Gargonza, château fort est situé en pleine forêt, dans cette montagne boisée et déserte à l’ouest de Monte San Savino, que nous avons traversée samedi en venant de Sienne.
Le donjon carré domine les arbres. Les nombreux cyprès dépassent les chênes, pourtant très beaux.
Il faut laisser la voiture à l’écart : une allée dallée, en sous bois, nous conduit au village fortifié. Pas de brique, ici, de la belle pierre de grès gris et fin. Sous une arche on entre dans la cour, au pied du donjon, toute verte d’herbe rase ornée d’une belle citerne octogonale .
Le village a été converti en château-hôtel. Les maisons sont retapées, fleuries, toutes les portes peintes en marron. Belle unité de style, mais le village a perdu son âme. Nous parcourons les ruelles, prenons des photos. Je regrette d’avoir oublié mon carnet de dessin.
Comme la visite a été courte, je propose de rentrer par un autre itinéraire par une strada bianca et de descendre le chemin à pied. C’est une balade magnifique sous les beaux chênes aux troncs moussus et les hauts pins qui embaument .
Dans une clairière dégagée nous retrouvons les oliviers. Au loin, les crêtes, dans la vallée, tournesols, maïs et blé : concentré de la Toscane, un moment exceptionnel.
Maison de Pétrarque
La belle via dei Pileati avec ses palais couverts de blasons conduit à la Maison de Pétrarque qui abrite une belle bibliothèque avec des livres anciens (aussi en Français et en latin).
Piazza grande et Santa Maria della Pieve
Santa Maria della Pieve est surtout remarquable par ses colonnettes qui décorent la façade, l’abside et le campanile (style Pisan). La nef est impressionnante, très vaste, très haute, très dépouillée.
Nous restons une bonne heure sur la Piazza Grande. Les façades sont très variées. Les arcades de la Loggia de Vasari occupent tout un côté. De beaux cafés y sont installés.
piazza gbrande côté des cafés
Le plus grand côté de la Piazza grande est occupé par des façades médiévales avec des balcons de bois et des maisons-tours décorées de blasons. Les crépis jaunes, ocre, ou gris tranchent avec la pierre. Nous nous installons sur la margelle du puits. Un homme dessine le côté très disparate avec le chevet de Santa Maria della Pieve et son campanile, un Palais XVIIème /XVIIIème occupé par le tribunal et un bâtiment très curieux, très ouvragé la Loggia dei Laici gothique en bas surmonté de frises Renaissance et d’une curieuse horloge. Le dessinateur est d’une dextérité étonnante. Il installe ses lignes de fuite, jongle avec la perspective puis complète les bâtiments et rajoute les détails à la fin. J’avais l’intention, moi aussi de dessiner mais je me sens complètement gourde à côté de lui !
C’est l’heure de l’apéro ou plutôt du caffe freddo. Nous remontons vers les beaux cafés sous les arcades de Vasari. Toutes les tables sont occupées. Encore une fois, pas de café ! La terrasse à côté est vide, on peut s’asseoir à son aise. Je commence le dessin laborieux des maisons médiévales plus faciles.
Les montagnes par delà le Val di Chiana
De la piscine de la Foresteria, on voit la montagne qui borde le Val di Chiana vers l’est, d’Arezzo à Castiglion Fiorentino. En fin d’après midi, par une petite route à travers un village puis des oliviers on parvient à une très belle forêt. La route grimpe puis redescend sur l’autre versant vers Arezzo.
Comme hier, je descends à pied sur la route dans la belle lumière du couchant. La vue est très étendue sur la plaine cultivée : jaune des tournesols, vert vif du maïs et du tabac, or des chaumes, vert foncé des vergers qu’on arrose à grands jets tournants. Au bas des pentes : des oliviers en terrasses – Véritable « résumé » de la Toscane : oliviers, clochers et fermes massives précédées de leurs haies de cyprès.
Amanda a pris rendez vous à 9h, pour nous pour la visite des fresques dePiero della Francesca sous le nom d’Illuminati, le nom de Francesco, le véritable patron et propriétaire de la fattoria mais aussi des vergers et de l’usine .
Les fresques ornent le chœur de San Francesco, grande église romane très haute mais assez simple.
A l’heure dite, on nous laisse entrer, on allume et nous confie un audio-guide en français.
Les fresques racontent l’ « histoire de la Vraie Croix » racontée dans la Légende Dorée de Voragine.Cette histoire commence par la mort d’Adam. Son fils, Seth plante dans sa bouche un bourgeon de l’arbre de la connaissance qui donnera le bois de la Croix. Episode intermédiaire : Salomon a fait du tronc de cet arbre, un pont. La Reine de Saba a une vision et refuse de marcher sur ce pont. Salomon fait enterrer l’arbre. De la Crucifixion, rien dans cette fresque.
Rêve de Constantin : un ange porte une croix de lumière qui lui apportera la victoire. Scène de bataille. Hélène va chercher la Vraie croix à Jérusalem. Un Juif, Judas, connaît l’emplacement des trois croix. Pour lui extorquer le secret on l’enferme dans un puits. Titre : torture du Juif (déjà ! Encore !)
Puis nouvelle scène de bataille, contre les Perses cette fois. Le roi de Perse avait volé la Croix, en avait fait un trône sur lequel il avait coutume de s’asseoir à côté d’un coq (esprit saint).
On peut regarder cette fresque comme une BD. Lecture naïve des analphabètes. Les fresques étaient appelées : bibliothèques des pauvres. Ne connaissant pas cette légende, je la découvre sans a priori, sans esprit critique. Une belle histoire, magnifiquement peinte et bien racontée.
Nous repassons la cassette deux fois pour mieux découvrir les détails. Ensuite, le regard essaie de saisir les détails du contexte historique : Jérusalem, c’est bien sûr Arezzo. Mais Piero a voulu faire oriental, il a rajouté deux minarets. Délicieux anachronisme ! Les scènes de batailles sont les plus colorées. Les pattes des chevaux donnent l’idée du mouvement dans la mêlée, elles sont très bien représentées. J’avais déjà remarqué ces pattes de chevaux à Sienne en regardant le pavement. Lances, oriflammes pointent vers le ciel. Les blessures des soldats saignent d’un beau sang rouge. Le thème religieux s’efface devant l’évocation guerrière.
L’audio-guide se contente de raconter la légende. Nos livres en faisaient de même. Je regrette l’absence de visite guidée qui aurait pu donner des notions de technique et d’Histoire de l’Art. Dans la nef, nous sommes livrées à nous même devant des fresques moins connues. Je remarque une curieuse fresque où un âne est agenouillé.
Avec le livre de Francès Mayes pour guide : Sous le Soleil de Toscane
arrivée à Cortona
Cortona est la ville la plus pentue que nous ayons jamais visitée ! On y entre par une arche dans la muraille étrusque (gros blocs arrondis par le temps), on remonte la via Ghelfa pavée de grosses dalles grises entre les maisons grises en pietra serena, endormie à notre arrivée.
ruelle en pentte
Halte à mi-pente au couvent Saint Augustin : le cloître est planté d’un palmier et du plus joli althæa à fleurs blanches qui, au lieu de faire une boule, est taillé en berceau et a grandi comme un véritable arbre? Les arcades du cloître sont en jaune pâle comme dans la plupart des les cloîtres. Je regarde avec plus de curiosité que d’admiration, les fresques narrant les épisodes de la vie du saint. Facile à comprendre: les miracles sont expliqués en Italien (plus facile que le latin) Ces peintures n’ont aucun intérêt esthétique. Nous avons vu tant de belles fresques que nous devenons difficiles !
Piazza della Reppublica
Deuxième étape dans notre ascension : un banc de la Piazza della Reppublica, place où trône sur un large escalier le Palazzo del Capitano del Poppolo(hôtel de ville) surmonté d’une tour et d’une grande horloge. Des échoppes minuscules sont logées sous l’escalier. Frances Mayes décrit dans son livre, Sous les soleil de Toscane, l’horloger installé depuis le temps des clepsydres. Malheureusement il a cédé son atelier à une galerie de tableaux – personne ne fait plus réparer de montre !
Comme le raconte le livre de Frances Mayes, nous trouvons sous les arcades la marchande de frutta e verdura et dans la loggia surélevée, la terrasse du restaurant. On sort le livre et on le lit à voix haute. C’est amusant de visiter les lieux décrits si minutieusement par l’Américaine.
Nous venons tout juste d’arriver, Cortona nous semble familière. Un petit bémol : la place est beaucoup plus touristique qu’on ne l’imaginait.
San Christoforo
Après cette lecture, nous adoptons notre tactique habituelle : grimper le plus haut possible et faire la visite à la descente. Donc on monte, on monte même très raide. L’église préférée de Frances Mayes est San Christoforo. Selon elle, a porte serait toujours ouverte. Cap sur San Christoforo qui se trouve dans les hauteurs ! Nous passons rapidement devant San Francesco mais on n’aime pas s’interrompre à mi-pente, cette église est vaste et sombre. On a descendu les tableaux pour restauration. Un moine en robe de bure lit en marchant.
Vers le haut de la ville, les constructions sont moins denses avec de beaux jardins. Nous découvrons une vue dégagée sur le Lac Trasimène (on l’attendait, il est dans le livre). De grands bâtiments austères en pierre avec de hauts murs bordent la rue : ce sont des couvents de Santa Chiara delle Povere, della Trinita etc.….On restaure San Niccolo qui a un joli porche abrité par une colonnade.
Pas de visite San Christoforo est vraiment une toute petite église avec un campanile tout simple « à peigne » située à la fourche de deux routes. On ne peut pas vraiment l’appeler une place, mais il y a un banc . Le livre qui décrit l’Ange de l’Annonciation qu’on aperçoit dans une petite chapelle extérieure fermée par une grille. Depuis que Frances a écrit le livre, on a fermé l’église.
Nous poursuivons jusqu’à la Porta Montanina. De là nous avons une très belle vue sur un vallon la coupole de S. Maria Nuova et de belles maisons avec piscine (sans doute agriturismo) ? Nous négligeons Santa Margharita et ratons une belle promenade verte et ombragée (un chemin de croix !) Nous avons déjà assez monté comme cela.
Pour descendre nous choisissons les plus petites ruelles . Un petit chien bâtard fait mine de nous barrer la route, un chat dort tranquillement. Deux femmes en tablier descendent en bavardant …Chaque viccolo apporte une surprise : une volée de marches, une rampe glissante,uneéchappée sur la vallée ou le lac …Nous somme vite rendues à la Piazza della Reppubblica maintenant plus animée.
La via Nazionale est la rue commerçante. J’y trouve facilement le Monde. De jolies boutiques proposent de bien jolies choses. On entre dans un magasin de papier d’art : carnet, agendas, écritoires …recouverts de papier ancien. Une très belle librairie vend du matériel de peinture tubes, pastilles d’aquarelle, papier. J’achète un bloc. Le format du carnet moleskine est parfait pour les croquis rapides mais pour peindre je n’ai plus de papier grand format. Dominique m’incite à « mettre des couleurs »dans mes dessins. Sans couleur, elle ne les regarde même pas.
La Cathédrale est un peu décevante : extérieur roman très sobre, intérieur Renaissance avec les colonnes et arcades gris foncé que nous avons vues maintes fois depuis Florence.
Le Musée diocésain
annonciation fra angelico
En face le « petit musée « diocésain. Je suis toujours méfiante avec les Musées d’Art sacré qui exhibent chasubles, chandeliers, encensoirs et croix qui m’ennuient. Encore une fois je me laisse conduire par Frances Mayes qui décrit une Annonciation de Fra Angelico avec un ange aux cheveux oranges. Nous décidons de faire une visite à l’Ange, je prends l’ audio-guide.
L’Ange est bien là ; sa présence illumine toute la salle. C’est une peinture très connue. Elle m’est familière. J’aimerais rester longuement à la contempler. La Vierge, sous une sorte de pavillon à colonnettes est aussi très douce. Un parterre fleuri à fond vert soutenu fait ressortir les personnages clairs. En dessous une bande dessinée – la prédelle- représente des scènes miniatures qui me plaisent énormément. Une femme, entrée en même temps que moi, s’est assise et écrit dans un carnet. Comme j’ai pris l’audio-guide, je fais une visite complète qui me permet de découvrir un peintre que je ne connaissais pas : Lorenzetti (14ème siècle école siennoise) qui peint des visages grisâtre très doux presque douloureux. Je retrouve Signorelli (et son atelier). Pour Signorelli, je suis partagée. Certains de ses tableaux me plaisent, d’autres pas. Je ne sais pas très bien pourquoi. Ce n’est pas nouveau, déjà à l’Abbazia de Monte Olivetti Maggiore, les fresques m’avaient paru insignifiantes. Certains tableaux paraissent réussis : la Déposition du Christ mort est saisissante. Les autres tableaux semblent bâclés. Avant de quitter le musée, je retourne prendre congé de l’Annonciation. La femme aux cheveux gris écrit toujours dans son carnet.
Il est midi, je n’ai pas envie d’une autre visite de musée. Dominique a pris les renseignements pour les visites des tombes étrusques. Nous terminons la visite par un tour en voiture en haut de la ville.
Nous arrivons sur l’esplanade de Santa Margharita que nous avions négligée. Si la promenade du chemin de croix devait être une promenade agréable, la découverte de cette église est une déception. C’est une basilique du XIXème siècle de proportions imposantes disproportionnée à l’échelle de Cortona, néogothique, hideuse.
Nous continuons vers la forteresse Médicis perchée au dessus de la ville. Forteresse de pierre, contrairement à celles de briques de sienne de Volterra ou d’Arezzo). Elle abrite une expo d’art Contemporain (contemporaine vacuité et prétentieuse nullité). Nous montons sur le chemin de ronde pour la vue sur le Lac Trasimène, la ValdiChiana et les montagnes bleutées qui ressemblent à des volcans.
Cet hiver la lecture du livre Sous le Soleil de Toscane nous a incité à choisir cette destination pour les vacances de Juillet. Lecture facile, lecture sympathique, récit d’une journaliste américaine qui vient s’installer en Toscane et retaper une maison. Découverte de Cortone et de ses habitants, de la vie italienne si différente et exotique pour une américaine.
Dernier temps fort de la journée : Bramasole, la maison du livre !
Située à la sortie de Cortona sur une petite route au dessus d’un vallon sauvage dans les oliviers et les cyprès. Ici, tout le monde la connaît. Deux jeunes gens qui se restaurent de salami à la terrasse d’un café nous pilotent : « c’est après la courbe vous verrez un grand portail et un grand jardin »Bramasole est facile à identifier avec sa madone en terracotta (genre della Robia) et son magnifique jardin.
Bramasole madone
Nous sommes surprises. On ne l’imaginait pas si proche de la ville. Moi, je ne la voyais pas si rouge et si grande. Le jardin en terrasse est soigné et fleuri. On la mitraille de photos. Un peu déçues, l’écrivaine n’y habite plus.
Rendez-vous au parcheggio du torrente Loreto. Nous trouvons le ruisseau ( torrente), pratiquement à sec, mais pas le parking !
Une dame qui arrosait ses fleurs, me fait traverser la route très passante (Arezzo-Pérugia) pour me montrer le parking.
Visite privée : nous sommes seules. Notre guide est une archéologue américaine, sur son badge : « dottore », en anglais donc. Les conférences en Italien m’amusent mais je suis incapable de poser des questions précises. Comme la visite sera un dialogue, l’anglais me convient parfaitement.
Le premier tumulus est encore plus imposant que celui de la tombe des chars de Populonia. Des chênes centenaires masquent le dôme de terre. On ne voit pas non plus le tambour de pierre. Les archéologues ont dû creuser sous le niveau du sol. Ce tumulus comporte plusieurs chambres. Il a été utilisé pendant longtemps: durant six siècles les habitants de Cortona ont pris l’habitude de se faire enterrer ici, Étrusques ou Romains, ou autres.
La structure circulaire a été dégagée pendant les différentes fouilles ainsi, récemment, qu’une sorte de plate-forme (un autel ?) précédé d’un escalier monumental. De grosses palmettes sculptées dans le grès servent de rampe. Des sculptures ornent la base de l’escalier : l’une d’entre elles est bien reconnaissable : un guerrier luttant avec un fauve. Cette tombe est contemporaine de celles de Populonia (VI ou VIIème siècle). Ces tumulus étaient construits à proximité d’un grand axe de circulation devenu la Via Cassia. Ils étaient visibles de la route et marquaient ainsi le prestige du dignitaire et de sa famille. Comme à Populonia, inhumation et crémation ont coexisté. Des fouilles récentes ont mis à jour des objets très nombreux sauvés des pilleurs de tombes grâce ou à cause des inondations du petit torrente. Des bijoux en or sont tombés dans la boue et ont été préservés.
La seconde tombe a été reconstituée au cours de fouilles anciennes (1909). On peut pénétrer dans la chambre.Le matériau employé est remarquable: une belle pierre rose (calcarénite) provenant de Pienza et du travertin. L’utilisation d’un matériau de construction importé de loin (même de très loin, compte tenu de la taille imposante des blocs) est aussi un indice de la richesse du propriétaire de la tombe. Autre intérêt : la fausse voûte. A cette époque, les Étrusques ne savaient pas construire de vraies voûtes. Ils empilaient les blocs en gradins, ce qui aurait dû donner un escalier. Pour faire plus joli, on a scié le bloc en diagonale pour donner un plafond lisse en faisant disparaître les marches. Pas de ciment, les blocs taillés très soigneusement s’emboîtent très proprement les uns dans les autres.
Enfin, des inscriptions ont été retrouvées. L’écriture étrusque utilise des caractères grecs et phéniciens écrits de droite à gauche. On connaît ainsi le nom du dignitaire inhumé ici. Il ne s’agit pas d’un Etrusque mais d’un Ombrien, sa femme étrusque était d’une famille bien connue à Cortona .Malgré la précision de la lecture, ces inscriptions funéraires sont de peu d’utilité pour le déchiffrement de la langue étrusque : sur chaque tombe toujours la même chose « ci gît … ».
A partir du cinquième siècle la pression des Romains sur les villes étrusque se fait menaçante. Les cités étrusques, au lieu de s’unir contre l’ennemi romain, ont continué à guerroyer entre elles. Elles n’avaient aucune chance contre Rome. Cortona a préféré payer un tribut à Rome. La richesse des dignitaires s’est trouvée amoindrie ; la taille des monuments funéraires a donc diminué. Plus de tumulus imposant, seulement des niches pour des urnes contenant des cendres.
La troisième tombe s’appelle improprement « tanella de Pitagore » (confusion avec la ville de Crotone où est mort le philosophe). C’est un monument plus récent, un édicule rond fait de blocs énormes soigneusement taillés. Les sédiments ayant dévalé de la colline ont protégé la moitié située vers l’amont. La moitié aval a été utilisée comme carrière pour la construction des maisons de Cortona.
J’espérais trouver les objets étrusques provenant des tombes. Un lampadaire de bronze ciselé orné de têtes et de motifs végétaux est à l’honneur dans une sorte d’édifice à colonnes de marbres ? Mais statuettes de bronze et céramiques sont présentées dans des vitrines démodées et vieillottes sans aucune explication.
Les collections du Musée sont très hétéroclites : des tableaux de Signorelli de second ordre (bâclés), des épées, une collection égyptienne, belle mais déplacée, des monnaies… Enfin une salle de paléontologie avec les ossements de trois mammouths retrouvés dans la région. Déçue par les étrusques, je suis ravie par les mammouths !
Le Celle est un ermitage franciscain où Saint François d’Assise a vécu.. Il se trouve à la sortie de Cortona, au creux d’un vallon.
L’endroit est très paisible (de nombreux écriteaux invitent au silence). Les cellules des moines sont au flanc de la falaise. Rien de monumental. Les maisons en pierre sèche s’encastrent les unes dans les autres reliées entre elles par des marches. Sur les terrasses : des jardins et des vignes. Sur la rampe, des taches de bougie, et on imagine une procession de moines avançant à la bougie. Pourtant il y a un lampadaire électrique.
Dans le creux du vallon, le torrent a creusé la roche. A la saison, l’eau doit descendre en cascade. En Juillet nous voyons seulement la roche polie .
Sur le chemin du retour nous essayons d’atteindre le château fort du 11ème siècle situé » entre Castiglione Fiorentino et Cortona. Inaccessible !
A six heures, nous poursuivons la promenade dans les vergers, découverte hier. Une heure sur la strada bianca entre poiriers, pommiers, cerisiers mais aussi dans les champs de tomates. Je regarde avec curiosité les systèmes d’irrigation.
Monte San Savino ,« notre ville », pour les courses à la Coop et l’Office de tourisme qui nous a trouvé l’agroturismoLa Foresteria. J’aime bien m’approprier des lieux, m’ysentir chez moi.
L’unique rue commerçante avec deux petites places, va d’une porte à l’autre. Elle est bordée de palais . Le plus grand palazzo, l’Hôtel de ville, a une façade à bossage comme celle du Palais Pitti – un peu prétentieuse ici. En face, la loggia avec ses pilastres et chapiteaux corinthiens, est tout en finesse. Eglises.
Dans la première, nous poussons la porte, découvrons un intérieur baroque et ressortons illico. San Agustino: un homme s’adresse à moi. Comme je suis juste à côté du bénitier j’ai peur qu’il n’en exige l’usage. Comme c’est bête ! Il commente les fresques fort belles et une Assomption de Signorelli (encore ! il a dû en peindre toute une série !). Il nous raconte l’histoire de l’église et nous fait découvrir un petit cloître tranquille.
Au Musée nous retrouvons l’homme excité de l’Office de Tourisme, la « mouche du coche », toujours aussi affairé. Il nous dit dans son affreux langage mélangé anglo-franco-italien qu’on peut «visiter la structure senza ticket». La « structure » est un château médiéval. On accède au donjon par un bel escalier et nous découvrons les salles d’exposition d’un peintre toscan s’inspirant des surréalistes et de Dali. Rien de sensationnel. musiciens
Le château est investi par des musiciens : au rez de chaussée, leçon ou examen de piano, dans les étages des violoncellistes s’exercent. Les musiciens occupent toute la place.
Dans l’église la plus proche, leçon de violoncelle. Nous admirons les retables de Della Robia avec une bordure très colorée de fleurs et de fruits au jaune dominant entourant des personnages blancs et bleus. Plus loin, au Conservatoire, encore des musiciens.
Nous retrouvons toujours avec plaisir Lucignano, notre « plus joli village ».
A la recherche de Civitella, place forte dominant l’entrée de la Val di Chiana et de la vallée de l’Arno vers Florence.Un château fort, des murailles. Le long de la rue principale, des arcades font de l’ombre. Les maisons sont décorées de blasons. La chaleur de l’après midi écrase la petite ville endormie.
Après le farniente à la piscine, promenade dans les vergers ….
Nous ne quittons pas Foresteria sans avoir visité la grande maison occupée par les Australiens.
Dernière soirée autour de la piscine, les Australiens, Amanda et nous. Il fait très bon. Mais c’est déjà la fin du voyage