D’Orosei à Torre des Corsari – traversée de la Sardaigne d’Est en Ouest

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en passant par Marceddi
en passant par Marceddi

 

Nous quittons le beau jardin à 8h30. Arrêt à la pompe : 75€. La Golf n‘est décidément pas une affaire !

Jusqu’à Nuoro, les routes sont connues, traversant Onifai, Irgoli, apercevant Galtelli. Les arroseuses tournent dans les prés. Les brebis sont regroupées à l’ombre des grands chênes. Au sud nous reconnaissons les crêtes au dessus d’Oliena. J’aime bien reconnaitre les lieux y repasser, réviser, les apprendre pour s’en souvenir plus tard.

La SS (Strada Statale) 131 est une 2×2 voies à chaussées séparées, gratuite. Ce n’est pas une autoroute. Les tronçons de montagne ont leur vitesse limitée à 80km/h. Après Nuoro, le plateau granitique a des croupes molles recouvertes tantôt de forêts, tantôt d’herbe sèche couleur paille piquetée de grands chênes. Dans les vallons poussent de genêts. La route descend dans une dépression. Nous retrouvons les oliviers laissés à Irgoli. Dans le creux à Ottana de grandes cheminées  d’usine paraissent incongrues.  Le maïs est irrigué.

Le long de la route le Lac Omodeo serait une étape agréable. Nous loupons la sortie. La sortie suivante se trouve dans une zone de travaux. On peut sortir mais pas entrer à nouveau. Sur la carte, c’est le brouillard. Le GPS radote « faites demi-tour dès que possible ! ». Au hasard nous prenons la direction d’Aidomaggiore  qui est un joli village aux maisons de pierres volcaniques avec les portails soigneusement sculptés. A la sortie du village, sur une arête, un nuraghe puis un second.

A Abbasante  nous retrouvons la S131. A la sortie de la ville, encore un nuraghe, puis deux autres aux km 112 et km 110.

Oristano est une grande ville. On y entre par des zones commerciales. Le centre historique est piétonnier tout à fait charmant avec des cafés sur de petites plages qui invitent à la pause. Nous retrouvons la S131 puis le GPS nous fait tourner dans la campagne très plate où l’on cultive du maïs déjà très haut et où l’élevage se fait en stabulation dans de très grosses fermes.

Nous pique-niquons à l’entrée d’un champ de maïs. Le frein à main électronique fait bien de la misère : la voiture refuse obstinément de reculer.

Quittant le maïs d’Arborea nous longeons un lac une lagune ( ?) Arrivons au petit port charmant de Marceddi. De là, le GPS nous invite à passer un pont très étroit. Un panneau signale que la circulation y est interdite. On tente pour se retrouver nez à nez- capot à capot- avec le véhicule d’en face.

Retour à Marceddi où flotte une délicieuse odeur de poisson grillé. Le pêcheur nous dit :

–          « prenez le pont ! »

–          « mais le panneau ! »

–          « ce n’est pas interdit.  Le panneau est vieux ! »

On vérifie que personne ne se trouve en face, et on fonce. Après le village de San Antonio c’est très sauvage, dune ou colline couverte d’une végétation rase de cistes et de lentisques.

la tour espagnole qui a donné le nom
la tour espagnole qui a donné le nom

 

Torre dei  Corsari  a une belle tour espagnole érigée sur un promontoire rocheux qui limite une très belle plage de sable doré.

 

 

 

La petite station comporte 3 hôtels, quelques villas dans des jardins et surtout un très grand « condominium » : des dizaines et des dizaines de maisons adossées à la colline formant un amphithéâtre. A la base le rez de chaussée est en schiste avec les portes de garage en bois est surmonté de deux ou trois étages de balcons, terrasses en gradin avec des auvents de tuiles ou de canisses. Les façades sont jaunes, orange ou roses. Décalées elles font penser à un village traditionnel. Il ne manque que le clocher d’une église pour qu’on se croit dans un village.

Notre appartement est une excellente surprise. Il est très vaste : grande salle à manger salon, une chambre avec un lit immense, une très grande armoire, et une chambre d’enfants. Salle de ban claire avec douche.

Nous apprécions le confort dont nous avons été privées et surtout l’espace. La terrasse est très vaste, couverte d’un toit de cannisse et carrelée de beaux carreaux vernissés orange, elle fait un angle. En face il y a une très belle dune et un petit étang aux eaux vertes.

torre dei corsariplage

Après l’installation, je suis impatiente d’aller à la plage. 28 + 93 marches pour descendre, moins de 10 minutes. Le drapeau rouge interdit la baignade. D’énormes vagues se fracassent. J’ai oublié que nous sommes en Méditerranée, me crois sur l’Atlantique au Cap Vert ou au Sénégal. Personne ne brave les vagues. Je reprends mon habitude d’arpenter la plage à la frange de la vague là où l’écume vient mourir sur mes pieds. Une demi-heure pour arriver à l’extrémité de la plage. Le sable d’or est de la granulométrie qui rend la marche pénible. Je fatigue à m’enfoncer ainsi.

Première soirée sur la terrasse ; pas de moustiques. La bougie citronnelle offre son parfum et sa lumière. La lune se lève. Elle est énorme.

les tenores de Bitti

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sardaigne 084 - Copie

14h45,  Bitti qui semble morte.

Pas une voiture, pas un cycliste, pas un piéton. Toutes les persiennes sont closes. Les volets roulants descendus.

Nous nous engageons à contre-sens dans une voie à sens unique faute d’alternative carrossable et tombons nez à nez avec la seule voiture roulant dans la ville. Le GPS n’est d’aucun secours. Il nous entraîne dans des ruelles étroites pentues, tortueuses …A la sortie de la ville,  nous croisons  un homme en bleu de travail dans une camionnette blanche

– « le Musée ? Vous l’avez dépassé. Garez la voiture ici et continuez à pied. C’est tout près »

Nous le retrouvons avec sa camionnette au pied d’une ruelle. Les murs sont peints à fresque. Les murales ne sont pas l’exclusivité d’Orgoloso. Nous en avons vus à Irgoli et dans tous les villages de la région. Ceux d’Orgoloso sont révolutionnaires. A Bitti, des cavaliers s’étalent sur trois étages.

Le Musée ethnographique est installé dans une demeure aux courettes compliquées et aux petites maisonnettes. Le Musée des Tenores occupe une maisonnette. En introduction un DVD est projeté sur un écran plat montrant Bitti, le site nuragi, puis nous entendons les Tenores.

Le chant à Tenores est un chant polyphonique de 4 hommes. Oche, celui qui chante, récite, décide de la mélodie. Les trois autres accompagnent  s’appellent mesu oche, lassu et contra.Tandis qu’Oche déclame, les autres répètent des syllabes. La dame du musée suggère que Oche serait le berger les trois autres le vent, le mouton, le bœuf. Les brochures signalent une grande variété dans le répertoire : chants de berger, de danse, religieux…et une grande part d’improvisation. Chaque village de Barbagia cultive une tradition orale différente.

De retour au gite, Vittorio n’a toujours pas réparé l’inondation. Il maugrée « qu’a-t-on jeté dans les WC ? », je proteste « Rien de spécial à part le papier ». Il nous culpabilise.

Vers le soir, il arrose les poteries en compagnie de Nadia qui m’explique que ce sont des racines qui ont bouché la canalisation. Demain, nous ne partirons pas fâchés !

Su Romanzesu – site nuragique dans les chênes-lièges

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su romanzesu - Copie

Pour arriver à Bitti, nous reprenons la route de la vallée du Cedroni par Orosei, Irgoli à travers des collines molles et des prairies irriguées bordées de grands eucalyptus. Les foins et  sont coupés, on arrose la luzerne. De beaux chênes-lièges étalent leur feuillage. A l’entrée de l’autoroute (S131),  la SP 38 monte en lacets à travers le maquis. Des schistes affleurent. Au loin une haute barre rocheuse au sommet déchiqueté en petites aiguilles verticales se détache sur le ciel. Un très joli village est bâti autour d’une coupole à l’allure orientale. Au carrefour de la SP73, une madone est abritée dans une grotte de ciment .

chêne liège
chêne liège

Le site nuraghe, Su Romanzesu est distant de 8km de Bitti par laSP389 (guetter le panneau). Une magnifique forêt de chênes-lièges est enclose dans des murettes. Des bûcherons empilent le liège dans une remorque. Ils sont armés de haches et ont découpé l’écorce jusqu’à la hauteur de 1.20m. Le  tronc dégarni est d’un beau brun mais il noircit par la suite.

Le site de Su Romanzesu est ouvert à la visite tous les jours (3.5€-2.5€) 3 visites sont guidées le matin, autant l’après midi mais la dame nous donne un papier en français sans proposer de guidage.

Ce grand village-sanctuaire est situé à 800m d’altitude sur un plateau granitique planté de chênes-lièges. Avec le vent, il y fait très frais. Le toponyme est un souvenir de l’occupation romaine.

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La source nuragique fut découverte en 1919 pendant une campagne hydrologique. Comme à Irgoli, les ouvriers endommagèrent le puits sacré, les marches furent démolies et sa source captée. Une récente fouille a permis d’explorer le complexe couvrant 7ha et comprenant 3 édifices cultuels, un puits sacré et une grande zone cérémonielle ainsi que de nombreuses « cabanes » aux fondations circulaires en pierres sèches de granite et au toit conique en bois.

Le puits sacré se déverse dans un petit canal qui aboutit à une grande vasque entourée de gradins. Sur la photo du site, le bassin oblong est rempli d’eau mais  en juillet, nous le trouvons à sec. Il faut imaginer les ablutions rituelles et les cérémonies réunissant la communauté villageoise. En plus des purifications, le texte cite des pratiques ordaliques « surtout pour juger des délits contre la propriété ».

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Les grandes cabanes rondes étaient soigneusement dallées. Des banquettes bordaient la circonférence. Des niches étaient aménagées dans l’épaisseur des murs et il y avait un grand foyer central. Servaient-elles à la préparation des cérémonies ou simplement d’habitations ?

Deux temples à mégaron ont un plan rectangulaire compliqué par une entrée avec la cella à l’arrière. On y a retrouvé des récipients pour l’eau.

Le dernier édifice cultuel est appelé « le prêtre sorcier dans sa grande enceinte ». Il ressemble à un labyrinthe. Au centre se trouvait la cellule ronde du prêtre entourée par des murs concentriques.

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Nous pique-niquons sur le site dans l’endroit désigné par le gardien en compagnie d’une adorable petite chienne marron qui nous a accompagnées toute la visite. Mais il faut attendre 15h pour le musée de Bitti.

nuragheA 7km du site, sur la route S389, à l’entrée de Budduso se dresse le Nuraghe Loelle Budduso. C’est notre premier nuraghe, nous en verrons tant par la suite que nous serons blasées. Cette tour de deux étage reliés par une rampe a son sommet couvert par une coupole (tholos). Elle jouait le rôle de tour de guet contrôlant un vaste territoire. On peut encore monter à la tour. J’ai été surprise par la complexité des escaliers en spirales avec de petites salles cachées.

Non loin de là, un panneau indique des Tombes de Géants qui ressemblent à des dolmens. Je fais un tour dans les rochers, les tables de granite sans reconnaitre les structures indiquées sur le plan. Le fleuve Tirso est ici un joli torrent dans une forêt de chênes touffue couvrant complètement le plateau granitique. Lichens et mousses recouvrent troncs et branches des vieux arbres.

Marcello FOIS – Nel tempo di mezzo

LIRE POUR LA SARDAIGNE (NUORO)

nel tempo di mezzo

Marcello FOIS – Nel tempo di mezzo

Lu sur ma liseuse en VO. Je suis très fière d’avoir été capable de suivre le fil de l’histoire mais la faiblesse de mon niveau en Italien ne me permet pas de faire une « critique littéraire ».

Lu en Sardaigne.

12-17 octobre 1943 –  raconte l’arrivée  de Vincenzo Chironi en Sardaigne. Orphelin, élevé à Trieste, il va à la recherche de la famille de son père à Nuoro. Il marche dans une île dévastée par la guerre, la sécheresse, les fièvres . « Vers le sud, la mer à gauche ; vers le nord la mer à droite » Avec Orosei  pour cap. La découverte des paysages s’inscrit dans ma démarche touristique. Peu de rencontres dans ce maquis désolé, un vieil  aveugle « Tiresias en personne », un prêtre qui lui donne l’hospitalité dans sa chapelle perdue. Prêtre chasseur, prêtre sans paroissiens malades de la malaria…dont le meilleur ami est un chien qui va mourir. Quand Vincenzo parvient à Nuoro,  il trouve son grand père et sa tante seuls survivants d’une famille autrefois prospère et nombreuse. Ils trouvent une nouvelle raison de vivre  dans ce jeune homme de leur sang. Et un ami de hasard Mimmiu.

La paix revenue, Vicenzo s’installe dans Nuoro. On assiste à la modernisation du bourg rural qui devient une ville. Vicenzo et son ami se portent volontaire dans la lutte contre les sauterelles puis contre les moustiques, vecteurs de la malaria. Le fascisme est liquidé mais pas oublié… luttes politiques, communistes, monarchistes.

Vincenzo tombe amoureux, amour véritable, partagé,  qui reste stérile. Et cela se gâte.

La dernière partie  1972 1978 n’est plus racontée par Vincenzo mais par son fils Christian, né après la mort de son père.

Autant, j’ai  aimé le début du livre qui raconte Nuoro. Autant je n’ai pas accroché à la saga quand les fausses couches  de Cecilia sont vécues comme une malédiction qui vont détruire le couple idéal…..

Roseaux au vent – Grazia Deledda

LIRE POUR LA SARDAIGNE

Par les rues de Galtelli
Par les rues de Galtelli

 

Rose Grazia Deledda – Prix Nobel 1926 –est une gloire de la région d’Orosei.

Galtelli où se situe le roman Roseaux au vent l’a célébrée en offrant un parcours – un parc littéraire- où des citations sont placardées sur des plaques émaillées à la manière du nom des rues. Nous avons visité Galtelli trop tôt. Je n’avais pas encore lu le livre et je n’en ai reconnu qu’une seule :

« Voici là-haut, assis sur une banquette de pierre adossée à la maison grise du Milese, un gros homme vêtu de velours dont la teinte marron fait mieux ressortir le rouge du visage et le noir de la barbe »

Si  j’avais lu le livre plus tôt j’aurais vu les rues vides se peupler des silhouettes d’Efix – le narrateur – j’aurais cherché les figuiers de barbarie entourant la cour de Kallina, l’usurière. J’aurais imaginé la maison des nobles Pintor, les patronnes d’Efix. Pour moi, celle-ci est la maison transformée en Musée ethnographique – la seule maison que j’aie visitée au village.

Le livre m’aurait servi de guide pour nos promenades. Nous nous serions arrêtées à Oliena où Giacinto est allé chercher le vin de Don Pedru. Nous aurions cherché les chapelles où se déroulaient les fêtes et pèlerinages. Nous aurions mis des noms sur les sommets. Aurions prêté plus d’attention à la route de Nuoro, aux roseaux du Cedroni que nous avons traversé sur l’étroit pont de pierre d’Orosei ou sur le pont de fer d’Onifai.

A propos de l’arrivée à Galtelli : château de Pontes

« Voici d’un coup, la vallée s’ouvre sur le sommet d’une colline  semblable à un énorme amas de décombres, apparaissent les ruines du château, d’une muraille noire, une fenêtre bleue vide comme l’œil même du passé regarde le panorama rose mélancolique du soleil naissant, la plaine tachetée de gris des sables et du jaune pâle des joncs qui ondulent, l’eau verdâtre du fleuve, les petits villages blancs avec leur clocher au milieu comme le pistil dans la fleur, les petits monts au dessus des villages et au fond le nuage mauve et or des montagnes du Nuorese. »

C’est une très jolie histoire, très bien racontée que celle d’Efix, le serviteur des  dames Pintor  qui cultive le petit domaine de ses patronnes nobles mais trop pauvres pour le payer. Trop nobles pour travailler sauf en cachette, ou se marier sans déchoir. Trois vieilles filles – elles étaient quatre sœurs mais l’une d’elles s’est enfuie. Et justement, le fils de la fugitive, Giacinto paraît au village. Ce jeune homme sera-t-il capable de redonner son lustre au domaine ? Tandis que les sœurs sont méfiantes, Efix donnera toute son affection au jeune homme. Même quand cela tournera très mal et que l’usurière lui permettra de ruiner ses tantes…

 

Galtelli

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Galtelli paraît cher au cœur des habitants de la région. Toutes les personnes que j’ai interrogées semblent être attachées à ce bourg et le louent avec chaleur.

C’est un joli grazia deleddavillage où Grazia Deledda (Prix Nobel 1926) a situé son roman Roseaux au vent que m’a recommandé Nadia et que j’ai téléchargé hier sur ma liseuse. Le village offre une promenade littéraire : à chaque coin de rue un panneau de céramique porte une citation du roman en situation. Comme je ne l’ai pas encore lu, je ne peux les apprécier.

 

A notre arrivée résonne un charmant carillon. Remontant une rue très calme nous découvrons la petite église Santa Croce de 1612 aves ses arcades, son petit pignon et plus loin la grande église Crocifisse(13ème) avec son haut clocher carré comme une tour. En 1394, arriva un Christ de bois (gothique  catalan) miraculeux qui se mit à saigner en 1612. Ce miracle eut un fort retentissement dans toute la région drainant un pèlerinage qui occasionna la construction d’autres églises. Malheureusement la statue miraculeuse est emprisonnée derrière un grillage imposant et disgracieux.

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Le Musée ethnographique se trouve plus bas rue Cavour dans une très belle demeure campagnarde où l’on entre par un porche qui a une très belle arche et un puits dans la cour où on a disposé le matériel agricole d’autrefois : charrues, araires, herses, une antique botteleuse en bois. De vieux vélos, des meules de pierre ou des abreuvoirs de basalte complètent la collection. Le gardien du musée me trouve en train de photographier sans billet. Il se fâche un peu et me vend un ticket.

galtelli

La visite est guidée. Il existe deux sortes de guides. Ceux qui s’efforcent de parler pour être compris en ralentissant le débit et en vérifiant que je comprends. Ceux qui me noient sous un déluge de paroles et de détails sans imaginer que je suis incapable de capter une telle somme d’informations en Italien de surcroit. Ici, c’est la deuxième version.

La première salle est celle des bergers dont la condition est la plus dure à cause de l’isolement et de la pauvreté : on a suspendu les besaces en cuir, les gros godillots, les pièges à oiseaux. Les agriculteurs se trouvent plus haut dans l’échelle sociale : leurs outils sont plus élaborés. On visite un intérieur meublé : la salle à manger cossue a une belle vaisselle mais c’est une ièce aveugle.

J’ai aimé les jeux des enfants. Beaucoup utilisent des roseaux pour faire des pipeaux mais aussi des sortes de crécelles qui font des bruits terribles pour effrayer les corbeaux. Des roues montées sur de longs manches font des cerceaux.

Nous rentrons déjeuner au gite et passons une après midi tranquille au jardin malgré le vent qui souffle en tempête.

La plage est déserte. Le vent souffle de l’Ouest poussant l’eau vers le large et supprimant les petites vagues qui se brisent sur le sable. Je reprends mes aller/retours me tenant plus près du rivage que d’habitude. Je suis seule dans l’eau. Est-ce bien raisonnable ?

Orosei – Centro Storico

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Le gite est à 8km d’Orosei où nous faisons les courses au SISA ouvert en permanence. Nous avons aussi traversé Orosei au départ de chaque excursion, pourtant nous n’avons pas encore exploré le Centre Historique.

D’Olbia, on parvient à Orosei en descendant dans la vallée du Cedroni  cultivée d’agrumes vert soutenu, par des virages  faisant découvrir une épaisse coulée basaltique. Un étroit et long pont de pierre enjambe le Cedroni qui paresse dans ses roseaux. La route principale contourne le Centre historique en une large boucle. Dans le centre les rues étroites et tortueuses forment un dédale heureusement en sens unique. L’urgence est de trouver un parking pour abandonner la voiture. Le premier sur la place principale est complet, par chance, il y a une place Piazza Sa Anime au pied de la Vieille Prison.

la vieille prison d'Orosei
la vieille prison d’Orosei

La visite guidée de la Prison et du Complexe San Antonio Abbate coute 3€.

La Tour Carrée, 15m de haut, est entourée d’une imposante muraille fut d’abord un donjon défensif probablement de l’époque pisane  faisant face aux rivalités entre les judicats, à  celles entre Pise et Gènes, aux  attaques de pirates ou celles des Sarrazins. Pendant la domination aragonaise le château devient une prison. La cellule a été reconstituée avec des mannequins habillés du vêtement rustique des paysans que portaient les prisonniers.  Il faut imaginer que la cellule n’avit pas de porte. Les prisonniers étaient introduits par une trappe carrée au plafond. Seule ouverture : une mince fente dans l’épaisse muraille. Une chaîne courait autour de la pièce à laquelle étaient attachés les prisonniers par les chevilles et le cou. Les geôliers pouvaient à leur guise tirer sur la chaîne.

Au 19ème siècle, un pénitencier fut construit à Nuoro et la prison d’Orosei perdit ses occupants. On voit encore les latrines sur une estrade surélevée de quelques marches. Le guide nous montre les bateaux gravés sur les murs ainsi que des animaux exotiques ; Ces graffitis suggèrent que les prisonniers étaient des pirates probablement d’origine africaine.

Deux étages rénovés de la tour sont occupés par une très belle exposition de photographies anciennes montrant la vie à Orosei dans les années 1930 à 1950. On y voit des femmes en fichu allant chercher de l’eau, des jarres posées sur la tête, des enfants sages des écoles, le marchand ambulant et des portraits.

Complexe S.Antonio abbate : tour pisane et cumbesssias
Complexe S.Antonio abbate : tour pisane et cumbesssias

Notre guide nous accompagne vers le complexe de San Antonio Abbate qui était hors les murs de la ville médiévale lors de sa construction. Nous descendons une étroite rue en pente aux  gros pavés irréguliers entre deux bandes lisses de dalles plates.  Les maisons sont hauates, sans doute des palazzi fortifiés. La place moderne séparant le Centre Historique est plantée d’un jardin bien ombragé.

Le Complexe San Antonio Abbate comprend l’église franciscaine (14ème 15ème ), une Tour Pisane, un puits et les cumbessias, maisonnettes mitoyennes alignées construites à l’origine pour héberger les pèlerins, transformées en hôpital puis en orphelinat et en hospice. Aujourd’hui, ces habittataions sont attribuées aux déshérités de la ville.

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L’église est ornée de belles fresques dans les tons orange, brun. Au pied du chœur actue(l l’église primitivement était plus petite, on a ajouté le transept plus tard) on a retrouvé les tomettes peintes venant de Ligurie selon le guide vert, selon notre guide, azulejos de Valence.

De la tour Pisane on a une belle vue sur la ville.

orosei : par les rues anciennes
orosei : par les rues anciennes

Remontant la Rue des Victimes de Guerre, nous admirons les belles maisons anciennes, les porches de vieilles pierres et les ruelles et arrivons au Musée Guiso renfermant une collection de théâtres miniatures.

sardaigne 058 - Copie Certains sont des jouets où une manivelle permet d’actionner des silhouettes en carton de personnages de la Commedia del Arte dans un décor de Venise, dans un décor allemand ou autrichien une actrice blonde alanguie fait penser à la Traviata (mais les dates ne collent pas)

On croirait la Traviata
On croirait la Traviata

le curieux « Théâtre des chiens » est 20ème  tandis qu’une autre fantaisiste « comédie de l’histoire »met en scène Napoléon au Caire avec  Kléber, Berthier. D’autres sont de véritables maquettes : au 1/50 la représentation de Don Carlos à Florence. Une bibliothèque miniature contient de tout petis volumes qu’on pourrait lire avec une loupe…Sont exposés aussi des robes de grands couturiers, des costumes de scène, un traité de magie en sarde du 16ème siècle et d’autres curiosités.

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Aux portes d’Orosei il y a des carrières de marbre. La ville a bénéficié de ce matériau. A chaque carrefour est érigée une sculpture moderne plus ou moins réussie.

Cala Gonone – Cala Luna….et toutes les plages secrètes du Golfe d’Orosei

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Mercredi 9 juillet : Cala Gonone et Croisière

cala goloritze5

Cosette nous attend à la « Box n°2 ». Son bateau n’est pas complet, 7 personnes se sont inscrites. Elle nous conseille d’attendre à l’ombre d’un arbre où un Sénégalais a installé son étal.  Les marchands sénégalais sont présents partout, du Cap Vert à la Grèce…ils sont d’excellents commerçants, dégourdis et souvent de bon conseil. J’achète une robe de plage bleue que je mettrait tous les jours !

 

10h30, Cosette me prête un parasol et une glacière à un couple belge. Nos compagnons sont une famille de Grenoble et un jeune couple italien. Le zodiac est beaucoup plus confortable que je l’imaginais avec ses sièges rembourrés de coussins en skaï blanc. Les boudins font aussi des sièges agréables pas tape-cul du tout, les embruns ne dérangent  pas vraiment puisqu’on part pour la baignade !

 

Nous entrons dans la première salle de la Grotte de Bue marino  qui se visite également en venant de la terre. On y donne des concerts de jazz, l’acoustique y serait exceptionnelle.

 

calalunaDe nombreuses grottes moins renommées trouent la falaise jusqu’à Cala Luna .
Giovanni, le capitaine, s’approche doucement, nous fait admirer les stalactites colorées de noir de blanc ou de marron, les concrétions et les draperies. Dans la Grotte d’Azur l’eau est d’un bleu profond et des algues roses bordent la falaise. Au fond de l’eau des figures contournées et rythmiques se dessinent. Giovanni propose de plonger. L’eau profonde m’intimide. Le zodiac est haut, j’ai peur de sauter du bord. Seuls le belge et le Grenoblois s’y risque. L’eau n’est pas froide, tranquille comme dans une piscine. Je regrette mon appréhension quand Giovanni déplie l’échelle.

 

Nous visitons d’autres grottes. Dans l’une d’elle il y a embouteillage de gomoni, 3 autres embarcations bloquent l’entrée. Giovanni nous montreun cormoran gracile au plumage clair – un juvénile – puis un couple de faucons pèlerins qui niche dans la falaise. Nous les retrouverons un peu plus tard donnant la chasse à une mouette téméraire qui a dû s’approcher du nid.

 

sardaigne 039 - CopieUne échelle de fer a été installée pour permettre aux bûcherons d’exploiter la forêt à l’aplomb : ils ont coupé des chênes séculaires pour en faire des traverses de chemin de fer. Massacre d’une belle forêt. Le maquis et les pins ont remplacé les chênes.

 

 

 

Giovanni nous raconte comment le matin, les chèvres sauvages  descendent sur les rochers pour lécher le sel que les embruns ont déposé.

: tpiscina venereout le monde quitte le zodiac pour nager dans l’eau turquoise tranquille jusqu’à une petite plage toute blanche de graviers de calcaire ou de marbre. . Baignade merveilleuse

Le bateau s’arrête près d’une source d’eau douce, tarie en été mais dont la résurgence coule comme un torrent l’hiver. Comme je suis assise à côté de l’échelle, je suis la première dans l’eau. Un nageur me dépasse d’un crawl puissant, c’est Giovanni que nous suivons tous dans une grotte blanche où l’eau est transparente et le plafond festonné, très bas « Attention à la tête ! ». la vague s’engouffre dans le couloir creusé par la source. A l’intérieur de la grotte le mouvement de l’eau s’amplifie. Il faut se tenir de la main au plafond pour ne pas être projeté au fond. Pour sortir il faudra passer  chacun à son tour en attendant chaque fois le reflux. Prudente, je plonge avant de passer l’obstacle tandis que les autres encouragent les nageurs. Les parois blanches, la lumière rasante et bleutée qui se faufile à travers les ouvertures, contribuent à cette impression de transparence et de pureté.

Cala_Goloritzé_3

La promenade se termine devant la Cala Goloritze gardée par une aiguille  et des rochers aux formes contournées étranges. Giovanni y voit un aigle. Un peu plus loin, une arche de pierre enjambe l’eau turquoise. Les bateaux n’ont pas le droit de s’approcher plus de ce monument national, site protégé.

13h15, Cala Mariolu, pique-nique sur la plage de petits galets ou de gros graviers bordée par des rochers. Un peu plus loin derrière d’autres rochers, un kiosque propose sandwiches, glaces et café. J’ai oublié mes sandales dans le zodiac. Je n’arriverai pas jusqu’au kiosque pieds nus. J’ai planté le parasol au coin de deux rochers, étendu mon paréo jaune sénégalais. Au menu : œufs durs et abricots. Le parasol s’envole à plusieurs reprises. Le monsieur belge trouve la parade, renverse le parasol et le leste de mon sac et d’une bouteille d’eau. Je peux sans crainte l’abandonner pour nager dans l’eau fraîche.

Les bateaux de touristes se succèdent. Zodiacs mais aussi gros bateaux qui accostent en face du kiosque. Ballet ininterrompu d’arrivants et de partants. La « plage de rêve », la « crique inaccessible » est bien fréquentée. Le secret est éventé ! Il faudra me rappeler à l’ordre à 15h alors que j me préparais à une nouvelle baignade.

Au retour, Giovanni passe la vitesse supérieur, le zodiac file au large des grottes soulève beaucoup d’écume, je quitte le bord et vais sagement m’asseoir sur la banquette avec les belges.

15h30 Cala Luna est équipée d’un véritable débarcadère, « quai » en grille métallique. Des navettes régulières relient Cala Luna à Cala Gonone. Cala Luna n’est donc pas une plage déserte. Son charme réside dans les 4 grottes au nord, gardées par une barrière rocheuse. A l’écart, dans un petit vallon fleuri, j’achète une glace au restaurant et la savoure à l’ombre. Comme je n’arrive pas à grimper avec tout mon barda les rochers vers les grottes j’entreprends d’aller les voir à la nage laissant mes affaires non loin de celle du couple italien. Je suis de retour à 16h37 après une merveilleuse baignade.

Irgoli – Janna e Pruna – Antiquarium

CARNET SARDE

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La route du site Janna e Pruna  est une aventure à elle seule. A l’entrée d’Irgoli , juste après le pont un panneau annonce 11km. Les 3premiers km sont sur une large route provinciale. Puis à gauche, un raidillon, étroit mais goudronné s’élève droit dans les lauriers-roses géants. Puis redescend. La vue sur la vallée du Cedroni et la mer est éblouissante, falaise bleutée au dessus d’Oliena, villages ramassés d’Irgoli et de Galtelli. Après de nombreux tournants, la voiture cale. Départ en côte avec le fameux frein à main électronique ! Après les affleurements volcaniques nous traversons une région de schistes.  Un chaos granitique coiffe la colline, nous faisons un arrêt dans un creux occupé par des bergeries.

sardaigne 026 - CopieClochettes d’un troupeau de chèvres cachées dans les buissons. Elles ont fait une coupe intéressante aux lentisques en dénudant les troncs et les branches jusqu’à 2m du sol. Au dessus du hameau la petite chapelle Crezia St Eleni n’est pas très jolie à cause de son crépi de ciment mais le site est enchanteur. La route monte encore vers un sommet boisé de pins et aussi de très vieux chênes noueux et parvient à un embranchement. Vers la gauche est indiqué Irgoli, en face la Locanda Nuraghe, à droite un 3ème chemin qu’on n’aurait jamais dû emprunter vers la montagne. La route s’arrête brusquement, le demi-tour acrobatique. Un parapet protège du vide (pas du vertige, il ne mesure qu’une dizaine de cm de haut) marche arrière donc sur une centaine de m au bord du précipice.

La locanda est fermée. Un sentier de randonnée balisé (3h30 – 5.5km) part de là. L’endroit est aménagé pour le pique-nique sous des chênes impressionnants.

Nous prenons donc la route d’Irgoli à flanc d’une colline couverte de cistes roussis.  Des vaches à la robe brune ou grise aux cornes courtes mais très pointues. Deux petits veaux tètent. Je n’ai  jamais vu des vaches si petites.

sardaigne 031 - CopieSur la gauche, le site Janna e Pruna est signalé par un  panneau jaune. L’entrée 2€ seulement avec la visite guidée. La dame est charmante et prend tout son temps. Je découvre la civilisation nuraghe. Le site 1200-900 av JC, correspondant à la fin de l’âge du Bronze et au début de l’Age du Fer.

Le petit temple est formé d’une cella circulaire (comme une tholos), précédé d’un atrium entouré d’une enceinte rectangulaire délimitant la zone sacrée. A l’extérieur, des banquettes permettaient aux pèlerins et aux prêtres de s’asseoir. A l’intérieur du temple on au aussi trouvé des bancs de pierre et au centre un foyer. Les pèlerins apportaient des ex-voto. Des figurines de bronze – bronzetti – sont exposées aux musées de Nuoro et Cagliari. L’Antiquarium d’Irgoli n’en présente que des photos.  Une construction circulaire,  voisine du temple,  avait autrefois une toiture de bois (disparue bien sûr) était la salle où l’on préparait les offrandes. Une autre enceinte soigneusement construite de gros blocs de granite délimitait un espace sacré où les pèlerins attendaient avant d’aller au temple.

Cet emplacement était stratégique, culminant à 650m au dessus de la Vallée du Cedrino et du Golfe d’Orosei.

Nous descendons ensuite visiter la Fontaine Sacrée. Les Nuraghes étaient animistes et vénéraient l’eau (pas figuré par une divinité spéciale, l’eau comme élément). La fontaine fut construite en belles pierres de basalte soigneusement appareillée tandis pour le temple on utilisa les blocs de granite plutôt arrondis irréguliers sans joints. Un magnifique aulne glutineux a poussé grâce à l’humidité de la fontaine.

Les végétaux du site sont étiquetés : une aubépine, un chêne-liège, des cistes, des bruyères arborescentes, des ronces et bien sûr lentisque (j’apprends qu’il appartient à la famille des anacardiers). Sur la route du retour, un véritable fleuve de lauriers-roses descend le vallon. Spectacle bucolique avec les abreuvoirs qui brillent au soleil.

Jolie surprise aussi que cette Notre Dame de Constantinople rappelant l’histoire byzantine de la Sardaigne. L’église actuelle est 17ème, crépie de ciment, quelconque.

La visite de l’Antiquarium a tourné au pensum. La dame me montre au rez de chaussée un beau menhir à cupule, des pierres à meule en granite et un bétyle provenant de Tombes de Gigantes. Elle énumère les lieux où on a retrouvé ces objets dispersés dans tout le village d’Irgoli qui a été  nuraghe, romaine, byzantine….

Une spécialité sarde : la pintadera disque de terre cuite orné d’un motif géométrique en relief. C’est un moule permettant d’estamper une décoration géométrique sur le pain ou la fougasse. Le thème du blé et du pain est abondamment développé à l’Antiquarium. Quand les enfants des écoles viennent en visite au musée, dans un atelier ils peuvent moudre les céréales à l’ancienne et confectionner une galette de pain décorée. Le thème de la métallurgie est aussi illustré. L’objet le plus curieux est ce poignard nuragique trouvé par un paysan qui a remonté la lame et utilisé comme couteau. Intéressants aussi ces moules de pierre pour couler le bronze. Les Nuraghes commerçaient même avec Chypre qui fournissait du cuivre.

Une collection numismatique commence avec les Phéniciens et se termine au 6ème siècle avec les Vandales.

La sonnerie de mon téléphone me délivre des explications interminables sur les céramiques. La dame disserte sur de minuscules tessons portant des traces de roseaux tressés ou de minuscules piqûres d’épingles.

ARNET SARDE

Cala Gonone – le sentier vers Cala Luna

CARNET SARDE

Cala Fuili
Cala Fuili

Les nuages sont arrivés hier soir pendant ma baignade.  Repartis à la nuit étoilée avec un beau quartier de lune. Ce matin, il fait gris. Dommage parce qu’on avait un beau plan : de Cala Gonone un sentier rejoint Cala Luna, une calanque inaccessible en voiture. Le retour peut s’effectuer en bateau. 8€ aller/retour, 5 € retour seulement.

Route d’Orosei à Cala Gonone

La route de Dorgali, la S125, traverse d’impressionnantes carrières de marbre blanc parfois veiné de gris. Les blocs découpés en parallélépipèdes – énormes morceaux de sucre – empilés, numérotés sur le bord de la route. Juste à côté je reconnais une coulée de basalte. La géologie de cette région est complexe.

La campagne est vallonnée, Sur les collines molles, de très vieux oliviers espacés développent leur ramure. Les champs ont été moissonnés. Des vaches paissent. On entend les sonnailles des brebis. Un bidon chromé brille à l’arrière du pick-up du berger stationné à l’entrée de l’enclos. Des panneaux signalent de nombreux Agriturismi  bien cachés. Tourisme de luxe, invisible qui n’altère pas le caractère rural de la région. Tourisme balnéaire et gastronomie à base de produits locaux.

Le GPS nous fait abandonner la grande route pour une petite conduisant à la Grotte Ispinigoli longeant une falaise calcaire trouée de petites grottes.  La route tortille entre des murettes de pierres, passe devant un Musée ethnographique, deux ou trois plages sont aussi signalées. On se promet d’y revenir.

Par des épingles à cheveux dans la forêt, la route monte jusqu’à la crête qui ressemble à une muraille infranchissable. D’en bas, le col est invisible. La route devient une rampe en ciment très étroite. En haut le panorama est surprenant.

Cala Gonone

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Au  creux d’une anse, Cala Gonone , est ramassée autour de son port.  La petite station balnéaire est à taille humaine mais elle possède toutes les commodités et même un cinéma. Sur le port, des guérites en bois sont alignées. C’est là qu’on achète son billet pour les excursions dans les calanques du golfe d’Orosei. Nous avons le choix entre le transfert simple vers Cala Luna ou des croisières permettant de visiter plusieurs sites dans la journée. On pourrait aussi louer un gomone (zodiaque). Chaque société propose un prix différent, un déjeuner, de la pêche…Une femme nous interpelle en français. 35€, dans un petit bateau prenant 12personnes, 5 plages, accueil francophone. Le temps n’est pas favorable, les hôtesses n’insistent pas, il vaudrait mieux revenir un jour ensoleillé.

La balade à pied commence à Cala Fuili la dernière calanque accessible en voiture à 4km au sud de Cala Gonone , c’est une petite plage blanche enserrée dans la falaise accessible par un escalier. Ensuite le sentier s’élève très rapidement, quelques marches sont taillées dans la roche puis on grimpe à couvert sous les lentisques, les thuyas qui ressemblent à des genévriers et des chênes-verts aux troncs très minces. Quelques fois il faut suivre une dalle entaillée par des figures d’érosion caractéristiques d’un karst.  Figures de dissolution formant un éventail  en creux, ou dendrites se ramifiant en relief sur la roche lisse. Elles sont antidérapantes et plutôt confortables à la montée. Quand il faudra redescendre cette dalle inclinée m’inspirera moyennement confiance !

Le guide Vert et Evasion annonçaient 1h30 et 6km et une balade plutôt facile. Le panneau marque 2heures et 5.6km, temps calculé pour de bons marcheurs.

A couvert sous les feuillages, avec de courtes averses, il fait bon monter. 1h30 plus tard, je suis loin d’être arrivée. A l’approche d’une petite grotte le parcours se corse. Je m’aide avec les mains pour me hisser sur les rochers, juste après la grotte le sentier plonge presque verticalement sur une dalle lisse et très inclinée à 70° peut être et qui ressemble plus à un toboggan qu’à un sentier. En admettant que je réussisse la descente, quid de la remontée ? J’essaie sur quelques mètres et remonte à grand regrets. Peut être suis-je tout proche de Cala Luna ? A la hauteur de la grotte je croise une famille tchèque. Le père propose de m’assurer à la descente. Cela m’aurait sécurisée mais il faut penser au retour. Je n’ai pas les 5€ pour le bateau, ni les horaires  et il n’y a pas de réseau pour appeler Dominique qui m’attend à Cala Fuili. Un peu plus loin, une autre famille tcèque pique-nique.

L’aller s’était fait sous les nuages. Le soleil de midi cogne. J’avais pensé que la descente serait plus facile que la montée. Erreur ! Je marche sur des œufs de peur de me tordre les chevilles.

Retour par la grande route  S125 qu’on atteint après un long tunnel.

Baignade sur notre plage. L’eau bien fraîche me délasse des fatigues du matin.

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De retour, belle surprise : sur un plat de bois brut, couchés sur des feuilles de vigne, deux concombres du jardin ! Dès que nos logeurs rentrent de leur promenade, je les en remercie. Ils descendent pour faire la conversation. Nous leur demandons conseil pour l’excursion de demain. Nous souhaitons visiter un site archéologique. «  Irgoli ! » recommandent-ils « le site s’appelle Janna e Pruna »  et la visite du village de Galtelli tout proche. Pour montrer le chemin, ils m’invitent chez eux,  sur l’écran de l’ordinateur. J’en profite pour monter la liseuse et me connecter pour acheter le Monde. Je montre à la dame ma sélection de livres sardes. La dame n’a pas du tout aimé les œuvres de Milena Agus. Elle me recommande deux auteurs sardes Grazia Deledda (Prix Nobel 1926) et Marcello Fois. Je télécharge sur le Kindle Roseaux au vent de Grazia Deledda qui se déroule précisément à Galtelli. Pour Marcello Fois, rien n’est téléchargeable en français, je commande un  extrait gratuit en italien. Si j’arrive à le lire en V O je commanderai le livre entier.