Vésuve

RETOUR A NAPLES

le Vésuve encore embrumé

A six heures moins le quart, je tire les rideaux : le ciel est couvert,   la Vésuve dans la brume. Quelle malchance ! Déjà, il y a huit ans, le brouillard avait complètement caché le volcan, on n’y voyait pas à trois mètres. C’était alors en février, juillet ne nous sera donc pas plus favorable ? On se rendort. Une heure et demie plus tard, les nuages se sont dissipés, la brume a disparu. On part.

Tout d’abord, crochet par Capodicchino, l’aéroport pour repérer les lieux, surtout où l’on rendra la voiture.

Vésuve

Autoroute de Salerne, sortie Ercolano, des flèches marron indiquent la route qui grimpe jusqu’au sommet. Le Vésuve est dans un parc naturel. Comme partout, en Italie du sud ou en Sicile, on a la manie du grillage. Les papiers gras, sacs plastiques s’accumulent le long de grillage rouillé. Le Vésuve est bien sale ! Des genêts embaument,  je n’aurais jamais pensé qu’ils seraient en fleurs en plein été ! J’avais oublié que nous sommes à 1000m d’altitude.

Parking gardé, buvettes, magasins de souvenirs. L’eau en petite bouteille se vend 1€. Entrée payante, bien sûr ! La montée s’effectue dans les scories par un bon chemin. Un vieux et  une vieille, à l’air de paysans proposent des bâtons de leur fabrication tout simples, taillés au couteau, solides et sans fioritures. Ils ont dû les fabriquer par centaines. « Ne payez pas tout de suite, vous donnerez la mancia au retour. » Industrie simple et lucrative. Le bâton est indispensable, la montée est raide et les scories glissantes à la descente.

 

Ciel très pur de montagne tandis que Naples est encore noyée dans la brume – ou peut être la pollution ? –Si la visibilité avait été meilleure nous aurions pu faire nos « révisions », je devine les docks et les grues géantes les plus proches, le château S Elmo sur le Vomero mais j’ai du mal à distinguer le Château de l’œuf, quant au Pausilippe et aux îles, je les cherche en vain. A nos pieds, une coulée encore fraîche, n’a pas encore été colonisée par la végétation.

Cette excursion tient plus du pèlerinage que de l’exploit sportif. Malgré la foule, les buvettes, les stands d’agates et d’hématites peintes en bleu, la fascination demeure. La vision fugace de l’avion Catane-Milan m’avait impressionnée avec le cratère profond. J’ai envie de le toucher. Depuis l’atterrissage à l’aéroport j’ai été frappée par la permanence de sa silhouette à Naples, sa présence insistante. Même dans les ruelles étroites du Vieux Naples on réussit à l’apercevoir. Dès que l’horizon se dégage, il est présent. Ce n’est pas le plus haut ni le plus beau des volcans de ma collection mais c’est celui qui est le plus chargé d’histoire, le plus familier. J’ai lu et relu les lettres de Pline le jeune. Les derniers jours de Pompéi ont été le livre de chevet de ces vacances.

La montée a été beaucoup moins pénible que nous ne le craignions, deux rampes et nous voici au bord du cratère. Les chères provisions d’eau n’étaient pas nécessaires ! J’aimerais photographier le trou énorme avec ses murailles verticales. C’est impossible avec un objectif de 28 peut être en jouant avec les ombres projetées ? Nous avons fait tellement de photos de volcans au Teide que ce que je prends ici ne peut que décevoir. A Fogo, le souffle coupé par la pénible ascension, je n’avais même pas regretté d’avoir oublié l’appareil. Nous aurions pu descendre dans le cratère fumant, les parois étaient moins abruptes qu’au Vésuve. Un chemin de crêtes permet de faire la moitié de la circonférence. Des fumerolles se dégagent encore.

Le Vésuve s’est endormi en 1944,  il a perdu son panache. Je détaille les couches de scories et de lave compacte. De temps en temps une roche de lave grise procure un banc au promeneur fatigué, une cassure au marteau permet de distinguer des cristaux blancs et noirs.

Entre temps, la  brume se lève, les ports au pied du volcan apparaissent : Torre del Greco, Torre Annunziata. Je reconnais Herculanum. J’aimerais voir Pompéi.

 

En retournant à Novotel par l’autoroute nous retrouvons la chaleur accablante et profitons bien de la belle piscine.

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Caserta :La Reggia de Caserta

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Les jardins de la Reggia de Caserte

A cinq heures, bien rafraîchies, nous repartons visiter un ultime site : la Reggia de Caserta – réplique de Versailles, dessinée par Vanvitelli au 18ème siècle terminée au 19ème. Il faut choisir entre le palais et les jardins. Ce sera les jardins. Grande promenade de trois kilomètres sur l’axe perpendiculaire au palais qui divise le parc en deux, rafraîchie par une série de bassins de jets d’eau, de cascades. Le parc est si grand qu’on propose des vélos et des calèches pour s’y promener. A sept heures les gardiens en voiture, chassent les visiteurs, promeneurs, amoureux et adolescents qui jouent au ballon.

 

Fontaines dans les jardins de la Reggia de Caserta

Dernière promenade italienne dans Caserta qui s’est animée avec la fraîcheur. Les cafés, fermés tout à l’heure, sont bondés. Une procession passe, nous la suivons. C’est une paroisse qui fête la Sainte Anne, tous habillés de jaune et de vert, ils ressemblent aux supporters du Brésil.

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Naples : vol et arrivée

 

CARNET NAPOLITAIN/ 8 JOURS EN JUILLET 2005


Le départ, plutôt une déroute !

Le départ ressemble à une déroute. Hier, on a cru perdre une carte d’identité. Nous l’avons cherchée longtemps pour la retrouver dans le scanner. J’en avais fait une photocopie, une semaine auparavant. J’ai égaré mon trousseau de clés dans le hall de l’immeuble. Il ne me reste plus qu’à compter sur l’honnêteté de celui qui l’aura ramassée.

La collègue qui devait nous conduire à la gare de Vert de Maisons, s’est décommandée.

L’automate qui délivre les billets est en panne.

Allons nous commencer le voyage avec une amende qui sera plus chère que le prix de la course de taxi jusqu’à Roissy? A la Gare du Nord j’ achète le ticket pour Charles de Gaulle.

Le Terminal 9, celui des charters, a été renommé Roissy 3. Seul le nom a changé ! Il ressemble toujours à un hangar vide. Une hôtesse se précipite et nous indique le numéro du comptoir d’embarquement. Le marchand de journaux n’a même pas le Monde. L’enregistrement des bagages est laborieux : les machines qui délivrent les étiquettes se coincent, ou les ordinateurs se plantent, ou les employés sont incapables … La queue n’avance pas. On s’impatiente.

En vol : Meridiana

Le vol dure moins de deux heures. Des nuages, par intermittence, cachent le paysage. Il est difficile de se repérer. Sommes- nous encore en France ? Des sommets enneigés, sûrement les Alpes, mais où ? En France ? En Suisse ? En Italie ? Le voisin derrière moi croit reconnaître Lucerne. A nouveau les nuages couvrent le champ de vision.

J’ai pris les journaux italiens distribués par Méridiana. Je lis les pages consacrées à la reconnaissance par l’Espagne du mariage gay avec droit à l’adoption. Cette mesure vient en en accompagnement de tout un train de lois sur le divorce et contre la violence au sein du mariage. Je m’attendais à plus de critiques de la part des Italiens qui ont suivi les consignes de l’Eglise en boycottant le référendum progressiste sur la procréation assistée .La Repubblica présente les lois sans trop de commentaire. Le Corriere della Sera fait une interview d’une page entière de Pedro Almodovar.

Enfin la mer ! Des îles : Elbe ? Je cherche en Toscane les lieux où nous étions l’an passé. L’avion survole des montagnes, un lac, une ville perchée, peut être Cortone ? Nous perdons de l’altitude, signe que nous approchons. Le Vésuve est visible sur l’autre côté de l’avion à mon grand regret. Nous l’avions survolé en rentrant de Sicile et le cratère était très impressionnant.

Dans le quartier de la Gare : l’hôtel

Nous rejoignons facilement l’hôtel hôtel delle Nazione. Peu de monde dans l’Alibus, pas d’embouteillage non plus. Nous débarquons place Garibaldi juste en face de la via Milano d’où on voit l’enseigne de l’hôtel delle Nazione. Le réceptionniste,parle très bien français.

Notre chambre est très propre, mobilier beige souligné de bois clair. Dans un cadre en bois, une reproduction de Guernica La climatisation est un peu bruyante mais bien nécessaire. La salle de bains, toute neuve. La chambre donne sur cour. Pour une nuit, ce sera parfait.

Premières impressions de Naples : les abords de la Gare font plutôt Tiers Monde, mélange de Barbès, d’Omonia ou de la takhana merkasit de Tel Aviv.

Boutiques d’horlogerie et d’électronique, téléphones mobiles, Tavola Calda et restaurants bon marché bordent la place sur les trottoirs, des étals divers, souvenirs africains, ceintures, pantalons et même des livres d’occasion. Des chalands zonent, des Africains, des blancs ressemblant à des gitans, d’autres un peu clochardisés.

La gare est très laide avec son auvent de béton gris aux énormes pliures en triangles grossiers abritant un hall encombré de guérites adossées au bout des quais. Au n°16 arrivée de l’Eurostar, nous devrions trouver le guichet qui vend l’Artecard ou la Campania-Artecard , le pass magique qui devrait nous faciliter l’accès à tous les sites et musées.

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Naples : promenade de la gare au Port, Piazza del Carmine

CARNET NAPOLITAIN/ 8 JOURS EN JUILLET 2005

Bric à brac piazza del mercato

Le Vésuve apparait  à chaque carrefour dès que la vue est dégagée. Naples, c’est aussi la mer. Nous descendons le Corso Garibaldi en direction du port. Entre les bâtiments se déplace la cheminée bleue d’un bateau derrière une route très large, in-traversable. Une grille enferme le port avec ses silos, ses docks qui cachent la mer. Inaccessible !

Nous marchons à l’aveuglette, sans carte ni guide, arrivons à la Piazza del Carmine. L’église, toute noire ne nous attire pas. Nous sortons l’appareil photo du fond du sac Piazza del Mercato. La lumière du soir met en valeur les couleurs vives d’un bric à brac incroyable. Des centaines de chaises de jardin ou de camping, des transats rayés, des parasols sont installés au milieu de la place, accompagnés d’échelles et d’escabeau en aluminium qui brille au soleil, plus loin, des tricycles, petits vélos et motos miniatures tous peints aux couleurs enfantines acidulées, rose bonbon, vert fluo, jaune criard. J’essaie la photo, le cadrage n’est pas facile. Tout cet étalage masque l’architecture de la place décrite dans le Guide Gallimard « en 1781 Securo réorganise cet espace irrégulier selon une scénographie rappelant l’architecture du théâtre….. »Sans la lecture du guide, de retour à l’hôtel, je n’aurais jamais imaginé que cette foire à la vie de plein air aurait pu cacher une merveille de scénographie !

Morale de l’histoire : ne jamais partir sans guide !

Tout autour de la place on vend des feux d’artifice. Là aussi, Gallimard propose son anecdote : l’embrasement de l’église Santa Maria del Carmine chaque 16 Juillet. Si nous avions porté le livre nous aurions aussi su que cette place avait été le lieu de la révolte de Masaniello et le lieu des exécutions capitales.

Scènes de rue

petite rue

Au hasard des petites rues qui tournent le dos au port. Les boutiques ferment. Peu de circulation automobile. Le quartier semble calme. En revanche les vespas occupent le pavé. Les conducteurs des bolides, sans casque,   ont l’âge du collège. On essaie de téléphoner :la conversation tourne court : en plus des pétarades des engins, une alarme s’est déclenchée dans une voiture, on entend la sirène de la police. Impossible de s’entendre : on enverra des SMS !

Au dessus de l’épicerie, un seau en plastique bleu descend au bout d’une corde, une femme y place de la marchandise.

Les immeubles aux façades lépreuses sont parfois envahis de végétation. Un clocheton attire mon attention, ou un arbuste perché sur une coupole. Si j’espérais retrouver la noble distinction des ruines de Palerme, j’aurais été déçue. Ici, la pauvreté n’est ni distinguée ni pittoresque.

Le Corso Umberto 1er est une artère animée bordée de jolies boutiques. Ce sont les Diner d’ une escalope panée  achetée dans une Tavola Calda et une salade au Mc Do et une grande bouteille d’eau chez les chinois.

Naples souterraine

CARNET NAPOLITAIN/ 8 JOURS EN JUILLET 2005

Pour déjeuner, une pizza et moi, une livre d’abricots que nous avons à peine le temps d’avaler : la visite de Naples Souterraine commence à 14heures.
Je ne sais pourquoi cette visite est celle que j’ai le plus désirée. Le guide est français, nous sommes trois, un français, sa copine napolitaine et moi,  descendons par un bel escalier aux marches basses, presque une rampe, et arrivons dans les carrières de tufo, roche très cohérente. Les salles sont très hautes avec des piliers naturels en pyramides inversées.

Naples est creuse, comme Paris, d’ailleurs, Les Grecs, les premiers, ont utilisé cette roche légère et très résistante à la compression, facile à tailler. Seul défaut, elle est poreuse. C’est une roche volcanique, grise assez claire, comparable à la pierre de Volvic. Après les Grecs, les Romains tirèrent parti du réseau des carrières pour faire passer l’aqueduc apportant à la ville l’eau venant des pentes du Vésuve ou plutôt de la Somma où se trouvent les sources. Cet aqueduc était encore fonctionnel au 19ème siècle.

L’épidémie de choléra des années 1880 causa sa fermeture. Les Napolitains utilisèrent cet espace comme décharge. Les souterrains furent à nouveau mis en service comme abris antiaériens pendant la 2ème Guerre Mondiale. Il suffit alors de concasser les débris, de rajouter de la terre et de tasser les gravats qui remplissaient 5m d’épaisseur. On chaula les parois  pour désinfecter et on installa l’électricité. On combla aussi les puits en coulant du ciment et on maçonna des escaliers d’accès.
Nous marchons sur ce sol de 1942. Plus loin, sur la muraille réapparaissent les traces de l’enduit romain qui imperméabilisait la roche poreuse : mélange de poudre de roche, d’huile végétale, de ciment à la teinte rouge  Au dessus une sorte de trottoir pour le passage des puisatiers. Dans les étroites galeries, des trous dans la paroi pour les pieds des puisatiers de part et d’autre du couloir. Ils devaient être petits : le plafond est bas. Ils devaient également être agiles pour remonter par les puits en mettant les pieds dans des encoches. Le puisatier a inspiré un personnage de légende napolitain : le « petit moine » qui s’introduisait dans les maisons soit pour voler soit pour faire des cadeaux ou encore pour séduire les femmes.
Il fait frais, très calme et humide. Un aqueduc virtuel a été reconstitué : une salle a été remise en eau. Pour y accéder, on se munit d’un bougeoir et on passe par un très étroit boyau. Le puisatier aurait utilisé les encoches, nous marchons sur un sol égal. Nous découvrons une eau verte. D’un puits, descend une jarre de terracotta. D’autres amphores complètent le décor. Je suis émerveillée. Bien sûr, rien de comparable avec les citernes d’Istanbul avec leur forêt de colonnes. Le contraste entre la ville bruyante écrasée de chaleur et la paix et la fraîcheur qui règnent ici est le même.

Théâtre romain

Un théâtre romain a été découvert depuis peu dans les caves des maisons du quartier derrière la place San Gaetano sous l’énorme église qui elle-même utilisait les colonnes du temple des Dioscures. On  ouvre une porte d’un logement en rez de chaussée encore habité il y a quelques années. Les habitants sont partis mais ont laissé leurs meubles : un buffet, une vieille télé des années 60 avec son écran bombé sous sa vitre, des lits au cadre de bois sculpté. On tire un lit, monte le bois de la trappe et on découvre l’escalier qui menait à la cave en maçonnerie romain. C’est un des couloirs qui menait à la scène. Jérémie, le guide nous montre l’appareil romain : le premier système antisismique : la fine brique romaine forme une sorte de cadre. Les vides sont remplis de ce qui ressemble à des pavés carrés. Ce ne sont pas des cubes mais des cônes pointus. La différence des matériaux, les ruptures absorbait les ondes sismiques. En effet, malgré les importants séismes, rien n’a bougé. On ne voit pas une fissure. Au dessus de ces galeries romaines tout un quartier vit, ignorant qu’il se trouve « dans le théâtre ». Celui-ci est quand même visible de l’extérieur. Les rues sont traversées de hauts contreforts de briques qui arrivent au 3ème étage ce qui donne une idée de l’ampleur de cet édifice.

San Lorenzo

La visite terminée, je visite l’église San Lorenzo : énorme façade baroque peinte en jaune ornée de personnages géants. Les chapelles abritent des trésors. Mais je suis un peu distraite.
Je rentre par des ruelles qui paraissent moyenâgeuses ; sans doute, le plan des rues est encore plus antique. Malgré l’étroitesse des ruelles, il est relativement facile d’avancer droit. Je débouche Place Cavour en un petit quart d’heure.

Nous avions prévu une courte visite au Musée Archéologique tout proche. Je pensais y avoir un accès permanent avec l’Artecard. Cette dernière ne donne visite qu’à une seule visite gratuite qu’on nous déconseille. Les collections les plus intéressantes sont fermées. Nous reviendrons un autre jour !
La belle Galerie Principe vitrée nous attire. Elle paraît abandonnée aujourd’hui, des bureaux vides le week end. Nous nous retrouvons à l’arrière du bâtiment des Beaux Arts dans une rue piétonnière qui conduit à la place Dante, une des places monumentales de Naples. .Sur la place : une structure gonflable, une sono, une animation bruyante. Des enfants dansent sur une musique stridente, guidés par une animatrice hurlante. Nous fuyons sans un seul regard pour les bâtiments pompeux.
Nous retrouvons les rues parcourues ce matin. Mais, tout est fermé : les belles librairies ont fermé les volets. Seuls restent ouverts les commerces d’alimentation. Il n’y a personne dans les rues. Nous nous asseyons à l’arrière de la nef de Santa Chiara ; un mariage se déroule. Il est trop tard pour visiter le cloître. Nous terminons la promenade au hasard. J’arrive dans le quartier du Port et retrouve la circulation, la vie moderne, les soldes sur le Corso Umberto 1er bordant les quartiers antiques. Je longe les grands bâtiments de l’université retrouve San Gaetano par les ruelles. Les santons et les crèches sont  rangés.

Environs de Naples : la Solfatare de Pouzzoles

la bocca grande

CARNET NAPOLITAIN/ 8 JOURS EN JUILLET 2005

En métro vers Pouzzoles

A 8h30, au Métro Cavour, le guichet est fermé. Je ne sais quel billet acheter dans l’automate.
L’employé préfère lever la chaîne et nous laisser passer plutôt que de nous renseigner.

Sur le quai, des jeunes avec des parasols et des sacs de plage attendent déjà.
La gare de Pouzzoles- Solfatare est le terminus de la ligne. Nous sortons soulagées de ne pas avoir été contrôlées. A l’arrêt du bus deux vieux très aimables nous renseignent :
–  «  Où acheter le billet d’autobus ? »
–  « pas la peine c’est le même que celui du train »
–  « on l’a jeté », mentons –nous, effrontément,
–  « Peccato ! ».

Nous continuons notre voyage gratuit.

La Solfatare : un volcan actif !

La Solfatare est un volcan occupé par un camping. A l’entrée, un porche devant un bâtiment rouge foncé du même rouge que celui des maisons des cantonniers. Dans le petit musée de jolis cristaux : du réalgar orange et jaune fluo ; c’est un sulfure d’arsenic qui cristallise ici. .Les pancartes nous expliquent les caractéristiques de l’arbutus et de la myrte.
Le centre du cratère est une plaine blanche et desséchée : la Fangaia, le bourbier, les eaux infiltrées sont réchauffées par le magma proche, elles ressortent en faisant de grosses bulles de boues. Malheureusement, cette année, la boue est desséchée, il a dû faire trop sec. C’est l’odeur sulfureuse qui nous surprend en l’absence de bouillonnement dans le bourbier. Nous ne découvrons les fumerolles que plus tard. Deux pyramides renversées attirent notre attention : réflecteurs pour les mesures par satellite des déformations du sol. Deux autres réflecteurs sont  situés de l’autre côté du cratère. Un satellite à 800 km  en orbite peut mesurer l’écartement entre les deux cibles et en déduire des changements au niveau du magma. La Solfatare est un volcan actif !
Un peu plus loin les fumerolles sont impressionnantes, à la base de la plus grande la Bocca Grande, des concrétions oranges (du réalgar ?). Des traînées de soufre colorent le sol très blanc(de l’alun ?). Parfois les cristallisations se font dans des sortes de tubes ou dans de petites géodes contenant de fines aiguilles. Elles ne sont pas faciles à photographier sans objectif macro. Plus haut, le bord du cratère a été exploité comme carrière de trachyte, roche très claire presque blanche ici. On veut s’asseoir, le sol est brûlant.
Nous passons devant un puits du Moyen Age d’où on tirait une eau miraculeuse. Au XIXème siècle, des étuves ou sauna ont été construits à l’aplomb de fumerolles particulièrement abondantes : l’Enfer et le Purgatoire.

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Environs de Naples – Amphithéâtre de Pouzzoles

CARNET NAPOLITAIN/ 8 JOURS EN JUILLET 2005


L’Amphithéâtre de Pouzzoles, est  le 3ème par la taille, après le Colisée et celui de Capoue. Cette visite est la suite logique de celle du Théâtre romain enfoui dans Naples souterraine.

Ici, les gradins sont bien visibles. Le plus impressionnant : les souterrains et les couloirs où se trouvaient les cages des fauves, les loges des gladiateurs et toute la machinerie.

L’amphithéâtre romain est très différent des théâtres grecs que nous connaissons bien adossés à une montagne et utilisant la topographie naturelle. Celui-ci est entièrement construit de brique et de petites pierres en opus reticulatum (l’appareil en cônes à base carrée que j’ai observé hier dans les souterrains). Encore une fois j’admire les qualités parasismiques dans cette région de bradyséisme. Construire un édifice de cette taille et le conserver en parfait état témoigne de ces qualités. Nous cherchons longtemps l’entrée des souterrains.

On entend des voix venant de dessous la scène. Nous faisons presque le tour du théâtre. Des énormes arcades qui soutiennent les gradins abritent des couloirs qui, alternativement mènent au niveau supérieur ou inférieur par des escaliers qui montent et descendent. Nous imaginons dans ces couloirs les entrées du public en toge, les gladiateurs. Finalement, nous découvrons le passage vers les souterrains. La lumière tamisée par les grilles projette de fines rayures sur les volumes évidés qui s’emboîtent, les arcs de cercle, les voûtes, les contreforts. J’espère que les photos seront réussies. Un souvenir me revient ; les énormes greniers de Mekhnès!

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Environs de Naples – Pouzzoles et la mer vue de la Cumana

pouzzoles, départ pour les îles

CARNET NAPOLITAIN/ 8 JOURS EN JUILLET 2005

Port de Pouzzoles, ferries pour les îles

Nous descendons par les rues en pente et fleuries vers le port de Pouzzoles. La mer très bleue,est  sillonnée par d’innombrables canots à moteur, hors bord, zodiaques qui vont et viennent en tous sens. La circulation nautique est à l’image de la circulation automobile. Il y a également les ferries qui relient Ischia et Procida.

Pouzzole temple de Sérapis

Le site du « temple de Sérapis », en fait un marché (forum), est fermé. Comme il est en creux, on le voit beaucoup mieux d’en haut de l’extérieur. Les trois énormes colonnes d’un portique sont attaquées par les organismes marins. Elles montrent les variations importantes du niveau de la mer : bradyséisme. On reconnaît bien les échoppes. Je crois retrouver les latrines dans un coin  à l’écart.

La Cumana

Pour Cumes, il faut trouver l’autobus, pour Baia, la Cumana – sorte de RER- Nous sommes passées devant la gare de la Cumana. On achète, enfin, le  billet. Le train longe la plage sur le bord du golfe : bondée ! les chaises longues se touchent, les parasols se chevauchent. Je n’ai aucun regret d’avoir oublié mon maillot ! Nous passons entre deux lacs. Un restaurant sur pilotis à l’air très chic interdit la baignade publique. Protestations sur un calicot bien visible du train.

Nous voyons s’approcher Baia bien reconnaissable à son château sur un promontoire rocheux. Le train s’engage dans un tunnel. A Fusaro, nous comprenons qu’il aurait fallu descendre à la station précédente. Le temps de réagir, nous voilà au bout de la ligne à Torregaviota cette fois sur la mer tyrrhénienne, petite plage sous un rocher pittoresque. C’est l’heure du pique nique. La foule sur la plage ici encore, nous décourage. Reprenons le train en sens inverse jusqu’à Lucrino.

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Environs de Naples – pique-nique à Baia

Baia : château aragonais et au loin, le Vésuve

CARNET NAPOLITAIN/ 8 JOURS EN JUILLET 2005

Le bus pour Baia, tarde. Il fait chaud.  Pourtant je trouve que nous nous sommes drôlement bien débrouillées avec les transports en commun jusqu’à présent. En dehors de l’erreur de parcours, nous avons trouvé les sites sans galérer et les autobus sans attendre. Nous avons faim aussi. Dans la vitrine d’une tavola calda on vend des arancini bien appétissants ; nous ne sommes pas les seules à les convoiter.

13h30, le bus nous dépose sur une placette à Baia en face de l’escalier qui monte aux thermes. Nous préférons le port et les bateaux qui conduisent aux villas submergées. Baia était un lieu de villégiature très chic pour l’aristocratie romaine qui a bâti de véritables palais.

Bradyséisme ? une partie de la station balnéaire antique s’est retrouvée noyée dans le golfe. Des fouilles récentes ont permis d’explorer les ruines en plongée. L’excursion en bateau à fond de verre coûte 15€  et part à 15h30 .Il faut donc attendre.

Le port est très joli : une marina de taille raisonnable, pas de voitures et surtout une vue extraordinaire sur le Vésuve tous les caps îles et rochers qui plongent dans le golfe. Deux ou trois restaurants chic ont installé des tables à l’ombre de stores, sur de petites terrasses : les tables d’une pizzeria et d’une gelateria. Malheureusement, le soleil de midi cogne dur, il n’y  pas un coin d’ombre même pas sous les grues du petit chantier naval.

Nous pique-niquons dans la « villa communale » un peu pelée, à l’herbe jaunie parsemée de crottes de chien, sur des bancs à l’ombre. Un palmier en occupe le centre. De vieux pins aux branches contournées encadrent le château aragonais.

L’attente  ne me déplait pas. J’ai l’occasion de dessiner. L’étude des pins noueux m’occupe, je suis plus maladroite pour la forteresse perchée sur la colline de guingois surmontée de constructions postérieures en équilibre bizarre, comme posée de travers. J’aimerais terminer mon dessin, faire également un croquis de la baie.

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Baia – Parc archéologique : thermes de Vénus, retour par la Cumana

quart de parapluie, la coupole du temple de Diane

CARNET NAPOLITAIN/ 8 JOURS EN JUILLET 2005

Parc  archéologique : thermes de Vénus, villas luxueuses
Les escaliers  sont encadrés d’une végétation exubérante : bougainvilliers violets, bignonias, myrte aux petites feuilles pointues et aux discrètes fleurs blanches.

En passant, je découvre une forme creuse bizarre, tiers de parapluie énorme, coupole en ruine, sans doute le temple de Diane (29m de diamètre) à moitié envahie par des lianes.

De l’autre côté de la ville, encore un édifice gigantesque : les thermes de Venus’ (26m de diamètre).

Je suis la seule visiteuse. Pourtant c’est un site exceptionnel par sa situation géographique : il occupe tout le versant d’une colline avec une vue merveilleuse, par l’ampleur des ruines.

Les Thermes de Sassandra au centre, seuls visitables actuellement. Des panneaux guident le visiteur. Austères et détaillés : plan des ruines texte bilingue anglais-italien écrit tout petit. Je me promène au hasard sur les terrasses antiques ombragées le long des portiques à colonnades et à arcades. Je découvre une statue dans une niche, une petite salle au plafond décoré de stucs délicats aux motifs de cygnes et de Cupidon très  finement estampés, des mosaïques….Il faudrait un guide pour faire revivre ces ruines. J’en suis réduite aux conjectures : qui était donc Sossandra ? Etait ce un palais ? des thermes publics ou privés ? La dimension des salles est étonnante. Une colonnade plaquée de marbre rose est très élégante.

thiermes de Baia

Au premier abord, la présence de thermes à deux pas de la mer surprend. La présence du volcan, la proximité de la solfatare explique les eaux thermales, sans doute chaudes  Tandis que j’écris, je remarque l’absence d’hypocaustes si caractéristiques des thermes. Les sous sols sont ils masqués par la végétation ? Ont-ils été dégagés ? Ou tout simplement n’était-ce pas nécessaire avec la géothermie ? Le gigantisme est impressionnant. Je pense à Néron à Agrippine. Je regrette de ne pas avoir mieux préparé le voyage.

Le gros bouquin sur les derniers jours de Pompéi dort dans la valise. J’ai hâte de l’ouvrir.

Première baignade

Avant de reprendre l’autobus, je me déchausse sur la petite plage en contrebas de la route et marche dans l’eau pour mes ablutions rituelles. Comme je suis en pantalon je ne m’avance pas dans l’eau. La baignade est courte. La plage est barrée par un restaurant sur pilotis. Les baigneurs sont nombreux, certains ont installé des sièges pliants au milieu de l’eau.

Dans l’autobus l’autiste est sympa

L’autobus est complet, je reste debout près du chauffeur (l’autiste, faux ami qui me fait rire). Tout le monde s’accorde à dire que l’autiste est sympa : il s’arrête entre les arrêts pour collecter encore de nouveaux passagers (cela rappelle le Cap Vert). Détour panoramique entre les villas de Bacoli et de Fusaro dans les vignes. Brusquement demi-tour, on descend à Fusaro pour trouver la Cumana.

Retour de la plage dans la Cumana bondée

Le train est complètement recouvert de graphs et ressemble à un mythique métro New-yorkais quand le graph. était un phénomène artistique à la mode. Maintenant on s’en lasse ! Je trouve un siège et me relève brusquement :il est mouillé ! Cela fait rire tout le monde. Les passagers sont tous des jeunes, assez peu de familles. Garçons et filles sont allés à la plage. Ils reviennent rouges de coup de soleil ou noirs selon la nature de leur peau. Ils s’interpellent, se frappent dans le dos, chantent. J’avais imaginé écrire dans le train, impossible avec ce vacarme ! Tout le wagon est arrosé. Personne ne proteste, il fait chaud, cela provoque encore l’hilarité. Le train suit la côte, s’enfonce dans des quartiers sordides. Encore des fresques des grapheurs : le motif le plus employé est le cercueil orné d’une croix. Des canards ou des poulets tirent des guirlandes de cercueils avec des bombes stylisées pour changer : macabre décors !
Au terminus, Montesanto, tout le monde descend dans le noir. On s’embrasse. On s’étreint. Les adieux sont déchirants. Se connaissaient- ils d’avant, ces ados qui pleurent avant de se séparer ? Se reverront ils à la plage dimanche prochain ?

Je suis la procession dans la rue pour faire la correspondance avec le métro Montesanto. Une seule station mais une longue attente. Des ados font de la provocation : ils sont assis sur le rebord du quai. Les filles, longs cheveux noirs, boléros collants laissant voir des bourrelets bronzés, jouent avec des couteaux à cran d’arrêt, les lames brillent. Personne n’a l’air de s’en offusquer. Leur show meuble l’attente.Des hauts parleurs diffusent du Mozart entre les annonces « Il est interdit de jeter des objets par la fenêtre », « il est interdit de dépasser la ligne jaune ! ».Enfin le métro, tapis roulants, la sortie!

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