L’Invention de la nature: Les aventures d’Alexander von Humboldt (1) – Andrea Wulf – ed Noir sur Blanc

 -HISTOIRE DES SCIENCES

« Humboldt, lui, nous a apporté le concept même de nature. Ironie du sort, ses réflexions sont devenues si évidentes que nous avons pratiquement oublié l’homme qui en est à l’origine. »

« Sans doute est-il temps pour nous, et pour le mouvement écologiste, de redécouvrir ce grand précurseur qu’était
Alexander von Humboldt. »

Je connaissais Humboldt de nom, sans que rien de précis ne se dégage vraiment (sauf le courant de Humboldt). Je l’ai découvert dans l’excellent livre de Daniel Kehlmann Les Arpenteurs du monde . 

Plusieurs blogueuses m’ont pressée de lire L’Invention de la Nature et je les remercie chaleureusement.  Le titre m’a fait croire qu’il s’agissait d’une biographie d’Alexander Humboldt, ce livre est  beaucoup plus qu’une biographie. A la suite de Humboldt, tout un cortège de savants et de savants-voyageurs ont suivi ses traces et ont posé les fondements d’une écologie scientifique mais aussi politique. 

Humboldt (1769-1859)

Né dans une famille de l’aristocratie prussienne, il a joui d’une bonne éducation complète, littéraire et scientifique et même économique à l’Ecole de Commerce de Hambourg, puis à l’Ecole des Mines de Freiberg la première dans son genre qui enseignait la géologie et ses applications dans les mines. Dès qu’il disposait de temps libre, il s’échappait, herborisait et collectionnait des milliers de spécimens botaniques. Il fut nommé conseiller des mines à 22 ans.  Il s’intéressa  aux conditions de travail des mineurs et fonda même une Ecole de la Mine. Il se livrait aussi à des expérimentations sur « l‘électricité animale ou galvanisme« . En 1794, à Iena et Weimar, il rencontre Schiller et surtout Goethe qui se passionnait alors pour les sujets scientifiques. Leur rencontre fut très fructueuse : « Ils parlaient de l’art, de la nature et de la pensée ». L‘auteure note aussi qu’ » On ne pouvait pas échapper à Kant à Iena ». 

« A l’évidence, il y avait un peu de Humboldt dans le Faust de Goethe – ou un peu de Faust dans Humboldt »

Au décès de sa mère, Alexander se sent libre de « partir pour un long voyage », partit pour Paris, escalada les Alpes, examina les plantes exotiques dans les serres de Vienne, fit provision d’instruments de mesure. Mais l’Europe était bloquée par les guerres de la Révolution française. Il pensa se joindre à une expédition vers le pôle sud, ou rejoindre les savants de Bonaparte en Egypte…A Paris, il rencontre le compagnon idéal : Aimé Bonpland qui partageait la même passion pour les plantes et les grands voyages. 

1799, avec un passeport espagnol, ils obtiennent l’autorisation de se rendre dans les colonies espagnoles d’Amérique du Sud. Escale à Teneriffe, Humboldt est émerveillé par la cime du Teide qu’ils gravissent. En Juillet ils accostent à Cumana au Venezuela, enchantés par le paysage tropical, les fleurs éclatantes, les oiseaux colorés…Les botanistes cherchent des corrélations avec la flore européenne. 

« Tout dans le monde naturel lui semblait relié d’une matière ou une autre, une idée qui caractérisa sa pensée jusqu’à la fin de sa vie »

Le bonheur de Humboldt n’était pas sans partage : le marché aux esclaves qui se tenait devant ses fenêtres sur la place principale de Cumana le scandalisait.

Quelques semaines après son arrivée ils assistent à un tremblement de terre violent.

« Humboldt descendit de son hamac et installa ses instruments ? Rien, pas même un tremblement de terre ne pouvait l’empêcher de mesurer les phénomènes naturels »

L’expédition devient aventure quand ils s’embarquent pour rechercher un mystérieux cours d’eau reliant l’Orénoque à l’Amazone après avoir traversé la grande plaine des LLanos. C’est mieux que du Jules Verne (qui plus tard s’est inspiré de Humboldt), mieux qu’Indiana Jones! un vrai roman d’aventures entre serpents, anguilles électriques, chevaux,  moustiques, rencontre avec les Indiens.

Il s’intéressait à leurs langues, leur culture et dénonçait plutôt la « barbarie de l’homme civilisé qu’il dénonçait »

Il faut le lire! D’ailleurs, de retour, le récit de leurs aventures fut un véritable best-seller, traduit dans toutes les langues, avec des réimpressions constantes.

Mais il faut aussi s’attacher au contenu scientifique pour comprendre l’Invention de la Nature . Etudiant le lac de Valencia, il met en évidence les causes humaines de l’assèchement du lac. 

Le lac de Valencia jouissait d’un écosystème unique : dans ce système fermé sans communication avec l’océan et seulement alimenté par de petits ruisseaux, le niveau des eaux était uniquement soumis à l’influence de l’évaporation. les habitants pensaient qu’une faille souterraine devait vider le lac. […]les résultats de ses mesures lui firent conclure que c’était la déforestation des terres environnantes ainsi que l’utilisation des affluents pour l’irrigation des cultures qui faisaient baisser le niveau du lac? « 

la déforestation était déjà une préoccupation de Humboldt quand il surveillait les mines

« Le bois était le pétrole du XVIIè et du XVIIIème siècles, la crainte de la pénurie provoquait les mêmes inquiétudes dans les domaines du chauffage, de l’industrie et des transports que les crises pétrolières aujourd’hui »

Observant les jaguars prédateurs, les oiseaux, les insectes et les chaînes alimentaires ainsi que la compétition des plantes pour la lumière, les plantes grimpantes étranglant les arbres, il écrivait :

« L’âge d’or a cessé »

« Il dessinait ainsi le portrait d’un monde régi par une sanglante lutte pour l’existence, une idée de la nature bien différente de celle qui prévalait alors, celle d’une machine bien  huilée dans laquelle tous les animaux et les plantes occupaient une place attribuée par Dieu »

Ils traversent ensuite les Andes, marchent jusqu’ à Bogota  et Quito et s’intéressent aux volcans. Il cherchent à savoir si ce sont des phénomènes locaux ou s’ils sont reliés entre eux et pensaient qu’ils les renseigneraient sur la formation de la Terre. 

L‘ascension du Chimborazo est un monument de bravoure : haut de 6400 m c’est la plus haute montagne que l’homme a gravie. Les deux explorateurs établissent un record sportif. Du sommet, Humboldt fait une découverte majeure : l’étagement des zones de végétation

En regardant à ses pieds les pentes du Chimborazo et les montagnes au loin, Humboldt eut une révélation. Tout
ce qu’il avait vu au cours des dernières années se rassembla pour former un tout cohérent. Son frère Wilhelm
pensait depuis longtemps que l’esprit d’Alexander était fait pour « relier les idées, trouver des chaînes de
correspondances » . Ce jour-là, en haut du Chimborazo, tout en se pénétrant de ce qu’il voyait, il pensa aux
mesures qu’il avait prises, aux plantes, aux formations rocheuses vues dans les Alpes, les Pyrénées, et à
Tenerife. La somme de ces observations formait une évidence. La nature, se dit-il, était mue par une force
globale et ressemblait à un tissu, le grand tissu du vivant.

Le trajet depuis Quito et l’ascension du Chimborazo avaient été comme une expédition botanique se déplaçant
de l’équateur vers les pôles. Sur les flancs de la montagne, toute la flore du monde se succédait selon des zones
de végétation bien distinctes, superposées par étages . En bas, dans la vallée, les plantes appartenaient aux
espèces tropicales, puis elles étaient remplacées par les lichens qu’il avait observés à la limite des neiges
éternelles. À la fin de sa vie, Humboldt a fait de fréquentes allusions au besoin de « contempler la nature de
haut »  afin de mieux comprendre les relations entre les choses,

Passons le périple du retour qui a conduit les deux explorateurs aux Etats Unis où ils furent les hôtes de Jefferson. Humboldt , républicain était un admirateur  de la Révolution américaine.  Selon lui la politique et la nature étaient indissociables

C’était l’image de l’Amérique idéale de Jefferson, son rêve économique et politique pour l’ensemble des États-
Unis, dont il voulait faire une nation d’agriculteurs indépendants vivant dans de petites fermes autosuffisantes.

Jefferson était un jardinier, il s’intéressait aux sciences. La Maison Blanche était devenue un centre d’échange scientifique. De plus la question de la frontière entre les Etats Unis et le Mexique espagnol était urgente. Humboldt, pourtant envoyé par le Roi d’Espagne détestait la colonisation :

« l’idée même de colonisation est immorale » écrivait-il

« Humboldt fut le premier à établir un lien entre le colonialisme et la destruction de l’environnement »

Pour Humboldt, le colonialisme et l’esclavage étaient une seule et même chose indissociable de la relation de l’homme avec la nature et l’exploitation des ressources naturelles. 

De retour en Europe en 1804,  Humboldt s’installe à Paris où règne une vie intellectuelle intense. Napoléon a installé une contrôle autoritaire sur tous les aspects de la vie nationale. De plus, l’Europe est en guerre, Humboldt est prussien mais il a tissé des liens avec les scientifiques : Gay-Lussac qui mène des expériences en ballon, à 1000 m plus haut que la cime du Chimborazo, Arago qui est un ami intime, Lamarck et Cuvier….Il fréquente aussi des Sud Américains; Simon Bolivar lui rend visite

« Humboldt était d’avis que les même si les colonies étaient mûres pour la révolution, il leur manquait un chef pour les mener »

Cependant il se méfiait du racisme qui gangrenait la société sud-américaine et de l’esclavage..

Un voyage en Italie, à Rome et à Naples lui réserve une belle surprise  : le Vésuve entra en éruption sous leurs yeux.

Cependant, il lui faut retourner à Berlin Il est appointé par le Roi de Prusse. Il va s’atteler à sa grande oeuvre : la rédaction de L’Essai sur la Géographie des Plantes qui montre la relation entre les plantes, le climat et la géographie et qui fut publié en 1807

Depuis des milliers d’années, les cultures, les céréales, les légumes et les fruits suivaient l’humanité dans ses
déplacements. En traversant les continents et les océans, les hommes avaient emporté des plantes, et ainsi
changé la physionomie du globe. L’agriculture reliait les plantes à la politique et à l’économie. Des guerres
avaient été livrées pour des plantes, des empires s’étaient construits sur le thé, le sucre et le tabac ….

Bien avant la Dérive des Continents et la Tectonique des plaques, il imagine une liaison entre l’Afrique et l’Amérique du Sud du fait des ressemblances entre les plantes. Dans les Tableaux de la Nature il devient lyrique et parle des émotions que procure la nature. 

C’est aussi l’époque où La Description de l’Egypte est publiée (1809). Le Voyage aux régions équinoxiales du Nouveau Continent de Humboldt suscite la jalousie de l’Empereur.

« Pour presque tous les autres savants, c’était une bonne période pour vivre en France car Napoléon était un grand promoteur des sciences »

Après Waterloo Prussiens et Cosaques se déversent sur Paris, Humboldt sauve de justesse le Jardin des Plantes/

Humboldt rêve de repartir en expédition. Il prépare un voyage en Himalaya, séjourne à Londres mais n’obtiendra jamais la permission de la Compagnie des Indes après la parution de son Essai politique sur le Royaume de la Nouvelle-Espagne et sa critique de la férocité des Européens. A Londres il rencontre Herschel, l’astronome, va faire des observation à l’Observatoire de Greenwich. 

Finalement il est rappelé à la cour de Berlin pour remplir son office de Chambellan. Malgré des différends avec le roi autocrate, Humboldt professe le républicanisme et les idées des Lumières, il partage son temps entre la rédaction de ses livres, des conférences ouvertes à tous, des rencontres de savants et ses obligations à la cour. Il rédige une somme monumentale Kosmos en compilant les découvertes de ses recherches ainsi que les avancées des différents savants de l’époque aussi bien concernant la Terre, les organismes vivants, l’Univers, le magnétisme. De nombreuses traductions dans toutes les langues européennes sont distribuées dans le monde entier. Humboldt entretient également une correspondance très active avec des milliers de lecteurs. 

Cancrin, après avoir obtenu l’autorisation du tsar Nicolas Ier, avait invité Humboldt à venir en Russie, tous frais payés,  lui écrivait pour lui demander des informations sur le platine, s’interrogeant sur l’opportunité d’en faire
l’étalon de la monnaie russe . On avait trouvé ce métal précieux dans les montagnes de l’Oural cinq ans plus
tôt

Humboldt allait enfin voir l’Asie.

A la soixantaine il pourra repartir en expédition lointaine : invité par le Tsar de Russie. En tant que géologue spécialiste des mines il va jusqu’en  en Sibérie à la recherche de minéraux précieux, or diamants. Ce voyage officiel est très encadré,

Comprenant parfaitement ce que l’on attendait de lui, Humboldt avait promis à Cancrin de ne s’occuper que de
la nature. Il ne toucherait à aucun sujet lié au gouvernement et à « la condition des classes inférieures » ,
promettait-il, et ne critiquerait pas publiquement le système féodal russe – quelle que soit la cruauté avec
laquelle était traitée la population. 

il pourra enfin s’échapper découvrir les montagnes de l’Altaï à la frontière de la Chine. La guerre Russo-ottomane le privera du Mont Ararat  qu’il avait prévu de gravir.

Humboldt était un personnage considérable à Berlin, on venait de loin pour le voir et son adresse était connue de tous les cochers de la capitale.

Quand il s’est éteint en 1859 son enterrement fut quasiment des funérailles nationales. Dix ans plus tard, on célébrait le centenaire de sa naissance en grande pompe, des feux d’artifices furent tirés aussi loin qu’au Caire. (c’était aussi l’année de l’inauguration du canal de Suez)?

 

L’Invention de la Nature d’Andréa Wulf est beaucoup plus qu’une simple biographie de Humboldt, un bon tiers du livre est consacré aux savants et politiques s’inspirant de ses œuvres. J’ai pris 24 pages de notes et un seul billet serait beaucoup trop long pour résumer le livre.

Lire aussi les avis de Dominique ICI, de Claudialucia ICI de Keisha ICI

Nin et Vir

MITTELEUROPA – un mois à travers l’AUTRICHE, la HONGRIE et la CROATIE

Eglise de Nin

Presqu’île de Zadar vers le nord. Des troupeaux traversent la route. Les villages ne sont pas plus pittoresques que ceux de la côte ; les maisons de pierre sont écroulées, les maisons de brique et de ciment quelconques dominent. Il y a deux modèles : un premier à toit de tuiles en pente, généralement un étage, raffinement : des arcades en ciment, pas de crépi. L’autre modèle à terrasse qu’on rehausse pour construire un deuxième étage avec un escalier extérieur sans rampe débouchant parfois sur rien du tout. Pas de crépi mais des tonnelles de vigne.

Nin

Nin marais salants et graminées

A l’entrée de Nin, des marais salants. Un vieux pont de pierre relie l’îlot à la terre. La ville est entourée de ses murailles. La porte qui fait face au pont est élégante. Il est neuf heures et il fait déjà chaud. La petite basilique blanche toute ramassée en croix autour de sa coupole chaulée est isolée par un champ de fouilles. Les objets provenant  des tombes sont visibles dans un petit musée archéologique qui abrite aussi deux barques trouvées dans la mer dans un état de conservation extraordinaire.
Nin est assez fréquentée par les touristes, j’achète l’unique Monde sur le présentoir. Nous faisons le tour de la ville, découvrons de plages de sable formant une langue émergeant de la lagune. Des baigneurs y accèdent en traversant à pied la lagune.

Au café
C’est un plaisir méditerranéen que de boire un expresso bien tassé en regardant l’animation de la rue. En Grèce et en Turquie, ce plaisir est presque défendu aux femmes seules, pas ici, des familles entières consomment. Certains boivent des cafés surmontés de crème fouettée bien appétissante.

Musée archéologique

Je regrette que nous soyons parties sans guide. J’aime bien connaître l’histoire et ne pas passer étourdiment à côté d’une merveille trop discrète . Le musée archéologique  présente des panneaux bien documentés. J’y découvre que les Croates étaient allié aux Francs contre Byzance. Cette toute petite ville était alliée à Charlemagne par la paix d’Aix la Chapelle en 812 tandis que Zadar toute proche était byzantine.

Ile de Vir

Pont deVir

Nous quittons Nin pour aborder l’île de Vir reliée au continent par un pont moderne bombé.
Près du pont l’île est très construite, et se construit présentement, chantier de grandes maisons destinées aux touristes. A mesure que nous nous enfonçons dans l’intérieur, les constructions se raréfient .Il y a un bois de pin et de chênes, des vignes. Des panneaux proposent du vin et de la rakija à la ferme. Nous poursuivons la route pour trouver une plage. Quelques voitures stationnent sur un parking. La côte est rocheuse/ Le calcaire raviné est fendillé et coupant. Difficile d’atteindre l’eau transparente sans risquer de se blesser. Il n’y a pas d’ombre non plus et se promener avec le parasol est hasardeux. Nous quittons à regret cet endroit magnifique, sauvage et désert où pousse seulement un maquis ras. Le sentier côtier est tracé mais impraticable en sandales.

Calcaire blanc

Nous retournons vers les dernières habitations (encore en construction mais déjà habitées). Tandis que je vais dans un petit supermarché acheter de l’eau fraîche, Dominique repère une « plage » ; des petites terrasses cimentées en escalier avec un accès facile à l’eau et un trou pour piquer le parasol que nous adossons à un muret. Comble de luxe, le rocher lisse est incliné pour faire un dossier.


Nous resterons toute l’après midi sur notre terrasse. Le supermarché vend des masques de plongée. J’en achète  un bon marché (pas très étanche) et j’ai le plaisir d’observer des tas de poissons. Certains sont minuscules, transparents et nagent en groupe en surface. D’autres plus gros broutent les algues. Je crois même reconnaître des rascasses. Heureusement que nous nous baignons chaussées. Notre parasol fournit une belle ombre, le vent souffle de la mer, il fait une température délicieuse. Dominique surveille les évolutions d’un groupe de jeunes : 3 jeunes filles jolies et agréables, 3 petites filles adorables en deux pièces. Puis arrive une allumeuse qui attire tous les garçons. Avec mon masque je ne me lasse pas de retourner à l’eau. Nous levons le camp à 17h30. Nous faisons un crochet par Zadar pour nous approvisionner à Billa.
Après le dîner promenade rituelle. La digue est vide, tous les jeunes doivent être à Zadar .Nous regardons les lueurs du village qui se reflètent en guirlandes roses, vertes rouges.

Plaklenica

MITTELEUROPA – un mois à travers l’AUTRICHE

12 km plus loin vers le nord, à Starigrad, se trouve l’entrée du Parc National de Paklenica.
Entrée payante, 30 Kunas, parking 2 km plus loin dans une vallée très profonde entaillant la montagne.

un canyon entre de hautes falaises

Nous marchons ensuite dans un canyon entre de très hautes falaises. Des voies d’escalades sont aménagées et les grimpeurs sont nombreux.
A 8h il fait encore frais, le sentier est bien aménagé mais il commence très raide par des marches glissantes (Il faudra marcher avec précaution au retour). Cette rampe s’élève dans une vallée sèche. Bientôt la végétation devient dense d’Elat mastic(pistachiers lentisque), de charmes, noisetiers, hêtres et figuiers. Cette forêt est inattendue. Quand on regarde de la mer, les montagnes sont pelées couvertes d’un maquis ras. Les crêtes déchiquetées en calcaire nu.
Le sentier devient plus large, bien entretenu en petits cailloux avec des fontaines. Nous suivons un petit torrent.

La grotte

Un écriteau indique la grotte à 40 minutes.
Dominique reste. Je grimpe le sentier en lacets large d’une soixantaines de cm, en pente pas trop raide, dans une forêt clairsemée,  ombragée à cette heure matinale. Je fonce pour respecter le minutage. La grotte est aménagée pour la visite. Nous descendons l’équivalent de cinq étages dans une salle immense avec de très belles draperies.
Dominique qui a attendu 1h45 et vu passer des dizaines de randonneurs commence à s’impatienter.

Le ruisseau
La promenade continue le loin du ruisseau à l’ombre. Nous déjeunons les pieds dans l’eau près d’une maison forestière puis rentrons dans la chaleur de l’après midi.
Après-midi à la plage de Rovaniska
Plage  chez nous, très calme nous sommes seules. Des vieilles arrivent vers 17h30.

courses à Starigrad

Nous retournons à Starigrad changer de l’argent à la banque et visitons les supermarchés. Il y a pourtant plusieurs campings, mais nous ne trouvons rien à notre goût. Il faut croire que les campeurs ne mangent que des saucisses et du saucisson. Rien de bien appétissant ! On se contentera de spaghettis.
Nous terminons la soirée par la traditionnelle passeggiatta sur le remblais. Comme c’est le week end, c’est très animé et le vendeur de glaces ne chôme pas.

 

Zadar

MITTELEUROPA – un mois à travers l’Autriche, la Hongrie et la Croatie

Zadar est  la ville la plus proche  à une vingtaine de km de l’autre côté d’une péninsule plate et assez sèche.

La ville moderne est assez étendue, mais la ville ancienne enclose dans ses remparts est petite. Rues étroites pavées de calcaire gris clair poli très glissant, occupées par de nombreuses terrasses de cafés. Les commerces sont luxueux, surtout des boutiques de fringues de marques. Il y a beaucoup de monde. Nous cherchons comme à l’accoutumée, l’Office de Tourisme, qu’on  finit par trouver après de grands efforts, caché à l’étage dans un bâtiment à l’écart. De toute façon il ne nous est pas d’un grand secours.
Forum
Un forum romain avec une unique colonne corinthienne fait une jolie place.
Eglise Saint Donat

Zadar : Saint Donat

Juste derrière, l’église Saint Donat a une curieuse forme cylindrique très haute avec son campanile un peu plus loin. L’intérieur est très sobre : un plafond de bois une galerie d’arcades romanes, en dessous une belle colonnade entoure la nef – sans doute des colonnes antiques réutilisées –l’autel est abrité par une sorte de baldaquin très simple Renaissance. Les stalles du chœur sont en beau bois sculpté.


Eglise baroque
De l’autre côté du forum nous visitons également une église baroque toute peinte de blanc et relativement sobre pour du baroque, ce qui est très curieux, ce sont les grillages ondulants en ferronneries, formant une sorte de galerie fermée.
Musée archéologique
Je visite à la hâte le musée archéologique, regrettant de ne pas pouvoir y consacrer plus de temps, parcmètre oblige.
Courses au supermarché
A l’entrée de la ville, au grand supermarché Billa, on achète de la viande. Depuis  un mois, on n’a pas mangé de steak avec des pâtes. Nous remontons vers le nord pour découvrir les plages des environs, nous avons l’embarras du choix. La côte est rocheuse mais les plages accessibles. Très peu de monde. Nous trouvons un coin délicieux derrière un camping. Nous sommes seules sur le cailloutis, des pins nous donnent de l’ombre.
Nous regardons la nuit tomber en nous promenant comme tout le monde ici sur la digue. Puis on se pose pour voir les étoiles et les lumières se refléter dans la mer.

Une piscine dans le désert – Diane Mazloum

LIBAN

 

Maeve a initié ce mois libanais et je m’y suis jointe très volontiers. Occasion de découvrir de nouveaux auteurs, en l’occurrence une écrivaine dont j’ai téléchargé également l’Age d’or. 

Court roman (200 pages). Une intrigue très simple : Fausta a construit une piscine ) proximité de la maison de famille dans la Montagne Libanaise sur un terrain qui ne lui appartient pas ; le légitime propriétaire, vivant au Canada délègue Léo, son fils, pour vendre le terrain. Léo s’est donné trois jours pour conclure cette affaire qui lui paraît sans problème.

Unité de lieu : la maison des Kyriakos. Trois personnages Léo Bendos, venu du Canada, Fausta et son oncle Rodolphe. Pas trop d’intrigue : Rodolphe Kyriakos, confus de la violation de propriété offre une généreuse hospitalité à Léo le temps d’établir le dossier de la vente. Fausta est venue en vacances dans la maison familiale pour se reposer et ainsi optimiser les chances de son traitement hormonal précédent une fécondation in-vitro. Elle fera découvrir le village et la région à Léo. Les chaudes journées se déroulent paresseusement.  Le soir, illuminations et canonnades rappellent que la guerre n’est pas loin dans ce village proche de trois frontières : Liban, Syrie et Israël (c’est moi qui détaille, les belligérants ne sont jamais nommés, ni le village d’ailleurs). Le village serait dans l’œil du cyclone. 

J’ai aimé l’évocation du village, l’ambiance traditionnelle, les saveurs et les parfums. L’ambivalence de l’exilé qui se découvre lié à cette terre qu’il n’a jamais vue mais dont il a entendu raconter sa grand mère.

Il s’agit de deux villages, l’un qui s’appelle De désespoir mon âme a fui, et l’autre Son esprit s’est abîmé, fit
Rodolphe en exhalant la fumée avec un petit effet théâtral. Une dizaine de kilomètres à peine les séparent mais
les habitants se considèrent comme des étrangers et ne se fréquentent pas. En même temps, dans chacun de ces
villages vous trouverez des familles ayant émigré sur tous les continents. C’est là, peut-être, que réside notre
plus grand paradoxe. Du repli sur soi le plus total tout en étant profondément tournés vers le monde.

En revanche, les personnages  ne m’ont pas attirée. Léo, le canadien falot. Fausta est très agaçante avec ses grosses lunettes de soleil qui lui masquent le visage. L’oncle Rodolphe est assez inexistant. Ce « désert » , à quoi ressemble-t-il? rouleaux de collines, sable(?). Et puis quelle idée que de creuser une piscine chez les autres alors qu’il est si difficile de la remplir quand l’eau arrive par camion et qu’il faut choisir entre la piscine et l’eau courante dans la maison!

Une lecture agréable, facile, mais que j’oublierai rapidement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Du Rififi à Bucarest – Sylvain Audet-Gainar – Coll. Rouge

19POLAR

Un polar réussi pour nous dépayser et nous faire voyager. Citybreak impossible? Partons pour Bucarest!

Tous les ingrédients pour le genre : de la baston, une enquête bien compliquée, des jeunes femmes sexy, du sexe, un chauffeur de taxi bien graveleux, un maître-chanteur….Pour la couleur locale : au centre-ville, un immeuble logeant des privilégiés de l’ancien régime (toujours en place 40 ans plus tard), des rues grises et défoncées dans des quartiers moins huppés.

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Arthur, gallo-dace,  est venu de France liquider la succession de son oncle qu’il n’a jamais rencontré . A peine installé dans l’appartement dont il a hérité, il est défiguré à coup de poêle à frire par un agresseur invisible.  Après une seconde effraction, Arthur décide d’enquêter sur la vie de son oncle. Une archiviste, un historien l’aideront à dépouiller les Archives de la Securitate : son oncle était un médecin proche des Ceausescu, gynécologue.

Ce joyeux mélange entre Retour vers le futur, Good Bye, Lenin ! et le Petit Nicolas m’a aussitôt fait regretter qu’un appareil aussi fantastique n’existe pas dans la réalité.

Il obtient le concours d’alliés un peu baroques : un grand-père amateur de Frédéric Dard et son petit-fils de 5 ou 6 ans aux déguisements fantaisistes particulièrement mal embouché mais très sagace, un Don Juan chargé de nombreuse et encombrante famille, une vieille voisine fouineuse et tenace et même une étoile du cinéma roumain.

Mais suis-je tant à plaindre ? Après tout, je profite de l’aide précieuse d’une sacrée escouade ! Un pote aux petits
oignons, une urgentiste aussi compétente qu’affriolante, son fripon de fils champion du monde du déguisement
et toujours flanqué de son sémillant grand-père philosophe, deux historiens caractériels aux connaissances titanesques, un commissaire mordu d’espionnage, un homo expert en confession sur l’oreiller et maintenant, l’une des actrices les plus renommées de Roumanie !

 

Je ne vous dévoilerai pas l’intrigue ni les épisodes qu’on pourrait qualifier de baroques, de surréalistes et même parfois de grotesques. Je vous laisse découvrir et profiter de cette lecture distrayante.

Vous n’avez pas connu ces temps-là, jeune homme. Quand on recevait un ordre émanant de si haut, on s’y
soumettait sans rechigner. Aussi absurde qu’il fût ! Ne faites pas cette tête-là, mon garçon ! J’ai travaillé toute ma vie comme journaliste pour le journal Scânteia.

Par delà la rigolade, l’intérêt historique :  la période Ceausescu et ses suites.

L’épilogue en 2017 et le mouvement #REZIST :

« Assisterait-on enfin au réveil d’une conscience civique en Roumanie bientôt trente ans après la chute de la dictature?

Rien n’est moins certain

Cet espoir me procure cependant une ivresse incroyable »

Arrivée en Croatie : la mer à Rovanjska

MITTELEUROPA : UN MOIS A TRAVERS L’AUTRICHE, LA HONGRIE ET LA CROATIE2j’espère la mer, invisible.

Enfin la mer!

Rovanjska : église

Enfin, nous la découvrons insérée entre les côtes d’une presqu’île formant un étroit canal, il faudra encore aller loin pour découvrir la mer ouverte, après cette presqu’île il y en a  une autre puis des îles…
Dominique est fatiguée de conduire, depuis 9 h ce matin seulement avec des pauses très courtes. Il reste encore 40 km pour Zadar.

Chez l’habitant à Rovanjska

Au premier village venu au bord de mer nous cherchons une chambre. Premier essai : 40DM pour une chambre toute simple mais avec douche et balcon, frigo, cuisine à partager avec les voisins, à moins de 20m de la plage. La maison fleurie avec une balustrade ornée de géraniums d’un bougainvillier mauve, a belle allure.
Le propriétaire, jeans, torse nu, cheveux grisonnants, ressemble un peu à un grec. Il parle très mal Allemand, mais on se débrouille avec l’aide des autres locataires, Polonais ou Tchèques, qui semblent parler le Croate ou tout au moins se faire comprendre dans une langue slave.

Baignade

A cinq heures, nous sommes dans l’eau. Quel bonheur ! Après ces journées pluvieuses, nous retrouvons l’été ; il fait 30°. Même si je n’ai pas été privée de baignades en Hongrie, retrouver la mer est incomparable ! Notre plage est une bande étroite de cailloutis.  Heureusement, il y a peu de monde, les enfants se baignent plus loin et plongent d’un ponton cimenté. Deux bateaux sont amarrés.

Nous partons explorer le village, quelques maisons de vacances entourées de jardins sur des rues poussiéreuses, sur la grande route deux restaurants et une boutique, des étals de légumes aussi et un kiosque. Au bout de la digue une très jolie église minuscule.

la panne
Après le dîner, curieuse panne d’électricité, nous n’avons plus de lumière dans la chambre, mais le frigo fonctionne, je descends pour demander qu’on change l’ampoule, on me montre la moitié du village plongé dans le noir. L’électricité n’est pas suffisante, les gens ont l’air habitués, la fille du propriétaire est un peu inquiète, allons nous quand même rester ?
Nous descendons donc sur la digue et passons une soirée très agréable sous les étoiles. L’électricité revient, nous remontons.

 

 

L’âge d’or – Diane Mazloum

CHALLENGE LIBAN

Âge d’or du Liban, années 70, avant que la guerre civile ne détruise Beyrouth avec ses hôtels de luxe, ses boîtes de nuit, les bords de mer…

Jeunesse dorée, insouciante. Chrétiens d’une très bonne bourgeoisie.

Le roman est construit selon un plan intelligent : chaque chapitre raconte un épisode de l’histoire du Liban de 1967 à 1979, un jour chaque année. Je redécouvre cette histoire, mais vue de Beyrouth, dans les yeux de cette jeunesse dorée plus préoccupée de son apparence, de ses amourettes.

6 juin 1967, Guerre des Six jours, les jeunes sont plutôt indifférents, le casting pour une pub intéresse plus Georgina, un avion israélien est abattu, l’aviation libanaise reconduit à la frontière le pilote pour ne pas compromettre la neutralité du Liban.

28 décembre 1968, raid israélien sur l’aéroport international , la quasi intégralité de l’aviation civile est détruite, à la suite du détournement de l’avion EL Al à Athènes par le FPLP.  Pendant ce temps-là, les héros du roman font une journée de plein air Monts-et-Mer, les garçons draguent les filles. Un nouveau personnage intervient dans le roman Ali Hassan, un Palestinien, très séduisant, impliqué dans les actions terroristes.

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20 juillet 1969, Appolo11 se pose sur la lune, Roland et Sharif, organisent une soirée costumée « One way to the moon« .En Jordanie Ali Hassan tente d’organiser la lutte dans les camps de réfugiés.

12 septembre 1970, Roland et Sharif bichonnent leur Mini Morris 1952 customisée Françoise, en l’honneur de Françoise Hardy, sur fond de détournement du vol 840 de la TWA. Georgina Miss Télévision, devient Miss Liban. Ali Hassan se rapproche d’Arafat. C’est aussi le le début de Septembre noir, en Jordanie, affrontement entre les fédayin et la légion du roi Hussein.

25 juillet 1971, Ali Hassan est à Rome, menacé, Roland et Sharif font la fête dans leur cabanon de bord de mer.

5  septembre  Jeux Olympiques de Munich, la délégation israélienne sera prise en otage et massacrée. 8 septembre Roland accueille à l’aéroport Georgina, maintenant Miss Univers. Les évènements au Proche Orient prennent une place plus importante dans le récit, les garçons discutent d’Arafat, de Septembre Noir, du terrorisme quand Septembre noir fait atterrir un avion à l’aéroport de Lod. Le Liban est entrainé dans l’engrenage

« le Liban s’est retrouvé entraîné dans un cercle vicieux : plus Israël se venge sur le Liban, plus les tensions entre
Libanais augmentent. D’un côté, les musulmans, se sentant proches des Palestiniens, soutiennent avec de plus en
plus de ferveur la cause et les forces révolutionnaires et progressistes. De l’autre, les chrétiens, inquiets de
perdre le contrôle de la situation, condamnent avec violence cette intrusion sur leur sol. Au milieu, les
Palestiniens sont pris dans un étau… »

 

21 juillet 1973 les Palestiniens et Ali Hassan occupent le devant de la scène, les jeunes beyrouthins font encore la fête dans leur cabane de bord de mer

13 novembre 1974, , les milices chrétiennes ont bombardé les camps palestiniens; les Palestiniens se sont installés sur la côte. C’est fini d’aller au chalet pour Roland et ses amis. Roland, étudiant à l’Université Américaine milite avec  les étudiants de gauche, et sympathisent avec les Palestiniens

« Tout se mélange : la cause palestinienne, la cause des ouvriers, la lutte des classes, la lutte pour la cause noire. On milite contre la Guerre du Vietnam et l’ingérence américaine, contre l’impérialisme, l’expansionnisme et le capitalisme…. »

11 septembre 1975 :

« Depuis quelques jours, une bataille fait rage sur le front de mer, opposant les phalanges chrétienne aux milices musulmanes et palestiniennes, retranchées dans les hôtels de luxe »

Georgina qui a quitté Roland entame une relation avec Ali Hassan.

20 juin 1976 : la ville tremble sous la guerre civile. Une ligne invisible sépare Beyrouth Est, chrétienne de Beyrouth Ouest musulmane

février 1977 :  Beyrouth est devenue le centre du banditisme avec groupes et sous groupes armés, trafics divers, d’armes, d’influence, vols pillages. L’insouciance est morte.

La fin du roman 1978 ou 1979 la guerre civile s’éternise.

C’est une  leçon d’histoire, partiale, certes, mais intéressante. En revanche, j’ai eu du mal  à avoir de l’empathie pour les héros du roman. Les filles particulièrement futiles et superficielles, les garçons plus intéressants. Le séduisant agent secret palestinien macho. Le roman se lit bien. Sans plus.

Pecs (2)

MITTELEUROPA : UN MOIS A TRAVERS L’AUTRICHE, LA HONGRIE ET LA CROATIE

. Pecs, château de Siklos, Mosquée, thermes(2)

mosquée de Siklos

On nous avait dit « vous aurez chaud à Pecs !». Ce n’est vraiment pas le cas. Il fait gris.

en excursion dans les environs: Siklos

Le château  de Siklos est perché sur une colline entouré d’un double rang de remparts. Sous la pluie, c’est un bon abri. La chapelle Renaissance est toute blanche, claire, vide, cela repose du Baroque et des restaurations du XIXème siècle. Les cachots et les oubliettes sont bien conservés.
Dans la partie plus « neuve » du château, deux expositions présentent des gants, ombrelles et bas du début du siècle, c’est désuet suranné et joli à regarder.
A l’étage, de l’art contemporain : des artistes locaux exposent des gravures, peintures, et sculptures en terre, rien d’extraordinaire, quelques trouvailles sympathiques.
Entre temps la pluie a cessé.

Mosquée

La Mosquée renferme des objets turcs et possède une curieuse charpente en bois visible.

Parc de sculptures

Nous cherchons ensuite un « parc de statues », une carrière de « marbre » a offert la pierre et le site à de nombreux sculpteurs. Les « sculptures », souvent brutes, ont un air inachevé et peu d’entre elles représentent quelque chose d’identifiable. On a vaguement l’impression qu’on se moque de nous, d’autant plus que l’entrée est payante. La plus jolie trouvaille de cette visite : une grenouille ou peut être un crapaud (la peau est verruqueuse) tachetée de vert et blanc avec de jolies taches arrondies avec la forme de camouflage.

Harkany

La station thermale d’Harkany est très vantée par la documentation. .A la caisse, des petites vieilles en jupe froncée noire ou marron, au gilet serré et en fichu noir, font la queue avec leurs affaires dans leurs cabas. On dirait qu’elles sont en costume folklorique. D’où viennent-elles ? En Hongrie nous avons vu des vieilles en tablier mais jamais avec cette allure. D’ailleurs elles ne parlent pas Hongrois. .Après avoir payé 500forints, nous pénétrons du coté « plage ». Pour atteindre les bains thermaux, il faut prendre un autre billet, refaire une autre queue qui donne l’entrée à une piscine couverte pleine de monde ouverte sur une jolie « plage » avec des palmiers et des bâtiments 1900.

Le complexe aquatique comprend aussi un toboggan et une piscine à vagues. Aujourd’hui, mardi, après la pluie, c’est désert. Comme à Hajduszoboslo des boutiques proposent des maillots de bain, des ballons.

Je fais des traversées dans l’immense bassin (eau entre 28 et 32°), je n’ai jamais vu de piscine aussi vaste! Déjeuner: une demi-pizza  et un chausson aux prunes achetés dans une petite guinguette.

Pecs en couleurs!

Mosquée de Pecs transformée en église

A deux heures le ciel s’éclaircit. Finalement cette matinée pluvieuse a été bien remplie. Nous allons enfin voir Pecs en couleurs ! Nous recommençons la visite d’hier en quêtes de photos et remontons dans la petite rue où se tiennent tous les musées de la ville.

Musée Zsolnay

Fontaine de Zsolnay

Le musée Zsolnay rassemble des céramiques provenant de la fabrique Zsolnay. Certaines pièces extrêmement fines datent de la fin du XIX et du début du XXème siècle. Les objets les plus anciens évoquent les céramiques turques utilisant les mêmes motifs floraux avec des couleurs un peu moins vertes peut être, mais avec un même usage des rouges et des fleurs. D’autres influences sont visibles : porcelaine de Delft, chinoise ou rococo.
Sécession
Les plus beaux objets sont d’inspiration Sécession. Décidément, depuis quelques temps cette école nous poursuit ! A Vienne c’est Klimt qui m’a le plus impressionnée, le Pavillon Sécession et le Métro. Par hasard, nous y avons découvert Tiffany et ses abats jours. Et voilà qu’on retrouve à Eger des céramiques Art Nouveau, pour terminer par Zsolnay. Sans parler des façades de Budapest de Kecskemét et de Pecs. Aimable réaction aux exagérations et aux lourdeurs des architectes historicistes avec le Néoclassique, le néo renaissance et le néogothique terriblement pompeux et ennuyeux.

Mes souvenirs d’Histoire du XIXème datent du lycée, ils ont été un peu dépoussiérés mais il faudrait y revenir. Envie de relier l’Histoire de l’art à l’Histoire politique et industrielle. de comparer la stabilité du règne de François-Joseph et le règne de Victoria et celui de Napoléon III. Aussi de penser à la réaction d’un pouvoir qui se souvient des révolutions à barricades de 1848 et comment cela se traduit en architecture et en urbanisme. Peut être que j’ai tout faux, je ne mesure que trop mes lacunes.

Art moderne? De qui se moque t on?

Verdammte Sammlung von Scheisse ou von Kacke!

En voilà une exposition ! Dominique a encore l’impression très prononcée qu’ »on se moque de nous ». Dans le cas de Dieter Roth, le provocateur, c’est sûrement le cas. Haute élaboration du graphisme pour un résultat totalement illisible et gratuit. Je peux admirer la dextérité du tracé, la démarche intellectuelle de translations, répétitions, superpositions, mais l’émotion est totalement absente, le but décoratif n’est pas atteint, aucune envie d’accrocher cela sur un mur !

Autre musée : peinture hongroise fin XIX début XXème,

peu intéressant et souvent très sombre.

Vers 17 h on se retrouve place Széchenyi pour prendre les dernières photos, malheureusement le soleil est du mauvais côté pour prendre la Poste et l’immeuble Sécession.

Tour de la télévision

Après une visite au supermarché, nous profitons de la jolie lumière pour monter à la Tour de la Télévision située sur une colline culminant à 537m, la tour elle même en béton fait 150m. Une rotonde à 75m contient un restaurant .Nous traversons des quartiers perchés avec des bâtiments modernes bien intégrés à la topographie, terrasses fleuries en escalier adossées à la colline, puis des villas avec des jardins pour arriver enfin à la forêt de pins et chênes Cela nous rappelle notre tour sur la Hohenstrasse dans les collines de Vienne avant de quitter la ville.
Je dépense les dernières pièces de monnaie hongroises pour payer l’ascenseur. De la terrasse panoramique on voit très loin. Je découvre à l’arrière de la colline de Pecs un véritable paysage de montagne couvert d’une épaisse forêt éventrée par une mine à ciel ouvert. Du côté sud, la ville s’étend loin, le centre est petit mais les quartiers neufs poussent partout. Puis on voit la plaine noyée dans la brume vers l’Est.

Nous quittons la Hongrie demain sans regrets. Nous avons exploré, sondé, examiné tout ce que nos guides nous proposaient, nous avons passé 18 jours bien remplis. Nous aurions, peut être, pu rester un peu plus à Budapest, profiter mieux de la montagne à Eger, mais la météo a dicté sa loi.

 

 

 

Pecs

MITTELEUROPA : UN MOIS A TRAVERS L’AUTRICHE, LA HONGRIE ET LA CROATIE

Pecs place Szechenyi

Départ avec pertes et fracas!

Nous quittons avec soulagement Bugac après avoir payé les pots cassés ; en l’occurrence la tablette en verre du cabinet de toilette. Dominique, en se relevant des cabinets a heurté avec sa tête le verre qui s’est brisé avec fracas, sans compter la chasse d’eau qui ne chassait rien. La voilà en fort mauvaise posture, le pantalon baissé, maintenant d’une main le verre cassé, de l’autre le robinet. Plutôt la débandade !

Vers le sud

Route vers le Sud sous une pluie battante, traversant des villages très fleuris. Les Hongrois fleurissent la rue de grosses plates-bandes d’œillets d’Inde, de cannas rouges, de buissons d’althaeas roses ou mauves. Les murs peints en jaune (comme à Schönbrunn) donnent l’illusion de lumière sous le ciel plombé.

Nous rejoignons le Danube par des régions de vergers de pommiers et de pêchers, parfois de la vigne et d’immenses parcelles de maïs avec des rangées étiquetées. Qu’expérimente-t-on des semences, des insecticides, des engrais, des OGM ?

Après Baja (sous la pluie, aucun intérêt) nous traversons le Danube sur un pont métallique, le train passe entre les deux voies de voitures. Le paysage devient plus vallonné, des tournesols occupent des collines entières. Puis, vigne, plantée dans le sens de la pente au dessus des grosses maisons des vignerons. L’habitat devient plus dense. Après Mohács les panneaux sont bilingues voire trilingue en Hongrois, Allemand et Croate. Le relief s’accentue encore quand nous arrivons à Pecs.

Pecs

Pecs

Nous avisons une pension avec une curieuse enseigne : un grand panier d’osier peint en jaune – un berceau ? – Nous partageons le parking avec la synagogue toute proche, pour 7500ft il y a la télé un ventilateur, un minibar, le réceptionniste monte tout notre barda, on s’installe, il remonte s’excuser, cette chambre a été réservée, nous irons à l’annexe : pour 4500 ft nous avons une grande chambre avec une cuisine et une salle d’eau.

Vers midi, la pluie a cessé.  Notre hôtel est central, inutile de bouger la voiture.  En face de la synagogue, la place est bordée de très jolies maisons décorées avec des vitrines vieillottes, il fait beaucoup trop gris pour des photos. Plus loin, la Poste : un magnifique bâtiment Sécession avec des tuiles vernissées orange et jaunes.

Pecs : Poste

Nous montons une rue étroite aux façades intéressantes et débouchons sur la Place Széchenyi dominée par la Mosquée en pierre de taille surmontée d’une coupole verte –très turque- sauf que le croissant est surmonté de la croix.
D’autres maisons sont remarquables: un immeuble décoré de majolique, Mc Do occupe le rez de chaussée d’un magnifique immeuble 1900 tout en stuc et guirlandes, c’est d’ailleurs courant en Hongrie qu’il s’installe dans des lieux classés. Sur la place, peu d’endroit où se restaurer à bon marché, on ira pour une fois à MC Do, ce n’est pas très hongrois mais c’est sans surprise.
La mosquée transformée en église,  garde son caractère. Nous montons ensuite des petites rues tranquilles avec des maisons aux façades peintes.

Comme c’est lundi tous les musées sont fermés, heureusement, il reste les édifices religieux.  Comme ils ne manquent pas, voici le lundi le deuxième jour du Seigneur.

La cathédrale Szent Peter est très bien située sur une place pavée très en pente prolongée par un jardin planté de marronniers fournis. C’est une basilique romane imposante avec 4 tours au 4 angles d’une triple nef. Je la trouve trop grande pour avoir le charme des basiliques romanes. La grille du porche est moderne et originale, elle représente deux pieds de vigne. Lorsqu’on entre, comme à Budapest, on est surpris par l’ornementation. Le plafond à caisson représente divers personnages curieusement à l’envers pour les fidèles. De grandes fresques ont été peintes au XIXème siècle trop grandes, trop majestueuses, le reste de l’intérieur est couvert de motifs géométriques, on dirait du papier peint. Nous n’avons pas l’habitude des églises peintes. J’ai beau me dire qu’au Moyen âge, elles étaient ainsi décorées cela me choque un peu..  J’ai besoin de la patine, de l’idée du temps qui est passé qui a érodé les statues, fané les fresques, n’a laissé que l’essentiel, a gommé toute l’agressivité d’une église catholique dans toute sa splendeur qui me fait un peu peur. En descendant dans la crypte, un bas relief naïf me plaît bien.

Pecs Liszt au balcon

De chaque côté de la place se trouvent deux palais baroques l’un peint en marron foncé(le Palais épiscopal) l’autre plus élégant en jaune. A l’angle du Palais Episcopal, un sculpteur moderne a installé Liszt en bronze sur un balcon en ferronnerie il a de curieux cheveux en ressorts brillants. Sous le palais jaune se trouvent les catacombes avec des fresques romaines bien conservées. Elles ne sont pas spectaculaires mais ces traces anciennes sont touchantes.
Dans les petites rues nous trouvons un Kodak express qui développera nos photos en deux heures.

Konditorei

Pâtisserie

En attendant, je suis bien décidée à ne pas quitter la Hongrie sans avoir goûté à une pâtisserie bien crémeuse dans le cadre qui convient, une belle Konditorei. Dominique ne me suit pas dans cette expérience mais m’aide à choisir l’établissement : caffish Cukraszda qui a une jolie façade rose décorée de stuc. L’intérieur est charmant : de petites tables rondes en marbre, des boiseries sombres, des lustres en cristal, un poêle en faïence blanche avec des têtes de lion. Le comptoir mérite une photo avec son percolateur en porcelaine à fleurs et sa machine à crème fouettée . Des vieilles dames très comme il faut sont attablées.

Pecs pâtisserie

Je choisis le gâteau à la cerise qui se révèle un peu décevant, il n’y a qu’une seule cerise, celle de la décoration, à l’intérieur une gelée rose bien synthétique, du cacao bien dilué et une crème fouettée beaucoup trop sucrée. C’est plus un régal pour les yeux que pour le palais, je savoure le décor, observant la serveuse qui prépare une coupe de glace, au dessus de la crème fouettée et du nappage elle installe deux demi-tranches d’orange, deux mûres énormes, deux gaufrettes en forme de cœur et un fouet métallisé.

Nous terminons la soirée avec nos deux voisines, des françaises profs, en commentant nos vacances, le manque d’amabilité des Hongrois, nos expériences aux bains avec beaucoup d’éclats de rire. Cela fait du bien de rigoler comme cela.

 

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