la côte des Ajoncs

CARNET DU TREGOR 

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Par un jour splendide, nous décidons d’explorer la Côte des Ajoncs entre Port Blanc et Plougrescantet l’estuaire du Jaudy.

Le plus difficile est de trouver le départ du GR34 quand la côte est urbanisée ou quand il y a des rochers. Un circuit touristique Trégor – Ajoncs est fléché pour les automobilistes. La petite route traverse la baie de Pellinec au lieu-dit du Sémaphore Départ à Bugueles en face du très joli îlot de Bilo et de l’île Islan. La mer est basse, la baie rocheuse, partout des rochers pointent. Difficile de deviner l’écueil qui sera immergé de l’îlot désert. Une maison au toit rouge est construite sur un îlot, deux bateaux colorés reposent sur le rocher ; l’un est vert et rouge, l’autre,  bleu et blanc. En face la presqu’île est boisée. Peut être est-ce l’île Balanec qui est reliée au continent par marée basse.

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Bugueles

Le GR34 est introuvable, il doit pourtant passer là, il figure sur la carte au 1/25.000ème  et j’ai vu une balise, mais une seule ! Quatre randonneurs nous doublent, un monsieur revient en arrière, nous indiquer que 50m plus loin, il y a un parking où on peut laisse la voiture. Je n’ose pas les suivre, j’aurais dû, pourtant puisque le sentier est toujours introuvable. IL y a petit port, quelques bouées, et des barques en plastique alignées debout sur le quai. . Le GR devrait longer la baie de Gouermel, grande baie ronde complètement abandonnée par la mer ce matin. Toujours pas de balises. Enfin, je les trouve au bout de la plage.

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Les rochers sont spectaculaires, presque aussi beaux que sur la côte de Granite Rose. Une maison de granite aux volets bleus est perchée sur un amas rocheux, à marée haute sera-t-elle entourée d’eau ? Les maisons sont construites à l’abri des rochers, le plus souvent elles s’y adossent, parfois elles sont complètement encastrées. Au Port Scaff, les blocs sont particulièrement imposants. Je marche tantôt sur le sentier, tantôt sur les galets de la plage.

Le point le plus remarquable est le Gouffre, chaos rocheux à l’arrière d’un bassin rempli d’eau. Une maison encastrée entre deux énormes rochers se reflète dans l’eau. Des cheminements ont été installés et une maison du Littoral (fermée le week-end) organise des promenades géologiques. C’est le premier endroit où je rencontre des touristes, des familles qui font des selfies sur les rochers. Sur le sentier je croise plutôt des randonneurs, grosses chaussures, sac à dos, carte IGN à la main, et surtout ils disent bonjour !

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Je retrouve Dominique au parking du Gouffre. Impossible de pique-niquer là, il y a vraiment trop de monde, d’autant plus que nous avons un pique-nique du dimanche avec des pinces de crabe,  des crevettes grises, un avocat, du comté et du kouign aman. On mange sur un banc avant Port Scaff près d’une rampe où on peut descendre des barques.

La mer monte vraiment très vite. Elle avance de façon spectaculaire. Là où on voyait des rochers orange, gris, pointus, déchiquetés il n’y a plus que de l’eau bleue. Les pêcheurs rament dans des petites barques en plastique jusqu’à leur bateau.

Je continue le sentier vers la Pointe du Château au lieu des formes étranges des blocs des chaos rocheux de Ploumanac’h les rochers ressemblent plutôt à des chicots qui pointent vers le ciel. Après la Pointe le sentier descend vers l’estuaire du Jaudy . Je reconnais la promenade de vendredi du Sillon de Talbert à Kerbors. Deux petits ports à Pors Hir et Le Castel des petites plages. Le sentier est rustique entre des fougères roussies.

C’est sûrement le plus beau jour ensoleillé des vacances. La côte des Ajoncs est vraiment pittoresque un peu moins connue que la Côte de Granite Rose mais aussi belle et moins bondée.

Du Sang sur Venise : Maud Tabachnik

IL VIAGGIO

le sang de Venise

Le train est arrivé un peu en retard à l‘étape vénitienne du voyage organisé par Eimelle. Il faut prendre le train de nuit pour arriver le matin dans la lagune glisser sur l’eau et sortir de la gare en face du Grand Canal. Cela a beaucoup plus d’allure que d’atterrir banalement à l’aéroport….

Suivant le conseil de Claudialucia, je me suis promenée dans le Ghetto en 1575, à la veille d’une peste meurtrière. L’histoire commence à la veille de Pâques : un enfant est repêché, mort,  dans un canal proche du Ghetto. Inutile de chercher l’assassin, les coupables désignés sont les Juifs et le motif : le meurtre rituel. Des notables sont pris en otages. Un moine franciscain attise le ressentiment contre la Communauté juive….

Rachel da Modena, fille du banquier Asher, intelligente, belle, éprise de culture qui a pour amie Sofia Gritti va mener l’enquête qui innocentera les Juifs.

L’enquête se traîne dans la première moitié du livre – forcément puisque personne ne cherche le coupable – elle est rapidement résolue ensuite. Ce n’est donc pas un thriller qui va vous faire tourner les pages.

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L’intérêt est ailleurs : dans la promenade dans Venise du 16ème siècle au temps du Titien.

Je me suis surtout intéressée à l’analyse géopolitique : Venise commerce avec La Sublime Porte. Les Juifs établis à Smyrne, Constantinople ou Salonique sont des intermédiaires obligés. Après la Bataille de Lépante Venise est en rapport de faiblesse avec les nouvelles puissances L’Espagne et l’Autriche qui menacent sa suprématie. Le Pape exige des gages de Venise, le sacrifice du Ghetto en est un, bien que le Saint Père ne croit pas aux meurtres rituels….Entre deux pages je devine la figure du Duc de Naxos, narrateur de La Senora de Catherine Clément.

Hadassa – Myriam Beaudouin

AUTOMNE QUÉBÉCOIS

HADASSA

Incipit :

« J’ÉTAIS VÊTUE SELON LES NORMES du contrat qui excluaient le blouses sans manche, les jupes au-dessus du genou, les pantalon, les tissus qui brillent, les coupes ajustées…. »

……..

« Pendant 9 mois, cinq jours sur sept, quartier hassidique, j’avais partagé le temps avec dix-huit visages de lumière, et un amour de onze ans, extravagant. J’avais fait ce détour dans une vie bien remplie de détours. J’avais connu Hadassa, onze ans. Au cours de l’été qui venait elle serai Bat Mitzva, et je ne pouvais rien faire pour retarder le temps où elle passerait au troisième étage, apprendrait à tenir une maison, cuisiner selon des prescriptions strictes, maintenir la pureté lors de ses menstruations. Mon temps d’escale auprès des petites filles d’Israël était achevé… »(p. 208)

Alice, la narratrice est une jeune professeur de français qui découvre le monde fermé des Hassidim de Montréal, ses prescriptions strictes et ses coutumes. Elle devra se faire accepter par les jeunes filles et tentera de leur faire découvrir le monde des livres. 

 » – La Liberté?

c’est une statue madame!…..

la liberté c’est quand on ne doit rien à personne, quand on fait ce qui nous plait quand on veut…..

Non ce que tu dis, c’est être spoiled! »

C’est un roman très sensible, tout en nuances, dans  Montréal multiculturel, tolérant.  On y parle aussi bien Français qu’Anglais ou Yiddish que mélangent allègrement les  fillettes ; ce qui donne une saveur particulière à la langue ou les « très beaucoup » sont calqués sur les very much qu’on devine, où les mots yiddish ne savent être traduits quand ils concernent les traditions.

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L’épicier du quartier emploie un pianiste polonais (Chopin bien sûr) tout le monde s’y retrouve pour acheter les légumes (qui n’ont pas besoin d’être cacher) …

Les hommes ne sont présents (à part Charles et Jan qui tiennent le magasin) que dans le regard des femmes. Regard des femmes bridé quand elles observent la noce derrière un rideau.

En ce moment, une très belle exposition photo au Musée du Judaïsme à Paris sur ce regard féminin .

                 9 janvier 2015 – 24 janvier 2016
Myriam Tangi
       Mehitza. Ce que femme voit

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Une grande nostalgie transparaît entre le passage de onze à douze ans.  Entre les fillettes de onze ans insouciantes qui jouent encore à la poupée et écrivent de gentils poème tandis que les douze qui déjà manient la censure et qui ont intégré leur rôle de femmes.

Il y a aussi une discrète histoire d’amour que je vous laisse découvrir!

merci à Aifelle qui m’a fait découvrir ce livre!

lu dans le challenge de l’automne québécois

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Tréguier, Paimpol sous la pluie – abbaye de Beauport

CARNET DU TREGOR 

Tréguier : les tour des armateurs à l'entrée de la rue Renan
Tréguier : les tour des armateurs à l’entrée de la rue Renan

Temps maussade, crachin et averses.

Mardi, c’est jour de marché à Paimpol.

 Tréguier se trouve sur notre route. . On nous  donne un plan à l’office du tourisme près du port. Je remonte la rue Renan gardée du côté du port par les deux tours d’armateurs, tours carrées qui étaient des greniers à blé. Elle est bordée de nombreuses maisons à pans de bois aux poutres colorées  et par des maisons de pierre dont on a égayé les fenêtres par des mouettes ou aigrettes de bois, des boutiques d’artisans, des librairies, des crêperies en font une promenade vivante même sous la pluie.

la maison de Renan
la maison de Renan

La maison de Renan est une belle demeure du 16ème siècle à poutres jaunes et bois tourné. Elle est maintenant un musée qui se visite en saison mais qui est fermé aujourd’hui. On ne devinerait jamais que cette maison a un jardin, presque un parc et qu’elle est très vaste. Je n’ai rien lu de Renan, il serait peut être temps de se documenter. Plus haut, un bistro est à l’enseigne du Bistro d’Ernest, sur la grande place du Martray une statue figure le  grand homme  en bronze, assis sur un banc, derrière lui une femme qui ressemble à Minerve brandit une couronne de laurier, ou un rameau d’olivier, figure-t-elle la gloire, la science ?

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La cathédrale Saint Tugdal

Le premier édifice fut détruit par les Normands, de la construction romane du 12ème siècle il reste la tour Hastings, en 1339, sous l’impulsion de Saint Yves elle fut remplacée par un édifice gothique. Sa nef est très haute, très claire. Des vitraux modernes (1970) sont colorés. Certains sont figuratifs d’autres plus décoratifs comme la grande verrière du transept.

Nous aurions aimé visiter le cloître mais n’avons pas trouvé l’entrée (il fallait le chercher dans la cathédrale) et nous voulons arriver à Paimpol avant la fin du marché

Paimpol

Le port de Paimpol
Le port de Paimpol

Facile de trouver le marché, on demande le centre-ville au GPS et ensuite on suit les gens qui portent des cabas La marché occupe plusieurs petites places et les rues adjacentes. C’est un joli marché avec de nombreux poissonniers, des fromagers, des charcutiers et bien sûr des fruits et légumes, comme dans tous les marchés de province les étals de vêtements et chaussures. Les camions de crêperies sont nombreux et on y fait la queue ainsi que des foodtrucks.

Paimpol et sa falaise

Paimpol et sa falaise!
Paimpol et sa falaise!

On a beau connaître la Paimpolaise il n’y a pas de falaise.

Comme la pluie a recommencé nous cherchons un endroit pour déjeuner dans la voiture. Pas de parking possible devant la plage, largement découverte, les coefficients de marée sont élevés. On retourne au port pour avoir une vue plaisante. Le port est plus une marina qu’un port de pêche. Les trois gros bateaux pour Brehat stationnent au milieu du bassin. Les bateaux de plaisance sont gros et très nombreux ; les bateaux de pêches sont colorés, je remarque à l’arrière des chaines et crochets pour pêcher la coquille Saint jacques.

L’abbaye de Beauport

le puits de l'Abbaye de Beauport
le puits de l’Abbaye de Beauport

A 3km de Paimpol, non loin de la côte, dans un endroit verdoyant au bas d’une colline, nous découvrons l’abbaye. On voit d’abord les ruines de l’église abbatiale gothique. La nef a perdu sa couverture et il ne reste que les ogives romantiques. Un rosier encore tout fleuri égaie les baies qui ont perdu leurs vitraux.

Roses et ruines
Roses et ruines

On entre dans le bâtiment des hôtes 17ème siècle, les caisses sont installées dans une vaste salle. On découvre les celliers qui sont des caves avec de beaux piliers. Après avoir traversé un jardin je découvre le Bâtiment au Duc où des fouilles archéologiques ont mis à jour des fours bronziers. Une énorme cheminée est le seul meuble.

Petites choses et grande photo
Petites choses et grande photo

On a utilisé la grande salle pour une jolie exposition les Petites choses de Denis Pochard : sculptures éphémères à base d’éléments floraux, végétaux, organiques, reflet de leur environnement à une saison données qui existe d’après leur représentation photographique. Les photos sont en grand format sur fond blanc, très colorées tandis que ce qui a servi de modèle est présenté sous cloche flétri, à moitié desséché, je reconnais des pinces de crabe qui font des derrières et des jambes parfaites de sorte de lutins follets, un dahlia fané est une tête folle, un demi citron desséché, un bonnet ou une coiffe. Je peux alors retourner aux photographies et j’identifie, ici, une asperge, là une fleur. C’est futé.

Petites choses séchées sous cloche
Petites choses séchées sous cloche

Nous traversons passage aux champs, jardin de simples, romarin, oseille, thym et autres.

Dans le cloître des buis ont une taille ondulante et non pas géométrique comme dans les jardins à la française. Une végétation exubérante de fougères, mousses, lianes dégouline des ruines. La salle capitulaire est joliment décorée de colonnes jumelles et d’arcatures d’une roche volcanique verte très délicate. Le mélange des roches donne un charme particulier à l’abbaye. Je m’étais habituée aux monuments sévères de granite. Ici on a sculpté du calcaire fin, du grès donne des teintes rouge. Nous retournons à l’église abbatiale  .

cloitre
cloitre

Après avoir cherché le canal hydraulique qui circule profondément dans une tranchée le long du bâtiment au duc nous faisons le tour du jardin clos conservatoire de variétés anciennes de pommes, grands pommiers dans les carrés délimités par des pommiers en espalier dont j’admire la taille. Jamais je n’oserais tant tailler et ne garder que des moignons de branches de quelques cm. Le long du mur regardant le midi une vigne court, admirablement taillée elle aussi.

Je termine la promenade en allant à la mer, de l’autre côté de l’abbaye ;  des vaches noires et blanches paissent.

Tigres de papier – cinq siècles de peinture en Corée – au Musée Guimet

LE MONDE EN EXPOS

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Exposition temporaire du 14 octobre 2015 au 22 février 2016.

De la Corée, je suis bien ignorante, en dehors de mon téléphone Samsung qui m’accompagne partout, de quelques films (Poetry m’avait laissé un bon souvenir)….

C’est donc sans idées préconçues que j’ai abordé la très belle exposition du Musée Guimet et que me voici subjuguée par la finesse et la délicatesse de cette peinture que je découvre.

Montagnes de diamant
Montagnes de diamant

Paravents, peinture sur soie ou papier précieux. Surtout des paravents aux motifs variés. Paysages de montagnes très escarpées aux cascades vertigineuses et aux forêts accrochées aux versants. Récits historiques prodigieusement détaillés comme cette fête à Pyongyang entourée de remparts. Paravents aux fleurs et oiseaux. Aux poissons. Papillons.  Chasses au tigre …

Maître Kong (Confucius)
Maître Kong (Confucius)

Panneaux colorés des nombreuses divinités, bouddhisme, confucianisme, taoïsme, aussi chamanisme. L’éventail des divinités et croyance est très ouvert. Je me perds un  peu dans le panthéon asiatique. Une divinité de la Petite Vérole m’intrigue. L’importance accordée aux bibliothèques, pinceaux de calligraphes, rouleaux de papier dénote un peuple lettré. J’aurais peut être besoin d’un guide pour identifier les dieux et démons, les symboles.

Inlassablement je photographie les animaux, admirant la finesse de l’observation, la simplification des tracés, quelques coups de pinceau de calligraphe suffisent pour traduire le vol d’un oiseau. Infinie délicatesse des pivoines ou chrysanthèmes. Tronc des arbres d’une plastique merveilleuse.

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paravent fleurs coq et poule

J’aurais envie de revenir copier les silhouettes des animaux. Quelle maîtrise du trait!

Une halte au restaurant du Musée au sous-sol. C’est un peu sombre et un peu froid mais dans le quartier d’Iena, rien à espérer de mieux. Pour 19€ : un menu entrée+plat ou Plat+dessert et une carte variée. J’ai pris une salade royale, sur de la salade verte des lamelles de poulet, de crevettes roses, carottes râpées, un petit pavé d’ananas frais, des noix de cajou. Rien d’extraordinaire, mais c’est frais et très bien présenté. Le bar à la vapeur servi avec des lamelles de gingembre de ciboulette, est excellent, une sauce l’accompagne très fine, ni trop salée ni forte. Riz blanc dans un bol de porcelaine. mais la carte est variée, les vermicelles au poulet étaient délicieux ainsi que le flan au coco.

livres bibliothèques, intérieur d'un lettré
livres bibliothèques, intérieur d’un lettré

la Carte Blanche à Lee Bae, plasticien contemporain,  sur le thème du charbon : des fagots de charbon mis en place sur du papier blanc, ne m’a pas convaincue. Une vidéo présente l’artiste, le montre en train de travailler, de calligraphier en noir et blanc, de jouer avec les encres et peintures noires…puis on voit le rite coréen de la mise à feu de la Maison de la Lune au nouvel an, feu de la Saint Jean asiatique. Les charbons exposés en proviennent-ils? Je ne le saurai pas.

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Un peu plus loin, au 19 av. d’Iena, une autre exposition Intérieur coréen, oeuvre de In-Sook Son présente des textiles, patchworks,broderies et costumes traditionnels. Magnifiques parures, c’est la troisième exposition, je sature un peuet n’apprécie pas ces objets à leur juste valeur.

 

L’Hermine – Christian Vincent

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Dans le programme des dernières semaines des Cinémas du Palais, l’Hermine n’était pas mon premier choix.  Et même,mercredi dernier, j’avais préféré rester à la maison alors que j’avais prévu de le voir….

Excellente surprise! Lucchini se bonifie, s’humanise.

 

Un film à suspens, la Cour d’Assises comme  un théâtre avec son cérémonial, ses costumes, et  ses rebondissements. Le tribunal comme révélateur d’une région, d’une ville Saint Omer, avec ses notables et ses déshérités. L’entêtement de l’accusé qui répète « j’ai pas tué Melissa ».  L’humanité des jurés qui, honnêtement, veulent comprendre.

Goliarda Sapienza – L’ART DE LA JOIE

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Je ne suis pas mécontente d’être arrivée au bout de cet énorme pavé si pesant! (vive la lecture électronique quand les 500 pages sont dépassées). Pesant au sens propre et parfois figuré.

L’Art de la Joie raconte la vie de Modesta (quel prénom inapproprié pour une princesse tout sauf modeste). Née le 1er janvier 1900. Le livre se termine dans les années 60. Toute l’histoire de la Sicile défile, deux guerres mondiales, le fascisme, la libération de la Sicile, les compromis politiques après…Histoire des idées, Modesta est très cultivée et partage ses lectures avec ses amantes et ses enfants. Irruption de la psychanalyse.

l'artdela joieCet aspect historique est très intéressant.

Particularismes de la Sicile. Chaque fois Modesta se démarque du continent : coutumes, usages, cuisine… c’est donc exotique et dépaysant.

Modesta naît dans un milieu misérable, avec sa mère et une sœur mongolienne. Quand son père apparaît c’est pour consommer un inceste. La petite fille est confiée aux religieuses d’un couvent où elle va acquérir une excellente éducation : lectures, musique et même astronomie. La Mère supérieure la remarque et lui donne l’occasion de s’introduire dans sa famille noble comme préceptrice de la petite princesse. Modesta se fait apprécier et épousant le fils de famille mongolien devient princesse aussi?

Après l’épidémie de grippe espagnole, Modesta, maintenant chef de famille, quitte la campagne pour Catane. Elle met au monde un enfant, adopte celui que son mari a fait à son infirmière, fait venir une nourrice et son fils. La villa au bord de la mer se remplit d’enfants et d’invités. Nous suivrons maintenant les aventures de toute cette tribu et de ceux qui fréquentent la maisons, domestiques mais surtout amants, militants, amantes….

L’Art de la Joie est l’histoire d’une femme libre, féministe et très sensuelle. Grande amoureuse, Modesta a vite compris qu’il fallait vivre au bout de ses passions parce que l’amour finit par lasser et ne dure pas. Amoureuses et amants se succèdent. Pas de mari, elle ne veut pas de maître. Cet aspect  est parfois ennuyeux. Modesta est irrésistible, ni femme ni homme ne lui résiste. Séductrice, belle, sûre d’elle même. Et agaçante pour la lectrice qui la trouve bien imbue de sa personne. Et puis le sexe c’est excitant quand on le vit pas forcément quand on le lit.

Le livre est écrit essentiellement sous forme de dialogues souvent répétitifs. Combien de fois elle se serre contre sa partenaire, sent son sein chaud, la (le) couvre de baisers. Heureusement l’intendant lui apprend à monter à cheval, le médecin lui apprend à nager, Joyce la psychanalyse, Nina l’anarchie …

Livre féministe, dépeignant une femme très forte, très belle, très intelligente, n’en jetez plus! Certains aspects sont quand même très limite. Modesta a quand même tué deux femmes pour monter l’échelle sociale. Elle est toujours à la limite de l’inceste…

On se laisse immerger dans ce roman-fleuve qu’on rejette parfois pour le reprendre plus tard. Comme l’a très bien écrit Celine de Babelio, on ne sait pas vraiment si on a aimé!

Le Radôme de Pleumeur-Bodou : musée des télécommunications

CARNET DU TREGOR 

Le Radôme de Pleumeur-Bodou
Le Radôme de Pleumeur-Bodou

Radôme : Rad pour Radar, Dôme pour Dôme.

Le Radôme fut construit en 1962 pour capter les émissions du satellite Telstar : le dôme blanc abrite l’antenne PB1  et fut en service jusqu’en 1985.

Telstar
Telstar

Il est l’attraction majeure d’un Parc de Loisirs comprenant La Cité des télécoms, le Planétarium de Bretagne, un village Gaulois.

Par un jour gris et humide, nous partons pour Pleumeur Bodou. Sous une belle halle en triangle, je me suis passionnée par cette Odyssée des Télécoms.

 

 

Les pères Fondateurs :

maquette du télgraphe deCchappe
maquette du tél graphe de Chappe
  • Chappe (1763-1805) et l’invention du télégraphe optique (héritier des signaux de l’Antiquité) en 1794 dans la France de la Révolution en guerre. Le réseau télégraphique fut mis en place pendant tout le 19ème siècle.
  • Samuel Morse (1791-1892) inventa le code morse en 1838.perrosdt2015 005 - Copie
  • Marconi (1874-1938) permis avec les ondes hertziennes les premières liaisons transatlantiques
  • Les Frères Lumière inventèrent le cinéma en 1895
  • Hollerith 1860-1929 inventa les cartes perforées en 1890 et fonda la Tabulating machine Co qui devint IBM
  • Lee Forest mit au point en 1906 la lampe triode à la base de l’invention de l’électronique
  • Eastman(1854-1932) inventa la pellicule souple
  • Edison (1847-1931) 1877, phonographe
  • Graham Bell (1847-1922) inventa le téléphone en 1875

    Téléphone mural
    Téléphone mural

Chacun de ces hommes illustre figure avec son invention dans une vitrine, très beaux objets.

Les téléphones anciens, muraux en bois ou en métal sont particulièrement décoratifs.  Surtout le Ericsson 1900 avec sa poignée ciselée. .

Un petit amphithéâtre permet de visionner un film retraçant l’histoire des communications : Le Murmure du Monde (17mn)

La salle suivante présente toutes sortes de télégraphes électriques

  • 1837 : télégraphe de Morse à ruban, robuste fut adopté en France en 1855

Mais d’autres systèmes que celui de morse, avec d’autres codes ont été utilisés jusqu’au milieu du 20ème siècle

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Télégraphe Morse à ruban
  • 1844 –  le télégraphe de Breguet à cadran qu’on tournait,  fut utilisé dans les voies ferrées
  • 1856 – le télégraphe de Hughes avait un clavier à touches de piano blanches et noires portant les lettres il permettait des transmissions à 40mots/mn et fut retiré définitivement en 1948
  • Le télégraphe Baudot n’avait que 5 touches avec 5 impulsions d’électricité positive ou négative utilisait le code Baudot.

Eclaireuse, j’avais appris le code morse comme tout bon scout qui se respecte mais j’ignorais que d’autres techniques et codes étaient utilisés.

Le complément logique du télégraphe est bien sûr le câble transmettant les signaux.

Les Télécoms sous-marins sont le sujet de l’exposition suivante. Une cale de bateau en bois lambrissée avec des hublots ronds  sert de décor présentant une énorme cloche qui était une cuve où était enroulé le long câble. Des gravures montrent comment il fut enroulé et déroulé. L’histoire des câbles sous marin est aussi celle des empires européens au 19ème siècle. Les Britanniques préfèrent la voie terrestre via la Turquie pour joindre les Indes(1865) ou via la Russie (1868). Mais pour le continent américain il n’y avait pas le choix.

Une autre salle est consacrée à ces câbles dans un décor abyssal, dans une pénombre bleutée avec des rochers noirs. Les câbles et les grosses ogives des répéteurs et amplificateurs sont posés sur les fonds ; Il y a aussi un robot pour la maintenance de ces câbles, sorte de petit tracteur autonome.

Les câbles sous-marins ont évolué en un siècle et demi :

  • 1850- 1960 : le câble contenait un seul conducteur en cuivre et servait surtout au télégraphe
  • 1950-1990 : câble coaxial permettant de conduire les conversations téléphoniques
  • 1983 : la fibre optique est un conducteur universel pour le téléphone et pour le numérique.

A 11h30 il y a un spectacle son & lumières dans le Radôme

On y entre par un sas. Dans l’entrée une maquette du satellite Telstar est suspendu dans une ambiance « années 60 » des images d’actualité sont projetées : les funérailles e Kennedy, dans un mur des écrans de télévision montrent des émissions dont je me souviens bien Bonne nuit les petits, Thierry la fronde, Les Saintes chéries, Le mot le plus long, Catherine Langeais présente une émission, la mire….souvenirs…

l'antenne éclairée pendant le spectacle
l’antenne éclairée pendant le spectacle

Pour entrer sous le dôme il faut attendre l’hôtesse qui parle avec un écho étrange dans la pénombre. Sous le dôme des poutrelles construisent un étrange échafaudage qui supporte un énorme cornet : l’Antenne, oreille capable de capter les signaux très faibles renvoyés par Telstar. Le Radôme est un ballon de dacron gonflé à l’air en surpression (la pression dépend de la météo)    . Haut de 50m de 64m de diamètre. Le spectacle destiné à tous public est inégal, l’intervention de deux personnages qui grimpent aux poutrelles est destinée aux enfants, mais la suite est passionnante. Il y est raconté l’histoire du montage en 116 jour de cette structure impressionnante, il y est expliqué comment Telstar n’était audible que 20minutes par jour, il a transmis des émissions de télévision en Mondiovision.  On entend Yves Montand, on voit la couverture de Salut les Copains, avec les couleurs de l’époque. Les satellites géostationnaires ont rendu caduque l’Antenne. Le spectacle se termine en lumière colorées.

cet arbre est une éolienne
cet arbre est une éolienne

Sur l’esplanade devant le globe un grand tableau Landart, vert et blanc. Au centre un bloc de granit imitant un menhir immortalise la visite du Général de Gaulle. Tout autour des installations de deux télégraphes de Chappe permettent aux enfants de s’envoyer des messages, deux cabines sont reliées par des fils qui chantent sont une manipulation grandeur nature, pour communiquer en morse, il y a aussi une cabine autonome avec panneaux solaires et éolienne pour les régions où l’énergie électrique n’arrive pas. Il y a aussi un arbre à énergie, dont les feuilles en plastique vert sont de petites éoliennes. Plus loin,  diverses paraboles complètent le cercle.

Sous la halle, à l’étage il y a une exposition temporaire sur les Illusions d’Optique exposition très fournie et très pédagogique, ludique aussi. On participe, certains illusions sont spectaculaires, on le les ressent pas toutes cependant.

Au rez de chaussée, les Télécoms spatiales, une belle salle autour d’une photo aérienne de la Bretagne et des Pays de Loire, raconte la suite de l’histoire avec des maquettes de satellites et de la fusée Ariane. Des vidéos racontent les lancements de la fusée. Après avoir lu attentivement toutes les explications sur l’histoire du télégraphe je n’ai plus la patience et la concentration pour étudier sérieusement cette histoire.

Le temps s’est éclairci. Nous pouvons pique-niquer à l’extérieur (salade de pommes de terre, thon anchois, olives).

La tête reposée, je peux affronter une dernière exposition Les Coulisses du monde digital qui commence par l’algèbre de Boole passe par les langages Fortran, Cobol ou Basic inconnus maintenant du grand public dont j’avais entendu parler, étudiante, quand l’ordinateur était réservé aux spécialistes. Avançant dans la chronologie, on voit l’évolution des téléphones, et des explications un peu abstraites, beaucoup à lire. Je n’accroche pas trop.

Comme le temps s’est éclairci et qu’il fait un pâle soleil nous retournons à la mer pour un tronçon de sentier côtier jusqu’à Trégastel. La mer est haute ; sous la faible lumière, les paysages changent.

Pendant ce temps Dominique a acheté des coquilles Saint Jacques de Saint Brieuc à des prix défiant toute concurrence (2.90€/kg) avec des salicornes.

Des « cités de caractère » La Roche-Derrien – Pommerit-Jaudy – Runan – Pontrieux

CARNET DU TREGOR

château de Kermezen
château de Kermezen -Pommerit-Jaudy

Crachin breton, il fallait bien s’y attendre fin octobre !

Route facile par Louannec, Kermaria jusqu’à la Roche-Derrien annoncée «petite ville de caractère » qui mérite bien ce titre.

La place Martray – place du Marché – a plusieurs maisons à pans de bois, la plus belle, revêtue d’ardoise est en rénovation. Au fond, la Maladrerie abrite l’Office de Tourisme (fermé jusqu’au 16 mai 2016). Le grand bâtiment sévère est moyenâgeux, nous ne l’avions pas vu du premier coup. Heureusement la ville est couverte de panneaux explicatifs illustrés par des cartes postales anciennes. Dans les petites rues, les boutiques d’artisanat d’art ou de produits bio, le village a perdu son activité industrielle de tissage du lin et cherche à survivre grâce au tourisme vert.

les maisons à pans de bois de La Roche-Derrien
les maisons à pans de bois de La Roche-Derrien

La colline était coiffée du donjon, disparu, il est remplacé par une petite chapelle, 19ème siècle, assez moche. La vue vaut l’ascension. On découvre tous les jardins du village (dont un asiatique avec pagodes, bouddhas et pont arqué rouge) et le panorama sur le Jaudy.

Je descends par la venelle des Anglais très en pente jusqu’au Quais, autrefois les voiliers remontaient la rivière, à l’époque du lin….les murs bordant la venelle sont en schiste, colonisés par des plantes fleuries surtout une sorte de pâquerette aérienne.

les murs en pente de La Roche-Derrien
les murs en pente de La Roche-Derrien

Nous montons à l’église Sainte Catherine 12ème -13ème mais ayant été restaurée plus tard. Son clocher est une grosse tour carrée flanquée d’un escalier octogonal percé d’une meurtrière qui témoigne de son rôle de fortification. Il existe également des souterrains. Une flèche octogonale pointue coiffe le clocher. A l’intérieur on découvre des bannières brodées  d’un pardon, des vitraux très colorés. Le joyau de l’église est son orgue (on peut cliquer sur le QR code pour les explications). C’est le plus ancien de Bretagne. Il était autrefois à Saint Brieuc, restauré par Cavaillé-Coll. Il vient de Westminster.

Le Jardin du Presbytère – jardin public – se trouve à 50m sous l’église, dans une ruelle, sur des terrasses avec une très belle vue. C’est un jardin rustique planté de pommiers (avec des pommes rouges), des poiriers aux feuilles automnales, verger tout simple. Sur la terrasse supérieure sous le mur poussent des plantes aromatiques, lavande, mélisse, menthe …

A la mairie on nous offre toute une documentation sur les environs.

Kermezen
Kermezen

Pommerit-Jaudy est une petite cité précédée d’un lycée monumental. Un itinéraire de 8km balisé en jaune permet de découvrir toutes les curiosités des environs. Sous la pluie je renonce à la randonnée pédestre mais on peut faire une partie du circuit en voiture. Le château de Kermezen est bien fléché (il y a des chambres d’hôtes). Nous découvrons d’abord la  chapelle Sainte Anne avec ses deux croix, le château est précédé d’une allée d’arbres rougeoyants hêtres et chênes américains, la façade claire  est encadrée de tours carrée et rondes poivrières, une vigne vierge rouge, des massifs fleuris égaient sous la pluie qui tombe dru. Impression de château du Grand Meaulnes à travers les fûts des hêtres. Il manque l’étang mais à l’arrière court le ruisseau. Non loin de là, plusieurs voitures sont  garées sous l’écriteau Jardin Hortense, malgré la pluie je descends avec seulement ma polaire. Le chemin est balisée en jaune, en plus du jardin, j’espère voir le pont Eiffel et la fontaine de Kermezen annoncés sur le topo-guide du circuit de la Vallée du Jaudy. Je descends un beau chemin à couvert sous les hêtres et les châtaigniers et ne sens même pas les gouttes. J’arrive sur un autre chemin bien boueux qui me contraint à rentrer sans avoir vu, ni jardin, ni fontaine, ni pont. Comble de malchance, la Peugeot bleue n’est plus sur le Parking. Peut-être Dominique a continué sur la route : à 50m je trouve le hangar de Hortense. Un  peu plus loin se trouve l’entrée du jardin (2 circuits le plus long 45minutes dans les hortensias. Mais toujours pas de voiture bleue. Et pas de réseau pour le téléphone mobile ! Enfin, on se retrouve mais je suis bien mouillée !

Sur le ruisseau : trois moulins annonces.  Ce sont des maisons habitées, on n’ose pas s’approcher.  Le dernier, moulin de Traou Jaudy se voit mieux de la route, la roue est parfaitement restaurée.

Il est temps de prendre la route pour Pontrieux – notre destination initiale.

Pique-nique devant l’enclos paroissial de Runan.

Eglise de Runan
Eglise de Runan

L’église appartenait aux Templiers, passa aux Hospitaliers de Jérusalem puis fut agrandi au15ème siècle. L’édifice est de grande taille précédé par 3 grandes croix sur un piédestal. Deux porches sculptés et de nombreux bas-reliefs ornent les murs. Au dessus du porche sud le linteau est sculpté d’une Annonciation et d’une belle piéta. Curieux bas-reliefs : deux chiens autour d’une cloche. Que signifient-ils ? La place du village st plantée de beaux arbres. Village très tranquille. On ne voit personne, aucun magasin.

Runan : pieta
Runan : pieta

 

Pontrieux, au fond de l’estuaire du Trieux, surnommée « Venise verte ».

Pontrieux : Office de Tourisme
Pontrieux : Office de Tourisme

Deux ponts, un viaduc, une passerelle. Pontrieux porte bien son nom ! L’Office de Tourisme se trouve sur la place Yves le Troquer dans une belle maison à colombages bleus. On nous offre un plan avec un circuit de deux kilomètres pour découvrir la ville. Première étape le port, puis je prends le Pont Neuf sous le viaduc ferroviaire pour parcourir la rue sur l’autre rive. A La Roche-Derrien pourtant proche, les murs étaient de schistes, à Pontrieux surtout des moellons de grès rouge, dans une venelle menant à la passerelle les murs sont couverts d’une plante très verte aux minuscules feuilles rondes accompagnée de fougères scolopendre – variations sur le thème du mur et de l’humidité !

Moulin de sur le Trieux
Moulin de Richel sur le Trieux

La passerelle conduit à un important moulin, le Moulin de Richel, très grosse scierie construite en 1880 actionnée par une roue à aube, maintenant fermée. En face un potager fleuri offre un premier plan coloré avec des capucines orange.

perros dt2015 011 - Copie

Nous terminons la visite  en beauté « Au bon goûter 1900 », le plus joli salon de thé qui soit. Une jolie vitrine, quelques tables fleuries d’une grosse tête d’hortensia, une collection de théières, tisanières, cruches sur une étagère, des cartes postales anciennes. Dans un porte-parapluie, on offre (vend) des parapluies de d’époque (bien utiles aujourd’hui). Une radio ancienne diffuse des chansons  début de siècle. Notre hôtesse en robe assortie nous accueille gentiment. La carte est bien fournie : thés blancs, thés verts, thés rouges aromatisés à la rose, la violette, Darjeeling, Earl Grey, des tisanes aussi, vin chaud, chocolats et cafés. Des friandises accompagnent les boissons. Ici c’est « goûter », calissons, gâteaux tunisiens… nous choisissons des tranches de brioche avec des gelées de framboise et groseilles, mais on aurait pu choisir sapin, pissenlit…Nous prenons notre temps pour terminer cette bonne journée pleine de surprises et réussie sous la pluie.

Les lavoirs sur le Trieux
Les lavoirs sur le Trieux

Osiris-Mystères engloutis d’Égypte à l’IMA

le réveil d'Osiris
le réveil d’Osiris

LE MONDE EN EXPOS

exposition temporaire du 8 septembre 2015 au 31 janvier 2016 à L’Institut du monde Arabe(pour tout renseignement pratique cliquer sur le site de l’exposition en lien ci-dessus. 

C’est un voyage magique que l’IMA propose. Voyage en Egypte ancienne, bien sûr. Découverte de deux villes englouties en Baie d’Aboukir à 35 km d’Alexandrie : Canope et ThônisHeraklion et plus étonnant encore une reconstitution des Mystères d’Osiris, culte réservé aux initiés (d’où le nom de Mystère). 

une princesse figurant Isis
une princesse figurant Isis

Les objets remontés par les archéologues-plongeurs de toute beauté sont accompagnés de ceux que les plus fameux musées du Caire et d’Alexandrie ont prêtés. La scénographie, dans la pénombre rappelle les profondeurs des eaux et aussi l’ambiance mystérieuse.

la statue géante d'Hapi
la statue géante d’Hapi

La grande salle du rez de chaussée présente les divinités : le couple IsisOsiris et leur enfant Horus,  faucon ou enfant avec sa mèche enfantine, etaussi Sérapis divinité hellénistique. La grande statue d’Hapi (le fleuve apportant la crue et la fertilité). domine toutes les vitrines. Un petit sanctuaire au toit pyramidal présente d’intéressantes gravures astronomiques.  Après un rappel chronologique et mythologique nous sommes préparés pour continuer à l’étage.

Bérénice
Bérénice

On fait connaissance avec un pharaon moins célèbre Nectanebo et avec la princesse Bérénice noyée qui participe aux cérémonies. On découvre les sites engloutis de Thônis-Heraklion et de Canope. Les archéologues ont reconstitué la topographie du port, des canaux et des temples principaux. Sur un canal, les barques sacrées d’Osiris glisseront emportant chaque année la divinité. 

 

 

On visite les sanctuaires de Thônis à différentes divinités entre autres Bès et Khonsou (assimilé à Héraklès d’où le nom d’Heraklion)et on découvre  les détails du culte osirien : la préparation dans une cuve-jardin de granite rose de l’Osiris de sable et d’orge qui va renaître en germant, la préparation d’un autre Osiris d’argile en 14 partie comme les 14 morceaux de la dépouille démembrée du dieu, les ustensiles pour arroser l’Osiris végétant, les aromates et épices à mélanger avec l’argile. Osiris sur un lit est gardé par 4 faucons tandis qu’Isis oiseau-de proie plus grande évente le pénis son mari pour pouvoir concevoir un enfant. Une autre statue montre l’éveil d’Osiris. Une procession de petites barques votives nous laisse imaginer la véritable procession. Tous ces détails ont été déchiffrés d’après des textes hiéroglyphique de Dendera.

Osiris veillé par des faucons
Osiris veillé par des faucons

osiris 016Au hasard je découvre que les vases canopes renfermant les viscères des momies viennent bien de Canope où des représentations de statues en forme de vase ne contenaient rien puisque la pierre était pleine. Canope vient d’un nom grec du pilote revenant de la guerre de Troie abordant ces rivages. Canope et Heraklion , ports cosmopolites étaient fréquentées par les marins venant de Chypre et de Grèce comme l’attestent de très belles statuettes d’argile.osiris 007

Un audiovisuel montre les archéologues au travail, cartographiant, mesurant, aspirant les sédiments, remontant statues énormes et petits objets.

Sérapis
Sérapis

La suite de l’exposition est plus hellénistique et romaine : analogie entre Osiris et Dionysos, buste d‘Hadrien et statue d’Antinoüs.

Vraiment une exposition passionnante!