Jules Adler peintre du peuple au mahJ

Exposition temporaire du 17/10/2020 au 23 /02/20

 

Grève au Creusot

Un peintre  oublié, célèbre en son temps, que la vague impressionniste puis cubiste a relégué dans la peinture académique qu’on a négligée.

Peintre du peuple, peintre des luttes ouvrières, peintre des « las »,

les las

Foules fatiguées par un labeur harassant, illustration de l’Assomoir.

Peintre naturaliste, successeur de Courbet, natif de Luxeuil-les-Bains (1865) admirateur de Zola. Ses tableaux illustrent parfaitement l’atmosphère de Germinal ou des autres romans de Zola. En 1901, Adler se rend à Ch&rleroi pour peindre mines et mineurs

1901 Charleroi, au pays de la mine

Il peint les hommes au travail comme cette fabrique de bouteilles

les enfourneurs

Adler peint les humbles, les foules anonymes de Paris témoins d’un accident

l’accident

Dreyfusard de première heure, il rencontre Zola (des coupures de journaux rappellent aussi l’appel de fonds pour le Monument de Zola.

Trop âgé pour être mobilisé pendant la Grande Guerre, il ouvre avec sa femme une cantine puis en 1917 part à Verdun comme « artiste aux armées » et réalise un grand nombre de croquis, dessins à peine rehaussés de couleur où se détache souvent le squelette d’un arbre dénudé sur la neige, portraits de prisonniers. On ne voit aucune intention d’héroïsme, soldats comme les ouvriers de ses tableaux  au travail, épuisés.

Il continue à peindre les humbles, les petites gens, les marins, les paysans, et les femmes « matelotes d’Etaples » scrutant la mer qu’on imagine mauvaise. Étonnamment, les personnages les plus gais sont les  « chemineaux » ces vagabonds qui parcourent les campagnes cherchant à se louer dans les fermes

 

la chanson

et cet autre chemineau, homme libre et bienveillant qui devient philosophe

chemineau philosophe

Selon les commentaires, le chemineau en marche serait l’alter ego de l’artiste qui lui rappelle le colporteur juif ou même le Juif errant.

Peintre d’histoire, il a fait un grand tableau représentant la conscription de 1914, une foule immobile étonnée et un autre joyeux de l’Armistice

L’armistice 1918

Son oeuvre se poursuivra entre les guerres, il peint Paris et les parisiens

Paris dans les fumées (rue de Rome)

Il sera interné à Picpus pendant l’Occupation.

Adler au Musée du Judaïsme? vous ne trouverez pas de Juifs barbus ou de thèmes religieux, tout juste un petit dessin appelé « juif au café« . Sa peinture est sociale avec une attention particulière aux humbles et aux opprimés.

«  »je pense souvent qu’il doit y avoir une sorte de relation que les images de la souffrance sociale m’attirent tellement parce que je suis juif et que mes ancêtres, pendant des générations ont tant souffert »

Gournah : Medinet Habou

CARNET ÉGYPTIEN 2019

Medinet Habou

Dimanche 22 décembre : Medinet Habou

6h, le soleil se lève tôt en Egypte. La billetterie ouvre à 6 heures et les sites ferment à 17 h.

Medinet Habou est le premier temple que nous avons découvert en 2002. Choc de la découverte des grands pylônes gravés aux scènes de massacres.

600m du gîte, il reste mon but de promenade favori. Pensant entrer plusieurs fois dans la journée avec le même ticket, j’ai négligé d’emporter le Guide Vert. Je suis seule visiteuse. Sur place une bonne demi-douzaine d’hommes en galabieh balayant le sol. Chacun essaie d’attirer mon attention, euros en pièces à changer, une sculpture en albâtre dans une chapelle latérale….L’un d’entre eux s’attache à mes pas et commente les bas-reliefs en nommant les dieux. Je ne m’en débarrasserai qu’après avoir donné le bakchich qu’il attendait. Il juge que 10 guinees, ce n’est pas assez.

Quatre pages et demi dans le Guide Gallimard (p.435 à 438) ne me motivent pas vraiment à paraphraser la description. Il y a aussi dans ce guide une belle maquette qui se déploie sur deux pages. Je regrette de ne pas l’avoir emporté sur place.

Dans la lumière du soir

Le site est enclos par une épaisse muraille de briques crues grises. Après la visite du temple, il faut imaginer le palais attenant et communiquant par une « fenêtre d’apparition » Palais réel et Palais symbolique pendant des « millions d’années ». Des croix ici et là sur des vestiges témoignent de la présence d’une église copte : à l’abri des épais murs, le temple a servi de refuge aux chrétiens pendant la conquête arabe.

Migdol : le porche

On entre par une haute tour carrée appelée « migdol » désignation qui m’amuse parce que c’est le mot qui veut dire tout en hébreu. Cette entrée donne une allure militaire qu sanctuaire de Ramsès III – pharaon combattant représenté sur le pylône en réunissant dans sa main les têtes des ennemis vaincus tandis que son bras replié s’apprête à frapper. Pas de colosses mais des rainures pour les hampes des drapeaux. Seul un palmier brise la monotonie de la pierre. Au verso du pylône une scène de bataille raconte la « bataille contre les peuples de la mer ». Mêlée où chevaux et fantassins combattent avec un réalisme saisissant. Les pattes des chevaux suggèrent le nombre de chars et de cavaliers en présence. Malheureusement, j’ai raté la bataille navale représentée sur le Guide Gallimard, elle est gravée sur le mur Nord.

plafond encore peint de la salle hypostyle

Le petit temple de Thoutmosis et d’Hatshepsout est fermé à la visite par des cordelettes ; Ce temple a été agrandi plus tard à l’époque ptolémaïque.

Grâce à Wikipédia, j’ai découvert l’histoire des divines adoratrices d’Amon qui se firent enterrer à Médinet Habou pendant la période des dynasties Saïtes et Kouchites au sanctuaire de Djeme ou furent enterrés les dieux primordiaux : 4 couples de grenouilles et de serpents qu’Amon considérait comme ses ancêtres. C’est la première fois que je lis cette légende qui m’enchante.

Une description intéressante du temple est accessible sur Internet : passion-égyptienne.fr clic ICI

A 9 h je retourne à Nour El Gournah pour le petit déjeuner. Nous passons la matinée tranquillement à lire et à écrire. Nous avons décidé de nous accorder une semaine très tranquille dans cet endroit enchanté.6

Chroniques de la Nécropole – Golo et Dibou

LIRE POUR L’EGYPTE

la Nécropole c’est Gournah le village construit sur les Tombes des Nobles à deux pas de Deir-el-Medina, le village des artisans qui creusèrent et décorèrent les tombes de la Vallée des Rois et de la Vallée des Reines sur la rive occidentale du Nil en face de Louqsor. Gournah était un village habité quand nous l’avons découvert en 2002. Gournah n’est plus que l’ombre d’un village. Les maisons ont été rasées pour faire place nette aux archéologues et aux touristes.

Comme je déplorais la mort du village, un égyptien francophone en vacances avec nous à Nour-el-Gournah, m’a rappelé ce roman graphique lu à sa parution en 2011 que j’ai eu envie de relire.

« Ce récit est le reflet de quinze ans passés dans ce village de Haute-Egypte auprès des Saïdis, sujet de moqueries pour les Cairotes, de dégoût pour els gens du pouvoir; de gêne pour els archéologues qui pourtant les emploient.

C’est avant tout une envie de témoigner pour ne pas oublier »

 

écrit Dibou en introduction de cette bande dessinée qui fait vivre les gournawis – habitants du village, paysans, artisans, ouvriers des chantiers archéologiques, mais aussi hôteliers, archéologues,  touristes et résidents européens amoureux du village ainsi que les enfants qui jouent un rôle non négligeable dans cette aventure.

Golo et Dibou se moquent avec gentillesse de tout ce monde, Golo dessine en imitant parfois les peintures antiques, Dibou photographie les enfants et leurs visages souriants font partie intégrante de ce roman graphique. La fin témoigne avec des photos des destructions au bulldozer des maisons, la BD devient roman-photo désolant….

C’est drôle, tendre, émouvant. J’ai encore plus apprécié cette seconde lecture.

Je recopie la conclusion :

Le village de Gournah, unique en Egypte, n’est plus. La vie s’en est allée. L’antique nécropole qui avait toujours été lieu de vie, de travail et de création, est devenue un lieu mort réservé au seul « spectacle culturel » le plus grand musée à ciel ouvert du monde. 

Pendant 60 ans, les habitants ont résisté aux projets de l’Etat pour préserver leurs maisons et leurs moyens d’existence[….]

L’attentat d’Hatshepsout a sonné le glas pour le village qui s’est retrouvé sous haute surveillance…..

Ce renfort de police eut raison des Gournawis[….]toute une population immolée sur l’autel du tourisme, déportée dans la banlieue d’une ville inexistante loin de toute possibilité de travail. 

Depuis l’été 2010; toute la zone, sur des kilomètres, est entourée d’un mur de béton. C’est une pratique qui se généralise : Palestine, Sinaï, Gournah……

Nour el Gournah, retour!

CARNET ÉGYPTIEN 2019

Nour el Gournah – le restaurant dans le jardin

Vers 10h30, nous arrivons à l’Hôtel de Mahmoud Nour El Gournah qui nous offre la belle chambre que nous avions occupée en 2010 avec un petit balcon sur le jardin. Les meubles sont en bois de feuilles de palmier, le grand lit à baldaquin avec sa moustiquaire en mousseline, le plafond traditionnel en bois (ou roseau calfeutré avec de la terre. Un ventilo à grandes pales (qui n’est pas de saison). Le rêve !

Mahmoud nous offre le thé de bienvenue (kerkadé pour moi). Nous échangeons nouvelles et souvenirs. Il est très étonné que je me souvienne du pèlerinage de sa mère à la Mecque en 2002, 17 ans ont passé ! Nous parlons du désastre qu’est la destruction du village. En 2008, une pétition avait circulé sur Internet ;  je l’avais signée et partagée…sans effet !

Ce qu’il reste du village de Gournah

Après 3 jours sans Wifi sur le bateau nous nous jetons sur nos téléphones et écrivons à nos correspondants. Trois jours de sevrage ne nous ont pas déshabituées. Mahmoud n’est pas de reste. Il me montre une page Facebook en arabe avec un film noir et blanc tourné dans les années 50 à Gournah.

Nous déjeunons dans le jardin : salade mélangée, tehina, köfte, riz et légumes : haricots verts carottes. Pour finir le meilleur café turc que ‘ai bu depuis longtemps.

Levées tôt depuis des jours, nous paressons dans le jardin, cherchant le soleil et fuyant l’ombre ce qui est un comble en Egypte !

Promenade tranquille derrière l’hôtel dans la campagne. Le grand chantier archéologique du temple d’Amenhotep a fait reculer les champs cultivés Les champs de canne, de luzerne et les jardins où nous aimions nous promener en enjambant les petits canaux d’irrigation sont plus difficilement accessibles.

la vue sur la campagne

Nous suivons le chemin derrière l’hôtel et découvrons une haie de fleurs violettes qui ressemblent à des volubilis mais fleurissant sur des buissons aux tiges épaisses et aux feuilles coriaces qui font penser à des lauriers-roses. Des hirondelles sillonnent le ciel, elles ont dû s’arrêter ici dans leur migration.

Un vieil homme charge de verdure une charrette tirée par un âne blanc. Un peu plus loin il y a un petit dromadaire blanc le long d’un très beau jardin de cultures maraîchères. De grands parasols carrés indique probablement un hôtel mais deux grands chiens nous font reculer.

les colosses de Memnon

Autrefois, les Colosses de Memnon se dressaient dans la verdure. Un grand chantier archéologique occupe l’espace entre les maisons et les Colosses. A l’arrière, c’est ouvert. Je me promène entre le quadrilatères creusés pour les fouilles. Je sui rapidement repérée par le gardien et un policier qui m’accueillent très gentiment. C’est fermé à la visite, il n’y a pas grand-chose à voir à part une grande stèle et des colosses , beaucoup plus petits que Memnon. Le gardien me montre un sarcophage. J’ai oublié mon porte-monnaie, le vieux me demande un stylo : justement j’ai une réserve de bic cristal tout neufs ! Pour le chantier de restauration on a fabriqué des briques d’argile crue alignées. Elles ont l’air anciennes mais sont estampillées « memnon » écrit dans un cartouche.

Comme nous passons devant sa maison le vieux monsieur assis sur sa banquette de bois nous invite à boire le thé. Sa femme envoie une jeune faire le thé. Elle coiffe une fillette d’un an et demi avec des petites couettes. La petite réclame le téléphone et demande sa chanson. Une vidéo la montre dansant avec une boîte de conserve en équilibre sur la tête. Même quand on vit dans une maison de terre traditionnelle on est accro depuis le plus jeune âge au smartphone comme les enfants du monde entier !

Les petits sortent de l’école qui est juste derrière les toilettes du restaurant. On peut les voir étudier assis par terre et les entendre ânonner en chœur. A l’heure du goûter tous les petits enfants viennent réclamer un cône de glace, des chips ou des biscuits en sachets individuels. Il y a 17 ans, nous avions partagé des chicklets et mangé des tronçons de canne à sucre avec eux. Mais d’abord ils baisent les mains de leur grand-père.

Le soir tombe, je vais faire des photos au soleil couchant jusqu’à Medinet Habou. Sur la route en terre des garçons (12-14 ans) jouent au foot pieds nus. Les claquettes servent de limites au terrains et aux buts, Trois femmes et leurs petits enfants sont assises sur un tapis, elles m’invitent au thé que je refuse en leur expliquant que je viens de le boire ?

La nuit tombe tôt : 18h, il fait noir et aussi très froid.

 

 

 

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             

La rive ouest de Louxor : Vallée des Rois et temple d’Hatshepsout

CARNET ÉGYPTIEN 2019

Nous quittons Louxor au lever du soleil

Le check-out sur le Renaissance est très matinal. Comme Hassan l’a promis le petit déjeuner est prêt à 5h15. A 6h nous traversons 4 bateaux plus luxueux que le nôtre : marbres et dorures. Un petit bateau à moteur nous attendait pour passer sur la Rive Ouest. Les minarets, pylônes et colonnades et palmiers se détachent à en ombres chinoises  sur un ciel orange. Avec l’appel du muezzin, ce sera un beau film !

Vallée des Rois

Nout au plafond de la chambre funéraire

Nous arrivons les premières dans la Vallée des Rois, pour cela Hassan est un chef ! 3 tombes au choix (sauf Sethi 1er et Toutankhamon) pour un billet.

Hassan énumère les raisons justifiant le choix de la Rive Ouest pour les Tombes de pharaons :

  1. Le soleil se couche à l’Ouest, symbole de la mort
  2. Cette vallée se situe au-dessus du niveau de la Crue du Nil
  3. C’est une vallée isolée, on présume qu’il n’y aura pas de pilleurs de tombes
  4. Le calcaire friable est facile à creuser
  5. La montagne de Thèbes qui la surplombe est en forme de pyramide

Tombe de Ramsès IX

tome de Ramses IX l’embaumement

A l’entrée, le gardien me montre les inscriptions coptes (on dirait du Grec) et les croix : ici aussi les chrétiens ont trouvé asile contre les persécutions.

Les murs de la tombe sont couverts de textes en hiéroglyphes d’où je ne reconnais que le cartouche royal à fond jaune. Une sorte de Bande dessinée raconte la momification. L’embaumement dure 70 jours pour un pharaon ; Protégé par une rangée de cobras suivis par une file d’Anubis l’embaumeur on reconnait le défunt couché dans une baignoire oblongue ; il change de couleur au cours des bains successifs. En-dessous une file de prisonniers à qui on coupe la tête. Au plafond les ailes de vautour déployées sont une autre protection.

La chambre funéraire est de toute beauté. Assise par terre, je contemple le plafond avec la double figure de Nout qui avale le soleil la soir et le recrache le matin ; d’un côté la nuit a un fond bleu nuit, en face, le jour avec deux barques solaires tirées par 4 hommes suivies des porteurs d’offrandes. Pendant le « jour » je compte au registre supérieur 15 anubis et 8 cobras.

Tombe de Ramsès IX

Cette tombe est plus vaste que la précédente. Dans l’entrée les gravures des bas-reliefs sont plus creusées mais en moins bon état. Selon wikipedia, cette tombe serait inachevée. Etrangemnt, lees hiéroglyphes manquent de couleur mais certains sont délicatement travaillés avec un luxe de détail : on voit les plumes de chaque oiseau, les serpents soulignés de tirets rouges. Dans la chambre funéraire, le  je retrouve Nout double avalant et recrachant le disque solaire sur fond noir, ainsi que 4 babouins orant (levant les mains. Les motifs sont plus grands, très travaillés.

Tombe de Meremptah(19ème dynastie)

On descend une rampe de bois s’enfonçant plus profondément pour découvrir un énorme sarcophage en granite rose : Nout est allongée au fond du sarcophage.>les fresques et lez décors sont moins plaisants que dans les tombes précédentes. < La chambre funéraire est très grande avec encore un grand sarcophage. Il y a encore un troisième sarcophage avec Pharaon sculpté gisant.

Deir el Bahari : Temple d’Hatshepsout

Deir-el -Bahari

Ce temple adossé à la paroi, construit sur trois terrasses reliées par une rampe au milieu a un plan atypique. Un attentat meurtrier a endeuillé le site en 1997, les mesures de sécurité sont draconiennes. On ne tolère personne sur le parking (en dehors des chauffeurs) et e passage aux portiques est très surveillé ; Le petit couteau suisse de Dominique est confisqué, l’officier le rendra à la sortie. Nouveauté par rapport à notre dernière visite : un petit train électrique rapproche les visiteurs.

Hatshepsout, pilier

Hatshepsout était la femme et la sœur de Thoutmosis II et n’avait pas d’enfant. Thoutmosis avait un héritier d’une autre femme Thoutmosis III qui n’avait que deux ans à la mort du pharaon. Hatshepsout se désigna régente de l’enfant, pris la barbe postiche et devint une « femme-pharaon » . Elle régna pendant 20 ans pacifiquement et mena une grande expédition commerciale au pays de Pount (Somalie) d’où elle rapporta de nombreuses richesses, entre autres l’arbre à encens.

Le temple fut saccagé à trois reprises : par Thoutmosis III quand il devint pharaon, il s’acharna à faire disparaître l’effigie de la reine et son cartouche. Akhnaton qui faisait disparaître les cultes des autres dieux et finalement par les chrétiens. Il reste quand même des statues colossales où elle figure avec sa barbe postiche sur la 3ème terrasse et une représentation sur une fresque où elle est peinte femme.

Pour conquérir l’assentiment du peuple, elle aussi s’inventa un engendrement divin et une naissance divine.

Selon Hassan, le temple de Deir el Bahari est un « temple funéraire », son » temple divin » se trouve à Karnak.

Le nom Deir el Bahari rappelle que les coptes avaient bâti un grand couvent dont il reste des ruines imposantes (deir, en arabe veut dire monastère).

Les visites d’Hassan (et des guides pressés) vont à l’essentiel. On ne s’est pas arrêté au sphinx restant de  l’allée des sphinx (reconstituée sur la maquette). Nous allons voir le Temple d’Osiris, le temple d’Hathor et le bas-relief contant l’expédition au Pays de Pount. Dans le petit temple d’Hathor, j’essaie de photographier la déesse sous forme de vache allaitant un enfant. Frustrant aussi de ne pouvoir réussir un cliché des navires, la pesée de l(or (avec des bestiaux) ; les greniers à blé et l’arbre à encens.

Vers 10h30, nous arrivons à l’Hôtel de Mahmoud Nour El Gournah

 

 

 

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          

Luca Giordano – (1634 – 1705) Le triomphe de la peinture napolitaine au Petit Palais

Exposition temporaire au Petit Palais jusqu’au 23 février 2020 au Petit Palais

Luca Giordano : autoportrait

A l’entrée,  une série d’autoportraits nous permet de faire connaissance avec le peintre de sa jeunesse à l’âge mur.

Les expérimentations d’un jeune artiste

Dans cette première salle, nous assistons à l’apprentissage de l’artiste, « Luca-fa-presto »  étudie les maîtres imitant Titien, Reni ou Rubens…. si bien qu’on l’a accusé de faussaire.

Le Christ devant Pilate

Dans le Christ devant Pilate, il a combiné deux estampes de Dürer pour composer un tableau personnel.

La Vierge, l’Enfant avec Saint Jean Baptiste

La Vierge, l’Enfant avec Saint Jean Baptiste renvoie à la Vierge de Lorette de Raphaël montrant un artiste qui maîtrise l’art du pastiche.

La définition du Mythe Giordano dans les églises de Naples

Six très grands formats dans une salle tendue de violet avec des arcades tentent de rendre aux retables et grands tableaux d’église leur décor d’origine.

Je n’aime pas forcément tous ces chefs d’oeuvres de la Contre-Réforme comme La Madone du Rosaire où figurent Sainte Thérèse d’Avila, Catherine de Sienne et Saint Dominique.

Saint Michel Archange chassant les Anges Rebelles

En revanche les deux grandes toiles héroïques : Saint Michel archange chassant les anges rebelles m’a frappée : peinture sculpturale sans aucune condescendance ou mièvrerie.

Saint Antoine donnant l’Aumône

L’héritage de Ribera

Le bon samaritain (1660)

est présenté dans une grande salle très sombre tendue de brun. On y fait dialoguer les tableaux et les peintres Ribera et Giordano, mais aussi Preti et Giordano, Caracciolo et Giordano, Caracciolo introduisant l’influence directe du Caravage dans des tableaux sombres, dramatiques au contre-jour à l’éclairage violent.

Le Bon Samaritain fut même attribué jusqu’au XXème siècle à Ribera.

Le martyr de Pierre

Au centre le Martyr de Pierre de Preti est accompagné de deux toiles de Giordano avec la même ambiance caravagesque, j’ai préféré le Preti, plus riche. Leur faisant face, sur la cimaise opposée : Apollon et Marsyas peints par Ribera (1637) et Giordano (1660). La composition rappelle le Martyr de Pierre, le Ribera est moins sombre, son Apollon plus gracieux, tandis que le Giordano est plus sombre, plus violent encore.

Ribera : Apollon et Marsyas

j’ai apprécié le dialogue des Saint Sébastien : Ribera (1651), Preti (1657) Giordano (1660) dans une salle tendue de rouge (et c’est encore le Preti que j’ai préféré).

Luca Giordano entre cynisme et stoïcisme est le titre de la section suivante : une collection de portraits de philosophes ainsi que deux tableaux de la Mort de Caton et Mort de Sénèque.

Le triomphe de la mort : Giordano et le spectacle de la Peste. La peste de Naples 1656 décima la population. Giordano montre l’intervention de Saint Gennaro. C’est encore l’occasion de la confrontation de Preti et de Giordano. 

Vient ensuite une série de dessins sur des sujets mythologiques ou bibliques qui montre la virtuosité de Giordano comme dessinateur.

Le baroque local

 

Cette fois-ci, Giordano est présenté à Pierre de Cortone, tous les deux invoquant la figure de Saint Alexis avec des teintes plus claires (fond jaune) et apparition de putti bien baroques.

Giordano n’a pas peint que des sujets religieux toute une salle présente des sujets mythologiques avec des héroïnes alanguies comme Ariane abandonnée, Diane et Endymion, le Retour de Persephone, Polyphème et Galatée

En 1694, départ pour l’Espagne où il a de nombreuses commandes royales pour l’Escurial, la Bibliothèque du Prado, Saint Laurent des allemands où il réalise d’éblouissantes fresques qu’on peut admirer dans une salle où elels sont projetées à 360° accompagnées de la musique de Scarlatti : Lamentations pour l’office des Ténèbres.

La dernière salle Le grand Séducteur à la Cour d’Espagne montre un style lumineux, aérien et insouciant avec une belle Assomption de la Vierge et Tancrède baptisant Clorinde qui fait plus penser à un badinage amoureux qu’à un acte religieux.

 

Fin de la croisière : Louxor

CARNET ÉGYPTIEN 2019

Arrivée à Louxor au coucher du soleil

Il y a encore deux heures de navigation entre Esna et Louxor. Nous arrivons au coucher du soleil, passé 16h30. Au programme des visites deux sites énormes Karnak et Louxor. La plupart des guides ont renoncé à la visite de Karnak qui fermer tôt pour cause de Son et Lumières. Hassan a un autre plan pour moi. A peine le bateau s’est arrêté qu’il me fait signe de le suivre. Nous fonçons à travers les quatre bateaux de croisières amarrés à quai. Le taxi nous attend, sans un regard pour le Temple de Louxor, le taxi se faufile dans les embouteillages. Hassan est natif de Louxor, il connait les gardiens et les militaires de la sécurité. Nous shuntons les contrôles et nous retrouvons dans le temple de Karnak un quart d’heure avant sa fermeture. Nous traversons au pas de course la grande salle hypostyle. Impossible de s’arrêter pour une photo, d’ailleurs il fait beaucoup trop sombre, toutes celles que je prends à la sauvette seront floues.

Retour à Louxor : le temple est illuminé. Les éclairages magnifient l’allée de sphinx de 3 km qui rejoindra Karnak une fois la restauration terminée, il y a déjà une belle perspective. Devant le pylône se dresse l’élégante aiguille de l’obélisque (jumelle de celui de la Concorde à Paris). Il faut imaginer les oriflamme sur les hampes dont il reste les rainures prévues à cet effet. Les six colosses assis ressemblant à ceux d’Abou Simbel sont bien mis en valeur par l’illumination.

louxor salle hypostyle

A m’entrée de la colonnade : la stèle d’Hapi, divinité hermaphrodite de l’Esprit du Nil déversant son eau avec une métaphore de l’Egypte avec la trachée et les poumons (haute et basse égypte).

Louxor by night

Merveille de l’éclairage dans la salle hypostyle avec ses énormes colonnes. La visite de nuit du Temple de Louxor est recommandée dans les guides, nous y retrouvons les croisiériste ; la cohue et la nuit  ne sont pas favorables à la prise de notes.

Le dernier dîner n’est pas à la hauteur des précédents, il y a aussi des contestations au sujet des consommations, et, disons un malentendu,30 sur l’heure du lever demain matin : 5h !

 

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          

 

 

Mort sur le Nil – Agatha Christie

LIRE POUR L’EGYPTE

Old Cataract

Puisque nous allons faire une croisière sur le Nil, télécharger Mort Sur le Nil était une évidence! Je me voyais déjà, sur le pont dans un transat au soleil…..

Je ne savais pas que le rythme des visites sur la croisière serait soutenu et que je n’aurai pas le loisir d’allumer la liseuse. Que le spectacle des berges du Nil avec les palmiers, les jardins, les troupeaux, les oiseaux serait si captivant. Qu’il sera toujours temps de le lire plus tard ….

Evidemment , j’ai adoré ce bateau luxueux avec ces croisiéristes choisis, cette ambiance si british….si Agatha Christie.

Evidemment, j’ai adoré les rebondissements, la psychologie fine d’Hercule Poirot.

Lecture délicieuse pour poursuivre à terre la croisière, ou pour imaginer le Nil entre Assouan et Khartoum quand le Lac Nasser n’avait pas avalé la Nubie.

Navigation entre Edfou et Louxor : passage de l’écluse d’Esna

CARNET ÉGYPTIEN 2019

Esna vu du bateau

Le petit déjeuner terminé, nous montons sur le pont profiter de la « navigation ». Le bateau s’approche tantôt d’une rive tantôt de l’autre. Palmiers, canne à sucre.  Petites barques à rames de pêcheurs, ou de vendeurs à la sauvette qui s’accrochent au bateau et brandissent des nappes, des serviettes ou des châles. Ils balancent par-dessus bord la marchandise emballée dans du plastique. Le marchandage est amusant : premier prix 5€ pour un châle, des français proposent 400LE pour 2, le marchandage se prolonge. Le vendeur crie en français de sa voix éraillée. Le guide du groupe des Français intervient dans la transaction, il porte 5 nouveaux châles dans ses bras ; comment se les est-il procuré ?

les vendeurs dans leurs petites barques

Quand le bateau s’approche de l’une ou l’autre berge, nous pouvons observer les oiseaux, le vaches et les ânes< ; Des roseaux poussent sur le talus. Pas un centimètre négligé. A l’ombre il fait très frais mais je me méfie du soleil.

les berges du Nil

11h30 Arrivé à Esna dans une cacophonie indescriptible. Les minarets sont nombreux : chacun muezzin rivalise dans le volume et la modulation de la prière ; il y a même des effets de Larsen. Pour les yeux, mél            ange de style et de couleurs : fins minarets ottomans à al pointe effilée, plus anciens plus massifs, coupoles rondes, délirant multicolore comme un palais moghole, classique, sobre, octogonal avec coupole à deux boules. La corniche est borde d’immeubles de 5, 6 ou 7 étages en ciment très laids ou en briques, crépies ou non, il y a aussi des palais d’un autre temps avec balcons soignés, stucs et loggias. Dominant de sa hauteur, les toits, le très haut clocher portant une grande croix de la cathédrale copte.

les bateaux font la queue ) l’écluse d’Esna

Quand nous arrivons à l’écluse, six bateaux attendent leur tout. Nous avons tout le loisir de regarder le long barrage bas et ses arcades.

La prière du vendredi dure depuis presque une heure.

Une flottille de barques vient à l’assaut des croisiéristes qui subissent un bombardement de nappes et de serviettes à 1€ « ne pas acheter ! regardez seulement, ouvrez les plastiques » crie-t-on d’en bas. Serviettes Nefertiti en éponge, nappes aux motifs lotus-papyrus. Il ne reste plus aux infortunés bombardés que de renvoyer à l’envoyeur ou de payer. Au passage de l’écluse, les vendeurs sont nombreux sur le quai. Le renvoi est plus facile. Une grande caisse carrée est prévue à cet effet.

gros et petits bateaux attendent que les portes ne s’ouvrent

Le bateau s’est d’abord engagé dans un couloir étroit qui conduit à une sorte de lac. Au passage final avec deux biefs qui contiennent chacun deux bateaux de croisière l’eau monte doucement, les portes s’ouvrent devant les petites barques des vendeurs qui se faufilent. Lentement, très lentement, le niveau baisse. Nous suivrons la fin au restaurant.

Il y a encore deux heures de navigation entre Esna et Louxor.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         

 

CLOUET Le Miroir des dames – Mathieu Deldicque – éditions FATON

MASSE CRITIQUE DE BABELIO

D’abord un grand merci à Babélio et aux éditions Faton pour ce joli cadeau de Noël!

C’est un très beau livre, format carré (21cmx21) cartonné au papier crème et l’impression soignée. Le reproductions en couleur des portraits des Dames format 17×17  ou 11×16 sont également d’excellente résolution.

Le texte :  LE TRIOMPHE DES DAMES DESSINE PAR JEAN  ET FRANCOIS CLOUET

m’apprend d’abord que « Clouet« désigne deux artistes, père et fils, et que ces dessins proviennent de la collection de la Reine Catherine de Médicis. Collection féministe? que ce Royaume de Fémynie (Christine de Pisan).

 

En plus du plaisir d’admirer des dessins d’une grande finesse, ce qui m’aurait comblée, j’entre dans cette cour des femmes et découvre des dames et parfois des petites filles aux visages expressifs. Chaque dessin est accompagné d’une notice historique racontant parfois l’histoire ou s’attachant à un détail vestimentaire.

Certaines femmes comme Diane de Poitiers sont fameuses. Justement le portrait de la duchesse de Valentinois est confondu avec la duchesse d’Etampes. Cette confusion raconte peut-être une histoire de jalousie?

Un costume, un couvre-chef, sont signifiants. Il convient de s’y arrêter un instant d’autant plus que la notice signale parfois des retouches postérieures…

Cette dame (Jacqueline de la Queuille Madame d’Aubigny) dont le visage rose surgit de gaze blanche était-elle une nonne, Non ce sont des voiles blancs de deuil..

Je feuilletterai encore de nombreuses fois cet ouvrage où je découvre à chaque regard un détail, une histoire…

Un ouvrage précieux