Seulement dix kilomètres séparent Orgosolo de Mamoiada mais le trajet parait beaucoup plus long. La route serpente dans les collines couvertes de chênes magnifiques. Les chênes-lièges isolés étalent leur ramure. Les chênes-verts de belle taille forment une haie touffue sur le bord de la route. Quelques champs ont été moissonnés. Notre arrivée est précédée par un bruyant cortège de motos, un rallye escorté par les gamins du coin sur toutes sortes de pétoires y compris un authentique vélo-solex. Le Musée n’ouvre qu’à 15h, nous attendons sur un banc.
Le Musée des Masques Méditerranéens présente les Mamuthones et les Issohadores, masques traditionnels du Carnaval du village ainsi que les masques de traditions voisines de villages sardes mais aussi de Slovénie, de Croatie et de Grèce. La visite commence par un audiovisuel très réussi sur trois écrans.
A la Saint Antoine le 17 janvier, les villageois allument des feux dans chaque quartier et les masques viennent danser. Les Mamuthones au masque grotesque noir, habillés de peaux d’animaux, portent jusqu’à 30kg de clarines attachées sur leur dos tandis que l’Issohadore au masque blanc lisse et propre est vêtu d’une veste rouge et d’une culotte claire. Le blanc/le bon contre le noir/le mauvais. Le Sarrazin contre le Sarde. L’homme civilisé contre l’animal vêtu de longs poils. L’hiver et la belle saison. Tous ces couples donnent lieu à des pistes d’interprétation. Korela et Géros, les Grecs….
Je ne sais pas pourquoi, j’associe le costume des Mamuthones au pastoralisme. Il me semble que seuls des bergers peuvent s’accoutrer avec des sonnailles et des peaux de bêtes. Bergers ou chasseurs ? Il faudrait que je retrouve les images de Naoussa en Macédoine où l’on danse sur les braises.
Soirée dans le jardin de Vittorio
La soirée s’écoule tranquillement sur les canapés sous le lentisque. L’appareil-photo est prêt pour le renard que nous espérons. Brusquement un serpent se laisse tomber au sol d’une branche. J’ai le temps de vérifier que ce n’est pas une illusion : long et mince, il se glisse dans un trou entre les pierres de basalte de l’escalier. Le lendemain les propriétaires nous rassurent, c’est une biccia – une couleuvre. Selon eux, il n’y a pas de serpent venimeux en Sardaigne.
Renard, serpent, le jardin aux 400 vasques de la collection de cactées est vraiment magique. La vraie tortue a disparu de la petite mare des poissons rouges, il ne reste plus que la fausse qui fixe l’épave du Concordia échoué et le petit phare blanc.
Orosei, perchée sur un épaulement domine la petite vallée plantée d’orangers et d’oliviers. On y arrive par un étroit pont de pierres sur le Cedrino qui coule dans les roseaux. A la sortie d’Orosei, la route de Nuoro,S129, longe une carrière de marbre. La vallée du Cedrino est verte avec ses vergers, sur les collines il y a de la vigne et des oliviers. Les figuiers de barbarie font des haies. Lentisques et amandiers couvrent des collines volcaniques. Au loin, une montagne calcaire se détache avec des hautes barres rocheuses.
Nous passons près d’Oliena sans nous y arrêter. Entre Oliena, au pied des falaises une route rejoint Orgosolo en tortillant dans les amandiers et les chênes verts très hauts avec des lentisques et des arbousiers. Quelques terrasses portent de la vigne. En face. Nuoro est perché au sommet de la colline. Nous nous arrêtons au dessus de petites maisons bleues adossées à la colline dans les vignes. Après un petit col le granite affleure. La route très sinueuse et très étroite est recouverte d’arène granitique. Les cistes sont très desséchés. L’arrivée à Orgoloso est périlleuse : le bord droit de la chaussée s’est effondré.
Les Murales d’Orgosolo
Le GPS nous conduit à une place ornée d’un jardin portant une curieuse statue : le globe terrestre coupé en deux porte sur la surface des silhouettes de paysans et d’ouvriers, à l’intérieur une statue de la Vierge et l’enfant bleu, blanc, rose. Orgoloso est célèbre pour ses Murales : fresques décorant les murs des maisons du village qui est plutôt un gros bourg aux maisons hautes de trois étages ramassées le long de ruelles en pente. En voiture, on s’égare. Qu’allons-nous trouver au coin de la rue ? Une ruelle trop étroite, un cul de sac, des escaliers ou une voiture à contre-sens. La Golf est disproportionnée et ce genre de village se visite impérativement à pied.
Dans les Murales tous les thèmes sont abordés. Les policiers ornent les murs du commissariat. Une vieille dame me prend le bras pour me conduire à l’école maternelle où les enfants accueillent les dauphins qui nagent dans le bleu de la mer. Une mandala hindoue décore un mur aveugle. Trois femmes en costume traditionnel sont assises sur un banc sous un balcon en trompe l’œil. La plupart des fresques sont plus politisées.
« Un enfant a pour outil de travail un stylo et un crayon » clame le mur qui raconte l’histoire d’un enfant pakistanais mort en se rendant à l’usine de tissage de tapis.
Un vieil homme assis est entouré du slogan : « les peuples heureux n’ont pas besoin de héros ».
Dans la rue principale une fresque raconte la lutte des bergers. A côté on a reproduit une affiche du Larzac. Mêmes moutons, même combat.
En couleur, les tentes des familles de l’Aquila qui ont perdu leur maison dans le séisme.
En noir et blanc, la dénonciation de la guerre en Irak.
Certaines peintures sont effacées, d’autres récentes ont des couleurs vives.
Les quatre têtes de Maures du drapeau sarde sont détournées : quatre lutins sont des gouttes de sang pour inciter au don du sang.
Aujourd’hui, les écolos ont organisé le Jour des Murales Une bande de jeunes peint un grand mur aveugle. Je rencontre des touristes français.
Une affiche du Pallio des ânes m’a amusée.
Deux magasins de souvenirs proposent des plaquettes explicatives, des tapis traditionnels sardes, des broderies au point de croix et de beaux canifs à la lame effilée. Des souvenirs mais aucune alimentation n’est ouverte ce dimanche matin. J’entre dans les cafés à la recherche de quelque nourriture, ne trouvant pas de restaurant non plus. On se contentera de pizzettes surgelées et d’un esquimau dans un café un peu plus moderne que les autres. Si tout est ouvert sur les plages 7 jours sur 7 il n’en n’est pas du tout ainsi dans les villages de l’intérieur. Dimanche prochain on prévoira le pique-nique !
Sur ma recommandation, nos voisins tchèques ont fait la visite d’Orgosolo. Les Murales n’ont pas du tout obtenu leur adhésion. Au contraire, ils ont retrouvé l’esthétique communiste abhorrée et sont revenus très remontés. « Si les artistes étaient allés dans le Bloc de l’Est ils n’auraient jamais peints de telles choses. »
un grand merci à Vittorio pour les photos puisque les miennes se sont effacées
lentisque fantastique! la photo est offerte par vittorio merci encore!
Pour trouver le gite, les explications de Vittorio commencent au km 233 où nous trouvons une route qui descend jusqu’à une jolie plage sauvage. Une petite route blanche pentue grimpe dans les jardins. je reconnais le portail de bois entre les montants jaunes. J’essaie d’appeler le propriétaire, pas de réseau! Les voisines crient « Vittorio! Vittorio »une famille tchèque essaie de nous venir en aide. Enfin arrive un personnage sympathique, roux, moustachu, sous un chapeau de paille : Vittorio qui m’offre un café de bienvenue sur sa terrasse.
notre terrasse
Le gîte est très petit.
La chambre est occupée complètement par un grand lit, une grande armoire. le cabinet de toilette est minuscule (la douche est à l’extérieur dans le jardin). La cuisine est si petite que les casseroles se cachent dans un coffre de marin. Une gazinière deux feux, un frigo. Sous l’évier : écologie oblige! une poubelle de tri sélectif à trois compartiments secco, umido(avec des sachets biodégradables) et un troisième pour le verre. Pas de plan de travail, l’égouttoir, suspendu au dessus de l’évier sert aussi de rangement de la vaisselle et des couverts. la chambre est tapissée d’étagères portant des livres dont machinalement je consulte les titres – je resterais des semaines à les lire. En plus des livres, des éléments de décor fantaisistes : la lampe de chevet qui ressemble à un robot à grandes pattes, un boulier ancien. Sur la terrasse une table et deux transats.
verger et pelouses
Le charme de cette location réside dans le jardin luxuriant. Sous le beaux arbres fruitiers et des olivirs taillés à 3 ou 4 mètre la pelouse est très verte.Le long des murets de pierre volcanique rougeâtre, dans des jardinières il y a la plus belle collection de plantes grasses qu’on puisse imaginer : cactées succulentes, mini-figuiers de barbarie aux raquettes portant des fruits violets, « artichauts » aux feuilles velues bleutées.. Certaines ressemblent à des mini-baobabs. Dans une petite pièce d’eau, une tortue prend le frais les poissons rouges nagent.
A l’étage inférieur, se trouve le garage et une rangée d’oliviers, des grenadiers portant de belles grenades vertes. le potager avec ses belles tomates et ses aubergines est gardé par un épouvantail très réussi qui e surprend chaque fois que je passe.
Adossé à la cabine du jardinier, la douche me rappelle l’Afrique: une petite cour cimentée, deux tuyaux (eau chaude et eau froide). Des pruniers bas (1.5m portent de grosses prunes violettes.
câprier en fleur
En remontant Vittorio me montre le câprier en fleurs et le myrte dont il confectionne l’alcool de myrte. une bouteille se trouve avec trois petits verres dans notre chambre.
Poursuivant l’exploration, je découvre le coin-lessive évier, bassine et fils à linge avec pinces dans un panier. Un barbecue maçonné et une belle table pour faire des grillades. Dans un coin, su une terrasse sous lentisques et oliviers, se trouvent deux confortables canapés avec d’épais coussins beiges. Quelques géraniums deux rosiers aux roses rouges, un laurier-rose aux fleurs jaunes font des taches de couleur dans la verdure. A l’horizon, on devine la mer. Un véritable paradis !
Déjeuner vite-fait de sandwiches.
Je descends à la plage toute proche – belle plage de sable blanc encadrée par des roches volcaniques rougeâtres. Eaux turquoises comme sur une carte postale . Pas d’installations. Chacun est venu avec son parasol, ses serviettes et ses fauteuils en plastique. Nous n’avons rien de tout cela. La plage est si proche de notre jardin merveilleux que je me contente d’une baignade. L’eau est très fraiche. Il faut aller loin pour ne plus avoir pied. Je me contente de nager dans une hauteur d’eau correspondant à ma taille. Quelque fois mes genoux heurtent le sable. Bonheur total. Un petit voilier est barré par des adolescents fait des allers-retours. Des familles pataugent sur le bord.
17h30, courses à Orosei dans un supermarché sans entrer dans le Centre historique.
Nous passons une délicieuse soirée dans le jardin après s’être badigeonnées de citronnelle avec des lingettes imprégnées. Chacun a sa tactique. Vittorio, la bombe. Le jeune Tchèque, ses spirales. Le mot italien zenzare rappelle tout à fait le bourdonnement agaçant. Les zenrare ne réussissent pas à gâcher la soirée.
Tandis que les Tchèques font des grillades, un renard fait une apparition étrange. Il semble chez lui. Il se déplace avec la souplesse d’un chat, s’arrêtant prudemment à l’affût, s’approche du barbecue. Peut-être est-il apprivoisé ? Sans doute pas, il disparaît subrepticement comme il est arrivé.
La nuit tombe, arrivent les chauves-souris silencieuses et rapides. Le Tchèque vient nous parler. Le feu a mis longtemps à prendre, ils n’ont plus faim pour les côtes de veau et il vient nous les proposer. Je les aurais acceptées volontiers si je n’avais pas mis en route le dîner (poisson pané et épinards) beaucoup moins gastronomique. Cuisiner n’est pas un plaisir dans le petit cagibi. Nous dînons sur la table de la terrasse pressées de retourner sur les canapés bercées par le murmure des vagues.
Le paysage vu de l’hôtel est plaisant :des montagnes très pointues et déchiquetées se détachent sur le ciel. Le temps est magnifique. La colazione de l’Hôtel Demar est une excellente surprise: buffet très complet, charcuteries, fromages, viennoiseries et un cappuccino délicieux.
Olbia n’est pas très étendue, c’est une ville de 50.000 habitants. C’est la porte de la Sardaigne touristique avec son aéroport international et son port pour les ferries. On arrive facilement au port. l’Office de tourisme se trouve au rez de chaussée de l’Hôtel de Ville, beau palais 19ème siècle, peint en jaune.Le lungomare est fleuri de buissons aux inflorescences en pompons roses, oranges, rouges formant des parterres. Des marchands ont installé leurs étals de souvenirs pour touristes allant des bracelets tressés fluos ou couleur rasta, aux bijoux, foulards, paréos ou petit mobilier de bois. En face, le port a des installations modernes. Des navettes conduisent les touristes en ville.
Suivant le Lungomare nous trouvons la S125 Strada Orientale qui suit la côte.
l’île Tavolara vue de Porto Istana
Un petit détour vers la mer à Porto Istana nous fait découvrir l’île spectaculaire de la Tavolara, ses hautes falaises verticales bleutées surgissent de la mer. Les lotissements de la station balnéaire sont très fleuris. maisons crépies de jaune, d’orange aux balcons soulignés par des stores grèges artistement noués. Des potiches sont garnies de pétunias bleus. les bougainvillées font des taches de couleur vive.
La route S125 est bordée de lauriers roses qui montent très haut. la floraison est optimale. Les bouquets se détachent sur le maquis couvrant les collines : lentisques pistachiers, arbousiers et bruyère arborescentes.
Les échappées sur la côte rocheuse sont spectaculaires mais il est difficile d’arrêter la voiture sur cette route sinueuse et étroite.
Nouveau détour au Capo Coda Cavallopresqu’île dédiée au tourisme de luxe exclusif, ce qui implique barbelés, portails métalliques et nombreuses interdictions. On pourrait atteindre la plage en laissant la voiture à ‘un des deux parking payants (6€, l’un l’autre 1.5€/h). Cher puisque nous n’avons pas l’intention d’y rester longtemps ni de ses baigner avant d’être installée au gîte.
A San Téodorole GPS nous oriente vers la S.131 qui ressemble à une autoroute (gratuite) et qui s’enfonce dans de nombreux tunnels. La montagne est moins fleurie que la côte, le maquis, plus pelé/ Une tour carrée coiffe un village près de Budoni. Je remarque les oliveraies avec les arbres taillés très bas.
Attendant l’avion nous rêvons de plage blanche et d’eau turquoise!
Orly est bloqué: un bagage abandonné, périmètre de sécurité, les artificiers tardent.
La malchance s’est acharnée sur l’avion, un oiseau aspiré à Dubrovnik, un pneu éclaté à Toulouse. On nous balade de la porte 20 à la 15 puis 7, 9, 11. Nous aurions dû atterrir à 19h55, l’embarquement commence tout juste à 20h10. Les nuages cachent le paysage. Je m’endors.
Petit suspens: le bureau de location de voiture sera-t-il encore ouvert? Oui! Nous sommes surclassées : une Golf à la place d’une Fiat Panda. Dans les îles montagneuses, une grosse voiture n’est pas forcément indiquée, surtout que celle-ci est tout-électronique, même le frein à main dont le contrôle restera longtemps énigmatique. On ne trouvera l’ouverture du coffre que le lendemain à l’hôtel. Heureusement un passant nous montrera la commande des phares qui se trouve sur la portière.
Le GPS trouve facilement l’hôtel Demar sur la Via Aldo Moro, en limite de la ville.
Nous retournons à Ortygiepour voir les barques qui vont à la fontaine Ciane. Evidemment on ne les trouve pas !
Cappuccino en terrasse
Le petit déjeuner n’est pas compris dans le prix de notre suite. Tant mieux! le buffet en compagnie des survêtements m’a suffi ainsi que le café américain ! Il est beaucoup plus agréable de s’installer en terrasse à Ortygie de commander un cappuccino et des gâteaux au fromage et des beignets. C’est plus appétissant et plus amusant de regarder l’animation de la rue, de plus c’est plus économique !
Au marché d’Ortygie
Nous ne résistons pas à la visite d’un marché au poisson à côté du Temple d’Apollon. Légumes et poissons sont toujours bien présentés. Oranges en pyramides décorées avec des moitiés d’oranges sanguines et des feuillés. Les palourdes sont vivantes des petits jets d’eau jaillissent dix centimètres au dessus des bacs où les coquillages sont placés tous siphons dehors. Les moules forment des montagnes sur lesquelles on a disposé du persil, des morceaux de poivron rouge pour le régal des yeux. Les bottes de basilic sont énormes
Dernier tour de la zone archéologique en voiture sous le soleil mais pas de photos possible derrière les grillages.
Fontaine Ciane
Nous sortons en direction de Raguse pour trouver la Fontaine Ciane. Comme souvent le fléchage est déficient. Pas de trace d’embarcadère quand nous traversons le fleuve Ciane. Nous décidons de le suivre pour voir les papyrus et les oiseaux promis par nos guides. La cueillette des oranges se déroule près de nous. Plusieurs hommes sont sur un arbre et portent des seaux en plastique de petite contenance qu’ils vident dans des caisses de plastiques.De beaux eucalyptus donnent de l’ombre. Finalement je me détourne pour lire une pancarte et les découvre enfin : les papyrus ! Ils sont bien là touffus de part et d’autre du ruisseau. J’ai même la chance d’apercevoir trois petites poules d’eau noires au bec rouge.
Castello Euryalo
Forteresse coiffant un éperon rocheux dominant Syracuse. Seuls quelques pans de muraille restent debout. Plus spectaculaires : des latomies creusées dans le calcaire blanc à grain fin. On visite encore des galeries.
Dernier pique-nique près de la forteresse.
Il nous reste à relier Catane et l’aéroport avant 14H30 (à cause de la voiture). On loupe l’entrée de l’autoroute et on se retrouve dans les raffineries et les complexes pétrochimiques en se faisant une petite frayeur. Ce n’est plus le moment de se perdre !
Vol Alitalia Catane – Milan – Roissy
14H20, nous rendons la voiture dans les temps à Avis, enregistrons les bagages.
L’avion survole l’Italie assez bas pour que nous profitions du paysage. Vue spectaculaire sur le cratère du Vésuve qui ressemble à une cheminée, nous n’aurons pas vu celui de l’Etna, nous survolons Capri nous reconnaissons Anacapri, les grottes… Les Appenins sont encore enneigés.
Escale à Milan. L’aéroport est tout neuf. Nous survolons les Alpes au soleil couchant. Nous reconnaissons le Mont Blanc et le Lac Léman. Quand l’avion descend, au lieu de voir la banlieue je reconnais la courbe de la Seine, les ponts illuminés, la Tour Eiffel, l’Arc de Triomphe. L’atterrissage se fait en douceur sous les applaudissements de tous les voyageurs.
Quelques gouttes tombent sur le pare-brise . La route suit la côte jusqu’à Gela. La campagne n’est pas très belle à cause des cultures maraîchères sous plastique, les tomates en serre. Après Gela, la route monte dans des collines un peu pelées. Nous passons Vittoria sans nous arrêter.
Raguse
A 10H . Arrivée difficile dans une circulation intense. J’avise une agence de voyage pour confirmer note vol de demain. Nous nous garons trop tôt à Raguse pour aller à pied à Iblea. Devant les escaliers qui descendent dans la vallée et ceux qui remontent sur Ibleanous renonçons à l’expédition à pied et reprenons la Polo.
Raguse
Nous découvrons un palais aux balcons et corniches très travaillés, puis une église sur une piazzetta de poche : « décor de théâtre ». Nous suivons de loin une classe d’écoliers visitant la ville arrivons à une rue surplombant le ravin. De la musique s’échappe d’une fenêtre, la radio sans doute…Nous cherchons le Duomo et à nouveau nous perdons, nous n’avons pas voulu suivre les conseils d’une dame pour ne pas perdre d’altitude. Il faut redescendre à nouveau pour reprendre l’itinéraire du guide.
Raguse : duomo
La place est ensoleillée, le Duomo monumental a un très bel escalier enfermé par une grille magnifique. De l’autre côté, les carabinieri, mitraillette au poing, gilet pare-balles ???
Raguse rue baroque
Pique nique dans un jardin public planté d’arbres de Judée en fleurs, des haies de menthes embaument.
Retour vers Syracuse
A Modica, nous cherchons un hôtel. Il y en a un seul au bord de la route mais il n’est pas engageant. Après un tour de la ville en voiture (belles églises baroques) nous décidons de poursuivre jusqu’à Syracuse(81km). La route arrive en bord de mer, il fait maintenant beau et nous apprécions la présence de la mer. Court passage à Noto. Nous aimerions nous arrêter dans les vergers de citronniers. Les arbres croulent sous les fruits et sont déjà fleuris. Mais tous les vergers sont bien clos !
Au Park Hotel de Syracuse, on nous offre une suite : deux pièces avec une entrée et une salle de bains, un lit immense et deux balcons pour le même prix que celui de l’agence de France.
Nous retournons dans Ortygieet refaisons la même promenade que le premier jour. sous le soleil. Cela change tout. Plaisir de retrouver des lieux familiers. Il n’y a plus d’effet de surprise. Nous avons vu tant de balcons, de corniches, de palais, d’églises baroques…Cette promenade est très agréable et donne une conclusion ensoleillée au voyage.
Archéologie
Devant le musée, une jolie église, San Nicola,porche roman tout simple. A côté, l’Ecclesiastikon, bâti en demi-cercle, un peu comme un théâtre. Les gradins taillés dans la roche sont presque à plat. Un guide explique que l’assemblée se tenait là, les assistants étaient debout. Nous entrons en même temps que le groupe dans un curieux édifice cubique : l’Oratoire de Phallaris transformé en église avec un plafond en ogive.
De l’autre côté de la route : le quartier romain hellénistique. Plus de temple ni de bâtiment officiel, des maisons construites serrées les unes contre les autres selon le plan géométrique stenopoi coupant à angle droit la platéia. On reconnaît la cour, le péristyle et surtout les mosaïques. Certaines mosaïques sont très simples d’autres sont colorées, représentant des animaux et des personnages.
Un très joli chemin traverse les vergers d’amandier
Colymbetra approvisionnement en eau de la ville antique
s. Toujours des fleurs, anthémis aussi coquelicots, gueules de loup roses et même un glaïeul sauvage rose. Une plante grasse à fleurs roses fuchsia à violet a une floraison abondante très vive. Continuant ce chemin on va droit sur le Temple de la Concorde. Nous cherchons le Temple de Vulcain à l’écart des autres temples. Il n’en reste plus que deux colonnes.
Acanthes
Pique nique à Porto Empédocle
Pique nique à Porto d’Empédocle sur la plage. La mer est très calme, pastel d’un bleu turquoise mélangé à du blanc. Le sable est fin, très fin, très blanc chaud sous nos pieds. Par une chaleur estivale nous longeons la plage.
Dans la chaleur de l’après midi
A cause de la chaleur de l’après midi, nous renonçons à la visite du Temple de Déméter perché très haut dans la colline au bout d’un sentier très raide et mal tracé.
Retour à l’hôtel, douche.
Visite de la ville d’Agrigente
Abbazzia Santo spirito
17H, au Duomo. Chiuso !
Personne dans le quartier n’est capable de nous dire s’il va ouvrir aujourd’hui. Nous cherchons l’église Spirito Santo. Une dame nous renseigne de travers. On demande à un jeune qui nous rappelle et nous conduit à travers les ruelles jusqu’à une traverse qui mène à des escaliers. Nous y allons sans conviction. D’après nos renseignements, on ne visite que le matin. Bonne surprise : la porte est ouverte et donne sur une cour. Nous passons sous deux arches pour découvrir un portail gothique et des fenêtres ouvragées. Un homme s’approche, il nous ouvre une salle : la salle capitulaire, puis une autre ; la chapelle, puis l’église. Derrière cette façade très simple l’intérieur est tout à fait délirant. L’homme nous avait prévenu «elle est très belle mais, c’est selon le goût de chacun, elle est très baroque, certains la trouvent affreuse…». En effet, elle est surprenante, toute blanche surchargée d’anges de Serpotta en stuc. L’homme commente en sicilien, en plus il est bègue. Mais il s’applique à se faire comprendre. Il est très sympathique. On lui laisse la mancia. Il nous demande si nous voulons des dolci. Bien sûr ! Il ouvre la porte et crie à la sœur tourière « dolci ! ». Je retrouve l’anecdote racontée par Fernandez. Les gâteaux sont vraiment délicieux, surtout celui en forme de coquille fait de fruit confit recouvert de pâte d’amande.
Nous retournons voir le coucher de soleil et attendons les illuminations devant le Temple d’Héra.
7H Réveil à l’Hôtel Petit Fleur. Pas de petit déjeuner prévu. Cappuccino debout au bar. Beau temps. 25 km nous séparent d’Agrigente.
L’hôtel Tre Torri
l’Hôtel Tre Torri, est très bien situé en bas dans la vallée des temples. Il y a trois tours un peu prétentieuses, un lobby très vaste avec des tapis persans, cela fait très luxueux. Notre chambre donne sur la piscine dans laquelle aujourd’hui il y a une véritable tempête qui a balayé même les sièges en plastique. Après avoir monté les bagages nous partons à la découverte des Temples.
Agrigente Anthémis
Les temples
Tout d’abord la surprise ! De loin, je cherche à tout prix à prendre la photo, a me rendre compte que nous aurons beaucoup d’autres points de vues et occasions meilleurs de plus près. Le ciel est d’un bleu intense, pas de nuages.
Temple d’Héra
Temple d’Héra
Le Temple d’Héra comporte une belle colonnade mais il n’est pas complet. La pierre ocre, presque orange a une belle texture gréseuse et calcaire renfermant de nombreux fossiles,de pectens et d’huîtres. Les temples sont entourés d’une végétation merveilleuse. Les oliviers noueux semblent aussi antiques que les édifices. Des fleurs bleues violettes font un tapis coloré qui contraste avec la pierre d’Agrigente ; des amandiers complètent cet ensemble méditerranéen.
Tombes paléochrétiennes
Nous prenons notre temps et longeons la falaise et les murailles de la ville ancienne. Les caveaux des tombes paléochrétiennes sont taillés directement dans la roche. La promenade parmi les fleurs et les arbres est très tranquille. Peu de touristes, surtout des individuels.
Temple de la Concorde
Temple de la Concorde
Le Temple de la Concorde est complet. Il est très harmonieux. Nous prenons plein de photos, toujours avec le ciel bleu en toile de fond.
Temple d’Hercule
Temple d’Hercule
le Temple d’Hercule, est beaucoup plus ruiné que les précédents. C’est un amas de blocs énormes. Au début c’est un chaos. Puis en lisant les explications, tout s’organise.
Atlante couché
Dioscures
Le Temple des Dioscures, peu restauré est très poétique.
temple des Dioscures
Nous cherchons l’Agora, les Temples des Divinités chtoniennes. Le système hydraulique est très impressionnant. Nous continuons la promenade jusqu’à midi et demie sous les oliviers et les amandiers parmi les fleurs jaunes : anthémis, les mauves et d’autres inconnues. Les touristes sont arrivés. Le site est si vaste que nous ne sommes pas dérangées. Le ciel se couvre un peu. Le vent se lève.
pique- nique à la mer
Pique nique au bord de la mer. La station balnéaire de San Leone est un peu décevante. Le rivage est bétonné… Il y a des militaires dans les rues. La mer est très agitée.
Visite de la ville Santa Maria dei Greci
Santa Maria dei Greci
Nous visitons la ville l’après midi pendant la sieste. Nous garons la voiture derrière le Duomo. Belle façade en pierre ocre, une tour normande, un bel escalier. Mais c’est fermé. Nous descendons les petites rues en pente et les ruelles étroites. Arrivons à l’Eglise Santa Maria dei Greci toute petite derrière un immense portail fermé. Un voisin nous ouvre l’église juste pour nous et nous en fait la visite guidée. Cette petite église résume à elle seule, toute l’histoire de la Sicile. Elle est bâtie sur l’emplacement d’un sanctuaire grec dont il reste les colonnes cannelées. Les Byzantins en ont fait ensuite une église avec des fresques encore visibles. Les Normands ont complété le portail gothique. Puis les Espagnols au 17ème siècle, on voit un sarcophage baroque…
D tente une descente par les petites rues avec la voiture. C’est vraiment très étroit, très en pente. Il y a des tournants. On se demande bien si la voiture va passer.
Les temples au coucher du soleil
Après une douche à l’hôtel, TV5… nous retournons voir le coucher du soleil sur la vallée des Temples. Nous reprenons l’itinéraire de ce matin. La lumière est merveilleuse. Le ciel bleu intense. La pierre a pris une teinte chaude. Les fleurs ont moins d’éclat mais on y a gagné au parfum. L’acacia en grappes blanches sent très fort ainsi que cyprès et thuyas.
Illuminations
Nous attendons les illuminations auprès du Temple de la Concorde. Les éclairages font ressortir la structure interne du Temple, donnent plus de relief avec des ombres nouvelles. Ce temple est presque en trop bon état. Le Temple d’Héra apparaît plus mystérieux. Pour revoir le Temple d’Hercule nous reprenons la voiture à la nuit noire, sous e ciel étoilé. Le vent est tombé. Il ne fait pas froid, la nuit est douce.
Nous quittons la maison de Santa Tecla après un ultime petit déjeuner sur la terrasse. Pour éviter Catane, nous prenons l’autoroute à Aci Reale en direction d’Enna et Palerme.
La vaste plaine de Catane est occupée par des vergers d’agrumes, quelques champs, des maraîchers et des jachères. Sur les collines, les champs de blé du « grenier à blé de l’Italie ».
Morgantina
Morgantina : théâtre
La route tournicote avant d’arriver à Morgantina. Le site archéologique se trouve au flanc d’une colline. Le parking est ombragé par des oliviers énormes. La vue est magnifique, l’Etna coiffé de neige tranche sur les collines vertes de blé tendre.
Une allée dallée de lave, toute droite, conduit aux fouilles. Nous sommes presque seules. Aucune explication, comme d’habitude, des Hollandais nous donnent une revue très bien faite avec un plan des fouilles actuelles et un plan de la ville du temps des Grecs. Nous pouvons nous représenter la vie des habitants 200 ans avant J .C. Nous entrons par la Palestre d’un côté du quadrilatère qui borde la cité. Un autre côté est formé par la Stoa, où les Philosophes et leurs disciples discutaient en marchant.
Morgantina : greniers
Les greniers et les entrepôts étaient alignés en face de la Stoa L’Agora avec les boutiques du marché Au centre de l’Agora un escalier trapézoïdal, au milieu un petit sanctuaire de Déméteret de Perséphone avec un autel rond et le trou pour les offrandes. Adossé à une autre colline : le Théâtre. C’est une promenade très agréable tandis que nous imaginons la vie des anciens.
Le village le plus proche – Aidone – est très calme. Toujours des hommes endimanchés sur la place. Dans les rues, quelques boutiques. On achète du vin. Excellent d’après la vendeuse, c’est un vin pétillant rouge un peu bizarre.
Piazza Armerina les mosaïques de la Villa Casale
Piazza Armerina : la Reine de Saba
Piazza Armerina, une petite ville animée. Nous suivons les flèches «Mosaïques». Pour une fois, c’est bien indiqué ! Nous arrivons à la Villa Casale à 12H30. Elle ferme de 13H 30 à 15H (contrairement aux indications des guides). Nous préférons attendre.
Nous trouvons donc un endroit charmant sur une colline de sables et de grès. Les fleurs sauvages m’enchantent. Rien que dans les nuances de bleu. J’en dénombre six sortes différentes : véroniques, myosotis, iris, d’énormes muscaris…en plus des asphodèles, des coquelicots, deux sortes de cistes blancs et roses. Au menu : salade de la mer, fougasse œufs et patates, tomates et olives !
Piazza Armerian : jeunes filles à la palestrePiazza Armerina : jeunes filles à la palestre
Nous sommes les premières à faire la queue pour la visite des mosaïques. Rapidement les scolaires envahissent la villa. Les mosaïques sont très colorées et très variées. Elles décrivent la vie des Romains à l’époque de Dioclétien(4ème siècle après J.C.). Nous entrons dans les bains et nous voyons les serviteurs. Puis une immense scène de course dans le Circo Maximo à Rome. On distingue tous les détails, la couleur des équipes, le public et même les Dieux. Une autre grande mosaïque raconte la chasse aux fauves destinés aux jeux du Cirque, l’embarquement et le débarquement des animaux… Ces derniers sont rendus de manière très réaliste. En même temps, ils sont très décoratifs. Puis nous reconnaissons Orphée et Eurydice, plus loin Le Cyclope et Ulysse. Dans une autre pièce sont présentés les Travaux d’Hercule.
Canicatti
Nous décidons de poursuivre la route jusqu’à Canicatti. Le nom nous a séduites. Arrivons à Canicatti, la ville est bien décevante. Nous avons du mal à trouver un hôtel. Pas terrible. C’est plutôt un bordel à vrai dire.