Busseto – Journée Verdi

verdi.1303910780.jpg

Parme, une visite à Busseto s’impose! surtout cette année de commémoration des  150 ans de l’Unité Italienne.

 

 

Via Emilia en direction de Fidenza puis une route dans une campagne plate entre des prairies. des panneaux indiquent les fromageries. Nous sommes au pays du parmesan. Les troupeaux sont invisibles. Où sont-ils?sans doute à l’étable. La petite route tortille. les fermes sont cossues avec leurs arcades et leurs granges ouvertes sous des piliers carrés de briques.

A l’entrée du bourg, via Schubert, via Brahms, Gerswin, Sibelius …. nul doute possible, nous voici arrivées à Busseto.

5 sites se visitent, avec deux billets cumulatifs. Le Musée installé dans la Villa Pallavicino a groupé son ticket avec La villa Verdi de Sant’ Agatha tandis que le Théâtre Verdi de Busseto, la Casa Barezzi, la Maison natale de Roncole font partie d’un autre ensemble qui s’achète à l’Office de Tourisme de Busseto. La logique voudrait qu’on procède chronologiquement, Roncole puis Casa Barezzi, Théâtre Verdi et sant’Agatha, enfin La villa Pallavicino. Malheureusement les horaires de fermeture imposent un autre parcours. Seule la Villa Pallavicino reste ouverte de 13h à 15h30 et les visites de Sant’Agatha se terminant à midi, nous ne respecterons pas l’ordre logique.

dscn1856-copie.1303910899.JPG

 maison natale de Verdi à Roncole

Verdi naquit à Roncole en 1813, alors française. Il fut baptisé à l’église qui fait face à l’auberge. Le certificat de baptème fut donc d’abord rédigé en français. Les parents de Verdi étaient aubergistes et ajoutèrent à cette activité un relais de poste. On pénètre d’abord dans la cuisine familiale, la table est mise puis dans la salle du restaurant à peine plus grande que la pièce familiale. On visite encore la réserve, l’écurie puis à l’étage la chambre d’enfant où Verdi jouait sur sa première épinette. Sur le lit matrimonial où Verdi eest né : deux bouquets de roses rouges qu’ont déposé les « 27 », cercle de mélomanes en référence aux 27 opéras de Verdi, tous des hommes, redoutés des directeurs d’opéras, des metteurs en scènes et des artistes. Du jugement des 27 dépend le succès ou l’échec d’un opéra à Parme et dans la région. Visite commentée par un guide très gentil et attentionné.

La Casa Barezzi est la maison du premier mécène, un commerçant mélomane de Busseto qui avait  remarqué l’enfant, l’avait accueilli et financé ses études  musicales. Barezzi devint bientôt son beau-père. Située dans la rue principale juste en face du théâtre Verdi elle renferme toute une collection d’autographes, de gravures, photographies, exemplaires de journaux caricatures. Une mine pour les passionnés du compositeur.

Ici aussi, la visite est guidée. Le conservateur est prolixe en anecdotes. Il raconte le second mariage de Verdi avec la Strepponi dicté par les commérages du village, en Savoie en présence de deux témoins, habitants du cru, réunis au hasard pour la cérémonie. S’appuyant sur la une des journaux d’époque il commente également l’enterrement de Verdi. Tout le monde sait que les rues de Milan furent couvertes de paille pour assourdir les pas des sabots des chevaux à la mort du grand homme. j’ignorais en revanche qu’il eut deux cérémonies d’enterrement, l’une modeste avec un corbgillard de 2ème classe pour respecter ses voeux, une autre de funérailles nationales avec une foule masséeet des centaines de chanteurs qui ont entonné Va Pensiero au passage de son cercueil.

Deux certificats de baptêmes (un français, un en italien) deux mariages,deux enterrements, ai-je compté per devers moi!

En face de la Casa Barezzi, au bout de la place se trouve le château de Busseto, la Roca avec sa tour, remaniée au 19ème siècle où se trouve le théâtre Verdi.

dscn1852-copie.1303911115.JPG

Du temps où Verdi habitait chez son beau-père, il y avait déjà un théâtre où Verdi exerça très jeune ses talents de musicien en dirigeant un opéra. Le théâtre actuel est beaucoup plus récent.il fut aménagé du vivant de Verdi malgré son opposition. Le Maestro jugeait que cet opéra était une dépense inutile et somptuaire pour un si petite ville de 2000 habitants et il refusa obstinément d’y mettre les pieds (bien qu’il ait contribué financièrement et à l’achat d’une loge). Lors de l’inauguration et pour toute la saison où on représenta ses opéras, Verdi prétexta une cure thermale pour s’éloigner de Busseto et fuir les cérémonies inaugurales. Le petit théâtre à l’italienne, tout de velours rouge capitonné est très joli, il ne lui manque rien, même pas sa loge royale. Nous visitons la salle, les loges et le foyer.

dscn1817-copie.1303911025.JPG

Verdi avait acheté la ferme de Sant’Agatha en 1848. Il l’a agrandie, aménagée planté le parc et acheté les terrres environnantes. Verdi était avant tout musicien mais c’était aussi un paysan  occupé de l’exploitation agricole. A la fin de sa vieil avit acquis 1200ha fournissant ainsi du travail à des centaines de villageois. De son vivant, les paysans lui trouvaient mauvais caractère et le pensaient avare parce qu’il ne donnait pas d’étrennes comme les propriétaires voisins. La conférencière justifie cette attitude : donner la charité humilie tandis qu’acheter des terres pour fournir du travail leur rend leur dignité!

La Villa Verdi est encore habitée par les héritiers du compositeur. La visite est donc guidée dans trois pièces du rez de chaussée et dans le parc. Si Verdi revenait, dit la guide, il retrouverait le salon de jardin en fer laqué de blanc ainsi que tous ses meubles à l’identique. Nous entrons  la chambre de Giuseppa Strepponi, la chanteuse qui fut sa seconde femme, puis dans sa garde-robe où des costumes sont encore exposés ainsi que son forte-piano à 6 pédales. La chambre de Verdi est organisée en fonction de la composition, l’écritoire et le vaste bureau se trouve en face du lit pour que le compositeur puisse consigner immédiatement son inspiration si elle lui venait la nuit. De l’autre côté du bureau, son piano-forte. Da ns la dernière pièce a été reconstituée sa chambre du Grand Hôtel de Milan où il est décédé. Avec les autres visiteurs, nous faisons silence. Cette visite est un pélerinage.

Nous nous promenons ensuite dans le parc que Verdi a dessiné lui-même, où il a planté des essences exotiques comme les cyprès américains aux racines aériennes et le gingko biloba? un petit lac en forme de clé de fa reflète les grands arbres.

Le Musée de la Villa Pallavicino est installé dans un cadre somptueux, lieu de delizia entouré d’eau. on entre par un petit arc de triomphe surmonté d’un rideau d’orchestre. C’est le musée dees 27 opéras de Verdi plutôt qu’un musée dédié au compositeur lui même. rien n’est vrai dans ce que n ous visitons. tout est reproduction des décors, costumes, affiches, tableaux ayant inspiré les opéras. Nous passons de salle tapissée d’or à une salle tapissée de rouge ou de vert dans la musique de Verdi. Un audio-guide est fourni avec le billet d’entrée et raconte les circonstances dans lesquelles chaque oeuvre a été composée ou jouée. Mise en scène d’une époque, celle de l’unité italienne, ou des modes artistiques, ruses avec la censure et transposition dans des contrées lointaines de drames contemporains…les spécialistes apprécient peut-être toutes les nuances. Je suis ravie d’aborder ainsi les 27 opéras! Enfin, dans une petite salle audiovisuelle on peut s’asseoir au spectacle d’opéras filmés dans les arènes de Vérone. pas seulement du Verdi! quand nous arrivons c’est Carmen et nous découvrons un Zorba de Théodorakis surprenant, pas du tout musique de film!

38. un instrument traditionnel : Trau

 

dscn0825-copie.1300344134.JPG

Hier nous avons acheté un joli instrument à cordes dont nous avons oublié le nom :

          « trau » précise Prun.

           « C’est lui qui a sauvé mon père pendant la période des Khmers rouges. Il jouait pour eux. Depuis cette époque, il est découragé et n’utilise plus son français qu’il pourrait enseigner. Il joue de la musique dans des fêtes rapporte gâteaux et bâtonnets d’encens »

 

Il nous  livre un peu de sa vie. Adolescent il est allé à la pagode, puis a rencontré des humanitaires est devenu instituteur. C’est un garçon charmant et gai qui parle doucement et ne répond jamais brutalement. « oui-oui-oui » qu’il ponctue de petits rires, « non-non-non », encore un petit rire.  Politesse extrême. Hier, il nous a montré des photos de son fils jouant à faire du bateau dans une bassine devant leur maison, la rue transformée en ruisseau pendant la saison des pluies.

 

Dans notre « monde touristique » où n’ont cours que les dollars, on nous montre les attractions touristiques. La vie quotidienne, nous ne la découvrons que par hasard, regards volés dans les maisons ouvertes . Les confidences de notre guide n’en sont que plus précieuses.

Nostalgie : Eli che lo igamer leolam

  Soirée Radio

La télévision est en grec, mais la radio capte la Grèce, le Liban, Israël et RFI .

Sur Kol Israël, deux musicologues, ton très France Musique, dissertent du lied, de la chanson française, ils commentent de manière savante « Eli che lo igamer le olam » .

Je suis parcourue de frissons, bouffée de nostalgie ,A nouveau un commentaire savant puis une version « de concert ». Après toutes les images d’Intifada j’avais presque oublié qu’il existait là-bas une vie intellectuelle, une musique que j’aime. L’émission musicale terminée, un historien pérore sur la deuxième Alia.

Je change de station et tombe sur un hommage en grec à Mélina Mercouri. Si je ne comprends pas le détail, j’arrive à saisir assez de grec pour que cela ait un sens. Nous terminons la soirée toujours avec de la musique grecque