Illska – Erikur Örn Norddahl

LIRE POUR L’ISLANDE

Salmigondis! Mélange de viandes sanglantes!

J’ai lu jusqu’au bout ce pavé pour comprendre ce qui avait valu un prix littéraire et de bonnes critiques, pensum et colère pour ce qu’on nomme maintenant histoire décomplexée (est-ce un complexe que de vivre avec la mémoire de la Shoah?). Quels compromis, quelles relations, peut-on entretenir avec l’extrême droite, les néo-nazis, les suprémacistes?

Si Métailié, l’éditeur n’avait pas donné le titre Illska en islandais, sous-titré le Mal, je n’aurais sans doute pas téléchargé ce livre. Je suis mauvaise lectrice pour les ouvrages sur le Mal (ou le Bien, d’ailleurs).

Passons sur l’histoire d’amour, le trio formé par Agnès, d’origine lituanienne, à moitié juive qui fait une thèse sur l’extrême droite, son amant Omar, et Arnor, le néo-nazi qui sexuellement la fascine. Trio qui devient quatuor quand le bébé (de qui?) se met à intervenir dans le récit. Je ne suis pas cliente de provocations, genre T-shirt avec le portrait d’Hitler, tatouages nazis sur la bite ou ailleurs.

L’aspect historique : le récit des massacres des Juifs  en Lituanie par les nazis bien aidés par la population locale m’a bien sûr interpellée. Comment vivre avec l’idée que la moitié des ancêtres  en a assassiné l’autre moitié? Pour raconter cet épisode tragique il faut une vision très claire, se tenir aux faits et ne pas se perdre dans les ragots, les anecdotes croustillantes. C’est tout le contraire qui est livré ici. Eclairage, genre boule à facettes, mosaïque de vérités (et contre-vérités) où les faits historiques voisinent avec des textes nauséabonds. Chacun se construirait sa propre opinion? On glisserait vers le révisionnisme.

L’enquête de l’héroïne dans les milieux néo-nazis, populistes, en Islande ou ailleurs aurait pu être passionnante. Elle est parasitée par des fantasmes sexuels et tourne court. Le premier quart du livre lu, on n’entendra plus parler de travail universitaire d’Agnès.

Même ambiguïté gênante vis à vis du viol.

Le récit est bien écrit, on se laisse prendre à tous ces récits qui s’entrecroisent habilement. Pour cela rien à reprocher. D’ici crier au génie?

La Côte sud (3) de Skogar à Vik et Kirkjubaejaklaustur

CARNET ISLANDAIS

Skogar

Pique-nique à Skogar dans un pré vert un peu à l’écart. Il y a un musée ethnographique intéressant mais nous n’avons pas le temps de le visiter dans notre marathon de la côte sud. Dommage !

Premiers glaciers

premier glacier

Détour par la route 221 pour découvrir le premier lac glaciaire au pied du glacier. Comme de petits esquifs noirâtres flottent, ce sont des icebergs détachés du glaciers. Pas de la glace bleutée, des morceaux de glace bien noirs sans doute à cause des cendres volcaniques. Le glacier aussi est gris bien sale. Si j’imaginais une coulée blanche comme une piste de ski, je serais déçue. On est frappé par les crevasses qui hachent le front du glacier. Même grisâtre, le glacier me remue. Fragilité de cette glace en période de réchauffement climatique ! Combien de temps ce spectacle sera encore visible ? Quelle incidence sur le climat leur fonte provoquera-t-elle ?

Dyrolaey

Dyrolaey

Dyrolaey est un îlot rattaché à l’Islande par une digue. Des sentiers en étoile font accéder à différents points de vue sur la côte. A l’Ouest, la falaise percée d’une arche que j’avais repérée à Skogarfoss et les îlots ont une forme massive de cubes émergés. A l‘Est ? s’étend une très belle plage noire battue par les vagues et bornée par deux aiguilles volcaniques, fines colonnes ressemblant à celles du Vulcano. Plus près sur l’îlot il y a aussi une jolie arche basaltique.  L’îlot de Dyrolaey est une réserve biologique pour la faune et la flore

La plage de Reynisfjara

la plage de Reynisfjara vue de Dyrolaey

C’est la belle plage à l’Est de Dyrolaey. Des panneaux mettent en garde : elle est dangereuse, les vagues ont emporté des imprudents. S’agissait-il de baigneurs ou de promeneurs ? Pour la baignade, aucun risque, je n’ai même pas envie de me déchausser pour sentir le sable sous mes pieds. Les regards (et les objectifs) se dirigent plutôt vers les orgues basaltiques, prismes réguliers mus en valeur par les jeux d’ombres et de lumière. Malheureusement les touristes grimpent pour figurer sur la photo. Plus la tenue est voyant (rose orange jaune fluo) plus ils prennent des poses ridicules et s’attardent. Après tout, nos collègues touristes font partie du paysage ! Drôle de tribu qui court le même marathon, s’arrête aux mêmes parkings (ailleurs c’est impossible) et prennent les mêmes photos. Depuis ce matin, je croise les mêmes visages ; on se saluerait presque.

Reynisfjara : orgues basaltiques et touristes voyants

Il reste 70 km à parcourir, pas d’arrêt à Vik

A la sortie du village, je guette le rocher tabulaire haut de 220m HJörieshöfbi (les noms islandais sont imprononçables, j’hésite toujours à les retranscrire) ; autrefois, une île maintenant entouré d’un parterre d’une herbe luxuriante luzerne ou lupin agitée par le vent, comme une masse liquide, comme les vagues qui l’ont battue autrefois. J’imagine la quantité de sédiments arrachée à la montagne par les puissants torrents, le matériel pyroclastique, cendres, scories, bombes, projetés par les volcans tout proches cachés sous les glaces. Ce matin, au Centre Lava, une animation mettait en évidence l’accroissement de la surface de l’Islande ; depuis ma naissance, elle s’est agrandie d’1.3 m du fait de la tectonique des plaques, il faut sans doute tenir compte de la sédimentation dans les deltas au pied des glaciers.

Reynisfjara : non ce n’est pas Etretat!

La route circulaire 1 s’est éloignée du rivage ? Après la prairie sauvage verte, elle traverse un désert noir : un champ de lave très plat. Seuls quelques blocs ressortent en relief. Pas une plante n’a encore colonisé la roche (peut être la coulée est-elle récente ?

Dernière curiosité : après un pont sur le torrent Kudalfjot, l’Eldraun.

Les mousses de l’Eldraun

Un immense champ de lave est recouvert d’une mousse qui l’encroûte avec des formes arrondies, sortes de coussins ou boudins accumulés recouverts d’un tapis moelleux. Parfois, de petits pitons rocheux piquants émergent avec des formes torturées. Parfois, des colonnes de basalte portent des touffes d’herbes. Des nuages menaçants font changer l’éclairage. Le soleil est violent. Nous avons envie de capter le bel arc en ciel. Difficile de s’arrêter. Du parking, c’est à contre-jour, je traverse la route et enjambe un fil métallique. Je ne devrais pas faire cela, le milieu est fragile. La mousse pousse si lentement qu’elle mettait 200 ans à repousser si je la piétinais. J’avance à peine choisissant un petit arbre « rabougri » (l’expression me vient du Québec) pour le premier plan avec les taches roses des fleurs de bruyère.

les coulées du Laki

Sur un parking, un panneau du GEOPARK KATLA raconte l’éruption du Laki (1783). En détraquant le climat et en ruinant les récoltes dans l’Europe du Nord et causant famines et épidémies  en Islande et en Ecosse, elle fut une des causes de la Révolution française. Ce champ de lave recouvert de mousses est celui du Laki.

Nous continuons notre route dans une verte campagne. Les parois rocheuses sont verdies par de l’herbe où paissent des moutons isolés. Enfin, nous arrivons à Kirkjubaejaklaustur où se trouve l’Hôtel Geirland. A l’entrée de la route se trouve une ravissante cascade, ni très haute, ni très puissante ni touristique.

L’Hôtel Geirland possède un beau restaurant. Les chambres sont alignées sur un couloir de plain-pied moquetté, chauffé. La chambre est très grande avec une belle salle de bain. Pour dîner je choisis une soupe d’agneau au bouillon clair mais aux morceaux très tendres pas gras du tout, servi avec du pin et un beurre travaillé aux herbes. Le dessert est raffiné : trois boules de compote de rhubarbe avec des flocons d’avoine sucrés, une boule de glace à la vanille, des framboises et des décors en coulis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

la Côte sud (2) LAVA CENTER à HVOLSVOLLUR

CARNET ISLANDAIS

Lava Center

panache mantellique

35 km plus loin, Hvolsvollur est une toute petite ville (850 ha) avec divers commerces qui s’alignent en bord de route. LAVA CENTER logé dans un bâtiment de bois flambant neuf ; autour du comptoir des billets s’articulent les salles d’exposition d’un complexe interactif, la salle de cinéma et une très belle boutique : pas de camelote, rien que du beau et du très cher, vêtements techniques de montagne, articles de laine et enfin, un restaurant.

Le film ne dure que 12 minutes mais il est plus percutant que tous les documentaires que j’ai vus d’autant plus qu’aucun commentaire bavard et verbeux ne vient l’affaiblir. Des images d’éruption, des vues aériennes et une musique très forte. On est au cœur de l’évènement. On ressent les vibrations des séismes. Pleine immersion. Que les volcans cernent le centre confère une autre dimension, cela ne fait pas le même effet qu’un documentaire chez soi à la télévision. Des volcans, les dates des éruptions qui se répètent à proximité, on voit comment les hommes et les animaux sont confrontés à des éruptions : les hommes portent des masques mais ni les chevaux, ni les moutons n’étaient protégés. Quand on les rentre, les moutons ont des cendres dans les yeux.

Après le film j’entame le parcours en passant par un couloir rouge détaillant les produits émis : lave ou téphras. Les proportions peuvent varier pour un même volcan ; je me rends compte des simplifications en classant volcan rouge/volcan gris. Une autre salle éclairée uniquement par des images de coulées de lave montre des maquettes expliquant les divers mécanismes d’éruption. La composition chimique du magma entre peu en jeu selon leurs écrans qui font varier la température et la fluidité de la lave. Selon eux c’est la température le paramètre essentiel qui va jouer sur la nature de l’éruption. A très haute température, la lave sera fluide et s’étalera en longues coulées. A basse température, le magma sera épais et l’éruption explosive. On montre la formation de la palagonite et des coussins de lave sous l’eau. En Islande, la présence d’une calotte glaciaire surmontant les volcans, les lacs glaciaires ou les éruptions sous-marines compliquent encore les données.

Une maquette raconte la formation de l’Islande dans le cadre de la tectonique des plaques. Là aussi, l’accent est mis sur un axe inattendu : le panache provenant du manteau formant un point chaud ; il est représenté par un immense cylindre rouge au milieu de la pièce obscure et l’éclaire. Finalement, d’après ce que j’ai compris, le Rift n’apporte que peu de chaleur, comparé au panache mantellique.

Excellente pédagogie, décoration pertinente, mise en scène spectaculaire, le sel défaut c’est que tout se déroule dans une demi-obscurité qui interdit la prise de notes.

La Côte sud : cascades

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Uridafoss

En route par Reykolt, Skalholt, plaisir de passer par des paysages connus. Laugaras, un pont suspendu en ciment passe la très large rivière Hvita dont le débit et la largeur nous surprend. Nous n’avons pas fini d’être étonnées par la puissance des rivières islandaises !

Juste après avoir rejoint la Route Circulaire 1 la chute Uridafoss est perceptible de la route avec le brouillard qui d’un creux. Il suffit de quitter la grande route quelques centaines de mètres pour voir la rivière en fuir se déchaîner contre les rochers qui la barrent, elle aussi fut menacée par la construction d’un barrage électrique. Les saumons qui en remonteraient le cours seraient dotés d’une queue très musclée. Les phoques, amateurs de saumons, parviennent jusqu’aux chutes. Très agréable promenade tranquille.

Seljalandfoss

Selfoss

65 m de hauteur ! Il est possible de passer à l’arrière de la cascade et des nappes d’eau qui rebondissent dans la vasque. Les photographes, amateurs comme professionnels, se bousculent, les uns avec leur perche à selfies, les autres installent leurs trépieds. Inévitables mariés chinois : comment la robe de tulle blanc n’est pas maculée de boue ?  La mariée a mis une doudoune argentée qui remplit la double fonction d’anorak et de réflecteur de lumière à l’instar des écrans et des parapluies. Certains badauds émoustillés par les baisers de cinéma veulent leur cliché-souvenir. Les touristes sont nombreux mis la cascade garde son élégance.

Seljalandfoss : nappes d’eau

Skogafoss

60 m de chute comme la précédente dans une gorge resserrée. Un escalier permet de gagner le rebord d’où elle s’élance. Montée un peu pénible à cause des marches très hautes au début, l’escalier métallique est plus aisé. On est récompensé par une promenade sur un bon sentier empierré au-dessus du torrent ; c’est un plaisir de découvrir d’autres cascades ; on se croirait en haute montagne. Avec plus de temps, il y a de belles randonnées, même 25 km pour rejoindre le glacier et la vallée de Thorsmörk. Les glaciers me fascinent, ils sont si proches ! Cette calotte de neige recouvre-t-elle le Katla ou l’Hekla redoutables volcans ? On aperçoit la côte et l’arche dans la falaise près de Vik .

Skogafoss :

Pique-nique à Skogar dans un pré vert un peu à l’écart. Il y a un musée ethnographique intéressant mais nous n’avons pas le temps de le visiter dans notre marathon de la côte sud. Dommage

3eme jour au Cercle d’or : Reykolt, Skalholt, Kerid, Solheimer, Fludir

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Reykolt ; les serres de concombre

Reykolt est le village le plus proche d’Arbakki. La piste 355 traverse les terres qui paraissent en friches au premier abord. En regardant bien, on découvre des chalets à l’arrière des rangées d’arbres dont la silhouette ressemble à celle des peupliers mais les feuilles à des aulnes, serait-ce des trembles ou des peupliers baumiers américains ? Il y a également des résineux : mélèzes, épicéas et pins. Des chevaux paissent en liberté.

Reykolt est à 6 km sur une grande route. Au rond-point se trouve la station-service N1 ; une supérette très bien achalandée qui a un petit guichet de banque ouvert de 12h à 15h, la boîte à lettres, un peu plus loin un restaurant. Le village est très diffus derrière les serres, très vastes éclairées en plein jour. De curieuses plantes à grandes feuilles poussent verticalement le long de fils tendus. Le plant est dans un godet carré placé dans une gouttière. Ce sont des concombres hauts de près de 4 m portant de longs concombres ! Plus loin, d’autres serres ont des fraises. En plus des serres, des bains : toujours la géothermie ! On ne trouve pas de centre à ce village dispersé dans les serres.

Skalholt

Nous prenons la route 35 Selfoss/Geysir jusqu’à la 31 pour visiter Skaholt – terre des évêques selon le Guide Vert – L’église blanche se voit de très loin, perchée sur sa colline dominant une très verte campagne cultivée où se prélasse la rivière Bruara (qui coule sous nos fenêtres) en méandres paresseux ou en plans d’eau affleurant dans les prairies. Autour de Skaholt, les prés sont fauchés avec de grosses machines. L’herbe est fournie et haute. Autour de l’église se regroupent des maisons neuves. L’église aussi est neuve, elle a été complètement restaurée en 1963. Au temps de la Christianisation de l’Islande c’était une cathédrale, 1056, proche de Thingvellir ce que rappelle une borne. Sous l’église, des archéologues ont mis au jour des vestiges d’une école, un réfectoire, un magasin, une bibliothèque. Skatholt était un centre religieux important dans une région densément peuplée. Une reproduction d’un tableau de John Cleveley 1772 montre de nombreuses chaumières et des maisons enterrées, des paysannes avec des coiffes. Une promenade aménagée avec des bancs permet de voir le site de loin.
Kerid

Kerid

Nous retournons sur la 35 en direction de Selfoss pour découvrir le site de Kerid. Pittoresque lac de cratère d’un bleu étonnant, cercle presque parfait dans son écrin de scories dans une chaîne de petits cônes. Je ne peux m’empêcher de penser à l’Auvergne et au Lac Pavin.
Kerid est un cratère vieux de 6500 ans à l’extrémité d’un chapelet de cratères appelés Tjarnaholar, profond de 55 m.

Kerid : lac de cratère

Cependant la formation semble différente de celle de Pavin selon le panneau affiché « les vulcanologues pensaient autrefois que Kerid était un cratère d’explosion. Ceux-ci sont le résultat d’éruptions successives pour former de profondes caldeiras. Des recherches plus poussées n’ont pis en évidence aucune couche de scories susceptible de se rattacher à des éruptions explosives de Kerid. Ils inclinent à penser que Kerid a été à l’origine d’un grand cratère de scories. Il est clair que la moitié de la lave de Tjarnaholar en est sorti[…]A la fin de l’éruption un petit réservoir de magma sous le volcan s’est vidé provoquant un affaissement. En dessous de certaines limites il y a un creux et des fissures qui se sont remplies d’eau. Le cratère serait comme une lucarne donnant sur la nappe aquifère ». Subtilités que je ne maîtrise pas vraiment mais qui me font douter de tout ce que j’ai pu enseigner à mes 4èmes.
Solheimer

déjeuner à Solheimer

C’est un éco-village coopératif, un kibboutz au froid ? Village d’enfant fondé en 1930 sur les principes de Rudolf Steiner, Solheimer serait le plus ancien éco-village.
Nous avons donc fait le détour et y avons trouvé un sympathique restaurant très clair avec un vitrage comme une serre. Plat du jour, une brandade de cabillaud sur une grande assiette en gros morceaux avec de petites pommes de terre, de la salade (scarole) et du chou frisé et des fruits coupés en petits morceaux. Une fleur comestible décore le tout : capucine et soucis. 4 Tranches d’un pain très brun qui ressemble à du pain d’épice et du beurre.
A l’arrière du restaurant une boutique de produits bios, surtout des produits de beauté.

Sesseljuhus : construction durable

On nous engage à visiter le Sesseljuhus – bâtiment durable – construit sans PVC en bois flotté, imprégné de sel repousse les insectes et n’a pas à être traité. Le système de ventilation et le chauffage en puits géothermique, l’isolation cellulose (papier recyclé) et laine, le toit de tourbe où poussent des végétaux en font une construction très économe en énergie.
Depuis 1930, maraîchage bio, les premières serres datent de 1954, de nouvelles ont été aménagées en 1980 et 2012. Actuellement la production de tomates s’élève à 18 000 kg, concombres 5000 kg poivrons 2000 kg.
Inclusion des handicapés : dans divers ateliers : bois, tissage et recyclage de vieux tissus, bougies (jolis sapins de Noël en bougie verte sur du grillage avec des pommes d’épicéa, céramique, papier mâché, herbes médicinales, savons et produits de beauté.

Fludir

Fludir

Nous terminons cette journée ensoleillée au Secret Lagoon, piscine chaude aménagée à la baignade alimentée par des sources thermales. Il y a même un petit geyser. Dans des vestiaires de pin, on se déshabille comme dans n’importe quelle piscine sauf qu’il faut se doucher nu et se savonner devant tout le monde. Pas question de nager sportivement dans l’eau chaude. C’est relax ! Certains brandissent des coupes de vin blanc, d’autres des cannettes de bière ; il y a un groupe de francophone qui bêtifie en faisant « la ronde » des jeunes s’embrassent….Je m’ennuie assez vite dans les endroits de fare niente. Comme l’entrée n’est pas donnée (2000 ISK= 15 €) pas question de faire seulement un plongeon.

Geysir Gullfoss de surprises en surprises

CARNET ISLANDAIS

Gesir ; le Strokkur

Première surprise au petit matin : le lever de soleil sur la rivière à travers le rideau d’arbres. Le ciel est lavé, sans un nuage.

La dame est arrivée tôt (à notre demande) pour le petit déjeuner qui est servi sous la treille dans la salle-à-manger-véranda où deux ceps de vignes planté il y a 12 ans donnent des grappes impressionnantes en train de mûrir. Sur la table, un bouquet de mauves qui poussent à l’extérieur, sans doute une variété horticole.

Petit déjeuner-buffet : müsli, un œuf de ferme, petites tomates de la ferme, pain noir et beurre de cacahouètes (pas très régime).

Deuxième surprise : il a neigé sur la montagne la plus proche dont le sommet tabulaire est tout encroûté.

la route d’Arbakki à Gesir: géothermie

Le trajet jusqu’à Geysir (15km) est un spectacle splendide. Les sommets se détachent avec netteté, ils sont pourpres sur un ciel parfaitement bleu. 9h, nous arrivons sur le site du geyser, il n’y a encore personne. Des fumerolles s’échappent du sol en divers endroits. La terre ruisselle. Le parcours est délimité par des cordelettes sur lesquelles on a suspendu un triangle avec un thermomètre marquant 80 – 100°. On n’a pas envie d’être ébouillanté et on se tient derrière. Brusquement le Strokkur libère son panache à grand bruit. Encore une surprise, on a beau être prévenues, cela surprend.

Gesir ; le début de l’éruption

Autour du  Strokkur, les spectateurs brandissent téléphones, tablettes, appareils-photos et guettent la prochaine colonne d’eau qui se déclenche à peu près toutes les 8 à 10 minutes ; chacun règle la mise a point, le cadrage et rate les premiers clichés en appuyant trop tard. Les photos de Dominique sont surprenantes, elle a réussi à capter la grosse bulle bleue qui amorce le départ de la colonne de vapeur. Les jets ne sont pas tous aussi hauts, aussi spectaculaires. Parfois le vent s’en mêle et penche le panache.

Gesir : le Strokkur

Je pars explorer le site. Le Grand Geysir ne crache plus rien ; le diamètre de son bassin et les minéralisations sont impressionnants. Il ne reste plus qu’à imaginer une colonne haute de 60 à 80 m au temps de sa splendeur. Il y a un peu partout des bassins d’eau limpides ou troubles qui bouillonnent. Un sentier grimpe jusqu’à un observatoire. C’est une agréable promenade pour se dégourdir les jambes.

Encore une quinzaine de km vers l’Est. Un sommet est découpé avec deux pointes m’intrigue. Dominique me dépose à la fourchette des routes vers Gullfoss. J’ai plaisir à marcher sur la route déserte qui me réserve encore une surprise : une bande blanche barre la vallée. Je pense d’abord à un glacier ; j’avance, intriguée, le blanc emplit tout l’espace entre l’échancrure des rochers. Brusquement, j’entends le grondement. Le blanc, c’est l’écume de la cascade. Cette chute est énorme. Ce n’est pas un filet d’eau qui saute un rocher ou dévale une falaise. C’est une masse mousseuse qui engloutit tout. M’approchant, je distingue maintenant des silhouettes qui se détachent à contre-jour. La rumeur s’amplifie. Je marche doucement. C’est tellement mieux que de sortir de la voiture sur le parking pour tomber sur une attraction touristique ! La lenteur accroît le désir.

Gullfoss : écume

Depuis le Niagara, je n’ai pas rencontré de chutes aussi puissantes, de délicats « voiles de la mariée » aériens et délicats, vertigineux, peut-être, mais d’aussi puissants, non.

Mes lunettes sont embrumées, je protège l’appareil photo et le téléphone, tout en mitraillant sans discernement. Gullfoss projette une douche de gouttelettes.

Le sentier en corniche est bien encombré. Peu importe. La cascade est si impressionnante que j’oublie la foule. Juste un étonnement quand un photographe pose son coûteux reflex sur le rebord du rocher pour éviter le « bougé » à la merci d’un maladroit qui shooterait dedans en reculant avec sa perche à selfie. En remontant, je découvre qu’il n’y a pas une seule cascade mais deux PALIERS qui se succèdent ; celle de 11 m s’étale en éventail, l’autre en dessous, de largeur moindre saute de 31 m et s’engage dans un profond canyon entre les parois basaltiques, fissure recreusée à la fin de l’ère glaciaire. Sous le basalte, la roche plus tendre s’est érodée. Deux sentiers suivent la paroi, l’un plus bas et l’autre surmonte avec une vue plongeante. Des escaliers relient les deux promenades.

Ces chutes spectaculaires furent menacées : en 1907 un projet de centrale électrique fut décliné par Tomas Tomasson, fermier à Brattholt qui possédait le terrain « Je ne vends pas mon ami » ; cependant peu de temps après Gullfoss tomba dans des mains étrangères qui avaient obtenu un contrat de location. Sigridur Tomasdottir essaya d’obtenir l’annulation de contrat et perdit son procès. Sigridur ne ménagea pas son temps pour sauvegarder le site. Elle est souvent appelée la 1ère écologiste d’Islande. Raconte un panneau.

les sommets et les glaciers

Tandis que je ne pensais qu’à la cascade et son eau bouillonnante, une dernière surprise me guettait : les glaciers qui recouvrent les sommets. Pour moi, les glaciers sont de grands inconnus. J’ai seulement aperçu de loin la Mer de Glace et le glacier de la Meije. Le réchauffement climatique a récemment fait disparaître un glacier islandais. La menace qui pèse sur eux rend urgent de les voir de près alors qu’il est encore temps. Du parking de Gullfoss, part une route vers les Hautes Terres. Un panneau est formel : les pistes et routes F sont interdites aux véhicules de location (sauf 4×4) ; les dommages au châssis ne seront pas couverts par les assurances (il est signé AVIS, BUDGET HERTZ). Nous ne quitterons donc pas le goudron et dès que la route 35 deviendra F35 nous ferons demi-tour.

lupin

Nous quittons une zone verte couvertes de lupins(la floraison est malheureusement terminée mais j’en ai trouvé un bleu à Geysir) pour une lande rase où paissent de nombreux chevaux (promenades proposées) et quelques moutons erratiques. Puis, un champ de roches parsemé des blocs et de bombes, véritable désert caillouteux. €Les sommets déchiquetés se rapprochent .: rhyolite (pourpre comme en Corse) et palagonite (basalte altéré en un verre stable jaunâtre (selon Encyclopedia universalis). Au loin on devine des pics couverts de neige. Et on s’approche du mur blanc des glaciers, encore si lointains.

les sommets déchiquetés

Le restaurant de Gullfoss est une cafeteria, un self où un bol de soupe aux asperges et deux tartines beurrées coûtent 15 E, il faut desservir soi-même, ambiance sinistre mais avec la Wifi, nous envoyons à nos amis FB des images sensationnelles.

Près de Laugervatn, à Utey, la fumerie REYHUSID se trouve près d’un petit lac, cachée par un bosquet d’arbres. Avant d’acheter, dégustation de trois variétés, de miel à rose foncé ; la dame nous conseille de goûter du plus fin au plus fort. Notre choix se porte sur l’intermédiaire. La dame nous montre la peau à très fines écailles et précise « char » : c’est de l’omble chevalier ; 180 g 950 ISK -7E

Au supermarché j’ai acheté des crackers suédois genre Wasa et du Skyr. Devant la serre, sur une table « little market » « mettez ce que vous voulez » je prends trois sortes de tomates cerises rouges, noires et moyennes jaunes. Installées dans la véranda sous la vigne, nous faisons un dîner raffiné.

De nouveaux clients sont arrivés. Quand ils ont réglé par carte de crédit, comme par magie, la wifi est arrivée, coupée plus tard dans la soirée. Ce miracle d’Internet a provoqué chez nous un grand fou-rire qui nous a valu la tête de Magnus qui n’a pas répondu à mes tentatives de conversation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

le Pays des Pas Perdus – Gazmend Kapillani

MASSE CRITIQUE

 

La dernière page de Gazmend Kapellani, lu à la suite de notre voyage en Albanie fut un coup de cœur, j’ai poursuivi la découverte de cet écrivain albanais, mais qui écrit en Grec avec Je m’appelle Europe, toujours avec bonheur.

Gazmend Kapellani écrit des variations sur le thème de l’exilé, de la recherche du bonheur du migrant, de la critique de la dictature terrible qui fut celle d’Enver Hoxa.

Son ouverture aux autres cultures, son empathie pour l’humain le rendent sympathique.

Au décès de son père, ancien dignitaire communiste, Karl (en l’honneur de Marx bien sûr )retourne dans sa ville natale en Albanie et retrouvé son frère Frédéric ( Engels). Celui qui est parti et celui qui est resté, fidèle au père à sa ville à ses racines. Tout les oppose. Pourtant le lecteur perçoit sa bienveillance.

Occasion de raconter l’ histoire de la ville l’ arrivée des partisans d’ Enver Hoxa et la chute du régime. Scène baroque que le déboulonnage de la statue. On s amuse dans ce livre. Récit émouvant aussi de massacres en Grèce. Le nationalisme est un poison dans les Balkans.

Nostalgie de l exilé. Recherche d un monde meilleur si l’histoire est balkanique elle est aussi universelle.

Le lac Thingvallavatn et l’arrivée à notre gite: Arbakki

CARNET ISLANDAIS

Le lac Thingvallavatn

thingvallavatn et la rivière Oxara

Sous un ciel bas nous essayons de le longer au plus près. Au bord des îles minuscules portent des plantes étranges (c’est de l’angélique), le lac est très peu profond. Pour nous en approcher encore nous prenons la piste de graviers allant à Mjoanes le long d’un volcan tout noir. Un peu plus loin, sur une aire, une table d’orientation permettrait par beau temps d’identifier les sommets. Le ciel est si bas et la pluie si drue que je renonce à l’exercice.

Laugarvatn

A l’abri de sa montagne, autour d’un petit lac, pour la première fois depuis notre arrivée en Islande, nous voyons de la verdure, des engins agricoles occupés à faire les foins sous la pluie dans des prairies cultivées de bonne taille ; à côté des fermes, de grosses roues de foin sont emballées dans du plastique rose ou blanc ; des vaches marrons sont au pré ainsi que de nombreux chevaux (et nombreuses promenades à cheval proposées aux touristes).

13 km après Laugervatn sur la droite, une petite route de cailloutis passe devant le panache d’une installation géothermique. De part et d’autre de la route, des buissons puis des rideaux d’arbres, sorte de grands peupliers ou résineux bordent une propriété. Des chalets sont bien cachés, nous ne les découvrirons que le lendemain, sous le soleil ;

Arbakki, notre gite

Arbakki notre gîte

La piste conduit à des installations agricoles et à des serres ; ARBAKKI FARM-HOUSE LODGE, est blotti sous une rangée de grands arbres. La façade d’une grande maison est couverte de lierre ; un auvent à double pente protège les valises de la pluie ; la maison est ouverte mais il n’y a personne. Bien en évidence, sur le fauteuil face à la porte, une lettre nous est adressée qui nous invite à nous installer et à utiliser la cuisine à notre gré. Des pancartes expliquent qu’il faut se déchausser. Sur un portant sont suspendus de magnifiques pulls tricotés à la main à vendre (180€).

serre ou véranda : la salle à manger avec sa vigne

La maison est ornée de photos de famille, d’objets familiers. Il nous semble que nous allons partager trois jours la vie d’une famille islandaise. Illusion ! Les propriétaires n’habitent pas ici, la maison ne contient que des chambres d’hôtes. Ce soir, nous sommes les seules clientes, notre hôte ne fera une apparition qu’à l’arrivée – fort tard – d’une famille américaine. Comme la ferme est isolée en pleine campagne, j’avais imaginé une table d’hôtes, des produits de la ferme, des spécialités islandaises. Il nous faudra retourner à Laugarvatn au supermarché où nous trouvons des nouilles thaï express et du skyr. Comme nous ne lisons ni le thaï ni l’islandais nous choisissons une soupe très épicée. Je trouve une tisane excellente lemon-ginger-manuka honey .

Arbakki côté rivière

Notre chambre donne sur la rivière. Elle n’est pas très grande mais vraiment bien décorée, dicret et classe : blanc et gris, des têtes de lits carrées en coton, de jolies lampes de chevet ; pas de table pour écrire mais ce n’est pas nécessaire, on peut s’installer dans la salle commune où il y a un grand écran plat, un canapé ou dans la véranda très bien décorée.

Tout est conçu pour une vie conviviale mais il n’y a pas de convivialité !

 

 

 

Le Cercle d’Or : Thingvellir

CARNET ISLANDAIS

couleurs islandaises

Lever très tôt pour arriver au Parc National Thingvellir à la visite guidée de 10h.

Grande cohue au petit déjeuner-buffet à 7h pile. Hareng gras et gaufre (en pensant au gaufrier de Karitas). Ciel bas, sol mouillé mais pas de pluie quand nous roulons sur la route N°1 jusqu’à Mossfellbaer . On entre dans une vallée tranquille où paissent des chevaux. Je suis surprise par la présence des arbres : bouleaux, épicéas (ou sapins), pins. La silhouette tabulaire de l’Esja borne l’horizon vers le nord tandis qu’en face d’autres crêtes plus découpées se détachent. L es arbres font place à une prairie où volètent les plumettes des linaigrettes. Quelques moutons à la laine épaisse et très propre se promènent tranquillement ; on ne voit pas de troupeau gardé, des moutons isolés ou par tout petits groupes de deux, trois, quatre au maximum.

Nous sortons de la route pour faire des photos chaque fois que c’est possible surtout quand le miroir de petits lacs éclaire le paysage reflétant une lumière parcimonieuse qui filtre quand les nuages se déchirent. Contraste avec la lumière crue du temps ensoleillé des jours précédents avec des verts criards ; des bleus profonds et des maisons colorées. Aujourd’hui, les sommets mauves se détachent à peine sur le ciel embrumé, les végétaux se mêlent dans un camaïeu beige, orangé, rose bruyère, mousses et lichens gris formant une sorte de tweed aux couleurs douces un peu automnales.

Thingvellir : la faille Almannaja

A mesure des arrêts, les autres touristes nous ont rejoint, la circulation se densifie aux abords du Parc de Thingvellir.  Le parking du Centre d’Information se trouve après la flèche Almannagja qui est le nom de la faille : un fossé, presque un couloir matérialisant le Rift médio-océanique séparant les plaques tectoniques Nord-Américaines et Eurasiatique.

Le parking est payant, par Carte de Crédit ; pas moyen de payer cash, ce n’est pas prévu. Pour les handicapés, c’est gratuit, mais impossible de s’enregistrer. Pas un être humain à l’horizon. Une caméra électronique scanne les plaques des véhicules sortants. J’enrage ! le caissier du magasin de souvenirs (il reste quand mêmes quelques humains) me promet « d’introduire le numéro d’immatriculation dans le système ».

Thingvellir une eau transprente

Le rendez-vous de la promenade guidée est le parvis de la minuscule église de l’autre côté de la faille et de la rivière Öxara. Autour de l’église, deux cimetières, l’un pour les fermiers locaux, l’autre est offert aux « héros nationaux », seulement deux poètes y reposent, les autres héros préférant le caveau familial. La petite église est joliment décorée : un tableau sur bois représente la Cène, la chaire est peinte, les bancs en bois. Qui sont donc les paroissiens ?

Le guide Scott (écossais ?) est un puits de science.

« Qui a lu les sagas islandaises ? « Demande-t-il en introduction. Passées les premières pages ennuyeuses, ce sont des chefs d’œuvre de la littérature avec toutes les composantes d’un roman d’aventure et d’amour. Ces sagas racontent les premiers temps de la colonisation. Toutefois, une lecture critique s’impose ; elles ont été rédigées au 12èmesiècle, 3 siècles après les faits (comme l’Iliade longtemps après la chute de Troie). Les auteurs des sagas étaient chrétiens tandis que les héros adoraient Thor et Odin. Il ne faut pas les lire comme des témoignages véridiques puis 930, plutôt comme des œuvres littéraires. Cependant, les indépendantistes islandais s’appuyaient sur ces textes comme sur des vérités historiques. Tout ce qu’on sait sur l’Althing, le Parlement qui se réunissait depuis 930 pour légiférer était aussi un tribunal. La date est acquise avec certitude d’après les cendres volcanismes.

« Pourquoi les Vikings ont-ils colonisé l’Islande ? » demande le guide aux touristes qui soulèvent différentes hypothèses. Pour chercher des terres : la Norvège montagneuse est pauvre en terres cultivables et on voulait éviter de diviser les domaines ; les cadets s’embarquaient pour des raids ou pour des conquêtes ; ils ont ainsi fondé Dublin, se sont installés en Angleterre et en Normandie. D’autres possibilités sont évoquées : les drakkars avaient atteint un tel niveau qu’ils pouvaient envisager des navigations lointaines, ils sont arrivés au Groenland et en Amérique. Viennent d’autres raisons, certaines farfelues comme la poursuite des morses pour l’ivoire.

magie ou science : l’eau quuine gèle jamais

Un petit pont enjambe une crevasse remplie d’une eau couleur menthe glaciale « Que remarquez-vous ? » – la transparence et de nombreuses pièces de monnaie. Le premier à jeter une pièce fut le Roi du Danemark en 1907 ; à l’occasion, on construisit ce pont pour son automobile – la première en Islande. Cette eau a une propriété étonnante : elle ne gèle pas alors que la rivière et le lac gèlent en hiver. La transparence s’expliquerait par la percolation sur d maintenant la température constante à des kilomètres : l’eau du glacier serait filtrée en passant à travers des roches poreuses. La porosité retiendrait l’air, un bon isolant, maintenant la température constante à 3°C tout au long de l’année. Les Islandais, du temps des sagas avaient sûrement attribué ce phénomène à de la magie, aux esprits des lieux, dieux ou elfes.

C’est d’ailleurs à proximité, sur un triangle herbu que se prononçaient les jugements du tribunal.

« Et où est donc le Lögberg où se réunissaient les 48 chefs pour édicter les nouvelles lois ? »

Un drapeau islandais flotte sur une estrade, marquant l’emplacement officiel. Ici fut prononcée l’indépendance de l’Islande le 17 juin 1944.

L’Althing

Thingvellir: lieu de l’Althing; les touristes sont nombreux mais au temps de l’Althing la foule devait être encore plus dense

Selon, le guide, l’emplacement aurait été choisi en fonction des conditions climatiques, à l’abri les jours de grand vent. Il faut imaginer une foule, chaque chef de tribu venait accompagné de sa suite, épouse, enfants, esclaves. Cette foule campait pendant deux semaines autour du solstice d’été. On dressait des abris avec des murets de pierres recouverts de tissus ; Au début ce parlement fonctionnait comme une république ; on élisait un secrétaire pour la durée de la session ; il devait mémoriser les textes de loi en les chantant mais cette fonction ne lui donnait aucun pouvoir le reste de l’année. Le guide nous fait revivre l’esprit de ces réunions ; il cite les noms de nombreux chefs que je suis bien incapable de transcrire ici. Les noms Islandais sont vraiment impossibles, il existe mêle deux lettres mystérieuses que je ne sais pas vocaliser avec exactitude. Tout cela me donne une furieuse envie de lire les sagas.

Thingvellir : côté lac

Vers midi, le temps se gâte, une pluie fine commence à tomber qui ne m’empêche pas à redescendre dans la faille par un accès moins fréquenté et chercher Oxarafoss, la cascade. C’est à la deuxième tentative à partir d’un autre parking que je la trouve ; la machine du parcmètre est détraquée, il faut voir le désarroi des touristes ! pour la cascade : suivre un chemin de planches glissantes sous la pluie. C’est une belle cascade, notre première, nous allons en voir d’autres !

oxarafoss

REYKJAVIK : Musée National islandais – promenades en bord de mer

CARNET ISLANDAIS

cabochons vikings ciselés

Déjeuner sur le parking d’un drive-in, entre l’hôtel et la mer : des hamburgers tout à fait comestibles mais pas très typiques.

Un tour au port en voiture tourne court, on arrive dans des rues bordées de hangars et entrepôts certains convertis en bars et restaurants branchés. Je grimpe sur un curieux mamelon herbu qui porte une cabane pour sécher des poissons à son sommet, installation contemporaine ?

Musée National Islandais

Situé à deux pas de la Maison Nordique, c’est aussi un bâtiment tout neuf qui raconte l’Histoire de l’Islande depuis la Colonisation (800 -1000) jusqu’à nos jours. L’audio-guide doit être téléchargé sur notre propre smartphone (j’ai horreur de cela, mon téléphone, saturé de photos et de musique n’a jamais la mémoire suffisante pour ce genre d’application) de plus, je l’utilise comme appareil photo et pour passer d’une fonction à l’autre je perds un temps fou. Autre aspect de l’Islande, pays connecté, exige smartphones et cartes de crédit !

Les premières périodes de l’histoire de la colonisation (870 -1000) , la christianisation (1000 – 1200), sous le règne norvégien (1200 – 1400) et les interactions avec l’Europe jusqu’en 1600 sont exposées au premier étage tandis que l’histoire moderne qui commence avec la Réforme (1550) se trouve au second ?

La colonisation est très bien documentée du point de vue archéologique sans faire appel aux sources littéraires que sont les sagas. Avant 870, on n’a rien retrouvé. Il faut imaginer que l’Islande n’était pas peuplées d’humains et que la plupart des animaux et plantes n’existaient pas non plus ; le sel mammifère terrestre était le renard. Les colons ont donc tout apporté. Etaient-ils tous Vikings norvégiens ? on évoque aussi les moines irlandais ;  dès 840 les Vikings avaient fondé Dublin. Il faut imaginer un monde viking s’étendant de la Scandinavie à Mer Noire. Monde dont je ne connais pas grand-chose. Parmi les objets présentés il y a des pièces romaines, une cloche anglaise, des bijoux et armes vikings. Les vitrines évoquent le « Premier Hiver ».

christianisation : bois ciselé

La section de la christianisation évoque la construction des églises et le développement d’un art ecclésiastique avec de beaux panneaux de bois gravé ou ciselés avec des motifs nordiques mais aussi byzantins. La vie quotidienne et économique est aussi décrite : les Islandais cultivaient peu de grain, ils pêchaient et élevaient les moutons ; les seules exportations étaient la laine travaillée par les femmes qui tissaient par bandes de 50 cm de large. Une vache, par exemple valait 45 m de laine.

1104 : l’éruption du volcan Hekla déposa des ponces 20 km autour du volcan préservant une vingtaine de fermes en l’état – sites historiques précieux pour les archéologues.

Sous le règne norvégien, les nobles et riches aimaient les objets de luxe ; Les cornes à boires sont les objets les plus spectaculaires. Au 14ème siècle, on note une augmentation des exportations de poisson séché (morue) et d’huile de foie de morue. Le commerce transitait par Bergen mais atteignait Londres, Marseille et les ports hanséatiques ;

cornes à boire

De 1400 à 1600, sous la loi danoise, le roi danois régnait aussi sur la Norvège.

Avec la Réforme, l’Islande passa au luthéranisme ; de beaux objets sculptés, des chaires à prêcher, des tableaux sont exposé au second étage. L’histoire est moins bien présentée ou peut-être ai-je simplement décroché.

après la Réforme

Après cette visite studieuse, il est temps de s’aérer. Nous filons sur la petite presqu’île de Seltjarnanes construite d’agréables résidences – duplex clairs face à la mer, aux façades épurées contemporaines mais identiques à des dizaines d’exemplaires. Le bord de mer est aménagé pour la promenade des piétons et des cyclistes. A la pointe, une plage en face de l’îlot de Grotta qui porte un phare, est occupée les kite-surfers sous la « jolie brise » (dixit la météo). Leur équipement ressemble plutôt à celui des skieurs qu’à celui de baigneurs estivaux.

Je n’ai même pas l’idée de me déchausser pour marcher sur le sable de la plage.  A marée basse, on peut atteindre l’îlot à pied sec, pour la paix des oiseaux qui y nidifient, c’est interdit.

phare de l’îlot de Grotta et kite-surf

La route passe le long d’un parc aquatique ( baigneurs en maillot mais bien rouges), nous arrivons à un  petit étang avec des cygnes, des oies et des canards variés. La pointe est occupée par un golfe.

Reykjavik est bien sportive !