A al suite de la fermeture pour travaux du musée newyorkais, une partie de la collection Frick est exposée au Musée d’Orsay : 22 oeuvres, 4 peintures, 3 pastels, des eaux-fortes avec des œuvres des collections du Musée d’Orsay.
Canal vénitien
Né en 1834 dans le Massachussetts, Whistler étudia dès 1855 à Paris dans l’atelier de Gleyre ; il se lie à courbet, Fantin-Latour. En 1870, il s’installe à Londres qu’il quittera après le procès qui l’opposa à Ruskin. Ruiné il retourne à Paris, il voyage à Venise d’où il rapporte eaux fortes et pastels.
L’exposition montre également de grands portraits.
*Variations en violet et vert
Deux tableaux mettent l’accent sur les variations colorées, on devine une influence japonisante.
Les dessins de Venise ont été une excellente surprise. C’est une exposition n’occupant qu’une seule salle, occasion d’admirer les autres richesses du Musée d’Orsay.
Dans cette exposition : masques et statues de bois.Les masques sont splendides.
a
Bois et pailles, textiles aussi. Ils sont portés par les hommes même si la figure est féminine. Le plus souvent ils sortent à l’occasion d’initiation des jeunes hommes .
masque féminin portant un plateau de nourriture : masque mendiantde
fOn reconnait ici un homme blanc : un missionnaire
Certains statues font l’objet de cultes plus discrets, à l’occasion de l’élection d’un chef on voit aussi des statuettes présentées en couple. Souvent l’homme est un musicien, la femme présente une maternité
L’homme tambourine, la femme porte son enfant sur sa hanche et de l’eau sur la têtegstatue faîtière sur un toit
Certains statues sont des fétiches, investies d’un pouvoir magique parfois guérisseur, il existe aussi des objets anti-sorcellerie Njinda.
Encore un couple musicien/maternitéles piquants suggèrent un caractère agressifPourquoi le personnage est-il entravé?
En conclusion : une très belle exposition très intéressante aussi avec des données historiques
Portrait de Paul Signac dit aussi Paul Signac à la barre de son bateau Olympia
Signac est souvent exposé à Paris. Récemment le Musée Jacquemard-André proposait une rétrospective, à l’occasion des Expositions mettant à l’honneur Fénéon surtout celle de l’Orangerie, à la fondation Vuitton il y a quelques temps. J’ai donc un peu hésité pour Signac collectionneurmais je ne regrette pas ma visite.
Portrait de Paul Signac par Maximilien Luce
Occasion de mieux connaître l’homme qui a été portraituré par les peintres, ses amis
Portrait de Paul Signac par Seurat
Paul Signac fut un organisateur d’expositions , fondateur du Salon des Artistes Indépendants et « militant de la cause néo-impressionniste » .
On voit donc des tableaux de Signac
Signac : la bouée rouge. Arrivée à Saint Tropez à bord de son voilierSignac : les Andelys, la Berge
On voit bien les petites touches des néo-impressionnistes qu’on connaît aussi chez Seurat qui fut lié à Signac
Seurat : Le Chahut
Mais Seurat collectionne aussi des peintres différents : plusieurs Cézanne, un petit Delacroix, un pommier en fleur de Monet, des Degas (nombreuses études de fesses), Pissaro
Pissaro : retour des paysans au marché
j’ai découvert les dessins de Charles Angrand : Une grange sous la neige et Le mouton rouspéteur pas du tout faciles à photographier mais que j’ai beaucoup appréciés.
Une salle entière est dédiée à Cross aux couleurs somptueuses.
Cross : la rivière Saint Clair
Je ne connaissais pas Maximilien Luce qui a des préoccupations plus prolétaires et qui peint aussi des hommes à leur toilettes, on a plutôt l’habitude d’y voir des femmes.
maximilien Luce ; l’Echafaudage ou le Drapeau rouge
Autre inconnu (de moi) : Valtat
Valtat : roches rouges de l’Esterel
Et bien sûr, Marquet, Valotton, Van Dongen, Maurice Denis.. .
peinture chinoise du XVème au XVIIIème siècle : moines et lettrés des dynasties Ming et Qing
affiche
Petite chronologie :
Dynastie Ming (1368 -1644)
Dynastie Qing (1644-1911)
Cette peinture correspond à l’aspiration des lettrés à se retirer du monde, méditer et étudier dans les merveilleux paysages des montagnes du Centre de la Chine. On découvre d’abord l’école de Wu avec les deux peintres majeurs : Shen Zhou (1427-1509) et Wen Zheng ming (1470 -1559)
le jeune Qian lisant
les peintures se présentent le plus souvent sous forme de panneaux verticaux, il y a aussi des rouleaux horizontaux permettant de faire des panoramas, ainsi que des albums de pages rectangulaires.
Souvent ces dessins illustrent des poèmes qui sont calligraphiés sur la feuille. Un cartel nous explique comment comprendre les documents avec la présentation sur papier ou soie, le sceau de l’artiste, les commentaires éventuels…
Le plus souvent l’artiste travaille à l’encre de Chine mais l’ensemble ne reste pas en noir et blanc. Il peut souligner le relief en coloriant en bleu les montagnes ou en vert. Dans le jeune Qian lisant, seul le personnage se détache avec ses vêtements en orange.
Le visiteur est convié à une belle promenade dans les montagnes pittoresques. Avec un peu d’attention (les panneaux délicats sont présentés presque dans la pénombre), la visiteuse découvre un lac, une cascade, un pavillon ou plusieurs, des petits ponts. Il faut s’attarder pour trouver les minuscules personnages : un lettré qui médite, un promeneur qui part à la chasse aux champignons, le propriétaire qui surveille ses jardiniers soigner les joncs odorants. Sur le lac ou la rivière, les minuscules barques, des pêcheurs. Je porte aussi mon regard aux végétaux : pins tordus, arbres en fleurs, délicatesse et minutie pour dessiner chaque pin, chaque rocher. Et je pourrais rester longtemps devant le panneau mais il y en a tant!
Au cours des siècles, les techniques différent, les sources d’inspiration sont souvent les Monts Huong, mais pas toujours, certains peintres ont fabriqué de véritables carnets de route détaillant leur itinéraire de voyage.
Julie Manet(1878 -1892) était la fille deBerthe Morisot (1841 – 1895) et d’Eugène Manet (1833 -1892) « enfant de l’impressionnisme » elle a servi de modèle à Berthe Morisot,
Berthe Morisot : Au Bord du Lac
bien sûr, mais aussi à Renoir
Renoir : portrait de Julie Manet
A la mort de son père, Stéphane Mallarmé devient son tuteur
Gauguin : Mallarmé et le corbeau de Poe
Avec sa mère comme professeur, Julie peint,
Julie Manet : portrait de Paule Gobillard
« Mariage au Louvre » Julie s’exerce au Louvre à copier les Maîtres, elle y rencontre Ernest Rouart qui deviendra son mari
Rouart d’après Mantegna
Rouart fait également le portrait de Julie
Rouart : Julie peignant
La peinture en héritage : Julie Manet, entourée des maîtres de l’impressionnisme réunit une belle collection. On peut donc admirer de nombreux tableaux Corot, Monet, Degas, maurice Denis, Delacroix, Daumier …
Degas : Saint Valery-sur-SommeC Monet : BordigheraDaumier
Il ne faut surtout pas oublier de monter à l’étage où l’exposition se poursuit. Il y a également de belles icones, des enluminures, vitraux et de belles salle empires
« L’étranger apprend l’art de s’adapter de manière plus approfondie, mais aussi plus douloureuse que celui qui revendique un sentiment d’appartenance »
Georg Simmel, L’Etranger 1908
L’Homme assis à la canne – 1901
« Peu de gens savent que l’artiste n’est jamais devenu français. le 3 avril 1940, Picasso déposa une demande de naturalisation qui lui fut refusée et qu’il ne renouvela jamais.. »
Cette exposition met en scène l’enquête d’Annie Cohen Solal : Un étranger nommé Picasso , Fayard, prix Fémina Essai 2021. La couverture du livre utilise le dossier de Picasso en Préfecture, l’exposition montre des facsimilés géants.
Dossier de Picasso
Cette exposition chronologique s’attache à la problématique de l’Etranger et montre comment Pablo Picasso, âgé de 19 ans, ne parlant pas français a débarqué à Paris à l’Exposition Universelle de 1900 où une de ses œuvres est exposée. Il est hébergé par des catalans anarchistes. On voit les nombreuses lettres que le jeune home échange avec sa mère, elles sont même lues en Espagnol
1900 – lettres en catalan et dessins
pour nous mettre dans l’ambiance dans une petite salle arrondie sont projetées des images de l’Exposition Universelle.
En 1901 Picasso expose à la Galerie Vollard . Le 17 mai paraît une critique élogieuse dans la Presse, le lendemain est établi le premier rapport de police sur la foi de ragots des indics. Picasso est marqué comme anarchiste et ce rapport va le suivre….
Picasso est séduit par l’ambiance des cafés et des baraques foraines, il visite aussi une prison pour femmes
1901- Femme au bonnet
1902 -1903 : 3ème voyage à Paris « la période Galère » si pauvre qu’il ne parvient pas à payer son loyer sans l’aide de Max Jacob. Une sorte de BD « Une histoire simple de Max Jacob » illustre cette amitié. Le carnet d’adresse de Picasso témoigne aussi des relations que le peintre a nouées.
« mais qui sont-ils, dis-moi, ces bohémiens, ces gens un peu plus errants que nous-mêmes » Rainer Maria Rilke (1922)
1905 – 4ème voyage : Le Bateau-Lavoir et la rencontre avec Apollinaire. Ses carnets montrent leur fascination pour le cirque qui aboutit au grand tableau des Saltimbanques (à Washington). bienafa malgré eux Apollinaire se trouvent mêlés à des affaires de vol pour la tête ibère de Cerra (qui appartenait au Louvre) et pour le vol de la Joconde.
Saltimbanque (l’original est à Washington)
Les saltimbanques
Guillaume Apollinaire
Dans la plaine les baladins S’éloignent au long des jardins Devant l’huis des auberges grises Par les villages sans églises.
Et les enfants s’en vont devant Les autres suivent en rêvant Chaque arbre fruitier se résigne Quand de très loin ils lui font signe.
Ils ont des poids ronds ou carrés Des tambours, des cerceaux dorés L’ours et le singe, animaux sages Quêtent des sous sur leur passage.
Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913
1906-1914 – A la tête de l’Avant-Garde
1909 Sacré Coeur cubiste
Picasso rencontre les Stein et Kahnweiler. Ce dernier assure la promotion de ses œuvres jusqu’à Prague, Moscou et toute l’Europe Centrale. Dans une vidéo on peut écouter Kahnweiler raconter sa rencontre pittoresque avec Picasso et ses rapports avec Braque. une très jolie collection de statuettes africaine rappelle le goût de Picasso pour l’art africain.
1957 portrait de Kahnweiler
Première Guerre mondiale : Derain part à la guerre, Apollinaire s’engage. En 1914, le stock Kahnweiler est mis sous séquestre et 700 œuvres de Picasso seront dispersées à bas prix en 1921
« monsieur l’Inspecteur, je crois utile de vous mettre au courant des agissement du sieur Kahnweiler qui, comme ses si sympathiques compatriotes , s’indigne de savoir que l’Etat Français ose decider de la vente de son stock »
la xénophobie, n’est pas loin et suivra Picasso!
1917 – 1939 – Un artiste dans tous ses états
1920 Polichinelle et Arlequin
Entre Ballets Russes et Aristocratie Française : Picasso devient décorateur pour les Ballets Russes et rencontre Diaghilev, Cocteau, Satie, Stravinsky. Une vidéo nous permet d’entendre Cocteau raconter les Ballets russes avec une étonnante captation de Parade (2008) Il quitte Montmartre et s’installe Rue La Boétie, dans les beaux quartiers.
1921 – la lecture de la Lettre , évocation de l’amitié
Dans l’orbite de l’Internationale Surréaliste il fréquente Breton, Aragon et Eluard tout d’abord et plus tard Dali, Miro et Giacometti.
le peintre et son modèle 1928-1929
En 1934, il s’installe dans une gentilhommière à Boisgeloup ce qui lui permet de s’éloigner de Paris pendant les émeutes xénophobes de 1934.
Minotaure mené par une petite fille
1936 A côté des Républicains espagnols
Picasso est nommé directeur honoraire du Prado puis reçoit la commande pour l’Exposition Internationale où il présente Guernica
1939 – 1944 – La France aux Français
En 1940, la demande de naturalisation est refusée et Picasso se replie à Royan
Royan
« je veux que mes peintures puissent se défendre, résister à l’envahisseur comme si chaque surface était hérissée de lames de rasoir »
1944- 1973 Sur la vague des trente glorieuses
Picasso obtient le statut de « résident privilégié » (renouvelable tous les 10 ans. )
1944 le PCF comme une patrie
Picasso est le dessinateur de la Colombe de la Paix, on le voit au Congrès de la paix en 1949.
les fumées de Vallauris
Il fait ensuite le Choix du Sud et s’installe à Vallauris
la Baie de Cannes
j’ai beaucoup aimé cette exposition tout à fait à sa place dans le musée de l’Immigration.
La Parade est une série de 55 dessins réalisés en 1950 par Si Lewen
publiée sous forme de livre, épuisé réédité en 2016, par Art Spiegelmann .
On peut imaginer le film de cette Parade parade militaire, comme il en fut entre les deux guerres mondiales, avec ses spectateurs curieux, peut-être joyeux où sont présentées les armées de plus en plus menaçantes. De la parade les images montrent la bataille qui se déclenche presque insidieusement, l’arrivée de la mort, jusqu’à la fin, jusqu’à cette image où les deux adversaires s’enlacent et se transpercent de leur lance.
Art Spiegelman l’auteur du roman graphique Maus, présente dans une longue vidéo la vie de Si Lewen qui était son ami. Il raconte que Si s’était engagé dans l’armée américaine qui l’a utilisé comme traducteur et l’avait monté sur un camion équipé de haut-parleurs afin de persuader les militaires allemands de quitter le combat. Equipée très dangereuse, puisqu’il était pris pour une cible facile. Après la libération des camps, Si blesssé rentre en Amérique. La Parade est une réponse à sa vision des horreurs de la guerre.
Art Spiegelman
Albert Einsteina écrit à Si Lewen en 1951 :
« je trouve notre oeuvre très impressionnante d’un point de vue purement artistique. En outre, je trouve qu’elle a le réel mérite de combattre les tendances belliqueuse par le biais de l’art. ni les descriptions concrètes, ni les discours intellectuels ne peuvent égaler l’effet psychologique de l’art véritable. On a souvent dit que l’art ne devait se mettre au service d’aucune cause politique ou autre. Je ne suis pas de cet avis. «
Patrick Zachmann est un photographe français né à Choisy-le-Roi en 1955, fils d’un juif polonais et d’une mère séfarade d’origine algérienne.
« Je suis devenu photographe parce que je n’ai pas de mémoire » – ai-je copié au début de l’exposition.
« Est-on juif quand on ignore sa religion et sa culture? »
Pour tenter de répondre à cette question, le photographe va se lancer dans une enquête d’identité.
Il photographie d’abord les Juifs portant l’identité la plus visible, les Loubavitch, porteurs de barbes et de chapeaux, dans leurs réunions et leurs fêtes. En 1981, à Jérusalem au Rassemblement des Rescapés de la Shoah, il fait leur portrait avec leur matricule tatoué. Enfin, il prend pour sujet des Juifs français plus anonymes, plus discrets : les linotypistes du journal yiddisch Naye Press, les commerçants du Sentier dans leurs boutiques, les musiciens, un psychanalyste, des ashkénazes se retrouvant aux Buttes Chaumont, des bals communautaires….
Ce n’est qu’après la publication de son livre Enquête d’identité qu’il abordera avec son père l’histoire familiale, histoire triste puisque ses grands parents furent déportés et sont morts à Auschwitz ; il en fera un film : La mémoire de mon père dont la musique Klezmer accompagne nos pas dans l’exposition.
Les voyages de mémoire conduiront le photojournaliste en Afrique du Sud, à la libération de Mandela, au Chili, sur les traces disparues des victimes de Pinochet, au Rwanda où il fait le portrait des victimes tutsis.
D’impressionnantes photos panoramiques enneigées d’ Auschwitz font face à celle de Drancy où rien ne rappelle le passé.
Bouclant sa quête d’identité, Zachmann fait le voyage à l’envers à la recherche des origines de sa mère en Algérie et au Maroc où il retrouve les lieux et les synagogues, transformées en mosquées. Cette traversée de la Méditerranée est aussi le sujet d’un film Mare Mater où il interroge sa mère mais aussi les mères des migrants, restées au pays tandis que leurs fils ont pris tous les risques dans des traversées dangereuses. Témoignage de la mère, des migrants mais aussi de la séparation douloureuse de la mère et du fils.
La Céramique dans tous ses états, du Néolithique à nos jours! Poteries, sculptures, plats ou même débris dialoguent au fil des salles, au mépris de la chronologie et de la géographie. Pièces d’anonymes ou des grands maîtres, de Gauguin, Dufy ou Duchamps, il y a même une prothèse de hanche!
Trois thématiques : Techniques, Usages et Messages.
Figure féminine néolithique Fort Herrouard France -4500/3500 avant notre ère-
Ce classement permet à une figure féminine du Néolithique de voisiner avec Ariane endormiede Chirico.
Des vidéos et des installations montrent le travail au tour, aux colombins, l’émaillage, la cuisson
Sont-ils des fours?
Un grand extrait du film les Contes de la lune vague après la pluie – Mizoguchi1953
Marguerite Wildenhein Vase Visage
Usages : cette section permet de présenter les objets sous trois rubriques : utilitaire, artistique, rituel .
Carol McNicoll (UK) Pile Up
Ces vases sont très séduisants, amusants.
Enzo mari – fatti a mano /SamosNicole Giroud – Fontaine Textile et porcelaine
Certaines mettent en œuvre des techniques audacieuses comme ce mélange de textiles et d’argile, les tissus disparaissant à la cuisson.
Certains ont été signés par des noms célèbres :
jardin d’appartement – Raoul DufyVase à deux ouvertures – GauguinSeraphin Boudbinine Russie : Vide poche
Du côté des objets rituels certains sont de toute beauté, carreaux d’Iznik,
Statuette funéraires chinoises dynastie Tang
Ces chinoises pourraient donner la réplique à mes tanagras préférées….
Messages est la dernière section de l’exposition. Dans les tendances contemporaines le style Sloppy: ( négligé volontaire et esthétique du difforme) ne m’a pas convaincue après avoir vu tant de beaux objets.
jean Luc Verna : Vase misère
U n dernier aspect est le message politique « dire c’est faire » ou son corollaire« faire c’est dire »
Choisir la céramique signerait un engagement politique, une production raisonnée, écologiquement responsable, d’une part, mais le « fait main » peut aussi être une position réactionnaire et conservatrice.
L’exposition se termine par des œuvres du Trans féminisme Camp & queer. Je n’ai pas pu illustrer tous les aspects! A vous de les découvrir cette exposition est vraiment très riche.
exposition temporaire du 16 décembre au 11 janvier 2022
Anselm Kiefer
Monumental! Impressionnant! Colossal!
Dans l’espace vaste du Grand Palais éphémère : des tableaux de très grands formats, un avion, une installation Arsenal rangement, magasin d’accessoires(?) . Il fait très sombre sous la halle éclairée seulement par quelques spots, comme un ciel étoilé.
Le Grand Palais éphémère et les tableaux de Kiefer. les personnages donnent l’échelle
De très grands tableaux posés sur des roulettes, le plus souvent adossés deux à deux, semblent écraser le visiteur. Aucun parcours balisé. Il y a bien un plan, mais difficile à lire dans la pénombre. Pas de titre ni de cartel. Au spectateur de se débrouiller, de déambuler, de faire son idée.
Irrenäpfe – Gamelles de fous
Devant ces œuvres impressionnantes, nous peinons à trouver le mode d’emploi.
les pierres claires – j’ai photographié la photographe pour donner l’échelle.
Sur certains, Anselm Kiefer,a recopié à la craie un (des) poème de Celan, comme sur le tableau noir de l’école. Je cherche une traduction ; mon Allemand du lycée, bien rouillé, me permet de reconnaître des mots (pas tous) mais pas d’apprécier la poésie, le sens des paroles. Je ne suis pas seule dans l’embarras, d’autres visiteurs font la même démarche . Et miracle qui n’arrive jamais dans une exposition à Paris ! Nous nous consultons : » à quoi correspondrait ce mot? que comprenez- vous? « . Nous reconnaissons des expressions récurrentes : Cendres, pierres neige, poussière…. univers sombre et froid qui nous renvoie à des images de l’Holocauste.
Für Paul Celan Geheimnis der Farne – Le secret des Fougères
Les fougères suggèrent ces forêts allemandes, le plasticien les a incorporées au tableau, les a dorées. Neiges et fougères. Au bas d’un autre tableau, je découvre dans les fougères la tourelle d’un char
cachés dans les fougères : les canons
Une dame a vu ma photo, elle commente. Si écrasés par la monumentalité de l’œuvre, nous échangeons nos trouvailles, analysons ensemble les surfaces, les objets incorporés…nous déchiffrons à plusieurs ce qui nous semble être des symboles.
Denk dir – die Moorensoldaten – soldats ou fantômes? au centre de la spirale (galaxie) un caddie plein de pierres carbonisées – menace?
Dans ma déambulation, j’imagine un langage de symboles pour comprendre les tableaux (peut-être suis-je complètement égarés?)
madame de Staël : de l’Allemagne
Piqués dans un bunker : des pavots, je retrouve ailleurs ces pavots (Mohn) graine du sommeil, de l’oubli tandis que toute l’œuvre convoque la mémoire. Dans l‘Arsenal, il y en a des stocks, pour des œuvres ultérieures?
Arsenal
cet Arsenal n’est pas une réserve mais une installation à part entière avec ces robes pétrifiées symbolisant la Shekhina. Dans le podcast de Frace Culture, la Grande Table, le plasticien rappelle d’autres traditions juives, la kabbale, le Golem…
Etrange installation que cet avion recouvert de plomb. Oxymores que cet avion de plomb, et ces pavots de la mémoire.
Je suis attirée par des détails, j’ai envie d’entrer dans l’intimité des surfaces, et en même temps, je me sens oppressée par ces œuvres sombres présentées dans le noir. Une heure après être entrée je fuis à la sauvette, besoin de respirer à l’air libre!