la Vénus de Lespuguefut découverte le 9 Aout 1922 dans la Grotte des Rideaux de manière fortuite et fractionnée en 11 morceaux. Sculptée en ivoire de mammouth, elle date du Gravettien.
Une vidéo présente les recherches scientifique correspondant à la restauration et à la structure de la statue. Coppens raconte dans une autre vidéo comment, intrigué par la forme des fesses, qu’il trouvait illogiquement à l’envers, eut l’idée de la retourner et découvrit un autre personnage à l’envers, cheveux ou pagne? Cette structure double ajoute à son mystère et son charme
Sa silhouette en losange a inspiré de nombreux artistes dont Brassaï, Arp ou Zadkine
ou plus récemment Gabriel Sorbin qui a sculpté une belle pièce en albâtre (2019)
Alexandra Sanddessina une série d’études au charbon sur papier qui aboutirent à de grands panneaux à la suite d’un dialogue avec Coppens autour de la Vénus de Lespugue
Alexandra Sand
les Mountaincutters ont réalisé des répliques de la Vénus de Lespugue en verre soufflé (Bruxelles 1990)
Mountaincutters verre soufflé
tandis que Muriel Decaillet a décliné le thème en textile
sans oublier Louise Bourgeois qui l’imagine enceinte
louise Bourgeois
Une centenaire (si on se réfère l’année de sa découverte) ou une ancêtre… qui offre un modèle à une féminité moderne dans la vidéo d‘Ana Guinzburg : What is beauty
Voir du Street-Art à l’intérieur d’une galerie? A priori, cela ne va pas de soi, le Street Art c’est l’art de la rue, comme le cinéma a sa place d’abord en salle. Ce n’est pas ma première fois, j’avais été à Malakoff pour une exposition Banksy et j’avais découvert Jeff Aerosolà la MAC de Créteil. J’aime les découvertes au hasard (ou non) des promenades dans le 13ème ou à Vitryoù Christian Guémyalias C215 a beaucoup travaillé. Encore mieux, la découverte par hasard, à Sarcelles ou ailleurs du style et de la signature de C215 !
Clochard
Bonneuil est notre voisine, je ne pouvais pas passer l’occasion de mieux connaître l’artiste, graffeur et pochoiriste. Son Soulage est un hommage au peintre, autre hommage à Ernest Pignon Ernest
Soulage
C215 fait apparaître des visages sur les murs des cités, visages connus ou anonymes comme le clochard ou les amoureux de Catane
c215 les amoureux de Catane
portraits de hasards ou de circonstances parfois très politiques ou de mémoire, comme Joséphien Baker avec son calot militaire ou Cabu et une victime des attentats de Charlie Hebdo
Cabu
La plupart des œuvres présentées sont des œuvres présentées sont des photographies prises sur place dans la rue où même en prison
Dans la prison de Versailles
C215 peint aussi le mobilier urbain, j’aime bien les boîtes à lettres décorées ici ce sont des pompes à essences très politiques l’une d’elle porte d’un côté le portrait de Khomeini de l’autre le président Carter, aussi sur une autre Bush
« j’ai toujours aimé davantage peindre sur des objets que sur des toiles ou des feuilles blanches. Comme dans la rue les objets me fournissent un contexte avec lequel je peux interagir, qu’il s’agisse de la patine, de la matière de la forme de son époque ou de sa fonction… »
c215pompe à essence Khomeini
l’avantage dans une exposition en galerie est de lire les cartels où l’artiste s’exprime
En 2001, j’ai pleuré au Louvre devant un portrait de cheval poignant peint par Géricault. C’est ainsi que j’ai compris la puissance du portrait animalier »
Chat saint Petersbourg
« Dans la tradition du pochoir nombreux sont les artistes qui se sont identifiés à un animal urbain. chacun songe au rat de Blek ou de Banksy. J’ai pour ma part opté pour le chat, animal mutique et mystérieux »
J’ai bien aimé m’approcher des œuvres, lire les textes mais il me semble que la place du street-art est la rue et les cimaises des galeries sont trop tranquille pour cet art vivant.
« Elles sont des millions de femmes, à transporter des millions de kilos, sur des millions de kilomètres. Chacune, à sa manière, porte une part du monde. «
Indiennes, Africaines, Asiatiques, dans tous les pays où la motorisation n’est pas encore courante, ce sont les femmes, parfois de très petites filles qui portent des charges nécessaire à la survie de tous : l’eau dans des bidons ou des bassines, le bois nécessaire à la cuisson des repas, les récoltes, la lessive….
Sur la tête ou à l’épaule,
Ou les récoltes
coton
Quand les voitures, tracteurs prennent le relais les femmes font du sport
je n’ai pas retenu la photo de la femme enceinte qui porte le monde à venir…
Une belle exposition féministe qui montre des femmes fortes.
Lekha Singh
Lekha Singh est une artiste visuelle américaine. Jouissant d’une notoriété internationale, elle a eu l’occasion de voyager dans le monde entier, et de puiser dans ses voyages son inspiration artistique. Elle a exposé son travail photographique, depuis 2004, dans de nombreux musées américains
Sam Szafranest né à Paris en 1934 dans une famille juive polonaise. Pendant la guerre, se cache à la campagne alors qu’une grande partie de sa famille est exterminée dans les camps. Autodidacte, il est initié à la littérature et la peinture dans les cafés et ateliers de Montparnasse.
Atelier – 1970 – fusain
Nous découvrons d’abord d’intéressantes études au fusain de son atelier. chaos très étudié de cadres, châssis, chevalets. En regardant plus attentivement on découvre le dessinateur à sa table, parfois seulement ses deux mains dans un coin. Allongé il se repose…Grande précision ans le dessin.
Atelier de la Rue Crussol
La salle suivante réunit des études de son Atelier de la rue Crussol, le titre est Le chaos apprivoisé. Avec les pastels, la couleur fait irruption dans ces études d’atelier où il décrit sa vie quotidienne, ses outils avec des gammes de couleurs dans ses boites bien rangées de pastels.
L’imprimerie Bellini
Ancienne fabrique de lithographie cette imprimerie fut un lieu important dans les années 1970. Szafran dessine les volumes de la verrières, les escaliers, les machines sous différentes perspectives. on peut voir les ouvriers au travail.
Funambule (1969)
Le Vertige de l’escalier
L’escalier est un thème qu’il a déployé de manière cinématographique : les différentes perspectives sont vertigineuses et suggèrent une déformation de la vision. C’est l’escalier du 54 rue de Seine, siège de la Revue poétique La Délirante . Il dessine aussi des personnages coincés et dans une illusion d’optique.
l’escalier du 54 rue de Seine
Dans l’escalier, des personnages découvrent le monde extérieur. le paysage fait irruption dans le tableau
Désormais, Szafran utilise l’aquarelle. Il peint aussi de grands tableaux de paysages urbains
Tableau paysage urbain
l’escalier structure encore le bas du tableau tandis qu’autour de la cour, les murs se déploient en un curieux entonnoir sous des toits plus conventionnels
L’invasion de l’intérieur
C’est l’invasion du feuillage : philodendrons et aralias se développent jusqu’à occuper tout l’atelier du graveur. Dans ce luxuriant jardin d’hiver les feuillages dessinés avec une précision extrême masquent les personnages. On devine encore un escalier dans l’un d’eux, un personnage se cache : Lilette (la femme du peintre). un tableau est un hommage à George Pérec qui a publié Espèces d’Espaces, un autre à Jean Clair.
Les formats des tableaux deviennent plus grands, et plus colorés, les végétaux de plus en plus étouffants. On imagine les tropiques, l’Asie du sud Est ce qui n’est pas fortuit , le peintre Zao Wou Ki lui a justement prêté son atelier!
Eblouie! Impressionnée par les immenses diptyques, triptyques, polyptyques éclatants de couleurs qui explosent et emportent tout.
J’ai adoré ces jaunes chaleureux qui évoquent des tournesols
Je suis captivée comme au spectacle d’un feu d’artifice. Je m’arrête pour détailler les traces des coups de pinceaux, des coulures, des reliefs, parfois des grosses taches épaisses (j’aime moins).
Difficile de mettre des mots sur ces sensations violentes. D’ailleurs, Joan Mitchell ne donne que de très rares indices pour une analyse ou une description. Rares références de lieux ou de circonstances.
No birds
No Birds est une allusion àVan Gogh: même champ de blé mais pas de corbeaux comme dansLe Champ de blé aux corbeaux . Joan Mitchell est à Vetheuil non loin d’Auvers-sur-Oise.
.
J’ai beaucoup aimé les jaunes, mais Mitchell sait aussi varier les couleurs et les techniques : j’ai imaginé des prés, des champs dans ces à-plats rectangulaires, imaginé des fenêtres sans qu’aucune indication n’y fasse allusion.
Vétheuil
ici, dans cette salle où les toiles de Joan Mitchell dont confrontées à celles de Monet, le cartel précise qu’il s’agit bien de la vue de sa terrasse de Vétheuil. La mise en scène de cette confrontation est réjouissante!
Joan Mitchell et Monet : l’heure des bleus
Entre saule et nymphéas, les tableaux de Joan Mitchell s’insèrent parfaitement, se répondent. Accrocher un tableau face aux nymphéas pourrait être dangereux. Et bien non! Mitchell prend sa place en face du Maître de Giverny qui aurait pu être son voisin à cinquante ans près.
Monet : Pont Japonais
Le Pont Japonais frôle l’abstraction. Il figurait auprès des Peintres abstraits américains dans l’exposition à L’Orangerie en 2018 :Nymphéas : l’abstraction américaine et le dernier Monet .
Occasion aussi de découvrir un jardin de Monet que je n’avais jamais vu
Monet : Maison de l’artiste vue du jardin
ainsi que des hémérocalles, des agapanthes de toute beauté. Quelques fois j’ai des doutes, cet arbre est-ce Monet ou Mitchell?
Impressionnante, la série de la Grande Vallée ; dix immenses tableaux peints en 1983-1984
La Grande Vallée
J’ai volontairement photographié les visiteurs pour donner une idée de l’échelle.
la Grande Vallée
Une exposition réjouissante. Laissez-vous séduire par cette explosion de couleurs et de sensations!
J’avais découvert Garousteau Musée de laNature et de la Chassedans une présentation du tableau Diane et Actéonqui m’avait bien intéressée CLIC
Pinocchio
Je ne connaissais pas la vaste production du peintre et cette rétrospective au Centre Pompidou a été une surprise. : elle retrace son œuvre sur une quarantaine d’années et se répartit sur plus de 18 salles (+ la chronologie). Il faut prévoir une bonne après-midi et peut-être, comme moi, vous fatiguerez avant la fin ; ce qui est dommage parce que les œuvres les plus récentes sont passionnantes.
EN CHEMIN LE PASSEUR S’INVITE DANS LES SALLES OBSCURES DU PALACE
Garouste, avant d’être un peintre reconnu à part entière se consacra à la décoration et au décor de théâtre. Il construisit une installation La Règle du Jeu avec des objets, des piquets figurant des personnages, un masque, des énigmes. Une série de tableaux ayant aussi pour titre La Règle du Jeu représente une comédie policière, dispersant les énigmes comme au Cluedo. J’ai passé un peu trop de temps à chercher les indices…
Adhara
Après les décors on en arrive avec de très grands formats à des peintures impressionnantes: dans une atmosphère sombre, deux personnages, l’un d’eux, yeux bandés l’autre accompagné d’un chien, semblent dédoublés : sont-ils Le Classique et l’Indien, figures récurrentes à cette époque? D’autres tableaux sombres, gris ou bruns ont des titres lourds de significations, Constellations, Orthros et le Classique.
Orthros et le classique
Orthros est le chien bicéphale, psychopompe, dit le cartel je remarque une grande maîtrise dans le dessin. En même temps je cherche à mobiliser les souvenirs de la mythologie grecque, sans succès. Un autre tableau s’appelle Orion, encore une constellation, encore de la mythologie. Colomba, encoreune constellation mais aussi des allusions littéraires à Prosper Mérimée, et à Henry James avec l’Image dans le le Tapis.
Garouste nourrit sa peinture de clins d’oeil, un Déjeuner sur l’herbe est composé de deux femmes habillées et d’un homme nu. Dans la Chambre rouge, encore une inversion aux codes habituels : l’homme git sur le lit alangui tandis que la femme est debout.
La chambre Rouge
Personnages à l’antique (lutteurs) et nature morte géante avec un énorme vase bleu qui revient à plusieurs reprises dans la série de tableaux. La couleur violente fait apparition dans les années 1985. Le Commandeur, sa statue renversée sont aussi des sujets de la série. La salle suivante nous plonge dans l‘Enfer de Danteavec des allusions à Delacroix avec le bateau qui conduit Dante et Virgile
Dante
Inspirée de Rabelais, La Dive Bacbuc, une curieuse installation cylindrique, peinte aussi bien dehors qu’à l’intérieur, visible par des œilletons.
Don Quichotte et les livres brûlés
Cervantès aussi : un portrait de Quichotte avec la figure de J. M. Ribes
Le théâtre de Don Quichotte
On voit maintenant les ânesqui vont peupler nombreux tableaux. Ânes bibliques ou non
Balaam 2005L’ânesse et la Figue
l »âne et les ânesses figurent dans nombreux tableaux y compris dans Le Pont de Varsovie et les ânesses
le Pont de Varsovie et les ânesses 2017
Comme j’ai beaucoup de sympathie pour les ânes je les ai photographiés!
A partir de 1990 Garouste s’intéresse à l’hébreu, aux épisodes bibliques mais aussi au Talmud et au Midrach. Il Illustre la Haggadah de Pessah et la Meguilat Esther.
Meguilat Esther
Une grande trilogie prend pour sujet Pourim : les masques m’avaient fait penser à Venise avant que je ne lise le titre,
Pourim
Nombreux tableaux sur des thèmes juifs, aussi bien bibliques que plus modernes comme les portraits de Kafkaque de rabbins. Celui qui m’a touchée c’est la sculpture de Jonas : une arche avec une voile sur des vagues qui contient dans un tiroir secret 4 chapitres du livre de Jonas pliés en leporello (livre accordéon) en hébreu, français, phénicien, yiddisch, latin, allemand.
Jonas
A vrai dire, je suis arrivée fatiguée et saturée dans ces dernières salles aux thèmes juifs qui sont très intéressantes et j’ai regretté de ne plus être assez concentrée pour m’y consacrer plus sérieusement.
Sally Gabori peint son île, l’île de Bentick, au nord de l’Australie. Aborigène de la tribu kaiadilt, elle a quitté son île natale pour vivre sur l’île Mornington où est établie une mission presbytérienne. 1945 – 1947, Diverses catastrophes naturelles dont un ras de marée chasse les Kaiadilt. Ils ne peuvent y retourner que 50 ans plus tard et ce n’est qu’en 2004 que les droits territoriaux des aborigènes sont reconnus.
Sally Gabori Nyinyilky
En 2005, âgée de 80 ans, Sally Gabori peint pour la première fois. D’autres femmes kaiadilt se lancent également dans la peinture et réalisent avec elle des peintures collectives très colorées que j’ai beaucoup aimé
Sally Gabori & al : Sweers Island
Il faut imaginer la taille : plus de 6m de long de ces peintures éclatantes de couleurs. Abstraction ou figuration? Les titres sont des lieux de l’île. La médiatrice parle de peinture cartographique, topographique. Sally Gabori nous emmène dans un voyage enchanté où elle figure un lagon, une source, une rivière. Il faut se laisser emporter dans ces lieux, imaginer les murets de pierre, pièges à poisson, les mangroves et se laisser conter la légende fondatrice de la Morue de roche, le Dibirdibi qui a creusé la terre avec ses nageoires et dont le foie s’est transformé en source d’au douce….
Dibirdibi country
Pour mieux imaginer l’échelle j’ai photographié un personnage
Je ne connaissais pas du tout Eugène Leroy j’avais juste vu les affiches dans le métro et je n’étais pas convaincue. C’est l’article dans le blog des Lunettes rouges qui a attiré mon attention. Et j’ai passé une matinée, fascinée.
L’exposition est thématique, des œuvres d’époques différentes se côtoient, certaines portent une date, certaines deux, le tableau a été revisité peut être vingt ans plus tard.
Leroy Valentine
Même modèle. Evolution dans le tableau qui a subi des empâtements
Leroy Valentine
Face aux portraits de Valentine ceux de Marina. Le modèle disparait sous les couches de peinture. Une femme blafarde émerge
Une démarche analogue s’applique à la section suivanteAprès les Maîtres
Leroy 1943 : La Parabole des Aveugles
Si les tableaux présentés ici sont loin de l’académisme, Leroy connaît les peintres, s’en inspire, les revisite. En 1943 sa peinture est ici très figurative. il ne copie pas le tableau de Breughel, on voit encore les personnages.
Leroy : La Ronde de Nuit d’après Rembrandt
On ressent une parenté dans l’éclairage, l’atmosphère. Il faut prendre du recul Giorgione est aussi revisité dans le Concert Champêtre – thème qui occupe toute une section .
Leroy Le concert Champêtre
le Concert Champêtre a tant de relief que je m’approche, essaie de l’aborder de profil par la tranche comme une sculpture.
Nus
Leroy : Les Trois Grâces
Avec les Trois Grâces toute une série de nus, debout, couchés, assis « bleus », « jaune »
Leroy Nu bleu
D’une sorte de magma de couleurs émerge une figure blafarde. Je m’assois sur le banc pour les voir surgir avec plus de netteté. Ces silhouettes informes au premier regard semblent venir vers moi.
Portraits
Leroy : autoportrait
Une grande salle est remplie de têtes, autoportraits : tableaux très sombres qu’il faut apprivoiser. Ils sont très expressifs. Un regard ébahi, halluciné sort de l’ombre, le haut du visage caché.
Fleurs, arbres, paysages
Les fleurs sont très colorées. Un rouge vif jaillit du tableau. J’ai proféré les arbres et les troncs.
Crucifixions
Leroy Crucifixion
Peintes autour des années 50, elles sont plus figuratives et moins épaisses.
Après toutes ces séries sombres la suite de l’exposition se trouve dans de grandes salles blanches avec un éclairage zénithal. De nombreux petits paysages , ciels et marines sont alignés. Les paysages sont frais et lumineux. On ne croirait pas qu’ils sont l’œuvre du même artiste. Tous sont datés des années 50 ou 60.
L’exposition se poursuit dans ces salles très claires mais déclinent encore de grands tableaux très épais, empâtés, encroutés avec beaucoup de brun et de noir. Retour à Giorgione et à Vénus. j’ai choisi la Vénus jaune
Venus jaune 1992
C’est une exposition surprenante. Il faut du temps et de la disponibilité pour se laisser attirer par cette peinture difficilement lisible, peu aimable. Elle incite à la méditation : Il faut laisse le sujet venir au spectateur.
Le château deCarros est le siège d’un Centre International d’Art contemporain que j’ai visité avec grand intérêt. A côté de musées prestigieux d’artistes célébrissimes comme Picasso, Matisse, Chagall ou Fernand Léger, je suis ravie de découvrir des inconnus qui m’interpellent avec ces deux expositions.
Autre temps, Autre lieu du 12/02/2022 au 29/05/2022 regroupe les œuvres de deux plasticiens Véronique Champollion et Francis Puivif.
Puivif – Entre temps
Francis Puivifa d’abord réalisé des collages puis il a collectionné différents objets pour en construire d’autres, une mappemonde agglomérant des boîtes, des morceaux métalliques. il a fabriqué des tableaux avec des cadrans d’horloges avec des tiges, des mécanismes et des clés formant des personnages « Entre temps » …
Puivif – L’atelier de Zeus
D’autres compositions sont de plus grandes taille, agglomérant des couleurs, des crayons, des cartes colorées comme cet « Odyssée nocturne » dont la coque du bateau est en papier à musique ou « L’atelier de Zeus » à la coque rouge. Il recycle toute sortes d’objets. Son installation recrée l’univers de l’atelier de l’artiste dévoilant son travail, son désordre et le hasard de la création artistique.
Véronique champollion
Véronique Champollion a investi le château en l’interprétant. Elle l’a habité de compositions fantaisistes en papier mâché, s’est inspirée des gypseries des plafonds, des fresques et d’éléments mythologiques.
Fresques du château de Carros
Elle utilise le papier mâché le papier plié coloré et vernis. parfois ses compositions sont de grande taille. Je n’ai pas trop aimé ses grandes femmes blafardes soulignées de noir. Elle réunit animaux et personnages : sa forêt en papier plié présente des dizaines d’oiseaux, papillons, personnages suspendus à des fils. Elle a inspiré les enfants des écoles qui ont réalisé leur forêt que j’avoue préférer à celle de l’artiste chevronnée, plus colorée.
Champollion : La fuite
Une pièce du château avec une magnifique cheminée et une frise sert de support à « la fuite« , course très réussie d’animaux, lapins, oiseaux qui s’élancent entres des jambes humaines sur le mur blanc .
V Champolion : saisons
Dans le même esprit, une salle a pour thème les Quatre saisons, celles de Vivaldi, de Hölderlin, tableaux colorés avec faunes satyres ou musiciens répondant à la frise végétale. j’ai peu apprécié les tableaux individuellement mais l’ensemble est convaincant.
Hommage à Bruno Mendonça
Mendonça : Morse
Le peintre décédé en 2011 avait en 2002 créé à Carros des Bibliothèques éphémères . Le CIAC lui consacre plusieurs salles dans le château de Carros. j’y découvre une œuvre très diverse avec de grands tableaux colorés sur papier (350cmx200cm) représentant des eskimos débitant un morse et des chameaux et des compositions géométriques plus abstraites, « Triangulations » jeu de formes et volumes dans le projet de bibliothèque ainsi que des composition à base de codes-barres très réussies.
Mendonça : triangullations
Au rez de chaussée, je fais connaissance avec Octave Guillonet (1872-1967)
Circuit du Guide Vert p.306: Le circuit des Crêtes 59 km
SAINT JEANNET
Saint Jeannet domine le paysage sur son rocher en dessous des Baous, village d’où partent les amateurs d’escalade : j’en croise deux, équipés chacun d’une belle corde verte autour du torse. Ma promenade dans le village est beaucoup plus tranquille sous le soleil matinal dans le calme des rues et placettes. Des plaques en céramique racontent l’histoire du village.
La place de la Soucare ou place des Masques était celle où se réunissaient les sorcières.
Saint Jeannet Tour Sarrazine
Sur la place principale, un grand lavoirfait face à une tour ronde, la Tour Sarrazinequi donne son nom à la rue.
Saint Jeannet
La rue du Treillard rappelle que des vignes couraient le long des murs. Saint Jeannet est réputé pour son vin et possède un cépage original. Un belvédère domine la vallée. Sur cette terrasse : « maisonnette de Tzara » J’arrive à une porte : La Porte du Ferrage qui n’a rien à voir avec les fers des équidés mais avec le fourrage. le four à pain communal a été transformé en cinéma. Cette promenade est charmante et me rappelle celles que je faisais dans les villages grecs.
Place de l’2glise à Saint Jeannet
GATTIERES
Gattières est un autre village perché. Le panorama, sur les sommets des Alpes enneigés me fascine. En revanche, la vallée du Var occupée de barres d’immeubles et couverte de serres en plastique est beaucoup moins séduisante. Le Varcoule au milieu de galets et de rochers gris (en hiver c’est l’étiage).
Gattières village perché
De la voiture, le village se détache sur les montagnes et ferait une belle photo. Dès qu’on a trouvé une place sur le bas-côté pour la voiture je ne retrouve plus la photo idéale. Quatre poteaux en ciment encadrent le village, ou il se devine derrière la ramure d’un arbre défeuillé. je remonte pendant cinq bonnes minutes la route. Rien! A mon retour, furtivement je trouve le cadrage.
je monte au Château Grimaldi par la Montée du château, raidillon entre les « maisons-remparts ». Dans ce village piétonnier on a disposé des poteries avec des plantes grasses dans la rue. Au sommet de la Montée l’église est fermée, je ne verrai donc pas Saint Nicolas polychrome promis par le Guide Vert. Du château Grimaldi, il ne reste qu’un tour arrasée, sa base haute de quelques mètres.
CARROS
Le château de Carros
Pour arriver à Carros la route serpente à flanc de la montagne au dessus de la plaine du Var. on devine le village perché, puis on le perd, et le retrouve. De grands parkings ont été aménagés pour préserver le calme du village. L’office de tourisme se trouve dans une belle villa XIX ème : la Villa Barbary. il est fermé. Nous garons la voiture dans le Parking du Moulin Briquet qui a aménagé un belvédère avec une table d’orientation à 360°. Je note l’altitude des sommets enneigés : la Cime de Malédie 3059 m et le Gelas 3145 m dans le Mercantour à la frontière italienne.
Par les petites rues de Carros
le village entièrement piétonnier est très tranquille et ses rues sont joliment décorées. Mention spéciale à une minuscule placette sous la treille. je grimpe des marches (faciles) pour arriver au château médiéval XIIème s. occupé depuis 1998 par le CIAC (Centre International d’Art Contemporain) qui accueille deux expositions en plus des collections permanentes : Autre temps, Autre lieu du 12/02/2022 au 29/05/2022 regroupe les œuvres de deux plasticiens Véronique Champollion et Francis Puivif ainsi qu’un Hommage à Bruno Mendonça
Carros : Treille
Après Carros, Le Broc est notre étape suivante dans le circuit. la route est spectaculaire, dominant le Var et son affluent l’Esteron. Les montagnes des Alpes et le Mercantour semblent très proches.
LE BROC
La Danse à sur le mur de l’église
Le Brocest un bourg tranquille avec une placette entourée d’arcades avec un restaurant et une fontaine. le guide Vert signale que l’église a été décorée par Guillonet dont je viens de faire la connaissance au musée de Carros. Malheureusement, l’église est fermée. je n’aurai pas fait le détour pour rien : un joli ensemble en fer forgé figure une danse et une ronde sur le mur à l’arrière du monument. Je me promène dans les rues aux noms pittoresques. Cela m’amuse de constater que la Grande Rue est à peine assez large pour qu’une Twingo y passe, je dois m’effacer sous une porte pour la laisser passer.
Notre route décrit une épingle à cheveux pour franchir le ruisseau et nous conduire à Bouyon.
BOUYON
Bouyon : Place de la Fontaine
Encore un village perché qui se distingue des précédent par ses façades colorées autour de placette : place de la Fontaine, Place du Four communal. je découvre une terrasse formant belvédère aménagée avec un petit amphithéâtre en creux (jeux de balle interdits, sans doute à cause du ravin).
COURSEGOULES
Dernier village avant le retour par le Col de Vence.
Un vaste parking bétonné accueille les voitures des randonneurs et des campeurs équipé d’un ascenseur et de toilettes. Mais quand je me promène dans le village j’ai l’impression d’un village-fantôme.
Retour par Vence : j’en profite pour visiter la Chapelle du Rosaire décorée par Matisse. (interdit de photographier à l’intérieur de la chapelle, mais permis dans le petit musée en annexe)
Je remarque les vitraux somptueux, le grand Saint Dominique à côté de l’autel. le chemin de Croix est original, au fond de la chapelle dessiné sur le carrelage.