Un voyage sur les flancs du volcan. Une rencontre avec les Mayas dans une plantation de café. Maria, 17ans est promise au contremaître, veuf, père de trois enfants. Elle rêve d’autre chose, de l’amoureux Pepe qui, lui, rêve des Etats Unis. Juana, sa mère, rêve de rendre heureuse sa fille. Tous vivent dans la nature sauvage, en osmose avec la nature dont l’air sent le café et le volcan, loin de la civilisation moderne. Ils ne parlent pas espagnol et ne savent même pas lire. Liés au patron et au contremaître qui peut les chasser de leurs terre infestées par les serpents.
C’est un très beau film, décors costumes acteurs d’une grande beauté. C’est aussi une histoire vraie mais ne comptez pas sur moi pour vous la dévoiler. Allez le voir! Il y a des personnages, du suspense..
Femme ou enfant? Clown triste. Amoureuse ou victime ? J’ai consulté Wikipedia pour connaître l’ âge de Giuletta Masina à la sortie de La Strada en 1954, née en 1920 elle avait passé la trentaine!
Zampano : l’homme à la poitrine d’acier, gagnant sa vie avec un tour de force sur le foires. Anthony Quinn magnifique. Est-il doué de raison? Le sens moral a-t-il un sens pour une existence aussi fruste? Qu’éprouve-t-il pour Gelsonima qui l’accompagne sur la route ?
Italie dévastée. Enfant qu’on vend pour 10 000 lires. Pauvre monde des forains. Solidarités de passage. Paysages d’hiver, sous la mer.
A quelques jours de notre départ j’avais envie d’écouter de l’Italien.
Il y tout juste 40 ans disparaissait Pasolini (le 2 novembre 1975) . La lecture du Piéton de Rome de Dominique Fernandez qui l’a fréquenté et qui a écrit une biographie (Dans la main de l’ange) m’a donné envie de revoir ses films. Théorème est sorti en 1968. A l’époque il avait soulevé notre enthousiasme. Fonctionne-t-il encore?
Préambule en sépia délavé : une usine immense, des journalistes interrogent des syndicalistes. Le patron a donné l’usine aux ouvriers. Est-ce une bonne chose? La stratégie n’est-elle pas de transformer les ouvriers en petits bourgeois neutralisant ainsi la lutte des classes…..Rhétorique soixante-huitarde! qui me rappelle certaines scènes de Mia Madre, est-ce un clin d’œil que Nanni Moretti lance ?
En couleur : une demeure très cossue. Une famille de la grande bourgeoisie reçoit des amis. Surgit un jeune homme blond (Térence Stamp), qui va séduire toute la famille. D’abord la bonne qui se jette sur lui puis va s’asphyxier au gaz, le fils qui partage sa chambre et le rejoint dans son lit, la godiche de fille, la mère (sublime Silvina Mangano) avec un brushing très très classe qui se pâme devant un caleçon douteux, enfin le père qui est le patron de l’usine.
Exit Terence Stamp.
La vie de cette famille est ravagée. La bonne retourne dans sa ferme, elle ne se nourrit que d’orties et fait un miracle et finit par léviter au dessus de la ferme. La fille tombe en catalepsie. La mère nymphomane drague au volant de sa Fiat 500. Le fils est le mieux loti, il expérimente des techniques de peinture abstraite. Quand au père il se dépouille au propre comme au figuré, donne son usine aux ouvriers et se déshabille au milieu de la gare de Milan. On le retrouve hagard sur les pentes de l’Etna (ou du Vésuve).
Des images de désert (plutôt) scories volcaniques avec de la musique grandiloquente entrecoupent les séquences de la vie de la famille.
Cela ne fonctionne plus pour moi. J’aurais aimé retrouver l’enthousiasme de ma jeunesse. Les images ont terni (volontairement ternes il semble) le propos s’est aussi affadi, la révolution sexuelle n’est plus à l’ordre du jour. Cette sorte d’ange est bien banal. Que lui trouvent-ils tous?
Je ne l’avais pas vu à sa sortie, je découvre ce film un peu mélancolique racontant des histoires un peu folles : Ivo (Roberto Benigni) entend la voix de la lune dans un puits. Le hauboïste (Sim) se réfugie au cimetière pour fuir les apparitions que convoque un certain accord de son instrument, le Préfet Gonella se sent persécuté par ses voisins et même par son fils….
Des scènes se succèdent quelquefois décousues (on a l’habitude avec Fellini). Des personnages excentriques surgissent dans un décor de petite ville italienne banale. Ou au contraire des italiens ordinaires sont confrontés à des situations improbables, comme la capture de la lune. Poésie décalée.
Critique du monde moderne, comme cette fête grotesque des gnocchis avec l’élection de Miss Farine ou le lancement d’une chaîne de télévision locale. Ivo, notre Pierrot lunaire trimbale l’escarpin argenté d’Aldina et cherche Cendrillon dans une rave party interrompue par la valse dansée par Le Prefet Gonella qui fulmine contre la musique des jeunes qui dansent seuls avec un casque sur les oreilles…
Réveil avec le soleil et un ciel sans nuages. Nous nous dépêchons de partir par Lannion où nous traversons le Leguer . Après une descente interminable, nous découvrons la baie de Saint Michel en Grèves découverte à marée basse sous un soleil radieux, nous l’avions laissée sous les brumes et le crachin la semaine dernière. Deux cavaliers marchent sur le sable mouillé, très mouillé, ils se reflètent. La route longe la lieu de grève. La croix est invisible, la mer n’est pas complètement descendue.
les poivrières de l’Ile blanche
Après Plestin les Grèves nous retraversons le Leguer et entrons dans le département du Finistère. Juste à côté du pont il y a un château avec des poivrières : l’Ile Blanche. La GR34 passe au bas du château, un panneau annonce « servitude de passage uniquement pendant les grandes marées», je traduis mentalement « les randonneurs sont tolérés mais pas les bienvenus » je reste sur l’estran encore bien mouillé et arpente la très belle plage de sable fin de Locquirec. Grande marée, plus soleil et vacances : il y a un monde fou sur la plage, bottés, un râteau ou une griffe à la main, un casier grillagé ou des seaux. Les pêcheurs à pied sont à la fête. Si je les imitais je traverserais la baie jusqu’au port sans remonter sur le GR. Mais eux portent des bottes en caoutchouc et moi des chaussures de randonnées basses que je ne veux pas mouiller dès le matin. Le GR suit la route pendant 50m puis le chemin de la falaise à mi-pente dans les jardins fleuris des maisons accrochées à la colline. Encore un peu de bitume, j’emprunte une petite sente en pente raide qui aboutit à des escaliers « accès à la plage » .je remonte sur la jetée du port et arrive en plain marché. Ce n’est pas le grand marché de Paimpol, c’est un tout petit marché bien sympathique avec un camion de crêpes, un de pizza, un poissonnier, des légumes bio, une fripière qui vend des vestes à 10€ des pulls à 5. Le village parait petit avec des maisons basses blanches. Devant l’église un panneau « Saint Jacques de Compostelle 1927 km », l’église semble marquée par le pèlerinage : un pèlerin est sculpté au sommet de l’église, sur le calvaire il y a encore des pèlerins.
l’église de Locquirec et le pélerin de Compostelle
Le Gr fait le « tour de la pointedu Château». Le beau chemin sablé en corniche bordant de très belles maisons arrive à la petite plage de Porz Biliec. Deux panneaux décrivent les pierres de Locquirec :
la pierre bleue de Locquirec, un schiste datant de 600MA : dépôts sédimentaires mêlés des produits volcaniques puis métamorphisés en aspect schisteux, redressé au cours de différents plissements elle forme l’ossature de la presqu’île de Locquirec selon une bande de Lanmeur à Treguier. Utilisée depuis l’âge du bronze, son exploitation commence au XVIIème siècle …Elle se débite en dalles épaisses mais régulières. De grain fin grise ou bleuâtre ou verdâtre elle est parsemée de feldspaths en grain de riz blanchâtre et en feuillets de mica. Elle est extraite sur l’estran à flanc de falaise….Elle a jadis été utilisée comme moellons pour l’édification des manoirs, du môle du port …pavage des abbayes et églises
L’autre roche est le gneiss de Locquirec
Gneiss de Locquirec
« Cet ancien granite transformé sous l’action de pressions et de températures extrêmement élevées rencontrées au cours de sa longue histoire au sein de la croûte terrestre représente un échantillon de roches les plus anciennes de France. Il a cristallisé il y a environ 2 milliards d’années à partir d’un liquide magmatique pour constituer l’un des joyaux géologiques de la commune de Locquirec »88
lavoir fleuri
La promenade continue dans les fougères au flanc de la Pointe du Corbeau, il monte à un beau panorama puis descend sur la plage des Sables blancs où nous déjeunons sur un banc face à la plage que je traverse de part en part allant voir les pêcheurs à pied. Elle se poursuit jusqu’au Moulin de la Rive. Le parcours devient plus sportif avec des montagnes russes. Je regrette un peu le bâton de marche que j’ai laissé dans la voiture. Mais il est bien entretenu. On a tondu l’herbe sur une largeur de 2m, les marches de bois sont revêtues d’un maillage métallique pour éviter de glisser
Quad j’arrive sur la plage il y a une belle averse qui met fin à la randonnée
après la pluie, le beau temps
Nous terminerons le parcours en voiture à Poul Rodou avec la chance de voir un bel arc en ciel
Pierre Grimal, historien renommé, est l’auteur de ce roman historique très sérieux et très documenté. Agrippine la jeune, fille d’Agrippine et de Germanicus a vécu pendant les règnes, de Tibère, Caligula son frère, Claude, son oncle, qu’elle épouse et finalement Néronson fils.
agrippie et néron
Introduction parfaite à notre voyage à Rome. J’ai donc lu avec beaucoup d’intérêt ce roman très dense et touffu.La lecture n’en est pas toujours facile, les Romains affectionnent les mêmes prénoms. Je rencontre donc deux Agrippine, deux Nero, plusieurs Drusus. Caligula est nommé, par sa sœur Gaius…. Intrigues et mariages d’intérêt font intervenir de nombreux personnages qui se marient, divorcent ou se trucident avec une facilité déconcertante.
J’ai beaucoup aimé le Livre I Le temps de mon père (Germanicus) qui se déroule à Athènes, en Syrie et en Egypte. Agrippine, petite fille, apprend les différentes mythologies, découvre Isis et les Pharaons…Dans le Livre II Mon grand-oncle Tibère nous rencontrons Livie et l’ombre du dieu Auguste est encore très présente. L’empire vient de s’installer mais on évoque encore les temps de la République….Claude, qui n’est pas destiné à devenir empereur, emmène la jeune fille dans les tombeaux étrusques, occasion d’évoquer encore d’autres légendes….
Messaline et ses enfants
Intrigues et conjurations, exils et persécutions, Tibère n’est pas tendre avec les descendants de Germanicus. L’espoir d’un Empereur jeune et dynamique à la proclamation de Gaius (Caligula) est vite déçu. Grisé par le pouvoir, il se croit tout permis. Claude aurait été plus sage sans Messaline. Cette dernière évincée, Agrippine épouse Claude et devient Impératrice. Elle intriguera encore pour que Néron son fils, soit adopté par Claude et évince Britannicus….
Agrippine, sortie de l’enfance n’est guère sympathique. Imbue de ses origines nobles, elle aspire au pouvoir, pour elle et pour Néron. Quand les conspirations ne suffisent pas elle n’hésite pas à recourir au poison. Les mœurs des Romains sont terribles!
Trébeurden est une station balnéaire comme Trégastel et Perros Guirec. Le village est en retrait, les plages un peu plus loin. Comme dans les autres stations, il y a de magnifiques villas début 20ème Siècle avec vue sur mer derrière de véritables parcs. Le GR34 court donc dans les rues et la mer est souvent cachée. Ce n’est pas désagréable de flâner et de regarder cette architecture balnéaire cossue, plutôt homogène, avec hautes maisons de granite rose, toit d’ardoise à grands pans, les maisons d’architectes plus modernes sont rares. La marina est très grande. Une plaque attire mon regard : AristideBriand est à l’honneur, son amie Lucie Jourdan, était la propriétaire de l’île Millau, il y règna donc une vie mondaine à l’époque de la 3ème république. De toutes les actions politiques de Briand, c’est surtout la laïcité qui est mise en avant, étonnant pour la Bretagne !
En attendant Dominique qui a fait les achats pour le pique-nique, je fais le tour de la petite presqu’île du Castel en face de l’ïle Millau où on pourrait aller par marée basse. C’est une belle promenade avec une vue panoramique sur la marina et la baie parsemée d’écueils.
Je longe la belle plage de Tresmeur équipée de cabines de plages en ciment. Une bonne odeur s’échappe de la mini-crêperie. Plus loin il y a de beaux restaurants de fruits de mer ou gastronomiques.
Au bout de la plage le GR monte à l’assaut de la colline vers la Pointe de Bihit dans de hautes fougères roussie. Le tour de la presqu’île déserte est sportif, on grime parmi les rochers. Le Gr34, entre la Pointe de Bihit et la plage de Port-Maboest fermé à cause d’écroulements. Il faut prendre la route en corniche.
Pique-nique à la Plage de Port-Mabo petite anse avec rochers et sable fin, ainsi que du goémon. La ville de Trébeurden a apposé des panneaux de bois, pour expliquer aux estivants l’intérêt biologique des laisses de mer où vivent insectes et crustacés entrant dans la chaîne alimentaire des poissons et des oiseaux. Pour protéger la biodiversité la municipalité a décidé de ne pas ramasser ces laissées sur des secteurs de la plage et de ramasser manuellement les déchets provenant de l’activité humaine. Autre panneau publiant les tailles minimales des divers coquillages et crustacés pêchés à pied. Deux familles et une couple d’Allemands seulement occupent la plage. Nous sommes donc bien tranquilles.Le ciel s’est voilé. Le beau temps s’estompe.
De la Plage de Port Mabo à la Pointe de Servel le GR est beaucoup plus sauvage et sportif, il monte et descend sur les falaises couvertes de fougères et d’ajoncs. Au sommet, je découvre la maison-phare : un phare rouge est installé au premier étage d’une maison privée. Nous avions déjà vu celui de Port La Chaîne qui lui ressemble. Après une descente très escarpée on arrive à la petite plage Mez an Ard juste avant la pointe. Je rebrousse chemin et arrive toute en sueur après les montées raides.
Avec un petit retard sur le planning, je rejoins Claudialucia et Nathalie dans notre exploration de l’oeuvre de Victor Hugo à la suite d’Hernani lu en février.
Sacrilège ou provocation?
J’ose à peine l’écrire, mon premier contact avec Ruy Blas a été cinématographique (jusque là, tout va bien, Claudialucia cite Vadim). Là où cela se gâte, c’est que Don Salluste aura toujours pour moi la tête de Louis de Funès et Ruy Blas celle d’Yves Montand (j’adore), la duègne celle d’Alice Sapritch (je suis fan absolue) et la reine celle de l’oie blanche du film. J’ai vu et revu La Folie des Grandeurs qui passait autrefois à la télévision.
Après ce préambule, j’avoue que ma lecture a été parasitée par ce souvenir. Qu’est-ce qui est vraiment Ruy Blas , qu’est-ce qui est invention de La Folie des Grandeurs ?
Heureusement Victor Hugo a écrit une préface fort intéressante pour situer la pièce, dans le contexte historique et théâtral (et une postface aussi)
« Dans Hernani, le soleil de la maison d’Autriche se lève ; dans Ruy Blas, il se couche… »
« le royaume chancelle, la dynastie s’éteint, la loi tombe en ruine…. »
Drame romantique, il a mêlé comédie, tragédie
« Don Salluste serait le drame, don César la comédie , Ruy Blas la tragédie… »
Critique de la vie de cour : Don César, grand d’Espagne, mais aventurier s’apparente plutôt à Hernani :
« Avec les gens de cour, vos pareils, don Salluste
Je vous laisse, et je reste avec mes chenapans
Je vis avec les loups, non avec les serpents »
Tandis que son faux double Ruy Blas, le laquais amoureux, oublie sa condition et croit que la corruption qui ruine le régime peut être corrigée en cessant de pressurer le peuple:
« l’Etat s’est ruiné dans ce siècle funeste
Et vous vous disputez à qui prendra le reste »
Reproche-t-il aux Grands d’Espagne corrompus
« Ce grand peuple espagnol aux membres énervés,
qui s’est couché dans l’ombre et sur qui vous vivez,
Expire dans cet antre où son sort se termine
Triste comme un lion mangé par la vermine… »
Ruy Blas n’annonce ni réforme ni révolution car Don Salluste, apparaît et lui fait retrouver son rôle de laquais.
Toutefois, j’ai préféré Hernani, plus riche en rebondissements imprévisibles – surtout le retournement de Charles Quint et en personnage plus complexes.
Pour toutes les blogueuses de ma connaissance qui suivent passionnément les polars islandais et Erlandur, voici des images hivernales…..
Attention, ce n’est pas un polar, ni un film d’action, encore moins un documentaire avec volcans et glaciers! Plutôt un film contemplatique, lent, avec un humour décalé qui raconte l’histoire de deux éleveurs de moutons, deux frères Gummi et Kiddi dont les fermes sont voisines mais qui ne s’adressent plus la parole depuis quarante ans,. Leur passion, ce sont leurs moutons. Voilà que la tremblante se déclare dans la bergerie de Kiddi….
Les acteurs sont extraordinaires, vieux, barbus, un peu ventripotents, taiseux….
Les moutons sont magnifiques, avec leur laine mousseuse (toilettée).