un tour en cuisine et de choisir ce qui me plait dans les casseroles. Poivrons et tomates farcies rebondies semblent fameux, les aubergines farcies recouvertes de fromage me tentent. Je commande les dolmades de chou, nappées d’une légère sauce blanche au citron, délicieuses et originales. Je termine avec un café frappé.  C’est la cuisine la plus raffinée que nous avons mangée à Sifnos.

Un gros nuage d’orage s’est formé. Il est temps de partir avant que la pluie ne nous chasse. Il pleut dru pendant moins d’une heure ; Quand nous rentrons à Kamares, l’averse est déjà terminée.

Terres de sang – Dido Sotiriou

LIRE POUR LA GRECE

« Juste en face, sur la côte d’Asie Mineure, des petites lumières clignotent. Juste en face, nous avons laissé des maisons bien rangées, des pécules sous clé, des couronnes de noces dans l’iconostase, des aïeux dans les cimetières. Nous avons laissé des enfants, des parents, des frères et des sœurs. Morts, mais sans tombe. Vivants mais sans toit Rêves hantés? Et dire que là, juste en face, hier encore, c’était notre patrie!

Dans la nuit , qui semble ne jamais vouloir finir, les silhouettes familières glissent une à une Les Kirlis, Chfket, Kérim effendi, Chrukru bey, Dali dayi, Edavié….Ils ne peuvent plus rien pour nous. Tout est perdu!

Gling, glang, le tintement sonore des grelots. Les pas nonchalants du chameau qui porte sur ses bosses les couffins et les besaces, les sacs de raisins secs, de figues, d’olives, les balles de coton et la soie, les jarres et les tonneaux, l’huile de rose, le raki, les trésors de l’Anatolie. Tout est fini!

Chamelier! Petit bêta, avec tes culottes bouffantes et ton œillet à l’oreille, arrête : ce n’est pas la peine que tu mettes ta main en porte-voix ; ta chanson triste n’arrive plus jusqu’à notre cœur. […]

On est devenu des brutes. On a sorti les couteaux et on s’est tailladé le cœur. Pour rien. »

Ainsi se termine, par l’exil l’histoire de ces paysans grecs qui cultivaient près d’Éphèse, d’Izmir, le tabac, les raisins et les figues depuis des générations, sur les bonnes terres qu’ils avaient défrichées avec l’aide de leurs voisins turcs. Grecs, Turcs mais aussi Arméniens, Francs, Italiens, nomades Yorüks formaient une mosaïque de populations qui se côtoyaient depuis toujours.

Le héros du livre Manolis Axiotis est fils de ces paysans. Plus éveillé que ses frères, il est parti à Izmir apprendre la vie de commerçant. Le roman commence comme un roman d’apprentissage. Manolis raconte la vie des champs et la vie de la grande ville.

Éclate la Grande Guerre, les Grecs ne sont pas envoyés au front mais dans des bataillons de Travail disciplinaires. Manolis raconte le typhus, la faim, les conditions terribles mais il s’évade. Rien ne semble entamer le moral ni la bonne entente, chaque fois, Manolis est tiré d’affaire par des turcs au bon cœur.

Quand « Les Grecs sont arrivés » la tragédie de la guerre Gréco-turque annonce la Grande Catastrophe. Au début, c’est la fête, on se réjouit de la fin de la Grande Guerre, de l’arrivée des Alliés de l’Entente et dans leur sillage de l’armée grecque. Mais c’est le début d’une guerre sans merci, une guerre où Manolis perdra tout. Patriote grec?

La rencontre avec Drossakis,  Crétois instruit et progressiste,  lui ouvre les yeux. Il lui fait comprendre que c’est la responsabilité des Grand Puissances, dépeçant l’empire ottoman, si la  Grande Catastrophe a déchiré l’Asie Mineure. Celle des Allemands d’abord attisant les conflits entre Turcs et Grecs. Puis celle des vainqueurs qui ont encouragé  l’armée grecque pour « reconquérir Constantinople » puis abandonnant les réfugiés à Smyrne qui brûlait. Les bateaux alliés auraient pu les  évacuer, ils ont assisté à la tragédie sans intervenir. Drossakis lui fait aussi relativiser la notion de « patrie » ;  ne pas confondre le peuple et la patrie. 

J’ai beaucoup aimé ce livre. Je l’ai trouvé sur le blog Présent défini qui en livre une analyse très intéressante et très complète ICI.

la maison d’édition Cambourakis offre tout un panorama de la littérature grecque, au format poche et à petit prix notamment les œuvres de Kazantzakis qui étaient devenues introuvables

 

d’Aghios andréa au Kastro par le sentier n°1 – déjeuner à Vathy

CARNET DES CYCLADES – SIFNOS

Les moulins près de Kastro

Le sentier n°1 Topo-guide Sifnostrail ICI descend du site mycénien descend par un bon chemin dallé à travers les genévriers et les pistachiers lentisques très verts. Je guette un éventuel reverdissement de la colline après la pluie d’hier. Peut être pour la menthe ou la sauge ? Rien de significatif. Je suis juste étonnée de ces précipitations fin juin. Au-dessus des cimes, les nuages gris très foncés s’accumulent à nouveau.

Juste après avoir passé la route je croise un homme avec un âne qui transporte des bidons de lait « kaliméra ! », je n’ose pas braquer mon appareil photo.

Le sentier traverse ensuite une zone urbanisée à la limite de Sympopoula . Un tronçon du N° est commun avec le N°3 que j’ai tant cherché hier et arrive au Monastère Vrissi. Selon le Petit Futé, cette grande bâtisse sévère aurait été construite par un riche marchand pour abriter sa maîtresse Kassiani qui voulait expier ses fautes en brodant un magnifique tissu. Il sy a un musée d’art ecclésiastique que je néglige.

En marchant il me vient une nouvelle théorie pour explique l’existence de ces chemins de randonnée : peut être sont ils entretenus pour relier les chapelles dispersées dans la campagne.  Les marches des sentiers conduisant aux églises et chapelles sont peintes de blanc.

Au sud d’Exambela le sentier passe par de belles terrasses plantées d’oliviers et cultivées de céréales, il est bordé de murettes et dallé de schiste. On descend dans un ravin où « coule » un ruisseau (il reste des flaques stagnantes) après avoir monté des marches, on marche à mi-pente le long d’un mur de schistes verts. Le ciel est noir, l’averse menace, puis crève. Je pourrais me mettre à l’abri sous une dalle de schiste mais je me contente d’un arbre pour rentrer la carte et l’appareil phot. Personnellement je ne crains pas la pluie, mais plutôt que les dalles ne deviennent glissantes. Cela ralentit mon allure, je dois faire attention, quatre fois j’ai senti la glissade. L’averse n’a pas été longue. Déjà à l’entrée de Kastro les pierres sèchent.

Travaux de peinture!

Kastro

Le rocher dominant la mer est habité depuis l’antiquité. Les Vénitiens en firent la capitale de l’île avec ses fortifications naturelles. Le plan placardé à côté du restaurant Leonidas recense 21 églises. Je n’en verrai pas autant ! Je me perds dans les ruelles qui conduisent à des cours, ou à des impasses ou même à des portes ouvertes sur le vide. Blanc labyrinthe, dalles grises décorées de motifs décoratifs blancs. Linteaux de marbre. Remploi de colonnes antiques. Un sarcophage de marbre sculpté est déposé à l’entrée d’une église. Le vent souffle (41 km/h)  Les courants d’air font voler la poussière qui me cingle.

Kastro : ruelles marches et colonnes

Vathy

Pour trouver une baie abritée, nous retournons à Vathy qui est au bout de l’île (mais seulement à 12 km). La baie est encombrée de toutes sortes de bateaux, yachts, voiliers, catamarans venus s’abriter. Peu de gens dans les vagues. Au lieu de nager, j’entreprends une promenade les pieds dans l’eau le long de la plage. Je découvre, au-delà de l’église des Taxiarches , église double, une arche qui conduit à une autre plage de sable fin avec encore deux tavernes sur le sable. Nous restons fidèles à Okeanida où nous avons été si bien reçues et à son agneau au citron délicieux. Puisqu’on nous a conseillé hier de ne pas se fier au menu écrit mais plutôt d’aller voir la cuisine, je suis ce conseil. Je vois donc mijoter l’agneau dans une grande casserole, le lapin à la tomate dans le four et dans un plat de terre spécial le chevreau à l’aneth. Difficile de choisir ! La serveuse propose de remplacer les pommes de terre par de la salade. Riche idée : ce n’est pas de la salade comme nous la connaissons ni des épinards, bien que cela y ressemble mais une herbe aux petites feuilles pointues : de l’amarante au goût original cuite avec du citron.

A peine le café grec terminé, le patron se dépêche de débarrasser la terrasse. Une nouvelle averse menace. Dès que nous retournons à la voiture, de grosses gouttes s’écrasent sur le pare-brise.

le topo du sentier n° est disponible sur Sifnos-trails : ICI

 

 

 

 

 

 

Heronissos au nord de Sifnos

CARNET DES CYCLADES – SIFNOS

Le sentier et Aghios Nikolaos

Quelques nuages glissent sur les sommets. La cloche aigrelette d’Aghia Marina nous rappelle que c’est dimanche, puis celle de l’église du village qui appelle aux liturgies. Les Grecs qui ont veillé si tard se lèveront-ils pour la messe ?

Deux sentiers de randonnée 9A(45mn) et 9 (35mn) combinés ensemble font une belle promenade de 6km. Topo-guide Sifnostrail ICI

A côté du gite, à Aghia Marina une petite route goudronnée monte vers Aghios Simeon et Troullaki puis rejoint la route principale et gagne Heronissos. La petite route est sinueuse, elle parcourt un paysage désolé d’où on peut observer sur l’autre versant de la vallée les vestiges des mines de fer au-dessus de Kamares. Kamarès était le port du fer avant d’être le débarcadère des touristes. Pierriers rouges dégoulinant de la mine sont bien reconnaissables à leur couleur rouille caractéristique de l’oxyde de fer.

Dans une épingle à cheveux, une belle ferme avec de nombreuse chèvres enfermées dans un enclos. La route s’élève dans la montagne couverte de genévriers arbustifs bien verts. Encore une fois je me demande pourquoi ceux de Naxos et de Milos avaient des aiguilles bleutées.  Au détour de la route, de gros oiseaux planent au-dessus d’une décharge – les ordures sont toujours un problème sur une île, surtout touristique. Au débarcadère, enjoint les touristes d’éviter les sacs en plastique.

Des hommes chargent un âne de planches, ceci explique que les sentiers soient en aussi bon état : ils servent encore ! De nombreuses maisons, bergeries, chapelles ne sont pas desservies par des voies carrossables. Les ânes et mulets sont encore bien utiles !

Troullaki est un très petit village : quelques maisons, des champs et des jardins soignés mais rien d’autre. Nous espérions y faire des courses.
le sentier n°9 se trouve à 3.5 km de Troullaki.

>Au début de ma promenade, je croise un berger qui me souhaite bonne route « kalo dhromo ! » . Le sentier court entre des murettes, schiste, gneiss et une roche caverneuse, dolomite peut-être. Je suis passée sans la voir devant la tour de Kabanario , La Tour Ambourdektis est bien signalée sans ce panneau, je n’aurais pas fait la différence entre les vestiges et les restanques et les murettes bordant le sentier ;  cela m’amuse de penser à tout ce réseau de tours à signaux que les anciens avaient élevées pour protéger leurs richesses. Le sentier suit l’arête d’une colline rocailleuse. Je devine les bulbes d’asphodèles, tout est sec. Le vent souffle à 31km/h « Jolie Brise ». Je n’avais pas vu d’Aghios Nikolaos se trouvait au niveau de la mer. Je descends le sentier en pensant à la remontée. Elle est plus facile que je ne le craignais. A la Tour Ambourdektis, je trouve le second sentier qui descend sur Heronisos sur l’autre versant de la colline, plus loin de l’eau et moins beau que le précédent.

La des cente vers Heronissos

Heronissos est un petit port niché au creux d’une baie protégée. Seuls les caïques des pêcheurs sont à l’ancre, une douzaine de petites barques, un bateau de pêche un peu plus gros, sur des toiles plastiques les filets jaunes sont soigneusement rangés. Une minuscule plage avec quelques tamaris, une cabine pour se changer, deux tavernes et une boutique qui vend des biscuits de l’épicerie de base et des cartes postales. En nageant, je compte les maisons, pas plus d’une trentaine, maisons de pêcheurs et maisons de vacances, rien ne les distingue ; Pas de terrasse chichiteuse, du linge qui sèche, des serviettes et des maillots. La plus jolie terrasse est un restaurant de poisson. Les poissons au poids sont bien cher, nous piochons dans les mezzés végétariens : aubergines frites, croquettes de pois chiche (falafels), beignets de courgette (courgettes râpées dans une pâte spongieuse et saganaki (une tranche de fromage cuite). Le saganaki est un fromage dense, presque dur. Nous aurions été mieux inspirées de prendre de la salade plutôt que des beignets. Tout cela est sec et manque de crudités.

la baie de Heronissos

Sur un promontoire qui s’enfonce dans la mer, un monastère Aghios Giorgios, cube blanc dans un enclos. La vue sur la baie est fantastique.

 

Au sud de Sifnos : la baie de Vathy

CARNET DES CYCLADES -SIFNOS

Baie de Vathy

Vers le sud : Vathy

Continuant la route nous apercevons la plage de Plati Gialos sans y parvenir.  Nous nous retrouvons à Vathy.

La baie de Vathy est ronde avec une étroite passe entre deux caps montagneux. Les yachts y font escale, il y en a 6, un grand voilier et un monstre à nez pointu entrent pendant ma baignade. Un tout petit quai se trouve derrière l’église de Taxiarchis – église double aux deux coupoles blanches qui s’avance dans la baie. Du haut de la route on a une vue plongeante sur un complexe touristique autour d’une grande piscine. Il se fond dans la verdure et au niveau de la mer on le devine à peine. Deux grands parkings sont prévus pour les voitures qui n’arrivent donc pas au bord de l’eau : tant mieux ! Deux tavernes ont installé leurs tables sur le ciment qui borde la plage. Plus loin, se trouve un beach-bar surmonté d’une enseigne « Vathysupermarket, articles nautiques », encore plus loin, je découvre une troisième taverne cachée sous un gros tamaris.

jolie taverne les pieds dans l’eau

La taverne aux tables bleues affiche au menu des spaghettis aux oursins et autres mets recherchés, nous lui préférons Okeanida – tables blanches qui propose une cuisine familiale. Nous avons été bien inspirée. La première accueille des touristes et se remplit déjà à midi tandis qu’on nous prévient que le service d’Okeanida ne commence pas avant 13h30. Cela nous arrange bien, pendant ce temps-là j’irai me baigner !

Baignade somptueuse, calme et transparence de l’eau. Je nage en compagnie de dames grecques qui papotent autour des beaux bateaux. Cela me sécurise de ne pas être seule, les plaisanciers feront plus attention.

Le menu garantie des produits d’origine locale, un astérisque signale les plats faits avec des ingrédients surgelés. Nous éliminons calamars et moussakas ainsi signalés. Agneau au citron et tomates farcies sont excellents, l’agneau est parfumé aux herbes de la montagne, menthe et persil dans les tomates. Servis avec des frites et une bouteille d’eau : 20€. On ne nous a pas imposé le pain pas nécessaire avec les frites et le riz !

A notre retour à Grand View, le studio a été nettoyé, le plombier a réparé la fuite, la lampe grillée remplacée. Il ne reste plus qu’à régler les chaînes de la télévision mais je n’ose pas le demander à la vieille dame. Notre voisin brésilien a réglé son poste « vous voulez vraiment voir le foot ? Il n’y a que cela ! ». Le porte-savon en verre a glissé et s’est brisé, il y a du verre partout dans la salle d’eau. Comment dit-on « balai » en Grec ? « Skoupa ! » Cela ressemble à « scopa » en italien, je m’en souviendrai :

Kamares by night4

La soirée se déroule tranquillement sur la terrasse. Pas de ferries ce soir, les restaurants sont pleins. La baie de Kamares vibre d’une clameur : la suède a marqué un but contre l’Allemagne. Les Grecs prennent-ils leur revanche ? L’Allemagne finit par gagner. Samedi soir, la vie nocturne est bruyante, jusqu’à 2h du matin nous entendrons de grands éclats de voix qui nous forceront à fermer la porte.