Budapest : Toussaint : Requiem de Mozart dans une église baroque

CARNET DE BUDAPEST – Toussaint 2008

Depuis une semaine, je me réjouis  d’entendre le Requiem de Mozart dans l’église proche du studio : Egyetmi Templom. Une affiche annonce le concert à 19h.

A 18H30, pour l’occasion, je m’habille: foulard pailleté des bédouines de Sainte Catherine,  chaussures fines e

L’église est archipleine. On peut à peine se faufiler debout. C’est la messe. Le prêtre parle, parle,… en hongrois. Derrière les grandes carrures des paroissiens, je ne vois rien. J’entends du hongrois sans comprendre. J’essaie de me distraire en observant les fresques au plafond, les sculptures de la chaire, les angelots baroques…du fond, on ne voit pas grand-chose.

En revanche je vois bien que mes voisins distribuent des billets de 200 forints aux enfants et qu’un jeune prêtre en aube de dentelle se déplace entre les fidèles et va bientôt arriver jusqu’à moi. La quête ! Mauvaise pioche, dans ma poche j’ai seulement un  billet de 5000ft (ne connaissant pas le prix du concert). Je ne vais pas donner 20€ à la quête ! Je me glisse vers la porte. Heureusement que le studio est tout proche ! Je fais une provision de petites coupures en prévision d’une autre occasion.

Quand je retourne  à l’église, elle est encore plus bondée. Je n’ose plus entrer par la porte de droite après ma fuite de peur qu’on ne l’ait remarquée. A gauche il n’y a que des grands qui ne se poussent pas. Je suis coincée à côté d’une bigote qui chante d’une voix aigue désagréable. A un moment, devant moi, le mari se penche vers sa femme et l’embrasse. Embrassades générales. La grosse bigote se jette sur moi pour me serrer la pince énergiquement. Tout d’un coup, mouvement de fuite vers l’avant. Une bonne sœur me pousse. Comme je n’y comprends rien, je crois que tous ces gens font la queue pour communier et je ne veux pas me laisser entraîner. Je suis propulsée et me retrouve coincée entre le bénitier et le tronc aux offrandes.
Tout le monde s’est réparti dans l’église et dans les chapelles latérales. Je comprends enfin que les gens s’installent le plus confortablement possible pour le concert.  Petit à petit, j’arrive derrière le dernier rang des bancs et, debout, j’ai une bonne visibilité.

dorures et angelots baroques de la chaire

J’ai alors tout le loisir de détailler le décor de l’église. Au fond les choristes sont installés sous un  haut baldaquin doré très compliqué soutenu par six énormes colonnes de marbre (sans doute faux) aux chapiteaux corinthiens dorés. Les fresques, bien éclairées, semble en meilleur état que je ne l’avais cru. Dans chaque chapelle, les putti joufflus se répartissent en groupe de deux ou trois. Le plus extraordinaire est la chaire de bois sculpté portant des dizaines de personnages pittoresques. Il faudrait que je revienne la photographier.  Les murs sont peints de faux marbres très réussis. Un seul élément choque : un grand écran blanc surmonté d’un support. J’en comprendrai l’utilité dès le début du concert : un vidéoprojecteur donnera les paroles du Requiem.
En attendant, il ne se passe rien, raclements de gorge, toux nerveuses, aller et venues de porteurs de caméras et de micro (la télé peut être ?). Enfin, le portrait de Mozart s’affiche sur l’écran. L’informatique est prête. Le concert peut commencer.

Écouter Mozart dans une belle église baroque est déjà une expérience. Budapest était autrichienne du temps de Mozart. Aujourd’hui, le Requiem n’est pas présenté comme une œuvre du répertoire mais comme un moment de la messe de la Toussaint. C’est sûrement ainsi que les compositeurs écrivaient la musique liturgique. Non pas pour faire joli ou pour distraire. En ce cas, ils écrivaient des symphonies ou des opéras. On a tendance à oublier qu’un Requiem est une œuvre religieuse. Écouter le Requiem après la messe doit donc être naturel. Peut être est ce pour cela qu’il n’y a pas de billetterie. C’est donc une expérience totale (il me manque, certes, la foi).

De plus, les paroles défilent sur l’écran. Ayant oublié depuis longtemps mon latin du lycée, je n’ai jamais cherché à comprendre le texte. Lire du latin en Hongrie est extraordinaire ! On comprend ! Enfin une langue compréhensible ! Je ne suis plus perdue. Après avoir baigné dans le Hongrois, même le Grec ou le Portugais me semblent familiers, alors, le latin…je ne sais plus où donner de la tête :  lire les paroles, écouter les choristes, les solistes, regarder le chef d’orchestre ou les personnages de bois de la chaire. Moi qui avais peur de m’endormir après les bains chauds ! Dommage que j’aie si mal aux pieds !
Je ne connaissais pas le requiem de Mozart. Je suis ravie de l’avoir rencontré dans pareille circonstance !

Budapest : promenade Liszt

CARNET DE BUDAPEST- Toussaint 2008

Ce matin,la  pluie ne semble pas devoir s’arrêter.

Budapest sépia

Tramway

Le petit tram N°2 nous emmène à Roosevelt ter, longeant le Danube. Je suis vraiment désolée quand je vois arracher les rails des tramways sur la rive opposée, là ou le 19 faisait le trajet symétrique et devant le marché. Les tramways sont rapides, ils ne sont pas pris dans la circulation comme les bus, ils ne polluent pas et sont tellement plus poétiques.

Photos anciennes ?

Sur Roosevelt Ter, nous photographions encore et encore le Palais Gresham avec ses mosaïques,mon immeuble préféré.

Pest sépia

Le Coolpix a  un programme pour faire des photos sépia. Les bâtiments Belle Époque se prêtent particulièrement bien à cet exercice. Si on évite d’avoir au premier plan des voitures modernes l’illusion est parfaite. Un immeuble de style mauresque derrière la Basilique retient notre attention. La Basilique ne mérite même pas la photo !

 

 

 

 

Boulevard Andrassy

Le boulevard Andrassy débute sur la grande place Deák Ter. Nous le remontons sous une pluie battante. Nous nous amusons à entrer sous les porches pour découvrir des plafonds stuqués, des escaliers monumentaux, des entrées souvent délirantes, précédées de colonnes, de statues, d’atlantes. Tant pis pour le bon goût ! Elles sont bien pratiques pour nous abriter de la pluie. Le boulevard est chic, les enseignes internationales : Gucci, Vuitton..

café Callas

Devant l’Opéra, il tombe des cordes. Les garçons du Café Callas nous accueillent très gentiment alors que nous n’avons aucune intention de nous attabler : c’est un établissement prestigieux. La pâtisserie est sophistiquée, les prix inabordables.

 

 

 

L’Opéra est fermé, la billetterie n’ouvre qu’à 11 heures. Liszt, sous sa coquille Saint Jacques, en soutane d’abbé, monte la garde. En face, dans une petite rue, la corniche colorée du petit théâtre Arany János Szinhaz me fait faire le détour : la façade Sécessions, les mosaïques et les céramiques appliquées sur un marbre clair sont du plus bel effet. L’intérieur du théâtre est encore plus intéressant.

 

 

 

Appartement de Liszt

L’Octogone est plus élégant que le boulevard : les façades peintes néo-classiques plus sobres.

Au 35 rue Vörösmarty se trouve l’appartement que Liszt a occupé à la fin de sa vie. On nous fait revêtir des patins pour monter à l’étage : chaussons couvrant attachés avec des lacets. Un opuscule en Français nous décrit les objets  qui ont appartenu au compositeur, les portraits de ses amis, son prie-Dieu, son chapelet, son diplôme d’abbé rapporté de Rome, les photos de ses enfants…

Zeneakademia

Autre lieu dédié à Liszt, cette académie est situé à deux pas de l’Octogone. La place est occupée par un jardin public planté de hauts platanes et bordé par les terrasses de beaux cafés. La statue de Liszt en  bronze de facture moderne représente le pianiste en pleine action la chevelure relevée, ses mains immenses jouant sur un piano imaginaire. La Zeneakademia  abrite une salle de concert et un conservatoire de musique.  Le hall décoré de céramiques de Zolnay est magnifique avec ses fresques et ses mosaïques : un festival Art Nouveau ! Le bâtiment date de 1907 . Liszt, mort en 1886, n’a donc pas pu y jouer même si on lui a donné son nom. La salle de concert abrite un grand orgue.

 

Budapest : danses à la salle Duna

CARNET DE BUDAPEST – Toussaint 2008

Danses folkloriques hongroises

Ce soir nous sortons ! Notre propriétaire a réservé pour nous des places à un spectacle de danses folkloriques dans le petit théâtre Duna sur Zrinyi utca. De l’extérieur la salle ne se devine que par la grande marquise de verre surmontant la porte d’entrée.

Menuhin pour le plaisir

 

Nous allons faire un  tour à la monumentale Basilique Saint Etienne Néo-Renaissance, conçue par Joseph Hild, l’architecte d’Eger et d’Esztergom – encore des basiliques colossales ! –Il a fallu 50 ans pour la terminer. Bien éclairée la nuit, elle a de l’allure ! Mais de jour ?

La salle Duna est jolie, jaune bouton d’or décorée de stucs blancs rehaussés de dorures, elle est à moitié vide. On y parle beaucoup français. Les places sont chères. Cela sent l’attrape-touriste. Sur scène 5 couples de danseurs, 10 violonistes, un hautbois un cymbalum. Les danses sont entraînantes, les costumes colorés et variés, les danseuses parfaites. Les danseurs tapent de grands claques sur leurs bottes. C’est joli mais convenu. Plus intéressants : les violonistes. Liszt et Brahms ont écrit des rhapsodies hongroises. Interprétation tsigane, imitation fantaisiste des oiseaux au violon, prouesse applaudie. Une soirée agréable.

Le petit tram N°2 nous ramène peu après 10h.

 

Lisztiades du dimanche matin

CARNET DE BUDAPEST – Toussaint 2008

Liszt

Une affiche annonce les Lisztiades, une série de concerts, justement aujourd’hui dans l’ église toute proche  sur Marcius 15, la place en contrebas du pont Erzebet à cinq minutes de chez nous.

9h40, messe en Hongrois. Pourquoi attendre dehors au froid sous le ciel gris ? Nous prenons place dans l’église. Un groupe d’une dizaine d’hommes très bruns à la mine sombre ressemblant à des Turcs, dans les bas côtés, se dirige vers le chœur. Sur le mur est peint un mihrab. L’église du XIIème siècle a disparu. A sa place, une église à moitié gothique (vers le chœur) mi classique. La paroi est entièrement peinte, sommairement dans le fond gothique, imitant le marbre dans la partie classique. Pendant l’occupation turque, elle a servi de mosquée, le mihrab est resté.

La messe s’éternise. Il est pourtant 10heures. Nous sortons et guettons les éventuels mélomanes. Il n’y en a pas. Finalement un monsieur nous explique en anglais que le concert est prévu à 10 heures et qu’il n’est que 9h. Nous avions oublié le changement d’heure !

Une heure plus tard, l’église se remplit à nouveau. On distribue des cartons plastifiés en latin. Prise de doutes je cherche quelqu’un qui parlerait une langue compréhensible. Une vieille dame parle allemand :

–          « ein Konzert ! Nein ! » dit elle d’un air indigné.

Un homme plus jeune, en anglais :

–          « c’est la messe mais c’est aussi le concert, vous pouvez vous asseoir avec nous ! »

Deuxième messe de la matinée ! Nous retournant, nous découvrons un  très bel orgue. Les chœurs sont installés au dessus de nous. La musique de la messe est très belle. Après le Kyrie Eleison, le prêtre continue la messe, en Latin, puis un monsieur en civil fait un  sermon en Hongrois, interminable qui nous fait fuir, un peu déçues.

 

Tallinn: saint Nicolas et la Danse Macabre

Danse Macabre Bernt Notke

Eglise Saint Nicolas (13ème siècle), fondée par les marchands allemands,  était une église fortifiée. Bombardée le 9 mars 1944.

Les pierres tombales sont très grandes. Celle de Reinhold von Delwigi est étrange : le personnage semble endormi, une jambe repliée la seconde en l’air pas du tout dans la position d’un gisant. On l’imagine faisant la sieste sous un arbre.  Ici aussi, comme dans la Cathédrale luthérienne de nombreux blasons ont été accrochés. Plusieurs retables sont exposés : l’un vient d’un atelier bruxellois, un autre représente la Passion et vient de Bruges (1515-1520), une troisième de Lübeck (1478-1481).

Le chef d’œuvre de l’église est la Danse Macabre

Sur un paysage de collines vertes reconnait une ville fortifiée avec des tours rondes coiffées de cônes pointus, des remparts – Tallinn ?? – Un évêque, un roi, une belle dame, un cardinal, un homme riche sont entraînés dans une farandole par des squelettes aux os noircis drapés dans leur linceul déchiré. L’un d’eux porte son cercueil, un autre, assis, joue de la flûte, le linceul enrubanné sur son crâne comme le turban d’une antillaise. Ces squelettes sont étrangement dansants tandis que les vivants sont statiques, consternés, les ecclésiastiques surtout font la grimace. En bas se déroule un parchemin en rouleau. Le fragment de Tallinn présente 13 figurines.

Un panneau fait la comparaison avec la Danse macabre de Lübeck qui a été copiée e, 1701 mais dont la copie a brûlé en 1942. Elle avait 49 personnages et se terminait par un bébé dans son berceau. Les 13 premiers sont pratiquement identiques. Le texte est daté de 1463. En 1464 Lübeck fut touchée par la Peste

Nous terminons la journée au Jardin botanique au bout de Pirita Tee

Martina Franca

CARNET DES POUILLES

la silhouette de Saint Marin se détache

 

Martina,  à cause de Saint Martin, celui qui a partagé son manteau. Franca indique une ville franche. En 1300 Philippe d’Anjou, prince de Tarente lui accorda des franchises.
Martina Franca est distante de moins de 40km du gîte par la route d’ Alberobello dans les collines  des trulli  devenus familiers.

Les rues de la ville neuve sont occupées par le marché : débordement de melons jaunes et verts, de pastèques (angurie), caisses de toutes petites tomates bien rouges. Celles d’ici sont en grappe, plus rarement des olivettes. Haricots verts, aubergines violettes et blanches, poivrons verts, rouges et jaunes. Foisonnement de couleurs. Nous nous promettons d’y retourner après la visite touristique.

arc de triomphe et toujours Saint Martin

Nous entrons dans  la vieille ville par une arche toute simple signalée par une plaque. A l’intérieur de la ville close c’est un dédale de ruelles et d’impasses. Maisons blanches comme à Ostuni en moins éblouissant, plus poussiéreux. Peut être l’éloignement de la mer ? En revanche les ornements des portes et des balcons sont un régal pour les yeux.

Les palazzi bordent la Via Mazzini. S. Vito dei Greci (XVème) s’ouvre par une porte à bossage en pointes de diamant surmonté d’une balustrade. En face, d’autres palais aux portes ouvragées aux fenêtres encadrées royalement, volutes baroques découpées et évidées toutes en courbes, ferronneries bombées compliquées. Certaines façades blanches sobres sont seulement soulignées d’une porte monumentale. Il faut être attentive à tous les détails. La belle église San Domenico est cachée derrière des bâches, grâce au Guide Bleu, je découvre les sirènes cachées de la corniche. A l’intérieur, une décoration de baldaquins et de drapés en l’honneur de Sainte Anne du 23 au 26 juillet, tissus bleu  blanc et rouge du pire effet occultent les peintures et les fresques nautiques.

Nous arrivons rapidement au cœur de la vieille ville : la basilique S Martino sur la place du Plébiscite. Enorme édifice à façade baroque tardif (1747- 1775) finalement assez sobre par comparaison avec les églises de Lecce. Un haut relief au dessus du portail : Saint Martin partage son manteau. Je savais que saint Martin était un soldat romain. Je ne l’imaginais pas chevalier casqué fougueux découpant le manteau à l’épée.

L’intérieur de l’église est très clair, marbres et dorures, angelots. Finalement très élégant.

Au moment où nous quittons l’église, s’approche. Je suis un groupe de Français avec conférencière qui fait un subtil distinguo entre le baroque de Rome, ses fastes et ses pompes et le « barroquet » ou « barroquin » de Naples, plus proche de l’artisanat, insolent avec ses putti, petits garçons sexués plutôt qu’anges.

Saint martin! le soldat romain a gagné une armure!
Saint martin! le soldat romain a gagné une armure!

 

Une très jolie place succède à la place du Plébiscite : bordée d’un côté par une colonnade en hémicycle occupée par des cafés. De là partent des rues étroites toujours bordées de palais magnifiques débordant de balcons en ferronnerie torsadée, de fenêtres encadrées de volutes élégantes, d’armoiries…Nous ne savons plus où donner de la tête.

La Via Vittore Emmanuelle II est bordée de boutiques proposant des soldes mirobolants. Je craque pour un panta-court bouffant avec des lacets partout : 8€. La formule panta-court me plait : pas de problème pour entrer dans les églises et se promener en ville, on a l’air habillé.

La Piazza Roma est triangulaire,  un jardin public avec une fontaine ornée de dauphins en occupe le centre. Un côté de la place est occupé par le Palais Ducal immense bâtisse de 380 pièces construit en 1668 par Petracone Caracciolo. Un jeune homme se présente : il fait bénévolement visiter le palais aux étrangers. Petit cours d’architecture : le palais est maniériste. Le Maniérisme se distingue du Baroque par les lignes droites, les colonnes doriques, encadrement des fenêtres et des portes souligné par des cannelures verticales. A l’étage, deux enfilades de pièces : encadrements des portes doré très baroques. Dans la première salle série de portraits des ducs qui présentent toujours la même figure (celle du duc qui a construit le palais). Puis salle du confessionnal : le duc séduisait des jeunes filles et les tuait, genre Barbe bleue ! Puis la chapelle et des magnifiques fresques dans les trois salles suivantes à thèmes mythologiques ou bibliques.

Passé la Porte Saint Martin la grande place rectangulaire moderne relie la ville close à la ville moderne. Au Théâtre Verdi, l’Orchestre de la vallée d’Itria répète toutes portes ouvertes à cause de la chaleur : Bellini, Montecchi et Capulete. Les cuivres sont près de la porte, plus loin les bois. J’ai l’impression d’être au milieu des musiciens. En face, chœurs de Verdi (un disque ? ou une répétition au Plais Ducal ?)Cette musique nous donne des envies de concert.

Pause dans un café luxueux devant l’arc de triomphe où Saint Martin est perché, se détachant sur le bleu du ciel. Je commande le granité de café qui me faisait très envie depuis notre arrivée en Italie. On l’apporte dans une très jolie coupe remplie à ras bord de ce sorbet au café très fort les morceaux de glace pilée donnent la consistance du granité. Sur la plage, j’avais essayé le granité de limone, chimique et trop acide venant des machines transparentes sur le comptoir des cafés et j’avais été déçue. Le cadre de la terrasse, le mobilier en fer forgé blanc, le joli parasol, tout contribue à rendre ce granité délicieux. Nous réservons des places pour le concert de jeudi soir : Farinelli Roi et Empereur.

collection de balcons!

Après midi sur le bord de la piscine. Il faut user de stratégie pour avoir deux chaises longues. On réserve les places avant le déjeuner, tout le monde fait ainsi, les imprévoyants n’ont plus qu’à étaler une serviette par terre au soleil  tandis que les bateaux pneumatiques violets des enfants belges trônent sur des fauteuils ombragés. .J’ai trouvé le Monde ce matin,  je me concentre dans ma lecture .

Egnazia : spectacle de danse: Raffaele Paganini – Piazzola, Theodorakis

CARNET DES POUILLES

Une masseria, comme un chateau

A 5heures, il est temps de partir à Egnazia pour visiter le site archéologique et pique-niquer avant le spectacle.

à 6h,  quittant la route côtière pour  un chemin de traverse, nous découvrons une masseria carrée, compacte, ornée de créneaux et de tourelles et de hautes cheminées carrées ressemblant à un château fort, orange dans la lumière du soleil déclinant. Derrière l’énorme portail fermé par des grilles, un chien dissuasif, on ne s’arrêtera pas !

Les oliviers sont énormes, centenaires, torturés, tortueux. Il semble qu’une main de géant les a empoignés et tordus. Certains troncs  sont formés de plusieurs rejets comme des cordes tressées. D’autres sont creux, un vide sépare leurs racines comme deux jambes d’un monstrueux bipède. Têtards, troncs boursouflés, feuillage rare, hirsutes. D’autres croulent sous leur ramure déjà lourde de leur promesse de récolte.

Je m’installe sur une murette pour dessiner tout près d’une ferme abandonnée aux longs murs bas dont le crépi blanc s’efface.

olivier centenaire

Deux blocs nous font un banc pour le melon au jambon du dîner. Pique-nique parfait !

Nous y arrivons au site et musée d’Egnazia,  au coucher du soleil – somptueux, belles photos. Il  reste une heure pour découvrir la ville romaine sur la Via Trajana, ses rues son forum, l’amphithéâtre, les basiliques chrétiennes…

Déception ! Pas de théâtre antique ! Pas de vieux gradins de pierre ! Un podium de poutres métalliques, planches et toile installé au milieu d’une pelouse et des chaises en plastique, aucun rapport avec le spectacle Theodorakis vu à Césarée il y a si longtemps !

A 9heures, l’assistance n’est pas installée. Des élégantes en robes brillantes emperlousées aux savants brushings, sont debout dans l’allée centrale. On s’embrasse, on se congratule. Sur le podium les électriciens règlent les projos. A 9h3O, nous commençons à nous impatienter.


 

Pas d’orchestre, de la musique enregistrée. C’est un spectacle de danse. Danse moderne assez convenue. Pas d’audace chorégraphique. Une bonne technique, le spectacle est au point. La première partie présente des tangos sur une musique d’Astor Piazzola .

La deuxième est une espèce de pièce dansée autour du personnage de Zorba interprété par le danseur étoile Raffaele Paganini. Zorba va se marier, les jeunes filles brodent le voile de la fiancée qui s’élance à la poursuite de son amoureux. C’est très niais. Ensuite : scènes de danses masculines, seules référence à Zorba, puis des femmes en costume oriental. Un peu de couleur, cela s’améliore. Fin à 11heures et retour par l’autoroute  Bari Brindisi en passant par Ostuni. Nous sommes un peu déçues

Farinelli Re e Imperatore à Martina Franca

CARNET DES POUILLES

affiche Festival

Pour le spectacle à Martina Franca, je décide de m’habiller : l’ensemble blanc très léger venant de Cuba est tout à fait adapté à la circonstance, le paréo pourra servir d’étole en cas de fraîcheur.

 

Le spectacle n’a pas lieu dans la cour du Palais Ducal comme nous le pensions mais dans le Cloître de l’église S. Domenico. Il nous faut traverser toute l’enfilade des places : la moderne grande et rectangulaire bordée de cafés et de boutiques chics, passer sous l’arc de triomphe, puis la triangulaire avec son bassin devant le Palais Ducal? enfin la place du Plébiscite et la basilique San Martino et la plus belle bordée d’arcades en hémicycle avant de trouver l’église dans les petites rues. La vieille ville est éclairée. Toute une foule se presse. A près de 9 heures du soir les boutiques sont encore ouvertes. La petite ville endormie le matin est débordante d’activité. Les gens sont habillés pour sortir, cafés et restaurants sont pleins. Il semble que toute la ville soit en fête.

 

Le cloître est très simple chaulé de blanc entouré de grosses colonnes au fût rond ou carré. Un piano à queue, des chaises alignées.

Farinelli Re e Imperatore est  un récital : des pièces commençant à Monteverdi (Couronnement de Poppée), Vivaldi, Mozart, Meyerbeer et Rossini . Les interprètes portent en costume sombre : deux hommes : un contre-tenor binoclard et un sopraniste jeune a l’air très timide, une femme mezzo-soprano également vêtue d’un costume d’homme. Au premier morceau du sopraniste, on est un  peu mal à l’aise, le chanteur déraille un peu. Je pense à une performance sportive plutôt qu’au plaisir du chant. A mesure que la soirée avance, je m’habitue cette voix inhabituelle, l’artiste prend confiance et je me laisse séduire. La soirée passe très vite, variété des morceaux, beauté du cloître. Le bis est une surprise : Massimo, le sopraniste, est caché sous une arcade du cloître. Ensuite le contre-ténor chante « j’ai perdu mon Eurydice » tout le monde est debout.

piazza Maria Immacolata

Je quitte à regret le cloître. Dans la rue, il y a toujours autant de monde, la plupart des magasins sont fermés mais restaurants et cafés sont pleins.

Sur les marches de la Basilique San  Martino, des jeunes sont assis. Nous entrons. Les illuminations sont surprenantes : la lumière semble tomber des fausses fenêtres. Au dessus de l’autel, la statue d’un évêque (Saint Martin ?) est illuminée toute seule, c’est assez kitch. Finalement cet intérieur clair est très beau  . Nous nous joignons à la passeggiatta, peu pressées de rentrer. Il fait si bon dehors. On revit après la chaleur de la journée. Dans toute la ville des groupes se tiennent, assis ou debout : des jeunes, des femmes qui tricotent, des vieux…Le thermomètre d’une pharmacie marque 30°C .

Bologne : après midi musical

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16h30, un concert doit avoir lieu à S Giaccomo. J’abandonne la visite de la Pinacothèque pour la musique. Erreur ! Il a lieu au Musée Civique Médiéval loin d’ici. En revanche une chorale répète dans l’oratoire de Sainte Cécile.

Dans le cloître des pianistes répètent le clavier bien tempéré.

Nous nous installons sur les stalles de l’oratoire, feignant d’admirer les fresques (vues ce matin) et profitons de la répétition. Au programme :

-Gaffurio : Stabat Mater

– Palestrina : Stabat Mater

– Buxtehude cantate WV75

Le groupe Heinrich Schütz se compose de 3 sopranos, 3 mezzo 2 altos et 7 hommes (ténors,) Le chef commence en voix de tête pour atteindre la tessiture de la mezzo qui continue.

On nous chasse avant la fin de Buxtehude. Si nous voulons entendre le concert il nous faudra revenir à 18heures et payer !

Sur la St. Maggiore se trouve le Musée et Bibliothèque de la Musique Piazza Rossini.(entrée libre). Très belles décoration en trompe l’œil, on voit la bibliothèque de Martini (un théoricien de la musique du 18ème avec nombreux livres et partitions, parmi elle,  est ouverte une partition de Gaffurio chantée à l’Oratoire (1480)