ARBAER musée paysan

CARNET ISLANDAIS

la ferme Aebaer

Musée de plein  air Arbaer – musée paysan

Il est situé à 4 km hors de la ville et rassemble des maisons anciennes démontées et remontées, meublées. Nous avons toujours apprécié ces musées vus au Canada, en Hongrie, à Riga, Bucarest….

Arbaer fut une exploitation agricole établie de longue date : une première référence historique de 1464 établit qu’elle dépendait au 13ème siècle au monastère de Videy Island. Après la Réforme en 1550 et la dissolution des monastères la propriété passa au Roi du Danemark ; un registre des propriétés signale qu’elle était louée à 2 fermiers ; la même année l’un d’eux fut assassiné par l’autre avec la complicité de sa femme. En 1948, la ferme fut abandonnée et le musée créé en 1957.

cuisine

Chaque maison, meublée raconte une histoire. La première est celle de LIKN Nursing Society fondée en 1915 pour apporter l’aide médicale aux pauvres qui ne pouvaient payer une hospitalisation ; au début du 19ème siècle, apparurent des changements sociaux avec la formation d’une société urbaine. Un garage 1918 est reconstitué avec voitures d’époque. On peut visiter toutes les pièces d’un atelier du livre (typo et reliure), le logement est sous les combles, il y a une belle salle à manger et une minuscule cuisine. Qui devinerait tant de pièces dans une si petite maison ?

Dans une grange Heima est une belle exposition-photos racontant l’arrivée d’Allemands après les destructions des villes par les bombardements ; 300 sont venues s’installer en Islande ; je suis surprise par l’importance accordée à cet évènement pour seulement quelques centaines de personnes, migration infime !

bergerie à moitié enterrée

La cabine des boy-scouts, une maison de pêcheurs, moitié pierre, moitié bois, une maison de commerçants aisés….on pénètre dans l’intimité des familles entre 1880 et 1950. L’une d’elle, pavoisé de drapeaux danois raconte la visite du roi Fréderick VIII du Danemark en 1907 qui donna deux pièces de monnaie. J’entendrai encore parler de cette visite et de ses pièces plus tard dans le voyage !

Pensant à KARITAS de Kristin Marja BALDUSDOTTIR que j’ai commencé avant de partir, je collectionne les photos de machine à coudre si importante ! Cette visite illustre le roman.

morue séchée et filet

Les maisonnettes, bergeries, forge… à moitié enfouies sous l’herbe qui pousse sur le toit me paraissent très exotiques. La grande ferme Arbaer est composées de plusieurs maisons mitoyennes aux pignons triangulaires, on passe par des étables, laiteries, fromageries, remises puis par de belles salles communes tandis que les chambres à coucher sont à l’étage ; c’est un véritable dédale malgré la façade réduite.

la petite église de bois

Près de la ferme, l’église, dans son enclos possède de remarquables boiseries de bois blond avec des motifs en volutes et spirales.

Reykjavik, promenade matinale au centre: l’église, les maisons

CARNET ISLANDAIS

Lever du soleil à Reykjavik

Le petit déjeuner est très copieux, on peut se composer un muesli avec toutes les graines imaginables, piocher dans les viennoiseries, choisir une omelette, se faire cuire une gaufre. Pour moi, ce sera hareng gras!

les maisons colorées du centre de Reykjavik

Sous un frais (6°C) mais brillant soleil, nous faisons des collections de maisons de tôle ou de bois peintes. Certaines sont mises au goût du jour avec fresques et graphs. Je suis étonnée de la fraîcheur des couleurs et de la fantaisie des décors.

l’église Hallgrimskirkja

La grande église Hallgrimskirkja domine toute la ville. Elle se voit de partout. De son clocher on découvre Reykjavik et ses environs. Son aspect extérieur est intéressant. Les cannelures dans le béton rappelleraient les cascades islandaises ou les glaces pétrifiées par le gel ou enfin les orgues basaltiques d’une monstrueuse coulée. Elle semble envelopper par des ailes le haut clocher conique.

1000 ISK (8 € ) pour l’ascenseur qui arrive au niveau des quatre cadrans évidés pour voir le panorama. Les plus courageux montent l’escalier jusqu’au sommet fermé. De petits blocs permettent d’atteindre les ouvertures grillagées pour filmer la ville et les montagnes environnantes.

Reykjavik moderne vue du clocher

C’est une église très récente : la construction fut commencée en 1945 et elle fut consacrée en 1986 ; l’orgue date de 1982.

Son nom : Hallgrimskirkja honore le poète Hallgrimur Petursson (1614 – 1674) qui vivait à Copenhague où il rencontra sa femme Gudridur Somonarsdottir qui fut capturée par les pirates algériens et rachetée par le Roi du Danemark. Hallgrimur fut appointé pour rafraîchir sa foi chrétienne après son long séjour en terres d’Islam (j’adore les histoires de pirates) . Hallgrimur abandonna ses études et retourna en Islande avec sa femme. Il écrivit ses hymnes à la Passion, 50 hymnes qui sont une méditation, lus à haute voix dans les maisons islandaises et récités comme prières.

L’intérieur de l’église est très sobre. Les hautes ogives de la nef lui confèrent un volume et une clarté étonnants ; avec son grand orgue, c’est bien un lieu de culte mais on y donne aussi des concerts.

les maisons colorées de Reykjavik

Par cette belle journée ensoleillée, nous délaissons les musées. Le petit Lac Tjörmin, au centre-ville est bordé de belles maisons et réunit des monuments remarquables. Comme il semblait tout proche, je néglige de régler le GPS. Erreur ! Un chantier sur Hringbraut(sorte de périphérique) nous désoriente. Et nous voici quittant la ville ! Nous demandons au GPS de nous conduire à la Maison Nordique, un peu à l’écart, proche de l’Université. C’est une construction élégante, allongée, légèrement incurvée proche d’un étang. Dessinée en 1968 par un architecte finnois. Ici les préoccupations environnementales s’affichent : 7 poubelles différentes pour le tri, et une tentative de préserver la nature sauvage au milieu de la ville. Dans une petite serre et dans des bacs de bois on cultive des herbes sauvages.

l’Hôtel de Ville les pieds dans le lac

Autour du petit lac Tjörmin un sentier de promenade est aménagé. Le Théâtre Ino(1891) est un joli bâtiment jaune avec un clocheton. Plus loin, les pieds dans l’eau : l’Hôtel de ville se trouve sur le parcours les portes s’ouvrent toutes seules devant le visiteur, attention sympathique !

ARRIVEE A REYKJAVIK

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Premières vues islandaises

Avion presque vide, vol tranquille. Je reconnais la vallée de la Somme, la Baie de Somme puis Berck et Merlimont, sans m’en apercevoir nous survolons l’Angleterre et son paysage de bocage. Les nuages nous cachent la suite tandis que l’avion va plein nord au-dessus de l’Ecosse. L’Atlantique Nord est très agité aux abords de l’Islande. Quand il descend sur Keflavik, le sol paraît lunaire, je découvre des panaches de vapeur et très clairement le Lagon Bleu.

15H30 , il fait un temps magnifique, 12°C, une lumière éblouissante ;

J’enrage en attendant la voiture. L’employé d’Avis-Budget est d’une lenteur désespérante. Si le temps se gâte, nous aurons gâché le beau temps dans l’aéroport. 17h30, nous prenons la route à bord d’une VW Polo 90 000km au compteur. Les téléphones feront office de navigatore.

premiers volcans

50 km de Keflavik à Reykjavik sur la route 41, 2×2 voies. Interdit de s’arrêter pour les photos d’un paysage spectaculaire : champs de lave recouverts de mousses et de lichens. Une cassure révèle des prismes de lave. Heureusement, on a aménagé des aires avec tables de pique-nique ; A la descente de voiture, je découvre une végétation rase mais bien présente : des petits bouleaux rabougris, petits bonsaïs, des graminées un géranium aux feuilles rousses. Un cône pointu ressemble à un dessin enfantin, pic isolé. Non loin, la mer. Une petite route, plutôt une piste, conduit à des habitations de tôle ou bois colorées. Quand le soleil est de face on distingue mal les gravillons noirs de la lave et nous ne prenons pas garde aux nids de poule. Un conducteur d’engin nous prévient : cette route est fermée ! Trajet hasardeux, mais nous sommes ravies d’approcher la mer aux crêtes blanche qui vient battre les rochers noirs ou se calmer dans des échancrures. Des lichens épais encroûtent la roche, des herbes très vertes s’agitent au vent. J’ai absolument envie de photographier une maison grise aux portes, fenêtres et balcons orné de découpes de bois laqué de blanc.

coulées et végétation

Les abords de Reykjavik ressemblent aux faubourgs de toutes les villes contemporaines avec entrepôts, barres d’immeubles sans grâce, restauration rapide aux enseignes mondialisées, chantiers routiers. La distance pour arriver au centre est minime. Le téléphone nous conduit sur Baronstigur où se trouve notre hôtel FossHotel Baron.

Cet hôtel appartient à la chaîne Foss ; malgré ses 4* il n’a rien d’un palace : c’est un bâtiment gris foncé au hall riquiqui. Pas de tracasseries à l’accueil, pas de chichis, personne ne se précipite pour les valises. On les monte seul par l’ascenseur. Personne pour ouvrir la chambre ; pas à se poser le problème des pourboires !

La chambre est vaste, très propre, très sobre : murs blanc cassé, un grand lit double, un bureau avec un écran plat. L’éclairage est parfait. Plateau-bouilloire avec des gobelets en carton, thés variés dosettes de café. Salle de bain fonctionnelle, pas d’échantillons-cadeaux, des distributeurs de savon et de shampoings. Sous le bureau, 3 poubelles. On ne gaspille pas, on trie ! Simplicité, écologie.

les maisons colorées de Reykjavik

Foss Hotel Baron est très bien situé à deux blocs de la touristique rue Laugavegur où se trouvent de nombreux guichets automatiques (commission exorbitante). La rue est bordée de jolies maisons colorées, de restaurants et boutiques pour touristes. Spécialités islandaises : plaids et couvertures, pull mousseux aux dessins géométriques, gants, bonnets, écharpes douces. Tout cela est tentant et hors de prix. Rue pittoresque, peut être un peu trop touristique. Bankerstraet qui lui fait suite se termine sur des bâtiments officiels qui m’étonnent par la modestie des proportions.

Harpa, l’opéra de Reykjavik

La grande masse sombre de l’Opéra Harpa masque la mer. A première vue, peu séduisant, polyèdre indéfinissable tout noir. Plus près je découvre les alvéoles comme celles d’un rayon de miel dont on aurait étiré la cire. Les vitres prennent une teinte différente selon l’incidence de la lumière, bleue à verte, parfois brune ou violette. A l’intérieur, je suis fascinée par les jeux d’ombre de lumière, les transparences, les rythmes de cette géométrie compliquée.

Retour à l’hôtel le long du rivage sur une piste piétonne bordée d’herbe et doublée d’une piste cyclable. La statue Sun Voyager qui brille au soleil couchant, évoque le squelette d’un drakkar ou un insecte métallique. Les nuages envahissent le ciel, la montagne Esja se laisse engloutir dans la brume. La pluie fine ne décourage nullement les promeneurs.

Sun voyager

Sur le conseil du réceptionniste de l’hôtel, je trouve le dîner au supermarché (24h/7j) dans la rue voisine : salade de pommes de terre et poisson fumé, skyr (fromage blanc). Inutile de rentrer en rasant les murs. Cela se fait ici, simplicité islandaise encore

La femme en vert – Arnaldur Indridason

LIRE POUR L’ISLANDE

 

 

Les blogueuses me l’avaient chaudement recommandé! Enfin, je vais faire la connaissance du commissaire Erlendur.

 

 

 

 

 

 

 

Rien de mieux qu’un bon polar pour entre par la petite porte, non touristique, dans l’intimité des habitants d’un pays que je m’apprête à visiter. Pas de geyser ni d’aurores boréales, mais un squelette retrouvé dans un lotissement en construction, en bordure de Reykjavik qui s’étend comme toutes les métropoles…

Pour exhumer les ossements, une équipe d’archéologues fera l’affaire afin de ne pas bouleverser la « scène de crime ». Un crime? peut-être?  Encore faudrait-il d’abord identifier la victime. 

Une rangée de groseilliers fournira le premier indice. Je prends conscience alors de la valeur des arbustes sous un climat si rude. Il y avit donc une maison, peut être plus…Erlendur remonte à la période maintenant lointaine de la Seconde Guerre mondiale, quand les armées britanniques puis américaines avaient des bases en Islande (je l’ignorais) .

Une histoire de violences conjugales fait irruption à plusieurs reprises dans le récit. Violences insoutenables. Récits difficiles à lire.

Ce n’est pas toujours une lecture plaisante, mais je suis accrochée et ne laisserai le livre (et ma chaise longue) qu’une fois l’énigme résolue. Fausses pistes, retournements de situations imprévus, des surprises.

346 pages lues presque d’un trait.

Le dernier gardien d’Ellis Island – Gaëlle Josse

J’ai du mal à chroniquer ce livre qui m’a bien plu, lecture fluide, rapide. Livre sensible; sujet qui m’intéresse beaucoup.

Cet ouvrage a pour handicap d’être venu immédiatement après Ellis Island de Pérec et Bober qui m’avait émue. Comme souvent, le roman ne tient pas la comparaison avec le témoignage, avec l’histoire et la réalité. Pérec et Bober visitent Ellis Island, traduisent le choc des souvenirs qui hantent les lieux et leur histoire personnelle.

Gaëlle Josse raconte l’histoire du dernier gardien qui  va prendre sa retraite alors que le centre d’Ellis Island va fermer. Il a vécu toute sa vie dans l’île.  Il a consacré toute sa vie à l’accueil et au tri des immigrants qui abordaient avec tous leurs espoirs le Nouveau Monde. Certains étaient retenus, d’autres refoulés. Certains étaient retenus longtemps si leur identité n’était pas clairement établie comme cet ouvrier italien qui s’est avéré être un activiste recherché, mais que le gardien a préféré libérer en feignant d’ignorer sa situation. Certains étaient renvoyés comme ce frère, un peu demeuré, qu’on a séparé de sa sœur, ou comme ceux dont la tuberculose ou tout autre invalidité interdisait l’entrée sur le sol étasunien.

Fonctionnaire consciencieux mais homme sensible aussi.

J’aurais mieux fait de commencer par le roman

la maison de Chateaubriand à la Vallée aux loups

TOURISTE EN ÎLE DE FRANCE 

maison de Chateaubriand

Comment n’ai-je jamais visité la Maison de Chateaubriand  alors que j’ai adoré son Itinéraire de Paris à Jérusalem ? et surtout si proche de Créteil!

Itinéraire de Créteil à Châtenay

A peine 20 minutes pour rejoindre la Vallée aux loups par :l’A 86, sortie 28, Verrière-le-Buisson, Chatenay-Malabry. 3 parkings : un tout petit à l’entrée de la Maison de Chateaubriand, Rue de Chateaubriand, un grand parking 161 places, Rue Jean Jaurès en haut du Parc Boisé, et un troisième près de l’Arboretum. La Vallée aux loups est un ensemble composé du Parc Boisé très vallonné plutôt sauvage mais entouré d’un grillage  de la Maison de Chateaubriand entourée elle aussi d’un parc, d’un Arboretum. Il convient donc de vérifier les horaires de chacun des accès.

Nous avons garé la voiture au parking Jean Jaurès qui correspond à l’entrée haute du parc boisé et il faut 30 minutes à pied pour rejoindre la Maison de Chateaubriand à travers le Parc Boisé (très bon fléchage vers la Maison, en revanche rien pour le retour au parking, prendre ses repères ou imiter le Petit Poucet). C’est une promenade très agréable avec quelques dénivelés.

Maison de Chateaubriand : salon de musique

La Maison de Chateaubriand est entièrement meublée. Le salon de Musique rappelle les goûts musicaux de l’auteur, le salon tendu de bleu à rayures verticales fait honneur à Madame Récamier (copie du tableau de David du Louvre ) . Si le tableau est une copie, la méridienne sur laquelle Madame Récamier est allongée est juste sous le tableau. Madame Récamier a habité la Vallée aux Loups, sa chambre à l’étage a été meublée à son goût (il s’agit d’une restauration) et il y a un joli buste en marbre.

madame de Récamier

Chateaubriand, ruiné a été forcé de vendre sa bibliothèque et sa maison en 1816.  Il ne l’a occupée que de 1807 à 1817 mais c’est lui qui a fait planter les arbres du parc. On ne trouve donc pas les pièces dans l’état où l’écrivain les a laissées…mais les souvenirs sont très parlants : copie du portrait par Girodet, exemplaire d’époque de l’Itinéraire de Paris à Jérusalem, papier peint panoramique racontant ce voyage, avec les ruines grecques et des chameaux.

Chateaubriand (Girodet)

C’est une visite très agréable qu’il faut compléter par un tour dans le parc jusqu’à la Tour Velleda en prenant son temps pour admirer les arbres centenaire. Un très joli salon de thé donne sur le parc.

maison de chateaubriand (2)

De nombreuses expositions, conférences et animations sont organisées dans la Maison de Chateaubriand ou aux alentours. J’ai eu le plaisir de découvrir les paysages d’un artiste contemporain Boubounelle. Une invitation à la lecture , un brin de lecture est installée avec la plus belle boîte à livre qu’on puisse imaginer : le tronc d’un grand chêne a été creusé de niches contenant des livres à emporter ou échanger.

Boubounelle maison

L’Arboretum m’a enchantée avec ses collections de convolvulacées (plantes de la famille des liserons, ipomées et arbrisseaux que je ne connaissais pas )

convolvulacée

J’ai été surprise d’entrer dans un verger avec des meules de foin à l’ancienne. A l’origine l’arboretum était la pépinière Croux

exploitation horticole, à l’époque où l’arboriculture s’étendait au sud de Paris de Vitry à la vallée de Chevreuse(souvenir d’un voyage métropolitain dans la vallée de la Bièvre). Il réunit des  arbres tout à fait remarquables et extraordinaires comme le chêne à feuille de myrsine ou un hêtre pleureur, un charme pyramidal…Des constructions pittoresques comme une cabane, une grande glacière, un pavillon mauresque, agrémentent la promenade.

arboretum de la vallée aux loups : cabane

Il aurait fallu rester toute la journée pour profiter plus de toutes ces merveilles et  visiter la collection de bonsaïs. On reviendra!

Rosa candida – Audur Ava Olafsdottir

LIRE POUR L’ISLANDE

Ce ne sont pas des Rosa candida mais elles me plaisent!

A deux semaines du départ pour Reykjavik, je déniche dans la bibliothèque familiale Rosa candida, écrit par une écrivaine islandaise. mais chez nous personne ne l’a lu. A moi de le découvrir! Le titre me dit quelque chose, c’était un bestseller, à sa sortie(3950 lecteurs chez Babélio).

Un joli livre, une belle couverture colorée, beau papier, Zulma fait de beaux objets.

rosa candida

Lecture facile,  fluide, très fluide, je fonce sans m’en apercevoir dans le texte où il ne se passe pas grand chose, deux après midi, et c’est vite fini.

Politiquement très correct! Pas macho pour un sou, le héros!

Jardinier rêveur qui emporte avec lui des boutures de Rosa candida, une rose sans épines dans un jardin de légende merveilleux, mais abandonné, auquel il veut restaurer sa splendeur. Gentil, avec son frère autiste, lui-même très gentil, avec son père, gentil. On nage en pleine gentillesse. La maman, décédée dans un accident, était aussi une merveille, une jardinière hors pair, une bonne cuisinière.

Gentilles, les infirmières. Un modèle de tolérance, le moine. Des voisins serviables, un boucher qui donne des recettes de cuisine.

Notre jardinier se retrouve père, par inadvertance, d’une merveilleuse petite fille qui ressemble au petit Jésus des tableaux de la Renaissance… qui parle et marche à dix mois.

Un monde enchanté, mais mièvre, fade.

Pour l’Islande, encore une fois, c’est raté. Notre candide est en partance pour une contrée lointaine, non identifiée. Il traverse en Opel citron des pays flous, dans d’épaisses forêts, de pins? de chênes? de bouleaux? Le botaniste ne précise même pas!

Découverte de la paternité, de l’amour peut-être? Un amour bien tiède. Quand la mère de sa fille décide de s’en aller, il ne lui fait aucun reproche, aucune colère, il laisse faire. C’est sûr, elle lui reviendra. Dans la vraie vie cela ne se passe pas comme cela!

 

 

Les passagers du Roissy Express – François Maspéro

VOYAGE MÉTROPOLITAIN

Voyage métropolitain, parce que c’est au cours des promenades organisées par le Voyage Métropolitain que mon attention a été attirée par cet ouvrage.

Voyage métropolitain parce que François Maspéro et la photographe Anaïk Frantz ont eu l’idée de suivre le trajet du RER B (donc le Métropolitain) à raison d’une station par jour de Roissy – le terminus nord – jusqu’à Saint Rémy, en vallée de Chevreuse. Ils ont décidé de faire un véritable voyage avec bagages et visites, comme s’ils parcouraient une contrée lointaine. De la Plaine de France en Hurepoix , du 16 mai 1989 au 11 juin. Presque un mois d’errance, de notes, de rencontres, de photos racontées dans 330 pages illustrées.

J’ai lu et relu Balkans-Transit avec encore plus de plaisir à la relecture. J’ai aussi relu le Figuier ; Maspéro dont je connaissais plus le rôle d’éditeur au cours de ma jeunesse, est un écrivain que j’aime beaucoup.

Dans ce récit de voyage il raconte  leurs tribulations pour trouver un hôtel pour la nuit. Il  décrit les cités qu’ils traversent, barres et tours ou quartiers pavillonnaires avec humour et bienveillance. Ampoules aux pieds ou digestions difficiles, grèves du RER B, ou mauvaises interprétations du réseau des autobus de banlieue,  sont les pires avanies du voyages. Grande bienveillance dans la plupart des rencontres, sauf les aboiements des chiens (mais ce ne tire pas à conséquence).

Comme les touristes, ils visitent les curiosités, Anaïk prend des photos. Leur voyage suscite parfois de la méfiance « vous êtes journalistes? » « vous venez de la part de la mairie? » s’inquiètent ceux qui soupçonnent une expropriation, ou simplement gardent leur quant-à soi. Le plus souvent les rencontres sont chaleureuses. Ils sont invités à un couscous de fête, à un « banquet républicain ». Parfois, dans les bars, les propos de comptoirs dérapent en termes franchement racistes « vous voyez ce que veux dire« . C’est aussi cela la réalité de quartiers qui votent déjà Le Pen à 24% en 1989….François et Anaïk ont choisi la bienveillance et obtiennent bien des confidences.

Sociologie des quartiers :  un facteur (géographe élève de Lacoste) les pilotera grâce à sa science des boîtes aux lettres dans Sevran et la Courneuve. A Arcueil, Gérard leur racontera tout sur sa ville  : d’Erik Satie au chef gaulois Camulogène, en passant par Raspail, Ronsard et le Marquis de Sade. La maître  Yves Lacoste leur fera les honneurs de sa maison à Bourg la Reine.

Histoire aussi,  à Aubervilliers, histoire des forts et des fortifs, des ceintures militaires,  souvenirs des Prussiens et de la Commune, Laval qui fut maire, et Charles Tillon.  Drancy et la Cité de la Muette. On ne visitera pas la Basilique De Saint Denis….

Urbanisme, Delouvrier a mis de l’ordre dans les banlieues avec sont fameux plans, Roland Castro a essayer de réparer les erreurs de ses prédécesseurs et de contrer le zonage . « Haro sur le Corbu! » Me voici revenu aux préoccupations de mes Voyages Métropolitains et aux explications de Jens!

Le Voyage des Passagers du Roissy Express  a trente ans, il correspond à la célébration du bicentenaire de la Révolution qui transparaît sur de nombreuses pages : oh cette décoration du viaduc d’Arcueil que nos voyageurs ont pavoisé (un morceau d’anthologie avec le récit du banquet révolutionnaire). Tien an Men en écho des manifestations actuelles de Hongkong! L’A86 ne ceinture pas encore la petite couronne, le TGV Atlantique est encore au stade des essais. Eurodisneyland n’a pas encore triomphé. Et pourtant ce livre est d’une criante actualité. J’ai revécu notre visite à Sevran-Beaudotte, notre interlocuteur était Faouzi, pas tellement différent des animateurs et théâtreux que Maspéro a rencontré. Le discours n’a pas tellement évolué…J’aimerais reprendre notre promenade de Sevran avec le livre en main. La Courneuve et les 4000 m’ont fait penser à notre balade à Sarcelles. Le Parc du Sausset, en projet est maintenant réalisé.

Au cours de ma lecture, je remplis des pages et des pages de notes. Je recopierais tout si je m’écoutais. Surtout les passages qui m’ont fait sourire ou franchement rire. Passionnant et drôle.

Pêcheur d’Islande – Pierre Loti

LIRE POUR L’ISLANDE ? ou la BRETAGNE?

Bretonnes

« Dehors, il faisait jour, éternellement jour.

Mais c’était une lumière pâle, qui ne ressemblait à rien, elle traînait sur les choses comme des reflets de soleil mort »

Depuis longtemps, j’aime prendre Pierre Loti pour guide. A Istanbul, nous logions rue Pierlotu et j’avais adoré ses descriptions de la ville, au Maroc ses récits faisaient vivre les lieux visités….

J’ai téléchargé Pêcheur d’Islande sans préalables (je déteste les 4èmes de couvertures, les présentations qui ôtent l’effet de surprise). Si le livre s’ouvre sur une pêche à la morue en mer d’Islande, si Yann et Sylvestre sont des Islandais, le roman se déroule en Bretagne à Paimpol et dans ses environs. les Islandais sont les pêcheurs bretons qui partent chaque année, l’été,  pour la longue campagne au large de l’Islande.

Pierre Loti, avant d’être écrivain, fut marin. Ses descriptions de la mer et des marins sont merveilleuses, vivantes fourmillant de détails pittoresques. il nous fait vivre ce soleil de minuit et le travail de la pêche:

« Et toujours, et toujours, les morues vives se faisaient prendre; c’était rapide et incessant, cette pêche silencieuse. L’autre éventrait, avec son grand couteau, aplatissait; salait, comptait, et la saumure qui devait faire leur fortune au retour s’empilait derrière eux toute ruisselante et fraîche…. »

C’est une histoire d’amour, entre Yann, le pêcheur d’Islande et Gaud, la demoiselle. Encore le pittoresque des intérieurs bretons, des vêtements de tous les jours ou de fête! Les coutumes des bretons et des femmes de pêcheurs. Loti sait décrire et conter!

D’Islande, si peu de chose. Restons en Bretagne!

 

La dame de Reykjavik – Ragnar Jonasson

LECTURES ISLANDAISES

A deux semaines du départ pour l’Islande, j’ai voulu « partir » avec un livre à Reykjavik. J’ai donc téléchargé ce titre .

La dame, Hulda, est une policière à la veille de la retraite. Solitaire, elle envisage mal l’inactivité.

La première enquête met en scène une femme qui a renversé un homme puis pris la fuite. Enquête facile, l’homme accidenté est un pédophile qui s’est attaqué à son fils, les aveux sont faciles à obtenir!

Etre une femme à la soixantaine, dans la police, même en Islande, n’est pas toujours facile, son chef, un butor souhaite la remplacer au plus vite par un homme jeune et brillant. Il convoque Hulda pour qu’elle anticipe son départ.

Cette dernière sollicite une dernière affaire qui sera la disparition d’une jeune demandeuse d’asile, retrouvée noyée. C’est une affaire classée, mais Hulda soupçonne que l’enquête a été bâclée.

C’est un roman choral où trois histoires se mêlent : l’enquête de Hulda, l’histoire ancienne d’une très jeune mère célibataire et une randonnée qui a mal tourné. Chaque fois, la narratrice est une femme, mais on a du mal à s’y retrouver au début. Un autre protagoniste (le plus intéressant pour moi) c’est le climat islandais, le froid, la neige, la pluie dans un décor de laves noires, de glaciers ou de mer.

La lecture est facile, les chapitres courts mais le rythme est lent. parfois je m’ennuie un peu. La maladresse de Hulda avec son téléphone m’agace, on peut avoir 64 ans et s’adapter à la technologie! Cette rencontre avec un membre de son club de randonnées est inespérée, mais combien banale…

La fin est surprenante, mais à vous de lire!

A lire, en partance pour Reykjavik, donc…pour un suspens haletant vous passerez.