Mémoires d’Agrippine – Pierre Grimal

CARNET ROMAIN

AGRIPPINE

Pierre Grimal, historien renommé, est l’auteur de ce roman historique très sérieux et très documenté. Agrippine la jeune, fille d’Agrippine et de Germanicus a vécu pendant les  règnes, de Tibère,  Caligula son frère, Claude, son oncle, qu’elle épouse et finalement Néron son fils.

AGRPPINE
agrippie et néron

Introduction parfaite à notre voyage à Rome. J’ai donc lu avec beaucoup d’intérêt ce roman très dense et touffu.La lecture n’en est pas toujours facile, les Romains affectionnent les mêmes prénoms. Je rencontre donc deux Agrippine, deux Nero, plusieurs Drusus. Caligula est nommé, par sa sœur Gaius…. Intrigues et mariages d’intérêt font intervenir de nombreux personnages qui se marient, divorcent ou se trucident avec une facilité déconcertante.

J’ai beaucoup aimé le Livre I Le temps de mon père (Germanicus) qui se déroule à Athènes, en Syrie et en Egypte. Agrippine, petite fille, apprend les différentes mythologies, découvre Isis et les Pharaons…Dans le Livre II Mon grand-oncle Tibère nous rencontrons Livie et l’ombre du dieu Auguste est encore très présente. L’empire vient de s’installer mais on évoque encore les temps de la République….Claude, qui n’est pas destiné à devenir empereur, emmène la jeune fille dans les tombeaux étrusques, occasion d’évoquer encore d’autres légendes….

 

messaline camée
Messaline et ses enfants

 

Intrigues et conjurations, exils et persécutions,  Tibère n’est pas tendre avec les descendants de Germanicus. L’espoir d’un Empereur jeune et dynamique à la proclamation de Gaius (Caligula) est vite déçu. Grisé par le pouvoir, il se croit tout permis. Claude aurait été plus sage sans Messaline. Cette dernière évincée, Agrippine épouse Claude et devient Impératrice. Elle intriguera encore pour que Néron son fils, soit adopté par Claude et évince Britannicus….

 

Agrippine, sortie de l’enfance n’est guère sympathique. Imbue de ses origines nobles, elle aspire au pouvoir, pour elle et pour Néron. Quand les conspirations ne suffisent pas elle n’hésite pas à recourir au poison. Les mœurs des Romains sont terribles!

Fellini Roma (DVD) – film culte

CARNET ROMAIN

Vu il y a bien longtemps,! Mes souvenirs s’estompent et j’ai eu envie de le revoir! J’avais complètement oublié le début dans l’Italie mussolinienne, oubliés aussi les bombardements.

En revanche les deux traversées de Rome, en moto et en voiture sur un périphérique saturé, embouteillé avec un tournage sous la pluie, sont une référence. Nanni Moretti y fait un clin d’oeil.

Mes deux séquences préférées que j’attendais avec impatience, sont visibles  sur Youtube. Je peux donc les intégrer ici de manière à les voir et les revoir…

 

les fresques découvertes lors du creusement du métro

le défilé de mode :

 

Fellini est décidément LE MAITRE  et Anna Magnani sa prophétesse!

Le Piéton de Rome – Dominique Fernandez

CARNET ROMAIN

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Je ne connais pas de meilleur guide que Dominique Fernandez pour préparer notre prochain voyage à Rome. J’ai de merveilleux souvenirs de Palerme et d’Agrigente après lecture du Radeau de la Gorgone , de Naples avec Porporino , j’ai le Voyage en Italie  à portée de main. Nous avions emporté Rhapsodie roumaine en Roumanie , préparé un voyage en Russie….

Avec la recommandation de Keisha j’ai téléchargé le Piéton de Rome sur ma liseuse ; ainsi je l’aurai sous la main pendant notre séjour.

Chronologiquement, Fernandez nous propose des promenades antiques.  Forum, voie sacrée, il remonte à la fondation de la ville, au croisement du cardo et du décumanus se « trouvait une fosse faisant communiquer l’univers des vivants et des morts. par dessus, on élèvait un temple à Vesta ». Cette référence originelle m’enchante! ainsi que son interprétation du labour du périmètre de Rome par Romulus avec une charrue attelée à une vache et un boeuf « A chaque sexe était assignée une mission distincte. Cette discrimination initiale a légitimé deux mille ans de servitude féminine… »

via appia antica
via appia antica

Il entraîne le lecteur sur la Via Appia. Rencontre entre entre Saint Pierre et Jésus « Quo Vadis? » . J’en profite pour télécharger le roman de Sienkievicz et décide d’y faire au moins un brin de promenade. la Domus Aurea me tente « labyrinthe et gigantisme« …

Après le chapitre dédié à Néron et à la Domus Aurea,  En mémoire d’Hadrien nous conduit à son mausolée – le château Saint Ange – qui ne sera pas trop loin de notre gîte , puis au Panthéon –  incontournable ! j’ai bien peur que nous n’ayons pas le courage d’aller à la villa Hadriana, bien excentrée à une trentaine de km de Rome. Je l’aurais au moins parcourue en lecture! Souvenir d’Antinoüs, j’ai relu l’an passé les Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar.

Une promenade inédite pourrait nous conduire au cimetière où sont enterrés, Shelley, Keats et Severn et enfin Gramsci . Envie de ressortir le DVD des Nuits de la Cabiria qui attend son tour sur l’étagère des films-cultes…et qui a été tourné dans les environs.

Le Piéton de Rome est beaucoup plus qu’un guide de promenades archéologiques ou artistiques! Les chapitres suivants nous font rencontrer les intellectuels romains, écrivains rencontrés en 1957 : Elsa Morante, Pasolini, Moravia, Bassani, Calvino, Carlo Levi….et bien d’autres. Réceptions chez Wladimir d’Ormesson. Le livre prend un tour mondain. Il nous fait rencontrer un étrange personnage, « Cyclope dans son antre » ou jettatore, écrivain maudit, amateur d’art : Mario Paz. Ma curiosité aiguisée, j’ai cherché sa Casa della vita traduite en français, malheureusement indisponible!

« Y a-t-il encore des écrivains, des personnages de cette stature à Rome ou dans l’Italie?

demande Fernandez  qui s’interroge aussi sur la léthargie intellectuelle pendant l’ère Berlusconi. Il raconte la soirée à l’Opéra de Rome le 12 mars 2011 avec la représentation de Nabucco sous la direction  de Mutti qui improvisa une harangue et fit chanter le public O mia patria, si bella e perduta. 

La promenade du piéton, ou du touriste, reprend par collinesPalaisvillas,et jardins, et églises. Je note, surligne, mais vous ferai grâce de mon inventaire de merveilles à visiter.

il sonno romano
il sonno romano

Au détour d’un chapitre Dominique Fernandez rend visite à un peintre Fabrizio Clerici – surréaliste, grand voyageur, un personnage qui m’intrigue. Par hasard j’ai trouvé sur Internet la Toile Il sonno romano dont il est question ici.

Passage obligé : Vatican avec les œuvres de Michel-Ange, de Bernin et de Canova. Occasion unique : il a eu la chance de monter sur l’échafaudage où les restaurateurs s’affairaient à nettoyer la Chapelle Sixtine. La passion ds Romains pour la sculpture ne s’est jamais démentie, en passant Fernandez cite deux statues que j’ai eu la chance d’admirer en Sicile et qui m’on laissé une très forte impression : Le Satyre dansant de Marara del Vallo et l’éphèbe de Mozia. Il note que  » le culte de l’homme nu est bien le trait le plus constant du génie romain », de l’Antiquité jusqu’à aujourd’hui. 

« Michel-ange, Caravage et le Bernin, on les croise partout » écrit-il et il propose un itinéraire pour chacun de ces artistes. 

« Pour Michel-Ange, la tâche est facile. Ce qui compte est concentré à Saint-Pierre »

judith et holopherne
judith et holopherne caravage

En revanche pour suivre Caravage , il propose un long circuit qui démarre à S. Luigi des Francesi, passez par la place Navone  puis le corso Umberto, le Capitole, le Vatican et la gallerie Borghese…l’itinéraire est indiqué dans le détail ainsi que les œuvres les plus importantes. j’ai vraiment envie de le suivre.

Il propose également un itinéraire Bernin qui me tente bien.

Pour finir, il recense obélisques et fontaines.

J’ai lu avec grand plaisir cette promenade littéraire qui appelle d’autres lectures, surtout Stendhal et comme je l’ai dans la liseuse je pourrai relire sur place les analyses des œuvres. 

 

 

Mia Madre – Nanni Moretti

IL VIAGGIO

Shots from "Mia Madre"
 « Mia Madre »

 

Dans quinze jours, nous nous envolons pour Rome, il est temps de me remettre à l’Italien. Le cinéma a toujours été ma meilleure école!

Nanni Moretti, est un réalisateur que je suis. J’ai encore très présents à la mémoire l’excellent Habemus papam  et, plus lointains Aprile, Palomba rossa et bien d’autres. J’aime parcourir les rues de Rome en vespa avec lui. Dans ce nouveau film je retrouverai le scooter, mais c’est Livia, la fille qui s’y essaie…la traversée de Rome dans Mia Madre hilarante avec Tortora éméché qui sort sa tête de la fenêtre pour hurler Fellini Roma!

Cependant il vaut mieux savoir que le sujet est douloureux, Nanni Moretti a perdu sa mère pendant le tournage de Habemus Papam c’est le point de départ de l’histoire : une réalisatrice tourne un film pendant que sa mère est à l’hôpital. Film très personnel, autobiographique, presque, puisque c’est une femme qui tient son rôle de cinéaste. Film de doute, dans son rôle public, et privé « incertitudes » dit Moretti dans une interview..

.Dans ce journal intime, Nanni Moretti se dédouble.   Double féminin, la cinéaste énervée  Double masculin, Giovanni, qu’il joue lui-même, fils sensible, toujours disponible. Contraste : Margherita qui a acheté chez le traiteur du poulet avec des croquettes de riz, débarque à l’hôpital tandis que Giovanni étend la nappe familiale sur le dispositif médical, sort la pasta et la sauce encore tiède comme à la maison. Margherita remballe les paquets d’aluminium….

Ce récit intime serait presque indécent s’il n’avait pas pris soin d’inviter John Turturo en vedette américaine tantôt insupportable, tantôt bouffon dont les écarts, les pitreries,  procurent une respiration dans l’atmosphère plombante de l’hôpital où la santé de la mère se dégrade et dans le stress de ce tournage un  peu particulier. Est-ce que faire du cinéma social, (il s’agit du licenciement dans une usine), a du sens?