Arrivée à Kotor par les Echelles de Cattaro

CARNET DES BALKANS/MONTENEGRO

les bouches de Kotor

Nous quittons Cetinje par Lovcen sur une petite route qui tortille beaucoup à l’assaut de la montagne (sommets à 1749m et 1657m). Nous avions l’intention de pique-niquer au monument de Petar II Petrovic Njegos (1813-1851). La route très étroite est très fréquentée aujourd’hui dimanche. Nous ne trouvons pas le mausolée et fuyons les effluves de barbecue et la foule des promeneurs du dimanche rassemblés au Parc National de Lovcen.

Bel endroit pour un pique-nique!

Continuant vers Kotor, la route devient vraiment très étroite, on ne pourrait pas se croiser ; heureusement, à l’heure du déjeuner il n’y a pratiquement personne. A un tournant, un rocher fait office de banc et nous mangeons nos escalopes de poulet et le yaourt devant un panorama très étendu, succession de crêtes calcaires dans les fleurs de juin.

sauge bleue

La descente sur Kotor, à petite vitesse est vraiment plaisante. Chaque fois qu’on peut s’arrêter on découvre un nouveau point de vue sur les Bouches de Kotor : la route que nous avons pris un  peu au hasard est connue sous le nom des Echelles de Cattaro , nom italien de Kotor qui fut vénitienne de 1420 à 1789. J’aime ce nom d’échelle évoquant la Méditerranée orientale. A mesure que nous nous rapprochons de la ville, la circulation devient plus intense, nous croisons d’abord sportivement des petites voiture – chacun fait un effort pour reculer jusqu’à un refuge, puis moins confortablement d’énorme jeeps et enfin un  autocar qui impose une longue marche arrière. Malgré l’inconfort de cette reculade, ces Echelles de Cattaro resteront un grand souvenir !

Cétoine dorée sur ombellifère

 

On voit arriver la ville, plus bas. La vieille ville – Starigrad – est enfermée dans ses murailles. Le reste de la ville déborde sur els environs : conglomérat un peu hétérogène d’immeubles bien laids et de villas aux toits rouges et aux balcons beige, rose à l’italienne ou jaune pâle dans des jardins d’où émergent s palmiers, pins ou cyprès, parfois un magnolia en fleurs.

Kotor

Notre hôtel Marija2 , n’est pas l’hôtel de charme Marija que nous avons repéré dans le Petit Futé. Situé à Dobrota, à 2km de Kotor sur la route passante. Le parking est prévu ; construit à lfanc de colline, les chambres sont réparties sur plusieurs niveaux ; la nôtre donne sur le parking (pratique pour les valises). Son balcon est au 2ème étage au dessus de la ruelle qui conduit à la mer(50m). On peut voir l’eau et les lumières se refléter le soir en tordant un peu le cou (les « chambres avec vue » sont plus chères.).

Notre chambre est vaste, on pourrait y loger à 3. Meubles modernes fonctionnels sans prétention. Minibar caché dans le bureau : on aura de l’eau fraîche ! Climatisation (que je déteste mais qui sera utile la nuit quand il faudra fermer les persiennes pour éviter le bruit de la route). Grande salle de bain. Nous passons les soirées sur le petit balcon il y fait si agréable qu’on ne regrettera pas un instant de renoncer au restaurant sur la mer.

Nous partons en voiture explorer les environs. A pied, on arrive tout de suite sur la corniche qui tient lieu de plage, mais il y a trop de marches pour Dominique. Sur la route, des digues, des petites plateformes avec des échelles ou des marches ont été maçonnées. Chacun y installe son fauteuil pliant ou sa serviette pour se baigner dans l’eau tiède et claire. En voiture, en revanche, c’est un casse-tête de trouver où se garer.

Albizia ou arbre à soie

Quel changement avec Kolasin et ses 13° ! j’ai mis maillot et robe de plage.

Nous cherchons une  terrasse où Dominique pourra s’asseoir pendant ma baignade et un restaurant pour le dîner ; premier arrêt à une plage privée équipée de très jolis lits de plage en osier. C’est réservé aux clients de l’hôte 5* ! On peut prendre un verre en terrasse mais cela ne donne pas le droit d’accéder à la plage. Bien  qu’elle soit déserte les garçons nous chassent poliment mais fermement. La deuxième tentative sera la bonne. La baignade est merveilleuse. Des bouées protègent les baigneurs des jet-skis et bateaux à moteur. Je nage le long de la ligne des flotteurs. Baignade en eau parfaitement calme à une vingtaine de m de la côte. Sentiment de parfaite sécurité. J’ai oublié mon masque, je le prendrai demain.

Un tour à Kotor, pour constater qu’il n’y a pas de parking gratuit même devant une galerie marchande, il faut justifier de 10€d’achats pour une heure gratuite nous avons dépensé 9.67€ – insuffisant !

Cetinje, petite capitale du Monténégro

CARNET DES BALKANS/MONTENEGRO

Cetinje : petite capitale !Belle Epoque

Départ de Kolasin sous le soleil (13°)

32 tunnels jusqu’à Podgorica

Le canyon de la Morača est spectaculaire, les falaises verticales sont hautes de plusieurs centaines de mètre.  A la sortie  du canyon désert on entre dans un pays de vigne. Une route des vins touristique passe par là.

La vallée ne s’élargit qu’aux abords de Podgorica, la capitale du Monténégro, que la route contourne, nous ne verrons que des quartiers périphériques avec des barres d’immeubles de ciments gris et dégradés. Les urbanistes ont fait des efforts dessinant des escaliers avec des immeubles en degrés, légère amélioration aux tours et aux barres. Cela a mal vieilli. Il fait une chaleur estivale, les gens se promènent en shorts et T-shirt.

Les sombres forêts alpines ont laissé la place à un cortège de plantes méditerranéennes : lauriers roses florissants sur le bord des routes, Le fleurs rouges des grenadiers ressortent sur le feuillage vert tendre. Une garrigue peu dense laisse apparaître de gros rochers calcaires striés de figures de dissolution. Le brusque changement de végétation est saisissant. Des tapis de fleurs colorent le paysage : les plus fournis sont de sauge bleu foncé presque du velours, tapis ras et très dense des lotiers jaunes, touffes roses de serpolet, piquetis plus vif des œillets…

Cetinje : palais bleu

Nous arrivons rapidement à Cetinje, l’ancienne capitale du Monténégro, fondée au 15ème siècle. la première imprimerie des Balkans y fut fondée.  Subissant les attaques turques et vénitiennes, la ville déclina. Elle devient le fief de la dynastie Petrovic et de son Prince-Evêque Danilo 1er. En 1838, Petar II construisit sa résidence. L’indépendance monténégrine fut reconnue au Congrès de Berlin 1878. De nombreuses ambassades s’y installèrent. En 1910, Nicolas 1er fur reconnu roi. Avec l’indépendance, Cetinje regagna un peu de son importance culturelle, accueillant les archives nationales et le Musée Historique.  C’est maintenant une petite ville de 15000 habitants.

Cetinje – Musée Historique

Nous avons failli passer à côté de cette minuscule capitale. Aucun panneau touristique n’indique les curiosités. La voiture parcourt en quelques minutes la rue principale et on est déjà sorti ! IL faut garer l’auto et la visiter à pied. On découvre à l’ombre des tilleuls fleuris les façades pastels des maisons basses (tout au plus un étage). Il faut chercher les Palais et les vastes parcs. Le Palais Bleu a repris du service. C’est la Résidence du Président de la République. Il est gardé par deux sentinelles aux uniformes rouges à brandebourgs galonnés d’or qui se prêtent volontiers à la photographie. Nous aurions pu consacrer plus de temps à la visite des musées – ouverts de 9 à 17h, sauf l’atelier Dado qui ferme le week -end . Je préfère déambuler entre les terrasses des cafés et des restaurants, chercher les ambassades étrangères (figurées sur le plan acheté à l’Office de Tourisme) logées dans des maisons basses derrière les tilleuls. Pas une voiture ne vient déranger la promenade. , un grand trompe-l’œil rappelle que cette petite capitale s’enorgueillit d’être la première à doter le facteur de la Poste d’une automobile.

Slobodan Djuric Puro

On se croit dans un décor d’opérette, Belle Epoque ou on pense à Tintin et le Sceptre d’Ottokar, le Monténégro a-t-il inspiré la Syldavie ?  Cela ne fait pas sérieux, une capitale de 3500 habitants même si elle est dotée de grands palais et de bâtiments administratifs impressionnants. La première guerre mondiale a mis fin à la petite monarchie. Sarajevo  n’est pas loin !

J’ai préféré la terrasse d’un café à la visite au Musée Historique.

Slobodan Djuric Puro

Cetinje a aussi plusieurs musées de peinture. Un peintre monténégrin a retenu mon attention Slobodan Djuric Puro  à qui la Galerie offre une rétrospective  qui montre des aspects variés de son œuvre, aquarelles et tableaux conventionnels, compositions cubistes presque surréalistes et plus récemment des sujets tragiques faisant référence au séisme de 1979 qui détruisit Budva et Kotor voisines.

Nous quittons la ville par Lovcen 

Omer pacha Latas – Ivo Andric coll. motifs

LIRE POUR LES BALKANS/ BOSNIE

Après Mara la courtisane et autres nouvelles, Titanic et contes juifs de Bosnie, j’avais envie de me plonger dans un roman pour continuer à explorer l’univers d’Ivo Andric.

Omer pacha Latas raconte en 18 chapitres le règne de ce pacha, seraskier (chef suprême des armées ottomanes), sabre du Sultan, venu rétablir l’autorité turque en Bosnie, sur les beys et les knez qui prenaient trop d’indépendance. Le livre s’ouvre avec l’arrivée du pacha à Sarajevo en 1850 à la tête d’un corps d’armée impressionnant en une parade éblouissante et se terminera un an plus tard en 1851 par le départ des troupes. Pour commencer le seraskier terrorise toute la Bosnie, par une occupation militaire aussi implacable qu’arbitraire. Les grands ne sont pas épargnés, au contraire, enchaînés, ils sont déportés à Istanbul quand on ne leur confie pas des tâches dégradantes en public. Puis une véritable occupation de l’armée et de la cour du pacha s’installe dans la durée dans la ville. 

Chaque chapitre va décrire minutieusement comme dans une miniature orientale des tableaux vivants centrés autour d’un ou plusieurs personnages. Excellent dans les nouvelles, l’auteur écrit chaque chapitre, une nouvelle ou un micro-roman. On feuillette donc toute la collection de tableaux avec un  point de vue différent : l’entourage immédiat des officiers, l’intendant pourvoyeur de chair fraîche, la femme du pacha, le cuisinier fou d ‘amour, la carrière d’Omer pacha Latas….Plaisir retrouvé et renouvelé que j’avais découvert dans la lecture  des nouvelles. Ivo Andric – Prix Nobel – est un grand maître!

A la lecture d’Ivo Andric, je prends conscience de toute la complexité balkanique. Omer pacha le « sabre du Sultan » est un « islamisé« ,  fils d’un militaire autrichien, orthodoxe. La plupart des officiers qui l’entourent sont aussi des « islamisés » polonais, hongrois, grands buveurs et mécréants, patriotes déçus dans leur contrée d’origine. Saïda Hanum, la femme d’Omer pacha , est une pianiste roumaine. Roumain aussi le cuisinier, ou macédonien, c’est un peu mélangé. Le pouvoir turc, l’autorité d’Abdul Hamid est donc représenté par une mosaïque d’individus, mosaïque de cultures. Les Bosniaques qu’on doit réduire à l’obéissance sont de bons musulmans, mais aussi la raïa, population chrétienne orthodoxe, ou communauté juive. La scène où Omer pacha tente de séduire le voïvode Zimovitch, en rappelant ses origines à Iania Gora (Croatie), est une bouffonnerie.

j’ai pris grand plaisir à lire cet ouvrage qui est vraiment un grand livre!

 

Kolasin et la Monastère Moraca

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30 km de Kolasin en direction de Podgorica sur la route « magistrale » qui passe par d’innombrables tunnels et descend interminablement. Il faisait très frais en partant de Kolasin (950m) la température devient étouffante après avoir passé la Rivière Moraca.

La Rivière Moraca prend sa source près de Kolasin et se déverse dans le Lac Shkoder, Elle a creusé un véritable canyon, la route suit son cours jusqu’à Podgorica. Le Petit Futé recommande un sentier de randonnée dans le canyon dont je n’ai pas trouvé le départ (cela n’aurait peut être pas été prudent de m’y engager seule).

Le Monastère de Moraca est tout blanc avec des toits métalliques dans un écrin de jardin fleuri. Fondé en 1252, par Stefan Nemanjic – roi serbe –  il possède des fresques anciennes. Dévastée par les Turcs, elle fut restaurée au 17ème siècle .

Très célèbre, de nombreux Serbes y viennent en pèlerinage (foulards, signes de croix répétés, icônes embrassées) ainsi que des touristes en car, venus  des plages ou de croisière, qui jettent un coup d’œil à l’église mais ne restent  guère .

Malgré l’affluence, je prends mon temps pour examiner les fresques. A l’entrée, à l’extérieur, deux saints cavaliers, au dessus, un ange aux ailes protectrices et l’échelle que gravissent les pêcheurs. Certains tombent ; symétriquement une autre échelle aux saints auréolés et des anges ; Dans le narthex, comme en Grèce, un Jugement dernier avec une moitié infernale rouge, une terrifiante gueule de dragon. Ces représentations de l’Enfer m’amusent. Sur un mur latéral un Arbre de Jessé, lui faisant face sur plusieurs registres des personnages vêtus en ecclésiastiques, par groupes que je en sais identifier en dehors de Constantin et Helène. A l’intérieur de l’église l’affluence est telle que je ne peux repérer les scènes célèbres.

Nous rentrons à Kolasin vers midi. Selon le Petit futé la place de Kolasin serait « une des plus belles du Monténégro ». Vaste ! Certes, elle l’est, disproportionnée dans un si petit village. On a fait des efforts d’urbanisme : un jardin avec une statue énorme de deux partisans et des bustes de personnages célèbres localement, une construction bizarre qui fait penser à une piscine ou à un centre culturel, salle polyvalente, bureaux. Le béton a mal vieilli, les armoires métalliques sont rouillées. Aspect déprimant ! Autour de la place, un bel hôtel, des boutiques fermées, deux guichets automatiques, une pharmacie. La place a dû connaitre des jours meilleurs.

Nous avons acheté des yaourts et des cerises pour un pique-nique sur les tables au bord de la rivière.

A 15heures l’orage crève les nuages. On rentre dans la chambre; il fait drôlement frais en altitude sous la pluie. Dîner au restaurant Vodenica  nous commandons le même menu que la veille. C’était tellement bon, et surtout les pommes de terre réchauffent.

Monténégro : Kolasin

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Montenegro : sur la route vers Kolasin

De hautes montagnes séparent le Kosovo du Monténégro. La route s’élève dans la forêt. Des vaches sur la chaussée ne se dérangent pas à notre passage. Avant le col, la douane du Kosovo vérifie les documents de la voiture, et tamponne les passeports. Au col, des fermes sont dispersées dans les pâturages, fermes ou étables d’estives ? Sont-ce les katuns cités dans le Petit Futé ? Le poste-frontière du Monténégro se trouve plus bas dans la forêt. Les guérites au milieu de la route ressemblent) n’importe quelle guérite mais les bureaux sont logés dans de jolis chalets en rondins.

Avant le poste- frontière : les vaches sur la route

La forêt nous parait différente de celle du Kosovo, les épicéas très gros et très hauts sont plantés serrés. On passe un peu plus bas devant de grosses scieries. La route est en excellent état avec de la peinture blanche sur les bords. Les grosses maisons sont crépies, tout semble plus propre. Les petits chalets de bois sont pimpants. Venant du Kosovo, le Monténégro fait penser à la suisse ou à l’Autriche, plus propre, plus prospère.

Rozage, premier village traversé, est très animé. C’est jour de marché.

Berane est une petite ville précédée par des cheminées d’usine dans le creux de la vallée. Trois curiosités sont indiquées par des panneaux touristiques marron : un musée du 19ème siècle, un castrum romain et un monastère. Nous renonçons au Musée, ne trouvons pas le camp romain, le monastère, si.

Monténégro : monastère de Berane

Le monastère de Berane est entouré de murs. A l’entrée des pictogrammes expliquent tout ce qui est interdit et donnent le code vestimentaire : hommes en pantalons longs femmes en jupe. Cela ne m’étonne pas, en Grèce c’est pareil. Bulgares et Roumains sont plus tolérants en ce qui concerne l’habillement . Une jeune femme vêtue de leggings promène une poussette. J’entre donc en panta-court. Autour de l’église blanche, une pelouse très bien entretenue avec des fleurs, rosiers, glaïeuls orange. Je croise un moine aux blancs cheveux longs qui fait mine de ne pas me voir et ne répond pas à mes questions. A-t-il fait vœu de silence ou ne regarde-t-il pas les tentatrices ?

L’église est ouverte, un moine attend dans la guérite qui vend des souvenirs, cierges et livres pieux, silencieux lui aussi. L’intérieur de l’église est cimenté, il reste quelques fresques très sombres et pas d’iconostase dorée. Sous la coupole, un lustre en forme de couronne en laiton. Pas grand-chose à visiter.

Dans la rue, un panneau raconte l’histoire du monastère de Berane, que je recopie et résume. Détruit 5 fois, appelé monastère martyr, érigé au 12ème siècle il fut reconstruit en 1213. Sous ses arches des rébellions se sont organisées pour l’indépendance de la principauté Vasovici puis l’indépendance du Monténégro en 1857, attaqué par les autorités ottomanes, il fut incendié en 1738, 1825, 1862 et 1875. En 1898, la population se souleva pour le défendre, 27 personnes moururent par le feu. En 1912, pendant la Guerre balkanique, il fut à nouveau incendié, reconstruit en 1925. L’épiscopat fut rétabli en 2002.

œillets roses

En faisant le détour pur le monastère nous avons perdu l’itinéraire prévu par la route principale. La signalisation routière ne nous aide pas indiquant des directions lointaines, notre carte d’Albanie couvre un petit coin du Kosovo vers Prizren et les environs de Kotor au Monténégro. Il nous faut faire confiance au GPS qui propose une toute petite route que nous ratons d’abord, puis où nous hésitons de nous engager tant elle est étroite. A la station service, nous demandons si cette route est bien carrossable et si elle rejoint bien Kolasin. Le pompiste confirme « c’est une bonne route ».

Bonne, oui pour le revêtement, elle est goudronnée, les nids de poules sont de taille raisonnable pour une route de montagne ; Sinon elle est très étroite et sinueuse à souhait. De nombreuses habitations la bordent (cela ne veut rien dire, en Albanie la piste pierreuse desservait aussi des villages). 44 km sur cette route seront bien éprouvants pour la conductrice ! La passagère, au contraire est au spectacle. Un régal pour les yeux. A chaque tournant, un panorama spectaculaire. Deux pics se détachent, ressemblant aux montagnes que ls petits enfants dessinent : une pointe ou deux de pierre, couronnant un cône d’herbe verte au dessus d’une forêt touffue. Entre l’herbe et la roche, un liseré de neige. Les névés brillent. Plus près de nous  les fleurs forment des tapis colorés, nappes roses, jaunes ou bleues. Les petits œillets sont d’un rose très intense. J’aimerais avoir une flore pour herboriser. Je photographie. Les motards ont repéré cette jolie petite route. Ils roulent en meute, par groupes de 4 ou 5 qui s’attendent et se regroupent au col, immatriculés en Pologne ou en Allemagne. Dominique ne décolère pas, elle avait prévu une boucle par le Nord qui nous aurait conduites au Parc National de Biogradska Gora où nous aurions fait étape, une promenade autour d’un petit lac et un pique nique. Nous aurions roulé sur une grande route au lieu d’être à 20km /h sur la petite.

Notre gite « apartaman » mirovic

13h, nous arrivons enfin à Kolasin qui n’est pas un village bien organisé, plutôt une station de ski .Chaque maison dans son jardin propose des apartamans. Les maisons sont dispersées le centre est diffus. Par chance nous trouvons facilement notre Apartaman Mirovic : plusieurs maisons blanches sur une pelouse impeccablement tondue, une allée cimentée qui descend à la rivière, sept jardinières de pétunias disposées sur une échelle double au milieu d’un polygone de galets. Au fond, une gloriette (soleil ou pluie). D’épaisses tables et bancs sont disposés près de la rivière. Quelques jeunes poiriers, pommiers et cerisiers sont alignés dans la pente. Seuls les poiriers sont indemnes de la cloque.

Tout est ouvert, mais il n’y a personne. La dame arrive alors que nous pensions partir. Elle parle anglais et nous laisse choisir notre « apartaman » : deux pièces en rez de chaussée, simple et sobre avec tout ce qu’il faut. Les fenêtres donnent sur le jardin. Des photos anciennes sépia sont coincées dans des cadres entre deux plaques de verre.

« Où trouver un pique-nique ? » .Au centre, il y a bien quelques boutiques villageoises mais pas destinées aux touristes. Les cafés sont occupés par des hommes assez patibulaires pour que je n’ai pas envie de m’y attabler. J’achète des cerises à la fruitière qui m’indique où on pourra me faire des sandwiches « Tam !’Chez les commerçants personne ne parle ni anglais, ni allemand, seulement monténégrin ou serbe, peut être russe (tout cela se ressemble). Les passants nous indiquent le chemin en serbo-croate peu soucieux de savoir si nous comprenons ou pas. On n’est pas franchement les bienvenues !

Nous cherchons un  coin pour manger nos sandwiches et les cerises ; pas facile, on ne va pas s’installer chez les gens dans leurs jardins. On gare la Clio sous un panneau de basket, un gamin sort et nous tient des discours hostiles, c’est son panneau, on l’empêche de jouer ; pourtant il n’a pas de ballon. On s’en débarrasse en lui faisant des grimaces genre Monty Python (e n craignant qu’il ne revienne avec des copains et des cailloux.

Le jardin botanique  attraction recommandée par le Petit Futé est perché ç côté de la gare. Fermé. Sur un écriteau : un numéro de téléphone. Il convient de prendre rendez vous. J’appelle avec le téléphone français. On me répond mais personne ne comprend ni l’anglais, ni l’allemand. Je raccroche cette conversation de sourds ruineuse.

Parc national Biogradska : biogradska Jezero

Il ne reste plus qu’à remonter au nord au parc National Biogradska  en empruntant la route principale par laquelle nous aurions dû arriver. Large et bien entretenue elle est très fréquentée par les camions, j’en compte six à la file. Finalement, la bouche par le sud a peut être été moins stressante.  La route passe par la vallée de la Tara qui remonte vers le nord vers la Serbie,  affluent de la Drina, puis de la Save qui conflue vers le Danube. Pour entrer dans le parc un péage de 3€ par personne est exigé. La route traverse une hêtraie fantastique, des arbres très hauts, très vieux, certains dépassent les 40 m.

Au bout de la route le lac Biogradska Jezero : un sentier aménagé en fait le tour sous les hêtres mais aussi les aulnes et les épicéas. Le lac a une couleur étrange. Il reflète les sommets. Le sentier propose des activités diverses comme estimer la hauteur d’un arbre géant ou sa circonférence. En bout du lac une sorte de delta crée une forêt vierge humide qu’on traverse sur des planches. D’autres promenades permettent d’atteindre les sommets pour voir les katuns dans les alpages. Mais c’est l’affaire d’une journée.

Kolasin : restaurant Vodenica

Nous terminons la journée au restaurant Vodenica installé au bord de la rivière dans une maison de bois aux larges bardeaux décoré par des objets anciens : une pierre à meule, un pressoir, une baratte, quelques outils. Sur la terrasse quelques tables avec des nappes à carreaux ; il y a aussi une salle à l’étage cosy et bien décorée. Je choisis parmi les spécialités régionales le Kacamak , une sorte d’aligot, pommes de terre crème et 26beaucoup de fromage. Dominique a pris des filets de poulets, escalopes servies avec de la crème fraîche et un assortiment de légumes . C’est très abondant. L’addition avec les boissons monte à 16.3€. on reviendra demain !

 

La Forteresse – Mesa Selimovic

LIRE POUR LES BALKANS/BOSNIE

La Forteresse de Mesa Selimovic est un gros bouquin de 535 pages. L’action se déroule à Sarajevo pendant du règne d’Abdul Hamid. Ahmet Chabo, le héros, rentre de la guerre contre les Russes. Il revient anéanti par les horreurs de la guerre où ont succombé tous ses camarades et mettra beaucoup de temps avant de sortir de son hébétement grâce à l’amour de Tiana, une chrétienne  et l’aide de Moula Ibrahim qui l’embauche comme écrivain public. Il se lie d’amitié avec Mahmout Nereliak, commerçant raté, ancien proscrit, voleur, poète, inventeur de mille trafics, mais ami fidèle. 

Pour réussir à Sarajevo, il faut avoir l’échine souple, flatter, faire sa cour aux puissants, et surtout savoir se taire. C’est ce dont Ahmet Chabo est incapable. Un verre d’alcool de trop, et il commet l’irréparable gaffe qui va d’abord lui valoir une solide bastonnade, d’abord, son emploi et tout espoir de réussite. Ahmet devient un proscrit pour une phrase malheureuse.

Le serdar Avdaga – policier tenace – le poursuit de sa présence inquiétante. Que cherche-t-il? Sachant Ahmet aux abois, il tente de le recruter comme indic, de lui faire espionner l’étudiant Ramiz qui prêche la révolte. Devant son refus de coopérer, il continue de poursuivre Ahmet essayant de le prendre en faute. Cette poursuite, cette accusation sans fondement me fait penser à Kafka? la Forteresse est-elle le Château bosniaque? Coupable sans faute, est-ce le Procès?

Le refus d’espionner Ramiz fait-il d’Ahmet son complice? Quand Ramiz est emprisonné dans la forteresse, Ahmet se sent le devoir moral de venir à son secours. C’est alors que deux personnages puissants et riches Chehaga et son lieutenant Osman Vouk vont faire évader Ramiz. les soupçons du serdar Avdaga deviennent de plus en plus pressants…..

Le roman prend son temps, l’intrigue se noue doucement. Nous avons le loisir de découvrir la vie quotidienne de la petite cité, ses intrigues, ses commerces. Mesa Selimovic nous promène dans ce monde oriental des beys, des agas, des palais aux auberges borgnes.

J’ai bien aimé ce voyage!

l’auteur

 

 

Pejë : Le Patriarcat de Pec et le monastère de Decan

CARNET DES BALKANS/KOSOVO

Pec Patriarcat

le Patriarcat de Pec (nom serbe de Pejë).

Le Patriarcat de Pec est construit à l’écart de la ville, proche de la vallée de Rugova où des ermites étaient venus s’installer dans des grottes. Un mur hérissé de barres de fer protège le monastère. Une guérite habillée de filets de camouflage (interdit de photographier) est à l’entrée. Des policiers nous demandent nos passeports avant de lever la barrière. On a l’impression de passer une frontière : d’avoir quitté le Kosovo musulman pour une contrée étrangère (Serbie orthodoxe ?). Après le pillage et le saccage des lieux de culte orthodoxes, le Patriarcat comme le monastère de Decan et une église de Prizren, sont mis sous la protection de l’UNESCO sur la liste du Patrimoine en Péril.

Ce monastère devint le siège de l’Archevêché et du patriarcat serbe e 1346, 1463 1557 et  1776.

Derrière ses murs nous découvrons  un groupe d’églises peintes en rouge sang adossées les unes aux autres, percées de belles fenêtres, parfois géminées à l’italienne, un jardin et un très vieil arbre étayé : le mûrier de Saint Sava (1169-1236).Selon la légende, Sava aurait rapporté une pousse de la Terre Sainte . .  L’archevêque Arsène fit construire l’église des Apôtres au 12ème siècle. Nicodème er ajouta l’église saint Dimitri, Danilo II celle de la Vierge en 1330

Nous sommes accueillies par des moniales tout de noir voilées à l’air sévère. Pour le prix de l’entrée(2€) un audio-guide est prêté. Malheureusement, le commentaire s’attache surtout aux particularités architecturales, à l’histoire des évêques qui se sont succédés plutôt qu’aux fresques. Il y en a tant qu’on ne sait où donner de la tête. Il faudrait passer des heures pour les déchiffrer toutes. Pourquoi ne pas s’y attarder ? Si ce n’était une vieille sorcière, habillée en nonne, qui nous poursuit en agitant bruyamment une sébile et qui surveille que nous ne prenions pas de photos (photos interdites). J’aimerais examiner les icônes grecques de l’iconostase et elle me presse d’aller ailleurs.

Monastère Decan

A 12 km, sur la route de Gjakové, se trouve le fameux monastère Decan. Autant il est facile de parvenir au village, autant il est difficile de trouver le monastère établi  à l’écart. Un seul panneau très discret l’indique (éclipsé par le feuillage d’un arbre d’alignement). Les passants interrogés font mine de ne pas comprendre. Pourtant le mot « manastir » devrait convenir. On se perd dans la campagne pour se retrouver au village une seconde fois.

Pas étonnant que les habitants ne nous l’indiquent pas : il est gardé par la KFOR. Il faut donner nos deux passeports aux soldats autrichiens qui nous donnent en écahnge un billet « visiteur » et qui conservnet les passeports toute la durée de la visite. On ouvre ensuite une grille qu’on refermera dans mon dos. Photos interdites comme au Patriarcat de Pec. Dehors, comme dedans. Je n’ai pas envie de désobéir, je me sens surveillée par les soldats. Deux d’entre eux déambulent sur mes talons. Un homme poivre et sel, croate, l’autre est une grande blonde costaude suédoise. Ils communiquent en anglais. Un pope survient. Jeune, ouvert, sympathique. Le militaire et le pope se congratulent en serbo-croate, puis le pope fait une visite guidée en anglais à l’attention de la suédoise. Je me joins à eux.

Le monastère est construit en belle pierre blanche par le roi Stefan (1327-1330) sa décoration est datée 1350. L’intérieur est une splendeur, l’ensemble des fresques est d’une cohérence remarquable puisque elles on été peintes en 8 an, à l’exception de l’iconostase macédonienne baroque dorée.

Decan : fresques

Le pope nous fait remarquer certaines fresques: le calendrier perpétuel avec la succession des saints à fêter, la représentation des conciles du début de l’Eglise Byzantine : les orthodoxes portent une auréoles, les hérétiques, non. Une litière avec un soldat illustre la conversion de Paul, inévitable : Constantin et Hélène…Autrefois, ce monastère très riche contenait de l’or. Le pope nous en montre une trace sur le sol et les marbres précieux, l’onyx.

Le soldat croate demande la permission de faire quelques photos. Le moine, ferme les yeux en réponse. J’en profite.

Je récupère les passeports. Ces deux visites sous la protection de la KFOR rappellent que le problèmes entre Serbes et albanais n’ont pas tous été résolus.

Canyon de Rugova, une balade en montagne au dessus de Pejë

CARNETS DES BALKANS/KOSOVO

canyon de Rugova : cascade

Météo incertaine, ciel couvert, les nuages sont accrochés aux sommets. Dès la sortie de la ville, la route suit la rivière de Pejë qui est le Drin Blanc – fleuve le plus grand de l’Albanie. Elle s’engage dans un étroit défilé creusé par le torrent entre de très hautes falaises. La route est étroite, elle passe sur des petits ponts métalliques, fait des épingles à cheveux, passe par un tunnel puis par des galeries « presque-tunnels ». J’aurais aimé marcher dans le canyon. Paradoxalement, il y a de la circulation, surtout du trafic local, de petites camionnettes qui coupent les virages et foncent ; Je photographie chaque point de vue, à chaque virage et suis fascinée par une cascade qui surgit d’une haute falaise à mi-pente se divise en plusieurs ruisselets et aboutit au torrent en grondant, se précipitant en une écume mousseuses sur les rochers qui lui barrent le chemin.

canyon de rugova

 

A chaque recoin, on a installé des tables et des bancs pour un minuscule bar. Une tyrolienne traverse le canyon. Un passage est équipé en via ferrata. Ce Canyon de Rugova qui paraiît perdu à la limite du Monténégro est très touristique et bien équipé en panneaux de bois qui flèchent des randonnées à pied ou en mountain bike. Nous suivons un chemin, fléché « amfitéatro ». La Clio est basse, elle peine entre ornières et rochers qui dépassent. A une fourchette où le demi-tour est possible, je pars à pied oubliant de regarder ma montre. Pas d’amphithéâtre si ce n’est un panorama dégagé sur les montagnes qui forment un amphithéâtre géant. Plus haut est construit un restaurant panoramique.

chevrefeuille

Après le défilé, la vallée s’élargit un peu ; les flancs de la montagne sont couverts d’une épaisse forêt de diverses essences, résineux et feuillus mélangés : noisetiers, hêtres, chênes, sureaux en fleurs, sans oublier les saules magnifiques en bord de l’eau. L’inventaire des fleurs serait encore plus long. Je photographie des orchidées et du chèvrefeuille aux fleurs anormalement grandes et parfumées. Je me rends compte que nus allons chercher la fraîcheur en Aout dans le Dévoluy, si nous y allions en Juin, nous trouverions sans doute une telle floraison.

A y regarder de plus près, la montagne est loin d’être déserte. Il y a des fermes avec des prés, des granges en plus des chalets des estivants ? La route continue à monter en suivant le cours d’eau de plus en plus fluet jusqu’au village. En chemin, des écriteaux signalent la mosquée (invisible) puis l’église (qui se voit). Au retour, parmi les chalets de bios et les villas de ciment, on découvrira de belles maisons anciennes en ruine et parfois en bon état.

vue de la terrasse du restaurant

Au village de Kuqishté, la route se divise, vers le nord Bogé qui est une station de ski et vers l’ouest en direction de la frontière du Monténégro. De là part un sentier vers de petits lacs que j’aurais aimer aller voir si le soleil avait été de la partie.

Un restaurant a une très grande terrasse dominant la vallée. D’un côté, un troupeau de moutons, de l’autre une petite vache et 4 ou 5 veaux. Le serveur, tout bouclé, sympathique et bon anglophone nous accueille très aimablement. Il est trop tôt pour déjeuner,  ce sera un capuccino et un verre de blanc (notre apéro habituel). J’entreprends un dessin. J’aime dessiner en terrasse lorsqu’il y a une belle vue. Nous commandons aussi des sandwiches que nous mangerons plus tard, dans un endroit charmant au bord du torrent près d’une maison abandonnée qui était autrefois un moulin. Terrasse lambrissée, cabane de bois, cabinets à l’extérieur, une table t un banc de planches déjà ruinées, une pelouse herbue et même une petite plage sur la rivière. Avec un rayon de soleil, j’aurais trempé mes pieds !

Rugova : maison abandonnée

Je suis impatiente de revoir la cascade pour la filmer.

Malgré le temps gris, une belle balade !

David Hockney au Centre Pompidou

EXPOSITION TEMPORAIRE DU 21 juin au 23 octobre 2017

Hockney n’est pas uniquement le peintre des piscines californiennes! Je les aime beaucoup, mais ce n’est qu’une partie de son oeuvre qui est présentée dans cette rétrospective.

Comment Hockney est- il passé de la représentation de l’Angleterre laborieuse des Builders ou du Poulailler 1954 qu’il a peints en sortant de l’école d’Art de Bradford à ces piscines? C’est cette évolution que montre l’exposition de Beaubourg, bien qu’elle ne soit pas vraiment chronologique mais plutôt par thèmes.

La salle qui succède au réalisme socialiste présente les Love paintings – passage à l’abstraction qui’l est bien difficile de décrire avec une économie de couleurs et de motifs, une figure phallique récurrente, la présence de mots écrits… le cartel explicatif note l’influence de Pollock, Dubuffet et Beacon. j’ai été surtout impressionnée par Shame – moins abstrait que les autres, plus facile aussi à interpréter.Le mot-clé qui fait la liaison entre les deux  peinture, est sans doute propagande. La peinture de David Hockney est engagée et politique. Il s’engage très tôt dans la sous-culture homosexuelle dès 1960.

Du libertin de Londres au dandy New Yorkais est le titre de la salle suivante: The rake’s progress est une série de gravures en Noir& blanc soulignées ou tachées de rouge où un personnage à lunettes (lui-mêm je présume?) évolue dans un contexte bizarre.

La salle suivante est encore très différente et titrée Démonstration de Versatilité : suivant l’exemple de Picasso, Hockney affirme « qu’il pouvait maîtriser tous les styles. la leçon que j’en tire c’est qu’on peut les utiliser tous » . Les tableaux grand format et souvent très colorés surtout dans ses tableaux américains Rocky mountains tired indians (1965) et Arizona m’ont beaucoup plu.

 

On arrive à la Californie (1964), les cartels notent l’influence de Warhol . Un portofolio montre les photographies très belles, ayant inspiré les tableaux de piscine ou de scène de douches. A bigger splash a aussi fiat l’objet d’une vidéo. mon préféré est Pool & Steps, le nid du Duc (1971 ). merveilleuses étude de la transparence de l’eau. Occasion aussi d’introduire des nageurs peu vêtus.

Dans la même salle on voit une des illustrations de 14 poèmes de Cavafy

En contrepoint aux grandes piscines colorées une série de portraits à la plume ou rehaussés de couleurs, montrent une grande dextérité et une maîtrise du dessin.

Double portraits est le titre de la salle suivante où la taille des cadres est encore plus grande. Deux personnages souvent figés dans un décor où l’on voit souvent des oeuvres de la peinture des grands maîtres. Ces grandes toiles photographiques sont parfois ironiques.

Retour en Angleterre pour des tableaux de paysages très colorés et des vidéos : la même route dans la forêt est prise exactement au même endroit pendant les 4 saisons, l’ensemble est composé de 18 pavés, la colonne du milieu semble immobile tandis que sur les côtés les pavés semblent zoomés, et s’éloigner; lr spectacle est en 3D et saisissant.

l’exposition se conclue sur des tableaux très colorés, série sur un jardin avec une terrasse bleue et triptyque autour de l’Annonciation.

Pejë : visite de la ville

CARNET DES BALKANS/KOSOVO

Pejë : bazar oriental rue de bijoutiers

Quittons Prizren par des faubourgs moches passant devant la caserne de la KFOR. A la sortie de la ville une tour blanche torsadée aussi haute qu’un château d’eau domine un cimetière. Les tombes aux plaques noires sont toutes identiques. Malgré l’insistance de Madame GPS ous refusons de prendre l’autoroute pour retrouver la route de Gjakové qui traverse une campagne densément construite. Les villages sont bâtis de grosses maisons de briques rarement crépies, quelque fois d’immeubles. Les supermarchés sont de bonne taille. Les stations-service très rapprochées. La campagne est plate. Les montagnes se profilent au loin. Il y a surtout des cultures maraîchères sous serre ou en plein champ. Les champs de blé forment des bandes étroites.

Avant Gjakove, je remarque un obélisque près d’un curieux « château fort » moderne. Nous coupons un défilé coupé par le fleuve Drin. A l’arrivée à Gjakove, des usines abandonnées sidérurgiques, électromécaniques rappellent le temps de la Yougoslavie socialiste (comme en Roumanie ou en Bulgarie) D’autres activités ont pris  le relais : hangars de transporteurs, garages entrepôts de matériaux de construction. J’avais cru visiter un pays dévasté par la guerre, c’est plutôt une fièvre de construction . Le Kosovo a-t-il bénéficié d’une sorte de plan Marshall ou est-ce l’argent des Kosovars expatriés en Allemagne ou en Europe de l’Ouest ? Gjakove est une ville de 40.000 habitants. Lors de notre première traversée, nous n’avions vu que le marché et le pont ottoman. Puisque nous avons tout notre temps nous suivons les panneaux touristiques pour ne pas découvrir grand chse, une : une tour de l’Horloge crépie de blanc, une vieille maison « tour résidentielle ». la campagne de Gjakove à Peje n’est pas plus originale, les arbres des acacias et parfois des chênes.

A Plancor, une église toute neuve se dresse dans les vignes.

Arrivée à Pejë

L’entrée de l’Hôtel Dukagjini

Quand on arrive à Pejë le relief s’accentue, les montagnes sont plus proches, le paysage plus pittoresque. Pejë s’étale dans la plaine Dukagjini, c’est une ville d’environ 50.000 habitants.

Nous parvenons très facilement à notre grand Hôtel Dukagjini 5* sur le bord de la rivière. La ville a subi des destructions en 1999 de la part des forces serbes, les immeubles ont poussé de manière anarchique. La rivière de Pejë est canalisée  et n’a pas de jolis abords comme à Prizren mais les centre –ville aux abords de l’Hôtel Dukagjini  est aérré de plusieurs parcs bien verts.

L’hôtel est monumental, grand immeuble précédé d’arcades. Il faut gravir les 8 marche d’un perron en marbre noir pour accéder au vaste hall On confie la voiture au service voiturier. Il y a une piscine intérieure. Les chambres sont vastes  et confortables. Luxe du luxe, non seulement nous avons chacune une table de nuit et une lampe mais aussi une lampe de lecture orientable ! En revanche, la salle à manger est prétentieuse et peu avenante. Nous nous promettons d’aller manger ailleurs.

Peje : bazar les bijoutiers

L’avenue Tony Blair plantée d’un jardin nous conduit à un rond point avec un centre commercial de verre et d’acier et une station service. Là commence le Vieux Bazar oriental dont les maisons sont toutes identiques (rénovées ou reconstruites ?). Comme dans tout bazar, les commerces sont regroupés par activité, tous les bijoutiers sont voisins et présentent tous de beaux colliers, bracelets ou bagues en filigrane d’or ou d’argent, parfois de petit brillants ou de belles pierres dures serties d’argent. Avec les bijoutiers on trouve les boutiques de mode des marques internationales Adidas, Levis…Les chaussures de sport sembles les plus coûteuses et luxueuses que les chaussures de ville aux talons vertigineux.

Peje : mosquée

La rue des bijoutiers débouche sur une place occupée par la mosquée Bajrakly entouré des tombes fleuries de lys blancs. Je suis très bien accueillie par un Monsieur qui allume le grand lustre aux pendeloques de cristal pour que je puisse mieux photographier les décorations peintes, guirlandes et paysages. Je regrette qu’on ait fermé l’entrée par des vitres enfermant aussi la fontaine des ablutions. Autour de la mosquée de nombreux  petits restaurants ont installé une petite terrasse avec  trois ou quatre tables. En période de Ramadan, autour de la mosquée personne ou presque ne déjeune sauf les policiers qui ont leur poste au milieu de la place. Les commerces sont moins luxueux mais plus colorés : on y vend des costumes traditionnels cousus sur place. De nombreuses boutiques se font concurrence suspendant pantalons blancs, gilets et ceintures brodés, foulard de gaze rouge, manteaux de feutres aux lourdes broderies.

Pejë : artisans

Dans les rues adjacentes, les tailleurs, couturiers, cordonniers ou fabricants de fez travaillent dans leurs ateliers vitrés. Le bourrelier a suspendu des harnais multicolores, noirs, rouges cloutés. Les  ferronniers, dinandiers ont empilé la marchandise sur le trottoir : barbecues, faux, couvercles pour cuire le fli, grands plats pour les böreks…les berceaux que l’on peut bercer sur un cercle de bois sont très décorés. A côté des berceaux, tambourins et instruments de musique…Sans oublier les échoppes des barbiers.

Pejë : berceaux et instruments de musique

Nous entrons dans le marché où l’on vend des plants de poivrons et de tomates. Les fruits et légumes sont appétissants : courgettes et courges de toutes tailles, tutes sortes de poivrons et piments,  concombres…Les pêches et abricots viennent de Grèce, fraises et cerises sont locales. Elles dégagent une odeur forte, c’est pour les confitures tant elles sont mûres. Fromage, crème et yaourts sont présentés dans des seaux en bois un peu coniques. Cela sent aussi très fort.

Au marché de Pejë : fromages

Au bout de la rue Jerash Pasha, juste au coin, se tient la Tour du Pacha en belle pierre de taille claire avec de fines sculptures près de la porte et plus haut croissant, lion, étoile de David, rosaces…(on ne visite pas ). Plus loin dans la rue se trouvent le Hammam et la Mosquée. Le  Hammam n’est plus en activité. On est en train de le rénover. Les coupoles de plomb ont belle allure.

La tour du pacha

Pour déjeuner nous avons envie d’une terrasse en bord de rivière. La plupart des restaurants ont installé leurs tables sur la rue et tournent le dos à l’eau sauf l’avant dernier qui est une pizzeria. Une pizza pour deux est suffisante (4.5€avec la boisson). Je commande une glace sur la terrasse de notre hôtel, décevante malgré les 5*.

Le Musée ethnographique  est près de la Station Service, dans la maison de Tahir Bey. Maison reposant sur de solides piliers de bois. Des femmes sont affairées à vêtir des poupées de robes blanches, à tresser les ceintures et à coudre les gilets brodés. Un jeune homme m’accompagne à l’étage (photos interdites) . Le salon des hommes a un merveilleux plafond sculpté, les banquettes qui courent tout autour de la pièce sont recouvertes de kilims rouges et de dentelles blanches tandis que plus haut les étagères supportent de la vaisselle de métal ciselé. Dans une autre pièce autour de la cheminée on a disposé les ustensiles de cuisine. Les coffres de bois sont décorés de motifs géométriques.  Avec le métier à tisser on tissait des bandes de 50cm de larges qui étaient assemblées pour obtenir des tapis de plusieurs lés. Les outils de la fileuse sont présentés à coté du métier à tisser, fuseau et quenouilles décorées.   L’une d’elle porte un miroir, la fileuses rajustait elle son viole, se coiffait-elle ou se maquillait ?

Mon guide ne me quitte pas d’une semelle, je ne peux pas prendre de photos. Il s’ennuie et baille bruyamment.  Le Musée archéologique occupe la salle du rez de chaussée. Il y a des inscriptions latines, des pots cassés, des monnaies byzantines et ottomanes, des groschens autrichiens. Pour qui sait interpréter, la numismatique raconte des histoires passionnantes, le guide qui ne sait pas s’ennuie encore plus que moi. Ses bâillements lui coûteront le bakchich !

Bourrelier

Le Moulin de Haxhi Zeka se trouve au nord de la Place de la Mosquée, je traverse des quartiers hétérogènes où de grands immeubles côtoient des pavillons entourés de jardins.  Des ouvriers réhabilitent un canal où coulait le ruisseau qui faisait tourner la roue à aube du moulin. Le Moulin a été détruit en 1999. On visite donc un moulin reconstruit tout neuf(1€) A l’intérieur, il y a des photos d’animaux et des travaux d’écoliers sur le thème de l’environnement.

Je rentre par une rue tranquille, toute en courbes, qui fait le tour des vieux quartiers  et me ramène aux ateliers des artisans puis à la Mosquée.

20 allers et retours dans la piscine de l’hôtel toute seule dans la pénombre. Nous dînons de yaourts et d’abricots  achetés au marché.